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07 juin 2007

Des sectes derrière un parti français qui présente 475 candidats

Agence France-Presse

Paris -- Le président de la commission d'enquête parlementaire sur les sectes en France a dénoncé jeudi «les liens» existant entre un parti qui présente 475 candidats aux législatives et des sectes comme la scientologie, les raéliens, Moon ou l'Ordre du temple solaire (OTS).

«Je tiens à informer l'opinion et les électeurs des liens existants entre le parti "France en action", qui présente des candidats dans la quasi totalité des circonscriptions françaises, avec des organisations à caractère sectaire tels que l'OTS (Ordre du temple solaire), le mouvement raélien, la scientologie, la kinésiologie, Moon et Krishna», a déclaré à l'AFP Georges Fenech, député du parti de droite UMP.

La «France en action, dirigée par Jean-Marc Governatori, ancien chef d'entreprise, est l'émanation de plusieurs mouvements sectaires», a-t-il affirmé, à quatre jours du premier tour des législatives.

M. Fenech a identifié plusieurs candidats de ce parti qui ne sont que des «faux nez de sectes».

Ainsi, à Lille (nord), Thierry Beccourt, président de la Coordination des associations de particuliers pour la liberté de conscience, représente selon M. Fenech la scientologie.

Le député, également magistrat, souligne que «ce n'est pas la première fois que les sectes utilisent le financement des partis politiques à l'occasion des élections».


Les thèmes soutenus par Governatori sont typiquement ceux que développent ces groupes à caractères sectaires, notamment les théories fumeuses des adeptes de l'anti-vaccination.

30 mai 2005

Deux parents et trois médecins jugés pour la mort d'un enfant malnutri

QUIMPER (AFP) - Le procès de deux parents adeptes de la kinésiologie accusés d'être responsables du décès de leur dernier enfant par malnutrition, ainsi que de trois médecins poursuivis pour non assistance à personne en danger s'est ouvert lundi devant la cour d'assises du Finistère.
Ronan Boucher, 45 ans, et son épouse Pascale Durand, 46 ans, qui contestent leur responsabilité et comparaissent libres, encourent une peine maximale de trente ans de réclusion pour "privation de soins ou d'aliments suivie de mort d'un mineur de 15 ans par ascendant". De leur côté, les médecins sont passibles d'une peine de 5 ans de prison.
Le 12 novembre 2000, Kerywan, 16 mois et demi, mourait au domicile familial de Moëlan-sur-Mer (Finistère), avec un poids de six kilos, soit celui d'un enfant de quatre mois. Les experts devaient déceler une carence nutritionnelle "importante et chronique" imputable selon eux à un régime alimentaire sans protéine animale ni supplément vitaminique. L'enfant était depuis sa naissance allaité par sa mère adepte d'un régime végétalien.
La justice reproche au couple, déjà parent de trois filles, d'avoir privé de soins son dernier enfant non pas par négligence ou imprudence mais au nom de "conceptions idéologiques" inhérentes à la pratique de la kinésiologie, technique psycho-corporelle développée dans les années 60 aux Etats-Unis.
Présentés comme "enseignants indépendants", les deux époux, de formation scientifique supérieure, avaient créé une "école d'enseignement complémentaire à la kinésiologie" à Moëlan-sur-Mer. Ils sont l'auteur de plusieurs brochures, dont une notamment sur la nutrition.
Niant tout lien de causalité entre leur comportement et le décès de l'enfant, ils ont réclamé en vain un non-lieu devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes.
L'enquête menée par les experts a par ailleurs révélé que l'enfant aurait pu être sauvé "jusqu'au dernier moment", ne serait-ce que par une hospitalisation d'urgence, d'où une mise en cause de trois médecins qui n'ont pas alerté les autorités sur l'état de santé de plus en plus critique du petit garçon.
En mai 2000, sept mois avant sa mort, Kerywan avait été traité par un de ces médecins pour des vomissements. Trois mois plus tard, un autre médecin associé au premier renouvelait le traitement: à l'issue de la consultation, il inscrivait dans le dossier de l'enfant la mention "privation de soins et inconscience des parents, enfant en danger", mais n'alertait pas les autorités.
Une même inertie est reprochée au médecin traitant de la famille, qui aurait reçu sans réagir un fax de la famille contenant des informations "précises, importantes et alarmantes" à propos de l'état de santé de l'enfant. Les débats doivent durer cinq jours.
L'Union nationale des associations pour la défense des familles et de l'individu (UNADFI) spécialisée dans la lutte contre les phénomènes sectaires s'est portée partie civile dans cette affaire, ainsi que La Voix de l'enfant, fédération d'associations pour la protection des enfants en France et dans le monde.


Les parents sont ici au premier rang des victimes de leur aveuglement. Ce n'est pas toujours le cas, comme nous l'avons vu pour l'affaire du vaccin contre la polio.