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14 mars 2008

Le Collège de France affirme son opposition au créationnisme (Pr Brunet)

LE MONDE.FR

Le Collège de France a affirmé son opposition au créationnisme, une théorie qui nie l'évolution des espèces, en instituant une chaire de paléontologie humaine qui s'inscrit dans sa tradition naturaliste, a déclaré le titulaire de cette chaire, le professeur Michel Brunet.

"Le vote des professeurs du Collège de France entre à la fois dans la tradition naturaliste du Collège et est aussi un signe très fort à l'égard des courants de pensée qui reprennent des idées moyenâgeuses", a déclaré à l'AFP M. Brunet, qui doit donner le 27 mars sa leçon inaugurale.

"Il y a un courant créationniste très fort sur le continent nord-américain et il se révèle qu'il existe aussi chez nous", constate le paléoanthropologue, connu notamment pour ses travaux sur Toumaï, le plus vieil ancêtre à ce jour de l'homme moderne dont le crâne, vieux de quelque 7 millions d'années, a été découvert au Tchad en 2001.

"L'homme est mammifère parmi d'autres. Ce qui nous distingue, c'est le développement quantitatif, mais surtout qualificatif de notre cerveau", rappelle M. Brunet qui souligne que "l'évolution n'est pas une théorie, mais un fait qui a été démontré scientifiquement".

Face au créationnisme, dont "l'influence est dangereuse", "il faut mieux faire de la prophylaxie que du curatif", estime encore le chercheur, qui mentionne la sortie en France l'an dernier d'un "Atlas de la création" du Turc Harun Yahya pour réfuter les découvertes de Darwin.

Michel Brunet succède à Yves Coppens, qui a occupé de 1983 à 2005 la chaire de paléoanthropologie et préhistoire de la prestigieuse institution.

04 janvier 2008

Appel aux États-Unis pour enseigner la théorie de l'évolution

Par Will Dunham Reuters

WASHINGTON (Reuters) - L'Académie nationale des sciences américaine a publié jeudi une défense vigoureuse de l'évolution comme principe fondateur de la biologie moderne et prôné qu'elle soit enseignée dans les classes scientifiques des écoles publiques, contrairement au créationnisme.

L'institution, qui conseille le gouvernement sur les questions de science, de nature et de technologie, relève la persistance de remises en cause de l'enseignement de l'évolution, une théorie régulièrement attaquée aux États-Unis par les franges religieuses conservatrices.

Le créationnisme, inspiré de la Bible et relié à l'idée de "conception intelligente", n'est pas une science et ne devrait pas être enseigné dans les classes scientifiques, estime l'Académie dans son rapport.

"Nous avons besoin de citoyens qui soient formés à la vraie science", estime Barbara Schall, biologiste et vice-présidente de l'Académie des sciences.

L'évolution désigne la transformation des espèces vivantes au cours des siècles par des mutations génétiques. L'académie souligne que cette théorie peut être pleinement compatible avec la foi religieuse.

"La science et la religion sont deux manières différentes d'appréhender le monde. Les placer inutilement en opposition réduit le potentiel de chacune à contribuer à un avenir meilleur", explique-t-elle.

CONFUSION

Enseigner les idées créationnistes en classe scientifique entretient la confusion entre ce qui relève et ce qui ne relève pas de la science, ajoute l'académie dans ce rapport qui met à jour des contributions publiées en 1984 et 1999 et a été rédigé par un comité présidé par le professeur de biologie Francisco Ayala, de l'Université de Californie-Irvine.

Les auteurs mettent en relief l'importance de la biologie évolutionniste dans la compréhension, par exemple, de certaines maladies infectieuses émergentes. Ils rappellent la découverte, rendue publique en 2006, des restes de Tiktaalik, une créature décrite comme un lien entre le poisson et les premiers animaux vertébrés qui sont sortis de l'eau il y a 375 millions d'années.

Le président George Bush a estimé en 2005 que les étudiants américains devaient apprendre "la conception intelligente" au même titre que l'évolution, comme théories concurrentes. "Une partie de l'éducation consiste à présenter aux gens différentes écoles de pensée", avait argué le chef de la Maison blanche.

Les défenseurs de la "conception intelligente", dont des scientifiques qui restent très minoritaires, estiment que certaines structures biologiques sont si complexes qu'elles ne peuvent être apparues par un simple processus naturel.

Selon un sondage Gallup paru en 2006, près de la moitié des Américains pense que les humains n'ont pas évolué mais ont été, dans leur présente forme, créés par Dieu au cours des 10.000 dernières années.

Un magistrat de Dover, en Pennsylvanie, a estimé en 2005 que l'enseignement de la "conception intelligente" violait la Constitution des États-Unis, qui exige la séparation des Églises et de l'État.

Version française Jean-Stéphane Brosse

25 juin 2007

Le Conseil de l'Europe souligne les dangers du créationnisme dans l'éducation

LE MONDE

Les discussions qui ont accompagné la rédaction du rapport du Conseil de l'Europe sur "Les dangers du créationnisme dans l'éducation" ont été houleuses. "Nous avons eu affaire à de violentes oppositions de la part d'un parlementaire russe, soutenu par des Hongrois ; il assimilait l'évolutionnisme au stalinisme, au nazisme et au terrorisme !", assure le rapporteur, l'ex-député français (PS) Guy Lengagne, qui devait présenter mardi 26 juin, une résolution invitant les 47 pays membres du Conseil de Strasbourg "à s'opposer fermement à toutes les tentatives de présentation du créationnisme en tant que discipline scientifique".

Apparu dans la seconde moitié du XIXe siècle, le courant créationniste rejette la théorie darwinienne de l'évolution des espèces par la sélection naturelle et défend l'idée que le monde a été créé par Dieu ; soit en six jours selon le récit de l'Ancien Testament, soit grâce à l'intervention d'un "dessein intelligent" pour les néocréationnistes.

"La cible première des créationnistes contemporains, essentiellement d'obédience chrétienne ou musulmane, est l'enseignement, s'inquiète le rapport. Nous sommes en présence d'une montée en puissance de modes de pensée qui, pour mieux imposer certains dogmes religieux, s'attaquent au coeur même des connaissances." En France, l'offensive la plus récente remonte à janvier : un Atlas de la création venu de Turquie - "l'un des principaux berceaux du créationnisme islamique", selon le rapport - visant à démontrer que "la création est un fait" et l'évolution une "imposture" a été distribué aux établissements scolaires, avant d'en être retiré.

"REFLUX DE LA SCIENCE"

L'offensive turque n'est pas un fait isolé. Dans plusieurs pays européens, les ministres de l'éducation ont remis en question l'enseignement du darwinisme. Le rapport cite la Pologne où, à l'automne 2006, le vice-ministre de l'éducation a déclaré : "La théorie de l'évolution est un mensonge, une erreur qu'on a légalisé comme une vérité courante". En 2004, en Italie, la ministre de l'enseignement a proposé d'abolir cet apprentissage dans le primaire et le secondaire. Sa collègue serbe a dû démissionner après avoir ordonné aux écoles d'abandonner l'enseignement de cette théorie. En 2005, la ministre néerlandaise a proposé l'organisation d'un débat sur l'enseignement des théories de l'évolution. Aux Etats-Unis, 38 % des citoyens prônent un abandon de l'enseignement des thèses évolutionnistes et le président George Bush défend l'idée d'un double apprentissage.

"Tous ces faits correspondent à un reflux de la science au profit du religieux ; or, vouloir priver les citoyens de l'accès à la connaissance scientifique est une des atteintes les plus graves aux droits de l'homme", assure M. Lengagne. Le rapport, qui reconnaît que les institutions des trois grands monothéismes se démarquent de ces positions radicales, n'exclut pas un enseignement des thèses créationnistes "dans le cadre d'un apprentissage du fait religieux" mais il insiste : "Ces thèses ne peuvent prétendre à la scientificité."

20 mars 2007

Bush appointees 'watered down greenhouse science'

Suzanne Goldenberg and James Randerson in Washington
The Guardian

The Bush administration ran a systematic campaign to play down the dangers of climate change, demanding hundreds of politically motivated changes to scientific reports and muzzling a pre-eminent expert on global warming, Congress was told yesterday.

The testimony to the house committee on oversight and government reform painted the administration as determined to maintain its line on climate change even when it clashed with the findings of scientific experts. James Hansen, who heads the Goddard Institute for Space Science in New York, said in prepared testimony: "The effect of the filtering of climate change science during the current administration has been to make the reality of climate change less certain than the facts indicate, and to reduce concern about the relation of climate change to human-made greenhouse gas emissions."

Since the Democratic takeover of Congress last January the committee's chairman, Henry Waxman, a Democrat from California, has led efforts to uncover the extent of White House interference with scientific debate.

