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28 janvier 2007

Pensée magique et superstition, nuisibles chez l'adulte?

La pensée magique, et la superstition, consistent à interpréter un événement comme étant la cause d'un autre sans qu'il n'y ait de mécanisme plausible qui puisse expliquer le lien de cause à effet.

Interpréter un signe n'ayant aucun rapport avec une situation comme étant de bon augure et penser que la force de la pensée seule peut influencer le cours des choses (par exemples, peut provoquer le gain à un jeu de hasard, peut jeter un mauvais sort à quelqu'un ou encore penser que l'anxiété en elle-même prévient le danger) sont des exemples de pensée magique.

La pensée magique se retrouve chez chacun à différents niveaux. Pour la plupart, elle est le plus souvent sans conséquences négatives (ou presque) car elle ne constitue pas un mode de fonctionnement dominant et n'empêche pas (ou peu) les modes de pensée plus efficaces pour la compréhension et l'adaptation.

Cependant, pour une partie de la population, un manque de conscience par rapport à la pensée magique peut rendre vulnérable vis-à-vis certains systèmes organisés de croyances magiques et rendre susceptible de se retrouver victime de charlatanisme et/ou de sectes.

Développée à l'extrême, la pensée magique peut aussi représenter un problème de santé mentale. Par exemple dans le trouble obsessionnel compulsif les rituels superstitieux (ex. se laver plusieurs fois les mains pour éviter la contamination, exécuter des rituels mentaux afin d'éloigner un danger) prennent une place qui nuisent considérablement à l'adaptation.

Dans un article du New York Times, Benedict Carey présente la perspective de quelques spécialistes sur la pensée magique.

L'attrait pour les croyances magiques reposerait, selon Pascal Boyer, psychologue et anthropologue à l'Université de Wahington à St-Louis, sur la circuiterie du cerveau. Croire que ses propres pensées ou un rituel ont un pouvoir, ou encore qu'un signe fortuit est de bon augure, auraient pour fonction de rassurer, de réduire les craintes du quotidien et d'éviter ainsi une certaine détresse. En excès, précise-t-il, la pensée magique peut conduire à la compulsion ou au délire. Selon Boyer, un système du cerveau serait spécialisé pour réagir à certaines circonstances en produisant une explication magique.

Pour Jacqueline Woolley psychologue à l'Université du Texas, la pensée magique est soutenue culturellement. Vers l'âge de 3 ans, les enfants sauraient la différence entre fantaisie et réalité, bien que croyant encore, avec l'encouragement des adultes que le père Noël et à la fée des dents [la petite souris] peuvent réaliser des voeux. Vers l'âge de 7 ou 8 ans, au plus tard, ils ont mis de côté ces croyances et la ligne entre réalité et magie est à peu près aussi claire pour eux que pour les adultes. Cette culture de la pensée magique pourrait rendre particulièrement apte à adopter des systèmes de croyances magiques sectaires ou ésotériques.

Emily Pronin, professeur de psychologie à Princeton, a réalisé une recherche qui montrait que plusieurs fans du Super Bowl se sentaient responsables, par leur ferveur, de la victoire ou de la défaite. Pourquoi les gens ont-ils l'illusion d'un pouvoir? "Je crois, dit Pronin, que c'est en partie parce que nous sommes constamment exposés à nos pensées. Ces dernières nous sont tellement apparentes que nous sous-estimons leur connection avec les événements extérieurs."

Daniel M. Wegner, professeur de psychologie à Harvard, et des collègues ont réalisé une recherche qui montrait que des jeunes adultes étaient prêts à croire au mauvais sort jeté par les poupées vaudou. "Pour les gens qui sont généralement incertains de leur propres habiletés, ou lents à agir parce qu'ils se sentent inadéquats, croit-il, ce type de pensée peut être un antidote".

La pensée magique serait plus présente précisément quand les gens se sentent le plus impuissants et en détresse. Giora Keinan, une professeure à l'Université de Tel Aviv, a envoyé des questionnaires à 174 Israéliens après les attaques de missiles iraquiens durant la guerre du Golfe de 1991. Ceux qui rapportaient les niveaux les plus élevés de stress étaient les plus susceptibles d'endosser des croyances magiques (ex. entrer dans un abri du pied droit protège mieux, la présence dans l'abri de personnes dont les maisons ont été détruites porte malchance).

Les études suggéreraient que la pensée magique n'amènerait la détresse mentale qu'en cas d'utilisation extrême. Les gens souffrant de trouble obsessionnel-compulsif, par exemple, sont souvent presque paralysés par la croyance qu'ils doivent réaliser des rituels élaborés comme se laver les mains ou dire des prières spéciales pour éviter la contamination ou un désastre.

