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02 mai 2008

De nouvelles preuves de la sélection naturelle

D'où viennent les variations génétiques entre les populations humaines ? Une équipe de chercheurs parisiens répond aujourd'hui: de la sélection naturelle.

Chère à Darwin, la sélection naturelle est un lent processus qui distingue, au fil des générations, les individus les mieux adaptés à leur environnement. Mais si elle est souvent citée pour expliquer les caractéristiques d'animaux ou de plantes, son rôle est-il confirmé dans l'espèce humaine ? Oui, assure aujourd'hui une équipe de l'unité "Génétique évolutive humaine" de l'Institut Pasteur, à Paris (1). La sélection naturelle a bel et bien modelé notre patrimoine génétique.

Pour la première fois, les chercheurs apportent la preuve, à l'échelle du génome entier, qu'elle est responsable des différences qui existent entre les populations. "Avant toute chose, il faut rappeler que génétiquement le concept de races humaines – c'est-à-dire le fait de vouloir subdiviser l'espèce humaine d'après des caractères physiques héréditaires – n'a aucun sens, signale Lluis Quintana-Murci, directeur de l'unité. L'espèce humaine est jeune, et la diversité génétique s'avère finalement très faible. Sans compter que le génome d'un Lillois, par exemple, peut présenter plus de différences avec celui d'un Montpelliérain qu'avec celui d'un Dakarois."

Il n'empêche, il existe une réelle variabilité à l'échelle des populations, qui se traduit par des traits physiques et physiologiques distincts. Par exemple, les Asiatiques ne digèrent pas le lactose du lait, contrairement aux Européens du Nord et à certaines populations africaines. Et les Européens du Nord, eux, résistent bien moins au paludisme que les Africains. L'enjeu est donc de savoir si ces grandes tendances prennent leur source dans la dérive génétique, c'est-à-dire dans le simple hasard des brassages démographiques, ou dans la fameuse sélection naturelle. Dans ce cas, une mutation génétique qui confère un avantage dans un environnement donné se répand plus rapidement au sein de la population.

Pour résoudre ce dilemme, les chercheurs se sont intéressés aux mutations de simples bases dans le génome humain. Quèsaco ? Notre patrimoine génétique est écrit avec un alphabet qui ne contient que quatre lettres, ou bases – A, T, C, G –, dont l'ordre d'assemblage définit toutes les substances constituant notre organisme. Or il arrive que dans une séquence donnée, une base soit malencontreusement remplacée par une autre. Lluis Quintana-Murci et ses collègues ont comparé près de 3 millions de ces mutations uniques chez plus de deux cents Nigérians, Chinois, Japonais et Européens du Nord, répertoriées dans le cadre du projet international Hapmap (2). L'idée était alors de calculer le degré de variabilité entre les populations pour chaque mutation. En clair, il s'agit d'une mesure statistique qui établit la présence ou non d'une mutation donnée dans une population. Un cas extrême serait par exemple que tous les Européens possèdent, à un endroit précis de leur génome, une base A alors que le reste du monde possède une base G. Le degré de variabilité pour cette mutation serait alors maximal, puisque tous les membres d'une unique population la porteraient.

Les chercheurs ont calculé le degré de variabilité pour chaque classe de mutations: selon qu'elles affectent un gène avec ou sans conséquences sur la protéine correspondante, qu'elles touchent une région du génome qui régule l'expression d'un gène ou n'a aucune fonction particulière...

"Si les fréquences des mutations étaient gouvernées par la simple dérive génétique, celles-ci toucheraient le génome dans son ensemble et aucune classe de mutations ne serait avantagée par rapport à une autre, explique Lluis Quintana-Murci. En revanche, si leurs fréquences ont été influencées par la sélection naturelle locale, et donc impliquées dans l'adaptation à l'environnement de chaque population, il est évident que les régions du génome les plus importantes pour la bonne marche de l'organisme montreront le degré de variabilité le plus élevé." Et c'est bien ce que les chercheurs ont découvert. Les mutations qui affectent directement les gènes et leurs protéines, et les régions régulatrices des gènes montrent une plus grande variabilité entre populations que les autres. En fait, 582 gènes exactement sont impliqués. Il s'agit évidemment de ceux contrôlant les traits morphologiques, comme la couleur de peau ou le type de cheveux, mais aussi de ceux qui régulent le métabolisme ou la réponse immunitaire aux pathogènes. C'est ainsi qu'une mutation du gène CR1, impliqué dans la résistance aux attaques de paludisme, se retrouve chez 85 % des Africains mais est absente chez les Européens et les Asiatiques.

L'équipe de Lluis Quintana-Murci ne va pas s'arrêter en si bon chemin. Elle souhaite maintenant mieux connaître le rôle de la sélection naturelle dans les interactions de l'homme avec les pathogènes et savoir dans quelle mesure celles-ci sont affectées par le mode de vie des populations humaines.

Notes:
(1) Unité CNRS "Hôtes, vecteurs et agents infectieux: biologie et dynamique".
(2) Financé par le Japon, la Chine, le Royaume-Uni, le Canada, le Nigéria et les États-Unis, le projet Hapmap vise à cataloguer les similitudes et les différences génétiques entre les humains, notamment pour l'identification de gènes associés à des maladies et à la réponse aux traitements.

14 mars 2008

Le Collège de France affirme son opposition au créationnisme (Pr Brunet)

LE MONDE.FR

Le Collège de France a affirmé son opposition au créationnisme, une théorie qui nie l'évolution des espèces, en instituant une chaire de paléontologie humaine qui s'inscrit dans sa tradition naturaliste, a déclaré le titulaire de cette chaire, le professeur Michel Brunet.

"Le vote des professeurs du Collège de France entre à la fois dans la tradition naturaliste du Collège et est aussi un signe très fort à l'égard des courants de pensée qui reprennent des idées moyenâgeuses", a déclaré à l'AFP M. Brunet, qui doit donner le 27 mars sa leçon inaugurale.

"Il y a un courant créationniste très fort sur le continent nord-américain et il se révèle qu'il existe aussi chez nous", constate le paléoanthropologue, connu notamment pour ses travaux sur Toumaï, le plus vieil ancêtre à ce jour de l'homme moderne dont le crâne, vieux de quelque 7 millions d'années, a été découvert au Tchad en 2001.

"L'homme est mammifère parmi d'autres. Ce qui nous distingue, c'est le développement quantitatif, mais surtout qualificatif de notre cerveau", rappelle M. Brunet qui souligne que "l'évolution n'est pas une théorie, mais un fait qui a été démontré scientifiquement".

Face au créationnisme, dont "l'influence est dangereuse", "il faut mieux faire de la prophylaxie que du curatif", estime encore le chercheur, qui mentionne la sortie en France l'an dernier d'un "Atlas de la création" du Turc Harun Yahya pour réfuter les découvertes de Darwin.

Michel Brunet succède à Yves Coppens, qui a occupé de 1983 à 2005 la chaire de paléoanthropologie et préhistoire de la prestigieuse institution.

26 février 2008

L'apparition de la vie serait-elle purement chimique ?

L'apparition de la vie serait-elle purement chimique ?

Des chercheurs de l'Université de Bochum ont mis en évidence un processus qui pourrait être à l'origine de la vie sur Terre. A l'aide de simulations sur supercalculateur au Centre de recherche de Jülich (FZJ), les scientifiques ont montré que, dans les conditions originelles, de simples acides aminés peuvent former de longues chaînes peptidiques en dehors des cellules et par suite les premiers éléments constitutifs de la vie, sans avoir recours à un moyen biologique.

Au sein d'un "laboratoire virtuel" incarné par le supercalculateur JUBL de Jülich, les chercheurs ont imposé les conditions de température et de pression adéquates. Celles-ci étant très difficilement contrôlables dans un véritable laboratoire, le recours au supercalculateur s'est trouvé être la meilleure solution.

Après 4 mois de calculs, l'étude a révélé que des biomolécules complexes pouvaient se former sans avoir recours aux outils biologiques habituels tels que les ribosomes. En paramétrant les conditions voulues et en introduisant la présence de surfaces de sulfure de fer, les simulations ont révélé que la formation des peptides était accélérée, rendant le milieu propice à la formation de séquences peptidiques.