The Bush administration has moved to exercise direct control over environmental agencies by installing political appointees including Philip Cooney, a former oil industry lobbyist, as chief of staff of the Council on Environmental Quality, and a 23-year-old college drop-out who was made a public affairs officer at Nasa after working on Mr Bush's re-election campaign. Mr Cooney told the committee yesterday: "My sole loyalty was to the president and advancing the policies of his administration."

Documents released yesterday show that in 2003 Mr Cooney and other senior appointed officials imposed at least 181 changes to a strategic plan on climate change to play down the scientific consensus on global warming. They made another 113 alterations to minimise the human role in climate change, and inserted possible benefits of climate change. "These changes must be made," said a note in Mr Cooney's handwriting. "The language is mandatory."

Some of the statements deleted on Mr Cooney's instruction were non-controversial, such as: "Climate change has global consequences for human health and the environment." He also deleted references to models indicating that temperatures have been rising for the last 1,000 years. However, amid such deletions he chose to highlight a study funded by his former employer, the American Petroleum Institute.

Under heated questioning, Mr Cooney admitted yesterday that the changes were all intended to cast doubt over the impact of global warming. He denied they were directly coordinated with the White House but said he had regular conversations with a senior White House aide. "We got notes from them," Mr Cooney said.

Control from the White House became the norm, Dr Hansen told the committee yesterday. "Scientific press releases were going to the White House for editing," he said. "It's very unfortunate that we developed this politicisation of science. The public relations office should be staffed by expert appointees. Otherwise they become offices of propaganda." He acknowledged that such interference existed before the Bush administration, though to a much lesser extent.

Mr Hansen was also restrained from giving press interviews by a junior political appointee, George Deutsch, who feared the scientist could not be counted on to "hit the message". Mr Deutsch left Nasa early last year after it emerged he had falsified his CV.

The restrictions were galling for Dr Hansen, a leading figure in climate science and one of few experts in the field to speak out forcefully. He first testified on the issue before congress in 1982 in a session organised by Al Gore. Some of Dr Hansen's seminal testimony in 1989 that helped put the issue in the public eye features in Mr Gore's documentary film on climate change, An Inconvenient Truth. In November he was presented with the Duke of Edinburgh Conservation Medal, the WWF's top conservation award.

After a lecture to the American Geophysical Union in December 2005, Dr Hansen was reined in by Nasa bosses. Nasa public affairs wanted to dictate which media interviews he would give, and vet his calendar of planned talks and meetings and his postings on his institute's website.

When the media reported the moves to gag Dr Hansen, Nasa issued an unequivocal statement in support of scientific openness. But Dr Hansen told congressmen that political PR appointees are still interfering: "In no way has the impact of deception of the public about climate change been undone by Nasa's forthright decision in favour of scientific openness."

At a glance

Dr Jim Hansen is the head of Nasa's Institute for Space Studies in New York and adjunct professor in the earth and environmental science department at Columbia University. He is a physicist and expert on climate change modelling and one of the few US scientists to speak out forcefully on the issue. He first testified on the issue before the US Congress in 1982, and further testimony to Congress featured in Al Gore's film on climate change, An Inconvenient Truth. In November, he was presented with the Duke of Edinburgh Conservation Medal, the WWF's top conservation award.


Entre le support du créationnisme ou de son equivalent en tenue de soirée, le dessein intelligent, et du négationnisme du réchauffement climatique global, le bilan scientifique de l'administration Bush est un des pires de l'histoire des Etats Unis.

15 février 2007

Creationists defeated in Kansas school vote on science teaching

· Guidelines challenging Darwinism banned
· Decision is latest blow to intelligent design activists

Suzanne Goldenberg in Washington
The Guardian

School authorities in the American heartland state of Kansas have delivered a rebuff to subscribers to the notion of intelligent design by voting to banish language challenging evolution from new science guidelines.

In a 6-4 vote on Tuesday night, the Kansas state board of education deleted language from teaching guidelines that challenged the validity of evolutionary theory, and approved new phrasing in line with mainstream science.

It was seen as a victory for a coalition of moderate Republicans and Democrats, science educators and parents who had fought for two years to overturn the earlier guidelines.

The decision is the latest in a string of defeats for proponents of creationism, and its modern variant, intelligent design. It reverses the decision taken by the same authorities two years ago to include language undermining Darwinism - on the insistence of conservative parents and activists in the intelligent design movement.

In redrafting guidelines for science teaching, the board removed language suggesting that key concepts such as a common origin for all life on Earth and for species change were seen as controversial by the scientific community.

The board also rewrote the definition of science, limiting it to the search for rational explanations of what occurs in the universe. The move, though limited in its scope, was seen as significant because it rejected a key argument of subscribers to intelligent design: that providing children with arguments for and against evolution merely amounts to fair play.

But Kansas remains a conservative state and many people harbour misgivings about teaching evolution to school children. The school board received a petition with nearly 4,000 signatures opposing Tuesday's decisions.

Overcoming such misgivings will be difficult, said Jack Krebs, a former maths teacher who is president of Kansas Citizens for Science.

"The bigger issue is the cultural divide. The intelligent design people and the anti-evolution people truly believe that science as it is practised is atheistic, and excludes God, and this is really the heart of the cultural battle," Mr Krebs said.

Despite this latest setback proponents of intelligent design remain active across the US. In the last five years, anti-evolution legislation has been introduced in 24 state legislatures and similar policies were under consideration in at least 20 states, according to the National Centre for Science Education in California.

Given the deep passions surrounding the teaching of evolution in Kansas, it is widely expected that proponents of intelligent design will not let up in their campaign over science teaching.

"They have really been on a rollercoaster for the last 10 years in Kansas," said Glenn Branch, deputy director of the National Centre for Science Education. "This isn't really good for the state of science education in Kansas for the treatment of evolution to be in such flux. It probably does have the effect of encouraging creationism in the local classroom."

Backstory

Teaching creationism in American public schools has been outlawed since 1987 when the supreme court ruled that the inclusion of religious material in science classes was unconstitutional. In recent years, however, opponents of the theory of evolution - first developed by Charles Darwin, above - have regrouped, challenging science education with the doctrine of "intelligent design", which has been carefully stripped of all references to God and religion. Unlike traditional creationism, which claims that God created the earth in six days, proponents of intelligent design say the workings of this planet are too complex to be ascribed to evolution. There must have been a designer working to a plan - that is, a creator.


Encore une escarmouche qui se traduit par une victoire des laïcs. Le dessein intelligent n'a pas réussi à faire illusion scientifique.

02 février 2007

Le jeu de masques du néocréationnisme français

Que cache l'Université interdisciplinaire de Paris (UIP) ? Simple association philosophant sur les relations entre science et théologie ou fer de lance de l'importation du néocréationnisme en France ? Le contexte international rend ces questions sensibles. Aux Etats-Unis, les avocats du "dessein intelligent" (intelligent design) contestent le monopole du darwinisme sur l'enseignement des origines de l'homme, et, sans référence explicite à un créateur, ils prônent l'existence d'une "cause première" ayant présidé à l'apparition de la vie sur Terre.

L'Angleterre est également touchée. Le créationniste australien John Mackay y donne des conférences dans les écoles publiques et les universités. La Royal Society tout comme l'archevêque de Canterbury ont pris position contre l'enseignement du néocréationnisme à l'école, et le syndicat national des enseignants réclame de nouvelles lois protectrices. Le 21 juin, les académies nationales des sciences de soixante-sept pays, dont la France, ont signé un appel pour alerter parents et enseignants. Les "preuves scientifiques, les données et les théories vérifiables sur les origines et l'évolution de la vie sur Terre" présentées dans les cours de sciences de certains établissements publics sont "masquées, niées ou confondues" avec des "théories non vérifiables par la science", indique cet appel de l'Interacademy Panel (IAP).

En France, l'UIP focalise tous les soupçons. Association loi 1901, cette université ne décerne aucun diplôme mais organise des conférences payantes dans une salle discrète d'un mouvement chrétien de la rue de Varenne, à Paris, ou dans l'amphithéâtre Guizot de la Sorbonne. Outre les cotisations des 1 250 adhérents revendiqués, son budget est alimenté à hauteur d'environ 1 million d'euros par an par la Fondation américaine John Templeton.

Cette dernière décerne chaque année un prix doté de 1,4 million de dollars (environ 1 million d'euros) à un scientifique distingué pour ses travaux sur les "réalités spirituelles". La fondation finance, dans le monde entier, des recherches "à la frontière de la théologie et de la science". C'est justement le domaine de prédilection de l'UIP, créée fin 1995 sur les cendres de l'Université européenne de Paris (UEP), fondée en 1989 pour succéder à l'Université populaire de Paris (UPP).