Ceux pour qui les pensées magiques peuvent se développer en véritable délire ou psychose semblent faire partie d'un groupe fondamentalement différent, selon Mark Lenzenweger, professeur de psychologie cognitive et de neuroscience de l'Université d'état de New York. "Il s'agit de gens pour qui la pensée magique est une partie centrale de leur vision monde. Tandis que la plupart des gens, si vous les confrontez sur leurs croyances magiques, vont reconnaître que leur croyance n'a pas de sens", dit-il.

Source: Benedict Carey, Do You Believe in Magic? New York Times, 23 janvier 2007


Une fois de plus, la maladie peut avoir des formes plus ou moins graves, mais il s'agit de la même maladie. Lorsque l'on croit à l'astrologie, cela peut rendre vulnérable à d'autres charlataneries, encore plus graves pour le portefeuille.

20 décembre 2006

Virtual Mind Games Revive Controversial Experiment

By Charles Q. Choi
Special to LiveScience

Infamous experiments almost 50 years ago discovered that ordinary people—under orders from an authority figure—would deliver apparently lethal electrical shocks to complete strangers.

The disturbing findings both shed light on the limits of human behavior and the mind but also ignited an ethical controversy that has made it impossible nowadays to further explore this area directly.

Now scientists are conducting these experiments against computer-generated virtual people, where no real people appear to get hurt. The hope is to better understand why people commit horrific acts against their fellows, such as torture or genocide, while potentially overcoming the ethical concerns against the original experiments.

These new findings build off the pioneering work of psychologist Stanley Milgram at Yale University who began his controversial experiments in 1961, months after the trial of Nazi war criminal Adolf Eichmann began.

Eichmann, responsible for the mass deportations of Jews, gypsies and others purged during the Nazi reign furthered his notoriety by insisting he was only "following orders” when confronted with his crimes.

The Milgram experiment discovered that ordinary people could easily be persuaded to give what they believed to be lethal electrical shocks to randomly chosen strangers, even if it conflicted with their own consciences, if instructed to do so by a perceived authority figure. The stranger was at no time actually hurt.

"The line of research opened up by Milgram was of tremendous importance in the understanding of human behavior," said virtual reality researcher Mel Slater at University College London. However, it triggered a firestorm over the ethics of placing volunteers in deceptive and highly disturbing situations.

Slater and his colleagues have repeated the Milgram experiment with virtual people. Volunteers gave a series of memory tests to a virtual woman. They read out five words at a time, the first of which was a cue word, while one of the other four was a word linked with the cue. The virtual woman was supposed to have memorized the word associations beforehand.

When the virtual woman gave an incorrect answer, the participants were told to give a virtual 'electric shock' that buzzed to her, increasing the voltage each time she gave an incorrect answer. The experiment told volunteers 20 times to give shocks.

Of the 34 volunteers in the experiment, 11 communicated with the virtual woman who never protested only through a text interface. The other 23 saw and heard a life-sized, computer-generated woman via a virtual reality system. Over time, she responded with increasing discomfort and protests, eventually demanding the experiment stop. Near the end, her head would slump forward and she became unresponsive.

All the volunteers who communicated with the virtual woman solely through text messages gave all 20 shocks. However, when volunteers could see and hear the virtual woman, while 17 gave all 20 shocks and three gave 19 shocks, 18, 16 and 9 shocks were given by one person each.

When volunteers were asked whether they had considered aborting the experiment, nearly half of those who could see and hear the virtual woman indicated they had because of their troubled feelings about what was happening. In addition, their heart rates indicated that participants reacted as though the situation was real.

"The results demonstrate that even though all experimental participants knew that the situation was unreal, they nevertheless tended to respond as if it were," Slater said.

"This opens the door to the systematic use of virtual environments for laboratory style study of situations that are otherwise impossible whether for practical or ethical reasons -- for example, violence associated with football, racial attacks, gang attacks on individuals, and so on," Slater said. "Why do some people participate in such activities even though it is against their nature? The original Milgram experiment helps to explain this, and the exploitation of virtual environments may help to further research into these difficult and pressing questions."


L'expérience de Stanley Milgram, par qui le scandale est arrivé, baptisée "soumission à l'autorité" a fait l'objet d'une référence dans le film "I... comme Icare", avec Yves Montand. Les recherches psychologiques dans ce domaine sont une nécessité, si l'on veut un jour comprendre et prévenir ces comportements indésirables.

