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15 janvier 2009

Coca Cola poursuivi pour publicité mensongère sur ses eaux vitaminées

Le géant américain de la boisson Coca Cola est poursuivi en justice par un Américain pour publicité mensongère au sujet de sa gamme de boissons VitaminWater, présentée comme une alternative aux sodas bonne pour la santé, ont annoncé jeudi les avocats du plaignant.

Coca Cola trompe les consommateurs en utilisant des mots comme "énergie" et "endurance" sur ses bouteilles de VitaminWater et en affirmant que ces boissons réduisent les risques de tomber malade et sont bonnes pour la santé, affirme le Centre pour la Science et l'Intérêt Public (CSPI), qui défend l'homme qui a porté plainte devant un tribunal en Californie (ouest).

"En fait, selon les nutritionnistes du CSPI, les 33 grammes de sucre dans chaque bouteille de VitaminWater en font plus pour promouvoir l'obésité, le diabète et d'autres problèmes de santé, que les vitamines contenues dans la boisson n'en font pour les bénéfices promis sur les bouteilles", indique le groupe spécialisé dans la santé dans un communiqué.

"VitaminWater, c'est une tentative de Coca Cola d'habiller les sodas avec la blouse blanche d'un médecin. Sous la blouse, c'est toujours de l'eau sucrée, mais de l'eau sucrée" à prix d'or, a affirmé le chargé des litiges chez CSPI, Steve Gardner.

Le plaignant, James Koh, a indiqué qu'il buvait de la VitaminWater après l'effort, pensant faire un geste bon pour la santé.

"J'étais attiré par l'idée d'avoir des suppléments en vitamine, mais je ne savais absolument pas qu'en fait je consommais presque autant de sucre et de calories qu'en buvant un Coca", a-t-il dit dans un communiqué.

"Si j'avais su, je n'aurais jamais dépensé mon argent là dedans", a-t-il ajouté.

La VitaminWater est vendue aux Etats-Unis pratiquement au même prix que le Coca Cola.

Deux tiers des Américains adultes sont obèses, dont 15 millions souffrent d'obésité morbide.

26 novembre 2008

Morts du sida en Afrique du Sud: la politique de santé en question

AFP

L'incapacité des autorités sud-africaines à fournir aux patients souffrant du virus VIH les médicaments adaptés a causé la mort de 365.000 personnes entre 2000 et 2005, selon une récente étude de l'université Harvard.
Selon des chercheurs de l'école de santé publique de Harvard (HSPH), le gouvernement sud-africain aurait pu empêcher ces décès s'il avait fourni des antirétroviraux aux patients ainsi que des médicaments pour les femmes enceintes, afin qu'elles ne transmettent pas le VIH à leurs enfants.

L'étude, publiée en ligne en octobre et reprise cette semaine par le Journal of Acquired Immune Deficiency Syndromes, conclut à la responsabilité directe dans ces centaines de milliers de décès du gouvernement du président Thabo Mbeki (1999-2008), fortement critiqué pour son refus d'appliquer des réponses scientifiques au virus du sida.

"Beaucoup de vies ont été perdues par suite de l'incapacité à accepter l'utilisation de (médicaments antirétroviraux) pour prévenir et traiter la survenue du VIH-sida en temps utile", selon ces chercheurs.

La ministre de la Santé de Thabo Mbeki, Manto Thsabalala-Msimang, a été largement discréditée pour avoir proposé de traiter le virus à l'aide de jus de citron, d'huile d'olive, d'ail et de betteraves.

L'Afrique du Sud est le pays comptant le plus grand nombre de séropositifs au monde, avec plus de 5,5 des 48 millions d'habitants porteurs du virus.

Les chercheurs de Harvard ont établi que le pays avait perdu un total de 3,8 millions d'années de vie par suite des décès de 330.000 adultes qui n'ont pas bénéficié des traitements adéquats et de 35.000 bébés nés avec le HIV et qui n'ont pas survécu.

Pour leur modélisation, ils ont comparé l'Afrique du Sud avec le Botswana et la Namibie voisins, qui souffrent également de l'épidémie mais ont mis en place une politique de traitement adaptée.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, 33 millions de personnes sont infectées par le virus du VIH-sida à travers le monde, et environ 2 millions en sont mortes en 2007.


Sens Commun a dénoncé depuis des années les croyances stupides de la ministre de la santé d'Afrique du Sud, qui reprend plus ou moins les théories du soi-disant Dr Rath et de ses boutiques de vitamines, ainsi que la passivité de l'ex-président Mbeki. Le nouveau devra éponger les dégâts humains et économiques.

22 novembre 2008

When it comes to a cold, you might as well try goat entrails

Ben Goldacre, Bad Science
The Guardian

I have a cold (and they're worse than you remember when you're well). Throughout the nation, homeopaths and self-declared nutrition therapists are celebrating. More importantly, I know that there is almost nothing I can do, except sit it out, and wait. Vitamin C will shave a few hours off it, at high doses, like 7g a day, which I can happily live without.

Although literally anything I try will appear, to me, to work: because unless I'm seroconverting with HIV (not that I'm prone to hypochondria) I will get better anyway. This is the natural history of the illness, and it's true with most things. When your back pain is at its worst and you visit your doctor - or your friendly local spoonbender - it's bound to get better, because these things come in cycles, or as statisticians say, they "regress to the mean". You can look at regression to the mean mathematically, if you like. On Bruce Forsyth's Play Your Cards Right, when Brucey puts a three on the board, the audience all shout: "Higher!" because they know the odds are that the next card is going to be higher than a three. "Do you want to go higher or lower than a jack? Higher?" "Lower!"

So I could take homeopathy. Or I could, equally stupidly, harass my GP for antibiotics, even though they are ineffective in treating a viral cold.

In one study, prescribing antibiotics rather than giving advice on self-management for sore throat resulted in an increased overall workload through repeat attendance. If a GP prescribed antibiotics for sore throat to 100 fewer patients each year, they calculated: 33 fewer would believe that antibiotics were effective, 25 fewer would intend to consult with the problem in the future, and 10 fewer would come back within the next year.

If you were an alternative therapist, or a drug salesman, you could turn those figures on their head and use them as a blueprint to drum up more trade: because we are all prone to see patterns where there is none, and more than that, to believing that our actions have results. This was demonstrated in a chilling experiment several decades ago. Subjects were recruited to play the role of a teacher trying to make a child arrive on time for school at 8.30am. They sat at a computer, on which it appeared that each day, for 15 consecutive days, a child would arrive at some time between 8.20 and 8.40.

Since this was a psychology experiment, the subjects were lied to: they did not know that the arrival times were entirely random, and predetermined before the experiment began.

Nevertheless, participants thoughtfully deployed punishments for lateness, and rewards for punctuality.

When they were asked at the end to rate their strategy, 70% concluded that reprimand was more effective than reward in producing punctuality from the child. It's a touching testament to their own beliefs about the world.

These people were convinced that their actions had an impact on the punctuality of the child, even though the arrival time was entirely random. The joy is, you have no way of knowing how many areas of your life this experiment might be relevant to. Now I'm going to dangle some goat entrails around my neck and get chanting.

17 novembre 2008

Vitamins do not reduce cancer risk, says study

James Randerson, science correspondent (The Guardian)

Taking vitamin A and E supplements does not lower your risk of cancer, according to the results of a large clinical trial involving nearly 15,000 men in the US.

Both vitamins are powerful antioxidants - substances that can tackle harmful byproducts of the body's metabolism which can cause DNA damage and hence trigger cancer. However, the study shows that taking the vitamins in supplement form has no effect at all on cancer.

"There have been a number of previous studies that have suggested that vitamin E and vitamin C might be important in the prevention of cancer," said Dr Howard Sesso, an epidemiologist at Brigham and Women's hospital in Boston, Massachusetts. These were mostly small lab studies or research on animals. But a 1998 study of men in Finland suggested that vitamin E supplements reduced prostate cancer cases by 32% and deaths by 41%.

"The lack of an effect that we observe for vitamin E or C on cancer does convince us that these particular doses that we tested really have no role for recommendation for cancer prevention," said Sesso.

His team recruited 14,641 male doctors and assigned them to four groups which took a different combination of the supplements or their placebos. The team looked at the number of deaths from cancer and found no statistical differences.