Voila qui va contrarier les tenants du "créationnisme en tenue de soirée", le Dessein Intelligent.

15 août 2007

The age of endarkenment

Why is no one questioning the rise of new-age nonsense in the name of science, asks David Colquhoun.
Guardian Unlimited

Vials containing pills for homeopathic remedies

"Education: Elitist activity. Cost ineffective. Unpopular with Grey Suits. Now largely replaced by Training." Michael O'Donnell, in A Sceptic's Medical Dictionary (BMJ publishing, 1997)

The enlightenment was a beautiful thing. People cast aside dogma and authority. They started to think for themselves. Natural science flourished. Understanding of the real world increased. The hegemony of religion slowly declined. Real universities were created and eventually democracy took hold. The modern world was born. Until recently we were making good progress. So what went wrong?

The past 30 years or so have been an age of endarkenment. It has been a period in which truth ceased to matter very much, and dogma and irrationality became once more respectable. This matters when people delude themselves into believing that we could be endangered at 45 minutes' notice by non-existent weapons of mass destruction.

It matters when reputable accountants delude themselves into thinking that Enron-style accounting is acceptable. It matters when people are deluded into thinking that they will be rewarded in paradise for killing themselves and others. It matters when bishops attribute floods to a deity whose evident vengefulness and malevolence leave one reeling. And it matters when science teachers start to believe that the Earth was created 6,000 years ago.

A minor aspect of the endarkenment has been a resurgence in magical and superstitious ideas about medicine. The existence of homeopaths on the high street won't usually do too much harm. Their sugar pills contain nothing and they won't poison your body. The greater danger is that they poison your mind.

It is true that consulting a homeopath could endanger your health if it delays proper diagnosis, or if they recommend sugar pills to prevent malaria, but the real objection is cultural. Homeopaths are a manifestation of a society in which wishful thinking matters more than truth; a society where what I say three times is true and never mind the facts.

If this attitude were restricted to half-educated herbalists and crackpot crystal gazers, perhaps one could shrug it off. But the endarkenment extends to the highest reaches of the media, government and universities. And it corrupts science itself.

Even respectable newspapers still run nonsensical astrology columns and respected members of parliament seem quite unaware of what constitutes evidence. Conservative MP David Tredinnick advocated homeopathic treatment of foot and mouth disease and Lord Hunt, as health minister, referred to 'psychic surgery' as a "profession" in a letter written in response to question by a clinical scientist.

Under the influence of the Department of Health, normally sane pharmacologists on the Medicines and Health Regulatory Authority, which is meant to "ensure the medicines work", changed the rules to allow homeopathic and herbal products to be labelled with "traditional" uses, while requiring no evidence to be produced that they work.

Tony Blair himself created religiously divided schools at a time when that has never been more obviously foolish, and he defended in the House of Commons, schools run by "young-earth' creationists", the lunatic fringe of religious zealots.

The Blairs' fascination with pendulum wavers, crystals and other new-age nonsense is well known. When their elders set examples like that, is it any surprise that more than 30% of students in the UK now say they believe in creationism and intelligent design? As the biologist Steve Jones has pointed out so trenchantly, this makes it hard to teach them science at all.

Homeopaths and herbalists may be anti-science but they are not nearly as worrying as universities who try to justify the awarding of bachelor of science degrees in subjects that are anti-science to their core.

The University of Bedfordshire accredited a foundation degree course in nutritional therapy, at the Institute of Optimum Nutrition (IoN). The give-away is the term "nutritional therapy". Such therapists can claim, with next to no evidence, that changing your diet, and buying from them a lot of expensive "supplements", will cure almost any disease.

The IoN was founded in 1984 by Patrick Holford, whose qualification in nutrition is a diploma awarded by this institute in 1995. His advocacy of vitamin C as better than conventional drugs to treat Aids is truly scary.

The documents that relate to this accreditation are mind-boggling. One of the recommended books for the course, on "Energy Medicine" has been reviewed by the Skeptic magazine thus: "This book masquerades as science, but it amounts to little more than speculation and polemic in support of a preconceived belief."

The report of the university's Teaching Quality and Enhancement Committee (May 24th 2004) looks terribly official, with at least three "quality assurance" people in attendance. But the minutes show that they discussed almost everything about the course apart from the one thing that really matters, the truth of what was being taught. The accreditation was granted. It's true that the QAA criticised the university for this, but only because they failed to tick a box, not because of the content of the course.

The University of Central Lancashire's justification for its BSc in homeopathic medicine consists of 49 pages of what the late, great Ted Wragg might have called "world-class meaningless bollocks". All the buzzwords are there: "multi-disciplinary delivery", "formative and summative assessment", log books and schedules. But there is not a single word about the fact that the course is devoted to a totally discredited early 19th century view of medicine, not a word about truth and falsehood. Has it become politically incorrect to question things like this?

These examples, and many like them, result, I believe, from the bureaucratisation and corporatisation of science and education. Power has gradually ebbed away from the people who do the research and teaching, and become centralised in the hands of people who do neither.

The sad thing is that the intentions are good. Taxpayers have every right to expect that their money is well spent, and students have every right to expect that a university will teach them well. How, then, have we ended up with attempts to deliver these things that do more harm than good?

One reason is that the bureaucrats who impose these schemes have no interest in data. They don't do randomised tests, or even run pilot schemes, on their educational or management theories because, like an old-fashioned clinician, they just know they are right. Enormous harm has been done to science by valuing quantity over quality, short-termism over originality and, at the extremes, fraud over honesty.

Science, left to itself, and run by scientists, has created much of the world we live in. It has self-correcting mechanisms built in, so that mistakes, and the occasional bit of fraud, are soon eliminated. Corporatisation has meant that, increasingly, you are not responsible to your conscience, just to your line manager. The result of this, I fear, is a decrease in honesty, and in the long run, inevitably, a decrease in quality and originality.

If all we had to worry about was a few potty homeopaths and astrologers, it might be better to shrug, and get on with some real science. But now the endarkenment extends to parliament, universities and schools, it is far too dangerous to ignore.

David Colquhoun is a pharmacologist at University College London who writes the Improbable Science blog and website, where you can find more details on the issues discussed above.

25 juin 2007

Le Conseil de l'Europe souligne les dangers du créationnisme dans l'éducation

LE MONDE

Les discussions qui ont accompagné la rédaction du rapport du Conseil de l'Europe sur "Les dangers du créationnisme dans l'éducation" ont été houleuses. "Nous avons eu affaire à de violentes oppositions de la part d'un parlementaire russe, soutenu par des Hongrois ; il assimilait l'évolutionnisme au stalinisme, au nazisme et au terrorisme !", assure le rapporteur, l'ex-député français (PS) Guy Lengagne, qui devait présenter mardi 26 juin, une résolution invitant les 47 pays membres du Conseil de Strasbourg "à s'opposer fermement à toutes les tentatives de présentation du créationnisme en tant que discipline scientifique".

Apparu dans la seconde moitié du XIXe siècle, le courant créationniste rejette la théorie darwinienne de l'évolution des espèces par la sélection naturelle et défend l'idée que le monde a été créé par Dieu ; soit en six jours selon le récit de l'Ancien Testament, soit grâce à l'intervention d'un "dessein intelligent" pour les néocréationnistes.

"La cible première des créationnistes contemporains, essentiellement d'obédience chrétienne ou musulmane, est l'enseignement, s'inquiète le rapport. Nous sommes en présence d'une montée en puissance de modes de pensée qui, pour mieux imposer certains dogmes religieux, s'attaquent au coeur même des connaissances." En France, l'offensive la plus récente remonte à janvier : un Atlas de la création venu de Turquie - "l'un des principaux berceaux du créationnisme islamique", selon le rapport - visant à démontrer que "la création est un fait" et l'évolution une "imposture" a été distribué aux établissements scolaires, avant d'en être retiré.

