Affichage des articles dont le libellé est chimie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est chimie. Afficher tous les articles

06 octobre 2005

Produits chimiques: des tests du WWF montrent le regain de contamination

PARIS (AFP) - Des tests sanguins ont permis de détecter la présence de 73 produits chimiques dans le sang de 13 familles européennes sur trois générations: grands-parents, parents et enfants, selon un communiqué de l'association écologiste WWF jeudi.L'enquête embrasse tous les âges (12 à 92 ans) et 12 pays (Allemagne, Belgique avec deux familles, Danemark, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Lettonie, Luxembourg, Pologne et Suède).
Le WWF a recherché la présence de 107 produits différents. Le nombre le plus élevé de produits a été détecté dans la génération des grands-mères (63 produits). Cependant, la jeune génération est contaminée en moyenne par un nombre plus élevé de produits chimiques (59) que la génération des mères (49).
De nouvelles substances utilisées dans les biens de consommation courants, comme les retardateurs de flammes bromés (présents dans les ordinateurs, télévisions, meubles, tapis) se retrouvent à des concentrations plus élevées dans le sang des enfants.
"Il est choquant de constater que des produits chimiques toxiques utilisés quotidiennement sont en train de contaminer le sang de nos enfants", a déclaré Karl Wagner, directeur de la campagne "toxiques" du WWF, dans le communiqué.
La génération des grands-mères est la plus contaminée par des produits anciens, dont l'usage est retreint dans les pays développés depuis des années, comme le pesticide DDT ou les PCB (polychlorobiphényles, utilisés dans les équipements électriques).
Les produits chimiques recherchés, dont beaucoup sont persistants et s'accumulent dans l'organisme pendant toute la vie, sont soupçonnés d'avoir des effets cancérigènes, d'affecter le fonctionnement neurologique et l'appareil de la reproduction.
Le WWF a lancé en 2004 une campagne contre les produits toxiques, en publiant les analyses de sang de 39 députés européens et 14 ministres de la Santé ou de l'Environnement, pour appuyer l'adoption d'une réglementation rigoureuse des produits chimiques en Europe.
Le projet européen "REACH" sur l'enregistrement, l'évaluation et l'autorisation des produits chimiques doit être soumis au Parlement européen le 14 novembre.


On se rappellera qu'une députée Verte, Marie Anne Isler-Béguin, avait été surprise d'apprendre qu'elle était encore plus contaminée par ces produits nocifs (source: Libération du 22/4/2004) que ses collègues, bien qu'ayant une hygiène alimentaire stricte et vivant à la campagne. On se perd en conjectures sur l'intérêt pratique des produits 'bio', dans un environnement tellement pollué.

19 septembre 2005

Le secret d’un "miracle" napolitain éventé le jour de sa répétition mardi 20 septembre 2005

(AFP) Une scientifique italienne a éventé lundi le secret d’un miracle napolitain, la liquéfaction du sang de Saint Janvier, le jour même où le phénomène se répétait comme tous les 19 septembre dans la cathédrale de la ville.Le "sang" de Saint Janvier, qui selon la tradition serait mort martyr il y a exactement 17 siècles, en 305, s’est liquéfié lundi comme tous les ans à la même époque lorsque l’archevêque de Naples, le cardinal Michele Giordano, a agité sous les yeux des fidèles les deux petites ampoules contenant le précieux liquide. L’événement avait fait se déplacer, outre une foule nombreuse, le président de la région, celui de la province, le maire de Naples et de nombreux notables.La liquéfaction du sang de Saint Janvier, censé être de bon augure pour Naples, se produit trois fois l’an : le 19 septembre, jour de la fête du saint, le premier samedi de mai et le 16 décembre, jour anniversaire de l’éruption du Vésuve en 1631, qui avait épargné Naples.Mais pour Margarita Hack, une célèbre astrophysicienne italienne, le phénomène a une explication qui ne relève en rien du miracle : "Il s’agit simplement d’une composition chimique à base de fer, datant du Moyen Age, à l’état solide si on n’y touche pas mais qui devient liquide quand on l’agite", a-t-elle expliqué dans le quotidien La Stampa.Le journal a publié sur ses indications la composition du cocktail miraculeux qui, a souligné la scientifique, peut être "facilement effectué en laboratoire" : chlorure de fer, carbonate de calcium et chlorure de sodium.Officiellement, la liquéfaction du sang de Saint Janvier n’est pas considéré par l’Eglise catholique comme un miracle, mais seulement comme un "événement prodigieux".


Un prodige de la chimie, surtout.

02 juin 2005

Une molécule qui inspire confiance

Selon une étude, l'ocytocine, pulvérisée dans les narines, rendrait crédule.
Par Corinne BENSIMON
Liberation

