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27 mai 2008

Une étude falsifiée sur la nocivité des téléphones portables

Courrier International

En 2005 et 2008, des chercheurs de l'université de Vienne avaient fait sensation en révélant que les champs électromagnétiques générés par les antennes de téléphones portables pouvaient causer des ruptures dans les brins d'ADN des cellules. Conséquence possible : le cancer. Les pourfendeurs des antennes relais de téléphones portables s'étaient empressés d'exploiter ces études.

Seul problème : les résultats utilisés par les chercheurs étaient faux. Une technicienne de laboratoire les avait falsifiés, rapporte le magazine allemand Der Spiegel.

Le coup est dur pour Franz Adlkofer, l'un des superviseurs des recherches. Régulièrement cité par les médias, ce professeur munichois coordonnait également l'étude européenne REFLEX, qui avait également conclu, en 2003, à la nocivité des téléphones portables. Selon un autre spécialiste cité par Der Spiegel, il n'a pas pu ne pas s'apercevoir que les données étaient truquées.


Une preuve de plus que les valeureux défenseurs auto-proclamés de notre santé peuvent faire aussi 'bien' que ceux qu'ils dénoncent, pour essayer de prouver leurs théories, au mépris de l'éthique scientifique la plus élémentaire.

09 janvier 2007

Researchers see bias in private-funded studies

Polly Curtis, health correspondent
The Guardian

Research into the health benefits of drinks including fizzy pop, juices and milk may be severely biased in favour of food industry funders, American doctors say today. A survey of research on the nutritional value of drinks found that studies funded entirely by food and drink companies were approximately eight times more likely to produce results favourable to their funders, compared with studies which had no industry funding.

The findings threaten to revive the row which started in the pharmaceutical industry about how independent scientists can be when they receive funding from a commercial source. The authors of the review of research conclude: "Industry funding of nutrition-related scientific articles may bias conclusions in favour of sponsors' products, with potentially significant implications for public health."

The researchers, based in Boston, reviewed 206 articles which examined the nutritional effects of drinks and found a "significant" bias towards positive results in the research which was funded by the food industry.

"Whereas bias in pharmaceutical research could have an adverse effect on the health of the millions of individuals who take medications, bias in nutritional research could have an adverse effect on the health of everyone," they said.

David Ludwig, lead researcher and specialist in childhood nutrition at the Children's Hospital in Boston, said: "We found that the industry-funded studies were up to eight times more likely to be positive than the publicly-funded ones. In the aggregate we now have evidence of a bias and that bias could have a substantial impact on human health."

The paper, which was published in the peer-reviewed public access journal PLOS Medicine, suggested that companies were more likely to sponsor research which would show their product in a good light; investigators might consider a question which would "sell" to the funders when starting a study; authors might be selective in what they include to meet their funders' agendas or may over- or under-represent findings accordingly.

But other scientists said that the high incidence of positive results in industry-funded research was because they were more likely to fund research that was useful to their aims.

Susan Jebb, a senior scientist at the Human Nutrition Research department at Cambridge University, which receives taxpayer funding via the Medical Research Council, said that industry funding was "essential" as long as there was a strong understanding that it did not influence the outcomes of the research.

"There isn't enough public funding around so we welcome industry funding to help. The public should be able to have faith in the scientists to do research properly and fairly," she added.


Rappelons une fois de plus que le mélange des genre n'est jamais bon en sciences. L'origine des fonds qui financent une étude scientifique fait partie des critères d'évaluation de la qualité de ces études. Le conflit d'intérêt est une des sources importantes de biais positif et de biais de publication.

14 septembre 2006

La rumeur, un obstacle à la vaccination dans certains pays en développement

KANO, Nigeria (AP) - Les équipes sanitaires internationales qui tentent de vacciner les populations des pays les plus pauvres ont à lutter contre la rumeur. Au Nigeria par exemple, nombreux sont ceux qui croient que ces vaccins ne serviraient qu'à stériliser les petites filles.

Outre les subventions à trouver, le matériel et le personnel, les équipes de vaccination ont à faire face à ces rumeurs qui se propagent au sein de populations vulnérables, et créent un obstacle aux campagnes sanitaires urgentes. Dans une bonne partie de l'Afrique, la croyance la plus largement répandue est que ces vaccins propagent le sida.

A Kano (Nigéria), la rumeur a vu le jour en 2003: les hommes politiques locaux de cet Etat du nord, qui a adopté la charia, déclarant que le vaccin contre la polio contenait des produits stérilisants, ont suspendu la vaccination pendant un an.

Depuis, les autorités sanitaires ont désespérément cherché à convaincre le gouvernement régional et la population de l'inocuité du vaccin.