"REFLUX DE LA SCIENCE"

L'offensive turque n'est pas un fait isolé. Dans plusieurs pays européens, les ministres de l'éducation ont remis en question l'enseignement du darwinisme. Le rapport cite la Pologne où, à l'automne 2006, le vice-ministre de l'éducation a déclaré : "La théorie de l'évolution est un mensonge, une erreur qu'on a légalisé comme une vérité courante". En 2004, en Italie, la ministre de l'enseignement a proposé d'abolir cet apprentissage dans le primaire et le secondaire. Sa collègue serbe a dû démissionner après avoir ordonné aux écoles d'abandonner l'enseignement de cette théorie. En 2005, la ministre néerlandaise a proposé l'organisation d'un débat sur l'enseignement des théories de l'évolution. Aux Etats-Unis, 38 % des citoyens prônent un abandon de l'enseignement des thèses évolutionnistes et le président George Bush défend l'idée d'un double apprentissage.

"Tous ces faits correspondent à un reflux de la science au profit du religieux ; or, vouloir priver les citoyens de l'accès à la connaissance scientifique est une des atteintes les plus graves aux droits de l'homme", assure M. Lengagne. Le rapport, qui reconnaît que les institutions des trois grands monothéismes se démarquent de ces positions radicales, n'exclut pas un enseignement des thèses créationnistes "dans le cadre d'un apprentissage du fait religieux" mais il insiste : "Ces thèses ne peuvent prétendre à la scientificité."

03 avril 2007

Du beurre d'arachide pour discréditer Darwin

La Presse

Dans une vidéo diffusée sur Internet par des tenants du créationnisme, on explique qu'un simple pot de beurre d'arachide discrédite la théorie de l'évolution. Pour la démonstration, on a fait appel à un expert, «l'ingénieur et auteur» Chuck Missler.

Il commence par expliquer que, selon les évolutionnistes, l'apparition de la vie provient de la rencontre entre la matière inerte et l'énergie - il s'agit en fait d'une hypothèse scientifique très exploratoire appelée l'abiogénèse.

Selon M. Missler, l'industrie agroalimentaire travaille depuis près d'un siècle à soumettre de la matière à de grandes quantités d'énergie, et aucune nouvelle forme de vie n'est jamais apparue dans sa chaîne de production, mis à part la moisissure qui provient de l'extérieur.

M. Missler, qui est aussi un pasteur chrétien fondamentaliste de l'Idaho, ouvre alors sous nos yeux un pot de beurre d'arachide qui discrédite hors de tout doute l'abiogénèse, et par conséquent toute la théorie de l'évolution.

Pour voir la vidéo, entrez dans YouTube les mots clés «peanut butter».


En plus d'être un excellent exemple du sophisme appelé "épouvantail", consistant à déformer un argument de façon à le ridiculiser plus facilement, cette 'démonstration' nous donne un excellent exemple de la façon dont on peut faire de la très mauvaise pseudoscience. Il semble bien ridicule de remplacer une planète par un pot de beurre de cacahuètes et de parler de "grandes quantités d'énergies" en comparaison à l'action du soleil sur plusieurs centaines de millions d'années.

20 mars 2007

Bush appointees 'watered down greenhouse science'

Suzanne Goldenberg and James Randerson in Washington
The Guardian

The Bush administration ran a systematic campaign to play down the dangers of climate change, demanding hundreds of politically motivated changes to scientific reports and muzzling a pre-eminent expert on global warming, Congress was told yesterday.

The testimony to the house committee on oversight and government reform painted the administration as determined to maintain its line on climate change even when it clashed with the findings of scientific experts. James Hansen, who heads the Goddard Institute for Space Science in New York, said in prepared testimony: "The effect of the filtering of climate change science during the current administration has been to make the reality of climate change less certain than the facts indicate, and to reduce concern about the relation of climate change to human-made greenhouse gas emissions."

Since the Democratic takeover of Congress last January the committee's chairman, Henry Waxman, a Democrat from California, has led efforts to uncover the extent of White House interference with scientific debate.

The Bush administration has moved to exercise direct control over environmental agencies by installing political appointees including Philip Cooney, a former oil industry lobbyist, as chief of staff of the Council on Environmental Quality, and a 23-year-old college drop-out who was made a public affairs officer at Nasa after working on Mr Bush's re-election campaign. Mr Cooney told the committee yesterday: "My sole loyalty was to the president and advancing the policies of his administration."

Documents released yesterday show that in 2003 Mr Cooney and other senior appointed officials imposed at least 181 changes to a strategic plan on climate change to play down the scientific consensus on global warming. They made another 113 alterations to minimise the human role in climate change, and inserted possible benefits of climate change. "These changes must be made," said a note in Mr Cooney's handwriting. "The language is mandatory."

Some of the statements deleted on Mr Cooney's instruction were non-controversial, such as: "Climate change has global consequences for human health and the environment." He also deleted references to models indicating that temperatures have been rising for the last 1,000 years. However, amid such deletions he chose to highlight a study funded by his former employer, the American Petroleum Institute.

Under heated questioning, Mr Cooney admitted yesterday that the changes were all intended to cast doubt over the impact of global warming. He denied they were directly coordinated with the White House but said he had regular conversations with a senior White House aide. "We got notes from them," Mr Cooney said.

Control from the White House became the norm, Dr Hansen told the committee yesterday. "Scientific press releases were going to the White House for editing," he said. "It's very unfortunate that we developed this politicisation of science. The public relations office should be staffed by expert appointees. Otherwise they become offices of propaganda." He acknowledged that such interference existed before the Bush administration, though to a much lesser extent.

Mr Hansen was also restrained from giving press interviews by a junior political appointee, George Deutsch, who feared the scientist could not be counted on to "hit the message". Mr Deutsch left Nasa early last year after it emerged he had falsified his CV.

The restrictions were galling for Dr Hansen, a leading figure in climate science and one of few experts in the field to speak out forcefully. He first testified on the issue before congress in 1982 in a session organised by Al Gore. Some of Dr Hansen's seminal testimony in 1989 that helped put the issue in the public eye features in Mr Gore's documentary film on climate change, An Inconvenient Truth. In November he was presented with the Duke of Edinburgh Conservation Medal, the WWF's top conservation award.

After a lecture to the American Geophysical Union in December 2005, Dr Hansen was reined in by Nasa bosses. Nasa public affairs wanted to dictate which media interviews he would give, and vet his calendar of planned talks and meetings and his postings on his institute's website.

When the media reported the moves to gag Dr Hansen, Nasa issued an unequivocal statement in support of scientific openness. But Dr Hansen told congressmen that political PR appointees are still interfering: "In no way has the impact of deception of the public about climate change been undone by Nasa's forthright decision in favour of scientific openness."

At a glance

Dr Jim Hansen is the head of Nasa's Institute for Space Studies in New York and adjunct professor in the earth and environmental science department at Columbia University. He is a physicist and expert on climate change modelling and one of the few US scientists to speak out forcefully on the issue. He first testified on the issue before the US Congress in 1982, and further testimony to Congress featured in Al Gore's film on climate change, An Inconvenient Truth. In November, he was presented with the Duke of Edinburgh Conservation Medal, the WWF's top conservation award.


Entre le support du créationnisme ou de son equivalent en tenue de soirée, le dessein intelligent, et du négationnisme du réchauffement climatique global, le bilan scientifique de l'administration Bush est un des pires de l'histoire des Etats Unis.

15 février 2007

Creationists defeated in Kansas school vote on science teaching

· Guidelines challenging Darwinism banned
· Decision is latest blow to intelligent design activists

Suzanne Goldenberg in Washington
The Guardian

School authorities in the American heartland state of Kansas have delivered a rebuff to subscribers to the notion of intelligent design by voting to banish language challenging evolution from new science guidelines.

In a 6-4 vote on Tuesday night, the Kansas state board of education deleted language from teaching guidelines that challenged the validity of evolutionary theory, and approved new phrasing in line with mainstream science.

It was seen as a victory for a coalition of moderate Republicans and Democrats, science educators and parents who had fought for two years to overturn the earlier guidelines.

The decision is the latest in a string of defeats for proponents of creationism, and its modern variant, intelligent design. It reverses the decision taken by the same authorities two years ago to include language undermining Darwinism - on the insistence of conservative parents and activists in the intelligent design movement.

