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28 octobre 2008

A l'inverse du titre de médecin, le terme de médecine n'est pas protégé


Si ne peut se dire médecin qui veut, le terme de médecine, qu'elle soit douce, chinoise ou alternative, peut être utilisé beaucoup plus librement, a reconnu récemment la Cour de cassation.

L'affaire trouve son origine dans une décision du conseil départemental de l'Ordre des médecins de Moselle. Celui-ci avait invité un praticien exerçant la médecine chinoise à cesser d'utiliser le titre de médecin et à exercer son activité sous une autre dénomination.

En mai 2007, la cour d'appel de Metz avait formalisé la chose et interdit à ce praticien d'utiliser le terme même de "médecine", considérant qu'il était protégé par les dispositions du code de la santé publique relatives à l'exercice illégal de la médecine.

Dans un arrêt rendu le 16 octobre, la 1ère chambre civile de la Cour de cassation a annulé en partie cette décision, confirmant l'interdiction de l'usage du terme "médecin", mais autorisant celui de "médecine".

En effet, ont rappelé les magistrats, "le terme de médecine, à l'inverse du titre de médecin, n'est pas protégé".

Le dossier a été renvoyé devant la cour d'appel de Reims qui devra de nouveau statuer, conformément à l'interprétation de la Cour de cassation.


Raison pour laquelle n'importe quel charlatanisme peut se cacher sous le terme de "médecine".

17 juin 2008

ACADEMIE DE MEDECINE: Les risques du téléphone portable, Mise au point

COMMUNIQUE DE L'ACADEMIE NATIONALE DE MEDECINE, le 17 juin 2008

Les risques potentiels des téléphones portables ont fait l’objet de très nombreuses études, justifiées par le développement massif de la téléphonie mobile depuis 1993. Ces études relèvent soit d’une approche expérimentale (sur l’animal, sur des cultures cellulaires, voire sur des végétaux) soit d’une approche épidémiologique fondée sur des études cas-témoins.

L’étude internationale Interphone a été lancée car la plupart des études épidémiologiques antérieures apportent en réalité peu d’informations en raison d’une faible puissance statistique (peu de cas de la pathologie suspectée), d’un faible recul dans le temps (la plupart des cancérogènes connus ont des délais d’action d’environ 10 à 15 ans) et surtout, du fait de la difficulté principale des études cas-témoins, d’incertitudes importantes sur les expositions.
Ces incertitudes sont liées, en effet, au fait que l’estimation de l’exposition repose le plus souvent sur l’interrogatoire des cas et des témoins. On se heurte alors à la difficulté objective de se rappeler quel usage on faisait de son portable 5 ou 10 ans avant (ce type d’incertitude pourrait être pris en compte par des techniques statistiques adéquates, mais ce n’est presque jamais fait) et surtout à d’éventuels « biais d’anamnèse », les cas ayant tendance à mieux se rappeler leurs expositions que les témoins. Ce biais ne peut être corrigé de manière fiable sans mesure objective de l’exposition.
L’étude Interphone, conduite dans 13 pays, aura une puissance statistique importante puisqu’elle repose sur 6.600 cas de tumeurs (2.700 gliomes, 2.400 méningiomes, 1.100 neurinomes de l’acoustique et 400 tumeurs de la parotide). La publication de ses résultats globaux a été plusieurs fois annoncée et ajournée mais certains résultats partiels ont été publiés concernant le Danemark, la Suède, la Norvège, le Japon, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France.
Les résultats de ces études partielles sont pour le moment rassurants :
- les six études qui examinent les cas de neurinomes de l’acoustique ne montrent pas d’augmentation du risque, avec une incertitude à lever pour les utilisateurs depuis plus de dix ans ;
- les cinq études sur les méningiomes ne montrent pas d’augmentation du risque ;
- aucune des six études concernant les gliomes ne montre de risque significatif d’utilisation du portable mais le regroupement des études anglaises et nordiques montre un risque relatif de 1,39, à peine significatif (intervalle de confiance à 95% : 1,01 – 1,92) pour une utilisation du portable supérieure à 10 ans et du même côté que la tumeur.

L’étude Interphone France n’a pas montré d’excès de risque statistiquement significatif et ses auteurs ne font que suggérer la possibilité d’un risque pour des utilisations de 10 ans ou plus.
Ces résultats doivent être consolidés par le regroupement de toutes les études partielles, mais Interphone n’échappe pas à de sérieuses réserves méthodologiques : les expositions des cas et des témoins ont été estimées à partir d’interrogatoires sources d’incertitudes (non prises en compte dans les analyses statistiques) et de biais possibles d’anamnèse (pratiquement impossibles à corriger) ; les multiples tests statistiques devraient se fonder sur des techniques statistiques adéquates (pour ne pas augmenter le risque de résultat positif par simple hasard), ce qui n’est pas le cas.

Il sera donc important que la communauté scientifique dispose des données de base de cette étude pour pouvoir en vérifier la validité méthodologique.
L’Académie de médecine rappelle :
- que la médecine n’est ni de la publicité ni du marketing, et qu’il ne peut y avoir de médecine moderne que fondée sur les faits. Inquiéter l’opinion dans un tel contexte relève de la démagogie mais en aucun cas d’une démarche scientifique. On ne peut pas raisonnablement affirmer qu’ « un risque existe qu'il favorise l'apparition de cancers en cas d'exposition à long terme » et, en même temps, qu’ « il n'y a pas de preuve formelle de la nocivité du portable » ;
- que le principe de précaution ne saurait se transformer en machine alarmiste, surtout quand plusieurs milliards de portables sont utilisés dans le monde sans conséquences sanitaires apparentes depuis 15 ans.

L’Académie de médecine recommande :
- d'évaluer sérieusement les risques régulièrement évoqués, en privilégiant dans chaque cas une grande étude inattaquable sur sa méthodologie (ce qui n'est le cas ni d'Interphone ni du grand nombre d'études sur le même sujet qui l'ont précédée), plutôt que de nombreuses études de moindre envergure dotées de moyens et d’une puissance statistique insuffisants ;
- de privilégier les études de cohorte qui permettent une estimation beaucoup plus fiable des expositions et évitent les biais d’anamnèse entre les cas et les témoins ;
- de mettre systématiquement à la disposition de la communauté scientifique les données de base des études épidémiologiques, après un délai raisonnable pour ne pas priver ses auteurs de la priorité de leurs publications, afin de pouvoir faire l’analyse pertinente de leur fiabilité.

Contact Presse / Nicole Priollaud
01 45 25 33 17 ou 06 09 48 50 38 nicole.priollaud@wana....fr

06 mars 2008

Vous souffrez ? Prenez donc un placebo... cher

LE MONDE

Prenez un médicament. Ou plutôt un placebo, sans aucun effet pharmacologique. Présentez-le à des prix différents. Surprise, il n'aura pas les mêmes incidences sur le mal. Et dans ce cas, le plus onéreux est aussi le plus efficace. Voici la conclusion déroutante à laquelle parvient une étude publiée dans le numéro daté du 5 mars du Journal of American Medical Association.


Point de départ de la procédure, menée par une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), le recrutement sur Internet de 82 volontaires pour tester un nouvel analgésique aux caractéristiques proches de la codéine. En réalité, un placebo. Les participants sont divisés en deux groupes : les plus chanceux se voient remettre une pilule à 2,50 dollars, les moins heureux le même cachet, présenté en réduction à 0,10 dollar. Tous ont en revanche la joie de subir des séries de décharges électriques pouvant aller jusqu'à 80 volts.

Les participants sont invités à quantifier leur peine. Résultat, 85 % des bénévoles du groupe ayant ingurgité la pilule à 2,50 dollars notent une réduction de la douleur, contre seulement 61 % pour ceux qui ont avalé le médicament en promotion. Le prix joue donc ici un rôle thérapeutique à part entière. Mais il n'est pas seul. "Le prix n'est qu'une des variables du marché, au même titre que l'emballage ou la marque, qui peuvent accentuer l'effet placebo", explique Dan Ariely, docteur en économie comportementale, qui a dirigé l'étude.


