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26 mars 2008

Loi OGM: Greenpeace envoie aux députés un documentaire sur Monsanto

PARIS (AFP) - L'association Greenpeace a annoncé mercredi avoir adressé des copies d'un documentaire sur la firme américaine Monsanto aux 577 députés français qui s'apprêtent à examiner le projet de loi sur les OGM.
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"Il nous semble essentiel qu'à la veille de se prononcer sur une loi qui engage l'avenir de l'agriculture et de l'environnement français, les élus français aient tous vu cette enquête passionnante et instructive sur les méthodes et l'histoire du leader des OGM".

"Le Monde selon Monsanto", une enquête de trois ans de Marie-Monique Robin récemment diffusée sur Arte, retrace l'histoire du plus gros semencier OGM de la planète, dont le soja, le maïs et le coton transgéniques gagnent rapidement du terrain.

Le projet de loi sera examiné du 1er au 3 avril par l'Assemblée nationale, après avoir été largement amendé par les sénateurs en février.


On se demande si c'est une bonne idée d'envoyer aux députés un document truffé d'erreurs scientifiques et partisan. Même sans avoir de complaisance envers une société commerciale, les députés pourraient ne pas apprécier le matraquage partisan de Greenpeace.

14 juin 2007

Dans les champs d'OGM, les mauvaises herbes font de la résistance

Par Jean Etienne, Futura-Sciences

100 millions d'hectares de plantes OGM ont été cultivées dans le monde en 2006, dont 75 % partagent la même caractéristiques : elles sont résistantes au glyphosate , un désherbant total. Mais un constat alarmant vient d'être révélé : les mauvaises herbes deviennent, elles aussi, résistantes au glyphosate.

Comment cela est-il possible ? Lorsqu'en 1980 la société Monsanto a mis au point ce gène de la résistance et l'a implanté dans diverses plantes, notamment le maïs, le soja, le coton, le colza, la betterave et la luzerne, cela a été considéré comme une véritable bénédiction par les agriculteurs qui pouvaient ainsi éviter de répandre de coûteux herbicides sélectifs sur leurs récoltes, et le remplacer par le glyphosate, meilleur marché. La vingtaine de produits utilisés jusqu'alors sont pratiquement tombés en désuétude, tandis que la quantité de glyphosate pulvérisée annuellement passait de 4500 à 45000 tonnes. Bien entendu, l'innocuité de cet herbicide envers les plantes OGM donnait aussi la possibilité d'augmenter considérablement les doses pour un effet encore plus efficace sur les plantes parasites, astuce qui n'échappa pas aux cultivateurs…

Mais l'avenir s'assombrit quelque peu. Pour certains, le temps tourne même à l'orage car on découvre de plus en plus d'exemples où des plantes sauvages ont développé une forme de résistance au glyphosate. Le phénomène ne s'est pas encore généralisé mais s'étend de façon alarmante, non seulement aux Etats-Unis, mais aussi au Brésil, en Argentine et en Chine, et surtout en Australie où les autorités considèrent que cette évolution deviendra un problème majeur d'ici trois ou quatre ans.

L'Europe échappe complètement au problème, la culture d'OGM résistants au glyphosate y étant interdite. Ce qui fait dire à certains que le Vieux continent pourrait devenir dans un proche avenir un réservoir de plantes saines… Toutefois, des cas de résistance locaux ont été constatés en certains endroits où ce désherbant est utilisé, comme les vignobles et oliveraies du bassin méditerranéen, dénonce Christian Gauvrit, spécialiste des herbicides à l'Inra de Dijon.

La mutation des plantes parasites semble donc bien être une forme de défense naturelle face à une agression. En 1997 pourtant, la revue spécialisée américaine Weed Technology avait affirmé dans ses colonnes que "Les mutations qui confèrent la résistance au glyphosate sont tellement complexes qu'elles ne sont pas susceptibles d'être copiées par la nature". Nature aux réactions une fois de plus sous-estimées, comme on peut le constater aujourd'hui…

Mais les semenciers n'entendent pas en rester là. C'est ainsi que Monsanto travaille à la mise au point de plantes OGM résistantes à un autre herbicide, le Dicamba, et promet une commercialisation d'ici quatre ou cinq années. Seule ombre au tableau, celui-ci est beaucoup plus toxique que le glyphosate (dont la dose létale est de 0,2 gramme) et aussi moins efficace, ce qui pourrait contraindre à une utilisation à plus forte dose.

Note

Le glyphosate est commercialisé sous plusieurs noms, dont le plus connu est le Roundup. Il s'agit d'un herbicide efficace, pratique et sans doute moins dangereux que d'autres pesticides. Néanmoins, ses effets toxiques pour l'homme sont évidents, ainsi que les nombreux impacts négatifs pour la faune et la flore sauvages. Une étude effectuée en Californie, dans le programme de suivi des maladies causées par les pesticides, a démontré que les herbicides à base de glyphosate étaient la 3ème cause de maladie chez les agriculteurs et la première chez les gestionnaires d'exploitation. (Source Pesticide Action Network asbl, Belgique).

13 mars 2007

Les écologistes réitèrent leurs soupçons sur un maïs OGM de Monsanto

PARIS (AFP) - Greenpeace et le Crii-gen (Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique) mettent de nouveau en cause le maïs génétiquement modifié de la société américaine Monsanto MON 863, dans une étude publiée mardi.
Selon cette étude du Crii-gen, financée partiellement par Greenpeace et publiée dans la revue américaine Archives of Environmental Contamination and Toxicology, la consommation d'OGM entraîne chez les rats nourris aux OGM des perturbations sur ces "filtres" que sont le foie et les reins.