Sesso reported the results of the Physicians Health Study II trial at the American Association for Cancer Research's meeting in Prince George's county, Maryland.

Ed Yong, health information manager at Cancer Research UK, said there was growing evidence vitamin supplements did not prevent the risk of cancer. He said having a healthy diet was more important.


Voilà qui déplaira aux adeptes des théories de Linus Pauling, qui prétendait que des mégadoses de vitamine C permettait de lutter contre le cancer. Ces théories ont influencées des générations de parents éblouis par l'autorité du Prix Nobel de Chimie dans un domaine où il n'avait pas d'expertise. Il n'existe plus grand monde pour soutenir ces théories aujourd'hui, sauf les adeptes de la pseudo-médecine "orthomoléculaire", tels Matthias Rath et son lucratif business de cocktails vitaminés pour malades du tiers-monde.

13 septembre 2008

Fall of the doctor who said his vitamins would cure Aids

Sarah Boseley, health editor, The Guardian

Matthias Rath, the vitamin campaigner accused of endangering thousands of lives in South Africa by promoting his pills while denouncing conventional medicines as toxic and dangerous, has dropped a year-long libel action against the Guardian and been ordered to pay costs.

Rath sued over three Guardian articles that condemned his promotional activities among Aids sufferers in South African townships.

A qualified doctor who is thought to have made millions selling nutritional supplements around the globe through his website empire, Rath claimed his pills could reverse the course of Aids and distributed them free in South Africa, where campaigners, who have won a hard-fought battle to persuade the government to roll out free Aids drugs to keep millions alive, believe Rath's activities led to deaths.

The Dr Rath Foundation focuses its promotional activities on eight countries - the US, the UK, Germany, the Netherlands, South Africa, Spain, France and Russia - claiming that his micronutrient products will cure not just Aids, but cancer, heart disease, strokes and other illnesses.

The collapse of the case will have repercussions around the world. International authorities on Aids welcomed the outcome. Prof Brian Gazzard, one of the UK's leading HIV/Aids experts, who advised the Guardian on its case, said he was delighted at the result. "The widespread provision of anti-retrovirals in sub-Saharan Africa is one of the most important public health measures of this century," he said. The confusion caused by suggestions that giving undernourished people vitamins and minerals was an alternative to taking Aids drugs was "extremely harmful".

Mark Wainberg, director of the McGill Aids centre in Montreal, said: "It is clear that he [Rath] has done enormous harm to people with HIV." Rath was linked to the Aids deniers who convinced people, he said, that Aids was not dangerous and that "you can treat yourself with medicines that are a complete waste of time".

John Moore, professor of microbiology and immunobiology at Cornell University in the United States, said: "The promotion of micronutrients and vitamin pills as effective remedies for HIV harms infected people. If they stop taking the anti-retroviral drugs that we are know are effective, their health suffers."

After the high court awarded initial costs of £220,000 to the Guardian, its editor, Alan Rusbridger, said: "We are very glad that Rath has dropped his libel action, doubtless designed to discourage other journalists - in Britain and abroad - from looking too closely at his dubious claims and methods. We will seek to recover the costs of defending our journalism."

The Guardian articles appeared in January and February last year in the Bad Science column written by Ben Goldacre, who said Rath "aggressively sells his message to Aids victims in South Africa that Rath vitamin pills are better than medication".

Goldacre praised Zackie Achmat, founder of the Treatment Action Campaign (TAC) in South Africa, for winning his long-running battle with the government for the distribution of free Aids drugs. This victory, said one of the articles, was deeply damaging to Rath and his colleague Anthony Brink, a barrister and former spokesman for Rath's organisation who actively campaigns against anti-retroviral drugs.

Rath wanted to exclude from the court's consideration part of one of Goldacre's articles, which mentioned Brink's attempt to have Achmat indicted for genocide at the international criminal court in The Hague. In February, Mr Justice Tugendhat ruled that the entire article must be considered. Had the case proceeded, the court would have been presented with details of Brink's complaint to The Hague, which called for Achmat to be permanently confined "in a small white and concrete cage, bright fluorescent light on all the time to keep an eye on him" and force-fed his Aids drugs or, "if he bites, kicks and screams too much, dripped into his arm after he's been restrained on a gurney with cable tied around his ankles, wrists and neck". The complaint was described by the Rath Foundation in January last year as "entirely valid and long overdue".

Rath, who describes himself as German-born though is also listed as Dutch in Companies House documents, began operating in South Africa in 2004.

In a pattern that has been repeated in other countries, he began by running newspaper adverts attacking the pharmaceutical industry and promoting natural remedies for diseases. Eventually he was stopped by the South African advertising standards authority for making unsubstantiated claims about the benefits of vitamins in the treatment of Aids.

In 2005, Rath began to offer his nutritional supplement VitaCell to people with Aids in Khayelitsha, a township outside Cape Town. He claims he was running a trial, that participants were suffering from advanced Aids and that none were on or had been on anti-retroviral drugs. Some died, however, and relatives have given statements claiming that some of them had been on ARVs but were told to stop using them.

In June this year, TAC won a ruling from the high court that the trial was illegal. VitaCell was being promoted as a medicine, the court said, and therefore it needed permission. The court also ruled that the South African government had breached the law by not clamping down on unlicensed remedies. Rath has been given permission to appeal against this ruling.

The Rath Foundation recently expanded its reach into Russia, where Aids has been on the increase. In an advertisement in Izvestia in February, Rath attacked the pharmaceutical industry and suggested that heart attacks, strokes and cancers could be cut to a fraction of the present level through "natural health approaches".

Parmi les nombreux charlatans de la santé, le 'Dr' Rath est un des plus sinistres. Le négationnisme du virus du SIDA est un énorme business comptant sur le désespoir des malades des pays défavorisés pour leur extraire le peu d'argent qu'ils peuvent se permettre de dépenser.

25 mai 2008

L’acide folique et les vitamines B sans effet contre les maladies cardiovasculaires

Une supplémentation en acide folique, vitamines B6 ou B12, seuls ou en combinaison, réduisent les concentrations d’homocystéine.

A partir de ces données, un certain nombre d’études randomisées ont cherché à savoir si cette supplémentation prévenait aussi les événements cardiovasculaires.

Des travaux ont été menés dans les populations générales mais on dispose de peu d’études chez les patients ayant déjà une maladie cardiovasculaire. C’est le sujet du travail publié dans le JAMA.

5 442 femmes, professionnelles de santé américaines, âgées de 42 ans ou plus, et qui avaient soit des antécédents d’accident vasculaire cérébral ou plus de 3 facteurs de risque coronarien ont été enrôlées dans une étude randomisée en double insu versus placebo.

Elles ont reçu un comprimé contenant une combinaison de 2, 5mg d’acide folique, 5mg de vitamine B6 et 1 mg de vitamine B12 ou un placebo. Elles ont été traitées pendant plus de 7 années entre avril 1998 et juillet 2005.

796 femmes ont présenté un événement cardiovasculaire (406 dans le groupe du traitement actif et 390 dans le groupe placebo) au cours du suivi.

Les patientes qui recevaient le traitement actif avaient un risque identique de survenue d’un événement cardiovasculaire (évalué par un critère composite d’infarctus du myocarde ou d’AVC ou de procédure de revascularisation coronarienne ou de mortalité d’origine coronarienne).

Pourtant, les concentrations d’homocystéine plasmatique étaient diminuées de 18.5 % dans le groupe actif en comparaison du groupe placebo.

Les auteurs concluent donc, comme pour les autres études déjà réalisées sur ce sujet, qu’après 7 années de traitement et de suivi, un comprimé comprenant à la fois de l’acide folique, de la vitamine B6, de la vitamine B12 ne réduit pas les événements cardiovasculaires chez les femmes à haut risque et cela malgré un abaissement significatif des concentrations d’homocystéine

D'après Albert CM et al. Effect of folic acid and B vitamins on risk of cardiovascular events and total mortality among women at high risk for cardiovascular disease. JAMA 2008 ; 299 : 2027-2036.

04 mars 2008

Des suppléments alimentaires ? Pas pour remplacer l'hygiène de vie !