Jean Staune, fondateur, secrétaire général et véritable cheville ouvrière de l'UIP, s'ingénie à brouiller les pistes lorsqu'il s'agit de définir les objectifs de l'association. Une prudence de jésuite qui s'explique par la valse des sponsors de l'association. Soutenue à ses débuts par des entreprises prestigieuses (L'Oréal, Auchan, France Télécom, Air France, EDF...), elle a été progressivement abandonnée par ces soutiens en raison des soupçons de néocréationnisme qui pèsent sur elle. De peur de perdre les sponsors qui lui restent, le secrétaire général refuse désormais de citer ceux qui continuent de le parrainer.

Personnage protéiforme, Jean Staune se présente comme "maître de conférences à HEC, enseignant la philosophie des sciences en MBA". En réalité, il y est vacataire, chargé d'enseignement en formation continue de cadres et dirigeants dans un programme spécifique vendu aux entreprises et ne concernant pas les étudiants de l'école. Ses cours à HEC ne sont donc guère éloignés de l'activité de consultant en management du fondateur de la SARL Jean Staune International. La société "organise des séminaires en entreprise pour vulgariser auprès des dirigeants les nouveaux concepts scientifiques", explique-t-il.

Jean Staune bâtit ainsi de complexes et tortueuses analyses des avancées récentes de la science, et surtout de ses failles. Tout y passe, des découvertes de la mécanique quantique et des "incertitudes" qu'elles introduisent dans la physique, au théorème de Godel, qui démontre que même les systèmes formels les plus abstraits comme les mathématiques contiennent des propositions indécidables... Evitant soigneusement de prononcer le nom de Dieu, la dialectique parfaitement rodée sous-entend en permanence sa possibilité. Son objectif semble se limiter à tenter d'instiller le soupçon de son existence.

Les conférences de Jean Staune confinent au show de prédicateur d'un nouveau type, maniant les concepts scientifiques à la place des textes religieux. L'assistance, tendance troisième âge, semble fascinée par ses démonstrations. Le bombardement de références bibliographiques et la convocation de grands noms de la science, si possible Prix Nobel, semble faire son effet...

Parmi ces noms prestigieux, Charles Townes, Nobel de physique en 1964 et inventeur, en 1954, du maser, précurseur du laser, a rendu hommage à l'UIP lors de son 10e anniversaire, en 2005. La même année, pour ses 90 ans, Charles Townes répondait aux questions de l'université de Berkeley. Le physicien ne cache pas son soutien au "dessein intelligent", qu'il place au même niveau que l'évolution.

L'intelligent design, si on le considère d'un point de vue scientifique, semble être tout à fait réel", déclare-t-il en adhérant aux interprétations métaphysiques du principe cosmologique anthropique (un seul univers possible conçu dans le dessein de l'apparition des hommes). Jean Staune le rejoint. "Un créateur ne peut être exclu du champ de la science", déclare-t-il. Et de taxer ceux qui s'opposent à cette conception du principe anthropique d'"obscurantistes", et de les rendre responsables d'un potentiel et "vrai désamour" d'une science "en quête de sens".

Lors d'une de ses dernières conférences publiques, le 22 février, Jean Staune a ainsi brossé le tableau du "grand débat actuel sur la nature de l'évolution". Une vaste fresque épistémologique n'identifiant pas moins de neuf familles de pensée, des purs darwinistes comme les biologistes Daniel Bennett et Richard Dawkins et le sociobiologiste Edward Wilson aux avocats de l'intelligent design, tels le biochimiste Michael Behe, le biologiste moléculaire Doug Axe et le microbiologiste Scott Minnich, en passant par les défenseurs français de la "logique interne", la paléoanthropologue Anne Dambricourt-Malassé, le biologiste Jean Chaline et l'éthologiste Rémy Chauvin.La dernière catégorie, pour Jean Staune, rassemble les adeptes de l'"évolution quantique" qui, avec le biologiste Vasily Ogryzko, le biochimiste américain Lothar Schafer et le microbiologiste anglais John Joe Mc Fadden, estiment que les cellules vivantes sont issues de phénomènes quantiques à l'oeuvre dès la constitution de la Terre, et non de la chimie d'une soupe primordiale. Le panorama de Jean Staune a le mérite de décrire le vaste spectre des théories actuelles qui contestent le darwinisme, né en 1859. Il révèle sans doute aussi la confusion qui règne aujourd'hui dans les recherches en biologie et débride les imaginations.

Une situation trouble qui se prête aux dérives. La dernière en date a placé, fin 2005, l'UIP sur le devant de la scène. La diffusion sur Arte du film de Thomas Johnson Homo sapiens, une nouvelle histoire de l'homme a en effet braqué les projecteurs sur les travaux d'Anne Dambricourt-Malassé. Chargée de recherche au CNRS et rattachée au Muséum d'histoire naturelle, elle présente dans ce documentaire sa théorie d'une logique interne à l'oeuvre, selon elle, dans les mécanismes de l'évolution du singe vers l'homme et fondée sur les modifications de la forme d'un os du crâne, le sphénoïde.

22 janvier 2007

The Alchemy of Science-Abusers: Turning Black Into Gray

Ira R. Allen

Science-abusers on the extremist side of the political spectrum too often play upon journalists' reverence for getting both sides of a story – even when two sides don't exist.

Such a case occurred recently when the Reuters news agency flatly declared in a story about the cause of global warming that while most scientists believe human activity is the cause, "That does not mean there is a consensus."

Yes, there is a consensus, and even corporate polluters and the Bush Administration agree.

An entire book, "The Republican War On Science" was devoted to this topic, and the current New Republic (Jan. 29) has an illuminating article on how evidence-deniers – in this case economic ideologues – never come up with better evidence but instead try to make black seem gray. (The article is subscription-only; feel free to e-mail cfah@cfah.org for an individual copy.)

Thank to the Knight Science Journalism Tracker for revealing this latest example.


Parmi les multiples exemples de ces abus, on relève les 'polémiques' sur le réchauffement climatique et le 'dessein intelligent' (appelé "créationnisme en tenue de soirée"). Dans le domaine historique, nous avons les révisionnistes et négationnistes. Dans un registre connexe, le cas des conspirationnistes et de Thierry Meyssan vient à l'esprit. Tous ces exemples résultent de l'introduction de croyances politico-religieuses dans des domaines où l'observation et l'investigation scientifique devraient rester la règle de base.

06 avril 2006

Evolution Of 'Irreducible Complexity' Explained

Using new techniques for resurrecting ancient genes, scientists have for the first time reconstructed the Darwinian evolution of an apparently "irreducibly complex" molecular system.

The research was led by Joe Thornton, assistant professor of biology at the University of Oregon's Center for Ecology and Evolutionary Biology, and will be published in the April 7 issue of SCIENCE.

How natural selection can drive the evolution of complex molecular systems -- those in which the function of each part depends on its interactions with the other parts--has been an unsolved issue in evolutionary biology. Advocates of Intelligent Design argue that such systems are "irreducibly complex" and thus incompatible with gradual evolution by natural selection.

"Our work demonstrates a fundamental error in the current challenges to Darwinism," said Thornton. "New techniques allowed us to see how ancient genes and their functions evolved hundreds of millions of years ago. We found that complexity evolved piecemeal through a process of Molecular Exploitation -- old genes, constrained by selection for entirely different functions, have been recruited by evolution to participate in new interactions and new functions."

The scientists used state-of-the-art statistical and molecular methods to unravel the evolution of an elegant example of molecular complexity -- the specific partnership of the hormone aldosterone, which regulates behavior and kidney function, along with the receptor protein that allows the body's cells to respond to the hormone. They resurrected the ancestral receptor gene -- which existed more than 450 million years ago, before the first animals with bones appeared on Earth -- and characterized its molecular functions. The experiments showed that the receptor had the capacity to be activated by aldosterone long before the hormone actually evolved.

Thornton's group then showed that the ancestral receptor also responded to a far more ancient hormone with a similar structure; this made it "preadapated" to be recruited into a new functional partnership when aldosterone later evolved. By recapitulating the evolution of the receptor's DNA sequence, the scientists showed that only two mutations were required to evolve the receptor's present-day functions in humans.

"The stepwise process we were able to reconstruct is entirely consistent with Darwinian evolution," Thornton said. "So-called irreducible complexity was just a reflection of a limited ability to see how evolution works. By reaching back to the ancestral forms of genes, we were able to show just how this crucial hormone-receptor pair evolved."

The study's other researchers include Jamie T. Bridgham, postdoctorate research associate in evolutionary biology and Sean M. Carroll, graduate research fellow in biology. The work was funded by National Science Foundation and National Institutes of Health grants and an Alfred P. Sloan Research Fellowship recently awarded to Thornton.

Editor's Note: The original news release can be found here.