In redrafting guidelines for science teaching, the board removed language suggesting that key concepts such as a common origin for all life on Earth and for species change were seen as controversial by the scientific community.

The board also rewrote the definition of science, limiting it to the search for rational explanations of what occurs in the universe. The move, though limited in its scope, was seen as significant because it rejected a key argument of subscribers to intelligent design: that providing children with arguments for and against evolution merely amounts to fair play.

But Kansas remains a conservative state and many people harbour misgivings about teaching evolution to school children. The school board received a petition with nearly 4,000 signatures opposing Tuesday's decisions.

Overcoming such misgivings will be difficult, said Jack Krebs, a former maths teacher who is president of Kansas Citizens for Science.

"The bigger issue is the cultural divide. The intelligent design people and the anti-evolution people truly believe that science as it is practised is atheistic, and excludes God, and this is really the heart of the cultural battle," Mr Krebs said.

Despite this latest setback proponents of intelligent design remain active across the US. In the last five years, anti-evolution legislation has been introduced in 24 state legislatures and similar policies were under consideration in at least 20 states, according to the National Centre for Science Education in California.

Given the deep passions surrounding the teaching of evolution in Kansas, it is widely expected that proponents of intelligent design will not let up in their campaign over science teaching.

"They have really been on a rollercoaster for the last 10 years in Kansas," said Glenn Branch, deputy director of the National Centre for Science Education. "This isn't really good for the state of science education in Kansas for the treatment of evolution to be in such flux. It probably does have the effect of encouraging creationism in the local classroom."

Backstory

Teaching creationism in American public schools has been outlawed since 1987 when the supreme court ruled that the inclusion of religious material in science classes was unconstitutional. In recent years, however, opponents of the theory of evolution - first developed by Charles Darwin, above - have regrouped, challenging science education with the doctrine of "intelligent design", which has been carefully stripped of all references to God and religion. Unlike traditional creationism, which claims that God created the earth in six days, proponents of intelligent design say the workings of this planet are too complex to be ascribed to evolution. There must have been a designer working to a plan - that is, a creator.


Encore une escarmouche qui se traduit par une victoire des laïcs. Le dessein intelligent n'a pas réussi à faire illusion scientifique.

02 février 2007

Le jeu de masques du néocréationnisme français

Que cache l'Université interdisciplinaire de Paris (UIP) ? Simple association philosophant sur les relations entre science et théologie ou fer de lance de l'importation du néocréationnisme en France ? Le contexte international rend ces questions sensibles. Aux Etats-Unis, les avocats du "dessein intelligent" (intelligent design) contestent le monopole du darwinisme sur l'enseignement des origines de l'homme, et, sans référence explicite à un créateur, ils prônent l'existence d'une "cause première" ayant présidé à l'apparition de la vie sur Terre.

L'Angleterre est également touchée. Le créationniste australien John Mackay y donne des conférences dans les écoles publiques et les universités. La Royal Society tout comme l'archevêque de Canterbury ont pris position contre l'enseignement du néocréationnisme à l'école, et le syndicat national des enseignants réclame de nouvelles lois protectrices. Le 21 juin, les académies nationales des sciences de soixante-sept pays, dont la France, ont signé un appel pour alerter parents et enseignants. Les "preuves scientifiques, les données et les théories vérifiables sur les origines et l'évolution de la vie sur Terre" présentées dans les cours de sciences de certains établissements publics sont "masquées, niées ou confondues" avec des "théories non vérifiables par la science", indique cet appel de l'Interacademy Panel (IAP).

En France, l'UIP focalise tous les soupçons. Association loi 1901, cette université ne décerne aucun diplôme mais organise des conférences payantes dans une salle discrète d'un mouvement chrétien de la rue de Varenne, à Paris, ou dans l'amphithéâtre Guizot de la Sorbonne. Outre les cotisations des 1 250 adhérents revendiqués, son budget est alimenté à hauteur d'environ 1 million d'euros par an par la Fondation américaine John Templeton.

Cette dernière décerne chaque année un prix doté de 1,4 million de dollars (environ 1 million d'euros) à un scientifique distingué pour ses travaux sur les "réalités spirituelles". La fondation finance, dans le monde entier, des recherches "à la frontière de la théologie et de la science". C'est justement le domaine de prédilection de l'UIP, créée fin 1995 sur les cendres de l'Université européenne de Paris (UEP), fondée en 1989 pour succéder à l'Université populaire de Paris (UPP).

Jean Staune, fondateur, secrétaire général et véritable cheville ouvrière de l'UIP, s'ingénie à brouiller les pistes lorsqu'il s'agit de définir les objectifs de l'association. Une prudence de jésuite qui s'explique par la valse des sponsors de l'association. Soutenue à ses débuts par des entreprises prestigieuses (L'Oréal, Auchan, France Télécom, Air France, EDF...), elle a été progressivement abandonnée par ces soutiens en raison des soupçons de néocréationnisme qui pèsent sur elle. De peur de perdre les sponsors qui lui restent, le secrétaire général refuse désormais de citer ceux qui continuent de le parrainer.

Personnage protéiforme, Jean Staune se présente comme "maître de conférences à HEC, enseignant la philosophie des sciences en MBA". En réalité, il y est vacataire, chargé d'enseignement en formation continue de cadres et dirigeants dans un programme spécifique vendu aux entreprises et ne concernant pas les étudiants de l'école. Ses cours à HEC ne sont donc guère éloignés de l'activité de consultant en management du fondateur de la SARL Jean Staune International. La société "organise des séminaires en entreprise pour vulgariser auprès des dirigeants les nouveaux concepts scientifiques", explique-t-il.

Jean Staune bâtit ainsi de complexes et tortueuses analyses des avancées récentes de la science, et surtout de ses failles. Tout y passe, des découvertes de la mécanique quantique et des "incertitudes" qu'elles introduisent dans la physique, au théorème de Godel, qui démontre que même les systèmes formels les plus abstraits comme les mathématiques contiennent des propositions indécidables... Evitant soigneusement de prononcer le nom de Dieu, la dialectique parfaitement rodée sous-entend en permanence sa possibilité. Son objectif semble se limiter à tenter d'instiller le soupçon de son existence.

Les conférences de Jean Staune confinent au show de prédicateur d'un nouveau type, maniant les concepts scientifiques à la place des textes religieux. L'assistance, tendance troisième âge, semble fascinée par ses démonstrations. Le bombardement de références bibliographiques et la convocation de grands noms de la science, si possible Prix Nobel, semble faire son effet...

Parmi ces noms prestigieux, Charles Townes, Nobel de physique en 1964 et inventeur, en 1954, du maser, précurseur du laser, a rendu hommage à l'UIP lors de son 10e anniversaire, en 2005. La même année, pour ses 90 ans, Charles Townes répondait aux questions de l'université de Berkeley. Le physicien ne cache pas son soutien au "dessein intelligent", qu'il place au même niveau que l'évolution.

L'intelligent design, si on le considère d'un point de vue scientifique, semble être tout à fait réel", déclare-t-il en adhérant aux interprétations métaphysiques du principe cosmologique anthropique (un seul univers possible conçu dans le dessein de l'apparition des hommes). Jean Staune le rejoint. "Un créateur ne peut être exclu du champ de la science", déclare-t-il. Et de taxer ceux qui s'opposent à cette conception du principe anthropique d'"obscurantistes", et de les rendre responsables d'un potentiel et "vrai désamour" d'une science "en quête de sens".