La supplémentation en vitamines ou en oligo-éléments ne remplacera jamais une bonne hygiène de vie. C'est la conclusion - honnêtement peu surprenante ! - d'une équipe américaine. Celle-ci a montré en effet, que la prise de vitamines C, E et B9 ne réduisait en rien le risque de cancer du poumon chez les fumeurs…

Le Pr Christopher Slatore de l'Université de l'Etat de Washington à Seattle, a suivi plus de 77 000 personnes des deux sexes, âgées de 50 à 76 ans. Toutes prenaient des suppléments vitaminiques. Or en 4 ans de suivi, 521 cancers du poumon ont été diagnostiqués.

Surprise, l'auteur a observé une très légère augmentation du niveau de risque parmi les adeptes de la vitamine E. Mais c'est bien chez les fumeurs qu'il est apparu le plus important. Du coup souligne-t-il, « l'idée qu'une supplémentation en vitamines serait sans risques et susceptible de mimer les effets bénéfiques des fruits et légumes est totalement fausse ». Les suppléments alimentaires ne sont pas là pour compenser une hygiène de vie défaillante. Tout au plus peuvent-ils corriger les carences liées au profil de chaque individu.

Source : American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine, 29 février 2008


Encore un clou dans le cercueil des adeptes des suppléments vitaminiques, dans une population ou les vitamines sont pléthoriques et où les seules personnes à risque sont les anorexiques.

06 septembre 2007

La médecine anti-âge

par Dr Catherine De Goursac, Paris.

Encore une fois on pointe du doigt le danger de prendre des compléments alimentaires sans bilan biologique préalable afin de determiner exactement les carences et les risques de surdosage.
Une équipe de médecins constate que la prise de compléments alimentaires contenant de la vitamine C et E ainsi que du beta carotene pouvait augmenter de 68% le risque d’induire un cancer de la peau.

De plus le risque de mélanome (cancer cutané gravissime) est multiplié par 4 chez les femmes qui prennent des compléments alimentaires.

L’étude porte pendant 7 années sur 13 000 sujets (7800 femmes et 5100 hommes) âgés de 35 à 60 ans dont la moitié absorbe des anti-oxydants (120 mg vitamine C, 30 mg vitamine E, 6 mg béta-carotène, 100 mug sélénium, et 20 mg zinc), l’autre moitié un placebo.

Ces médecins ont diagnostiqué 157 cas de cancer cutané dont 25 mélanomes.

Le grand étonnement fut de constater que à l’inverse de prévenir les dommages de la peau causé par le soleil les anti-oxydants déclenchent le risque de cancer. Les études antérieures faites sur l’animal exposé aux ultra-violets avaient pourtant objectivé une prévention des dommages cellulaires par les anti-oxydants.

Curieusement les chercheurs n’observent aucune différence entre les hommes prenant les anti-oxydants ou le placebo. Une hypothèse est émise : les femmes ont déjà spontanément un taux d’anti-oxydant supérieur aux hommes et très proche de la normal[e] alors que les hommes ont un statut déficient en anti-oxydant (ils mangent nettement moins de légumes et fruits). Ainsi la supplémentation va provoquer un surdosage chez la femme alors qu’elle ne va que normaliser les taux chez l’homme.

J Nutr. 2007 Sep ;137(9):2098-2105 Antioxidant Supplementation Increases the Risk of Skin Cancers in Women but Not in Men. Hercberg S, Ezzedine K, Guinot C, Preziosi P, Galan P, Bertrais S, Estaquio C, Briançon S, Favier A, Latreille J, Malvy D

04 septembre 2007

Pas de vitamine C dans mon rhume !

Destination Sante

Contrairement à une idée reçue qui a la vie dure, la vitamine C ne protège pas vraiment contre les rhumes. Même si vous en prenez quotidiennement pendant des décennies ! C'est la conclusion d'une méta-analyse finlandaise, qui a passé en revue pas moins de trente études sur le sujet.

Le Pr Harri Hemilä (Université d'Helsinki) et son équipe sont catégoriques, « pour la majorité des gens les bénéfices de ce remède populaire (la prise de vitamine C, n.d.l.r.) sont tellement ténus que l'investissement n'en vaut pas la peine ». En fait, c'est davantage dans des conditions extrêmes que la vitamine C s'avèrerait la plus utile. Elle pourrait prévenir le rhume chez les marathoniens, les skieurs ou les soldats exposés à un froid ou un stress intenses, par exemple. Ce n'est pas vraiment la vie de tous les jours…

Les auteurs donc, ont compilé les résultats de trente études consacrées à l'efficacité contre le rhume commun - lequel ne doit pas être confondu avec le rhume des foins d'origine allergique- d'une prise quotidienne d'au moins 2g de vitamine C. Résultat en matière de prévention, « la supplémentation quotidienne en vitamine C ne réduit pas les risques de rhume. » Ni leur sévérité d'ailleurs. « Il est donc inutile d'en absorber 365 jours par an ». En revanche, rien ne vous empêche de boire un verre de jus d'orange tous les matins. Grâce à sa richesse en vitamine C mais aussi en sucres d'absorption rapide, ce fruit est excellent contre la fatigue et pour un salutaire coup de fouet matinal…

Source : The Cochrane Library


Encore une infirmation des théories farfelues de feu Linus Pauling, double prix Nobel... de Chimie et de la Paix, pas de médecine.

22 août 2007

Sida: la tactique des négationnistes

Agence Science-Presse – Difficile à croire pour un esprit rationnel, mais il existe encore des gens bien intentionnés et intelligents qui nient que le VIH soit le virus responsable du sida. Après trois décennies, ce virus continue d’entretenir sa légion de « sceptiques » dont les tactiques se révèlent être les mêmes que celles des créationnistes ou des « sceptiques » du réchauffement planétaire.
Le consensus scientifique quant à la cause du sida s’appuie sur des montagnes de recherches en provenance des cinq continents et menées avec des méthodologies nombreuses et parfois inédites. Or, comme ceux qui veulent s’y opposer n’ont aucune donnée scientifique solide à proposer, il ne leur reste que deux méthodes : « dénigrer la notion d’autorité scientifique en général, ou prétendre que la communauté du VIH est intellectuellement corrompue ».
C’est ce que résument une épidémiologiste et un neurologue dans une analyse qu’ils publient cette semaine sur cette « tactique de dénégation »; ce sont là, ajoutent-ils, exactement les mêmes tactiques qu’emploient les créationnistes lorsqu’ils veulent prétendre que l’évolution est une tromperie, ou les lobbystes de droite lorsqu’ils veulent prétendre que le réchauffement est un canular.
Le problème, c’est que ces mêmes personnes qui se présentent comme des « sceptiques » face à l’autorité, se jettent aveuglément dans les bras des « autorités » des médecines alternatives, écrivent Tara C. Smith et Peter Novella dans Public Library of Science - Medicine.
« Les négationnistes (deniers) arguent que parce que les scientifiques reçoivent des subventions, des appuis et du prestige grâce à leurs recherches, il est dans leur meilleur intérêt de maintenir le statu quo. Ce type de raisonnement est pratique, parce qu’il leur permet de choisir quelles autorités croire et lesquelles il faut rejeter parce que faisant partie du grand complot. En plus d’être sélective, cette logique est incohérente : par exemple, ils rejettent des études qui soutiennent l’hypothèse VIH parce que biaisée par « l’argent des pharmaceutiques », alors qu’ils acceptent inconditionnellement le témoignage d’un « anti-VIH » qui a d’importants intérêts financiers dans leur traitement alternatif. »
De fait, bien que les négationnistes condamnent le soi-disant « establishment scientifique », ils font de grands efforts pour promouvoir une liste de scientifiques et autres professionnels qui seraient, à les entendre, sur le point de pénétrer cet establishment. Le fait que la plupart de ces gens n’ont jamais étudié en virologie, en microbiologie ou même en médecine, ne les ébranle pas, au contraire.
Mettre toujours la barre plus haut
De toutes les caractéristiques des « sceptiques », la plus révélatrice est leur tendance, qu’ils soient anti-VIH, créationnistes ou « enviro-sceptiques », à toujours faire reculer le seuil ce qu’ils accepteraient comme preuve. La stratégie est simple, décrivent Smith et Novella : « toujours demander plus de preuves que ce qui peut actuellement être fourni. ».
A titre d’exemple, dans les années 1980, les anti-VIH prétendaient que les médicaments anti-sida étaient inefficaces, parce qu’ils ne prolongeaient pas l’espérance de vie et étaient même toxiques. Alors que ces médicaments se sont révélés au contraire de plus en plus efficaces, les anti-VIH ont commencé à simplement nier le lien entre VIH et sida.
Les méthodologies qu’ils accepteraient en d’autres lieux —par exemple, les arguments statistiques qui ont permis de démontrer un lien entre le tabac et certains cancers du poumon— sont rejetées dès lors qu’il s’agit du sida.
Réagir ou pas?
Faut-il s’en inquiéter? Oui, dans la mesure où cette attitude de méfiance fait des petits. « Des croyances plus fortes envers une théorie du complot sont associées avec des attitudes plus négatives envers l’usage du condom », par exemple.
Ces croyances « méritent une attention plus grande des chercheurs en médecine, à notre époque d’Internet », écrivent les deux auteurs, dont l’une entretient d’ailleurs un blogue de vulgarisation sur l'épidémiologie parmi les plus populaires du monde anglophone.
Pascal Lapointe


