Affichage des articles dont le libellé est negationnisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est negationnisme. Afficher tous les articles

12 octobre 2007

Vaclav Klaus s'étonne du Prix Nobel à Al Gore

AFP - Le président tchèque Vaclav Klaus, qui s'est lancé depuis quelques mois dans une croisade personnelle contre "l'hystérie" du réchauffement climatique, s'est étonné vendredi à Prague de l'attribution du Prix Nobel de la Paix 2007 à l'ancien vice-président américain, Al Gore.

Vaclav Klaus "est un peu surpris qu'Al Gore ait reçu un prix pour la paix, car les liens entre ses activités et la paix mondiale sont indistincts et peu clairs", affirme le communiqué publié par la présidence tchèque.


"Il semble plutôt que le fait qu'Al Gore mette en doute les piliers de la civilisation actuelle n'apporte pas trop à la paix", poursuit le texte émanant du porte-parole de l'office présidentiel, Petr Hajek.

Le président tchèque, un économiste de formation, a récemment publié un livre intitulé "Une planète bleue, pas verte" qui se veut un antidote au film "Une vérité qui dérange" de l'ancien vice-président américain. Dans son ouvrage il accuse les militants de l'environnement de vouloir "limiter la liberté de pensée et de décision" en comparant leurs méthodes à celles du communisme.

Fin septembre lors d'un sommet de l'ONU à New York, il a publiquement mis en doute l'existence du réchauffement climatique, au milieu d'un concert de cris d'alarme: pour lui, "la hausse mondiale des températures est "minime par comparaison historique et pratiquement négligeable en termes d'impact sur les êtres humains".


Comme quoi un économiste peut se permettre d'être péremptoire dans un domaine qui n'est pas du tout le sien. Le négationnisme du réchauffement global n'est pas une manière très intelligente de lutter contre certains excès d'organisations pseudo-écologistes.

04 juillet 2007

Robert Faurisson condamné en appel et ouverture d'une nouvelle information judiciaire

AP - La cour d'appel de Paris a confirmé mercredi le jugement condamnant le négationniste Robert Faurisson, 78 ans, à trois mois d'emprisonnement avec sursis et 7.500 euros d'amende pour des propos tenus en février 2005 sur une chaîne de télévision iranienne niant l'extermination des juifs par les nazis.

Par ailleurs, le parquet de Paris a ouvert le 13 juin dernier une information judiciaire contre X pour "contestation de crimes contre l'humanité" et contre M. Faurisson pour "complicité" de ces mêmes faits suite à la participation de l'historien à une conférence sur l'Holocauste à Téhéran en décembre dernier, a-t-on appris mercredi de sources judiciaires.

Le juge d'instruction Marc Sommerer a été saisi de cette enquête, a-t-on ajouté de mêmes sources.

Le 15 décembre dernier, le président Chirac avait demandé au garde des Sceaux Pascal Clément "de faire diligenter une enquête préliminaire" à la suite des propos tenus par M. Faurisson à Téhéran "lors d'une conférence de presse mettant en cause la réalité de la Shoah".

Avant de saisir un juge d'instruction, il s'agissait de vérifier si la justice française était compétente, ce qui implique notamment une diffusion ou une publication des propos en France ou sur un site internet accessible depuis la France. Il fallait également établir si les propos tombaient sous le coup de la loi Gayssot sur le négationnisme.

La condamnation en appel de M. Faurisson porte sur une interview réalisée par téléphone le 3 février 2005 sur la chaîne iranienne Sahar 1, accessible en France sur Eutelsat. Il avait notamment déclaré qu"'il n'y avait jamais eu aucune tentative d'extermination des juifs par les nazis", encore moins "de politique d'extermination physiques des juifs".

La cour, dont la décision n'était pas disponible immédiatement, a modifié en revanche le montant des dommages et intérêts alloués aux trois parties civiles.

Robert Faurisson devra payer, non plus 1 mais 1.000 euros à chacune des associations: la Ligue des droits de l'Homme (LDH), le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) et la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA).


Un peu de patience, Faurisson va bientôt pouvoir revendiquer "l'excuse de sénilité".

21 mai 2007

Faurisson débouté de ses poursuites contre Badinter

PARIS (AP) - Le tribunal de grande instance de Paris a débouté lundi le négationniste Robert Faurisson de ses poursuites en diffamation contre l'ancien ministre de la Justice, Robert Badinter, qui l'avait qualifié de "faussaire de l'Histoire".

Robert Faurisson s'estimait diffamé par des propos tenus par l'ancien garde des Sceaux. Lors de l'émission d'Arte "Le Forum des Européens", Robert Badinter avait dit avoir "fait condamner Faurisson pour être un faussaire de l'Histoire".

