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21 avril 2010

Exercices d’entraînement cérébral : ils n’amélioreraient pas le QI

Grande-Bretagne - Selon une étude de la prestigieuse université de Cambridge, les exercices d'entraînement cérébral n'amélioreraient pas le quotient intellectuel, contrairement à ce qui est annoncé dans les publicités vantant ces produits.

Des icônes comme Nicole Kidman ont peut-être été utiles pour faire décoller les ventes des divers jeux d'entraînement cérébral, mais il semble que ces derniers ne contribuent pas, pour leur part, à faire décoller le QI des joueurs.En effet, même si les utilisateurs deviennent de plus en plus rapides, les chercheurs affirment que cet "entraînement" n'aide pas à lutter concrètement contre l'affaiblissement du cerveau, et notamment contre la maladie d'Alzheimer. Dans le cadre d'une émission de télévision britannique, 11.000 personnes âgées de 18 à 60 ans et en bonne santé ont ainsi été soumises à des tests de mémoire. Une partie des participants devait pratiquer des exercices d'entraînement cérébral trois fois par semaine, pendant au moins dix minutes. Les autres répondaient à des questions de culture générale en surfant sur le net.Au bout de six semaines, tous ont à nouveau été soumis aux tests de mémoire. Les deux groupes ont obtenu quasiment les mêmes résultats, ceux qui ne s'étaient pas exercés pouvaient même faire mieux que les entraînés. D'après les experts, conserver ses aptitudes cérébrales passe avant tout par une bonne alimentation et un mode de vie sain. L'étude est publiée dans la revue Nature.


Aussi récréatifs que soient ces gadgets, ce ne sont pas 10 minutes d'entraînement par jour qui rendront quelqu'un plus intelligent.

27 mars 2009

Sida : l'évêque d'Orléans met en cause la fiabilité du préservatif

LePoint.fr

La polémique autour de la position de l'Église catholique vis-à-vis du préservatif continue. Quelques jours après que le pape eut déclaré que l'on ne pouvait pas régler le problème du sida "avec la distribution de préservatifs", l'évêque d'Orléans, Mgr André Fort, laisse, cette fois, entendre que le préservatif n'est pas efficace pour empêcher la transmission du virus. Lire la suite l'article

"Il y a écrit sur les boîtes de cigarettes : danger . On devrait mettre sur les boîtes de préservatifs : fiabilité incomplète. Vous le savez très bien, tous les scientifiques le savent : la taille du virus du sida est infiniment plus fine que celle d'un spermatozoïde. La preuve est faite que le préservatif n'est pas une garantie à 100 % contre le sida", a indiqué l'évêque au micro de France Bleu Orléans.

"Le virus ne passe pas à travers la paroi du préservatif", a pourtant précisé le docteur Philippe Arsac, du Réseau sida du Loiret. Les propos de l'évêque relèvent d'un "discours qu'on entend depuis longtemps, mais qui ne s'appuie sur aucun raisonnement scientifique valable", a-t-il martelé. "Les préservatifs vendus en France doivent avoir la norme NF. Leur qualité a été contrôlée", a rappelé le médecin.


Pour voir certaines des photos déjà envoyées : http://www.zigonet.com/fant%f4me/ces-mysterieuses-photos-de-fantomes-auront-bientot-une-explication-logique_art4476.html


Le nombre de sophismes employés par l'évêque d'Orléans dans ces courtes phrases est impressionnant. Appel à l'autorité scientifique, le non-sequitur entre la finesse du virus et la perméabilité du latex, vont faire rire (jaune) dans les chaumières médicales. Alors, disons-le bien haut: le préservatif ne protège pas contre le SIDA, surtout si on oublie d'en mettre, s'il craque ou si on le met à l'index ! Dans les autres cas d'usage, la protection approche de très près les 100%.

12 mars 2009

Le canular de Steorn

Le 20 Août 2006, Sens Commun publiait la nouvelle, annoncée par la société irlandaise Steorn, concernant le développement d'un dispositif d'énergie "gratuite", et proposant un "défi" aux scientifiques de venir voir le 'prodige' de leurs yeux.
De nombreux scientifiques, incrédules, ont alors répondu à l'appel.

Plus de deux ans plus tard, toujours rien. Aucun scientifique n'a validé les 'découvertes' de Steorn. Pire, le site de Steorn montre un énorme "trou" de news entre 2007 et le début 2009.

Il est donc maintenant clair qu'il s'agissait d'un simple canular, comme on pouvait le croire dès le départ. Le système utilisé ressemble à une méthode propagandiste : faire un grand bruit lors de l'annonce d'un produit ou d'un fait prétendûment exceptionnel, attendre de nombreux mois pour faire retomber l'effet d'annonce et faire en sorte que les démentis finaux passent inaperçus. En attendant, on joue avec l'argent gagné sur l'effet d'annonce et ne jamais rendre d'argent aux gogos qui ont pu en verser dans l'espoir de la richesse ou de la célébrité.

Rien de nouveau sous le soleil de la pseudo-science.

05 mars 2009

Principe de précaution


Ca n'aura pas tardé ! Quelques mois après l'insertion du "principe de précaution" comme principe légal dans notre pays, les charognards pseudo-scientifiques viennent se repaître de la carcasse encore fumante de la science. Le "ressenti" et les certificats médicaux de complaisance, érigés au statut de preuve légale, peuvent maintenant avoir raison de toutes les études scientifiques et de toutes les avancées techniques.

Depuis de nombreuses années, les antennes-relais et leurs ondes électro-magnétiques ont fait l'objet d'études scientifiques. Les conclusions sont claires sur leur totale innocuité, ce qui n'est pas forcément le cas pour la téléphonie portable et les émissions des téléphones. Or, supprimer des antennes-relais implique de plus fortes émissions de la part des téléphones portables, pour pouvoir se connecter. La suppression d'antennes-relais pourrait donc avoir exactement l'effet inverse de celui espéré sur la santé publique.

La non-compétence des juges en matière scientifique, et leur ignorance des principes de la pseudo-science ne leur permet pas de prendre position. Pourtant, ils peuvent faire un "pari de Pascal" anti-science: s'ils donnent raison aux anti-tout, ils se débarassent d'un problème légal et peuvent s'occuper de choses plus intéressantes. S'ils donnent raison aux scientifiques, un autre pseudo-scientifique viendra demain et inlassablement, dépenser le temps et l'argent de la communauté, jusqu'à ce qu'il obtienne raison. Alors autant céder et passer à autre chose, jusqu'à ce que le droit leur permette de résister au raz-de-marée provoqué par l'insertion du "principe de précaution".
Examinons les conséquences de ces décisions anti-antennes...

La vaccination, bien que considérée comme inoffensive par toutes les études scientifiques, est aussi ressentie par une minorité de sectaires anti-vaccination comme un danger. Faut-il la laisser au bon vouloir des croyances irrationnelles des parents ?