Les négationnistes du SIDA sont principalement des adeptes de "médecines parallèles" (c'est-à-dire sans le début d'un commencement de preuve d'efficacité), menant leur combat d'arrière-garde pour le bonheur de quelques vendeurs d'illusions.

18 juillet 2007

Vitamin C Offers Little Protection Against Colds, Review Finds

Science Daily — Unless you run marathons, you probably won't get much protection from common colds by taking a daily supplemental dose of vitamin C, according to an updated review of 30 studies.

Conducted over several decades and including more than 11,000 people who took daily doses of at least 200 milligrams, the review also shows that vitamin C (ascorbic acid) does little to reduce the length or severity of a cold, according to the researchers at the Australian National University and the University of Helsinki.

However, they found that people exposed to periods of high stress -- such as marathon runners, skiers and soldiers on sub-arctic exercises -- were 50 percent less likely to catch a cold if they took a daily dose of vitamin C.

For most people, the benefit of the popular remedy is so slight when it comes to colds that it is not worth the effort or expense, the authors say. "It doesn't make sense to take vitamin C 365 days a year to lessen the chance of catching a cold," said co-author Harri Hemilä, a professor in the Department of Public Health at University of Helsinki in Finland.

The review appears in the latest issue of The Cochrane Library, a publication of The Cochrane Collaboration, an international organization that evaluates medical research. Systematic reviews draw evidence-based conclusions about medical practice after considering both the content and quality of existing medical trials on a topic.

Since the discovery of vitamin C in the 1930s, controversy regarding its efficacy in treating ailments from lung infections to colds has surrounded it. In the 1970s, Nobel Prize-winning chemist Linus Pauling popularized its regular use. His book, "Vitamin C and the Common Cold," encouraged people to take 1,000 milligrams of the vitamin daily.

The current recommended daily allowance of vitamin C is 60 milligrams. An eight-ounce glass of orange juice has about 97 milligrams of vitamin C.

Despite early mixed results and later evidence against its efficacy, charismatic Pauling became the world's vitamin C champion. "Pauling never recanted and never backed down," said Wallace Sampson, founding editor of the Scientific Review of Alternative Medicine and emeritus professor of medicine at Stanford University.

Regardless of the evidence against it, vitamin C remains popular because many people -- including those funding studies -- want to believe that it works, said Sampson, who debated Pauling on the radio and in letters.

These days, there is less interest in studying vitamin C and the common cold, said Hemilä, who has studied the vitamin for more than 25 years. The Cochrane Review was originally published in 1998 and updated in 2004 and this year. The latest update includes a single new study on the Vitamin C-cold connection.

However, researchers continue to examine vitamin C alone and in combination with other vitamins and substances, such as Echinacea, for its efficacy in preventing and treating diseases and conditions, including cancer. This is not necessarily a good thing, Sampson said. "It's broadside quackery."

Hemilä said he sees little use in further study for colds for adults. However, he would like to see more studies on vitamin C and colds in children and vitamin C and pneumonia. Vitamin C is not a panacea, but it is not useless either, Hemilä said. "Pauling was overly optimistic, but he wasn't completely wrong."

Note: This story has been adapted from a news release issued by Center for the Advancement of Health.


Le mythe de la vitamine C a la vie dure, malgré toutes les études scientifiques montrant que son efficacité est extrêmement limitée et s'applique à des cas peu courants comme celui des athlètes de haut niveau en effort intensif. Les crédules adeptes des pseudo-médecines continuent à en faire la publicité, pour le plus grand avantage financier des laboratoires pharmaceutiques qui la commercialisent.

16 mai 2007

Multivitamin prostate warning

Taking lots of multivitamins may increase the risk of deadly prostate cancer, say US researchers.

Their study showed taking multivitamins more than seven times a week was associated with an increased risk of advanced and fatal prostate cancer.

There was no link with early cancer or localised prostate cancer, the researchers wrote in the Journal of the National Cancer Institute.

Experts advised men to eat a healthy diet to reduce their risk of cancer.

The findings, based on data on nearly 300,000 men, indicated the risk of advanced prostate cancer is 32% higher in men who take multivitamins more than once a day than in those who do not take them at all.

The correlation was strongest for men with a family history of the disease, and who also took selenium, beta-carotene or zinc supplements.

It is unclear why the multivitamins may increase the risk of certain types of prostate cancer.

Study leader Dr Karla Lawson from the US National Cancer Institute said: "The possibility that men taking high levels of multivitamins along with other supplements have increased risk of advanced and fatal prostate cancers is of concern and merits further evaluation."

Because multivitamins contain so many different components and men taking a lot of them were more likely to be taking other supplements, the researchers were unable to tease out what was causing the association.

In an accompanying editorial, European researchers said a high intake of fruit and vegetables has been shown to reduce the risk of cancer.

But it is not clear which nutrients have a positive effect.

Antioxidants

There has been a lot of research into antioxidants such as vitamin C and E because it is believed they may protect cells against damage.

However, some analyses have suggested that beta-carotene, vitamin A and vitamin E supplements may shorten life rather than extend it.

The amounts of antioxidants needed to offer any potential protection are not known and may differ between individuals.

Liz Baker, science information officer at Cancer Research UK, said: "It's still not entirely clear what factors can affect a man's risk of developing prostate cancer.

"And there is conflicting evidence on the pros and cons of vitamin supplements.

"These products don't seem to give us the same benefits as vitamins that naturally occur in our food.

"We encourage people wanting to reduce their risk of cancer to eat a diet rich in fibre, vegetables and fruit, and low in red and processed meat."

Georgia Diebel, a specialist nurse at the Prostate Cancer Charity said: "With all vitamins, we recommend that men do not exceed the daily recommended dose stated on the bottle.

"People often think of them as something 'natural' and do not understand that they still have to be metabolised and used by the body - a study like this suggests they are not safe in larger quantities."

Prostate cancer is the second leading cause of cancer death in men. It kills one man every hour in the UK.


Les multiples boutiques, plus intéressées par leur gains que par la santé de leurs victimes, qui leur proposent le gavage multivitaminiques devraient y réfléchir à deux fois. Il se pourrait qu'elles aient à faire face à leurs ayants-droit un jour ou l'autre.

20 avril 2007

Fruit proves better than vitamin C alone

Tests show that it isn't just the vitamin that protects the body.

Matt Kaplan

If you're in the market for an antioxidant to keep your body young and healthy, new research suggests you'd be much better off with oranges than vitamin C tablets.

Although vitamin C is best known for its protection against scurvy and, possibly, the common cold (see 'Vitamin C best in the cold'), fruits rich in vitamin C are also powerful antioxidants that protect cellular DNA from being damaged by oxidation. Going without such foods leads to DNA damage long before the iconic bleeding gums of scurvy are seen.

But do vitamin C pills on their own have the same protective effect as fruit? Serena Guarnieri and a team of researchers in the Division of Human Nutrition at the University of Milan, Italy, designed a simple experiment to find out.

The team gave test subjects a single glass of blood-orange juice, vitamin-C-fortified water, or sugar water to drink. The blood-orange juice and the fortified water had 150 milligrams of vitamin C each, whereas the sugar water had none. Blood samples were taken from the test subjects 3 hours and 24 hours after their drink. Unsurprisingly, blood plasma vitamin C levels went up after drinking both the juice and the fortified water.

