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18 août 2008

Une nouvelle flambée de rougeole aux Pays-Bas

Par Destination Santé

La rougeole n'en finit plus d'envahir l'Europe. C'est au tour des Pays-Bas de subir une flambée épidémique. Les autorités sanitaires bataves ont en effet relevé 36 cas entre la mi-juin et le 25 juillet dernier. La majorité concerne des enfants de 8 ans dont les parents appartiennent à une « communauté anthroposophique » opposée à toute vaccination.

Sur les 36 cas en effet, 31 ont concerné des enfants non-immunisés. « Cette épidémie est la plus importante depuis celle de 1999/2000, au cours de laquelle 3 200 cas avaient été enregistrés », soulignent les rédacteurs d'Eurosurveillance.

Ces derniers se veulent toutefois rassurants. « La couverture vaccinale est très élevée aux Pays-Bas (90%). Il est donc peu probable que cette épidémie s'étende au reste de la population ». En revanche, elle risque de se poursuivre au sein de la communauté, puisque dans les deux classes où les premiers cas ont été diagnostiqués, 65% seulement des enfants sont immunisés.

Source : Eurosurveillance, volume 13, 31 juillet 2008


Encore un flagrant démenti de la propagande négationniste des anti-vaccinations prétextant une inefficacité des vaccins, statistiques bidonnées à l'appui. Il est clair que l'épidémie se propage dans le seul milieu qui lui soit favorable: celui des enfants des parents les plus irresponsables.

09 avril 2007

Les bons astres font de grands vins: le "biodynamique" séduit les terroirs

SAINT-EMILION (AFP) - Influence de la lune et des planètes, "dynamisation" du sol grâce à des "préparats" aux allures d'alchimie: la biodynamie, une culture "bio" qui utilise les énergies cosmiques, séduit les viticulteurs qui y voient le moyen de révéler et protéger les terroirs.
A l'occasion de la semaine des primeurs bordelais, l'association Biodyvin, qui regroupe une quarantaine de producteurs travaillant en culture biodynamique, a organisé pour la première fois sa propre dégustation.

Biodyvin a ainsi accueilli à Saint-Emilion quelque 500 visiteurs en deux jours, du simple curieux au fin connaisseur, pour déguster les primeurs 2006 de 32 producteurs représentant toutes les régions viticoles de France.

Au Château Fonroque, premier grand cru classé labellisé "biodynamique", qui accueillait la dégustation, l'accueil du public a été "positif", sur fond de "prise de conscience" écologique, se réjouit Alain Moueix, propriétaire des lieux.

Mais c'est surtout la "qualité" des vins biodynamiques qui selon lui séduit les consommateurs: ils sont sensibles à ces vins "plus marqués par leur terroir" et "moins anonymes", insiste-t-il.

Longtemps méconnue du grand public, assimilée à des pratiques ésotériques, cette technique commence à sortir de l'ombre et devient même "un peu à la mode", portée par la montée en puissance de l'agriculture biologique, reconnaît Olivier Humbrecht, président de Biodyvin.

Excluant tout usage de substances chimiques, la biodynamie utilise des "principes énergétiques" pour "aider le sol à se régénérer", en respectant le calendrier planétaire, explique ce viticulteur alsacien qui pratique à Turckheim (Haut-Rhin) la biodynamie depuis 10 ans.

Il s'agit, pour lui, de "restaurer l'équilibre dans un milieu fortement perturbé" par le cultivateur, en favorisant une "vie plus riche" dans le sol au moyen de matières minérales et de plantes qui doivent "transmettre des énergies" à la vigne.

Des "préparats", "tisanes de plantes" vaporisées sur les cultures à doses homéopathiques, ou encore "cornes de bouses" - cornes de vaches contenant des bouses - enfouies dans le sol, en phase avec les cycles lunaires et les constellations astrales, doivent ainsi "dynamiser" le sol "pour le rendre plus nourricier".

"Le sol d'une culture où la vigne peut se nourrir elle-même peut donner un vin qui est marqué par son terroir", souligne M. Humbrecht. Cela permet en outre une "plus grande régularité de production", moins dépendante des aléas climatiques.

Pour Noël Pinguet, producteur de vin de Loire à Vouvray (Indre-et-Loire), chantre de la biodynamie depuis 20 ans, cette pratique est amenée à "se développer de manière intensive" dans les années à venir, la chimie ayant "montré ses limites".

Jean-Paul Zusselin, jeune viticulteur à Orschwihr en Alsace, une région très en avance en biodynamie, estime que cette démarche représente pour les terroirs français la chance de survivre en produisant des vins "uniques", une "alternative à la mondialisation", selon lui.

La viticulture biodynamique reste aujourd'hui très minoritaire en France, avec près de 150 domaines labellisés par deux associations, respectivement 42 par Biodyvin et une centaine par Demeter.