La "complexité irréductible", credo des tenants du dessein intelligent, n'aura pas résisté bien longtemps aux assauts des scientifiques.

21 février 2006

Etats-Unis: la science veut sauver Darwin

Soutenue par des religieux, une association se mobilise contre le «dessein intelligent».
par Laurent MAURIAC
LIBERATION, New York de notre correspondant

Darwin contre Dieu, la bagarre continue dans les écoles américaines. Dimanche, plus de 300 enseignants étaient invités par l'American Association for the Advancement of Science (AAAS), une grande association scientifique, pour l'épauler dans son combat. Leur objectif : bannir l'intelligent design (dessein intelligent) de l'enseignement. Cette théorie, défendue par certains groupes religieux, veut que la vie soit trop complexe pour ne pas avoir été aidée dans son développement par une force extérieure, Dieu par exemple.

En décembre, au terme d'un procès très attendu à Harrisburg (Pennsylvanie), un juge a décidé que cette théorie, n'étant pas de nature scientifique et visant à promouvoir le christianisme, devait être exclue des cours de biologie d'une école. Une victoire surtout symbolique, aucune décision ne pouvant contraindre l'ensemble des établissements scolaires américains. C'est ainsi que le Kansas a décidé, en août, d'introduire le «dessein intelligent» dans l'enseignement, au motif que «l'évolution est acceptée par beaucoup de scientifiques mais mise en doute par certains» et qu'il est «important que les élèves prennent connaissance de ces débats».

Alternatives. George Bush lui-même avait repris à son compte cet argument, estimant en août que «les deux côtés devraient être enseignés» pour que «les gens comprennent le sujet du débat». Ce week-end, l'AAAS a dénoncé toute action qui aurait pour conséquence de saper l'enseignement de la théorie de l'évolution et de «priver les étudiants de la formation dont ils ont besoin». L'association recense quatorze lois en préparation dans les Etats américains qui, selon son président Gilbert Omenn, un professeur de médecine, «affaibliraient l'enseignement de la science». Ces lois ont en commun, estime l'AAAS, soit de discréditer la théorie de l'évolution en pointant des faiblesses ou des dissensions entre scientifiques, soit d'encourager l'exploration de théories alternatives, en l'occurrence celle du dessein intelligent.

L'association compte également sur des soutiens religieux. La science et la religion «n'ont pas besoin d'être incompatibles», insiste-t-elle, chacune soulevant «des questions différentes au sujet du monde». C'est aussi l'argumentation développée dans une lettre ouverte par un collectif de prêtres et de pasteurs. Lancée à l'automne 2004 à l'initiative de Michael Zimmerman, doyen à l'université de Wisconsin Oshkosh, elle a recueilli 10 000 signatures. Remarquant que la majeure partie des chrétiens «ne lisent pas la Bible littéralement, comme un manuel de science», la lettre différencie la «vérité religieuse», dont le but est de «transformer les coeurs»,«vérité scientifique». Autrement dit, contrairement à ce que pense Bush, il ne peut y avoir de débat entre ces deux vérités «très différentes mais complémentaires». Les signataires affirment que la théorie de l'évolution est «une vérité scientifique fondamentale» et demandent aux écoles de préserver l'intégrité du curriculum scientifique.

«Mélange toxique». Le site web de cette initiative (1) recense plusieurs dizaines de sermons de prêtres qui la soutiennent. David Leininger, un pasteur à Warren (Pennsylvanie), voit dans cette controverse mêlant religion, science et politique un «mélange toxique». Près de 450 prêtres à travers le pays ont célébré à leur manière, le dimanche 12 février, l'anniversaire de la naissance de Darwin en persuadant leurs fidèles qu'ils n'avaient pas besoin de faire un choix entre leur foi en Dieu et leur confiance dans la science.

(1) www.uwosh.edu/colleges/cols/clergy_project.htm


Plus simplement, il est conseillé aux religieux de ne pas se mêler des affaires de la science dans la mesure où elle investit le domaine. Celà évitera des répétitions du procès de Galilée, du "Scopes Trial" et finalement ceux de tous les Boards of Education américains.

23 décembre 2005

Life's ingredients circle Sun-like star

NewScientist.com news service
David L Chandler

The first evidence that some of the basic organic building blocks of life can exist in an Earth-like orbit around a young Sun-like star has been provided by NASA's Spitzer Space Telescope.
Spitzer took infrared spectrograms of 100 very young stars in a nearby stellar nursery, a huge cloud of dust and gas 375 light years away in the constellation Ophiuchus. And one of those stars showed signs of the organic molecules, acetylene and hydrogen cyanide.
These gases, when combined with water, can form several different amino acids. These are needed to form proteins, as well as one of the four chemical letters, or bases, in DNA, called adenine.
The organic molecules were detected in a ring of dust and gas circling a young star called IRS 46. Such dust rings, found around all of the young stars that were examined by the Spitzer telescope, are believed to be the raw material for planetary systems.
The spectrographic data showed that the gases were so hot that they must be orbiting close to the star, approximately in its "habitable zone", the region where Earth orbits the Sun and where water is just at the borderline between liquid and gaseous states.
The detection supports the widely held theory that many of the molecular building blocks of life were present in the solar system even before planets formed, thus assisting the initial formation of complex organic molecules and the start of life itself.
Planet forming
Observations earlier in 2005 by a different team using Spitzer showed that simpler organic molecules, called polycyclic aromatic hydrocarbons, were present in galaxies as much as 10 billion years ago.
The star IRS 46 and its emerging planetary system "might look a lot like ours did billions of years ago, before life arose on Earth", said Fred Lahuis of Leiden Observatory in the Netherlands, who led the research team.
Acetylene and hydrogen cyanide have been detected before in places closer to home, such as the atmospheres of the giant planets Jupiter and Saturn, and in comets. Observations by the European Infrared Space Observatory have also shown the compounds to exist around massive stars.
But the new findings are the first to show they can occur around other Sun-like stars, and in a region where planets are likely to form. Follow-up observations with the Keck Observatory in Hawaii suggest that a stellar wind is beginning to blow away the dust surrounding IRS 46. This may be the start of what is thought to be a final stage in the formation of planets.
The research will be published in the Astrophysical Journal in January 2006.


Contrairement aux affirmations des tenants du soi-disant "dessein intelligent" (qui viennent de subir une cuisante défaite judiciaire au procès de Dover aux USA), les conditions de la formation de vie organique planétaire n'ont pas l'air d'avoir de difficultés pour s'établir dans des environnements semblables à celui de la Terre et du Soleil. La "complexité irréductible du vivant" en apparaît brusquement moins irréductible que prévu par ces adeptes du créationnisme déguisé.

20 décembre 2005

L'enseignement des thèses créationnistes est "anticonstitutionnel" en Pennsylvanie

Plus d'une vingtaine d'Etats attendaient la décision du tribunal fédéral de Harrisburg (Pennsylvanie) sur une théorie néocréationniste, pour la mettre au programme de leurs écoles. Mais mardi 20 décembre, le juge John Jones a jugé qu'enseigner le "dessein intelligent" ( Intelligent Design) en classe de sciences d'une école américaine violait la Constitution. Un verdict qui apparaît comme un revers pour les conservateurs américains, adeptes de cette thèse concurrente de la théorie de l'évolution de Darwin.
Le procès s'était tenu de fin septembre à début novembre. Huit familles avaient décidé de poursuivre le conseil scolaire de la région de Dover, une zone rurale à l'ouest de Philadelphie, qui avait décidé d'enseigner aux élèves le "dessein intelligent". Cette thèse suppose que la nature est si complexe que seul un être supérieur intelligent a pu la créer. Les parents plaignants estimaient qu'il s'agit d'une théorie religieuse qui n'a pas sa place à l'école. Ils invoquaient le premier amendement de la Constitution des Etats-Unis, qui stipule qu'aucune loi ne peut promouvoir une religion.
Le conseil scolaire avait prévu que les élèves du 9e grade (l'équivalent de la classe de 3e, sauf qu'elle constitue le premier échelon du lycée) se verraient enseigner, en préambule aux leçons de biologie sur l'évolution, que la théorie de Darwin "n'est pas un fait" et comporte des "lacunes" inexplicables. Les enseignants devaient renvoyer les élèves, pour plus d'informations, vers un livre créationniste intitulé Des pandas et des hommes. Mardi, le juge a estimé que "les citoyens de Dover ont été pauvrement servis par le conseil scolaire qui a voté l'enseignement du dessein intelligent".
La théorie est présentée comme une alternative et se garde de toute référence à la Genèse. Mais les scientifiques l'ont dénoncée comme le dernier avatar du créationnisme. Le "dessein intelligent" a reçu des renforts de poids – George Bush a pris la parole cet été pour déclarer que les deux "écoles de pensée" devaient être expliquées aux enfants – et séduit nombre d'Américains : selon un sondage effectué par l'institut de recherche Pew en juillet, 64 % sont favorables à l'enseignement du créationnisme ou du "dessein intelligent", en plus de la théorie de l'évolution. Et pas moins de 38 % des sondés souhaitent que Charles Darwin soit tout simplement éliminé de l'école, pour mettre l'accent sur le rôle de Dieu.