02 décembre 2005

Étude : Les micro-ondes affectent l’humeur

Un psychiatre australien met en garde les populations en soulevant le danger que présente le «smog» électromagnétique émanant des appareils cellulaires et des fours à micro-ondes car selon lui, ces ondes pourraient être responsables d’un effet dépressif sur l’humeur des gens en général.
Michael Berk, de l’Université de Melbourne, affirme avoir trouvé un lien entre le taux de suicide et l’augmentation de tempêtes géomagnétiques déclenchées par les éruptions solaires.
Il a remarqué qu’à chacune de ces tempêtes solaires, plus d’Australiens ont manifesté le désir de s’enlever la vie. Ce qui semble contradictoire, puisque les humains en général devraient en fait s’être acclimatés au Soleil.
Le professeur Berk, qui traite des patients souffrant d'un trouble bipolaire, a analysé les suicides en Australie de 1968 à 2000 et en a associé les données à celles des éruptions solaires.
Si les conclusions de ce chercheur s’avéraient fondées, les effets en seraient dévastateurs sur la perception que nous avons de notre technologie moderne en générale, lourdement dépendante de l’énergie électromagnétique. Se servir de son cellulaire pourrait être considéré déprimant et réchauffer sa pizza au four à micro-ondes, perçu comme un geste aux conséquences suicidaires.
Il s'agit cependant peut-être beaucoup plus que d'un phénomène de perception, alors que ce chercheur et d'autres avant lui ont conclu à l'effet nocif de l'exposition à des champs électromagnétiques.
Mis à part le ton facétieux adopté par le journaliste du Inquirer, le fait demeure que depuis des années, les études à ce sujet se succèdent avec des conclusions contradictoires, dépendant de qui les commandent et les commanditent. À suivre avec intérêt.


On comprend le scepticisme du journaliste lorsqu'on a compris la différence entre corrélation et causalité.

23 août 2005

Placebos trigger an opioid hit in the brain

NewScientist.com news service
Alison Motluk
It seems that placebos have a real physical, not imagined, effect – activating the production of chemicals in the brain that relieve pain, a new study suggests.
Placebos are treatments that use substances which have no active ingredient. But if people are told that what they are being given contains an active painkiller, for example, they often feel less pain – an effect that has normally been considered psychological.
Recent studies, though, suggest otherwise. For example, when a placebo was secretly mixed with a drug that blocks endorphins – the body’s natural painkillers – there was no placebo effect, showing that endorphins are involved in the placebo painkiller process (New Scientist print edition, 26 May 2001, p 34).
Now Jon-Kar Zubieta’s team at the University of Michigan at Ann Arbor, US, has confirmed that placebos relieve pain by boosting the release of endorphins.
Pain maintainer
Fourteen healthy males in their twenties volunteered to try what they were told was “a medication that may or may not relieve pain”. To induce pain, the researchers gave the young men infusions into the jaw that made them ache.
During the experiment, the volunteers had to rate the intensity of pain every 15 seconds on a scale of 1 to 100; most judged it to be about 30. Unbeknown to them, the measure was used to keep pain constant by increasing or decreasing the infusion of the pain-inducer.
This pain management was necessary because the body’s own opioids – the endorphins – tend to alleviate pain slightly over time, and the researchers wanted to separate this effect from that caused by the placebo.
PET detective
All the volunteers, who were given a placebo of salt solution, reported feeling less pain. But the researchers did not simply take their word for it: instead, they scanned the volunteers’ brains using positron emission tomography (PET). They had injected the volunteers with a radioactive tracer that binds to the same mu-opioid receptors as endorphins do, which allowed them to figure out the level of endorphins produced in each volunteer’s brain.
The young men, who acted as their own controls, were scanned three times: before the experiment began, when they were in pain but had not yet been given the placebo, and after they had been given the placebo. Half the volunteers experienced the pain-only condition first, while the other half got the benefit of the placebo first.
The scans revealed that after the volunteers took the placebo, their brains released more pain-relieving endorphins than normal. Zubieta thinks the placebo effect is piggybacking on the body’s innate painkilling system. “[The system] is there to ensure the survival of the organism,” he says. “The placebo effect is acting through these mechanisms.” But exactly how it does this remains a mystery.
Journal reference: The Journal of Neuroscience (vol 25, p 7754)


Il est étonnant de constater que l'on traite parfois ce qui est "psychologique" comme quelque chose totalement déconnecté de la matière cérébrale. Pourtant la psychologie doit bien correspondre à des phénomènes physiques à l'intérieur de notre cerveau, ou alors elle aurait autant de réalité que "l'âme" des croyants. Il faudrait éviter de tendre aux croyants des bâtons pour se faire battre.