Les ordinateurs comportent également de nombreux polluants et émettent des ondes du même type (bien que beaucoup plus faibles) que celles des téléphones portables. Faut-il aussi interdire le WiFi et pourquoi pas carrément, les ordinateurs ? Il y a quelques mois, l'implantation du WiFi dans des bibliothèques de la Ville de Paris avait généré des manifestations psycho-somatiques ou plus probablement mensongères de maux de têtes allégués par le personnel municipal.
La télévision numérique aussi est sur la sellette. Bien qu'on ait pas recensé plus de cancers au pied de la tour Eiffel que partout ailleurs en Ile de France, faut-il aussi l'interdire ?

La roue elle-même n'est elle pas dangereuse ? De nombreuses personnes sont mortes pour être passées sous les roues d'un char à boeufs ! Même si les enquêtes scientifiques pointent la responsabilité du conducteur, peut-on ignorer le risque que les roues elles-mêmes soient à la base de ce problème ?

Alors, on peut se demander: le principe de précaution est-il dangereux ? Lorsque les anti-science auront fait supprimer, les antennes-relais, les ordinateurs, la télévision, la vaccination et la roue, ne risque-t-on pas de perdre toute compétitivité économique, sanitaire, technique et scientifique ? En entraînant ansi un cortège de morts, de malheurs et de misère.

Sera-ce suffisant pour qu'un juge déclare le démantèlement du "principe de précaution" ? Au nom de ce principe.

04 mars 2009

Les risques des antennes de téléphonie mobile - Mise au point


Le 16 février 2009
, un opérateur de téléphonie mobile a été condamné par le Tribunal de grande instance de Carpentras à démonter une antenne-relais à Châteauneuf-du-Pape ; le 4 février 2009, un autre opérateur de téléphonie mobile avait été condamné par la Cour d’appel de Versailles à démonter une antenne à Tassin-la-demi-lune. Dans les deux cas, la justice a tranché en faveur des particuliers, au nom du principe de précaution

L’Académie nationale de Médecine rappelle les données scientifiques suivantes :


- Les antennes de téléphonie mobile entraînent une exposition aux champs électromagnétiques 100 à 100.000 fois plus faible que les téléphones portables : être exposé pendant 24 heures à une antenne à 1 volt par mètre donne la même exposition de la tête que de téléphoner avec un portable pendant 30 secondes.

- On ne connaît aucun mécanisme par lequel les champs électromagnétiques dans cette gamme d’énergie et de fréquence pourraient avoir un effet négatif sur la santé. L’OMS[1] et le Scenihr[2] se sont prononcés unanimement sur l’absence de risque de ces antennes.

- A ce jour, aucun système sensoriel humain permettant de percevoir ce type de champ n’a été identifié. C’est pourquoi la quasi-totalité des études sur l’électro-hypersensibilité ont montré que les sujets concernés, bien que manifestant des troubles variés en présence de dispositifs émetteurs de champs électromagnétiques, sont incapables de reconnaître si ces dispositifs sont actifs ou non.

- L’angoisse ou la phobie en présence d’émetteurs de champs électromagnétiques peuvent être réelles et justifier une prise en charge adaptée. Mais l’Académie déplore que ces troubles, pouvant entraîner de graves handicaps sociaux, soient utilisés à des fins contestables au détriment des intéressés. En revanche, elles rappellent que les téléphones mobiles, et donc les antennes, permettent de sauver chaque année des centaines de vies humaines.

L’Académie nationale de Médecine s’étonne :

- qu’une décision de justice ait pu ne retenir, parmi l’ensemble des études disponibles sur le sujet, que celles allant dans le sens du plaignant. Par exemple le rapport BioInitiative, pourtant récusé par des autorités légitimes en la matière comme le Health Council des Pays Bas [3] ;

- que l’arrêt de la Cour d’Appel de Versailles puisse s’appuyer sur une erreur scientifique manifeste en prenant en compte le « risque démontré » de champs d’extrêmement basse fréquence émis par ces antennes. En réalité, d’une part les antennes de téléphonie mobile émettent exclusivement en haute fréquence ; d’autre part, le risque d’exposition aux champs d’extrêmement basses fréquences n’est pas considéré par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) comme démontré.

L’Académie nationale de Médecine s’inquiète pour la santé publique :

- La prééminence du « ressenti » du plaignant, si elle fait jurisprudence, remet en cause les fondements mêmes de l’expertise scientifique et médicale, au risque de laisser la porte ouverte à des décisions lourdes de conséquences en matière de santé publique.

- Une telle utilisation dévoyée du principe de précaution[4] risque de conduire à une quête illusoire du « risque zéro », source d’erreurs, de retards et de dysfonctionnements du système de santé.

L’Académie nationale de Médecine renouvelle sa mise en garde contre une interprétation subjective du principe de précaution. Elle recommande en conséquence que ce soit au législateur de préciser les modalités de son application, en particulier en ce qui concerne le développement des nouvelles technologies.

L’Académie nationale de Médecine, l’Académie des Sciences et l’Académie des Technologies ont mis en place un groupe de travail pour examiner les questions que pose cette actualité judiciaire.


[1] Organisation Mondiale de la Santé. http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs193/fr/
[2] Commission européenne. Scientific Committee on Emerging and Newly Identified Health Risks : Health Effects of Exposure to EMF. 19 janvier 2009.
[3] « le Comité conclut que le rapport BioInitiative n’est pas un reflet objectif et équilibré des connaissances scientifiques disponibles » . The Minister of Housing, Spatial Planning and the Environment. Publication 2008/17E du 2/9/2008
[4] en droit, le Principe de précaution résulte du droit communautaire et de la Charte constitutionnelle de l’environnement

23 novembre 2008

Brain exercises are 'waste of time'

Paul Kelbie
The Observer

Professor says that nobody should be fooled by 'dangerous' myths about boosting creativity.

Brain exercises, such as those taught to thousands of schoolchildren or advertised on television to adults as a way to prevent dementia, are a waste of time and money, a neuroscientist has claimed.

An award-winning Scottish professor says measures such as breathing through the left nostril, drinking water to increase oxygen supply to the brain, drinking red wine to fend off dementia or listening to classical music to boost performance are little more than myths. Sergio Della Sala has done more than 20 years' research on the brain.

The Professor of Human Cognitive Neuroscience at the University of Edinburgh will next month attempt to expose many of the most common myths in a speech at the university's inaugural Christmas Lecture, when he will become the first recipient of the Tam Dalyell Prize for Excellence in Engaging the Public with Science.

'There are all kinds of myths that surround the brain. Some are passed on in good faith, some are funny and have been made up by pranksters, while others are designed with commercial reasons in mind - these are the most dangerous,' said Della Sala.

He is especially critical of exercises taught to children, which he claims have no bearing on how the brain works and won't improve students' performance.

'Despite how ridiculous many of these exercises are, this is no laughing matter,' argued Della Sala. 'Some of the exercises are so simplistic you wonder whether we have lost our capacity for critical thinking when it comes to education. One of the exercises involves asking kids to breathe through the left nostril so that the air goes up into the right hemisphere and stimulates the right side of the brain to make the kid more creative,' he said.