Les craintes concernant le vaccin contre la polio ont été telles que les villageois ont même fui leurs maison quand les équipes de vaccination sont arrivées.

Le coût total de cette peur au Nigeria et dans les pays où la rumeur s'est répandue est de 200 millions de dollars. Et surtout, elle a fait perdre à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et à ses partenaires au moins deux ans sur la date prévue d'éradication de la polio, a déclaré le Dr David Heymann, responsable de l'éradication à l'OMS.

Au Nigeria, des mères ont essayé de faire croire aux soignants que leurs enfants avaient été vaccinés, en leur mettant du vernis à ongle sur les doigts, tentative pour imiter les marques d'encre témoins de l'immunisation des enfants lors des campagnes de vaccination.

Au Pakistan, une pétition a récemment été envoyée à la Haute Cour de Peshawar, demandant au gouvernement de mettre fin au programme d'éradication de la polio dont le coût s'élevait à 167 million de dollars. La pétition faisait référence aux documents nigérians selon lesquels le vaccin était sensé renfermer des oestrogènes. A Quetta, des équipes de vaccination ont par le passé été reçues à coups de pierre par la population locale.

Et au Kenya, les campagnes de vaccination contre la polio ont été compromises par la peur du démon: des parents ont exprimé leurs craintes de voir leurs enfants perdre la langue par magie, au moment où ils ouvraient la bouche pour boire le vaccin oral.

Une partie du problème, selon les experts, réside dans le fait que les personnels sanitaires ont mal informé les populations locales de ces pays pauvres des réels dangers du vaccin.

Mais pour Claire Hajaj, qui travaille sur le programme d'éradication de la polio à l'UNICEF, parler des risques de la vaccination à des populations illettrées et isolées n'est pas toujours possible. Selon elle, dans les régions touchées par différentes épidémies mortelles, il est même parfois difficile de leur faire comprendre l'intérêt de la vaccination.

"Nous nous rendons dans des familles qui n'ont ni électricité, ni sanitaires. Elles voient leurs enfants mourir du paludisme ou de diarrhées. Et on leur apporte un vaccin contre la polio dont elles n'ont pas besoin", a déclaré Michael Galway, responsable de la communication de l'UNICEF sur la polio en Inde.

Sans compter que les responsables sanitaires se gardent bien de parler du risque majeur du vaccin: attraper la polio, un accident qui survient une fois sur trois millions de doses. Pour les défenseurs de l'éthique médicale, cette omission est une erreur, compte tenu des difficultés dans ce domaine. "Il n'y a aucun motif à vouloir contrôler les maladies infectieuses si vous violez le droit et la dignité des communautés", a estimé le Dr Ross Upshur, spécialiste d'éthique médicale, Université de Toronto.


D'un côté les champions de la morale médicale et de l'autre des adversaires qui n'hésitent devant rien pour les salir. Etre les deux, le virus de la polio à de beaux jours devant lui.

31 août 2006

Alternative medicine doesn't exist and acupuncture is useless

HEALTHY DOUBTS, Wallace Sampson - While his views may not be popular in Northern California, Wallace Sampson, clinical professor emeritus of medicine at Stanford University and editor in chief of the Scientific Review of Alternative Medicine, is frank about his thoughts about alternative medicine. "It doesn't exist," he says. "We've looked into most of the practices and, biochemically or physically, their supposed effects lie somewhere between highly improbable and impossible."

Sampson has been invited by the Commonwealth Club to hold forth on one of the most popular alternative medical practices, acupuncture.

There are two major misconceptions about acupuncture, Sampson says, and both contribute to the misunderstanding of its worth as medical treatment. First, most people assume that it's an ancient Chinese cure that has existed, unchanging, for centuries. Not so, says Sampson, noting that "acupuncture was formalized in a complex way over the past 100 years, mostly in Europe and France and after the Communist takeover in China. Before that time there was no consistent formalization of acupuncture points or what each place was supposed to do. It was largely regional, and the thinking varied from city to city."

The other mistake people make about acupuncture, Sampson says, is that it offers specific cures. "It is nonspecific," Sampson says. "If it has the effect of, say, releasing endorphins through the application of needles, well, many things release endorphins -- a walk in the woods, a 5-mile run, a pinch on the butt."

Clinically, it has been shown that acupuncture can have counter-irritative effects. The basis for this is simple: If you have a headache and someone applies pressure through needles to your arms and neck, you get distracted from your headache. "It has no effect on disease process," Sampson says, "but it can affect perception of symptoms through these nonspecific devices, such as attention diversion or the desire of the patient to please the treater and feel benefits."

Sampson doesn't actually find acupuncture to be a very dangerous procedure -- although it is invasive, most people seek acupuncture for a known, nonserious disorder -- but he does say it's useless.

