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12 mai 2007

Première en France: deux billets gagnants à l'Euro Millions validés au même endroit

Par Pierre-Marie GIRAUD

PARIS (AFP) - Au 70 de la rue des Entrepreneurs à Paris (XVe), le tabac-presse n'a pas de nom. Si les propriétaires lui en donnent un, ils n'auront que l'embarras du choix entre "La chance", "Le hasard" ou "La veine" car deux joueurs viennent d'y gagner chacun près de 18 millions d'euros.
Fait rarissime à l'Euro Millions, deux bulletins gagnants au premier rang (cinq bons numéros et deux bonnes étoiles) ont été validés au même endroit. Les deux joueurs parisiens vont se partager les 53.347.664 euros de la cagnotte de vendredi avec un joueur breton de Saint Grégoire (Ille-et-Vilaine), soit 17.782.555 euros chacun.

Reginald Carbou, 63 ans, le mari de la gérante du tabac-presse, raconte qu'il a appris la nouvelle samedi à 05H00 par la Française des Jeux (FDJ). A 08H00, alors que le panneau annonçant que de très gros bulletins gagnants ont été validés ici n'a pas encore été accroché par la FDJ, les commentaires vont déjà bon train.

"Si c'était moi, assure Reginald Carbou, j'aurais tout de suite baissé le rideau de fer et je serais rentré en Savoie pour y terminer mon chalet".

Robert Pindray, 48 ans, le boucher de ce quartier commerçant, ne regrette pas trop de ne pas être l'un des deux gagnants : "Je ne suis ni gros joueur ni joueur régulier mais je vais peut-être désormais prendre un abonnement".

Le représentant de la FDJ Patrick Germain rappelle qu'il existe une chance sur 152 millions pour que deux personnes valident au même endroit la même grille gagnante au premier rang de l'Euro Millions. C'est une première en France, ajoute-t-il, l'Autriche étant le seul autre pays où deux grilles gagnantes au premier rang ont été validées au même endroit en avril 2006. A cette occasion, la même personne avait validé les deux grilles gagnantes et avait empoché deux fois 6,5 millions d'euros.

"Pour l'heure, dit Patrick Germain, nous attendons que le ou les deux possesseurs des grilles gagnantes se manifestent auprès du détaillant ou directement au téléphone réservé aux gros gagnants (0810.421.421) car ils ont soixante jours pour le faire".

"Le Loto et L'Euro Millions sont des jeux de plus en plus collectifs et les joueurs des neuf pays de l'Euro Millions prennent l'habitude d'y jouer en groupe", note le représentant de la Française des Jeux. A l'automne 2006, cinq sapeurs-pompiers de Perpignan se sont partagés cinq millions gagnés au Loto.

De quoi faire rêver les sapeurs-pompiers de la caserne Violet, qui se trouve à quelques pas du tabac-presse.


Parions que les deux chanceux se connaissent et ont fait leurs jeux ensemble.

05 septembre 2006

Israël: des rabbins kabbalistes à la rescousse de la Sécurité sociale

JERUSALEM (AFP) - Des rabbins ont organisé une prière collective dans les locaux de la Sécurité sociale israélienne à Tel-Aviv pour conjurer une malédiction prétendument jetée sur ses employés par des personnes privées d'allocations.
La Sécurité sociale est l'organisme chargé de verser des allocations en Israël, notamment aux familles nombreuses, aux personnes âgées et aux handicapés.

Suite à la mort subite du directeur du bureau de Tel-Aviv et à la maladie de plusieurs employés, des membres du comité du personnel, croyant à une malédiction, se sont tournés vers des rabbins kabbalistes pour qu'ils la conjurent.

Le rabbin David Basri et son fils Itzhak, tous deux connus pour leurs connaissances en Kabbale (mystique juive) ont organisé lundi une prière en présence de 200 employés et ont sonné du schofar (instrument en forme de corne de bélier utilisé dans les rituels juifs) pour chasser la malédiction.


Entre ceux qui jettent les malédictions, ceux qui les combattent et ceux qui se contentent d'y croire, on se demande où est bien passé l'esprit critique.