"DONNÉ AVEC CONVICTION"

La présentation de la pilule compte également parmi les facteurs. "Pour la pilule à 0,10 dollar, c'est davantage le fait qu'elle soit en promotion que son prix qui a influencé les participants", justifie M. Ariely. Un constat confirmé par Jean-François Bergmann, spécialiste de thérapeutique à l'hôpital Lariboisière, à Paris : "La façon dont un médicament est donné participe pleinement à l'effet pharmacologique. Il doit l'être avec conviction."

L'étude ouvre dans tous les cas de nombreuses perspectives. "Comment peut-on envoyer des médicaments bon marché à des populations dans le besoin sans qu'elles aient le sentiment qu'ils sont de mauvaise qualité ?", lance par exemple Dan Ariely.

Autre piste, les génériques, et la mauvaise perception dont ils souffrent. D'autres questions pourraient survenir. M. Ariely et son équipe préparent en effet une nouvelle expérience. Même schéma, mais cette fois, le placebo sera gratuit.

Alexandre Roos


Petite piqure de rappel pour les adeptes du "ça marche"... comme tout placebo.

28 février 2008

Le calvaire d’Évelyne à la barre

Nord Eclair - 28/02/2008

Au deuxième jour du procès en appel du Dr Guéniot, son cancérologue et sa famille ont raconté comment cette jeune ingénieure a délaissé la médecine classique pour l’homéopathie. Et comment elle est morte dans d’atroces souffrances.

C’est un cancérologue qui parle. Le Dr Coscas le reconnaît, avec Évelyne il a échoué. Quand la jeune femme, suivie pour un cancer du sein par le Dr Saint-Omer, homéopathe installé à Tourcoing, arrive chez lui, elle ne veut pas entendre parler de chimiothérapie. Nous sommes en juin 1995. Si elle est venue, c’est parce que le Dr Saint-Omer a insisté et si le Dr Saint-Omer l’a fait, c’est parce que sa mère, Dolorès, avait menacé le médecin qui, jusque-là, disait soigner Évelyne pour son cancer avec de simples traitements homéopathiques. Le Dr Coscas n’en revient toujours pas. « De toute ma carrière, je n’ai jamais vécu une situation comme celle là ». Finalement, Évelyne accepte la chimio. Avec réticence car, tant le Dr Saint-Omer que le Dr Guéniot lui ont dit que ces traitements classiques étaient mauvais.
Elle craint d’être empoisonnée et, même quand la chimio aura des effets spectaculaires, elle restera persuadée que c’est uniquement grâce aux seules petites pilules homéopathiques.
Ce n’est qu’en février 1996 que le cancérologue la reverra. « Elle m’a laissé un message déchirant sur mon répondeur. Cette femme souffrait le martyre ». Le Dr Coscas la reçoit le lendemain. « Son sein n’était plus un sein », raconte-t-il, encore atterré. Il a déjà compris qu’il est trop tard, que les soins qu’il pourra prodiguer à Évelyne ne seront plus qu’un accompagnement vers une fin annoncée.

Une « manipulation »
À la barre, hier soir, la maman d’Évelyne et son mari ont raconté comment cette jeune ingénieure a délaissé la médecine classique pour les traitements des D r Saint-Omer et Guéniot, tous deux membres du mouvement du Graal, classé comme sectaire. Comment elle a fini par opter pour un jeûne qu’elle suivra dans l’arrière boutique de vendeurs de produits naturels à Tourcoing. Et comment enfin, apprenant par un article de presse que le Graal est classé comme secte, Évelyne « comprendra qu’elle a été abusée ». Avant de mourir, elle écrira au procureur de la République pour dénoncer ce qu’elle qualifiera de « manipulation ». Hier, ce sont ses proches qui ont parlé pour elle, qui ont raconté. Ce matin, le Dr Guéniot, le seul à avoir fait appel de sa condamnation à deux ans de prison avec sursis et interdiction d’exercer la médecine, donnera sa version. •

FLORENCE TRAULLÉ

22 novembre 2007

La revue médicale «The Lancet» dénonce l’utilisation de traitements homéopathiques pour des maladies graves.

Que peut-on attendre de l’homéopathie ? Le débat n’est toujours pas clos, entre ceux qui souscrivent à son efficacité et ceux qui pensent que tout cela n’est que sornettes d’un autre siècle. Les interrogations sur l’intérêt de l’homéopathie viennent d’être relancées par des médecins britanniques, qui s’insurgent dans The Lancet du 17 novembre contre la promotion des pilules homéopathiques dans la prise en charge des malades du sida. À l’occasion de la Journée mondiale sur cette maladie, le 1er décembre prochain, l’organisation d’une réunion à Londres sur le thème «homéopathie et symptômes du sida» a jeté le feu aux poudres et provoqué l’ire des médecins allopathiques.

Déjà récemment, les services de santé britanniques ont décidé de ne plus financer un centre de soins spécialisé en homéopathie, et d’autres hôpitaux subissent aussi des réductions de financement. En France, les mêmes questions sont posées à intervalles réguliers. Ainsi en 2003, le gouvernement a décidé de réduire le taux de remboursement de l’homéopathie de 65 à 35 %, tandis qu’en 2004 l’Académie de médecine lançait une offensive pour un déremboursement total. Devant le tollé, notamment des firmes pharmaceutiques concernées, suscité par cette proposition, le statu quo a été de mise. «On n’ose plus en France réaborder le sujet compte tenu de la réaction des firmes», soutient François Chast, professeur de pharmacologie et de toxicologie à l’Hôtel-Dieu, à Paris.

Les médicaments homéopathiques sont produits à partir de dilutions tellement importantes de molécules actives, que celles-ci sont quasi inexistantes dans le produit final. Cinq méta analyses (analyses de tous les essais cliniques réalisés dans le monde) portant sur les effets de l’homéopathie ont été effectuées. Après prise en compte des biais, il apparaît que ces médicaments ne sont pas plus efficaces qu’un placebo, c’est-à-dire une substance dénuée d’activité pharmacologique. Pourtant, comme le raconte The Lancet, ils peuvent dans certains cas avoir des effets bénéfiques : au XIXe siècle, lors de la grande épidémie de choléra à Londres, le taux de décès des malades hospitalisés à l’hôpital homéopathique était trois fois inférieur à celui des patients de l’hôpital du Middlesex. En l’absence de traitement efficace du choléra à l’époque, l’homéopathie ne faisait pas de dégât, contrairement aux saignées réalisées par défaut.


Pas d’effets secondaires

L’homéopathie n’a pas d’effets secondaires. En cas d’affection bénigne, de courte durée, capable de guérir seule, l’homéopathie est un moindre mal par rapport à un médicament présentant des complications potentielles. Le danger souligné par les opposants, qu’ils soient Britanniques ou Français, c’est la perte de chance pour des patients atteints d’affections graves qui ne recevraient que de l’homéopathie, alors que des traitements efficaces auraient pu offrir des chances de guérison. Ainsi, selon The Lancet, certains sites Internet proposeraient des produits homéopathiques contre le paludisme ou d’autres fièvres tropicales, alors que des molécules actives existent. «Une publication du service du professeur Dellamonica au centre hospitalier universitaire de Nice faisait état il y a quelques temps du décès d’une patiente qui avait pris des granules homéopathiques pour se protéger du paludisme et avait présenté un accès palustre pernicieux, raconte le professeur François Chast. L’homéopathie ne fait pas de mal quand elle est destinée aux troubles bénins, mais peut être à l’origine d’un retard de traitement actif.»

L’an dernier, le Conseil supérieur d’hygiène publique de France avait mis en garde contre l’utilisation de pseudo-vaccins homéopathiques contre la grippe, inefficaces, mais pouvant inciter à se détourner de la vaccination classique.