Lors d'une de ses dernières conférences publiques, le 22 février, Jean Staune a ainsi brossé le tableau du "grand débat actuel sur la nature de l'évolution". Une vaste fresque épistémologique n'identifiant pas moins de neuf familles de pensée, des purs darwinistes comme les biologistes Daniel Bennett et Richard Dawkins et le sociobiologiste Edward Wilson aux avocats de l'intelligent design, tels le biochimiste Michael Behe, le biologiste moléculaire Doug Axe et le microbiologiste Scott Minnich, en passant par les défenseurs français de la "logique interne", la paléoanthropologue Anne Dambricourt-Malassé, le biologiste Jean Chaline et l'éthologiste Rémy Chauvin.La dernière catégorie, pour Jean Staune, rassemble les adeptes de l'"évolution quantique" qui, avec le biologiste Vasily Ogryzko, le biochimiste américain Lothar Schafer et le microbiologiste anglais John Joe Mc Fadden, estiment que les cellules vivantes sont issues de phénomènes quantiques à l'oeuvre dès la constitution de la Terre, et non de la chimie d'une soupe primordiale. Le panorama de Jean Staune a le mérite de décrire le vaste spectre des théories actuelles qui contestent le darwinisme, né en 1859. Il révèle sans doute aussi la confusion qui règne aujourd'hui dans les recherches en biologie et débride les imaginations.

Une situation trouble qui se prête aux dérives. La dernière en date a placé, fin 2005, l'UIP sur le devant de la scène. La diffusion sur Arte du film de Thomas Johnson Homo sapiens, une nouvelle histoire de l'homme a en effet braqué les projecteurs sur les travaux d'Anne Dambricourt-Malassé. Chargée de recherche au CNRS et rattachée au Muséum d'histoire naturelle, elle présente dans ce documentaire sa théorie d'une logique interne à l'oeuvre, selon elle, dans les mécanismes de l'évolution du singe vers l'homme et fondée sur les modifications de la forme d'un os du crâne, le sphénoïde.

Offensive du créationnisme islamique en France

MARC MENNESSIER

« L'Atlas de la Création » a été envoyé dans la plupart des établissements scolaires et universitaires. Le ministère de l'Éducation a demandé qu'il ne soit pas diffusé aux élèves et étudiants.

DEPUIS une semaine, la plupart des universités, lycées et collèges de France ont reçu un livre luxueux, intitulé L'Atlas de la Création, qui réfute sur 770 pages très richement illustrées le darwinisme et la théorie de l'évolution. Écrit par un certain Harun Yahya (de son vrai nom Adnan Oktar), de nationalité turque, l'ouvrage, directement expédié à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires depuis la Turquie et l'Allemagne, entend dénoncer « l'imposture des évolutionnistes, leurs affirmations trompeuses » et surtout « les liens occultes existant entre le darwinisme et les sanglantes idéologies telles que le fascisme et le communisme ».
Selon l'auteur, les théories de Charles Darwin (1809-1882) seraient même « la réelle source du terrorisme ». On peut lire par exemple, sous une photo représentant les attentats du 11 Septembre, cette légende stupéfiante : « Ceux qui perpétuent la terreur dans le monde sont en réalité des darwinistes. Le darwinisme est la seule philosophie qui valorise et donc encourage le conflit. »
« Bien plus insidieux »
Très vite alerté, le cabinet du ministre de l'Éducation nationale, Gilles de Robien, a discrètement demandé aux recteurs d'académie de veiller à ce que ce livre, « qui ne correspond pas au contenu des programmes établis par le ministre, ne figure pas dans les centres de documentation et d'information des établissements scolaires ».
« Il s'agit d'une nouvelle forme de créationnisme, bien plus insidieuse que celle, d'inspiration chrétienne, qui sévit en Amérique du Nord » explique au Figaro le biologiste Hervé Le Guyader, de la faculté de Jussieu à Paris, qui vient de procéder à la demande de l'Inspection générale de l'Éducation nationale à une analyse détaillée de L'Atlas de la Création.
Harun Yahya ne prétend pas, en effet, que le monde et ce qui l'habite a été créé il y a six mille ans et en sept jours, comme le dit la Genèse. L'auteur, de confession musulmane, admet au contraire que la Terre a bel et bien 4,6 milliards d'années, son âge réel. Il s'appuie d'ailleurs sur les très nombreux fossiles retrouvés depuis deux siècles dans le monde entier pour asséner que « les espèces n'ont jamais changé ».
Une série de sept ouvrages
L'auteur présente ainsi, dans le désordre le plus complet, de magnifiques photos de spécimens de poissons, de hyènes, de fourmis, d'étoiles de mer ou encore de feuilles d'arbres, vieux de plusieurs dizaines de millions d'années, qu'il compare à une photo de leur descendant actuel pour bien montrer qu'ils se ressemblent. Et que, donc, « les êtres vivants n'ont pas subi d'évolution, mais furent bien créés »...
« La méthode peut s'avérer redoutablement efficace sur un public non averti, s'inquiète Hervé Le Guyader. Car ces espèces a priori semblables sont en fait très différentes les unes des autres tant sur le plan anatomique que génomique. La plupart seraient incapables de se reproduire entre elles ! »
L'auteur, qui cite abondamment le Coran, conclut que « la création est un fait », prouve « l'existence de l'âme » et prophétise « la fin du matérialisme ». Reste à savoir qui se cache derrière Harun Yahya et surtout qui a financé l'édition et la distribution massive - et gratuite - de ce livre hors de prix ? D'autant qu'il s'agit du premier volume d'une série de sept ouvrages. Autre mystère : comment la maison d'édition s'est-elle procuré les noms des destinataires de l'ouvrage, mentionnés en toutes lettres sur les colis ?


Harun Yahya est un auteur particulièrement prolifique. Ses thèses fascisantes et antisémites sont dans la veine des fameux Protocoles des Sages de Sion, le faux tsariste.

22 janvier 2007

The Alchemy of Science-Abusers: Turning Black Into Gray

Ira R. Allen

Science-abusers on the extremist side of the political spectrum too often play upon journalists' reverence for getting both sides of a story – even when two sides don't exist.

Such a case occurred recently when the Reuters news agency flatly declared in a story about the cause of global warming that while most scientists believe human activity is the cause, "That does not mean there is a consensus."

Yes, there is a consensus, and even corporate polluters and the Bush Administration agree.

An entire book, "The Republican War On Science" was devoted to this topic, and the current New Republic (Jan. 29) has an illuminating article on how evidence-deniers – in this case economic ideologues – never come up with better evidence but instead try to make black seem gray. (The article is subscription-only; feel free to e-mail cfah@cfah.org for an individual copy.)

Thank to the Knight Science Journalism Tracker for revealing this latest example.


Parmi les multiples exemples de ces abus, on relève les 'polémiques' sur le réchauffement climatique et le 'dessein intelligent' (appelé "créationnisme en tenue de soirée"). Dans le domaine historique, nous avons les révisionnistes et négationnistes. Dans un registre connexe, le cas des conspirationnistes et de Thierry Meyssan vient à l'esprit. Tous ces exemples résultent de l'introduction de croyances politico-religieuses dans des domaines où l'observation et l'investigation scientifique devraient rester la règle de base.

05 décembre 2006

Des adeptes de la secte Tabitha's Place racontent six ans reclus

PARIS (Reuters) - Deux anciens adeptes de la communauté biblique Tabitha's Place ont exposé mardi à l'Assemblée nationale leurs six années passées reclus dans un château des Pyrénées-Atlantiques, avec leurs enfants, éduqués en dehors du système scolaire et non suivis médicalement.

Devant la commission d'enquête parlementaire sur les sectes, le couple, Michel et Anne-Marie, a raconté les longues journées de travail au rythme des saisons, les repas frugaux, l'absence de médicaments, la surveillance constante et le "compte en banque qui se vide au fur et à mesure".

"Ils disaient que c'était la foi qui les animait, mais c'est une très bonne idée de business en se servant de la naïveté de gens comme moi", a expliqué le père, qui a pris la décision de rejoindre la communauté en décembre 1998. "Tout était très subtil, en douceur, avec des gens qui ont toujours le mot Dieu à la bouche".

Les parents ont surtout été interrogés sur la situation de leurs quatre enfants, dont la petite dernière est née au château de Sus-Navarrenx, dans les Pyrénées-Atlantiques, où Tabitha's Place est installée depuis le début des années 80.

La commission, dirigée par le député UMP du Rhône Georges Fenech, doit rendre le 19 décembre un rapport sur "l'influence des mouvements sectaires et les conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs".

Elle a réalisé pour cela une trentaine d'auditions, notamment d'anciens membres du Soka Gakkai, un mouvement bouddhiste prosélyte répertorié comme secte par plusieurs rapports parlementaires.