11 mai 2005

110 personnes piochent le bon biscuit et tirent le gros lot

NEW YORK, May (Reuters) - Dix-neuf millions de dollars. C'est la somme que se sont partagées 110 personnes qui avaient joué à la loterie les nombres conseillés sur le petit billet d'un biscuit chinois, a-t-on appris mercredi auprès de Charles Strutt, directeur de la loterie inter-Etats Powerball.
Les statistiques voudraient qu'il n'y ait que quatre ou cinq gagnants sur 10,4 millions de grilles jouées dans 27 Etats, le district de Columbia et les Iles vierges qui proposent cette tombola, mais, lors du tirage du 30 mars dernier, les gagnants ont été 20 fois plus nombreux. Leurs gains individuels s'échelonnent de 100.000 dollars à un demi-million.
"Il y avait quelque chose qui n'allait pas; c'était contraire à toutes les éventualités", a déclaré le directeur.
"Donc nous avons suspecté une erreur du système ou une fraude. Dans le milieu de la loterie, vous vous devez d'être naturellement suspicieux: chaque fois que nous sommes face à une aberration statistique nous vérifions."
Il était également possible que ce soit lié à des nombres porte-bonheur parus dans les médias. Les employés de la Multi-State Lottery Association, qui gère Powerball pour la société Uniondale, ont donc passé le jour qui a suivi à éplucher la presse. Ils ont même re-regardé un programme de la chaîne ABC, "Lost", et un épisode d'un feuilleton "soap" qui parlaient de Powerball. Rien ne concordait.
Le personnel a donc reçu pour instruction de questionner les gagnants qui venaient chercher leur pactole, le 1er avril, a précisé Strutt.
Le premier indice est venu du Tennessee, lorsque trois gagnants ont fait allusion à des biscuits chinois. Le schéma s'est répété un peu partout à travers le pays.
Des responsables de Powerball du Tennessee et de l'Idaho ont rendu visite à des dizaines de restaurants chinois et sont remontés jusqu'à un distributeur de New York, Wonton Food.
Les biscuits donnaient six nombres dont les cinq premiers suffisaient à gagner une somme à six chiffres. Le sixième nombre inscrit dans les biscuits était le nombre 40 alors c'est le 42, attaché à un jackpot de 25,5 millions de dollars, qui est sorti au tirage ce jour-là.
Un habitant du Tennessee, qui n'a pas voulu faire confiance à son biscuit a modifié un chiffre et remporté le plus gros lot, a ajouté Strutt.
Wonton Food - dont aucun des 110 employés, dans le Queens, n'a joué ces chiffres - fabrique 4 millions de biscuits par jour et près de 97% de ceux-ci proposent une série de six nombres. Il existe 10.000 combinaisons de nombres, tous tirés au sort par des ouvriers parmi 40 bouts de papiers.
"Dorénavant nous utiliserons un ordinateur (pour choisir les nombres) parce que c'est plus efficace", a déclaré Derrick Wong, gérant de Wonton Food. "Le recours à un ordinateur réduit les chances de répéter une combinaison et nous ne voulons pas que ça arrive."
Un autre cadre de l'usine, Richard Leung a estimé que plusieurs centaines de milliers de biscuits contenaient la bonne suite de nombres.
Charles Strutt a indiqué que certains gagnants avaient croqué leur biscuit quelques jours auparavant mais que l'un d'entre eux avait conservé son petit bout de papier pendant trois ans avant d'en jouer la combinaison.


Voilà ce qui peut arriver lorsqu'un biais affecte un processus qui devrait être 'totalement' aléatoire. Ici, un simple « fortune cookie » chinois a réussi à faire survenir un événement qui aurait été parfaitement improbable autrement. Il est utile de se rappeler que certaines expériences 'paranormales' reposent sur la présomption qu'un processus est bien aléatoire et que l'ensemble des événements possibles est équiprobable, c'est-à-dire qu'aucun des événements de l'ensemble n'a plus de chances qu'un autre de se produire.