Le succès des médecins homéopathes qui ne se dément pas en France, malgré les polémiques, tient aussi au fait que ces praticiens ont un abord de la médecine bien plus tournée vers le patient. Enfin, les granules homéopathiques ont un coût bien inférieur aux autres médicaments.


Le sucre coute aussi moins cher que les autres médicaments. En effet, ce n'en est pas un et il n'a pas à supporter les couts de mise en production, les tests d'innocuité et les tests d'efficacité pour obtenir l'autorisation de mise sur le marché d'un véritable médicament. Il en va de même pour les préparations homéopathiques qu'il devrait être donc interdit d'appeler "médicament".
Le débat n'est pas clos entre les adeptes de l'homéopathie et les scientifiques ? Dans ce cas, on peut aussi dire que le débat sur l'éther n'est pas clos. Il y a une différence cependant: l'éther était une théorie du 19ème siècle. L'homéopathie date, elle, du 18ème.

15 octobre 2007

On meurt moins du cancer aux Etats-Unis, selon un rapport

Par Lauran Neergaard, AP

WASHINGTON - Bonne nouvelle sur le front du cancer: aux Etats-Unis, le taux de décès des suites de cette maladie a diminué plus rapidement que jamais entre 2002 et 2004, selon un rapport publié lundi, qui pointe notamment les bénéfices du dépistage précoce du cancer colorectal.

Selon ce rapport, fruit de la collaboration de la Société américaine du cancer (ACS), de l'Institut national du cancer (NCI) et des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), la diminution enregistrée dans le domaine du cancer n'est certes que de 2,1% par an, mais ce pourcentage a augmenté puisqu'il était de 1,1% par an entre 1993 et 2001.

Alors que le cancer colorectal se situe au deuxième rang en terme de mortalité, on en meurt moins que de n'importe quelle autre tumeur maligne, près de 5% par an parmi les hommes et 4,5% parmi les femmes.

Cela s'explique en partie par le fait que le cancer du colon frappe moins de personnes, selon le rapport. Les nouveaux cas diminuent de près de 2,5% par an, hommes et femmes confondus. Une diminution liée au dépistage qui permet de détecter à temps des tumeurs précancéreuses, leur retrait évitant le développement du gonflement pathologique.

Toutefois, la moitié seulement des personnes qui nécessitent un dépistage, soit la population des plus de 50 ans, le fait pratiquer.

"Si nous observons un impact, nous pensons qu'il serait encore plus important que davantage de personnes soient dépistées", souligne le Dr Elisabeth Ward, de l'ACS, qui a coécrit le rapport avec des scientifiques du gouvernement américain.

L'autre avancée vient des traitements, qui ont à leur actif de doubler l'espérance de vie de personnes traitées à un stade avancé de la maladie.

En 1996, il n'existait qu'un seul traitement efficace du cancer du côlon. Aujourd'hui, il en existe sept, ce qui fournit aux patients différents cocktails chimiothérapiques. Un réel progrès dans le contrôle de la tumeur, de l'avis du Dr Louis Wiener, chef du service d'oncologie au Centre du cancer Fox Chase de Philadelphie et spécialiste du cancer colorectal.

"Je peux vous dire que les cabinets des gastro-entérologues, partout dans le pays et d'ailleurs dans le monde, sont plus occupés que jamais, parce que nos malades vont mieux", observe-t-il.

Autre fait majeur: la mortalité par cancer recule plus rapidement chez les hommes, le taux de décès diminuant de 2,6% par an aux Etats-Unis, comparé à 1,8% chez les femmes. Une différence expliquée en partie par le cancer du poumon: les morts masculines chutent de 2% par an, alors que, chez les femmes, ce taux est stable après plusieurs années d'augmentation. La consommation de tabac a chuté chez les hommes avant de diminuer chez les femmes.

Au total, le nombre de nouveaux diagnostics de cancers diminue de 0,5% par an. Ceux du cancer du sein baissent de 3,5% par an, un chiffre à mettre en relation avec la diminution du nombre de femmes prenant le traitement hormonal substitutif de la ménopause ou avec un nombre moins important de mammographies.

Le rapport jette un regard spécifique sur les cancers dépistés chez les Indiens d'Amérique et les natifs d'Alaska. L'incidence du cancer est moins importante chez ces populations que parmi les Américains blancs, à l'exclusion des cancers de l'estomac, du foie, du rein, de la vésicule et du col de l'utérus.


Cette chute des diagnostics contredit l'alarmisme de certains groupes concernant la soit-disant "multiplication des cancers" qui seraient dues à des facteurs environnementaux. Il devient de plus en plus clair que la pollution volontaire et évitable (tabagisme, alcoolisme, traitements hormonaux) est un facteur beaucoup plus important que les ondes électromagnétiques, si tant est qu'elles aient la moindre influence.

14 mai 2007

Les essais cliniques désormais sur la Toile

Par Destination Santé

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) lance un nouveau site Internet de recherche sur les essais cliniques. Ce portail répertorie « tous les essais cliniques, qu'ils aient ou non été publiés ». Une véritable banque de données ouverte à tous… mais en anglais uniquement.

Accessible à www.who.int/trialsearch, ce service est une première mondiale. Doté d'une fonction de recherche globale, il se veut un point d'entrée vers tous les registres d'essais cliniques pertinents dans un domaine donné.

Pour le Sous-directeur général de l'OMS Tim Evans, « c'est un énorme pas en avant vers davantage d'accessibilité, de transparence et de responsabilisation de la recherche en santé sur le plan mondial ». Une satisfaction partagée par le rédacteur en chef du New England Journal of Medicine. A ses yeux en effet, « il incombe désormais à l'ensemble des utilisateurs (du nouveau portail) de faire en sorte que leurs travaux soient dûment et complètement enregistrés dans une base de données compatible avec l'OMS ». Si ce beau principe entre dans les faits, voilà qui devrait mettre un terme aux accusations d'opacité souvent portées contre les promoteurs d'essais cliniques.

Source : OMS, 4 mai 2007

30 janvier 2007

Le temps des charlatans

Le dossier spécial sur les médecines ‘alternatives’ du magazine de vulgarisation scientifique « Science & Avenir », de février 2007, a de quoi faire peur. La rédactrice du dossier, Sylvie Riou-Milliot, apparemment très complaisante, nous informe qu’une vingtaine d’établissements hospitaliers offrent des consultations de médecine ‘alternative’. La liste est en fait très courte : seules l’acupuncture et l’homéopathie ont droit de cité à Paris. La liste s’allonge quelque peu en région parisienne : ostéopathie et auriculothérapie dans un établissement chacun. Sophrologie, toucher-massage, hypnose n’apparaissent qu’en province.

La rédactrice du dossier, a choisi de ne présenter que des médecins pratiquant une de ces pseudo-médecines, qui tous ­­— on s’en doute — sont convaincus de l’efficacité de leur technique. L’un d’entre eux, le Dr David Alimi, neurophysiologiste responsable de la consultation d’auriculothérapie à l’IGR de Villejuif, affirme même tout de go : « Pour asseoir une discipline, rien ne vaut la validation et l’évaluation scientifique. »
Certes, mais alors pourquoi aucune liste d’études cliniques (randomisées, en double-aveugle et contre placebo) n’est simplement mentionnée dans ce dossier ? Peut-être parce que l’on serait bien en peine de produire la moindre étude de qualité dans le domaine de l’auriculothérapie. Voir en particulier l'analyse par l'AFIS d'une des études du Dr Alimi qui montre que le double-aveugle n'est pas de mise dans son étude, et une discussion plus générale de l'auriculothérapie).

On serait bien en peine de trouver de telles études de qualité dans le domaine des pseudo-médecines mentionnées dans ce dossier. Il faut savoir que les études cliniques de qualité sont très rares (cela coute très cher et cela prouve souvent qu'on se trompe) même dans le domaine de la médecine scientifique. Alors pour la médecine de Molière, ça devient inabordable vu que les résultats ne sont jamais au rendez-vous. Alors, on fait de mauvaises études et on brandit triomphalement des résultats biaisés. La triste histoire de Benvéniste vient à notre mémoire (celle de l’eau, bien sûr). Le double-aveugle imposé par le protocole défini avec l’illusionniste James Randi a montré que les résultats de Benvéniste étaient dus à un biais. L’expérience a été renouvelée avec le programme scientifique Horizon de la BBC quelques années plus tard, mettant un point (final ?) à ces prétentions.