10 novembre 2005

Le Kansas vote contre les théories darwiniennes de l'évolution

Le conseil de l'éducation de l'état du Kansas a voté mardi à 6 voix contre 4 pour établir de nouveaux programmes scolaires, qui laissent la porte grande ouverte à l'enseignement de l'«intelligent design» pendant les cours de biologie, un mouvement créationniste qui remet en cause la théorie de l'évolution de Darwin. «C'est un triste jour. Nous devenons la risée non seulement de la nation, mais du monde entier», a déploré Janet Waugh, l'une des membres du conseil de l'éducation, une démocrate. Pour sa part, Jack Krebs, professeur et président des Citoyens du Kansas pour la science s'est dit consterné : «Il ne fait aucun doute qu'ils veulent donner des explications surnaturelles à la science.»

En opposition avec le consensus scientifique qui considère que l'évolution est un fondement incontesté de la biologie, les créationnistes estiment que la complexité de la vie ne peut être expliquée que par une intervention divine. Il y a six ans, le Kansas avait déjà choqué la communauté scientifique en retirant pratiquement toute mention de l'évolution dans ses programmes éducatifs, mais cette motion avait été renversée en 2001, par des conseillers moins conservateurs. Le Kansas est le seul des cinquante états américains à remettre aussi clairement en question la validité scientifique de la théorie issue des idées de Darwin

Quatre autres états, le Minnesota, le Nouveau-Mexique, l'Ohio et la Pennsylvanie demandent une vision critique de l'évolution en classe, sans pour autant imposer que le créationnisme soit enseigné au même titre que la théorie de l'évolution.

De nombreux scientifiques américains se sont élevés contre ces tentatives pour faire entrer la religion dans les cours de biologie.

Le Kansas s'enfonce de nouveau dans le simplisme, qui consiste à boucher certains "trous cognitifs" par des explications toutes faites, n'expliquant rien mais au contraire obscurcissant encore plus le débat, en invoquant des (une) entités incompréhensibles, invisibles, mystiques et mythiques. Mais le raisonnement simpliste fait l'économie d'une réflexion, est prêt à l'emploi et reste beaucoup plus accessible

05 novembre 2005

Le design intelligent aussi fiable que l'astrologie

(ASP) - Si le design intelligent est une théorie scientifique, alors l'astrologie l'est aussi. Les écoles devraient donc se mettre à enseigner l'astrologie sur un pied d'égalité avec l'astronomie!

La comparaison est sortie lors du procès qui se déroule actuellement à Harrisburg, Pennsylvanie. Mais elle n'est pas venue de scientifiques désireux de ridiculiser le design intelligent: elle est venue du principal défenseur du design intelligent lui-même.

En contre-interrogatoire, le biochimiste Michael Behe, auteur de nombreux articles et ouvrages faisant la promotion du design intelligent, a dû en effet admettre que sa définition du mot "théorie" était si large qu'elle incluerait aussi l'astrologie.
Michael Behe avait tout d'abord été appelé à la barre par la défense : il a donc répété sa croyance, à l'effet que le design intelligent est une théorie scientifique valide, et non de la religion. C'est le contre-interrogatoire serré de l'avocat de la partie adverse, Eric Rothschild, qui l'a mis dans l'embarras.

Premier point, a souligné l'avocat: selon l'Académie américaine des sciences, une théorie est, "en science, une explication argumentée de certains aspects du monde naturel qui peut incorporer des faits, des lois, des déductions et des hypothèses vérifiées". Deuxième point: le design intelligent a été rejeté par à peu près tous les scientifiques, et n'a jamais passé l'épreuve d'une publication dotée d'un comité de révision. Donc, le design intelligent ne se qualifie pas comme une théorie en vertu de cette définition.

Behe a dû admettre que c'était le cas, mais a ajouté du même souffle qu'il avait sa propre définition, "plus large", de ce qu'est une théorie scientifique. Rothschild a alors suggéré que sa définition était justement si large qu'elle pourrait faire de l'astrologie une théorie scientifique valide. Behe a reconnu que Rothschild avait raison.

Le procès, qui doit prendre fin le 4 novembre, est le résultat d'une poursuite déposée par 11 familles de l'école voisine de Dover, Pennsylvanie, qui s'opposent à ce que le design intelligent entre dans leur école. Depuis son début (voir ce texte), le mois dernier, il est devenu un symbole, dans les médias américains, de l'ampleur qu'a pris le débat créationnisme vs. évolution.

01 novembre 2005

Engaging prior learning on creationism and evolution may benefit college biology students

Reading books sympathetic to and opposed to evolution supported increased acceptance of rationalist views

An educational intervention that included reading books sympathetic to and opposed to "intelligent design" (ID) prompted students in a college introductory biology course to report that they had become more accepting of evolution as an explanation for life, according to a study in the November 2005 issue of BioScience. The intervention, which was studied by Steven D. Verhey of Central Washington University, encouraged students to read parts of an ID-friendly, anti-evolution text, as well as an online refutation of the text and parts of a book presenting evidence for evolution.

Students in the study's two intervention streams read from "Icons of Evolution" by Jonathan Wells, which attacks evolutionary theory and is sympathetic to ID, and "The Blind Watchmaker" by Richard Dawkins, which supports the theory of evolution. Students in the intervention streams also read "Icons of Obfuscation" by Nic Tamzek, an online refutation of Wells' book, and discussed current thinking about the nature of science. Students in the two non-intervention streams read from and discussed "The Red Queen: Sex and the Evolution of Human Nature" by Matt Ridley, which describes evolutionary explanations for sexuality.

Verhey asked the 103 enrolled students to classify their beliefs about evolution and creationism before and after the course. Most of the 66 students who completed the survey had previously been exposed to both evolutionary and creationist accounts of life. Sixty-one percent of students in the intervention streams reported some change in their beliefs; most of these students were initially sympathetic to creationist explanations and moved toward increased acceptance of evolution. Only 21 percent of students in the non-intervention streams reported change in their beliefs.

Verhey's study was inspired by an influential theory of cognitive development advanced in 1970 by William G. Perry. Perry's theory holds that students pass through distinct modes of thinking. Verhey's intervention was designed to support students as they progressed toward a more sophisticated cognitive mode by engaging them at the level of their initial understanding--including their initial ideas about creationism. Although alternative explanations are possible, Verhey maintains that his results suggest engaging prior learning "was an effective approach to evolution education."

BioScience is the monthly journal of the American Institute of Biological Sciences (AIBS). In an editorial commenting on Verhey's article, prominent evolution educator Craig E. Nelson asks how Verhey's "effective pedagogy" is to be reconciled with the strong stance of AIBS--and Nelson himself--against requiring the teaching of ID or creationism in high-school science classes. A large majority of biologists believe ID, which holds that evolution cannot explain life's complexity, is fundamentally unscientific. Nelson points out that teaching ID or creationism in a science class would be wrong unless these notions were critiqued scientifically and compared to evolutionary explanations. As many high-school teachers are not well prepared to rigorously contrast creationist and evolutionary accounts, Nelson writes that it would be "quite inappropriate to require such comparisons in high school." But encouraging active comparisons by college and university students will, according to Nelson, "help future teachers and other leaders understand why there is no contest scientifically between creationism and evolution."


Un revers pour les fondamentalistes religieux créationnistes. Car à force de vouloir trop informer leurs ouailles, de comparer la pseudo théorie de l'Intelligent Design et la théorie de l'évolution, ces derniers permettent finalement aux étudiants de comprendre toute l'inanité du créationnisme. Ce qui confirme qu'il vaut mieux entretenir l'ignorance pour mieux manipuler les foules.

27 octobre 2005

Homo Sapiens : une nouvelle histoire de l’homme sur ARTE

Communiqué de presse de l'AFIS (27/10/05) : Selon les thèses d’un reportage diffusé sur ARTE le 29 octobre, Homo Sapiens serait né d’une « mutation interne programmée de l’espèce » « obéissant à une évolution inscrite dans nos gènes et transmise par l’ADN ». Plus fort : « Une nouvelle mutation d’Homo sapiens, (...) serait en préparation, à une échelle de temps encore inconnue. »

Nous nageons bien sûr en pleine pseudoscience : aucun mécanisme n’est connu ni même imaginable qui permette à l’ADN de « programmer par avance » des mutations qui interviendront dans le futur. Le processus bien identifié est le suivant : des mutations interviennent au hasard ; certaines « marchent », d’autres pas ; puis enfin la sélection naturelle « fait le tri » entre celles qui « marchent » : il n’y a aucune place pour une « pré-sélection » de ce qui n’existe pas encore ...