'A tiny problem in this thinking is that air goes down to the lungs rather than up to the brain. So I think it is safe to say that you can't stimulate the right side of your brain by breathing through your nostril. Besides the idea that the right side of the brain is the creative side is utter nonsense.'

While the brain does have two hemispheres that do different things, the professor said there was no scientific reason to believe that one side is more creative than the other.

He said another popular misconception that had become accepted as fact was that the drinking of water stimulates the brain by allowing it to absorb more oxygen.

'Luckily enough, water never goes up into the brain because if it did we would die,' said Della Sala. 'As for classical music making you cleverer, there is no evidence, and yet it has become a fact in the minds of people.' The professor says his aim is to encourage the public to hold up false statements to proper scrutiny.

'There are advertisements for games which claim they can make your brain perform like a younger person's or you can prevent dementia by gulping down gallons of red wine. Unfortunately these quick fixes just aren't true.

'Another typical myth is that we only use 10 per cent of our brains. Logically that means we can afford to lose the other 90 per cent, but if that was true people who suffer a stroke or head injury wouldn't have any problems. We send teachers on courses to find out how to teach preposterous exercises to children based on flim-flam evidence at a cost of thousands of pounds.

'A lot of these myths take a little bit of science to the extreme, so that the logic disappears. Sometimes this happens in good faith, sometimes it's for fun, and sometimes it's because people make money. Neuroscience has become a popular way for people to make wild irrational claims, and I'm looking to have a go back at these lies.'

16 octobre 2008

La crise financière mondiale était inscrite dans les astres

Pour l'astrologue-financier indien Raj Kumar Sharma, la déconfiture financière mondiale était inscrite dans les astres. C'est même le combat entre Saturne et le Lion qui a précipité la faillite de la banque américaine Lehman Brothers.

Depuis Bombay, la capitale économique de l'Inde, M. Sharma s'est bâti une jolie réputation en prédisant les évolutions des indices boursiers de New York, Londres ou Tokyo en fonction de l'alignement des planètes.

Et n'allez pas chercher d'explications rationnelles à la crise bancaire internationale, assène le devin de 48 ans: "Le Lion est le signe zodiacal du Soleil et le Soleil symbolise le père dans l'astrologie indienne", explique doctement M. Sharma.

"Mais le fils du Soleil, Saturne, ne s'entend pas avec son père. Dès qu'ils sont en contact, ils se chamaillent et mettent les marchés en péril", poursuit-il.

A la fin avril, Saturne est rejoint dans la constellation du Lion par Ketu, une "planète fantôme" de la mythologie hindoue représentant l'échec et le manque de richesses. Saturne et Ketu s'affrontent alors comme des "dragons" et M. Sharma voit poindre la bourrasque financière. Fin juin, l'arrivée de "Mars en Lion", selon l'expression des astrologues, attise les flammes de la déroute qui s'annonce sur les marchés financiers.

Mais la première grande victime bancaire tombe en septembre lorsque Saturne retrouve le Lion." C'est pour cela que Lehman Brothers a dégringolé", assure M. Sharma, à propos de la banque d'affaires américaine qui a fait faillite il y a un mois.
L'astrologie védique sert à presque tout en Inde: du choix du prénom d'un nouveau-né aux décisions de déménager ou d'ouvrir un bureau.

"Nous, les astrologues indiens, pensons que tout est influencé par l'énergie cosmique et les étoiles", rappelle M. Sharma, qui fournit depuis 16 ans des horoscopes aux opérateurs boursiers de Bombay. "Vous ne pouvez pas échapper au froid de la Lune ou à la chaleur du Soleil. Vous ne pouvez donc pas échapper à l'influence de Jupiter, Saturne, Mercure ou Vénus", avance-t-il.
Christopher Kevill, rédacteur d'une chronique sur l'astrologie financière dans le journal indien Daily News and Analysis croit aussi aux liens très forts entre le positionnement des planètes et les aléas des Bourses.

"Les gens ont des horoscopes. Les entreprises et les actions boursières aussi", a-t-il répondu par courriel depuis Toronto au Canada.

Et la tourmente boursière actuelle se lisait dans les astres, confirme-t-il.
"Par exemple, lorsque Saturne est à 150 degrés d'une autre planète, nous sommes dans un état d'incertitude voire de crainte", dit-il.

Les deux astro-financiers sont bien pessimistes pour l'avenir.

"Le rebond des Bourses va faire long feu et les marchés vont replonger", pronostique M. Kevill. "La crise va continuer pendant deux ou trois ans", prédit même M. Sharma. "D'ici à 2010, je vois les marchés 50% plus bas que leurs niveaux actuels", renchérit son confrère.


Il en fallait un, le voila ! On l'attendait plutôt du côté de l'astrologue suisse, il est indien. En tout cas, attendons-nous à ce que toutes les pseudosciences ésotériques y aillent de leur petite explication a postériori, car une prédiction précise eut été beaucoup plus aléatoire. En tout étant de cause, et pour paraphraser Voltaire "un astrologue ne saurait toujours se tromper", car où que ce soit dans le monde, il y aura toujours, quelque-part, une "crise" à prévoir.

25 juillet 2008

La «mémoire de l’eau» a 20 ans

Canoë

L’été 2008 marque l’anniversaire d’une des recherches scientifiques les plus controversées des dernières décennies. Il y a 20 ans, au cours de l'été 1988, la revue Nature publiait un article dans lequel l’équipe de scientifiques français que dirigeait Jacques Benveniste affirmait que l’eau peut mémoriser des événements longtemps après que toute trace de ceux-ci soit évanouie.

La controverse fut si grande qu’elle est à l’origine de ce qui, quelques années plus tard, valut au célèbre médecin et immunologiste français son éviction de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM)

Controverse

La fameuse «mémoire de l’eau», fut baptisée ainsi par les médias qui firent écho aux recherches que Benveniste entreprit à partir de 1984 alors qu’il travaillait pour les laboratoires Boiron.

En juin 1988, lorsque John Maddox, rédacteur en chef de Nature, décida de publier l’article de Benveniste, il a vite compris que cette recherche allait provoquer l’ire du milieu scientifique. Pour protéger sa crédibilité éditoriale de l’agitation médiatique qu’il pressentait, Maddox ajouta à l’article du chercheur français, une mention de non-responsabilité semblable à celle qui accompagne l’article sur les pouvoirs surnaturels de Uri Geller que fit paraître également le magazine scientifique.

Malheureusement pour Benveniste, les chercheurs qui ont tenté par la suite d’établir la preuve que les molécules d’eau conserveraient le souvenir des éléments chimiques avec lesquels elles ont été en contact en sont venus à la conclusion que les résultats qu’avait obtenus en laboratoire le scientifique français n'étaient pas fiables.