Il faisait référence à une décision civile du tribunal de grande instance de Paris de juillet 1981 condamnant M. Faurisson à un franc de dommages et intérêts pour ses thèses négationnistes.

A l'époque, les juges avaient retenu que M. Faurisson avait manqué à ses obligations de prudence, de circonspection objective et de neutralité intellectuelle en assurant que "les prétendues chambres à gaz hitlériennes et le prétendu génocide des juifs forment un seul et même mensonge historique". Une décision confirmée en appel.

Dans son jugement rendu lundi, le TGI de Paris a estimé que M. Badinter a "conservé une parfaire modération dans le propos", en ramassant dans la formule "faussaire de l'Histoire" les griefs retenus par le tribunal pour critiquer la méthode de travail d'historien de Robert Faurisson.

Lors de l'audience, le ministère public, intervenant rarement dans une procédure civile, avait souhaité que Robert Faurisson soit débouté. Il estimait que son action était soutenue "par un antisémitisme forcené" avançant "au grand jour".

Professeur à la retraite, Robert Faurisson a été condamné à plusieurs reprises, la dernière en octobre 2006 à trois mois d'emprisonnement avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris pour des propos négationnistes.

18 mai 2007

Négationnisme: Faurisson interdit de séjour dans une université italienne

AP - L'université de Teramo, dans les Abruzzes, dans le centre de l'Italie, a fermé l'un de ses campus vendredi pour empêcher le négationniste français Robert Faurisson d'y faire une lecture.

L'universitaire à la retraite, qui nie la réalité du génocide des juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale, a été condamné à plusieurs reprises en France.

Robert Faurisson, qui avait été invité par un professeur d'histoire de l'Asie et de l'Afrique et directeur d'un programme de maîtrise en études moyen-orientales, Claudio Moffa, a bien tenté de délocaliser sa lecture dans un hôtel voisin mais la conférence a également été annulée à la suite d'incidents avec des manifestants. Une centaine de personnes ont protesté dans la rue et M. Moffa a été bousculé, selon un responsable policier, Mimmo De Carolis. Le professeur italien, joint par téléphone, a refusé de fournir des détails.

L'université de Teramo avait invoqué un souci de sécurité pour fermer le campus abritant les départements de droit, science politique et communication. Elle avait aussi demandé au professeur Moffa d'annuler l'invitation, estimant que les qualifications de Robert Faurisson étaient "ne méritaient pas de légitimation académique", mais l'universitaire, qui se défend d'être négationniste, a écrit sur son site Web qu'il voulait permettre à "différentes interprétations d'événements historiques" de s'exprimer.


L'excuse habituelle des négationnistes est justement de se cacher derrière la "liberté d'expression". Reste à savoir s'il est nécessaire d'absorber du poison pour savoir quel goût ça peut avoir. Le négationnisme, lui, se reconnaît à l'odeur. Le professeur Claudio Moffa est bien connu pour ses positions "anti-israéliennes" et pour ses insinuations qu'Israël serait derrière les attentats du 11/9/2001, sur la base du "à qui profite le crime ?". Ces thèses à la Thierry Meyssan utilisent les ressorts classiques du négationnisme, pour imputer la responsabilité d'une catastrophe à ses victimes, car avant de pouvoir haïr des victimes, il faut d'abord leur nier ce statut.

20 mars 2007

Bush appointees 'watered down greenhouse science'

Suzanne Goldenberg and James Randerson in Washington
The Guardian

The Bush administration ran a systematic campaign to play down the dangers of climate change, demanding hundreds of politically motivated changes to scientific reports and muzzling a pre-eminent expert on global warming, Congress was told yesterday.

The testimony to the house committee on oversight and government reform painted the administration as determined to maintain its line on climate change even when it clashed with the findings of scientific experts. James Hansen, who heads the Goddard Institute for Space Science in New York, said in prepared testimony: "The effect of the filtering of climate change science during the current administration has been to make the reality of climate change less certain than the facts indicate, and to reduce concern about the relation of climate change to human-made greenhouse gas emissions."

Since the Democratic takeover of Congress last January the committee's chairman, Henry Waxman, a Democrat from California, has led efforts to uncover the extent of White House interference with scientific debate.

The Bush administration has moved to exercise direct control over environmental agencies by installing political appointees including Philip Cooney, a former oil industry lobbyist, as chief of staff of the Council on Environmental Quality, and a 23-year-old college drop-out who was made a public affairs officer at Nasa after working on Mr Bush's re-election campaign. Mr Cooney told the committee yesterday: "My sole loyalty was to the president and advancing the policies of his administration."