La paléontologue Anne Dambricourt-Malassé, secrétaire générale de la Fondation Teilhard de Chardin, au centre de la thèse défendue dans ce documentaire, a défendu ses vues métaphysiques dans un entretien accordé à Nouvelles Clés : « l’évolution du vivant obéit à une logique d’organisation supérieure et non au seul pur hasard : thèse paléontologique qui est fondée scientifiquement et qui rejoint les idées visionnaires de Teilhard de Chardin ».

Elle rencontre dans son entreprise le soutien de l’Université Interdisciplinaire de Paris et de son secrétaire général Jean Staune pour lequel ces thèses argumentent un « processus insensible aux mutations aléatoires, aux changements du climat et de la végétation », et entrent ainsi en contradiction avec « la position de ceux qui affirment que notre existence ne saurait avoir la moindre signification ».
N’oublions pas que l’Université Interdisciplinaire de Paris n’est pas, contrairement à ce que son nom semble indiquer, une université. Il s’agit d’une organisation financée par la fondation Templeton, fondation cherchant « à développer la recherche et l’enseignement interdisciplinaires sur les rapports entre sciences de la nature et religions ».

L’Association Française pour l’Information Scientifique, par son vice-président, a alerté la chaîne publique du risque de confusion pour des téléspectateurs mal informés de la diffusion d’un tel documentaire sans mise en garde préalable de la présence de « passagers clandestins ». Le 26 octobre un communiqué a été adressé à la Presse afin d’alerter sur les risques de la propagation en plein champ télévisuel de Science Spirituellement Modifiée sans étiquetage signalétique à l’attention du public.

Par un communiqué qu’elle nous a adressé le 26 octobre, la chaîne ARTE nous a fait part que « dans le souci d’améliorer l’information du public et dans une volonté d’objectivité scientifique » elle a complété sa programmation « en soumettant à un débat l’hypothèse sur l’évolution de l’homme présentée dans le documentaire HOMO SAPIENS, une nouvelle histoire de l’homme ?. »

Ce débat animé par Michel Alberganti, journaliste au Monde réunira :

Pierre-Henri Gouyon, spécialiste de la théorie de l’évolution, est directeur du laboratoire d’Ecologie, Systématique et Evolution à Paris-XI ORSAY, chargé de cours à l’INRA et maître de conférences à l’École Polytechnique.
Michel Morange, est professeur de biologie à l’université Paris-VI et à l’École Normale Supérieure. Il enseigne l’histoire des sciences à l’université Paris-VII et dirige le Centre Cavaillès d’histoire et de philosophie des sciences de l’ENS.

Nous ne pouvons que féliciter la chaîne de service public ARTE pour sa réactivité et le respect du télespectateur dont elle témoigne en réalisant ce complément de programme, à l’image de la qualité de la diffusion auquel elle s’attache conformément à son « Vivons curieux ! Plus de découverte, Plus de culture, Plus d’information, de décryptage ».

Nous nous devons, de notre côté, de renouveler notre mise en garde des téléspectateurs sur le fait que le documentaire HOMO SAPIENS, une nouvelle histoire de l’homme ? caractérise une tentative d’intrusion spiritualiste dans les sciences, défendant des thèses qui ne sont pas sans rappeler celles des créationnistes et des avocats de l’Intelligent Design. Il convient donc de garder son esprit critique en éveil durant la diffusion de ce documentaire, et de ne pas zapper avant le débriefing de décryptage qui lui succédera.

Association Française pour l’Information Scientifique

25 septembre 2005

Darwin contre la création : nouveau procès aux Etats-Unis

NOUVELOBS.COM

Un procès dont l’issue pourrait avoir d’importantes répercussions aux Etats-Unis s’ouvre aujourd’hui en Pennsylvanie. Les plaignants sont des parents d’élèves qui s’opposent à l’enseignement au lycée du ‘’dessein intelligent’’ (intelligent design), une théorie présentée comme une alternative à l’évolution mais que les scientifiques dénoncent comme étant le dernier avatar du créationnisme. Dans le district de Dover l’administration scolaire est favorable à son enseignement. Le président George Bush lui-même a déclaré cet été que les deux «écoles de pensée» devaient être expliquées aux enfants.Une déclaration qui a fait bondir ceux qui luttent depuis des décennies contre le créationnisme aux Etats-Unis. En 1987 la Cour Suprême a considéré que cette vision biblique ne pouvait pas être enseignée puisque c’était une religion. L’intelligent design (ID) se garde bien de reprendre texto les récits de la Genèse mais avance l’idée que l’évolution a été guidée par un être supérieur. L’Association américaine des sciences (AAAS) a clairement dénoncé cette vision comme étant religieuse et non scientifique.

Les parents d’élèves de Dover invoquent d’ailleurs le premier amendement qui stipule qu’aucune loi ne peut établir une religion. ID est le nouveau visage du créationnisme qui a dû changer de nom pour des raisons légales, expliquent ses détracteursLa décision de justice du tribunal de Pennsylvanie ne devrait être connue qu’en décembre. Sachant que les partisans du ID tentent d’investir l’enseignement dans de nombreux autres Etats américains, le jugement est très attendu.
Cécile Dumas


Un n-ième essai des Créationnistes pour reprendre le haut du pavé de l'école. Le Scopes Trial de 1925, les décisions de la Cour Suprême et les avis de l'AAAS seront, on l'espère, décisifs.

15 septembre 2005

Life's origins were easier than was thought

Research - Universitat Autònoma de Barcelona researchers have discovered that RNA early molecules were much more resistant than was thought until now. According to the conclusions of the study, they may have developed enough to contain around 100 genes, which is considered to be the minimum quantity required for the most basic forms of primitive life.
In the primordial soup that produced life on earth, there were organic molecules that combined to produce the first nucleic acid chains, which were the first elements able to self-replicate. According to one of the more accepted theories, these molecules were ribonucleic acid (RNA) chains, a molecule that is practically identical to DNA and that today has the secondary role in cells of copying information stored in DNA and translating it into proteins. These proteins have a direct active role in the chemical reactions of the cell. In the early stages of life, it seems that the first RNA chains would have had the dual role of self-replicating (as is today the case with DNA) and participating actively in the chemical reactions of the cell activity. Because of their dual role, these cells are called ribozymes (a contraction of the words ribosome and enzyme). But there is an important obstacle to the theory of ribozymes as the origin of life: they could not be very large in length as they would not be able to correct the replication errors (mutations). Therefore they were unable to contain enough genes even to develop the most simple organisms.
An investigation led by Mauro Santos, from the Department of Genetics and Microbiology at the Universitat Autònoma de Barcelona, alongside two Hungarian scientists, has shown that the error threshold, that is, the maximum number of errors that may occur during the replication process of ribozymes without this affecting its functioning, is higher than was previously calculated. In practice, this means that the first riboorganisms (protocells in which RNA is responsible for genetic information and metabolic reactions) could have a much bigger genome than was previously thought: they could contain more than 100 different genes, each measuring 70 bases in length (bases are the units that constitute the genes and codify the information), or more than 70 genes, each measuring 100 bases. It is worth remembering that tRNAs (essential molecules for the synthesis of proteins) are approximately 70 bases long.
The discovery, published in Nature Genetics, has greatly relaxed the conditions necessary for the first living organisms to develop. "This quantity of genes would be enough for a simple organism to have enough functional activity", according to the researchers. Recent analysis into the minimum number of DNA genes required to constitute bacteria, the most simple organism today, considers that around 200 genes is sufficient. But in riboorganisms there can be much fewer genes, since DNA genomes include a number of genes that have the role of making the RNA translation system (which enables proteins to be produced) work, which would not be required in RNA-based organism.


Une excellente nouvelle qui n'amusera pas les tenants de la "complexité irréductible" (les créationnistes et leurs affiliés du soi-disant Intelligent Design). Le passage direct vers des organismes à base d'ADN était un des problèmes de la théorie de l'Evolution. Voilà que l'hypothèse de l'étape intermédiaire des organismes à base d'ARN en sort renforcée.