Parce qu’il considérait l’eau comme un liquide intelligent, Benveniste s’est mérité en 1991, le premier Prix Ig Nobel décerné chaque année par l'université Harvard et la revue humoristique en science Annals of Improbable Research.

De la mémoire de l’eau à la biologie digitale

Bien qu’exclu de l’INSERM en 1995, Benveniste continua ses recherches et créa, à la fin des années 1990, le laboratoire DigiBio (fermé depuis 2001). Il affirma alors que non seulement l’eau avait une mémoire, mais que cette mémoire pouvait être numérisée, transmise par téléphone et Internet et réintroduite ensuite dans un nouvel échantillon d'eau. Cette autre théorie lui a valu en 1998 un deuxième Prix Ig Nobel.

Intéressée par les assertions de Benveniste, la US Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) a vérifié en laboratoire les expériences effectuées pas DigiBio. L’agence est parvenue à la conclusion suivante: «Notre équipe n'a trouvé aucun effet reproductible de signaux numériques dans l’eau.»

Si de nombreux points d'interrogation demeurent à propos des théories de Benveniste, il ne fait pas de doute qu’elles fascinent toujours 20 ans plus tard.


Le seul véritable point d'interrogation qui subsiste sur le sujet est de savoir pourquoi un scientifique du niveau de Benveniste s'est enfermé dans cette voie sans issue et s'est obstiné en dépit de toutes les preuves à charge.
On peut néanmoins prédire à la "mémoire de l'eau" une longue vie artificielle: l'astrologie, pseudo-science morte il y a des siècles, continue de fasciner les plus crédules d'entre nous.

06 juillet 2008

Quand la publicité avance masquée sur internet


Quelques grains de maïs qui se transforment en pop corn sous l'effet des ondes de téléphones portables : cette vidéo truquée de quelques secondes, déjà visionnée par 15 millions d'internautes, est le dernier exemple marquant d'une publicité déguisée.

Les ingrédients du succès sont simples : au moment où les effets supposés nocifs des mobiles inquiètent les consommateurs, cette vidéo «pop corn» a intrigué, alarmé ou amusé les internautes qui l'ont donc diffusée à leur entourage et ont ainsi contribué au succès de la publicité d'une société fabriquant des oreillettes.Cette technique publicitaire, appelée marketing viral, s'appuie sur un principe: de cible, l'internaute devient relais gratuit du message publicitaire et les annonceurs comptent sur l'effet démultiplicateur d'internet.

«Pour nous, c'est un succès incroyable. Nous ne pensions pas réussir un tel buzz», a avoué Frédéric Chast, concepteur de cette campagne virale. «Et pour notre client Cardo, c'est également une réussite intégrale : pour pas très cher (environ 90.000 euros, ndrl), la vidéo a touché énormément de monde».

L'an passé, pour le lancement de la nouvelle formule de l'hebdomadaire Choc, l'agence Buzzman avait elle réalisé une fausse vidéo du dérapage de Jean-Luc Delarue dans un avion. En moins de 24 heures, cette vidéo est devenue culte et par la suite l'audience du site du magazine a bondi de 250% par jour.

«Avec l'internet à haut débit, l'explosion du web 2.0 et la multiplication des sites participatifs (YouTube, Dailymotion, Facebook...), le marketing viral prend une place de plus en plus importante et permet un retour sur investissement plus intéressant pour les marques», explique Nicolas Tracz, consultant en stratégie marketing.

Internet est ainsi un amplificateur très puissant qui peut permettre à une marque d'émerger, d'autant plus que les internautes sont moins méfiants quand les vidéos sont recommandées par des amis.

Mais avant d'atteindre le grand public, les agences marketing effectuent un véritable travail de ciblage. «A la différence des campagnes dans les médias traditionnels, c'est une fois la campagne lancée que le plus dur reste à faire», indique Emmanuel Vivier de Culturebuzz, spécialisée dans le marketing viral.

En fonction de la campagne, il est pour les agences primordial de bien choisir leurs premiers relais. Les webmasters, les présidents d'associations étudiantes, les blogueurs influents sont des cibles de choix pour être le premier maillon de la chaîne.

«Le plus difficile est de convaincre les blogueurs qui sont les plus méfiants. Mais, si eux marchent, alors, derrière le grand public s'engouffre et la propagation prend un tour exponentiel», détaille M. Chast.

Ensuite, les agences qui suivent quasiment heure par heure la diffusion de la vidéo, peuvent relancer les envois par mails et poster eux même des commentaires sur les sites pour «faire du bruit» autour de la vidéo.

Autre point intéressant de cette technique virale pour les annonceurs : la durée de vie de ces publicités par rapport aux campagnes classiques. Une vidéo peut ainsi être vue des mois après son lancement et l'on peut sur internet connaître, dans le détail, le nombre de personnes que la publicité a touchées.

Toutefois, les annonceurs se font parfois prendre à leur propre «jeu» : l'internaute participatif se rebelle parfois et certaines marques ont du mal à contrer l'effet dévastateur des parodies qui circulent aussi sur la toile.



En attendant, ce sont plusieurs milliers de personnes qui ont réellement cru à cette vidéo et au pouvoir de nuisance du portable.

04 juin 2008

Indiana Jones ne connaît pas sa géographie, reprochent les Péruviens

LIMA (AFP) - Indiana Jones, le célèbre archéologue du "Royaume du crâne de cristal" n'est certainement pas géographe, vitupèrent les péruviens, irrités en voyant leur pays andin confondu grossièrement avec le Mexique.
(Publicité)

Les spectateurs péruviens avaient pourtant été préparés par une campagne publicitaire ne laissant rien ignorer du fouet, des différents pistolets de l'aventurier allergique aux serpents, du saint graal ou des nazis avides de reliques aux pouvoirs magiques. Ils ont été décontenancés, déçus et enfin irrités en entendant le mexicain Pancho Villa parler en quechua, la langue des Incas et en constatant la confusion dans les décors et les lieux supposés.

"C'est un barbarisme", tonne Hugo Neyra, un historien, devenu directeur de la bibliothèque nationale de Lima.

A la sortie des salles, les spectateurs sont désorientés par les rancheras, ces chansons traditionnelles mexicaines qui accompagnent le héros dans l'Amazonie péruvienne. Ils sont aussi surpris par les féroces guerriers mayas qui parlent la langue des Andes où encore par la fameuse pyramide de Chichen Itza (au Mexique) déplacée... dans l'Amazonie péruvienne.

Pour l'historien Manuel Burga, ancien recteur de l'Université San Marcos, Steven Spielberg et George Lucas manquaient visiblement de conseillers historiques: "Il y a beaucoup de données fausses, même s'il s'agit d'une fiction cela va faire du tort, on montre un Pérou qui n'est pas vrai. Il n'est pas possible de confondre l'Amazonie avec la forêt du Yucatan au Mexique" proteste-t-il.