Documents released yesterday show that in 2003 Mr Cooney and other senior appointed officials imposed at least 181 changes to a strategic plan on climate change to play down the scientific consensus on global warming. They made another 113 alterations to minimise the human role in climate change, and inserted possible benefits of climate change. "These changes must be made," said a note in Mr Cooney's handwriting. "The language is mandatory."

Some of the statements deleted on Mr Cooney's instruction were non-controversial, such as: "Climate change has global consequences for human health and the environment." He also deleted references to models indicating that temperatures have been rising for the last 1,000 years. However, amid such deletions he chose to highlight a study funded by his former employer, the American Petroleum Institute.

Under heated questioning, Mr Cooney admitted yesterday that the changes were all intended to cast doubt over the impact of global warming. He denied they were directly coordinated with the White House but said he had regular conversations with a senior White House aide. "We got notes from them," Mr Cooney said.

Control from the White House became the norm, Dr Hansen told the committee yesterday. "Scientific press releases were going to the White House for editing," he said. "It's very unfortunate that we developed this politicisation of science. The public relations office should be staffed by expert appointees. Otherwise they become offices of propaganda." He acknowledged that such interference existed before the Bush administration, though to a much lesser extent.

Mr Hansen was also restrained from giving press interviews by a junior political appointee, George Deutsch, who feared the scientist could not be counted on to "hit the message". Mr Deutsch left Nasa early last year after it emerged he had falsified his CV.

The restrictions were galling for Dr Hansen, a leading figure in climate science and one of few experts in the field to speak out forcefully. He first testified on the issue before congress in 1982 in a session organised by Al Gore. Some of Dr Hansen's seminal testimony in 1989 that helped put the issue in the public eye features in Mr Gore's documentary film on climate change, An Inconvenient Truth. In November he was presented with the Duke of Edinburgh Conservation Medal, the WWF's top conservation award.

After a lecture to the American Geophysical Union in December 2005, Dr Hansen was reined in by Nasa bosses. Nasa public affairs wanted to dictate which media interviews he would give, and vet his calendar of planned talks and meetings and his postings on his institute's website.

When the media reported the moves to gag Dr Hansen, Nasa issued an unequivocal statement in support of scientific openness. But Dr Hansen told congressmen that political PR appointees are still interfering: "In no way has the impact of deception of the public about climate change been undone by Nasa's forthright decision in favour of scientific openness."

At a glance

Dr Jim Hansen is the head of Nasa's Institute for Space Studies in New York and adjunct professor in the earth and environmental science department at Columbia University. He is a physicist and expert on climate change modelling and one of the few US scientists to speak out forcefully on the issue. He first testified on the issue before the US Congress in 1982, and further testimony to Congress featured in Al Gore's film on climate change, An Inconvenient Truth. In November, he was presented with the Duke of Edinburgh Conservation Medal, the WWF's top conservation award.


Entre le support du créationnisme ou de son equivalent en tenue de soirée, le dessein intelligent, et du négationnisme du réchauffement climatique global, le bilan scientifique de l'administration Bush est un des pires de l'histoire des Etats Unis.

17 mars 2007

Islam: l'université de Leeds s'autocensure

Une conférence sur l'antisémitisme au Moyen-Orient a été annulée pour des raisons de «sécurité».
LIBERATION
Par LOËT Karine, LE QUOTIDIEN
Londres correspondance

Dans une salle anonyme de Leeds, Matthias Küntzel, un professeur de politique de Hambourg, est monté vendredi sur l'estrade, libre enfin de dispenser sa leçon au terme d'une vive controverse. A cinq kilomètres de là, l'université campait sur ses positions. Deux jours plus tôt, ses responsables avaient annulé la conférence de l'universitaire, intitulée «l'héritage hitlérien : l'antisémitisme islamique au Moyen-Orient». Pour des raisons «sécuritaires».

Annulation. La faculté avait en effet reçu plusieurs mails offusqués. L'un d'eux, signé d'un ancien étudiant, appelait le vice-président de l'institution à «s'excuser auprès de toute la communauté musulmane». Alertée, la Société des étudiants islamiques de l'université réclame alors que le titre de la conférence, jugé «provoquant», soit changé. La faculté de Leeds cède et transforme l'intitulé en «l'héritage nazi : l'exportation de l'antisémitisme au Moyen-Orient». Trop tard. Le lendemain, les responsables de l'université réunis en comité extraordinaire décrètent l'annulation du séminaire.

Catapulté dans la bataille à sa descente de l'avion, Matthias Küntzel est abasourdi. L'homme, qui a usé les pupitres universitaires du monde entier, assure ne pas faire de politique mais dispenser un savoir essentiel à la compréhension du conflit moyen-oriental. «Je ne suis pas seul à défendre la thèse de l'antisémitisme islamique. Il suffit de regarder le programme du Hamas. Les Juifs y sont désignés comme responsables de la Première et de la Deuxième Guerres mondiales.» Mais le professeur se plaint surtout de l'attitude de l'université, qui «va à l'encontre de la liberté d'expression pourtant chère au Royaume-Uni».