Dans un encart, la rédactrice nous prévient qu’il faut « se méfier du jargon pseudo-médical, de concepts fumeux et de mécanismes complexes ». Dont acte !
Parlons donc du principe de similitude de l’homéopathie (ne pas confondre avec les principes de la vaccination), du principe des hautes dilutions dépassant le point où plus la moindre molécule de produit ne peut subsister (moins il y en a, plus ça fait d’effet), de la « mémoire de l’eau » (l’eau gardant miraculeusement les propriétés des molécules qui y seraient passées), de la transmission électronique des propriétés médicamenteuses par Internet (dernière lubie de Benvéniste) et autres inepties.
Parlons de l’acupuncture et son jargon de « méridiens » (jamais observés physiquement), d’énergie du « chi », de « point zhi yin ». Sans doute ces concepts paraissent-ils très clairs à la rédactrice, qui ne semble pas franchement tentée de les expliquer. Et pourtant, il y aurait de quoi dire !

Alors, si la théorie est invraisemblable, les résultats, eux, peuvent néanmoins être valides (on peut avoir tort dans le principe mais tomber juste par hasard, ce n’est pas parce que le raisonnement est faux que le résultat l’est, etc.). Dans ce cas, les études cliniques devraient montrer des résultats clairs. Les tenants des pseudo-médecines, faute de pouvoir justifier leurs théories, se tournent vers les succès supposés de leurs pratiques (le « ça marche », voir aussi http://charlatans.free.fr/camarche.shtml). Les défauts méthodologiques des études cliniques sont constatables même par des néophytes. Ce qui explique pourquoi les études se succèdent et se contredisent. Les réalités sont tristes : plus les études sont faites correctement, scientifiquement, plus les résultats des pseudo-médecines se rapprochent de l’effet placebo, parfois même par le bas et avec des effets secondaires non négligeables. Ces constatations ont été faites à plusieurs reprises par des journaux scientifiques prestigieux qui ont passé en revue de nombreuses études cliniques (voir la réaction des laboratoires Boiron).
Les théories à la base des pseudo-médecines sont parfaitement ineptes et nul ne peut expliquer les effets ‘observés’, lorsqu’ils ne sont pas tout simplement imaginés, autrement que par un effet placebo dont la réalité a été constatée empiriquement par l’imagerie cérébrale (voir aussi une étude sur la variabilité de l'effet placebo).

Le dossier de Sciences & Avenir se conclut par une déclaration enthousiaste du Pr Boustie, de la fac de pharmacie de Rennes, sur les bienfaits du millepertuis pour lutter contre la dépression. Las ! Sens Commun a déjà publié une nouvelle du British Medical Journal en 2005 sur les bienfaits du millepertuis.

Le dossier est suivi d’une interview du psychothérapeute Thierry Janssen, qui répète les affirmations contestables et contestées de la rédactrice du dossier, notamment sur la supériorité alléguée des pseudo-médecines par rapport au placebo. Thierry Janssen n’oublie pas de critiquer le « réductionnisme scientifique », et cite Linus Pauling qui s’exprime sur ce qu’est la vie. On se demande encore ce que Pauling, un physicien et chimiste vient faire dans cette galère. Il s’était singularisé il y a quelques années en soutenant que l’absorption de doses massives de vitamine C aurait des effets très bénéfiques sur les défenses immunitaires. On lira à ce sujet une nouvelle de Nature.
Quand Thierry Janssen parle « d’enrichir » la médecine scientifique avec « des concepts plus larges », on se retient de rire. Décidément, Molière et son Médecin malgré lui est plus actuel que jamais. Avec Sciences et Avenir, ce serait plutôt Le Tartuffe. A quand la « kinésiologie appliquée » dans les hôpitaux ?

Liens recommandés :
- Acupuncture
http://pseudo-medecines.org/articles.php?lng=fr&pg=13 http://charlatans.free.fr/acupuncture.shtml http://sens-commun.blogspot.com/search/label/acupuncture
- Placebo
http://sens-commun.blogspot.com/search/label/placebo
http://charlatans.free.fr/placebo.shtml http://pseudo-medecines.org/articles.php?lng=fr&pg=29
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- Phytothérapie
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http://pseudo-medecines.org/articles.php?lng=fr&pg=125
- Iridologie
http://charlatans.free.fr/irido.shtml
- Discussions générales
http://pseudo-medecines.org
http://charlatans.free.fr/medecines_paralleles.shtml
http://charlatans.free.fr/questionnaire.shtml

Bibliographie :
Le sommeil de la raison, Norbert Bensaïd
Les charlatans de la santé, Jean-Marie ABGRALL
Idées folles, idées fausses en médecine, Skrabanek, Mc Cormick
Les pseudo-médecines, Jean Brissonnet
Les médecines douces, Jean-Jacques AULAS
Médecines parallèles et cancers, Dr. Olivier Jallut
La magie et la raison, Simon Schraub
Histoires parallèles de la médecine. Des Fleurs de Bach à l'ostéopathie, Thomas Sandoz

19 janvier 2007

Greatest Medical Advance: Sanitation

Sanitation Gets Top Vote in Medical Advances From Readers of the Journal BMJ
By Miranda Hitti
WebMD Medical News
Reviewed By Louise Chang, MD

Jan. 19, 2007 -- Sanitation is the greatest medical advance since 1840, according to voters in a poll on the medical journal BMJ's web site.

The runners-up: antibiotics and anesthesia, says BMJ (formerly the British Medical Journal).

Last year, BMJ invited readers to submit nominations for the top medical breakthrough since 1840, the year the journal was launched.

BMJ then posted 15 nominations and invited people to vote on its web site between Jan. 5 and Jan. 14, 2007.

Votes poured in from more than 11,000 people (mainly doctors) in countries including Australia, Bulgaria, Canada, Germany, India, Italy, Spain, U.K., and the U.S.

Here, in order, are the results:

1. Sanitation: 1,795 votes. The importance of clean drinking water and waste disposal was recognized in the late 1800s, as diseases began to be linked to impure water. However, the World Health Organization says there is still a long way to go. More than 1.1 billion people now lack access to drinking water from an improved source; 2.6 billion do not have basic sanitation.

2. Antibiotics: 1,642 votes. Alexander Fleming, a British bacteriologist, discovered penicillin in 1928 by accident when he sloppily left a Petri dish of bacteria unwashed in his lab. He found a substance (later named penicillin) growing on it that killed the bugs, and modern-day antibiotics got its start. Fleming shared the Nobel Prize in 1945 for the discovery.

3. Anesthesia: 1,574 votes. In 1846, a Boston dentist used ether during surgery, putting an end to much of the pain of operations. Since then, general anesthesia has become a mainstay.

4. Vaccines: 1,337 votes. Vaccines have helped prevent a variety of diseases -- including polio, whooping coughwhooping cough, and measlesmeasles. The first was Edward Jenner's smallpox vaccine, in 1796.

5. Discovery of DNA structure: 1,000 votes. Scientists James Watson and Francis Crick presented the structure of the DNA helix, the molecule responsible for carrying genetic information from one generation to the next, in 1953. It earned them the Nobel Prize in 1962.

6. Germ theory: 843 votes. In the late 1800s, Louis Pasteur was the first to suggest that disease is caused by exposure to microorganisms. Others furthered the theory, showing that specific diseases are caused by specific "bugs."

7. Oral contraceptive pill: 842 votes. The pill arrived on the U.S. market in 1960. For women who use it correctly, oral contraceptioncontraception can be up to 99% effective at preventing pregnancypregnancy.