"Je suis convaincu du résultat par expérience. On peut faire de très bons vins en culture traditionnelle mais la biodynamie permet de faire des vins d'exception", affirme M. Pinguet.


L'agriculture "biodynamique", ou plutôt astrologique, est, rappelons-le, une des "inventions" de Rudolf Steiner, fondateur en outre de l'anthroposophie, ésotériste de choc qui n'hésita pas à affirmer aussi, en 1922, que "les cheveux blonds confèrent effectivement l'intelligence". Ce type d'agriculture ésotérique n'obtient, en réalité, pas de meilleurs résultats que l'agriculture biologique traditionnelle malgré toutes ses simagrées pseudoscientifiques.

27 septembre 2006

"C'est l'alchimie moderne!": plus fort que le bio, le champagne biodynamique

Par Samir TOUNSI

COURTERON (AFP) - "On est dans l'alchimie moderne!": trois viticulteurs champenois se démarquent de leurs 15.000 confrères avec la "biodynamie", une agriculture "bio" qui suit les rythmes cosmiques, dans un vignoble qui tente de réduire sa consommation de produits chimiques.
"La biodynamie donne des arômes plus prononcés, des champagnes plus gourmands et plus expressifs", assure Erick Schreiber en goûtant le moût d'une cuvée qui sort du pressoir à l'heure des vendanges à Courteron, aux confins de la Champagne et du Chablis.

Sur quelque 30 hectares de vignes, Jean-Pierre Fleury, Erick Schreiber et Alain Réaut cultivent du pinot noir sans engrais chimiques, pesticides, ni désherbants.

Ils étudient aussi les mouvements de la lune et du soleil, dans le respect des leçons de l'Autrichien Rudolf Steiner, qui a théorisé la biodynamie en 1924.

A la base de tout, cette recette: pour chaque hectare de vigne, répandre 240 grammes de bouse conservée dans des cornes de vaches, quatre grammes de préparation de silice ainsi que du cuivre, un fongicide naturel.

Avec cette dose homéopatique, "on n'est plus dans la matière, mais dans l'énergie", font remarquer les trois mousquetaires de Courteron.

"La bouse de corne accentue la vie microbienne du sol et va favoriser l'enracinement de la vigne", explique M. Schreiber. Précision: la corne doit venir d'une vache qui a déjà vêlé, afin de respecter "les forces de vie"...

Des vessies de cerf, voire des têtes de vache, sont aussi utilisées pour d'autres "préparations".

Attention: ces "préparations" ne doivent pas être pulvérisées n'importe quand mais "en fonction de la lune et du soleil qui passent devant telle ou telle constellation", précise Erick Schreiber.

Pour connaître les rythmes cosmiques ou terrestre, les trois viticulteurs disposent d'un "calendrier des semis" de l'Allemande Maria Thun, qui a identifié des jours favorables à la culture des fruits, des fleurs, des feuilles ou des racines.

"On est dans l'alchimie moderne!", convient Jean-Pierre Fleury, qui vend 200.000 bouteilles de champagne en France et dans 18 pays jusqu'au Japon.

"Il y a des forces de mort comme Monsanto (ndlr: le groupe américain d'agrochimie qui développe les OGM) sait les faire. Nous sommes les forces de vie", ajoute M. Fleury, pionnier de la biodynamie en 1989, avant de convertir ses deux voisins.

Issu d'une dynastie de vignerons depuis 1895, Jean-Pierre Fleury se disait dans les années 70: "on va tous crever!" en voyant son père utiliser des produits chimiques type DDT (un insecticide interdit depuis).

"Ils sont en avance", reconnaît Daniel Lorson, porte-parole du Comité interprofessionnel du vin de champagne (CIVC, qui réunit toute la filière). Mais aussi ultra-minoritaire: il n'y a que 10 à 20 viticulteurs "bio" dans toute la Champagne, d'après le CIVC.

Les 15.000 autres sont invités depuis 2001 à pratiquer "la viticulture raisonnée" pour limiter le rejet dans l'environnement des engrais, pesticides, désherbants. "L'utilisation de tous ces produits a diminué depuis de 45% depuis 2001", assure le CIVC.

En terme de rendements, les trois mousquetaires n'ont aucun problème pour récolter 13.000 kilos à l'hectare, la limite autorisée de l'appelation champagne.

Et leur champagne plaît: "Il ne ressent pas la fatigue d'une année qui manquait de fraîcheur", lit-on dans un magazine culinaire au sujet d'un millésime "Fleury brut" de 1997.


Il ne faudrait pas confondre "bio" et "bidon". La "biodynamie", issue de l'anthroposophie de Steiner, n'a rien de scientifique. On peut en attendre autant de réussite qu'avec l'astrologie dont elle s'inspire, c'est-à-dire une équivalence avec le pur hasard.

Références:
Article Wikipedia
Article du Skepdic sur Rudolf Steiner (en anglais)