The blood samples were then exposed to hydrogen peroxide, a substance known to cause DNA damage through oxidation. The damage was significantly less in the samples taken from volunteers who had ingested orange juice, in both the samples collected 3 hours after consumption and 24 hours after the drink. Unsurprisingly, the sugar water had no protective effect. But neither did the vitamin-C-fortified water.

At least one other study, which looked at larger quantities of vitamin C, has shown a protective effect from the vitamin alone. But the fact that it doesn't show up here indicates that something more complicated is going on, says Guarnieri. "It appears that vitamin C is not the only chemical responsible for antioxidant protection; there is something more at work here," she says. The find is reported in the British Journal of Nutrition1.

"It is an important observation," says David Heber, director of the Center for Human Nutrition at the University of California, Los Angeles. It suggests that people studying the effects of the vitamin should be careful to note where in the diet it comes from. "Vitamin C is provided in a matrix in fruits with many other beneficial substances," he says; and all of these may interact with each other.

Other nutrition researchers have suggested that sugars in juice interact with vitamin C to generate the antioxidant effect2. But Guarnieri suspects that the phytochemicals found in oranges (cyanidin-3-glucoside, flavanones and carotenoids) are the substances that need further study. "But how they are interacting is still anyone's guess," she adds.


Encore une pierre dans le jardin des vendeurs de pilules vitaminées.

28 mars 2007

Vitamines, extraits naturels, oligoéléments: La perlimpinpin connection

Les compléments alimentaires sont en plein boom. Paradoxe : toutes les études scientifiques prouvent que ces « alicaments » ne servent à rien. Ils sont même parfois dangereux...

La semaine dernière (du 22 au 24 mars) s'est tenu à Monaco un congrès mondial consacré à l'«anti-aging medicine» - la médecine anti-vieillissement. Laquelle se fonde largement sur l'absorption de coûteuses gélules de jouvence, compléments alimentaires et autres vitamines miracles. Pas étonnant donc que cette réunion « scientifique » ait été organisée, et sponsorisée, par les fabricants de tels produits. Or il s'y est passé quelque chose d'extraordinaire : les centaines de participants ont fait comme si de rien n'était. Ont savamment débattu des avantages présumés du «coenzyme Q10» ou des polyphénols, de l'influence des « probiotiques » sur la flore intestinale ou du métabolisme régénérant de certains acides aminés.

Alors que, depuis des mois, voire des années, toutes sortes d'études épidémiologiques et scientifiques l'ont démontré : sauf cas particuliers de carences, tous ces suppléments vitaminés mirobolants, toutes ces gélules parapharmaceutiques, toutes ces pilules ou tisanes aux allégations prometteuses... ne servent à rien - quand elles ne s'accompagnent pas d'effets nocifs. Bref, leur chiffre d'affaires a beau s'envoler (+7% l'an), il ne s'agit que d'arnaque et de poudre aux yeux. Pourtant, malgré les mises en garde des spécialistes compétents, en dépit des travaux de recherche publiés dans les plus prestigieuses revues médicales, les congressistes monégasques ont plébiscité les vertus des molécules et extraits naturels « anti-âge ».

La première suspicion concernant les compléments alimentaires était apparue en juin 2003, avec la publication en France des premiers résultats de l'étude épidémiologique dite « SuViMax », la plus gigantesque jamais menée dans ce genre, et « en double aveugle ». Pas moins de 13 000 volontaires avaient, durant huit ans, absorbé chaque matin une pilule. Soit une « vraie », soit un placebo.

Or, à la surprise de tous les spécialistes, il était apparu que les éléments antioxydants n'apportaient aucun avantage face aux maladies cardio-vasculaires. Dans un autre genre, des travaux américains publiés en octobre 2006 dans le « New England Journal of Medicine » disqualifiaient les alléchantes promesses de l'hormone «rajeunissante» du professeur Etienne-Emile Beaulieu, la DHEA. Censée au moins «améliorer la qualité de la peau et la libido des femmes de plus de 70ans», cette hormone n'a pas du tout tenu ses (vagues) promesses. Car, selon les spécialistes de la Mayo Clinic de Rochester (New York), «elle n'a pas permis d'observer le moindre effet sur les performances physiques ou sur la qualité de la vie» des personnes âgées traitées. Fin février 2007, c'est le célèbre « Jama » (« The Journal of the American Medical Association ») qui entrait en scène. Une étude de Goran Bjelakovic (CHU de Copenhague), compilant des résultats concernant pas moins de 230 000 patients, concluait très négativement sur la consommation de suppléments en vitamines et oligoéléments.

Non seulement ceux-ci ne servent à rien, mais surtout les cocktails de «bêta-carotène, vitamine E et vitamine A sont, en moyenne statistique, associés à une hausse de 5% de la mortalité»... Des études antérieures avaient déjà démontré que les gélules de calcium et de vitamine D n'étaient d'aucun secours contre l'ostéoporose, mais augmentaient le risque de calculs rénaux. Et le professeur Michel Lagarde (président de la commission métabolisme et nutrition de l'Inserm) s'alarme de voir diffuser sans contrôle dans le commerce des compléments alimentaires en vitamines C et E «à des dosages 10 ou 20 fois supérieurs aux apports nutritionnels conseillés».

La dernière initiative en date dans le combat contre les compléments alimentaires émane de l'association des consommateurs CLCV (Consommation, Logement et Cadre de Vie). Laquelle, explique son responsable Charles Pernin, s'est livrée à une comparaison fouillée «entre les compositions de 140 produits vendus en France et toutes les publications scientifiques disponibles sur les éléments qui les composent». Une comparaison éloquente, hélas ! Car pratiquement aucun des ingrédients mentionnés sur les étiquettes ne voit ses vertus confirmées par une étude un peu sérieuse.

Qu'il s'agisse de produits «minceur», «anti-âge», «tonus», «anti-fatigue» ou encore supposés améliorer « la santé des cheveux et de la peau», on ne trouve jamais rien parmi les principes actifs qui puisse justifier les allégations imprimées sur les boîtes. Ainsi toutes les études sur le thé vert «amincissant» concluent... à sa totale absence d'efficacité sur l'homme, et la femme, bien sûr. Tout comme le chitosan, extrait des carapaces de homard et présumé inhibiteur de l'absorption des graisses.

La «peau éclatante» promise par de nombreuses spécialités à base d'huile de bourrache ? Elle repose sur une seule et même étude «menée chez une petite trentaine de patientes», qui auraient simplement cru discerner «une diminution de la perte d'eau cutanée d'environ 10%». Pour le reste, conclut la CLCV, «les vertus des compléments alimentaires ne relèvent que de l'affabulation». En ce domaine, tout n'est que tisanes ou pilules pipeau, perlimpinpin et compagnie. Avec une seule réalité, le prix : 35 euros pour une boîte de gélules censées «désintoxiquer contre les métaux lourds et les toxines», mais vous serez bien le seul à y croire.

Bien sûr, il restera toujours l'effet placebo, surtout quand on a payé très cher ses gélules inutiles. «Il n'y a pas que les compléments alimentaires. Après tout, même les pèlerinages à Lourdes réussissent à améliorer la santé de certaines personnes», dit le docteur Frédéric Saldmann, directeur de la « Revue de nutrition pratique ». Mais pour ce qui est de récolter son quota de vitamines quotidiennes, rien ne vaudra jamais mieux qu'une alimentation variée et équilibrée, insiste, comme tous les autres, ce spécialiste. Et surtout ne pas manger trop. D'ailleurs, au congrès de Monaco, il y a quand même eu une conférence intéressante. C'était sur «les vertus du jeûne»...

Fabien Gruhier
Le Nouvel Observateur

13 mars 2007

A Killer Compound With An Improbable Trigger

Even miniscule amounts of chromium 6 can cause cancer. Blame that do-gooder nutrient, vitamin C.

Brown University researchers have discovered that naturally occurring vitamin C reacts inside human lung cells with chromium 6, or hexavalent chromium, and causes massive DNA damage. Low doses of chromium 6, combined with vitamin C, produce up to 15 times as many chromosomal breaks and up to 10 times more mutations – forms of genetic damage that lead to cancer – compared with cells that lacked vitamin C altogether.