L'historien Teodoro Hampe n'est pas surpris en expliquant que pour l'américain moyen, tout ce qui existe au-delà de sa frontière sud, à partir du Mexique c'est du pareil au même: "Pour eux, c'est la même chose que ce soit le Mexique, le Guatemala, la Bolivie ou le Pérou".

Enfin les commentateurs regrettent que le message du film soit que les réussites des civilisations latino-américaines proviennent des extraterrestres et non de leurs habitants.


Dans la liste des bêtises, on peut ajouter les crânes de cristal eux-mêmes, dont il est maintenant prouvé que ce sont des faux. Evitons de croire qu'Indiana Jones est le titre d'une série d'émissions scientifiques, sans pour autant bouder notre plaisir.

03 juin 2008

Quatre bibliothèques de la Ville de Paris ont dû débrancher leurs bornes Wi-Fi face aux inquiétudes du personnel. Dernière en date : la bibliothèque interuniversitaire Sainte-Geneviève, dans le 5e arrondissement. La direction a pris cette décision après qu'un employé eut décidé d'exercer son droit de retrait, en vertu d'un moratoire sur le Wi-Fi, adopté en octobre 2007 par le comité d'hygiène et de sécurité.

Magasinier depuis quatre ans dans cet établissement, Gabriel Fondet témoigne : "Les douleurs se sont installées progressivement. Entre les téléphones portables activés, les ordinateurs portables connectés au Wi-Fi, les lampes à fort rayonnement, les antennes-relais de téléphonie à proximité, nous sommes exposés en permanence." D'autres témoignages lui ont permis de déterminer l'origine de ses troubles. Néanmoins, il reste prudent : "Les autres sources de pollution électromagnétiques sont à prendre aussi en compte. Le Wi-Fi seul n'est peut-être pas responsable de tous les maux", admet M. Fondet.

Le syndicat Supap-FSU et les associations Priartem, Agir pour l'environnement et Robin des toits soutiennent les employés. "Certains avancent que les douleurs seraient psychosomatiques. C'est un argument sans preuve ! Nous n'avons aucune prénotion sur le niveau d'exposition à partir duquel les gens souffrent", explique Stéphane Kerckhove, délégué général d'Agir pour l'environnement.

Janine Le Calvez, présidente de Priartem, fait le même constat : "Le Wi-Fi a été développé sans aucune étude d'impact sanitaire. Nous sommes passés du déni des effets à l'incertitude."

Les responsables de l'Association française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) ne partagent pas cet avis. "Nous ne pouvons pas nous permettre d'éliminer d'autres causes, comme le stress, lié à la présence d'antenne de rayonnement. Scientifiquement, on ne peut accorder foi à la thèse des malaises dus au Wi-Fi. Il n'y a aucun trouble connu à court terme", estime Olivier Merckel, chef de l'unité agent physique.

Face à ces interrogations, la connexion filaire traditionnelle fait son retour comme à la Bibliothèque nationale de France et dans les écoles de Courbevoie (Hauts-de-Seine).

Lucile Ageron


Encore une fois, l'inversion de la charge de la preuve est présentée sous couvert du principe de précaution. Les bibliothèques souhaitant installer un système Wifi ne pouvant pas procéder à des études cliniques, l'interdiction est gagnée d'avance. Reste à faire croire aux employés des bibliothèques qu'on a installé un système Wifi et à les écouter se plaindre des maux de tête que ce système inexistant provoque chez eux. Un test en simple aveugle qui révèlerait les simulateurs psychosomatiques.

Le président indonésien berné par un soi-disant carburant miracle

JAKARTA (AFP) - Le président indonésien a cru et soutenu le soi-disant inventeur d'un carburant miracle, présenté comme un dérivé de l'eau mais qui en fait n'était qu'un banal gasoil, a rapporté mardi la presse à Jakarta.
(Publicité)

Des scientifiques ont facilement démontré que le liquide baptisé "Energie bleue" n'était qu'un simple diesel produit par la société nationale d'hydrocarbures Pertamina.

"L'Energie bleue n'a rien d'extraordinaire, c'est juste une forme d'hydrocarbone ou de carburant fossile", a déclaré aux journalistes le ministre de la Recherche et de la Technologie Kusmayanto Kadiman.

La "découverte" de l'"Energie bleue" avait fait les gros titres en Indonésie, son concepteur, Joko Suprapto, étant parvenu à convaincre le président Susilo Bambang Yudhoyono qu'il avait réussi à séparer l'hydrogène de l'eau, pour produire du carburant.

Le procédé "révolutionnaire" avait été présenté solennellement au sommet de l'ONU sur les changements climatiques de décembre 2007 à Bali, avec l'appui du président Yudhoyono.

M. Suprapto avait disparu le mois dernier, ce qui avait poussé le chef de l'Etat indonésien à redouter qu'il ait été recruté ou enlevé par une multinationale pétrolière avide de bénéficier de son invention, a rapporté l'hebdomadaire Tempo.

M. Yudhoyono avait donc ordonné des recherches tous azimuts. L'"inventeur" a finalement été retrouvé dans un hôpital de Java, souffrant de problèmes cardiaques.

Selon le journal The Jakarta Post, le président indonésien s'est justifié mardi devant des experts de l'énergie en expliquant qu'il n'était pas lui-même un scientifique, mais qu'il était doué "du sens de la responsabilité et de curiosité".

26 mars 2008

Loi OGM: Greenpeace envoie aux députés un documentaire sur Monsanto

PARIS (AFP) - L'association Greenpeace a annoncé mercredi avoir adressé des copies d'un documentaire sur la firme américaine Monsanto aux 577 députés français qui s'apprêtent à examiner le projet de loi sur les OGM.
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"Il nous semble essentiel qu'à la veille de se prononcer sur une loi qui engage l'avenir de l'agriculture et de l'environnement français, les élus français aient tous vu cette enquête passionnante et instructive sur les méthodes et l'histoire du leader des OGM".

"Le Monde selon Monsanto", une enquête de trois ans de Marie-Monique Robin récemment diffusée sur Arte, retrace l'histoire du plus gros semencier OGM de la planète, dont le soja, le maïs et le coton transgéniques gagnent rapidement du terrain.

Le projet de loi sera examiné du 1er au 3 avril par l'Assemblée nationale, après avoir été largement amendé par les sénateurs en février.


On se demande si c'est une bonne idée d'envoyer aux députés un document truffé d'erreurs scientifiques et partisan. Même sans avoir de complaisance envers une société commerciale, les députés pourraient ne pas apprécier le matraquage partisan de Greenpeace.

04 mars 2008

Un astrologue, botte secrète des Anglais contre Hitler

Par Loïc VENNIN

LONDRES (AFP) - Au plus fort de la Seconde Guerre mondiale, Londres avait cru avoir trouvé l'arme secrète pour battre Hitler: un astrologue aussi farfelu que mystérieux qui assurait détenir la clef du mode de pensée du Führer.