Le 21 novembre, des membres de la commission se sont rendus dans les Pyrénées-Atlantiques pour une visite surprise, découvrant 18 enfants en âge d'être scolarisés, ne connaissant ni internet, ni Zidane, ni Johnny Hallyday. Au total, la communauté compterait 120 membres, dont une soixantaine d'enfants mais les responsables de Tabitha's Place, également appelée "Ordre apostolique", n'ont pas fourni de chiffres exacts.

Ses membres ont eu plusieurs fois maille à partir avec la justice, notamment pour soustraction aux obligations légales des parents (refus de scolarisation et de vaccination). En 2001, un couple a été condamné à douze ans de réclusion criminelle pour avoir laissé mourir leur enfant de 19 mois. Il souffrait d'une malformation cardiaque et a été découvert en état de malnutrition avancée.

"ENFANTS PURS (...) À L'IMAGE DU CRUCIFIÉ"

"Le but de Tabitha's Place n'est pas de faire (des enfants) des citoyens mais des disciples de Yashuah", le nom hébreu de Jésus, a expliqué le père de famille, coordonnier-bottier avant d'être enrôlé. "Ils doivent être dans la soumission totale (...) des enfants purs, sans péché (...) des disciples à l'image du Crucifié".

On leur apprend notamment qu'ils "mourront avec joie" et à chaque "désobéissance", ils sont "corrigés" avec une baguette en osier.

Les membres de la commission ont voulu savoir pourquoi ils étaient restés si longtemps au détriment de l'éducation de leurs enfants, à qui des membres ont enseigné des rudiments de français et de mathématiques mais seulement l'histoire de l'Ancien Testament - "Cela a été très dur pour eux d'apprendre l'existence des hommes préhistoriques", a rapporté le père.

"On vivait comme si on était dans un pays étranger, on nous disait que la société autour était le mal personnifié, Satan etc... Vous n'avez pas envie de mettre vos enfants au monde dans les ténèbres", a avancé la mère de famille, qui a accouché sans assistance médicale, perdant deux litres de sang et mettant des mois à s'en remettre.

"Les croyances des uns et des autres, ce n'est pas notre problème. Notre problème c'est le problème citoyen et républicain que pose les enfants", a expliqué le rapporteur de la commission, le député PS des Ardennes, Philippe Vuilque, promettant une "réaction à la hauteur" dans le rapport à venir.

La commission envisage notamment de mieux encadrer, en accentuant les contrôles, la scolarisation à domicile, "qui ne doit pas être interdite parce qu'elle est vitale pour les enfants handicapés", a-t-il ajouté.

Les parents, qui étaient arrivés dans la communauté pour un "séjour de quatre jours", n'ont trouvé le courage de s'enfuir qu'à l'été 2004, rescolarisant leurs enfants en Bretagne.

Leur fils "parle parfois d'envie de vengeance", deux de leurs filles font des cauchemars où un avion militaire vient enlever tous les enfants sauf elles, un "comportement de bêtes traquées" que leur père attribue aux "litiges incessants avec l'inspection académique".


Un témoignage de plus sur la nocivité de ces mouvements sectaires.

18 mai 2006

L'homme et le chimpanzé se sont croisés pendant au moins des millénaires

PARIS (AFP) - Les ancêtres de l'homme et du chimpanzé se seraient croisés pendant des millénaires sinon des millions d'années, avant une séparation définitive beaucoup plus récente que l'on ne pensait, selon une étude publiée mercredi en ligne par la revue Nature.
Selon ce travail mené par des chercheurs américains sous la direction de David Reich, de la Harvard Medical School à Boston (Massachusetts), les deux lignées se sont d'abord séparées il y a 6,3 millions d'années au maximum, et probablement il y a moins de 5,4 millions d'années, mais cela ne les a pas empêchées de procéder à des échanges de gènes.

Cela, précisent les scientifiques, est perceptible en particulier au niveau des chromosomes X (chromosomes sexuels femelles), dont les similitudes semblent refléter une longue "ré-hybridation" entre les deux lignées. Le "divorce" final ne serait intervenu qu'au terme d'une longue période de "métissage" qui a duré peut-être 4 millions d'années.

"L'étude a donné des résultats inattendus quant à la façon dont nous nous sommes séparés de nos parents les plus proches, les chimpanzés. Nous avons constaté que la structure de la population qui a existé autour de la période de cette spéciation (apparition de nouvelles espèces) était différente de n'importe quelle population moderne de singes. Quelque chose de très particulier a dû se produire à ce moment-là", résume David Rech dans un communiqué accompagnant le texte scientifique.

Les résultats obtenus, commentent les chercheurs, remettent en question le statut d'hominidés considérés comme les plus anciens ancêtres de l'homme, tels que le sahelanthrope (alias Toumaï), vieux de 6 à 7 millions d'années, Orrorin (dit "ancêtre du millénaire"), de 6 millions d'années, ou encore l'ardipithèque, de quelque 5,5 millions d'années.

A noter que l'énigme des origines du chimpanzé demeure presque entier: contrairement aux ancêtres de l'homme qui ont livré de nombreux fossiles, aucun ossement, exception faite de quelques vieilles dents, n'est directement attribuable aux premiers chimpanzés (de même qu'aux gorilles), n'a été décrit à ce jour.

Par ailleurs, le séquençage complet du génome du chimpanzé n'a pas non plus apporté les indications escomptées. Tout en accumulant une moisson considérable de données, ce travail collectif, publié l'an dernier, a confirmé ce dont on se doutait déjà, à savoir que les deux espèces sont génétiquement identiques à 99%, sans permettre de définir en termes précis la spécificité de l'homme.

Les généticiens sont donc restés dans le vague en notant entre autres que les différences génétiques entre homme-chimpanzé sont soixante fois moins nombreuses que celles qui nous distingue de la souris et qu'entre un humain et un chimpanzé, ce nombre est dix fois supérieur à ce qui sépare deux individus de notre propre espèce.


Encore une indication d'une séparation très progressive contredisant de front les théories religieuses créationnistes.

06 avril 2006

Evolution Of 'Irreducible Complexity' Explained

Using new techniques for resurrecting ancient genes, scientists have for the first time reconstructed the Darwinian evolution of an apparently "irreducibly complex" molecular system.

The research was led by Joe Thornton, assistant professor of biology at the University of Oregon's Center for Ecology and Evolutionary Biology, and will be published in the April 7 issue of SCIENCE.

How natural selection can drive the evolution of complex molecular systems -- those in which the function of each part depends on its interactions with the other parts--has been an unsolved issue in evolutionary biology. Advocates of Intelligent Design argue that such systems are "irreducibly complex" and thus incompatible with gradual evolution by natural selection.

"Our work demonstrates a fundamental error in the current challenges to Darwinism," said Thornton. "New techniques allowed us to see how ancient genes and their functions evolved hundreds of millions of years ago. We found that complexity evolved piecemeal through a process of Molecular Exploitation -- old genes, constrained by selection for entirely different functions, have been recruited by evolution to participate in new interactions and new functions."

The scientists used state-of-the-art statistical and molecular methods to unravel the evolution of an elegant example of molecular complexity -- the specific partnership of the hormone aldosterone, which regulates behavior and kidney function, along with the receptor protein that allows the body's cells to respond to the hormone. They resurrected the ancestral receptor gene -- which existed more than 450 million years ago, before the first animals with bones appeared on Earth -- and characterized its molecular functions. The experiments showed that the receptor had the capacity to be activated by aldosterone long before the hormone actually evolved.

Thornton's group then showed that the ancestral receptor also responded to a far more ancient hormone with a similar structure; this made it "preadapated" to be recruited into a new functional partnership when aldosterone later evolved. By recapitulating the evolution of the receptor's DNA sequence, the scientists showed that only two mutations were required to evolve the receptor's present-day functions in humans.

"The stepwise process we were able to reconstruct is entirely consistent with Darwinian evolution," Thornton said. "So-called irreducible complexity was just a reflection of a limited ability to see how evolution works. By reaching back to the ancestral forms of genes, we were able to show just how this crucial hormone-receptor pair evolved."