This finding is startling, said Anatoly Zhitkovich, an associate professor of medical science at Brown who oversaw the experiments. Outside cells, Zhitkovich said, vitamin C actually protects against the cellular damage caused by hexavalent chromium, the toxic chemical that starred as the villain in the true-to-life Hollywood drama, Erin Brockovich. In fact, vitamin C has been used as an antidote in industrial accidents and other instances when large amounts of chromium are ingested.

Vitamin C works protective wonders because it is a powerful antioxidant, blocking cellular damage from free radicals. Specifically, the vitamin rapidly “reduces,” or adds electrons, to free radicals, converting them into harmless molecules. This electron transfer from vitamin C to chromium 6 produces chromium 3, a form of the compound that is unable to enter cells.

But what happens when chromium and vitamin C come together inside cells? Because vitamin C isn’t found in cells grown in a lab, Zhitkovich and his team conducted experiments using human lung cells supplemented with vitamin C. They learned that when vitamin C is present, chromium reduction has a very different effect. Cellular vitamin C acted as a potent toxic amplifier, sparking significantly more chromosomal breaks and cellular mutations.

“When we increased the concentration of vitamin C inside cells, we saw progressively more mutations and DNA breaks, showing how seemingly innocuous amounts of chromium can become toxic,” Zhitkovich said. “For years, scientists have wondered why exposure to small amounts of hexavalent chromium can cause such high rates of cancer. Now we know. It’s vitamin C.”

Hexavalent chromium is used to plate metals and to make paints, dyes, plastics and inks. As an anticorrosive agent, it is also added to stainless steel, which releases hexavalent chromium during welding. Hexavalent chromium causes lung cancer and is found in 40 percent of Superfund sites nationwide. This is the toxic metal, found in drinking water in a small California town, that Erin Brockovich campaigned against, successfully winning residents a record settlement of $333 million in 1996.

Zhitkovich said his team’s research, published in Nucleic Acids Research, might have policy implications. When combined with vitamin C, chromium 6 caused genetic damage in cells in doses four times lower than current federal standards, Zhitkovich said. If additional research backs these findings, he said federal regulators might want to lower exposure standards.

Zhitkovich is part of a major Brown research initiative, the Superfund Basic Research Program, which addresses the health and environmental concerns created by hazardous waste contamination. As part of this program, funded by the National Institute of Environmental Health Sciences, Zhitkovich is conducting basic research that may result in a medical test that assesses DNA damage from hexavalent chromium.

Former Brown graduate student Mindy Reynolds was lead author of the journal article. Brown research assistant Lauren Stoddard and postdoctoral research associate Ivan Bespalov also took part in the research.

The National Institutes of Health funded the work.

From Brown University


Encore un exemple qui montre que les théories des supporters des suppléments vitaminiques sont simplistes et que les lubies de Linus Pauling peuvent avoir des conséquences non négligeables.

06 mars 2007

L'arnaque des compléments alimentaires

LE MONDE

Ils envahissent les vitrines et les rayons des pharmacies. Ils promettent de "réduire le tour de taille", de "déstocker les graisses" ou bien de "ralentir le vieillissement", ou encore de "fortifier les ongles et les cheveux". Sous forme de gélules, comprimés ou ampoules, les compléments alimentaires, également vendus en grandes surfaces et sur Internet, ont représenté, en 2005, un marché florissant de 894 millions d'euros, en hausse de 7 % par rapport à 2004. "Un marché de la poudre aux yeux et des pilules pipeau", a dénoncé, mercredi 21 février, l'association de consommateurs Consommation, logement et cadre de vie (CLCV).

Après avoir comparé les promesses de 140 produits aux publications scientifiques référencées par le National Institute of Health, principale agence de recherche médicale américaine, et aux avis publiés par les agences sanitaires, la CLCV affirme aboutir à un résultat sans appel : "Les vertus des compléments alimentaires relèvent pour l'essentiel de l'affabulation."

Caféine, extrait de thé vert, acide linoléique conjugué ou chitosan : aucune de ces substances - très souvent rencontrées dans la composition des produits "minceur" - "n'a fait la preuve de son efficacité", souligne la CLCV. Idem pour l'huile de bourrache ou d'onagre contenue dans la plupart des produits censés améliorer "la santé de la peau" ou les apports en silicium promettant des cheveux "plus forts et plus sains". L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) et la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ne contestent pas l'enquête menée par la CLCV.

EXPLOSION DU MARCHÉ

Parce qu'ils dépendent du code de la consommation et non de celui de la santé publique, les compléments alimentaires n'ont pas besoin, contrairement aux médicaments, d'une autorisation de mise sur le marché (AMM). "Le biais est là", considère le professeur Irène Margaritis, chef de l'unité évaluation nutrition et risques nutritionnels à l'Afssa.

Résultat : les contrôles, menés par la DGCCRF, ne peuvent s'effectuer qu'après la commercialisation et porte essentiellement sur l'étiquetage pour vérifier que les allégations ne sont pas thérapeutiques. "Un complément alimentaire ne peut pas dire qu'il va prévenir telle ou telle maladie ou permettre une perte de poids", explique-t-on à la DGCCRF. En revanche, il peut tout à fait alléguer une "réduction du tour de taille". Les services de marketing ne s'y sont pas trompés et débordent de créativité pour contourner la réglementation.

L'Afssa ne peut travailler sur ces produits que si elle est saisie par la DGCCRF. Preuve de l'explosion du marché, le nombre de saisines est passé de 50 en 2000 à 100 en 2005. "Nous menons une évaluation à partir des connaissances scientifiques et des études cliniques fournies par les entreprises", explique le professeur Margaritis. Mais les preuves des allégations font souvent défaut. "Nous manquons beaucoup d'études cliniques bien menées, notamment dans le domaine de la minceur", déplore-t-elle. Ces dernières années, l'Afssa a rendu une série d'avis défavorables, notamment sur l'utilisation de la poudre de maca et sur la supplémentation en silicium. Après, c'est à la DGCCRF de contrôler la bonne application des avis de l'Afssa.

Il peut arriver que des allégations soient fondées scientifiquement mais qu'elles concernent une cible particulière et non la population en général. Il en est ainsi des suppléments en vitamines B9 pour les femmes enceintes ou en vitamines B12 réservés aux personnes âgées. "La question de la cible est très importante, insiste Mme Margaritis. Si notre alimentation est équilibrée et diversifiée, nous n'avons pas besoin de suppléments."

Afssa : www.afssa.fr

Sandrine Blanchard

27 février 2007

Antioxidant Supplements Up Death Risk

Study Shows No Benefit, Slightly Higher Death Risk for Antioxidant Supplements
By Daniel DeNoon
WebMD Medical News
Reviewed By Louise Chang, MD

Feb. 27, 2007 – Use of the popular antioxidant supplements beta-carotene, vitamin E, or vitamin A slightly increases a person's risk of death, an overview of human studies shows.

The study also shows no benefit -- and no harm -- for vitamin C supplements. Selenium supplements tended to very slightly reduce risk of death.

Oxidative stress -- caused by highly reactive "free radical" compounds circulating in the blood -- is a factor in most diseases.

Antioxidants sweep up these free radicals. It seems to be a no-brainer that taking antioxidant supplements would protect your health. But it may not be that simple.

A new, detailed analysis of human studies of beta-carotene, vitamin A, and vitamin E shows that people who take these antioxidant supplements don't live any longer than those who don't take them. In fact, those who take the supplements have an increased risk of death.

The finding, reported in The Journal of the American Medical Association, comes from Goran Bjelakovic, MD, DrMedSci, of the University of Nis in Serbia; Christian Gluud, MD, DrMedSci, of Copenhagen University Hospital in Denmark; and colleagues.

"Our findings have already changed the way I counsel my patients about antioxidant supplements," Bjelakovic tells WebMD in an email interview. "According to our findings, beta-carotene, vitamin A, and vitamin E cannot be recommended. I am telling them that they should stop using these supplements."

"There is no reason to take anything that hasn't been proven beneficial. And these antioxidant supplements do not seem beneficial at all," Gluud tells WebMD.

Not everyone agrees. Nutritionist Andrew Shao, PhD, is vice president for scientific and regulatory affairs at the Council for Responsible Nutrition, a supplement-industry trade group.