8. Evidence-based medicine: 636 votes. As the name suggests, evidence-based medicine involves making use of the current best evidence (such as research), combined with a patient's values and a doctor's clinical experience, to make decisions about patient care. The term was coined in the early '90s and the concept has been evolving ever since.

9. Medical imaging: 471 votes. The X-ray was accidentally discovered in 1895. Since then, the field has expanded, giving us computed tomography (CT scans), positron emission (PET scans), magnetic resonance imaging (MRIs), and ultrasound.


Très sensé, ce classement pointe du doigt les principales avancées de la médecine. On notera l'absence remarquable de toutes les pseudo-médecines: toutes les avancées de la médecine sont dues à ce que ses détracteurs appellent "allopathie".

11 janvier 2007

Les maigres résultats des traitements contre l'obésité et le surpoids…

Par Destination Santé

Dans le Lancet, des Canadiens s'inquiètent du manque de données relatives à la sécurité et l'efficacité des médicaments contre l'obésité. « Le développement de produits sûrs et efficaces devrait être une priorité » estiment-ils au regard des chiffres.

Ils s'appuient notamment sur ceux de l'International Obesity Task Force. Selon ce groupe de travail, le monde compterait environ 300 millions d'obèses. Sans oublier 800 millions de personnes en surpoids ! Soit un total qui représente tout de même un cinquième de la population de la planète !

Des chercheurs d'Edmonton au Canada, se sont penchés sur les essais cliniques réalisés sur les deux molécules anti-obésité déjà sur le marché, l'orlistat et la sibutramine. Ils ont également étudié ceux qui concernent un nouveau traitement, déjà commercialisé dans certains pays et dont l'introduction en France serait proche : le rimonabant. Or constatent les auteurs, « pour que les médecins puissent les prescrire en connaissance de cause, des données sur les effets à long terme de ces molécules seraient nécessaires ». Des données qui pour l'heure, font défaut.

Les rédacteurs de la Revue Prescrire pour leur part, se sont davantage penchés sur l'efficacité… très relative de ces médicaments. Dans une brève intitulée « Pas de progrès avec le rimonabant », ils soulignent ainsi que « chez les adultes obèses, le principal bénéfice du rimonabant est une perte de poids de 4 à 5 kg par an, avec retour progressif au niveau antérieur à l'arrêt du traitement. » Le tout moyennant des effets indésirables « d'ordre psychique (anxiété, dépression), neurologique (sensations vertigineuses) et digestifs (nausées, diarrhées) ».

Source : The Lancet, Prescrire, n°249

10 janvier 2007

Benefits of testosterone treatment unknown, research shows

ROCHESTER, Minn. -- Little research exists demonstrating that testosterone is both safe from the cardiovascular standpoint and effective to treat sexual dysfunction, reveal Mayo Clinic researchers in two new studies.

In articles published in the January issue of Mayo Clinic Proceedings, Mayo Clinic physicians call for large studies to help clinicians and patients make informed decisions about when testosterone should be prescribed.

"One of the initial surprises is how limited the research evidence is regarding whether testosterone is an effective treatment for sexual dysfunction while being safe from the cardiovascular disease standpoint," says Victor M. Montori, M.D., MSc, lead researcher for Mayo Clinic's Knowledge and Encounter Research Unit, and an author of the two studies in Mayo Clinic Proceedings. "There is no way for physicians to be certain when prescribing testosterone that, on average, it's doing more good than harm."

Both studies involved review and meta-analysis of randomized trials to assess the effect of testosterone on sexual dysfunction and cardiovascular events. Authors determined that no strong evidence exists showing testosterone doesn't cause cardiovascular harm and results regarding its impact on sexual dysfunction are inconsistent.

In 2004, the Endocrine Society established a task force to generate evidence-based guidelines about the use of testosterone in treating men. Dr. Montori says Mayo researchers joined the effort in order to help the Endocrine Society provide recommendations based on up-to-date research.

"We found that the evidence for whether men are better off being treated with testosterone is much weaker than the evidence for giving estrogen to post-menopausal women was before the big estrogen trials came out," Dr. Montori says.

Despite the weak evidence supporting testosterone's efficacy, drug companies have successfully driven its sale, Dr. Montori says. Currently, physicians may be prescribing testosterone to otherwise healthy men who report poor quality of life, limited sex drive and fatigue and may have somewhat low testosterone levels.

These clinicians and their patients will be "thoroughly shocked" to discover the limited evidence supporting the drug's effectiveness in treating sexual dysfunction and the limited data supporting its cardiovascular safety, Dr. Montori says. "Researchers should conduct trials measuring the outcomes of testosterone treatment that are important to patients in order to avoid repeating the estrogen disaster," he says.

29 décembre 2006

Lancement d'une campagne de certification des sites web médicaux sérieux

Par Thomas Rousseau
News.fr

Société - La Haute autorité de santé française va certifier les sites délivrant de l'information médicale sérieuse. Elle va pour cela s'appuyer sur un label connu surtout des professionnels. Objectif: aider les internautes à distinguer le bon grain de l'ivraie.

«Hépatite B: les risques du vaccin sont confirmés. Respirez un grand coup et venez voir ce qui vous attend, vous et vos enfants, une merveille»: ce message lancé à la cantonade il y a quelques semaines dans le newsgroup fr.bio.medecine, est l'un des exemples de ce que l'on peut trouver sur le Net. Un message publié librement, comme l'intégralité des contributions apparaissant dans ce forum, sans qu'il soit forcément possible de vérifier le sérieux des informations.

C'est pour éviter ce genre de situation que la Haute autorité de santé va entamer début 2007 une campagne de certification des sites médicaux français. Une mission qui entre pleinement dans les prérogatives de la HAS, puisque cette institution a la charge de veiller à la qualité de la diffusion de l'information sanitaire (dans le cadre de la loi du 13 août 2004 sur la réforme de l'assurance maladie).

Il n'est pas question pour la HAS de créer et d'apposer son propre certificat, mais au contraire de relayer un label existant: Health On the Net (HON). Pour Denise Silber, consultante e-santé, «les internautes qui connaissent l'existence de HON sont une minorité. La promotion de la HAS ne peut être que positive, mais la normalisation n'est pas la solution miracle. Rien n'empêchera quelqu'un d'aller voir un marabout pour soigner un cancer. Je crois au bon sens. L'internaute sait regarder plusieurs sites pour voir si l'information est valable.»

Le respect de huit engagements

Créée en 1996 à Genève, la fondation HON couvre 29 langues et a déjà certifié quelque 5.000 sites de santé, consultables à partir d'un moteur de recherche dédié. Organisation non gouvernementale reconnue par les Nations unies, HON attribue gratuitement son label "HONcode" aux sites d'information qui respectent huit engagements. Parmi eux sont pris en compte la transparence de l'actionnariat, l'autorité médicale des intervenants, le respect de la relation patient-médecin ou encore la nécessité de justifier et de sourcer toutes les informations diffusées.

En France, pour le moment, seuls quelques sites arborent le sceau. C'est le cas de Atoute.org et de ses forums médicaux. «80% des messages postés sont effacés. Comme sur tous les forums médicaux sérieux, les demandes d'avis personnalisés ou de diagnostics sont interdites», explique le docteur Dominique Dupagne, initiateur et modérateur du site certifié par le HONcode depuis novembre 2005, et dont le sérieux a de nouveau été validé en octobre 2006.

Le contact avec le médecin essentiel

Inversement, Doctissimo, e-santé et aucun des autres grands sites éditeurs d'information médicale plébiscités par le grand public, n'affichent pour le moment le HONCode. «Une norme n'a d'intérêt que si elle est reconnue par le grand public. C'est pour cette raison que nous n'affichions pas jusqu'à maintenant cette certification, essentiellement connue des professionnels», estime Claude Friedrich, directeur général de e-santé. «Nous répondons d'ores et déjà à 90% des critères de HON», précise ce responsable qui a entrepris d'afficher les CV de ses rédacteurs pour combler les 10% restant.