"Hitler croit en l'astrologie et si je fais les mêmes calculs que ses astrologues, je connaîtrais ce qu'on lui conseille... et cela pourrait profiter aux Britanniques": c'est armé de cet argument apparemment sans faille que Louis De Wohl devient capitaine et, jusqu'à la fin de la guerre, sera "le prophète" de Londres, comme l'appellera plus tard la presse.

L'histoire est connue depuis 1952, quand l'astrologue a publié une autobiographie très flatteuse intitulée "Le Nostradamus moderne".

Mais les Archives Nationales britanniques, qui lèvent mardi un demi-siècle de secret sur le dossier "Louis De Wohl" révèlent ce que l'on savait moins : le MI5 (services de renseignements intérieurs) avait prévenu de façon répétée que le supposé "brillant scientifique" était un imposteur.

Né à Berlin le 24 janvier 1903 de parents hongrois, Lajos Mucsinyi Wohl, de son vrai nom, vivote en écrivant des romans de gare avant de s'exiler en 1935 au Royaume-Uni où il se présente comme un astrologue émérite.

Il francise son prénom "Lajos" en "Louis" et s'ajoute une particule pour se faire appeler "De Wohl". Il assure dorénavant être le fils d'un noble hongrois.

Il prétendra aussi être descendant du poète allemand Heine, tout comme du baron Dreyfus, associé à la famille Rothschild.

A qui veut bien le croire, il vend des horoscopes personnalisés. Son entregent aidant, Louis De Wohl réussit à se faire des clients jusque dans les plus hautes sphères.

Il en profite à chaque fois pour placer son boniment: "J'ai trouvé que toutes les entreprises majeures de Hitler avaient été effectuées +sous de bons auspices+. Les +intuitions divines+ de Hitler ne sont en réalité qu'une simple connaissance des conjonctions planétaires", écrit-il dans une lettre.

Ainsi, et comme l'astrologie n'est selon lui qu'un "calcul mathématique", il suffit de reproduire les prédictions des astrologues de Hitler pour savoir ce qui lui est conseillé et posséder un avantage décisif sur l'ennemi.

A ceux qui auraient l'esprit trop cartésien, il ajoute: "La question n'est pas de savoir si nous accordons une valeur scientifique à l'astrologie. Ce qui compte, c'est que Hitler suit ses préceptes", affirme De Wohl.

Le laïus finit par convaincre: en 1938, De Wohl est employé comme "propagandiste" par le Special Operations Executive (SOE, responsable des opérations derrière les lignes ennemies).

On ira jusqu'à lui fournir un appartement de fonction à Grosvernor House, en plein coeur de Londres.

Pourtant De Wohl fait grincer quelques dents. "De Wohl est un pur charlatan au passé mystérieux si ce n'est louche": ce genre de note, écrite en février 1942, abonde dans le dossier du MI5.

"Aucune de ses prédictions ne s'est matérialisée si ce n'est celle de l'entrée en guerre de l'Italie, qu'il a faite à un moment où cela devenait évident", accuse un autre agent.

Mais le MI5 n'a aucun poids sur le SOE, dont le directeur, Charles Hambro, est persuadé que De Wohl est "quelqu'un de splendide et ne veut rien entendre contre lui", regrette une fiche du MI5.

Et le pire n'est même pas dans le dossier du MI5. Comme le rappelle Chris Andrew, historien des services secrets britanniques: "Louis de Wohl a persuadé Whitehall (le quartier du gouvernement britannique, ndlr) que Hitler était obsédé par l'astrologie... C'est complètement faux."

L'un des astrologues du dictateur, Karl Ernst Krafft, finira dans le camp de Buchenwald.


Si l'astrologie n'est "qu'un calcul mathématique", comment se fait-il que les prévisions astrologiques soient aussi contradictoires selon les astrologues ? Si le calcul de la position des planètes dans le ciel au moment de la naissance est bien un calcul astronomique (le "thème astral"), les prévisions en fonction de ce "thème astral" relèvent de la poésie, du flou et de l'imagination personnelle de l'astrologue. Il était donc évident que cette discipline ne permettait en aucun cas de prévoir les âneries que les astrologues d'Hitler auraient pu débiter, à supposer en premier lieu que celles-ci aient eu la moindre influence sur les décisions militaires d'Hitler.
Bien sûr, il n'y a aucune validation scientifique de l'astrologie, qui est depuis plus de trois mille ans une vaste fumisterie.

28 février 2008

Le calvaire d’Évelyne à la barre

Nord Eclair - 28/02/2008

Au deuxième jour du procès en appel du Dr Guéniot, son cancérologue et sa famille ont raconté comment cette jeune ingénieure a délaissé la médecine classique pour l’homéopathie. Et comment elle est morte dans d’atroces souffrances.

C’est un cancérologue qui parle. Le Dr Coscas le reconnaît, avec Évelyne il a échoué. Quand la jeune femme, suivie pour un cancer du sein par le Dr Saint-Omer, homéopathe installé à Tourcoing, arrive chez lui, elle ne veut pas entendre parler de chimiothérapie. Nous sommes en juin 1995. Si elle est venue, c’est parce que le Dr Saint-Omer a insisté et si le Dr Saint-Omer l’a fait, c’est parce que sa mère, Dolorès, avait menacé le médecin qui, jusque-là, disait soigner Évelyne pour son cancer avec de simples traitements homéopathiques. Le Dr Coscas n’en revient toujours pas. « De toute ma carrière, je n’ai jamais vécu une situation comme celle là ». Finalement, Évelyne accepte la chimio. Avec réticence car, tant le Dr Saint-Omer que le Dr Guéniot lui ont dit que ces traitements classiques étaient mauvais.
Elle craint d’être empoisonnée et, même quand la chimio aura des effets spectaculaires, elle restera persuadée que c’est uniquement grâce aux seules petites pilules homéopathiques.
Ce n’est qu’en février 1996 que le cancérologue la reverra. « Elle m’a laissé un message déchirant sur mon répondeur. Cette femme souffrait le martyre ». Le Dr Coscas la reçoit le lendemain. « Son sein n’était plus un sein », raconte-t-il, encore atterré. Il a déjà compris qu’il est trop tard, que les soins qu’il pourra prodiguer à Évelyne ne seront plus qu’un accompagnement vers une fin annoncée.

Une « manipulation »
À la barre, hier soir, la maman d’Évelyne et son mari ont raconté comment cette jeune ingénieure a délaissé la médecine classique pour les traitements des D r Saint-Omer et Guéniot, tous deux membres du mouvement du Graal, classé comme sectaire. Comment elle a fini par opter pour un jeûne qu’elle suivra dans l’arrière boutique de vendeurs de produits naturels à Tourcoing. Et comment enfin, apprenant par un article de presse que le Graal est classé comme secte, Évelyne « comprendra qu’elle a été abusée ». Avant de mourir, elle écrira au procureur de la République pour dénoncer ce qu’elle qualifiera de « manipulation ». Hier, ce sont ses proches qui ont parlé pour elle, qui ont raconté. Ce matin, le Dr Guéniot, le seul à avoir fait appel de sa condamnation à deux ans de prison avec sursis et interdiction d’exercer la médecine, donnera sa version. •

FLORENCE TRAULLÉ

04 janvier 2008

Appel aux États-Unis pour enseigner la théorie de l'évolution

Par Will Dunham Reuters

WASHINGTON (Reuters) - L'Académie nationale des sciences américaine a publié jeudi une défense vigoureuse de l'évolution comme principe fondateur de la biologie moderne et prôné qu'elle soit enseignée dans les classes scientifiques des écoles publiques, contrairement au créationnisme.