"Consumers can feel confident in relying on their antioxidant supplements as they always have," Shao tells WebMD. "They can continue to take them knowing they will provide the same benefits -- and this article does not change that."

Antioxidant Supplements and Death Risk

Bjelakovic, Gluud, and colleagues analyzed data from 68 randomized clinical trials of antioxidant supplements that included 232,606 people. When they looked at all the trials together, they found that the supplements offered no benefit but did no harm.

However, some of the trials were more exactly controlled than others. There were 21 trials that had a "high bias risk." These trials had one or more problems with randomizing study participants to the supplement or placebo groups, with blinding both the participants and the investigators to whether participants received supplements or placebos, and/or with following up on all participants until the end of the study.

So the researchers looked only at the 47 "low-bias-risk" studies -- which included nearly 181,000 participants and which did not include people taking selenium. They found that:

* Taking vitamin A supplements increased the risk of death by 16%.
* Taking beta-carotene supplements increased the risk of death by 7%.
* Taking vitamin E supplements increased the risk of death by 4%.
* Taking vitamin C supplements did not have any effect on risk of death.

Shao says it just isn't fair to study antioxidants in this way.

"What these authors have done is combine studies that are incredibly dissimilar in all sorts of ways," he says. "These studies looked at different nutrients at different doses at different durations with different lengths of follow-up -- and in different populations, ranging from folks who were incredibly healthy to people with cancercancer and other diseases."

Moreover, Shao says, the researchers looked only at studies in which people died. That left out 405 clinical trials, which he says skews the results in favor of death risk. And he points out that the researchers original 68 studies did not show any harm from supplements.

"These questions cause one to step back and wonder if the findings are relevant to the healthy population that uses these supplements to maintain health and avoid chronic disease," Shao says. "That is a point they don't make: that antioxidants are not used to treat cancer or heart diseaseheart disease. They are used for disease prevention."

Edgar R. Miller III, MD, PhD, associate professor of medicine at Johns Hopkins University, in 2004 analyzed clinical trials of vitamin E. He found that high doses of vitamin E did more harm than good. Miller has high praise for the Bjelakovic/Gluud study.

"This is a great study. It is the highest form of scientific evidence," Miller tells WebMD. "I don't think that [Shao's] criticism is legitimate. I argue this is the best technique to analyze all this information."

Gluud and Bjelakovic strongly disagree that they "cherry picked" only studies that fit some preconceived conclusion. They point out that all of their methods are "transparent" and open to public view.

"Anyone is welcome to criticize our research," Gluud says. "But my question is, what is your evidence? I think the parties that want to sell or use these antioxidant supplements in the dosages used in these trials, they want [to see only] positive evidence that it works beneficially."

Advice to Consumers

Kathleen Zelman, MPH, RD, LD, is director of nutrition for WebMD. She reviewed the Bjelakovic/Gluud study for this article.

"This is a very comprehensive, to-be-respected analysis. This isn't just another study coming out," Zelman says. "The bottom line is that antioxidant supplements are not a magic bullet for disease prevention. We hoped maybe they were, but they are not."

If you are interested in protecting your health, Zelman says, pills aren't the answer.

"There is no single food or nutrient that is going to be the answer. The secret really is lifestyle," she says. "And the most important things about lifestyle are being at a healthy weight, being physically active, and eating a healthy diet."

Shao says he's not persuaded to stop taking antioxidant supplements.

"I take antioxidant supplements every day," he says. "I know more about these nutrients than most people do, including the authors of this study, who are not nutritionists. This does not change a thing for me. You can take that to the bank."

Zelman has this advice: If you plan to continue taking antioxidant supplements, don't exceed the recommended daily doses.

"For nutritional insurance, my suggestion would be a once-daily multivitamin," she says. "But for those people who take multiple supplements, and are going to continue to do so, heed the warning and be sure to respect the safe upper dosage limits."

"If you are in doubt, take the time and go to your doctor and talk with her or him," Gluud advises.

SOURCES: Bjelakovic, G. The Journal of the American Medical Association, Feb. 28, 2007; vol 297: pp 842-857. Goran Bjelakovic, MD, DrMedSci, University of Nis, Serbia (email interview). Christian Gluud, MD, DrMedSci, Copenhagen University Hospital, Denmark. Andrew Shao, PhD, vice president for scientific and regulatory affairs, Council for Responsible Nutrition, Washington, D.C. Edgar R. Miller III, MD, PhD, associate professor of medicine, Johns Hopkins University, Baltimore. Kathleen Zelman, MPH, RD, LD, director of nutrition, WebMD, Atlanta.


C'est le même cas que pour les études montrant les effets positifs des pseudo-médecines (homéopathie, acupuncture,...). Plus les études sont scientifiques, plus les résultats sont proches de l'effet placebo. Le conflit d'intérêt des labos producteurs aidant, seuls les résultats positifs font l'objet de publicité. Ce qui laisse un énorme doute sur les prétentions de ces labos.

21 février 2007

Remise en cause des traitements naturels de la ménopause et plainte des unions de consommateurs

Australie
Le gouvernement australien va revoir une loi permettant aux pharmaciens de prescrire des thérapies naturelles pour soulager les symptômes de la ménopause. Une enquête va examiner l'efficacité de traitements homéopathiques à base d'hormone animale pour déterminer si certains ne sont pas responsables de cancers ou de caillots chez les femmes suivies. Une plainte a été déposée par les unions de consommateurs pour insuffisance d'information du public.

Des centaines de milliers de femmes suivant des traitements aux hormones naturelles pour gérer la ménopause risqueraient des caillots et des cancers, selon un expert de la santé. L'accès à ces thérapies naturelles, qui représentent un milliard de dollars avec l'industrie de la médecine alternative, pourrait être bloqué. Une faille légale permet aux pharmaciens de prescrire des thérapies naturelles et devrait être supprimée.

Cette décision pourrait renvoyer les femmes ménopausées vers le traitement de remplacement de l'hormone (HRT) pour soulager les symptômes de la ménopause. Une enquête fédérale va examiner l'efficacité des thérapies alternatives telles que les vitamines, l'homéopathie, l'aromatothérapie ou les remèdes asiatiques.

Le ministère de la Santé a déclaré que la faille légale, qui permet aux laboratoires de composer des médicaments pour la ménopause, allait être comblée. Pourtant, la moitié des Australiennes suivant le traitement de remplacement hormonal avant 2002 avaient plus de risque de cancer du sein. C'est pour cette raison que les femmes se sont tournées vers les thérapies naturelles avec des hormones animales ou de la testostérone. Mais les experts, comme Elena Teed de la fondation Jean Hailes, craignent que ces thérapies ne soient pas sûres et pensent qu'elles peuvent accroître les risques de caillots et de cancers de l'utérus.

La commission australienne du consommateur et de la concurrence a déjà déposé un recours contre l'institut de la ménopause pour avoir mal informé les gens à propos de l'efficacité des traitements naturels.

(Sunday Telegraph, "Therapies under fire - Menopausal women at risk", 04/02/07)


Combien de temps avant que le bon sens traverse la Terre ? Rappelons que "naturel" ne veut pas dire "sans effet secondaire" et que les pseudo-médecines ne sont pas nécessairement inoffensives.

30 janvier 2007

Le temps des charlatans

Le dossier spécial sur les médecines ‘alternatives’ du magazine de vulgarisation scientifique « Science & Avenir », de février 2007, a de quoi faire peur. La rédactrice du dossier, Sylvie Riou-Milliot, apparemment très complaisante, nous informe qu’une vingtaine d’établissements hospitaliers offrent des consultations de médecine ‘alternative’. La liste est en fait très courte : seules l’acupuncture et l’homéopathie ont droit de cité à Paris. La liste s’allonge quelque peu en région parisienne : ostéopathie et auriculothérapie dans un établissement chacun. Sophrologie, toucher-massage, hypnose n’apparaissent qu’en province.