13 décembre 2004

Un aveugle doté d'un "sixième sens" pour déceler les émotions

LONDRES (AFP) - Un aveugle a étonné les scientifiques britanniques en faisant preuve d'un "sixième sens" lui permettant de reconnaître des visages tristes ou en colère, indique une étude publiée dimanche par la revue Nature Neuroscience.
Agé de 52 ans, cet homme dont l'identité n'a pas été révélé, a subi deux attaques cardiaques, qui ont endommagé la partie du cerveau qui gère les signaux visuels, le laissant totalement aveugle, même si ses yeux et son nerf optique sont intacts. Il est ainsi incapable de faire la différence entre un visage masculin et féminin ou entre des carrés et des cercles. Mais en face de visages montrant de la colère ou de la joie, il s'est montré capable d'identifier les émotions dans 59% des cas, un taux supérieur à celui obtenu par le fait du hasard, a indiqué le Dr Alan Pegna, de l'Ecole de psychologie de l'Université du Pays de Galles, qui a dirigé l'étude. Les mêmes résultats ont été obtenus face à des visages montrant de la tristesse ou de la crainte d'un côté et d'autres visages heureux de l'autre.
Des scanners de son cerveau ont suggéré qu'il pouvait traiter des informations enregistrées par ses yeux dans des parties de son cerveau qui ne sont pas chargées de la vision.


Ce résultat ressemble furieusement à ceux du remote staring de Rupert Sheldrake. Il a été montré que cette différence avec le pur hasard provenait de l’utilisation de suites pseudo aléatoires, combinée avec l’annonce immédiate faite au sujet par l’expérimentateur du succès ou de l’échec de chaque tentative. L’utilisation de séries pseudo aléatoires générées par des individus permet, dans ces conditions, un taux de réussite de 60% environ : cet effet est baptisé « biais d’alternance ».][1]

[1] Pour la Science, Spécial Einstein, Décembre 2004, Les dés pipés du cerveau, p. 144 et suivantes.

01 décembre 2004

Le biais d’alternance

Bien des expériences scientifiques utilisent des séquences aléatoires pour tester une hypothèse par rapport au pur hasard. Lorsque ces séquences ne sont pas réellement aléatoires, les résultats peuvent être faussés par ce biais. Il y en a de plusieurs types.
Les expériences scientifiques utilisant des tests à deux possibilités équiprobables sont identiques à un test de « pile ou face ». Sur un grand nombre de lancers d’une pièce « parfaite », nous savons que le nombre de résultats « pile » sera approximativement le même que le nombre de résultats « face ». Si l’on demande à quelqu’un de produire une suite aléatoire de « piles » ou « faces », il produira sans problème une suite équilibrée en « piles » et en « faces ».
Pourtant, cela ne suffit pas à rendre une telle suite véritablement aléatoire : la suite « pile-face-pile-face-pile-face… » est bien équilibrée, mais elle n’est pas du tout aléatoire car elle répète à l’infini une séquence « pile-face ». Il est donc très simple de deviner le résultat suivant un « pile » ou un « face ». On dit que cette suite a un taux d’alternance de 100% (c’est-à-dire que le résultat précédent est toujours différent du résultat suivant).
Une suite véritablement aléatoire suffisamment longue aura un taux d’alternance qui se rapprochera de 50% (une condition nécessaire mais pas suffisante). En effet, chaque lancer étant indépendant (on dit aussi que le jeu est sans mémoire), il y a une chance sur deux pour que le résultat change au coup suivant. Alors qu’un ordinateur pourra produire une telle suite correctement, une personne aura tendance à alterner plus que nécessaire : le taux d’alternance des suites humaines atteint environ 60%. C’est-à-dire que si quelqu’un essaye de deviner le résultat suivant en connaissant le précédent, il aura 60% de chances de gagner s’il parie sur un résultat différent du précédent.
Cette erreur était fréquemment commise du temps des parapsychologues de l’ère pré-informatique, mais elle se produit malheureusement aussi de notre temps. Ainsi Rupert Sheldrake, dans ses expériences de « remote staring » de 1994 (un sujet essaye de deviner s’il est regardé dans son dos) conduites sans double (ni simple) aveugle et utilisant des suites pseudo-aléatoires ayant un taux d’alternance de 60%, a-t-il cru déceler des capacités parapsychiques chez ses sujets lorsqu’il a obtenu un pourcentage de réussite de près de 60% sur 18000 essais. Le sujet était averti du résultat précédent et pouvait donc changer à l’essai suivant, ce qui lui donnait une meilleure chance de gagner.
Le biais d’alternance permettait donc au sujet, par l’absence de double aveugle, de réussir pratiquement à hauteur du taux d’alternance de la suite pseudo-aléatoire, sans aucun don parapsychique comme « explication » de ce résultat.

Références :
« Les dés pipés du cerveau », Pour la Science spécial de décembre 2004, page 144 et suivantes.
« The Psychic Staring Effect », CSICOP