Si la labellisation permet certainement d'apporter le crédit nécessaire à un contenu sensible, Denise Silber remarque que «la vraie attente des consommateurs n'est pas tant d'évaluer la qualité des sites web médicaux que de pouvoir discuter avec leur médecin des questions que ces informations suscitent». Très peu de praticiens se montrent en effet enclins à proposer à leurs patients d'échanger par e-mail entre deux consultations. Et pourtant, le conseil de l'Ordre des médecins autorise la pratique à partir du moment où le patient a déjà été reçu en cabinet.


Cette labellisation permettra peut-être de faire un premier tri dans les âneries qui se répandent sur Internet au sujet de la santé. A condition que les intérêts économiques ne viennent pas censurer les ardeurs de la Haute Autorité de la Santé. Il n'y a pas de miracle à attendre de cette initiative, mais elle ne peut être que bénéfique.

01 novembre 2006

Le vin rouge à haute dose bon pour les souris obèses

WASHINGTON (AP) - Boire du vin rouge à haute dose est-il bon pour la santé? Oui, selon une étude américaine portant sur des souris obèses auxquelles on a administré de fortes doses de resvératrol, un extrait de vin rouge. Loin de réduire leur espérance de vie, l'expérience a permis aux rongeurs de vivre plus longtemps que prévu et, de surcroît, en bonne santé.

Pour certains experts, cette étude marque un tournant dans la recherche sur le vieillissement. A ceux déjà prêts à s'imbiber de vin rouge à des fins thérapeutiques, ils répondent toutefois que l'efficacité de la méthode reste encore à prouver sur les humains.

L'étude a été réalisée par la Harvard Medical School et le National Institute of Aging et est publiée jeudi sur le site Internet du magazine "Nature". Effectuée sur des souris obèses suivant un régime alimentaire gras, elle montre que l'absorption à hautes doses de resvératrol diminue l'apparition du diabète, de maladies du foie ou d'autres pathologies liées à la consommation de graisses.

Le resvératrol est une substance antibiotique produite par de nombreuses plantes. On la trouve notamment dans la vigne ainsi qu'à hautes doses dans les cacahuètes.

Les décès liés à des maladies dues à un régime alimentaire gras ont diminué de 31% chez les souris participant à l'étude. Les rongeurs concernés ont également vécu plus longtemps qu'ils n'auraient dû, et se sont révélés en aussi bonne santé que des souris "normales".

Les chercheurs vont maintenant tenter l'expérience sur les singes, mammifères les plus proches de l'homme. Mais, selon le Dr Richard Hodes, du National Institute on Aging, l'absorption de resvératrol pur est totalement déconseillé chez les humains, les recommandations de sécurité n'ayant pas encore été établies.

Le Dr David Sinclair, de la Harvard School of Medicine, souligne quant à lui que les souris ayant participé à l'expérience ont reçu des doses de resvératrol équivalentes à la consommation de 100 bouteilles de vin rouge par jour chez l'homme. De quoi décourager même les amateurs.


Evidemment, titrer sur le resveratrol ou les cacahuètes, c'est moins vendeur que de titrer sur le vin rouge. S'agissant de l'équivalent de 75 litres de vin par jour, l'enthousiasme devrait pourtant être modéré. Même chose s'il faut ingurgiter 3 kg de beurre de cacahuètes pour la même dose.

20 octobre 2006

Prochaine comparution d'un musulman soupçonné d'avoir agressé le gynécologue soignant sa femme

PARIS (AP) - Un musulman présenté comme intégriste et accusé d'avoir agressé un gynécologue-obstétricien qui soignait sa femme en septembre dernier à l'hôpital Robert-Debré à Paris comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Paris le 24 janvier 2007, a-t-on appris vendredi de sources judiciaires.

L'Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) vont se constituer partie civile.

Un soir de garde, en septembre dernier, le Pr Jean-François Oury, chef du service de gynécologie-obstétrique de l'hôpital Robert-Debré (XIXe arrondissement), "s'est fait agresser physiquement", a déclaré le Pr Emile Daraï, secrétaire général du CNGOF, interrogé vendredi par l'Associated Press. "On avait fait appel à lui, en salle de travail, pour un avis" concernant "un accouchement qui posait un problème", a-t-il ajouté.

Suite à cette agression, le Pr Oury a porté plainte, rapidement rejoint par l'AP-HP, a précisé Emile Daraï. Ce dernier n'a pas fourni davantage de détails sur l'agression présumée. Mais, d'après le président du CNGOF, Jacques Lansac, le mari aurait giflé le gynécologue. L'identité de l'agresseur présumé n'a pas été communiquée.

"Il y a un problème dont il faut parler", a estimé Emile Daraï. Favorable au dialogue qui, selon lui, permettrait "d'éviter les amalgames", "de désensibiliser une situation qui risque de poser un problème", le Pr Daraï a rappelé que le "but" du corps médical est de "soigner les patients, sans interférence de religion quelle qu'elle soit. Nous devons rester au-dessus des problèmes religieux".

Loin de vouloir "polémiquer", le Pr Daraï plaide plutôt pour un "consensus". Invitant à plus de "quiétude dans la prise en charge des patientes", il souhaite pouvoir les "traiter dans des conditions adéquates, sans être assujetti à des agressions physiques ou verbales".

Si, selon lui, "toute femme a le droit de demander à être suivie par une femme ou par un homme", ce spécialiste rappelle que, "dans le service public, il y a des urgences", notamment "des accouchements en urgence" et qu'il n'est pas possible de "faire en sorte qu'aux urgences, il y ait toujours un médecin femme". Dans le service public, a-t-il précisé, "les gens sont suivis au sein d'une équipe de garde 24 heures sur 24".

"Nous sommes dans un pays laïque, les gens font en fonction du système laïque. Aucune religion ne fait appel à une personne particulière, nous n'allons pas mettre une femme et un homme de garde", a ajouté le secrétaire général du CNGOF.

Pour sa part, le président de ce Collège a fait état d'incidents similaires déjà survenus en milieu hospitalier. "On m'a signalé à plusieurs reprises dans d'autres hôpitaux des altercations où il a fallu faire venir des vigiles pour faire partir le mari de patientes", a déclaré sur RTL le Pr Jacques Lansac, président du CNGOF, mais "c'est la première fois qu'un médecin se fait gifler par le mari d'un patiente à qui il devait porter des soins".


La dérive intégriste est ici manifeste et rappelle la violence exercée aux Etats Unis par les militants chrétiens intégristes contre l'IVG.

09 octobre 2006

Attention aux études financées par l'industrie pharmaceutique

Les grandes études comparant les médicaments subventionnées par l'industrie pharmaceutique «doivent être lues avec précaution car elles sont moins transparentes» que celles relevant d'analyses indépendantes, selon des travaux publiés vendredi en ligne par le British Medical Journal (BMJ).

«Le principal problème avec les revues systématiques (NDLR des études globales comparatives) subventionnées par l'industrie réside dans la formulation des conclusions», préviennent les chercheurs danois.

Ils ont sélectionné, dans la base de données Cochrane sur les essais cliniques, 24 méta-analyses (synthèses comparatives) mettant en regard les effets de deux médicaments, puis les ont appariés avec 24 autres études sur les mêmes médicaments: 8 subventionnées par les laboratoires pharmaceutiques, 7 sans subvention ou financées par des organisations à but non lucratif et 9 au financement non précisé.

Sept des huit études subventionnées par l'industrie «recommandaient le médicament expérimental sans émettre de réserves» notamment sur son coût (par rapport aux médicaments déjà existants) alors qu'aucune étude de la base Cochrane n'arrivait à des conclusions aussi positives, d'après les auteurs.

En revanche, dans le groupe d'études non financées par l'industrie, les conclusions apparaissent plus prudentes et mentionnent en particulier les avantages et inconvénients des différents médicaments, relèvent Anders Jorgensen (Centre nordique Cochrane, Copenhague) et ses collègues.

