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09 juillet 2008

Crânes de cristal: ceux des musées de Washington et Londres sont également faux

PARIS (AFP) - Les crânes de cristal de roche dits aztèques ou mayas du British Museum à Londres et de la Smithsonian Institution à Washington sont des faux, comme celui du musée du Quai Branly à Paris, selon une étude publiée mercredi dans la revue Journal of Archaeological Science.

"Les crânes (de Londres et Washington) ne sont pas pré-colombiens. Ils doivent être considérés comme étant de manufacture relativement moderne", selon les auteurs de l'article qui estiment qu'ils ont "probablement été réalisés moins d'une décennie avant leur première mise en vente" au XIXe siècle.

Les scientifiques qui ont analysé les crânes ont conclu qu'ils avaient été taillés et polis par des outils datant de l'ère industrielle.

Il existe dans le monde 12 "crânes de cristal" répertoriés, dits aztèques ou mayas, apparus sur le marché des antiquités à la fin du XIXe siècle. Neuf d'entre eux appartiennent à des personnes privées.

Celui du Quai Branly, qui présente "des traces d'abrasion et de polissage effectuées avec des outils modernes", date "du XIXe siècle, et vraisemblablement de sa seconde moitié", avaient conclu il y a trois mois les les scientifiques qui l'avaient examiné.

Le crâne de Londres, de 15 cm de haut, acheté par le British Museum en 1897, a été travaillé avec des tours pour lui donner son aspect, et avec une foreuse pour les orbites et les narines. Du diamant et du corindon ont par ailleurs été appliqués avec des outils en fer et en acier pour lisser sa surface, a révélé son examen avec un microscope électronique.

La Smithonian Institution a acquis son crâne de cristal, haut de 25,5 cm, en 1992. Des "légères traces" d'outils, comme des meules - des outils qui n'existaient pas en Amérique Latine avant l'arrivée des Européens -, ont été notées à sa surface. Par ailleurs, du carbure de silicone - un composé trouvé uniquement dans des météorites et utilisé dans les abrasifs modernes - a été décelé dans une petite cavité.

Enfin, des petites irrégularités dans le quartz montrent que celui du crâne de Londres provenait des Alpes, du Brésil ou de Madagascar, et celui de Washington peut avoir "de nombreuses sources potentielles", dont le Mexique et les Etats-Unis.

Le crâne du British Museum était passé au XIXe siècle, comme celui du Quai Branly, entre les mains d'un marchand très controversé, Eugène Boban, soupçonné de supercherie.

Le premier achat connu pour celui de la Smithonian Institution remonte à Mexico en 1960, et les scientifiques pensent qu'il avait "probablement été usiné peu de temps avant son acquisition".

Les 12 crânes de cristal ont toujours été entourés de mystère. Ils auraient été apportés sur terre par un peuple venu de la mythique Atlantide, pour faire don de leurs connaissances aux hommes, puis gardés dans une grande pyramide par les Olmèques, les Mayas, puis les Aztèques qui les auraient dispersés.

Les crânes pouvaient manger ou parler et bénéficiaient de multiples pouvoirs une fois réunis. Et si on les aligne le dernier jour du calendrier maya - le 21 décembre 2012 - la Terre ne pourra pas basculer, raconte encore la légende.

04 juin 2008

Indiana Jones ne connaît pas sa géographie, reprochent les Péruviens

LIMA (AFP) - Indiana Jones, le célèbre archéologue du "Royaume du crâne de cristal" n'est certainement pas géographe, vitupèrent les péruviens, irrités en voyant leur pays andin confondu grossièrement avec le Mexique.
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Les spectateurs péruviens avaient pourtant été préparés par une campagne publicitaire ne laissant rien ignorer du fouet, des différents pistolets de l'aventurier allergique aux serpents, du saint graal ou des nazis avides de reliques aux pouvoirs magiques. Ils ont été décontenancés, déçus et enfin irrités en entendant le mexicain Pancho Villa parler en quechua, la langue des Incas et en constatant la confusion dans les décors et les lieux supposés.

"C'est un barbarisme", tonne Hugo Neyra, un historien, devenu directeur de la bibliothèque nationale de Lima.

A la sortie des salles, les spectateurs sont désorientés par les rancheras, ces chansons traditionnelles mexicaines qui accompagnent le héros dans l'Amazonie péruvienne. Ils sont aussi surpris par les féroces guerriers mayas qui parlent la langue des Andes où encore par la fameuse pyramide de Chichen Itza (au Mexique) déplacée... dans l'Amazonie péruvienne.

Pour l'historien Manuel Burga, ancien recteur de l'Université San Marcos, Steven Spielberg et George Lucas manquaient visiblement de conseillers historiques: "Il y a beaucoup de données fausses, même s'il s'agit d'une fiction cela va faire du tort, on montre un Pérou qui n'est pas vrai. Il n'est pas possible de confondre l'Amazonie avec la forêt du Yucatan au Mexique" proteste-t-il.

L'historien Teodoro Hampe n'est pas surpris en expliquant que pour l'américain moyen, tout ce qui existe au-delà de sa frontière sud, à partir du Mexique c'est du pareil au même: "Pour eux, c'est la même chose que ce soit le Mexique, le Guatemala, la Bolivie ou le Pérou".

Enfin les commentateurs regrettent que le message du film soit que les réussites des civilisations latino-américaines proviennent des extraterrestres et non de leurs habitants.


Dans la liste des bêtises, on peut ajouter les crânes de cristal eux-mêmes, dont il est maintenant prouvé que ce sont des faux. Evitons de croire qu'Indiana Jones est le titre d'une série d'émissions scientifiques, sans pour autant bouder notre plaisir.