The study's other researchers include Jamie T. Bridgham, postdoctorate research associate in evolutionary biology and Sean M. Carroll, graduate research fellow in biology. The work was funded by National Science Foundation and National Institutes of Health grants and an Alfred P. Sloan Research Fellowship recently awarded to Thornton.

Editor's Note: The original news release can be found here.


La "complexité irréductible", credo des tenants du dessein intelligent, n'aura pas résisté bien longtemps aux assauts des scientifiques.

02 mars 2006

Une élève russe en désaccord avec Darwin poursuit le ministère de l'Education

MOSCOU, 2 mars 2006 (AFP) - Une élève de la ville russe de Saint-Pétersbourg (nord-ouest) et son père ont intenté une action visant à obliger le ministère de l'Education à promouvoir des alternatives à la théorie de l'évolution de Darwin, rapporte jeudi le quotidien Izvestia.

Macha Chraïber, 15 ans, et son père Kirill, estiment que l'enseignement de la seule théorie de l'évolution dans les cours de biologie lèse la liberté de conscience et de religion garantie par la Constitution.

Selon les Chraïber, le ministère de l'Education doit réécrire les manuels de biologie et y inclure des références au créationnisme et à d'autres thèses expliquant les origines de l'Homme.

"Je suis arrivé à la conclusion que la théorie du créationnisme est plus logique. La majorité des grandes religions partagent ce point de vue", affirme Kirill Chraïber, cité par le journal.

Trois avocats représentant les communautés orthodoxe, musulmane et juive assisteront Macha et son père pendant le procès.

Macha affirme ne pas avoir fait part de sa décision à son enseignante de biologie. "Je ne veux pas lui faire peine. Elle aime trop sa matière", a-t-elle dit.


Comme quoi la stupidité créationniste ne connait pas de frontières.

21 février 2006

Etats-Unis: la science veut sauver Darwin

Soutenue par des religieux, une association se mobilise contre le «dessein intelligent».
par Laurent MAURIAC
LIBERATION, New York de notre correspondant

Darwin contre Dieu, la bagarre continue dans les écoles américaines. Dimanche, plus de 300 enseignants étaient invités par l'American Association for the Advancement of Science (AAAS), une grande association scientifique, pour l'épauler dans son combat. Leur objectif : bannir l'intelligent design (dessein intelligent) de l'enseignement. Cette théorie, défendue par certains groupes religieux, veut que la vie soit trop complexe pour ne pas avoir été aidée dans son développement par une force extérieure, Dieu par exemple.

En décembre, au terme d'un procès très attendu à Harrisburg (Pennsylvanie), un juge a décidé que cette théorie, n'étant pas de nature scientifique et visant à promouvoir le christianisme, devait être exclue des cours de biologie d'une école. Une victoire surtout symbolique, aucune décision ne pouvant contraindre l'ensemble des établissements scolaires américains. C'est ainsi que le Kansas a décidé, en août, d'introduire le «dessein intelligent» dans l'enseignement, au motif que «l'évolution est acceptée par beaucoup de scientifiques mais mise en doute par certains» et qu'il est «important que les élèves prennent connaissance de ces débats».

Alternatives. George Bush lui-même avait repris à son compte cet argument, estimant en août que «les deux côtés devraient être enseignés» pour que «les gens comprennent le sujet du débat». Ce week-end, l'AAAS a dénoncé toute action qui aurait pour conséquence de saper l'enseignement de la théorie de l'évolution et de «priver les étudiants de la formation dont ils ont besoin». L'association recense quatorze lois en préparation dans les Etats américains qui, selon son président Gilbert Omenn, un professeur de médecine, «affaibliraient l'enseignement de la science». Ces lois ont en commun, estime l'AAAS, soit de discréditer la théorie de l'évolution en pointant des faiblesses ou des dissensions entre scientifiques, soit d'encourager l'exploration de théories alternatives, en l'occurrence celle du dessein intelligent.

L'association compte également sur des soutiens religieux. La science et la religion «n'ont pas besoin d'être incompatibles», insiste-t-elle, chacune soulevant «des questions différentes au sujet du monde». C'est aussi l'argumentation développée dans une lettre ouverte par un collectif de prêtres et de pasteurs. Lancée à l'automne 2004 à l'initiative de Michael Zimmerman, doyen à l'université de Wisconsin Oshkosh, elle a recueilli 10 000 signatures. Remarquant que la majeure partie des chrétiens «ne lisent pas la Bible littéralement, comme un manuel de science», la lettre différencie la «vérité religieuse», dont le but est de «transformer les coeurs»,«vérité scientifique». Autrement dit, contrairement à ce que pense Bush, il ne peut y avoir de débat entre ces deux vérités «très différentes mais complémentaires». Les signataires affirment que la théorie de l'évolution est «une vérité scientifique fondamentale» et demandent aux écoles de préserver l'intégrité du curriculum scientifique.

«Mélange toxique». Le site web de cette initiative (1) recense plusieurs dizaines de sermons de prêtres qui la soutiennent. David Leininger, un pasteur à Warren (Pennsylvanie), voit dans cette controverse mêlant religion, science et politique un «mélange toxique». Près de 450 prêtres à travers le pays ont célébré à leur manière, le dimanche 12 février, l'anniversaire de la naissance de Darwin en persuadant leurs fidèles qu'ils n'avaient pas besoin de faire un choix entre leur foi en Dieu et leur confiance dans la science.

(1) www.uwosh.edu/colleges/cols/clergy_project.htm


Plus simplement, il est conseillé aux religieux de ne pas se mêler des affaires de la science dans la mesure où elle investit le domaine. Celà évitera des répétitions du procès de Galilée, du "Scopes Trial" et finalement ceux de tous les Boards of Education américains.

23 décembre 2005

Life's ingredients circle Sun-like star

NewScientist.com news service
David L Chandler

The first evidence that some of the basic organic building blocks of life can exist in an Earth-like orbit around a young Sun-like star has been provided by NASA's Spitzer Space Telescope.
Spitzer took infrared spectrograms of 100 very young stars in a nearby stellar nursery, a huge cloud of dust and gas 375 light years away in the constellation Ophiuchus. And one of those stars showed signs of the organic molecules, acetylene and hydrogen cyanide.
These gases, when combined with water, can form several different amino acids. These are needed to form proteins, as well as one of the four chemical letters, or bases, in DNA, called adenine.
The organic molecules were detected in a ring of dust and gas circling a young star called IRS 46. Such dust rings, found around all of the young stars that were examined by the Spitzer telescope, are believed to be the raw material for planetary systems.
The spectrographic data showed that the gases were so hot that they must be orbiting close to the star, approximately in its "habitable zone", the region where Earth orbits the Sun and where water is just at the borderline between liquid and gaseous states.
The detection supports the widely held theory that many of the molecular building blocks of life were present in the solar system even before planets formed, thus assisting the initial formation of complex organic molecules and the start of life itself.
Planet forming
Observations earlier in 2005 by a different team using Spitzer showed that simpler organic molecules, called polycyclic aromatic hydrocarbons, were present in galaxies as much as 10 billion years ago.
The star IRS 46 and its emerging planetary system "might look a lot like ours did billions of years ago, before life arose on Earth", said Fred Lahuis of Leiden Observatory in the Netherlands, who led the research team.
Acetylene and hydrogen cyanide have been detected before in places closer to home, such as the atmospheres of the giant planets Jupiter and Saturn, and in comets. Observations by the European Infrared Space Observatory have also shown the compounds to exist around massive stars.
But the new findings are the first to show they can occur around other Sun-like stars, and in a region where planets are likely to form. Follow-up observations with the Keck Observatory in Hawaii suggest that a stellar wind is beginning to blow away the dust surrounding IRS 46. This may be the start of what is thought to be a final stage in the formation of planets.
The research will be published in the Astrophysical Journal in January 2006.