L'institution, qui conseille le gouvernement sur les questions de science, de nature et de technologie, relève la persistance de remises en cause de l'enseignement de l'évolution, une théorie régulièrement attaquée aux États-Unis par les franges religieuses conservatrices.

Le créationnisme, inspiré de la Bible et relié à l'idée de "conception intelligente", n'est pas une science et ne devrait pas être enseigné dans les classes scientifiques, estime l'Académie dans son rapport.

"Nous avons besoin de citoyens qui soient formés à la vraie science", estime Barbara Schall, biologiste et vice-présidente de l'Académie des sciences.

L'évolution désigne la transformation des espèces vivantes au cours des siècles par des mutations génétiques. L'académie souligne que cette théorie peut être pleinement compatible avec la foi religieuse.

"La science et la religion sont deux manières différentes d'appréhender le monde. Les placer inutilement en opposition réduit le potentiel de chacune à contribuer à un avenir meilleur", explique-t-elle.

CONFUSION

Enseigner les idées créationnistes en classe scientifique entretient la confusion entre ce qui relève et ce qui ne relève pas de la science, ajoute l'académie dans ce rapport qui met à jour des contributions publiées en 1984 et 1999 et a été rédigé par un comité présidé par le professeur de biologie Francisco Ayala, de l'Université de Californie-Irvine.

Les auteurs mettent en relief l'importance de la biologie évolutionniste dans la compréhension, par exemple, de certaines maladies infectieuses émergentes. Ils rappellent la découverte, rendue publique en 2006, des restes de Tiktaalik, une créature décrite comme un lien entre le poisson et les premiers animaux vertébrés qui sont sortis de l'eau il y a 375 millions d'années.

Le président George Bush a estimé en 2005 que les étudiants américains devaient apprendre "la conception intelligente" au même titre que l'évolution, comme théories concurrentes. "Une partie de l'éducation consiste à présenter aux gens différentes écoles de pensée", avait argué le chef de la Maison blanche.

Les défenseurs de la "conception intelligente", dont des scientifiques qui restent très minoritaires, estiment que certaines structures biologiques sont si complexes qu'elles ne peuvent être apparues par un simple processus naturel.

Selon un sondage Gallup paru en 2006, près de la moitié des Américains pense que les humains n'ont pas évolué mais ont été, dans leur présente forme, créés par Dieu au cours des 10.000 dernières années.

Un magistrat de Dover, en Pennsylvanie, a estimé en 2005 que l'enseignement de la "conception intelligente" violait la Constitution des États-Unis, qui exige la séparation des Églises et de l'État.

Version française Jean-Stéphane Brosse

16 décembre 2007

OPA sur la Zététique

Depuis quelques mois, une tentative de récupération de la zététique par les adeptes du paranormal est en cours.

Les gestionnaires de l'Institut Métapsychique International (IMI), créé en 1919 quand la "métapsychique" était encore à la mode, ne sont pas content de leur statut vis à vis des sciences. Il faut dire que les publications de l'IMI, depuis sa création, n'ont jamais dépassé le cercle très restreint des croyants de tous poils du paranormal et de ses journaux spécialisés. Alors, pour se refaire une virginité scientifique très problématique, les gestionnaires de l'IMI ont commencé une campagne pas très discrète pour récupérer le label "zététique", en attendant mieux (car ils n'en resteront pas là et se réclameront bientôt du 'véritable' scepticisme scientifique).

L'histoire commence par la création d'un blog 'zététique' par des sous-marins de l'IMI. L'objectif, à peine évident, est de détourner une partie des liens sur la zététique des moteurs de recherche. Dans ce blog (pas de lien ici, nous ne faisons pas la pub pour les zozos), des arguments genre "c'est nous qu'on est les vrais zététiciens, les zététiciens sont des pseudo-sceptiques, et les sceptiques des scientistes". On y trouve également les théories épistémologiques habituelles des croyants: mépris de la qualité des sources et ignorance des conflits d'intérêt, mise en avant d'études "prometteuses" qui n'aboutissent jamais à rien, etc.

Ensuite, ou peut-être simultanément, l'insertion d'un article dans Wikipedia, par un adepte tout acquis au paranormal, là encore pour profiter de la place privilégiée de Wikipedia dans le classement des moteurs de recherche. L'article ne comporte aucune partie critique, contrairement aux habitudes de l'encyclopédie libre.

Enfin, le déploiement de pages web sur le site de l'IMI, présentant les anciens membres comme de grands sceptiques devant l'Eternel.

Tout cela ressemble furieusement à une tentative d'OPA sur le terme "zététique". Ca ne peut être qu'une étape sur le chemin conduisant à se parer des plumes du sceptique, oiseau rare et semble-t-il envié par nos adeptes du paranormal.

Malheureusement, leurs arguments peu supportés par les sceptiques et même les zététiciens ont attiré l'attention sur le blog et leur manoeuvre a été vite éventée. Idem pour leur article dans Wikipedia. Du coup, les moteurs de recherches bruissent beaucoup des pages de controverse et peu de celles des adeptes de l'IMI. Encore raté!

Pour rire un peu, on peut aller visiter, dans la liste des publications de l'IMI, la table des matières des vieilles éditions de leur magazine pour essayer d'y détecter un article sur un sujet scientifique ou simplement ayant connu un développement scientifique. Bonne chasse ! 60 ans de délires d'un autre âge vous y attendent (la revue à l'air de s'être arrêtée en 1982).

30 novembre 2007

Les Ovnis s’invitent à table

A Reims, les témoins d’ovnis et curieux de ce type de phénomène ont maintenant un rendez-vous ponctuel avec la tenue chaque premier jeudi du mois de « Repas ufologiques ».