«Négligence». L'institution se défend d'avoir cédé à la pression. Selon Vanessa Bridge, du bureau de presse, l'université, prévenue trop tard, n'a pu organiser la sécurité. «Cent nationalités cohabitent sur le campus. Monter une conférence sur un sujet sensible sans préparation serait de la négligence.» Un argument fallacieux pour Morten Hunke, l'un des organisateurs. Il y a quelque temps, raconte-t-il, quand l'université a accueilli Tariq Ramadan, figure controversée s'il en est, «deux gardes seulement se tenaient à la porte du séminaire». L'institution aurait-elle tenté d'apaiser une communauté musulmane diabolisée depuis les attaques terroristes du 7 juillet 2005 à Londres ? C'est ce que certains murmurent.


Encore un exemple de la grande tolérance des extrémistes musulmans qu'on n'avait pas beaucoup entendus lors de la conférence négationniste de Téhéran. Il est attristant de voir qu'une université plie devant les intimidations sectaires, surtout dans une Grande Bretagne qui a montré depuis longtemps sa tolérance aux discours les plus extrêmes.

12 mars 2007

Robert Faurisson poursuit Robert Badinter pour diffamation

PARIS (AP) - L'ancien ministre de la Justice, Robert Badinter, assigné en diffamation par le révisionniste Robert Faurisson pour l'avoir qualifié de "faussaire de l'Histoire", a maintenu lundi matin son propos devant le tribunal de grande instance de Paris.

Le 11 novembre dernier, sur le plateau de l'émission d'Arte, "Le Forum des Européens", M. Badinter avait dit avoir "fait condamner Faurisson pour être un faussaire de l'Histoire". Il faisait référence à une décision de juillet 1981 condamnant ce dernier à un franc (0,1524 euros) de dommages et intérêts pour ses thèses négationnistes.

Robert Faurisson réclame aujourd'hui 15.000 euros de dommages et intérêts à Robert Badinter.

Qualifiant les thèses de Robert Faurisson d'"élucubrations", M. Badinter a estimé lundi que "l'entreprise négationniste", consistant à nier l'existence des chambre à gaz puis le génocide des juifs par les nazis, était "une des pires entreprises de faussaires de l'Histoire".

"Pour moi, jusqu'à la fin de mes jours, tant que j'aurai un souffle, vous ne serez jamais que des faussaires de l'Histoire", a-t-il lancé à M. Faurisson et à ses disciples.

Ce dernier a considéré que cette histoire de falsification le déshonorait et assuré qu'il n'avait pas été condamné en 1981 "pour être un faussaire de l'Histoire". Il a réaffirmé l'inexistence des chambres à gaz, "c'est techniquement impossible".

"Le révisionnisme est la grande aventure du XXe et du XXIe siècle. Personne ne m'en détournera", a-t-il ajouté.

La défense de M. Badinter a fait citer sept témoins. L'audience doit se dérouler toute la journée. Le jugement sera ensuite mis en délibéré.


Il semblerait que Faurisson soit un témoin de la défense. Dire "je ne suis pas un faussaire de l'Histoire" et tenir des propos négationnistes devant un tribunal dans le même temps, c'est un peu incompatible. Faurisson pourra toujours demander l'asile politique en Iran, où ce genre de propos sont les bienvenus pour le moment.

01 février 2007

Arménie : loi contre génocide, par Bernard-Henri Lévy

Le Monde

On dit : "Ce n'est pas à la loi d'écrire l'Histoire"... Absurde. Car l'Histoire est déjà écrite. Que les Arméniens aient été victimes, au sens précis du terme, d'une tentative de génocide, c'est-à-dire d'une entreprise planifiée d'annihilation, Churchill l'a dit. Jaurès l'a crié. Péguy, au moment même où il s'engage pour Dreyfus, parle de ce commencement de génocide comme du "plus grand massacre du siècle". Les Turcs eux-mêmes l'admettent. Oui, c'est une chose que l'on ne sait pas assez : dès 1918, Mustapha Kemal reconnaît les tueries perpétrées par le gouvernement jeune-turc ; des cours martiales sont instituées ; elles prononcent des centaines de sentences de mort. Et je ne parle pas des historiens ni des théoriciens du génocide, je ne parle pas des chercheurs de Yad Vachem, ni de Yehuda Bauer, ni de Raoul Hilberg, je ne parle pas de tous ces savants pour qui, à l'exception de Bernard Lewis, la question de savoir s'il y a eu, ou non, génocide ne s'est jamais posée et ne se pose pas.