"I look at it this way: what if acupuncture didn't exist?" he says. "Would medicine or society be any worse off? If no one knew about it, nothing would change. You would still have ways to apply counter-irritation, through massage or rubbing."

But there are more dangerous aspects to the world of alternative medicine, Sampson says, starting with the wildly popular practice of chiropractics. In general, he says, one of the biggest problems with the whole notion of "ancient Chinese medicine" is that it falsely pits itself against "Western medicine." Sampson says these distinctions are useless; a more apt comparison, he says, would be ancient Chinese medicine to ancient European medicine, which share many similarities in their fundamental notions about how the body works. Western medicine, on the other hand, has grown up as the world rejected those ancient notions.

Sampson points to the Western ideal of "first do no harm" as a major difference in the approaches. "Some find Western medicine to be cold because there's no laying of hands on the body unless it's absolutely necessary," says Sampson. "But we took an oath. Physicians should not lay on hands or do something that doesn't accomplish its goal. Cracking a neck or a back, for instance, can do much more harm than good. You have to draw the line somewhere. "

20 janvier 2006

Publication scientifique : qui veut me relire ?

(Nouvel Obs) Le scandale qui a éclaté en Corée du Sud avec le Dr Hwang a jeté le doute sur l’efficacité des méthodes de relecture et de vérifications mises en place par les journaux scientifiques primaires. Ces journaux s’appuient sur des comités de lecture composés d’autres chercheurs (peer review) pour valider les résultats soumis par les auteurs d’un article. Dans la foulée de Hwang, un autre chercheur vient d’avouer sa fraude : le Norvégien Jon Sudbø avait inventé ses données pour une étude sur le cancer parue en octobre dernier dans The Lancet.

Ce chercheur d’Oslo a créé les 900 personnes de la cohorte, leur histoire et les effets de médicaments anti-inflammatoires sur la survenue d’un cancer de la bouche. C’est une épidémiologiste de l’institut national de santé public de Norvège qui a découvert le pot aux roses. Comme les éditeurs de Science, contraints de rétracter les deux papiers de Hwang, les responsables du Lancet rappellent que le système de relecture est efficace pour écarter des travaux mal faits mais pas pour détecter une fraude intentionnelle et bien troussée.

Les revues primaires ne peuvent pas pour autant faire l’économie d’une révision de leurs méthodes. Dans son édition publiée aujourd’hui, Nature propose des modifications pour évaluer les travaux scientifiques, notamment dans le domaine du clonage. Dans le cas de Hwang, la revue a demandé à un scientifique indépendant de mener les analyses permettant de vérifier que le chien Snuppy avait bien été cloné. Faut-il étendre ce type de procédure ? Nature craint que les contraintes pèsent lourd sur la recherche pour un nombre de cas de fraude finalement peu important. La revue conclut son éditorial en appelant de ses vœux suggestions et discussions.

Cecile Dumas

29 décembre 2005

Fraudes et bidonnages: la recherche victime de la course aux publications

PARIS (AFP) - L'histoire de la recherche a été parsemée de fraudes et autres impostures. Un phénomène probablement irréversible, les scientifiques étant soumis à une pression toujours plus grande pour publier des avancées majeures, sous peine de voir coupées leurs sources de financement."Publish or perish !" ("publier ou mourir !"): bien des carrières de scientifiques tiennent à la fréquence de leurs publications dans des revues prestigieuses, comme l'américaine Science ou la britannique Nature.
Toutes les grandes institutions de recherche, y compris celles à financement public, tiennent un décompte statistique des publications de leurs employés pour déterminer leur rang dans la communauté scientifique mondiale.
C'est dans Science que le chercheur sud-coréen Hwang Woo-suk a présenté les travaux sur le clonage humain qui auraient pu lui valoir un prix Nobel... Si leurs résultats ne s'étaient pas révélés largement falsifiés.
Dans les années 90, Hendrick Schön, auteur de 16 articles parus dans des publications prestigieuses en l'espace de deux ans, paraissait parti pour révolutionner le domaine des matériaux supraconducteurs. Avant que ce chercheur des laboratoires américains Bell ne soit démasqué comme un simple imposteur.
Plus tôt, en 1912, le paléontologue britannique Arthur Smith Woodward avait dévoilé à la communauté scientifique les restes du "premier Européen". "L'homme de Piltdown" était un faux, associant le crâne d'un homme moderne à la mâchoire d'un grand singe, probablement un orang-outang.
D'autres "causes célèbres" sont plus des controverses que des fraudes délibérées, comme la fusion nucléaire "froide" des Américains Stanley Pons et Martin Fleischmann que jamais d'autres équipes n'ont pu rééditer.
Jacques Benveniste, personnalité de la recherche médicale française, est mort persuadé d'avoir raison sur la "mémoire de l'eau" qui aurait donné une explication scientifique à l'homéopathie. Publiés à grand bruit par Nature en 1988, ses travaux ont été démolis par la même revue.
Une étude menée auprès de 3.200 scientifiques américains et publiée en juin dans... Nature révélait que 0,3% des chercheurs interrogés avaient délibérément truqué le résultat de leurs recherches au cours des trois années précédentes. La proportion montait jusqu'à 15,5% (20,6% pour les chercheurs en milieu de carrière) lorsqu'on leur demandait s'ils avaient modifié leur méthodologie "à la suite de pressions exercées par une source de financement".
"Nous sommes préoccupés par la perception qu'ont les scientifiques du processus de distribution des crédits", soulignaient les auteurs, en mettant en cause les mécanismes de la publication scientifique, ainsi que de l'attribution des bourses et des postes de chercheurs.