Quant aux neuf études dont le financement n'était pas précisé, mais dont certains auteurs interrogés ont assuré après coup n'avoir pas été subventionnés par le secteur pharmaceutique, elles apportaient également des conclusions «plus prudentes» que celles des études comparatives soutenues par l'industrie. Mais leur analyse comparative reste de qualité plus discutable que celle des études indépendantes.

=> Cochrane reviews compared with industry supported meta-analyses and other meta-analyses of the same drugs: systematic review

31 août 2006

Cellules souches du cordon ombilical : entre fausses promesses et vrais espoirs

Philippe Berry (lefigaro.fr).

Ces «super cellules» offrent, notamment, des perspectives prometteuses pour régénérer des tissus. A tel point que des établissements américains et britanniques proposent déjà à des parents de congeler des cellules de leur enfant. Attention, préviennent les scientifiques : la route est encore longue.

Le genou abîmé de Robert Pires pourrait-il être miraculeusement réparé par une injection de cellules prélevées dans le sang du cordon ombilical de son nouveau-né ? Interrogé par lefigaro.fr, Frank Yates, chercheur à l’hôpital pour enfants de Boston prévient : «Pour le moment, c’est de la science fiction.»

Le Sunday Times révélait le 27 août, que Thierry Henry et quatre autres joueurs du Championnat d’Angleterre de Football ont déjà fait prélever et congeler, dans des banques privées, des cellules souches de leurs bébés. «Si vous êtes sujet aux blessures, cela peut signifier la fin de votre carrière. Avoir des cellules souches, un kit de réparation si vous voulez, sous la main, c'est sensé», justifie l’un d’eux, sous couvert d’anonymat.


«Ne pas susciter de faux espoirs»

Concrètement, du sang est prélevé dans le cordon ombilical du nouveau-né. Sans risque pour la mère ni pour son enfant, la procédure ne nécessite pas d'anesthésie ni d'hospitalisation comme pour le don de moelle. Ce sang contient, notamment, des cellules souches.

Capables de se transformer, entre autre, en cellules de peau, de cartilage ou de muscle, ces cellules «mères» font l’objet d’intenses recherches. Si les cellules souches embryonnaires semblent les plus prometteuses – notamment dans la lutte contre des maladies dégénératives telles Alzheimer – celles contenues dans le sang de cordon sont porteuses d’espoirs, pour réparer des tissus par exemple. Prometteuses, certes, mais «il ne faut pas susciter de faux espoirs», avertit Carine Camby, la directrice de l’Agence de Biomédecine.

Dans les faits, les recherches restent en effet surtout cantonnées au stade fondamental. En cultivant des cellules souches dans un milieu approprié, les scientifiques commencent tout juste à maîtriser leur différenciation (en cellule de peau, muscle etc.) Avec des accidents de parcours : par exemple, après l’injection de ce genre de cellules dans le cerveau de souris, les chercheurs ont eu la fâcheuse surprise de voir de l'os se constituer, au lieu du tissu nerveux réparateur espéré.

Quand bien même la différenciation serait mieux maîtrisée, d’autres limitations existent pour l’utilisation des cellules souches. En premier lieu : leur quantité. « Il n’y a pas assez de cellules souches présentes dans un cordon ombilical pour les transplanter à quelqu’un de plus grand qu’un enfant», explique William Lensch, chercheur à l’Institut sur les cellules souches de l’université d’Harvard. Des recherches récentes semblent cependant montrer qu’il est possible d’augmenter la quantité de cellules souches en les divisant.

Business lucratif

Mais si les techniques ne sont pas encore au point, certains ont déjà transformé les espoirs suscités en business lucratif. Ainsi, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, plusieurs banques proposent déjà à des particuliers de congeler du sang prélevé dans le cordon ombilical de leur enfant. Une matière première a priori parfaitement compatible pour une utilisation ultérieure sur l’enfant ou même le parent.

Contre un dépôt initial d’environ 2000 euros, des établissements comme ViaCell ou CryoGenesis International fournissent un kit de prélèvement au médecin des futurs parents. Il en coûte une centaine d’euros, chaque année, pour stocker le «trésor» au froid. 800.000 prélèvements sont ainsi conservés aux Etats-Unis.

En France, de tels établissements ne sont pas autorisés. Ils existent en revanche des banques publiques, qui recourent au don anonyme et gratuit, comme pour le don du sang. Car les cellules souches de cordon ombilical ont déjà des applications concrètes, notamment pour traiter des leucémies ou des maladies du sang chez l’enfant. Dans ce cas précis, il n’y a pas ou peu de problème de compatibilité, explique Carine Camby. Mais la directrice de l’Agence de Biomédecine craint qu’en flirtant avec «l’escroquerie intellectuelle», les établissements anglais ou américains «découragent le don altruiste».

21 août 2006

Le fait d'être "zen" ne diminue pas votre tension !

L'hypertension artérielle, l'HTA, c'est la maladie qui provoque "de la tension" ! Répandue, elle affecte en moyenne 8% des 40/50 ans. Après 50 ans la proportion passe à 20%, pour atteindre 35 % des plus de 60 ans !

Mais d'un pays à l'autre, il y a de grandes différences ! En fait, l'HTA est bien souvent découverte de façon fortuite. Lors d'un examen de routine, alors que le patient ne se plaint de rien. Pas facile dans ces conditions, de faire comprendre et accepter la nécessité d'un traitement. Quand on n'a pas mal, pas de symptôme... on n'a pas envie de se soigner et prendre des médicaments.

Pourtant le fait est là : l'hypertension retentit sur notre organisme à trois niveaux, tous majeurs.

* D'abord au niveau du cœur. Car l'HTA provoque un épaississement de la paroi cardiaque, une hypertrophie du myocarde qui fait le lit de l'insuffisance cardiaque;

* Ensuite au niveau du cerveau, puisqu'il est établi que l'HTA est un facteur de risque majeur d'accident vasculaire cérébral l'AVC;

* Enfin au niveau rénal, l'hypertension étant responsable d'une forme particulière d'insuffisance rénale chronique, la néphro-angio-sclérose.

Pourtant, attention aux idées fausses ! La tension artérielle n'a rien à voir avec la tension nerveuse. C'est même une confusion dangereuse. Car elle laisse à croire que si l'hypertendu n'est plus soumis aux tensions de la vie, son hypertension va disparaître. Faux ! Etre "zen", c'est bien. Mais cela n'influe pas sur la tension artérielle ni par conséquent, sur l'HTA. Pour la faire baisser et protéger votre coeur et votre cerveau, l'association d'une bonne hygiène de vie et de vos médicaments s'impose sans discussion.

(Destination Santé)

18 août 2006

L’allergie alimentaire en toute objectivité !

L’allergie alimentaire est un problème de santé publique majeur tout particulièrement chez l’enfant. Classiquement, sa fréquence tout comme les allergènes responsables, varient avec l’âge. Les études épidémiologiques sont difficiles car la seule perception par le patient de l’allergie alimentaire surestime sa fréquence. Les questionnaires sont donc insuffisants mais l’obtention d’un diagnostic de certitude reste toujours difficile en mettre en en oeuvre.

Une équipe britannique vient de publier les résultats d’une étude de cohorte de population ayant recruté 798 enfants de 6 ans domiciliés sur l’île de Wight.
Les taux de sensibilisations ont été établis par l’intermédiaire des symptômes rapportés par les parents mais également de façon objective à l’aide de tests de provocation.

Un problème avec un aliment ou un ingrédient a été signalé chez 94 enfants de 6 ans (11,8 %). Le taux de sensibilisation aux allergènes alimentaires prédéfinis était de 3,6 % (25/700). Sur la base de tests de provocation oraux ouverts et/ou sur une histoire clinique et des prick-tests cutanés évocateurs, la prévalence de l’hypersensibilité alimentaire était de 2,5 % (intervalle de confiance à 95 % [IC 95] entre 1,5 et 3,8). En se basant sur des tests de provocation oraux en double aveugle, un diagnostic clinique ou une histoire évocatrice et des prick-tests cutanés positifs, la prévalence était seulement de 1,6 % (IC 95 entre 0,9 et 2,7). Les allergènes les plus fréquemment retrouvés étaient le lait, l’arachide et le blé chez les patients ayant un test de provocation oral positif.