La rédactrice du dossier, a choisi de ne présenter que des médecins pratiquant une de ces pseudo-médecines, qui tous ­­— on s’en doute — sont convaincus de l’efficacité de leur technique. L’un d’entre eux, le Dr David Alimi, neurophysiologiste responsable de la consultation d’auriculothérapie à l’IGR de Villejuif, affirme même tout de go : « Pour asseoir une discipline, rien ne vaut la validation et l’évaluation scientifique. »
Certes, mais alors pourquoi aucune liste d’études cliniques (randomisées, en double-aveugle et contre placebo) n’est simplement mentionnée dans ce dossier ? Peut-être parce que l’on serait bien en peine de produire la moindre étude de qualité dans le domaine de l’auriculothérapie. Voir en particulier l'analyse par l'AFIS d'une des études du Dr Alimi qui montre que le double-aveugle n'est pas de mise dans son étude, et une discussion plus générale de l'auriculothérapie).

On serait bien en peine de trouver de telles études de qualité dans le domaine des pseudo-médecines mentionnées dans ce dossier. Il faut savoir que les études cliniques de qualité sont très rares (cela coute très cher et cela prouve souvent qu'on se trompe) même dans le domaine de la médecine scientifique. Alors pour la médecine de Molière, ça devient inabordable vu que les résultats ne sont jamais au rendez-vous. Alors, on fait de mauvaises études et on brandit triomphalement des résultats biaisés. La triste histoire de Benvéniste vient à notre mémoire (celle de l’eau, bien sûr). Le double-aveugle imposé par le protocole défini avec l’illusionniste James Randi a montré que les résultats de Benvéniste étaient dus à un biais. L’expérience a été renouvelée avec le programme scientifique Horizon de la BBC quelques années plus tard, mettant un point (final ?) à ces prétentions.

Dans un encart, la rédactrice nous prévient qu’il faut « se méfier du jargon pseudo-médical, de concepts fumeux et de mécanismes complexes ». Dont acte !
Parlons donc du principe de similitude de l’homéopathie (ne pas confondre avec les principes de la vaccination), du principe des hautes dilutions dépassant le point où plus la moindre molécule de produit ne peut subsister (moins il y en a, plus ça fait d’effet), de la « mémoire de l’eau » (l’eau gardant miraculeusement les propriétés des molécules qui y seraient passées), de la transmission électronique des propriétés médicamenteuses par Internet (dernière lubie de Benvéniste) et autres inepties.
Parlons de l’acupuncture et son jargon de « méridiens » (jamais observés physiquement), d’énergie du « chi », de « point zhi yin ». Sans doute ces concepts paraissent-ils très clairs à la rédactrice, qui ne semble pas franchement tentée de les expliquer. Et pourtant, il y aurait de quoi dire !

Alors, si la théorie est invraisemblable, les résultats, eux, peuvent néanmoins être valides (on peut avoir tort dans le principe mais tomber juste par hasard, ce n’est pas parce que le raisonnement est faux que le résultat l’est, etc.). Dans ce cas, les études cliniques devraient montrer des résultats clairs. Les tenants des pseudo-médecines, faute de pouvoir justifier leurs théories, se tournent vers les succès supposés de leurs pratiques (le « ça marche », voir aussi http://charlatans.free.fr/camarche.shtml). Les défauts méthodologiques des études cliniques sont constatables même par des néophytes. Ce qui explique pourquoi les études se succèdent et se contredisent. Les réalités sont tristes : plus les études sont faites correctement, scientifiquement, plus les résultats des pseudo-médecines se rapprochent de l’effet placebo, parfois même par le bas et avec des effets secondaires non négligeables. Ces constatations ont été faites à plusieurs reprises par des journaux scientifiques prestigieux qui ont passé en revue de nombreuses études cliniques (voir la réaction des laboratoires Boiron).
Les théories à la base des pseudo-médecines sont parfaitement ineptes et nul ne peut expliquer les effets ‘observés’, lorsqu’ils ne sont pas tout simplement imaginés, autrement que par un effet placebo dont la réalité a été constatée empiriquement par l’imagerie cérébrale (voir aussi une étude sur la variabilité de l'effet placebo).

Le dossier de Sciences & Avenir se conclut par une déclaration enthousiaste du Pr Boustie, de la fac de pharmacie de Rennes, sur les bienfaits du millepertuis pour lutter contre la dépression. Las ! Sens Commun a déjà publié une nouvelle du British Medical Journal en 2005 sur les bienfaits du millepertuis.

Le dossier est suivi d’une interview du psychothérapeute Thierry Janssen, qui répète les affirmations contestables et contestées de la rédactrice du dossier, notamment sur la supériorité alléguée des pseudo-médecines par rapport au placebo. Thierry Janssen n’oublie pas de critiquer le « réductionnisme scientifique », et cite Linus Pauling qui s’exprime sur ce qu’est la vie. On se demande encore ce que Pauling, un physicien et chimiste vient faire dans cette galère. Il s’était singularisé il y a quelques années en soutenant que l’absorption de doses massives de vitamine C aurait des effets très bénéfiques sur les défenses immunitaires. On lira à ce sujet une nouvelle de Nature.
Quand Thierry Janssen parle « d’enrichir » la médecine scientifique avec « des concepts plus larges », on se retient de rire. Décidément, Molière et son Médecin malgré lui est plus actuel que jamais. Avec Sciences et Avenir, ce serait plutôt Le Tartuffe. A quand la « kinésiologie appliquée » dans les hôpitaux ?

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- Phytothérapie
http://sens-commun.blogspot.com/search/label/phytotherapie
http://pseudo-medecines.org/articles.php?lng=fr&pg=125
- Iridologie
http://charlatans.free.fr/irido.shtml
- Discussions générales
http://pseudo-medecines.org
http://charlatans.free.fr/medecines_paralleles.shtml
http://charlatans.free.fr/questionnaire.shtml

Bibliographie :
Le sommeil de la raison, Norbert Bensaïd
Les charlatans de la santé, Jean-Marie ABGRALL
Idées folles, idées fausses en médecine, Skrabanek, Mc Cormick
Les pseudo-médecines, Jean Brissonnet
Les médecines douces, Jean-Jacques AULAS
Médecines parallèles et cancers, Dr. Olivier Jallut
La magie et la raison, Simon Schraub
Histoires parallèles de la médecine. Des Fleurs de Bach à l'ostéopathie, Thomas Sandoz

22 janvier 2007

Fraudes scientifiques: Une agence de vérification est souhaitée

Presse Canadienne (PC)

Le Canada ferme peut-être les yeux sur des douzaines de cas de fraudes scientifiques à cause de l'absence de tout organisme pancanadien d'investigation dans ce domaine.

C'est ce qu'affirme un rapport indépendant qui s'est notamment penché sur un cas concernant une université de Terre-Neuve qui avait eu à gérer des allégations qui remettaient en question le travail d'un de ses professeurs.

L'université Memorial avait été mêlée à un quiproquo à la suite de la remise en question par des universitaires américains d'une étude du professeur Ranjit Chandra sur les multivitamines, publiée en 2001. Le chercheur de Terre-Neuve s'en était servi pour faire la promotion de sa propre ligne de suppléments nutritionnels.

Cette étude affirmait qu'une combinaison spéciale de certains minéraux et multivitamines amélioraient grandement la mémoire chez les personnes âgées. Par la suite, elle a fait l'objet d'un désaveu de la part des éditeurs du journal Nutrition, qui l'avaient publiée et qui ont reconnu qu'ils n'avaient pas su vérifier adéquatement les affirmations du professeur.

Une enquête indépendante pilotée par le scientifique torontois Paul Pencharz avait alors été lancée pour examiner les politiques de l'université en matière d'intégrité intellectuelle, du début des années 1990 à aujourd'hui.

M. Pencharz a conclu que l'institution possédait déjà des mesures adéquates en ce sens, mais a recommandé la création d'un organisme nationale que les universités et instituts de recherche pourraient consulter au sujet des travaux menés par leur personnel.

Des organismes semblables existent déjà au Danemark et aux États-Unis. Le Japon et l'Australie sont actuellement en train d'en mettre sur pied.


Les cas de fraudes se multiplient alors même que les considérations financières personnelles sont généralement absentes. La célébrité, la pression du publish or perish ("publie ou crève"), le désir de subventions pour son laboratoire suffisent à 'justifier' les comportements frauduleux. Ne parlons pas des biais que l'on trouve un peu partout dans les études cliniques. Autant de raison de faire encore moins confiance aux études bidons produites par les pseudo-scientifiques qui ne servent qu'à servir des intérêts généralement financiers et très personnels.