23 décembre 2005

Cellules souches: le Pr Hwang a bien falsifié ses résultats

SEOUL (AP) - Hwang Woo-suk a menti. Après la publication d'un rapport d'experts mettant en cause les résultats d'au moins neuf des 11 lignées de cellules souches qu'il affirmait avoir créées à partir d'embryons humains obtenus par clonage, le célèbre scientifique sud-coréen a présenté ses excuses et démissionné de son poste universitaire, vendredi.
"Je présente mes excuses sincères pour avoir provoqué choc et déception", a dit Hwang aux journalistes alors qu'il s'apprêtait à quitter son bureau de l'université nationale de Séoul. "Comme symbole de ces excuses, je quitte mon poste de professeur de l'université nationale de Séoul".

"Ce genre d'erreur est un acte grave qui nuit aux fondations de la science", avaient auparavant estimé des experts de l'université nationale de Séoul dans leur rapport accablant. Les premières conclusions rendues par ce panel viennent confirmer les accusations d'un ancien collaborateur du Pr Hwang, qui a affirmé la semaine dernière que le célèbre scientifique avait falsifié neuf résultats sur onze.

Dans un article publié en mai par la revue "Science", le Pr Hwang Woo-suk avait affirmé avoir créé par clonage des cellules souches pour 11 patients, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour les thérapies adaptées à des maladies difficilement soignables.
L'avancée avait été unanimement saluée, mais les accusations d'un de ses anciens collaborateurs, Roh Sung-il, ont jeté la semaine dernière le Pr Hwang dans la tourmente. La création d'un panel d'experts de l'université nationale de Séoul -où travaillait Hwang- a alors été décidée pour enquêter sur l'affaire.

Dans son premier rapport remis vendredi, ce panel affirme avoir découvert que "les données de laboratoire pour 11 lignées de cellules souches rapportées dans l'article de 2005 (dans "Science") avaient toutes été obtenues en utilisant seulement deux lignées de cellules souches".
Selon les experts, pour parvenir à de faux résultats d'ADN censés montrer une correspondance, l'équipe de Hwang a réparti les cellules d'un patient dans deux tubes à essai lors de l'analyse, plutôt que de comparer les cellules clonées avec les cellules originelles du patient.
"Au vu de ces faits, les données rapportées dans l'article de 'Science" en 2005 ne peuvent pas provenir d'une simple erreur et ne peuvent être vues que comme une fabrication délibérée visant à faire croire à l'existence de 11 lignées de cellules souches en utilisant seulement les résultats de deux", explique le rapport du panel.

Il précise également que des analyses d'ADN attendues dans quelques jours diraient si les deux lignées de cellules souches restantes ont oui ou non été clonées avec succès à partir d'un seul patient.

A la lumière de ces révélations, les experts ont annoncé vendredi qu'ils allaient désormais enquêter sur d'autres articles rédigés par le Pr Hwang: l'un publié dans "Science" en 2004 sur les premiers embryons humains clonés, et un autre paru en août 2005 dans "Nature" sur le premier chien cloné.

Les deux revues ont déjà entamé des investigations sur ces deux papiers. "Science" l'a également fait pour l'article sur les cellules souches datant de mai 2005.
Le doyen du département de recherche de l'université nationale de Séoul a, lui aussi, pointé vendredi les torts de Hwang Woo-suk. "Il n'y a aucun moyen que le Pr Hwang n'ait pas été impliqué", a déclaré Roe Jung-hye lors d'une conférence de presse, ajoutant que Hwang "l'avait plus ou moins admis".

Tout en promettant des preuves sur la validité de ses recherches, Hwang Woo-suk avait en effet présenté vendredi dernier ses excuses pour des "erreurs fatales et des lacunes dans la façon de rendre compte de l'avancée scientifique" réalisée. Il avait demandé à la revue "Science" de retirer l'étude publiée en mai dernier