"Notre contre-expertise a fait apparaître des problèmes hépatiques chez les femelles, qui ont grossi, alors que les mâles connaissaient des problèmes rénaux qui les ont fait maigrir", explique le Pr Gilles-Eric Séralini, membre de la Commission du génie biomoléculaire et chercheur à l'Université de Rouen, par ailleurs président du comité scientifique du Crii-gen.

"Nous appelons les autorités publiques à reprendre les tests sur le maïs et donc à décréter un moratoire sur son usage", a lancé le Pr Séralini en demandant pourquoi les analyses "effectuées par Monsanto étaient restées confidentielles sous couvert de secret industriel".

Greenpeace a dû mener une longue bataille juridique en Allemagne pour obtenir la communication des 1.132 pages de données brutes de l'étude de Monsanto sur le maïs MON 863, qui ont été retraitées par les experts du Crii-gen.

Selon le Pr Séralini, les effets marqués sur le foie des femelles - augmentation des taux de sucre et jusqu'à 40% des graisses dans le sang - et sur la chimie urinaire des mâles, avec des variations importantes des taux de sodium ou de phosphore notamment, sont "identiques à ceux causés par une intoxication aux pesticides".

Or ce type de maïs a "la particularité de produire son propre insecticide tout au long de sa vie. Mais cet insecticide, qui a été modifié pour être intégré au maïs, n'a jamais été testé en l'état: il n'y a donc ni traçabilité ni épidémiologie possibles", souligne le Dr Joël Spirou, spécialisé en médecine environnementale qui a pris part aux contre-expertises.

Le géant agro-industriel américain Monsanto avait fait valoir en 2003 que les écarts dans son étude entre les rats nourris aux OGM et les autres ressortaient de la variabilité naturelle.

Pour les scientifiques du Crii-gen, il aurait fallu mener des tests sur des femelles gestantes et sur leurs petits, afin de mesurer les effets du maïs sur la santé reproductive.

"Ces tests, qui auraient duré de 18 mois à deux ans, auraient amoindri l'intérêt économique des OGM", soulignent-ils.

Le MON 863, autorisé en Europe pour l'alimentation animale depuis août 2005 et pour l'homme depuis janvier 2006, est l'objet d'une polémique depuis trois ans. Selon le Crii-gen, il est cultivé essentiellement sur le continent américain et aujourd'hui utilisé un peu partout dans le monde et notamment en Europe pour l'alimentation animale.

Les experts de la Commission du génie biomoléculaire française avaient émis initialement des réserves, avant de conclure après un examen approfondi que les anomalies repérées "s'inscrivaient dans la gamme des variations naturelles".

L'Agence européenne de sécurité alimentaire avait donné un avis positif au MON 863 en avril 2004, le jugeant "aussi sûr que le maïs conventionnel".

09 février 2007

DÉSINFORMATION - OGM en stock

Canal + aurait bloqué la diffusion d'un reportage sur les OGM. Sur le net c'est la ruée pour visionner (enfin) le documentaire interdit d'antenne...

Initialement prévu dans le cadre de l'émission 90 minutes proposée par Paul Moreira, un documentaire dénonce les OGM... Jusque là, personne n'a pu le voir, mais heureusement Internet veille au grain et c'est ainsi qu'il se retrouve en diffusion sur google video.

Depuis que l'information circule via les messageries électroniques, c'est la folie. Tout le monde veut voir le fameux reportage sur les OGM censuré tantôt par la chaîne cryptée, tantôt par l'état (en fonction des versions et des affinités de chacun). En effet, grâce à internet, c'est le double effet kiss kool :

- on peut voir un documentaire interdit (nous en sommes tous friands, il recèle forcément des vérités qu'on nous cache)
- on peut constater que les médias sont effectivement à la botte des marchands de maïs transgénique et des gouvernements (genre, "Et voilà ! Même Canal est bien dressée")

Internautes de tous pays, unissez-vous contre la censure... Oui, seulement voilà, après investigations, il s'avère que le reportage en question n'a pas du tout été censuré, ni interdit. Laure Noualhat, journaliste à Libération, est d'ailleurs la première à nous confirmer par e-mail que "le film a bien été diffusé le 15 novembre". Chacun pourra le constater en consultant le programme de l'émission "90 minutes", ou en vérifiant les archives du Monde.
Paul Moreira, ancien rédacteur en chef de l'émission et actuel directeur de la campagne "liberté d'informer", qu'on peut difficilement soupçonner d'être aux ordres (viré par canal), est le premier a reconnaître que le reportage en question n'a jamais fait l'objet d'une quelconque censure.

Méga intox donc, qui profite finalement au reportage, puisque depuis la mise sur le marché de ce hoax télévisuel, il aura été regardé par deux fois plus de monde que lors de ses différentes diffusions sur Canal +.

Que l'auteur du hoax se rassure, en publiant cet article, nous allons forcément contribuer à ce qu'il soit encore plus vu. Mais au moins, ce sera en toute connaissance de cause et non pour une raison qui n'en est définitivement pas une.

Article par Guillaume - HoaxBuster.com


Et voila comment les conspirationnistes arrivent à piéger les médias 'indépendants' (comprenez "qui n'ont pas les moyens de vérifier les (dés-)informations"), avec un reportage 'censuré' qui avait été en fait diffusé deux mois plus tôt. Mais, comme il est tentant de croire que nos dirigeants censurent les informations qui confirment nos croyances.