L’allergie alimentaire passe donc, selon le mode de sélection, d’environ 12 % à moins de 2 % selon que l’on considère un critère subjectif ou objectif (test de provocation en double aveugle).

Dr Geneviève Démonet

Venter C et coll. : ”Prevalence of sensitization reported and objectively assessed food hypersensitivity amongst six-year-old children : A population-based study.” Pediatric Allergy and Immunology 2006 17 (5), 536-363 © Copyright 2006 http://www.jim.fr


Il semblerait donc que l'incidence des allergies soit considérablement surévaluée par les parents (plus de 6 fois l'incidence réelle). On remarque que le test objectif fait en double aveugle (comparé au test objectif habituel) permet de baisser de 2,5% à 1,6%, une différence non négligeable.

27 juin 2006

Draw line under MMR scare, plead top doctors

· 'More children will die' unless jabs get all-clear
· Warning as England faces big measles epidemic

Ian Sample, science correspondent
Tuesday June 27, 2006
The Guardian

A group of Britain's leading paediatricians and childhood vaccination experts has warned that more children will die unless a line is drawn under the autism and MMR (measles, mumps and rubella) vaccine controversy.

In an open letter, 30 scientists, including some of the country's most eminent child health experts, say that an overwhelming body of evidence shows the vaccine is safe. They add that urgent immunisations are necessary to prevent potentially devastating outbreaks among schoolchildren.

The warning comes as England faces its biggest measles outbreak in 20 years, fuelled by the refusal of some parents to have their children immunised because of now discredited claims linking the MMR jab and autism.

The letter, whose signatories include Patricia Hamilton, president of the Royal College of Paediatrics and Child Health, and Professor Sir David Hall, a paediatrician at Sheffield University, says: "The time has come to draw a line under the question of any association between the MMR vaccine and autism. The UK's children are in danger of serious illness or death if they are left unimmunised."

This month, the Health Protection Agency reported 449 cases of measles so far this year - more in just six months than the 438 reported cases in 2003. In 2005, there were only 77 reported cases.

Confidence in the MMR vaccine slumped in 1998 when a team led by Andrew Wakefield at the Royal Free hospital, north London, published research in the Lancet on bowel disease and autism. Dr Wakefield later suggested that there might be a link between autism and the MMR jab. He now faces professional misconduct charges brought by the General Medical Council.

In the letter, the scientists raise concerns that many children born during the height of the MMR scare are now set to enter schooling without the immunisation. "We are now faced with a potentially serious situation. Years of low uptake mean large numbers of unprotected children are now entering school. Unless this is rectified urgently, and children are immunised, there will be further outbreaks and more unnecessary deaths," it says.

Although immunisation rates are rising, they are still below the 95% level the World Health Organisation says is needed for "herd immunity". A year ago MMR uptake stood at 70.8% in London and 83% for the whole of the UK. The letter adds: "It is not too late to avert this predictable tragedy. It is time that due weight is given to the overwhelming body of scientific evidence in favour of the vaccine. Misguided concepts of "balance" have confused and dangerously misled patients. We all, media, politicians and health professionals, have a responsibility to protect the health of our children."

David Elliman, a consultant in community child health at Great Ormond Street Hospital, and a signatory of the letter, said that a vast body of research now vindicated the MMR vaccine, but he added that some media reports remained "partisan" in their coverage of research into the vaccine.

"Parents should be wary of simplistic headlines and information they read on the internet," he added.


On ne répètera jamais assez l'effet terriblement néfaste des affirmations péremptoires des adeptes de l'anti-vaccination. Jouant ignominieusement sur les peurs irrationnelles de parents dans la détresse, ces irresponsables causent de graves préjudices à des enfants et des parents qui viendront grossir les rangs d'autres groupes de pressions de l'irrationnel (comme ils ne pourront pas incriminer le vaccin ROR, ils trouveront une autre cause, tout aussi irrationnelle).

26 mai 2006

Un chimpanzé identifié comme le "réservoir naturel" du VIH

PARIS (AP) - Vingt-cinq ans après la découverte du virus du SIDA, une équipe internationale de chercheurs a identifié le chimpanzé Pan troglodyte troglodytes comme le "réservoir naturel" du VIH, selon une étude publiée jeudi par le magazine scientifique "Science".

Partie prenante à ces travaux, l'Institut français de recherche pour le développement (IRD) précise dans un communiqué que plusieurs de ses chercheurs, associés à des confrères des universités de Montpellier-1 (France), d'Alabama (Etats-Unis) et de Nottingham (Grande-Bretagne), et du projet PRESICA (prévention du SIDA au Cameroun) sont parvenus à lever le voile sur l'origine du VIH-1, responsable de la pandémie de SIDA.

L'IRD rappelle que, dès 1989, la mise en évidence par deux de ses chercheurs de l'infection au Gabon d'un chimpanzé captif par un virus proche du VIH-1, le SIV cpz, avait suggéré que "la présence du VIH-1 dans la population humaine résultait d'une transmission inter-espèces".

Ces singes sont en effet des porteurs sains du SIV cpz, qui se transmet à l'homme vraisemblablement par la chasse et la consommation de viande de brousse infectée.

Les équipes qui publient leur étude dans "Science" n'ont par la suite retrouvé que de rares chimpanzés captifs porteurs du SIV cpz, tous originaires du bassin du Congo, ce qui renforçait les incertitudes sur un "réservoir naturel" du virus.

Les scientifiques ont alors voulu étudier la prévalence de ce virus chez les chimpanzés sauvages. Afin de ne pas perturber cette espèce menacée, ils ont mis au point une méthode originale, non invasive, basée sur l'analyse des excréments.

L'équipe a examiné 599 échantillons de fèces (excréments) de différentes communautés de chimpanzés, collectés dans les régions les plus reculées de la forêt tropicale camerounaise. De là, les chercheurs ont isolé en laboratoire les anticorps anti-SIV cpz et séquencé l'ARN viral présent dans ces fèces.

C'est ainsi que, pour la première fois, ils ont observé des communautés de chimpanzés chez lesquelles le SIV cpz est très répandu. Chez certaines, note l'IRD, "près de 35% des individus sont porteurs du virus". Ces travaux ont permis de mettre en évidence au moins 16 souches différentes du SIC cpz, "dont certaines très proches du VIH-1 groupe M, le virus responsable de la pandémie, et d'autres proches du VIH-1 groupe N, une souche non-pandémique".

Fruit de plus quatre années de recherches sur les singes sauvages, cette étude identifie donc la sous-espèce de chimpanzés Pan troglodyte troglodytes comme le réservoir naturel du VIH-1.

"Le réservoir naturel du VIH est établi, mais il ne faut pas le confondre avec l'origine de la pandémie", met toutefois en garde Martine Peeters de l'IRD. Reste à déterminer pourquoi la localisation de ce réservoir naturel est différente des zones géographiques où les premiers cas de la maladie sont apparus mais aussi pourquoi seul le VHI-1 du groupe M s'est diffusé, provoquant une pandémie mondiale.

Le premier cas humain d'infection par le HIV est celui d'un homme de Kinshasa, capitale de l'actuelle République démocratique du Congo (RDC), dont un échantillon de sang avait été prélevé en 1959 dans le cadre d'une étude médicale, des dizaines d'années avant que les scientifiques ne connaissent même l'existence du virus du SIDA.


Cette annonce est la touche finale d'un cinglant démenti des thèses conspirationnistes véhiculées par Wangari Maathai, prix Nobel de la paix 2004, et par "l'humoriste" Dieudonné Mbala Mbala, en France. Ces thèses faisaient état d'une création d'un virus par des scientifiques pour attaquer la "race noire". Aujourd'hui, ces deux personnes ont autant de crédibilité que l'ineffable Paco Rabanne annonçant la destruction de Paris en 1999, par la chute de la station Mir.

Référence:
Dépèche AFP