Il ne s'agit pas de "dire l'Histoire", donc. L'Histoire a été dite. Elle a été redite et archi-dite. Ce dont il est question, c'est d'empêcher sa négation. Ce dont le Sénat va discuter, c'est de compliquer, un peu, la vie aux insulteurs. Il y a des lois, en France, contre l'insulte et la diffamation. N'est-ce pas la moindre des choses d'avoir une loi qui pénalise cette insulte absolue, cet outrage qui passe tous les outrages et qui consiste à outrager la mémoire des morts ?

On dit : "Oui, d'accord ; mais la loi n'a pas à se mêler, si peu que ce soit, de l'établissement de la vérité car elle empêche, lorsqu'elle le fait, les historiens de travailler." Faux. C'est le contraire. Ce sont les négationnistes qui empêchent les historiens de travailler. Ce sont les négationnistes qui, avec leurs truquages, brouillent les pistes. Prenez la loi Gayssot. Citez-moi un cas d'historien, un seul, que la loi Gayssot, sanctionnant la négation de la destruction des juifs, ait empêché de travailler.

C'est une loi qui empêche Le Pen ou Gollnisch de trop déraper. C'est une loi qui met des limites à l'expression d'un Faurisson. C'est une loi qui gêne les incendiaires des âmes type Dieudonné. C'est une loi qui, par parenthèse, nous évite des mascarades du type de ce procès du super-négationniste David Irving qui eut lieu à Londres il y a sept ans et où, précisément faute de loi, l'on vit juges, procureurs, avocats, journalistes à scandale, affairés à se substituer aux historiens et à semer, pour de bon, le trouble dans les esprits. Mais c'est une loi qui ne s'est jamais mise en travers de la route d'un seul historien digne de ce nom. C'est une loi qui, contrairement à ce que nous disent, je n'arrive pas à comprendre pourquoi, les "historiens pétitionnaires", les protège, oui, les protège de la pollution négationniste. Et il en ira de même avec l'extension de cette loi Gayssot à la négation du génocide arménien.

On dit : "Où s'arrêtera-t-on ? Pourquoi pas, tant qu'on y est, des lois sur le colonialisme, la Vendée, les caricatures de Mahomet ? Est-ce qu'on ne s'oriente pas vers des dizaines de lois mémorielles dont le seul résultat sera d'interdire l'expression des opinions non conformes ?" Autre erreur. Autre piège. D'abord, il n'est pas question de "lois mémorielles", mais de génocide ; il n'est pas question de légiférer sur tout et n'importe quoi, mais sur les génocides et les génocides seulement ; et des génocides, il n'y en a pas cent, ni dix - il y en a quatre, peut-être cinq, avec le Rwanda, le Cambodge et le Darfour, et c'est une escroquerie intellectuelle de brandir l'épouvantail de cette multiplication de nouvelles lois attentatoires à la liberté de pensée.

Et puis, ensuite, soyons sérieux : il n'est pas question, dans cette affaire, d'opinions non conformes, incorrectes, etc. ; il est question de négationnisme, seulement de négationnisme, c'est-à-dire de ce tour d'esprit très particulier qui consiste non pas à avoir une certaine opinion quant aux raisons de la victoire d'Hitler ou des Jeunes-Turcs, mais qui consiste à dire que le réel n'a pas eu lieu. Pas de chantage, donc, à la tyrannie de la pénitence ! Arrêtons avec le faux argument de la boîte de Pandore ouvrant la voie à une inquisition généralisée ! Le fait que l'on punisse le négationnisme antiarménien n'impliquera en aucune façon cette fameuse prolifération, en métastases, de lois politiquement correctes.

On dit encore : "Attention à ne pas tout mélanger ; il ne faut pas prendre le risque de banaliser la Shoah." Ma réponse, là-dessus, est très claire. Il est vrai que ce n'est pas pareil. Il est vrai que, et le nombre de ses morts, et le degré d'irrationalité atteint par les assassins, et le type très particulier de rapport à la technique qu'implique l'invention de la chambre à gaz, il est vrai, oui, que tout cela confère à la Shoah une irréductible singularité. Mais, à cette évidence, j'ajoute deux remarques.

Primo, ce n'est peut-être pas "pareil", mais le moins que l'on puisse dire est que cela se ressemble. Et le premier à le savoir, le premier à en prendre acte, fut un certain Adolf Hitler, dont on ne dira jamais assez combien le génocide antiarménien l'a frappé, fait réfléchir et, si j'ose dire, inspiré. Ce génocide arménien, ce premier génocide, le fut - "premier" - à tous les sens du terme : un génocide exemplaire et presque séminal ; un génocide banc d'essai ; un laboratoire du génocide considéré comme tel par les nazis.