01 septembre 2005

One side can be wrong

Accepting 'intelligent design' in science classrooms would have disastrous consequences, warn Richard Dawkins and Jerry Coyne
It sounds so reasonable, doesn't it? Such a modest proposal. Why not teach "both sides" and let the children decide for themselves? As President Bush said, "You're asking me whether or not people ought to be exposed to different ideas, the answer is yes." At first hearing, everything about the phrase "both sides" warms the hearts of educators like ourselves.
One of us spent years as an Oxford tutor and it was his habit to choose controversial topics for the students' weekly essays. They were required to go to the library, read about both sides of an argument, give a fair account of both, and then come to a balanced judgment in their essay. The call for balance, by the way, was always tempered by the maxim, "When two opposite points of view are expressed with equal intensity, the truth does not necessarily lie exactly half way between. It is possible for one side simply to be wrong."
As teachers, both of us have found that asking our students to analyse controversies is of enormous value to their education. What is wrong, then, with teaching both sides of the alleged controversy between evolution and creationism or "intelligent design" (ID)? And, by the way, don't be fooled by the disingenuous euphemism. There is nothing new about ID. It is simply creationism camouflaged with a new name to slip (with some success, thanks to loads of tax-free money and slick public-relations professionals) under the radar of the US Constitution's mandate for separation between church and state.
Why, then, would two lifelong educators and passionate advocates of the "both sides" style of teaching join with essentially all biologists in making an exception of the alleged controversy between creation and evolution? What is wrong with the apparently sweet reasonableness of "it is only fair to teach both sides"? The answer is simple. This is not a scientific controversy at all. And it is a time-wasting distraction because evolutionary science, perhaps more than any other major science, is bountifully endowed with genuine controversy.
Among the controversies that students of evolution commonly face, these are genuinely challenging and of great educational value: neutralism versus selectionism in molecular evolution; adaptationism; group selection; punctuated equilibrium; cladism; "evo-devo"; the "Cambrian Explosion"; mass extinctions; interspecies competition; sympatric speciation; sexual selection; the evolution of sex itself; evolutionary psychology; Darwinian medicine and so on. The point is that all these controversies, and many more, provide fodder for fascinating and lively argument, not just in essays but for student discussions late at night.
Intelligent design is not an argument of the same character as these controversies. It is not a scientific argument at all, but a religious one. It might be worth discussing in a class on the history of ideas, in a philosophy class on popular logical fallacies, or in a comparative religion class on origin myths from around the world. But it no more belongs in a biology class than alchemy belongs in a chemistry class, phlogiston in a physics class or the stork theory in a sex education class. In those cases, the demand for equal time for "both theories" would be ludicrous. Similarly, in a class on 20th-century European history, who would demand equal time for the theory that the Holocaust never happened?
So, why are we so sure that intelligent design is not a real scientific theory, worthy of "both sides" treatment? Isn't that just our personal opinion? It is an opinion shared by the vast majority of professional biologists, but of course science does not proceed by majority vote among scientists. Why isn't creationism (or its incarnation as intelligent design) just another scientific controversy, as worthy of scientific debate as the dozen essay topics we listed above? Here's why.
If ID really were a scientific theory, positive evidence for it, gathered through research, would fill peer-reviewed scientific journals. This doesn't happen. It isn't that editors refuse to publish ID research. There simply isn't any ID research to publish. Its advocates bypass normal scientific due process by appealing directly to the non-scientific public and - with great shrewdness - to the government officials they elect.
The argument the ID advocates put, such as it is, is always of the same character. Never do they offer positive evidence in favour of intelligent design. All we ever get is a list of alleged deficiencies in evolution. We are told of "gaps" in the fossil record. Or organs are stated, by fiat and without supporting evidence, to be "irreducibly complex": too complex to have evolved by natural selection.
In all cases there is a hidden (actually they scarcely even bother to hide it) "default" assumption that if Theory A has some difficulty in explaining Phenomenon X, we must automatically prefer Theory B without even asking whether Theory B (creationism in this case) is any better at explaining it. Note how unbalanced this is, and how it gives the lie to the apparent reasonableness of "let's teach both sides". One side is required to produce evidence, every step of the way. The other side is never required to produce one iota of evidence, but is deemed to have won automatically, the moment the first side encounters a difficulty - the sort of difficulty that all sciences encounter every day, and go to work to solve, with relish.
What, after all, is a gap in the fossil record? It is simply the absence of a fossil which would otherwise have documented a particular evolutionary transition. The gap means that we lack a complete cinematic record of every step in the evolutionary process. But how incredibly presumptuous to demand a complete record, given that only a minuscule proportion of deaths result in a fossil anyway.
The equivalent evidential demand of creationism would be a complete cinematic record of God's behaviour on the day that he went to work on, say, the mammalian ear bones or the bacterial flagellum - the small, hair-like organ that propels mobile bacteria. Not even the most ardent advocate of intelligent design claims that any such divine videotape will ever become available.
Biologists, on the other hand, can confidently claim the equivalent "cinematic" sequence of fossils for a very large number of evolutionary transitions. Not all, but very many, including our own descent from the bipedal ape Australopithecus. And - far more telling - not a single authentic fossil has ever been found in the "wrong" place in the evolutionary sequence. Such an anachronistic fossil, if one were ever unearthed, would blow evolution out of the water.
As the great biologist J B S Haldane growled, when asked what might disprove evolution: "Fossil rabbits in the pre-Cambrian." Evolution, like all good theories, makes itself vulnerable to disproof. Needless to say, it has always come through with flying colours.
Similarly, the claim that something - say the bacterial flagellum - is too complex to have evolved by natural selection is alleged, by a lamentably common but false syllogism, to support the "rival" intelligent design theory by default. This kind of default reasoning leaves completely open the possibility that, if the bacterial flagellum is too complex to have evolved, it might also be too complex to have been created. And indeed, a moment's thought shows that any God capable of creating a bacterial flagellum (to say nothing of a universe) would have to be a far more complex, and therefore statistically improbable, entity than the bacterial flagellum (or universe) itself - even more in need of an explanation than the object he is alleged to have created.
If complex organisms demand an explanation, so does a complex designer. And it's no solution to raise the theologian's plea that God (or the Intelligent Designer) is simply immune to the normal demands of scientific explanation. To do so would be to shoot yourself in the foot. You cannot have it both ways. Either ID belongs in the science classroom, in which case it must submit to the discipline required of a scientific hypothesis. Or it does not, in which case get it out of the science classroom and send it back into the church, where it belongs.
In fact, the bacterial flagellum is certainly not too complex to have evolved, nor is any other living structure that has ever been carefully studied. Biologists have located plausible series of intermediates, using ingredients to be found elsewhere in living systems. But even if some particular case were found for which biologists could offer no ready explanation, the important point is that the "default" logic of the creationists remains thoroughly rotten.
There is no evidence in favour of intelligent design: only alleged gaps in the completeness of the evolutionary account, coupled with the "default" fallacy we have identified. And, while it is inevitably true that there are incompletenesses in evolutionary science, the positive evidence for the fact of evolution is truly massive, made up of hundreds of thousands of mutually corroborating observations. These come from areas such as geology, paleontology, comparative anatomy, physiology, biochemistry, ethology, biogeography, embryology and - increasingly nowadays - molecular genetics.
The weight of the evidence has become so heavy that opposition to the fact of evolution is laughable to all who are acquainted with even a fraction of the published data. Evolution is a fact: as much a fact as plate tectonics or the heliocentric solar system.
Why, finally, does it matter whether these issues are discussed in science classes? There is a case for saying that it doesn't - that biologists shouldn't get so hot under the collar. Perhaps we should just accept the popular demand that we teach ID as well as evolution in science classes. It would, after all, take only about 10 minutes to exhaust the case for ID, then we could get back to teaching real science and genuine controversy.
Tempting as this is, a serious worry remains. The seductive "let's teach the controversy" language still conveys the false, and highly pernicious, idea that there really are two sides. This would distract students from the genuinely important and interesting controversies that enliven evolutionary discourse. Worse, it would hand creationism the only victory it realistically aspires to. Without needing to make a single good point in any argument, it would have won the right for a form of supernaturalism to be recognised as an authentic part of science. And that would be the end of science education in America.
Arguments worth having ...
The "Cambrian Explosion"
Although the fossil record shows that the first multicellular animals lived about 640m years ago, the diversity of species was low until about 530m years ago. At that time there was a sudden explosion of many diverse marine species, including the first appearance of molluscs, arthropods, echinoderms and vertebrates. "Sudden" here is used in the geological sense; the "explosion" occurred over a period of 10m to 30m years, which is, after all, comparable to the time taken to evolve most of the great radiations of mammals. This rapid diversification raises fascinating questions; explanations include the evolution of organisms with hard parts (which aid fossilisation), the evolutionary "discovery" of eyes, and the development of new genes that allowed parts of organisms to evolve independently.
The evolutionary basis of human behaviour
The field of evolutionary psychology (once called "sociobiology") maintains that many universal traits of human behaviour (especially sexual behaviour), as well as differences between individuals and between ethnic groups, have a genetic basis. These traits and differences are said to have evolved in our ancestors via natural selection. There is much controversy about these claims, largely because it is hard to reconstruct the evolutionary forces that acted on our ancestors, and it is unethical to do genetic experiments on modern humans.
Sexual versus natural selection
Although evolutionists agree that adaptations invariably result from natural selection, there are many traits, such as the elaborate plumage of male birds and size differences between the sexes in many species, that are better explained by "sexual selection": selection based on members of one sex (usually females) preferring to mate with members of the other sex that show certain desirable traits. Evolutionists debate how many features of animals have resulted from sexual as opposed to natural selection; some, like Darwin himself, feel that many physical features differentiating human "races" resulted from sexual selection.
The target of natural selection
Evolutionists agree that natural selection usually acts on genes in organisms - individuals carrying genes that give them a reproductive or survival advantage over others will leave more descendants, gradually changing the genetic composition of a species. This is called "individual selection". But some evolutionists have proposed that selection can act at higher levels as well: on populations (group selection), or even on species themselves (species selection). The relative importance of individual versus these higher order forms of selection is a topic of lively debate.
Natural selection versus genetic drift
Natural selection is a process that leads to the replacement of one gene by another in a predictable way. But there is also a "random" evolutionary process called genetic drift, which is the genetic equivalent of coin-tossing. Genetic drift leads to unpredictable changes in the frequencies of genes that don't make much difference to the adaptation of their carriers, and can cause evolution by changing the genetic composition of populations. Many features of DNA are said to have evolved by genetic drift. Evolutionary geneticists disagree about the importance of selection versus drift in explaining features of organisms and their DNA. All evolutionists agree that genetic drift can't explain adaptive evolution. But not all evolution is adaptive.
Further reading
www.talkorigins.org/faqs/comdescWebsite explaining evolution in user-friendly fashion
Climbing Mount ImprobableRichard Dawkin (illustrations by Lalla Ward), Penguin 1997
Evolution versus Creationism Eugenie C Scott, Greenwood Press, 2004
· Richard Dawkins is Charles Simonyi professor of the public understanding of science at Oxford University, and Jerry Coyne is a professor in the department of ecology and evolution at the University of Chicago
Richard Dawkins book 'The Ancestor's Tale: A Pilgrimage to the Dawn of Life' is published by Phoenix in paperback today priced £9.99.