De l'ocytocine en spray. Voilà ce qui manquait à Chirac, Hollande et tous les leaders du oui. Trois pschitts dans chaque narine du citoyen, et la méfiance était laminée, la Constitution votée, la France rassemblée. Car l'ocytocine, proprement nébulisée dans les voies nasales, suscite chez l'humain la confiance en son prochain. C'est là le résultat d'une expérience publiée aujourd'hui dans la revue scientifique Nature. Conduite à l'université de Zurich, en Suisse, fruit d'une collaboration entre neurobiologistes et économistes, elle met en lumière une base biologique du lien de confiance. Ce faisant, elle instruit le débat (émergent) sur les utilisations futures de la connaissance du cerveau humain. «Cette découverte pourrait être détournée afin d'induire des comportements de confiance que des sujets pourraient exploiter à des fins égoïstes», avertissent les auteurs. «L'alarme citoyenne face à de tels mésusages aurait dû être donnée bien avant que ne débute cette étude, commente le neurobiologiste américain Antonio Damasio. On ne peut reprocher aux auteurs de la sonner.»
Jeu de rôles. C'est donc avec une grande confiance dans les vertus du débat éthique que l'équipe suisse a scruté la physiologie de la confiance, comportement «indispensable à l'amitié, l'amour et l'organisation sociale». L'évolution aurait-elle sélectionné un stimulus biologique simple l'augmentation de la sécrétion d'une molécule, par exemple pour contrôler une attitude si vitale ? L'ocytocine (ou oxytocine), parient d'emblée les chercheurs, est la meilleure candidate. Sécrétée par l'hypothalamus, cette petite molécule dont la synthèse a valu un Nobel, il y a cinquante ans, est connue pour favoriser les contractions lors de l'accouchement et l'excrétion du lait maternel. Plus récemment, on a découvert qu'elle suscite, chez l'animal, l'attachement social entre la mère et son petit, et entre la femelle et le mâle. L'ocytocine serait-elle impliquée chez l'homme dans un semblable «lien de confiance», interindividuel ?
Oui, répondent les chercheurs après avoir proposé à des étudiants un singulier jeu de rôles.
Un jeu d'argent. D'un côté, le sujet de l'expérience : l'«investisseur», qui peut placer plus ou moins d'argent, de zéro à douze unités. De l'autre, un «banquier» qui reçoit cette somme, dont la valeur triple, et qui rend à l'investisseur ce qui lui chante. Les deux ne se voient pas. Le jeu ne se joue qu'une fois. Vingt-neuf investisseurs reçoivent avant la partie trois pulvérisations d'ocytocine dans chaque narine (dosages normaux d'une préparation de Novartis destinée aux maternités). Vingt-neuf autres reçoivent un placebo. Plusieurs groupes ont défilé. Résultat : 45 % des «investisseurs» sous ocytocine ont choisi de faire une mise maximale, contre 21 % dans les groupes placebo.
«Remarquable». «Une administration intranasale d'ocytocine provoque une augmentation substantielle du comportement de confiance», concluent Ernst Fehr et son équipe, après avoir éliminé une série d'hypothèses susceptibles de biaiser leur observation.
«Une découverte remarquable», estime Antonio Damasio avec un enthousiasme que tempère le neurobiologiste de la toxicomanie, Pier-Vicenzo Piazza (Inserm, Bordeaux) : «La question est de savoir si cette expérience permet de cerner ce que l'on appelle la "confiance". Il faudrait tester d'autres situations.»
En attendant de savoir si un déficit français en ocytocine est un des ressorts du non référendaire, un groupement d'instituts de recherche européens s'apprête à poser aux citoyens de l'UE la question de confiance sur les neurosciences (1) : «L'utilisation de substances chimiques pourrait conduire à améliorer, altérer, voire contrôler les facultés mentales. Quel usage doit-on faire des nouvelles connaissances sur le cerveau ?» A débattre sous ocytocine.

(1) Projet «Meeting of minds», soutenu par la Cité des sciences et de l'industrie.


Molécule très utile à vaporiser à hautes doses pour tous les négociateurs de paix !

22 avril 2004

Une cobaye verte et inquiète

Le test sanguin de Marie-Anne Isler-Béguin a révélé 51 substances toxiques.
Par Denis DELBECQ (Libération)

Un cocktail de molécules qui portent un nom à coucher dehors. Marie-Anne Isler-Béguin, députée européenne verte, ne connaissait que de loin ces familles de produits chimiques. Jusqu'à ce qu'elle découvre, mardi, lors d'une réunion à huis clos, la composition de son propre sang.

«Je ne sais pas si je détiens le record, on ne me l'a pas dit, mais je suis dans le peloton de tête des plus contaminés», explique-t-elle. Là où les volontaires affichent en moyenne 41 des 101 substances recherchées, le test pratiqué sur Marie Anne Isler-Béguin en a repéré 51. Avec des niveaux qui frisent, pour bon nombre de substances, le double de ce qui a été trouvé chez ses collègues, parfois même huit fois plus.

«C'est inquiétant. Je n'arrive pas à comprendre, s'interroge la députée. Je vis dans ce que je crois être un environnement sain, à la campagne, même si c'est dans une région, la Lorraine, réputée polluée par l'industrie. Les médecins qui nous ont présenté l'étude penchent pour une contamination alimentaire, ou par les vêtements. Ils m'ont demandé si je mange beaucoup de poisson, notamment d'élevage, pour expliquer mon taux de PCB. Ce n'est pas le cas. Si je réchauffe mes plats avec un film plastique au micro-ondes, pour mon taux de phtalates, mais je n'ai pas eu de tel four jusqu'à il y a quelques mois.»

Reste que personne ne peut dire si les niveaux chez les eurodéputés auront des incidences ou non sur leur santé.

«Encore faut-il chercher à le savoir, questionne Marie Anne Isler- Béguin. C'est incroyable que cela soit une ONG qui soit obligée de faire ce type d'études pour qu'on puisse avoir en quelque sorte des données de référence. C'est aux autorités, et notamment à la Commission européenne, de lancer des enquêtes.»

En attendant, la députée entend demander aux présidents des régions Lorraine et Franche-Comté de commanditer des études épidémiologiques sur leur population.


Une députée Verte beaucoup plus 'polluée' que ses collègues, l'affaire pourrait prêter à sourire si elle n'était pas aussi grave. Il est clair que les théories écologistes sont quelque peu battues en brèche par ce résultat inattendu: il montre, bien qu'un seul exemple ne soit pas significatif, que des pollutions inconnues peuvent être beaucoup plus importantes pour la santé que celles que l'ont peut éviter par un style de vie réputé "sain". L'ignorance de ces pollutions rend les écologistes aussi impuissants à les combattre que n'importe qui, et c'est ça que démontre le cas de la députée.