Contrairement aux affirmations des tenants du soi-disant "dessein intelligent" (qui viennent de subir une cuisante défaite judiciaire au procès de Dover aux USA), les conditions de la formation de vie organique planétaire n'ont pas l'air d'avoir de difficultés pour s'établir dans des environnements semblables à celui de la Terre et du Soleil. La "complexité irréductible du vivant" en apparaît brusquement moins irréductible que prévu par ces adeptes du créationnisme déguisé.

20 décembre 2005

L'enseignement des thèses créationnistes est "anticonstitutionnel" en Pennsylvanie

Plus d'une vingtaine d'Etats attendaient la décision du tribunal fédéral de Harrisburg (Pennsylvanie) sur une théorie néocréationniste, pour la mettre au programme de leurs écoles. Mais mardi 20 décembre, le juge John Jones a jugé qu'enseigner le "dessein intelligent" ( Intelligent Design) en classe de sciences d'une école américaine violait la Constitution. Un verdict qui apparaît comme un revers pour les conservateurs américains, adeptes de cette thèse concurrente de la théorie de l'évolution de Darwin.
Le procès s'était tenu de fin septembre à début novembre. Huit familles avaient décidé de poursuivre le conseil scolaire de la région de Dover, une zone rurale à l'ouest de Philadelphie, qui avait décidé d'enseigner aux élèves le "dessein intelligent". Cette thèse suppose que la nature est si complexe que seul un être supérieur intelligent a pu la créer. Les parents plaignants estimaient qu'il s'agit d'une théorie religieuse qui n'a pas sa place à l'école. Ils invoquaient le premier amendement de la Constitution des Etats-Unis, qui stipule qu'aucune loi ne peut promouvoir une religion.
Le conseil scolaire avait prévu que les élèves du 9e grade (l'équivalent de la classe de 3e, sauf qu'elle constitue le premier échelon du lycée) se verraient enseigner, en préambule aux leçons de biologie sur l'évolution, que la théorie de Darwin "n'est pas un fait" et comporte des "lacunes" inexplicables. Les enseignants devaient renvoyer les élèves, pour plus d'informations, vers un livre créationniste intitulé Des pandas et des hommes. Mardi, le juge a estimé que "les citoyens de Dover ont été pauvrement servis par le conseil scolaire qui a voté l'enseignement du dessein intelligent".
La théorie est présentée comme une alternative et se garde de toute référence à la Genèse. Mais les scientifiques l'ont dénoncée comme le dernier avatar du créationnisme. Le "dessein intelligent" a reçu des renforts de poids – George Bush a pris la parole cet été pour déclarer que les deux "écoles de pensée" devaient être expliquées aux enfants – et séduit nombre d'Américains : selon un sondage effectué par l'institut de recherche Pew en juillet, 64 % sont favorables à l'enseignement du créationnisme ou du "dessein intelligent", en plus de la théorie de l'évolution. Et pas moins de 38 % des sondés souhaitent que Charles Darwin soit tout simplement éliminé de l'école, pour mettre l'accent sur le rôle de Dieu.

10 novembre 2005

Le Kansas vote contre les théories darwiniennes de l'évolution

Le conseil de l'éducation de l'état du Kansas a voté mardi à 6 voix contre 4 pour établir de nouveaux programmes scolaires, qui laissent la porte grande ouverte à l'enseignement de l'«intelligent design» pendant les cours de biologie, un mouvement créationniste qui remet en cause la théorie de l'évolution de Darwin. «C'est un triste jour. Nous devenons la risée non seulement de la nation, mais du monde entier», a déploré Janet Waugh, l'une des membres du conseil de l'éducation, une démocrate. Pour sa part, Jack Krebs, professeur et président des Citoyens du Kansas pour la science s'est dit consterné : «Il ne fait aucun doute qu'ils veulent donner des explications surnaturelles à la science.»

En opposition avec le consensus scientifique qui considère que l'évolution est un fondement incontesté de la biologie, les créationnistes estiment que la complexité de la vie ne peut être expliquée que par une intervention divine. Il y a six ans, le Kansas avait déjà choqué la communauté scientifique en retirant pratiquement toute mention de l'évolution dans ses programmes éducatifs, mais cette motion avait été renversée en 2001, par des conseillers moins conservateurs. Le Kansas est le seul des cinquante états américains à remettre aussi clairement en question la validité scientifique de la théorie issue des idées de Darwin

Quatre autres états, le Minnesota, le Nouveau-Mexique, l'Ohio et la Pennsylvanie demandent une vision critique de l'évolution en classe, sans pour autant imposer que le créationnisme soit enseigné au même titre que la théorie de l'évolution.

De nombreux scientifiques américains se sont élevés contre ces tentatives pour faire entrer la religion dans les cours de biologie.

Le Kansas s'enfonce de nouveau dans le simplisme, qui consiste à boucher certains "trous cognitifs" par des explications toutes faites, n'expliquant rien mais au contraire obscurcissant encore plus le débat, en invoquant des (une) entités incompréhensibles, invisibles, mystiques et mythiques. Mais le raisonnement simpliste fait l'économie d'une réflexion, est prêt à l'emploi et reste beaucoup plus accessible

01 novembre 2005

Engaging prior learning on creationism and evolution may benefit college biology students

Reading books sympathetic to and opposed to evolution supported increased acceptance of rationalist views

An educational intervention that included reading books sympathetic to and opposed to "intelligent design" (ID) prompted students in a college introductory biology course to report that they had become more accepting of evolution as an explanation for life, according to a study in the November 2005 issue of BioScience. The intervention, which was studied by Steven D. Verhey of Central Washington University, encouraged students to read parts of an ID-friendly, anti-evolution text, as well as an online refutation of the text and parts of a book presenting evidence for evolution.

Students in the study's two intervention streams read from "Icons of Evolution" by Jonathan Wells, which attacks evolutionary theory and is sympathetic to ID, and "The Blind Watchmaker" by Richard Dawkins, which supports the theory of evolution. Students in the intervention streams also read "Icons of Obfuscation" by Nic Tamzek, an online refutation of Wells' book, and discussed current thinking about the nature of science. Students in the two non-intervention streams read from and discussed "The Red Queen: Sex and the Evolution of Human Nature" by Matt Ridley, which describes evolutionary explanations for sexuality.

Verhey asked the 103 enrolled students to classify their beliefs about evolution and creationism before and after the course. Most of the 66 students who completed the survey had previously been exposed to both evolutionary and creationist accounts of life. Sixty-one percent of students in the intervention streams reported some change in their beliefs; most of these students were initially sympathetic to creationist explanations and moved toward increased acceptance of evolution. Only 21 percent of students in the non-intervention streams reported change in their beliefs.

Verhey's study was inspired by an influential theory of cognitive development advanced in 1970 by William G. Perry. Perry's theory holds that students pass through distinct modes of thinking. Verhey's intervention was designed to support students as they progressed toward a more sophisticated cognitive mode by engaging them at the level of their initial understanding--including their initial ideas about creationism. Although alternative explanations are possible, Verhey maintains that his results suggest engaging prior learning "was an effective approach to evolution education."

BioScience is the monthly journal of the American Institute of Biological Sciences (AIBS). In an editorial commenting on Verhey's article, prominent evolution educator Craig E. Nelson asks how Verhey's "effective pedagogy" is to be reconciled with the strong stance of AIBS--and Nelson himself--against requiring the teaching of ID or creationism in high-school science classes. A large majority of biologists believe ID, which holds that evolution cannot explain life's complexity, is fundamentally unscientific. Nelson points out that teaching ID or creationism in a science class would be wrong unless these notions were critiqued scientifically and compared to evolutionary explanations. As many high-school teachers are not well prepared to rigorously contrast creationist and evolutionary accounts, Nelson writes that it would be "quite inappropriate to require such comparisons in high school." But encouraging active comparisons by college and university students will, according to Nelson, "help future teachers and other leaders understand why there is no contest scientifically between creationism and evolution."


Un revers pour les fondamentalistes religieux créationnistes. Car à force de vouloir trop informer leurs ouailles, de comparer la pseudo théorie de l'Intelligent Design et la théorie de l'évolution, ces derniers permettent finalement aux étudiants de comprendre toute l'inanité du créationnisme. Ce qui confirme qu'il vaut mieux entretenir l'ignorance pour mieux manipuler les foules.