Et puis j'ajoute, secundo, cette autre observation. Lorsque je me suis plongé dans la littérature négationniste touchant les Arméniens, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que c'est la même littérature, littéralement la même, que celle que je connaissais et qui vise la destruction des juifs. Même rhétorique. Mêmes arguments. Même façon, tantôt de minimiser (des morts, d'accord, mais pas tant qu'on nous le dit), tantôt de rationaliser (des massacres qui s'inscrivent dans une logique de guerre), tantôt de renverser les rôles (de même que Céline faisait des juifs les vrais responsables de la guerre, de même les négationnistes turcs expliquent que ce sont les Arméniens qui, par leur double jeu, leur alliance avec les Russes, ont fait leur propre martyre), tantôt, enfin, de relativiser (quelle différence entre Auschwitz et Dresde ? quelle différence entre les génocidés et les victimes turques des "bandes armées" arméniennes ?)

Bref. A ceux qui seraient tentés de jouer au jeu de la guerre des mémoires, je veux répondre en plaidant pour la fraternité des génocidés. C'est la position de Jan Patocka, le philosophe de la "solidarité des ébranlés". C'était la position des pionniers d'Israël, qui, tous, se sentaient un destin commun avec les Arméniens naufragés. La lutte contre le négationnisme ne se divise pas. Laisser une chance à l'un équivaudrait à ouvrir une brèche à l'autre...

On dit enfin - et cela se veut l'argument définitif : "Pourquoi ne pas laisser la vérité se défendre seule ? N'est-elle pas assez forte pour s'imposer et faire mentir les négationnistes ?" Eh bien non, justement ! Parce que ce négationnisme anti-arménien a une particularité que l'on ne trouve pas, pour le coup, dans le négationnisme judéocide : c'est un négationnisme d'Etat ; c'est un négationnisme qui s'appuie sur les ressources, la diplomatie, la capacité de chantage, d'un grand Etat.

Imaginez un instant ce qu'eût été la situation des survivants de la Shoah si l'Etat allemand avait été, après la guerre, un Etat négationniste ! Imaginez leur surcroît de détresse s'ils avaient eu, face à eux, une Allemagne non repentante menaçant ses partenaires de rétorsions s'ils qualifiaient de génocide la tragédie des hommes, femmes et enfants triés sur la rampe d'Auschwitz ! C'est votre situation, amis arméniens ; et il y a là une adversité qui n'a, cette fois, pas d'équivalent et à laquelle je ne suis pas sûr que la vérité, dans sa belle nudité, ait assez de force pour s'opposer.

Un tout dernier mot. Vous vous souvenez d'Himmler créant, en juin 1942, un commando spécial, le commando 1005, chargé de déterrer les corps et de les brûler. Vous connaissez les euphémismes utilisés pour ne pas avoir à dire "meurtre de masse" et pour effacer donc, jusque dans le discours, la marque de ce qui était en train de s'opérer.

Eh bien, cette loi qui est celle de la Shoah, ce théorème que j'appelle le théorème de Claude Lanzmann et qui veut que le crime parfait soit un crime sans trace et que l'effacement de la trace soit partie intégrante du crime lui-même, cette évidence d'un négationnisme qui n'est pas la suite mais un moment du génocide et qui lui est consubstantiel, tout cela vaut pour tous les génocides et donc aussi, naturellement, pour le génocide du peuple arménien. On croit que ces gens expriment une opinion : ils perpétuent le crime. Ils se veulent libres-penseurs, apôtres du doute et du soupçon : ils parachèvent l'oeuvre de mort.

Il faut une loi contre le négationnisme parce que le négationnisme est, au sens strict, le stade suprême du génocide.

Bernard-Henri Lévy est écrivain.

27 janvier 2007

L'Assemblée générale de l'ONU condamne le négationnisme

L'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies (ONU) a adopté, vendredi 26 janvier, une résolution condamnant la négation du génocide des juifs par l'Allemagne nazie pendant la seconde guerre mondiale. Ce texte, "engage vivement tous les Etats à rejeter sans réserve tout déni de l'Holocauste en tant qu'événement historique, que ce déni soit total ou partiel, ou toute activité menée en ce sens". Il souligne le danger "des efforts visant à nier l'Holocauste qui, en ignorant l'historicité de ces terribles événements, accroissent le risque qu'ils se reproduisent".

Parrainée par 104 pays et approuvée par consensus, sans vote, la résolution isole l'Iran après l'organisation par ce pays, les 11 et 12 décembre 2006 à Téhéran, d'une conférence sur l'Holocauste ayant servi de tribune aux négationnistes niant sa réalité. Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, organisateur de la conférence, a qualifié à plusieurs reprises l'Holocauste de "mythe". Il a encore déclaré, mardi, qu'il s'agissait d'une "fabrication".