Après un premier rendez-vous réussi au mois de novembre, réunissant une douzaine de personnes, les amateurs d’Ovnis (objet volant non identifié) se retrouveront de nouveau jeudi prochain pour discuter de phénomènes étranges. Organisés depuis près de 15 ans à Paris, les « Repas ufologiques » (ufo = ovni en anglais) se déroulent maintenant dans une vingtaine de villes de France dont Reims depuis le mois de novembre. Dans la ville des Sacres, c’est Frédéric Jacobé qui se charge de les organiser à la demande de Gérard Labat, l’un des créateurs du concept. « Le but est simplement de réunir des personnes intéressées par les Ovnis pour en parler et échanger des informations » explique ce Rémois passionné depuis l’enfance par ce type de phénomène. « Les gens viennent le plus souvent avec un témoignage en espérant trouver des réponses à ce qu’ils ont vu ». Ainsi, les curieux ayant participé au premier repas du 8 novembre dernier ont pu discuter de leur propre expérience en la matière. « Un couple a apporté deux photos de vacances sur lesquelles on pouvait voir deux formes étranges dans le ciel » rapporte Frédéric. « Ces deux personnes désiraient avoir une explication que je n’ai pas pu leur donner mais ils ont pu partager leurs interrogations et j’ai depuis envoyé ces photos au GEIPAN pour essayer d’en savoir plus ». Il faut savoir que le GEIPAN (groupe d’études et d’informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés dits PAN), est un organisme créé en 2005 dépendant du très sérieux Centre national d’études spatiales (CNES). Son but est de répondre scientifiquement, quand cela est possible, aux interrogations et aux attentes de la population face aux PAN. Et ces fameuses questions sont aussi nombreuses que les témoignages recueillis, plusieurs milliers sur les 60 dernières années ! Si certains peuvent paraître souvent très farfelus, d’autres sont beaucoup plus intrigants. C’est notamment le cas de beaucoup d’observations recensées dans les années 50, une période qui retient particulièrement l’attention de Frédéric Jacobé. « Ce qui est étrange dans certains témoignages de ces années là, c’est que les descriptions des phénomènes peuvent s’expliquer facilement aujourd’hui grâce à nos capacités technologiques les plus récentes mais totalement inexistantes à l’époque ». Victimes de simples illusions d’optique, de manifestations naturelles ou de véritables phénomènes Ovni, les amateurs et curieux du genre ont avec les « Repas ufologiques » un rendez-vous convivial qui a le mérite d’apporter des réponses… quand cela est possible.

J.D.


Chez les amateurs d'OVNI, il y a à boire et à manger! Rappelons que le GEIPAN est un 'placard' du CNES, une voie de garage ou beaucoup hésitent à s'embarquer. Après une annonce en fanfare de la publication des dossiers de l'ancienne structure et le flop qui s'ensuivit, la seule grande annonce annuelle sur le sujet semble être maintenant celle des Repas Ufologiques, sans doute réchauffés au micro-ondes.

18 octobre 2007

Un musée londonien décommande un pionnier de la recherche génétique après ses remarques sur l'intelligence des Africains

LONDRES (AP) - Le Musée des sciences de Londres a retiré son invitation au scientifique James Watson, co-découvreur de la structure moléculaire de l'ADN, qui devait intervenir lors d'une conférence, après des propos rapportés dans un journal dans lesquels il soutient que les Africains et les Européens n'ont pas le même niveau d'intelligence.
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Watson, qui avait gagné le prix Nobel pour ses travaux sur l'ADN, a suscité un tollé en Grande-Bretagne en déclarant au "Sunday Times" que les Africains ont un niveau d'intelligence inférieur à celui des Européens.

Selon le journal publié dimanche, le scientifique américain de 79 ans s'est dit "fondamentalement découragé au sujet des perspectives de l'Afrique" car "toutes nos politiques sociales sont basées sur le fait que leur intelligence est la même que la nôtre -alors que tous les tests disent que pas vraiment".

Il a précisé espérer que tous les humains sont égaux, mais a ajouté: "les personnes qui ont affaire à des employés noirs font l'expérience que ce n'est pas vrai".

Watson devait intervenir lors d'un événement à guichets fermés vendredi au Musée des sciences de Londres, mais l'établissement a fait savoir mercredi que les commentaires du scientifiques étaient allés trop loin et qu'il avait par conséquent été décommandé.

Il ne s'agit pas de la première sortie controversée de Watson. En 2000, il avait choqué son auditoire à l'Université de Berkeley en soutenant une théorie sur un lien entre la couleur de peau et la libido.

Selon le journal britannique "The Independent", il aurait également suggéré à une autre occasion que les femmes devraient avoir le droit d'avorter si des tests pouvaient montrer que l'enfant à naître deviendrait homosexuel.


Que serait devenu Watson si les mères dont l'enfant devait dire des énormités pareilles pouvaient avorter ? Mystère !
Dans la série "Les Nobels dérapent", dont les épisodes ont été écrits par Linus Pauling (vitamine C), Brian Josephson (paranormal),
Shockley (racisme et eugénisme) et Wangari Maathai (négationnisme anti-SIDA et théorie du complot) voici un nouvel épisode plus sombre écrit par une icone de la découverte de la structure de l'ADN.

25 septembre 2007

Création d'un Institut de Recherche sur les Expériences Extraordinaires

AFP - Mardi 25 septembre, 13h15

PARIS (AFP) - Un Institut de Recherche sur les Expériences Extraordinaires (Inrees) vient d'être créé pour étudier les "expériences inexplicables" telles que des épisodes vécus au seuil de la mort ou des rencontres avec des esprits, ont annoncé ses fondateurs.

Cet Institut vise à "rendre légitime et normale l'étude de ces phénomènes" en s'appuyant sur une démarche "sérieuse, scientifique", a expliqué mardi à l'AFP l'écrivain Stéphane Allix, co-fondateur de l'Inrees avec un médecin, le Dr Bernard Castells.

L'Inrees a déjà reçu l'appui de nombreuses personnalités dont le spationaute français Jean-François Clervoy, le psychiatre Patrick Lemoine, le neurologue canadien Mario Beauregard, l'astronaute américain Edgar Mitchell, le 6e homme à avoir marché sur la Lune, ou les écrivains français Didier van Cauwelaert et Sylvain Tesson.

L'institut se propose de créer un réseau composé de professionnels en santé mentale, de médecins et de soignants pour recevoir les personnes déclarant avoir expérimenté des visions qualifiées de surnaturelles, des phénomènes physiques de nature inconnue, une expérience de mort imminente, des communications, des rencontres avec des esprits, etc.

Le rôle de l'Inrees sera d'aider à "dissocier dans un comportement ou un récit d'expérience extraordinaire ce qui est pathologique de ce qui ne l'est pas", précisent ses fondateurs.

Ils se proposent également de publier un "Manuel de description clinique des Expériences Extraordinaires" destiné aux professionnels en santé mentale, "regroupant et présentant par catégorie la totalité des expériences extraordinaires répertoriées à ce jour".


Encore un organisme pseudo-scientifique qui vient s'ajouter aux nombreux ayant les mêmes prétentions. On se rappelle des recherches de l'IMI et de leur absence totale de résultat sur des décennies. En plus, les expériences 'inexplicables' en question ont récemment reçu des débuts d'explication. Visiblement, ces personnes ne se sont pas maintenues au courant de ces recherches scientifiques, dans ce domaine qui est supposé les intéresser.
On retrouve, dans le staff de ce n-ième organisme du paranormal, des personnes largement inconnues du monde scientifique, mais parfaitement connues et depuis longtemps des amateurs de paranormal en tout genre.