02 août 2005

Bush supports 'intelligent design'--President: Schools should teach idea

Myrtle Beach (South Carolina) Sun
By Ron Hutcheson
Washington Bureau
WASHINGTON - President Bush waded into the debate over evolution and "intelligent design" Monday, saying schools should teach both theories on the creation and complexity of life.
In a wide-ranging question-and-answer session with a small group of reporters, Bush essentially endorsed efforts by Christian conservatives to give intelligent design equal standing with the theory of evolution in the nation's schools.
Bush declined to state his personal views on "intelligent design," the belief that life forms are so complex that their creation cannot be explained by Darwinian evolutionary theory alone, but rather points to intentional creation, presumably divine.
The theory of evolution, first articulated by British naturalist Charles Darwin in 1859, is based on the idea that life organisms developed over time through random mutations and factors in nature that favored certain traits that helped species survive.
Scientists concede that evolution does not answer every question about the creation of life, and most consider intelligent design an attempt to inject religion into science courses.
Bush compared the current debate to earlier disputes over "creationism," a related view that adheres more closely to biblical explanations. While he was governor of Texas, Bush said students should be exposed to both creationism and evolution.
On Monday, the president said he favors the same approach for intelligent design "so people can understand what the debate is about."
The Kansas Board of Education is considering changes to encourage the teaching of intelligent design in Kansas schools, and some are pushing for similar changes across the country."
I think that part of education is to expose people to different schools of thought," Bush said. "You're asking me whether or not people ought to be exposed to different ideas. The answer is 'yes.'"
The National Academy of Sciences and the American Association for the Advancement of Science both have concluded there is no scientific basis for intelligent design and oppose its inclusion in school science classes.
Some scientists have declined to join the debate, fearing that amplifying the discussion only gives intelligent design more legitimacy.
Advocates of intelligent design also claim support from scientists. The Discovery Institute, a conservative think tank in Seattle that is the leading proponent for intelligent design, said it has compiled a list of more than 400 scientists, including 70 biologists, who are skeptical about evolution."
The fact is that a significant number of scientists are extremely skeptical that Darwinian evolution can explain the origins of life," said John West, associate director of the organization's Center for Science and Culture.


Bush Jr confirme ici son ignorance totale des questions scientifiques et son incapacité à écouter les conseillers fiables que sont la National Academy of Sciences et l'American Assocation for the Advancement of Science. Il n'est pas nécessaire d'être exposé à des idées saugrenues et non-scientifiques pour apprendre les sciences. L'Intelligent Design et le Créationnisme n'étant pas réfutables (c'est-à-dire qu'aucune expérience ne pourra jamais prouver u'elles sont fausses), elles ne sont pas scientifiques et n'ont donc pas à être exposées en cours de sciences.

Des abstractions et des faits

Dans le dictionnaire, la définition du mot «abstraction» tourne autour de «concept», de «théorie». Parfois ce mot prend un aspect péjoratif, désignant alors des idées n’ayant que peu de rapport avec la réalité physique, observable.
Au contraire, la définition du mot «fait» tourne autour de «réalité», «d’incontestable», «d’objectivité», etc.
Alors nous avons pris pour habitude d’opposer ces deux mots et de les considérer comme irréconciliables, en imposant ainsi un faux dilemme («ou bien c’est un fait, ou bien c’est une abstraction»), le plus souvent en considérant l’abstraction dans son sens péjoratif.
Ainsi, cette opposition plus ou moins explicite permet de considérer que les théories scientifiques (principalement des abstractions, donc) sont équivalentes aux autres théories (puisque ce sont également des abstractions). Par exemple, la théorie (scientifique) de l’Evolution serait équivalente à la théorie de l’Intelligent Design (existence d’un créateur ultime pour expliquer la complexité de l’univers) ou du Créationnisme (création du monde littéralement comme il est écrit dans la Bible des chrétiens). C’est d’ailleurs ainsi qu’aux USA, les tenants de ces deux dernières théories essayent de les imposer dans les livres et les cours de biologie.
Mettre au même niveau les abstractions scientifiques et celles des théories sans fondement autre que des croyances personnelles ne peut conduire qu’à des absurdités. Pour les sceptiques, cela peut devenir un véritable bâton pour se faire battre, comme conséquence logique du faux dilemme opposant abstractions et faits.
Pourtant, cette opposition est factice.
Personne n’ayant jamais observé un fait au microscope (façon de parler), il faut bien admettre la nature abstraite de ceux-ci. «2+2=4» est un fait arithmétique, pourtant cette formulation est très abstraite par rapport à la formulation «2 pommes et deux pommes font quatre pommes». «2+2=5» est également une abstraction, mais ce n’est plus un fait arithmétique.
Allons plus loin encore et considérons les faits de la vie courante, ce que nous appellerons plutôt «observations».Nous avons toujours tendance à considérer ces observations comme des réalités incontournables. Pourtant, celles-ci sont abstraites par nos sens (vision, audition, etc.) à partir d’une réalité physique plus complexe. Nous ne percevons pas directement la radioactivité, pourtant sa réalité physique peut nous tuer ou nous contaminer. Inversement, nous percevons certaines illusions d’optique, tout en sachant que ce ne sont que des illusions.
Ainsi, nos observations, nos faits de la vie courante, sont déjà des abstractions de la réalité physique, celle dont la science physique parle (très abstraitement) en termes de particules, d’ondes, etc. C’est encore plus vrai des faits qui ne sont pas directement liés à une observation.
Il n’existe donc pas de sac dans lequel on pourrait mettre l’ensemble de nos abstractions d’une part, l’ensemble des faits d’autre part. Ces deux ensembles ne sont pas séparables.
Pourtant certaines de ces abstractions se réfèrent à la réalité physique comme vérité ultime, véritable juge de paix qui nous mettra finalement tous d’accord. Elles font partie des sciences de la nature, physique, chimie, biologie moléculaire, etc. D’autres appartiennent au domaine des croyances et ne recherchent pas le support de la réalité physique, mais celui de la foi, religieuse, personnelle, ou de la tradition, allant jusqu’à nier toute réalité aux expériences démontrant la fausseté de ces croyances, tel l’Eglise Catholique demandant à Galilée de renier ses affirmations hérétiques, les créationnistes affirmant la présence humaine avant celle des animaux malgré les preuves des fossiles, les astrologues et leurs prévisions qui ‘réussissent’ aussi bien que le pur hasard.
C’est dans cette opposition-là qu’il convient de trouver ce qui différencie les sceptiques des croyants et non dans un faux dilemme «abstractions»/« faits».