La résolution a été présentée par les Etats-Unis ce même jour et appuyée, notamment, par les représentants de l'Union européenne, du Canada, de l'Australie, d'Israël, de la Russie et de la Turquie. Plusieurs Etats arabes, dont l'Egypte, n'ont vu aucune objection à l'adoption du texte. En revanche, une vingtaine de nations étaient absentes lors de l'Assemblée générale de vendredi dont l'Arabie saoudite, l'Afrique du Sud, le Soudan, la Syrie et le Cambodge.

Dans un communiqué, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, "réaffirme sa conviction que le déni de faits historiques comme l'Holocauste est inacceptable". Toujours vendredi, la Maison Blanche s'en est prise au "régime iranien qui cherche de façon perverse à remettre en cause le caractère historique de ces atrocités pour fournir une justification à la haine".

L'Iran a accusé les auteurs du texte de se livrer "à une opération politique hypocrite". "Il n'y a de notre point de vue aucune justification à quelque forme de génocide que ce soit, tout comme il ne saurait y avoir la moindre justification aux tentatives de certains - notamment du régime israélien - d'exploiter les crimes du passé comme prétextes à la mise en oeuvre de nouveaux crimes et génocides", a déclaré Hossein Gharibi, ambassadeur iranien à l'ONU. Il a également regretté l'absence de référence à d'autres génocides, "spécialement les crimes perpétrés à Hiroshima, Nagasaki, en Palestine, au Rwanda et dans les Balkans".

L'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Dan Gillerman, lui a répondu en séance. "Alors que les nations du monde sont réunies ici pour affirmer l'historicité de l'Holocauste avec l'intention de ne jamais permettre un nouveau génocide, un membre de cette assemblée acquiert les moyens d'en commettre un", a-t-il déclaré, faisant allusion au programme nucléaire iranien. "Le président iranien est en train de dire : "Il n'y a jamais eu d'Holocauste mais, au cas où, nous allons finir le travail !"", a-t-il ajouté.

Eric Leser


Un rappel pour ceux qui confondent liberté d'expression et liberté de dire n'importe quoi. L'Iran s'est naturellement dissocié de ce consensus.

22 janvier 2007

The Alchemy of Science-Abusers: Turning Black Into Gray

Ira R. Allen

Science-abusers on the extremist side of the political spectrum too often play upon journalists' reverence for getting both sides of a story – even when two sides don't exist.

Such a case occurred recently when the Reuters news agency flatly declared in a story about the cause of global warming that while most scientists believe human activity is the cause, "That does not mean there is a consensus."

Yes, there is a consensus, and even corporate polluters and the Bush Administration agree.

An entire book, "The Republican War On Science" was devoted to this topic, and the current New Republic (Jan. 29) has an illuminating article on how evidence-deniers – in this case economic ideologues – never come up with better evidence but instead try to make black seem gray. (The article is subscription-only; feel free to e-mail cfah@cfah.org for an individual copy.)

Thank to the Knight Science Journalism Tracker for revealing this latest example.


Parmi les multiples exemples de ces abus, on relève les 'polémiques' sur le réchauffement climatique et le 'dessein intelligent' (appelé "créationnisme en tenue de soirée"). Dans le domaine historique, nous avons les révisionnistes et négationnistes. Dans un registre connexe, le cas des conspirationnistes et de Thierry Meyssan vient à l'esprit. Tous ces exemples résultent de l'introduction de croyances politico-religieuses dans des domaines où l'observation et l'investigation scientifique devraient rester la règle de base.

01 mai 2005

Du canular au complot

Au début était la rumeur, limitée par le bouche-à-oreille, puis vinrent les mass media et dernièrement l’Internet. Un ordre de magnitude dans la rapidité de diffusion était franchi à chaque fois. Au début, c’étaient les limites de la transmission d’une personne à l’autre qui faisait que la rumeur s’éteignait progressivement. Avec les mass media, c’était l’éthique des professionnels qui servait de contre-feu, chacun étant à la fois pyromane et pompier. Avec la structure ‘anarchiste’ de l’Internet, il n’existe actuellement rien de tout cela. Il n’y existe aucun mécanisme de régulation, d’autocontrôle. La rumeur peut partir d’une seule personne et faire le tour de la Terre en quelques jours, influençant des millions de personnes. Ainsi, ce qui n’aurait été qu’une anecdote vite oubliée prend ainsi une ‘vie’ autonome, tel un virus Ebola, disparaissant et réapparaissant ailleurs. Là où les vers informatiques exploitent les failles de nos systèmes pour se propager impunément, les rumeurs se propagent en exploitant les failles personnelles de nos systèmes de croyance, notre crédulité.
Certaines des rumeurs sont drôles et exploitent notre tendance à rire et faire rire pour nous inciter à la retransmettre à nos correspondants. Ainsi, le message qui présentait la soi-disant ‘une’ du journal El Moudjahid, annonçant la mort du Pape et présentant ses condoléances à son épouse et ses enfants, est un bon exemple de ce genre de canular. Comme beaucoup d’histoires drôles, elle a un aspect plus sombre, jouant sur une tendance à croire que les journalistes Algériens sont ignorants des institutions catholiques. Ces histoires deviennent parfois des légendes urbaines, reprises régulièrement avec une aura de vérité qui augmente à mesure que le temps passe et qu’elle échappe au contrôle de son auteur.
D’autres rumeurs exploitent notre ignorance dans un domaine, se présentant comme émanant d’une autorité, tel le message nous demandant d’effacer le fichier jdbmgr.exe de notre système qui serait un virus dangereux, en fait un fichier parfaitement légitime et inoffensif. Le schéma est classique : un message arrive dans nos boîtes aux lettres électroniques, nous demandant d’effacer un fichier car celui-ci est une menace. Ce message se présente comme émanant d’une autorité (en fait inexistante) et nous est retransmis par une personne de notre entourage en qui nous avons confiance, bien qu’il ne soit pas un expert dans le domaine informatique. C’est l’argument d’appel à l’autorité qui joue ici à plein.
D’autres rumeurs exploitent la tendance à la suspicion envers la politique et les gouvernements et nous en arrivons aux théories du complot. Le monde à l’envers : utiliser la suspicion et le doute pour mieux susciter la crédulité. Notre volonté de croire au complot, et non notre doute légitime en face d’une information, nous fait tomber dans le panneau. Ce sont les plus dangereuses et les plus lâches des rumeurs, n’hésitant pas à calomnier anonymement.
Dans cette catégorie citons, parmi les plus récentes, la rumeur contre le vaccin de la polio qui a trouvé un écho favorable dans les régions musulmanes du Nigeria, avec les conséquences que l’on connaît. La rumeur a pris comme origine un incident sur un lot de vaccins contre la polio, repris par l’extrême droite américaine pour soutenir une rumeur antisémite, rumeur qui a trouvé un écho parmi les intégristes musulmans, pour finir par leur causer du tort : la plupart des victimes ont en effet été contaminées au nord Nigeria parmi les populations musulmanes, puis parmi ceux qui y ont voyagé et suite à un pèlerinage à La Mecque.
Citons également le complot du 11 septembre qui aurait été planifié par les Américains eux-mêmes pour monter leur opinion publique en vue d’une guerre contre les musulmans, la réélection de Bush Jr et le contrôle du pétrole pakistanais, irakien, etc. Cette rumeur a été reprise quelques mois plus tard par Thierry Meyssan, dans un livre qui a été un succès populaire en dépit des gigantesques failles d’une ‘enquête’ faite dans un fauteuil par un auteur inexpérimenté dans le domaine. Cette affaire aura eu le mérite de précipiter la déchéance du groupe de Thierry Meyssan, le Réseau Voltaire, après une courte période de popularité injustifiée.
Comment se défendre contre de telles rumeurs ? C’est plus simple qu’il n’y paraît. Internet ne possède aucun mécanisme de contrôle, mais on y trouve le meilleur comme le pire, et surtout le moyen de trouver l’un comme l’autre. Au lieu de subir passivement les rumeurs qui nous parviennent, nous pouvons mener une contre-enquête et vérifier que nos sources d’information sont fiables. Les moyens d’investigation sont fournis par les moteurs de recherche et par certains sites spécialisés, qui nous mâchent le travail, comme l’excellent Hoaxbuster (http://www.hoaxbuster.com/) . Ainsi, ce site nous explique qu’il n’y a aucune raison d’écraser un fichier de notre système parce qu’un inconnu nous le demande. Une simple recherche Internet sur les rumeurs contre le vaccin de la polio aurait montré aux autorités musulmanes du Nigeria que leurs sources n’étaient pas dignes de foi. De simples recherches auraient permis à tous de vérifier que les rumeurs reprises par Thierry Meyssan ne reposaient sur rien de sérieux, qu’elles avaient aussi pour origine les réseaux néo-Nazis américains, reprises une fois de plus en cœur par les milieux intégristes musulmans. De façon assez amusante, Thierry Meyssan a ensuite eu l’occasion de prêcher la bonne parole dans ces milieux intégristes, qui avaient sans doute oublié qu’ils avaient eux-mêmes contribué à répandre cette rumeur.