04 août 2008

Une cinquantaine de personnes perdent la vue après avoir cherché la Vierge Marie dans le ciel

District de Kottayam, Inde – 48 personnes ont perdu la vue en regardant le soleil à la recherche d’une apparition de la Vierge Marie.

La rumeur circulait dans cette région de l’Inde que la Vierge était apparue dans le ciel. Des croyants ont alors cherché à l’apercevoir et la rétine de certains d'entre eux a été endommagée par les rayons du soleil. Hospitalisées, les personnes blessées souffrent de brûlures de la rétine. 48 d'entre elles sont devenues aveugles.Malgré les avertissements des autorités médicales, les croyants affluent toujours autour de l'hôtel au dessus duquel son propriétaire prétend avoir vu la Vierge apparaître.

Continuant de scruter le ciel, celles-ci s’exposent aux mêmes dangers que les 48 victimes devenues aveugles.


Certaines régions de l'inde ont un gros retard dans l'éducation élémentaire, qui en fait une proie facile pour toutes sortes de crédulités, médecine ayurvédique, homéopathie, et maintenant apparitions de la Vierge Marie. On se demande combien il y aurait eu d'aveugles si c'était Krishna que la rumeur avait prétendu apparaître.

03 août 2008

«Doper son moteur à l'eau» pour réduire consommation et pollution


AFP - La hausse des prix à la pompe suscite l'espoir des passionnés de la communauté des «pantoneurs» qui, comme Fabrice Donzeau, un sapeur-pompier français, ont bricolé leur moteur pour le «doper à l'eau» selon le procédé franco-américain dit «G-Pantone».

M. Donzeau, originaire d'Excideuil dans le sud-est de la France, a déjà équipé deux voitures et une tondeuse à gazon. L'installation consiste à «faire chauffer de l'eau par les gaz d'échappement avant de la réinjecter dans le moteur afin d'obtenir un mélange gazeux» à base de vapeur d'eau et d'essence, censément plus efficace que le carburant sous forme liquide.

Bilan du procédé, breveté en 1998 par un ingénieur américain, Paul Pantone, puis amélioré par un Français, Antoine Gillier -d'où le nom de «moteur G-Pantone»-: 30% de consommation en moins et une teneur de CO2 dans les gaz d'échappement inférieure à ce que l'on observe à la sortie d'un véhicule équipé de pot catalytique, soutiennent les utilisateurs.

Bernard Gay, garagiste à Marsac-sur-l'Isle, est formel: «Ca marche». Ayant testé une 2CV équipée par M. Donzeau, il garantit qu'effectivement, les rejets polluants diminuent. Formel, donc, mais prudent: «Je n'ai pas installé le système sur mes propres véhicules. Et je ne sais pas ce que ça donnerait avec des moteurs modernes...»

Sur le site internet de référence des «pantoneurs», qui affiche presque deux millions de connexions depuis 1999, les plans de montage sont en libre accès et au moins 200 expérimentations sont recensées, décrites, photographiées: les maîtres mots sont empirisme et solidarité.

Machines agricoles, voitures, camions, groupes électrogènes, tondeuses à gazon, pelles mécaniques, motos et même un hélicoptère, aucun moteur à explosion n'échappe aux velléités expérimentales de cette communauté discrète, qui échange principalement par internet.

Mais alors, pourquoi un système à ce point économique, simple, efficace -et surtout légal, selon le bricoleur périgourdin, car «on ne touche pas à l'intégrité du moteur"- n'est-il pas encore produit et distribué à l'échelle industrielle, voire monté en série ?

Pouvoir du «lobby pétrolier», pressions des fabricants de pots catalytiques, mauvaise volonté des constructeurs automobile ou des gouvernants, répond M. Donzeau.

Chez Renault, en réalité, on est moins catégorique.

«L'adjonction d'eau au carburant» peut effectivement permettre de «réduire la pollution dans les gaz d'échappement», indique le constructeur dans un communiqué, relevant d'ailleurs que plusieurs procédés techniques de ce type sont déjà exploités par les constructeurs automobile.

«En revanche le moteur Pantone n'a jamais prouvé de gain de consommation en carburant», affirme le constructeur. En effet, aucune démonstration scientifique n'est jamais parvenue à expliquer de manière irréfutable une baisse de consommation.

«Si ça ne marche pas, qu'on vienne m'expliquer pourquoi je consomme 60% de moins avec ma tondeuse!», s'exclame Fabrice Donzeau, qui, en véritable pèlerin, parcourt derrière son engin comices, foires bio et autres rassemblements de vieilles mécaniques, afin de convaincre le public de l'efficacité du procédé G-Pantone.


Chez les adeptes du moteur Pantone, la théorie du complot est aussi fort populaire. Car qu'est-ce qui peut empêcher un entrepreneur indépendant et motivé de créer sa propre entreprise, sinon un complot mondial ?

Les sangsues épinglées


L'Express.fr - La thérapie par les sangsues: c'est l'une des nouvelles médecines à la mode. Difficile, pourtant, de trouver un praticien disposé à en parler. "Chasse aux sorcières" ou "charlatanisme"? Notre enquête.

"J'ai testé les sangsues": ça aurait pu être le pendant Internet du dossier de l'Express sur les médecines du bien-être. Nous devions expérimenter sur nous-mêmes les bienfaits de ces drôles de vampires. L'hirudothérapie, un sujet léger comme l'été.

Nous pensions pouvoir tester sans difficulté cette pratique de plus en plus répandue... et de plus en plus médiatisée. Las, les obstacles se sont multipliés.

Il faut d'abord savoir que la thérapie par les sangsues est un traitement long, qui se pratique surtout en chirurgie réparatrice et plastique. Peu propice à une séance éclair.

Par ailleurs, nous ne sommes pas parvenus, dans un premier temps, à trouver les coordonnées de médecins sur Paris, tous réticents à s'exprimer devant des journalistes pour des raisons de "déontologie". Pourquoi se cacher ainsi si la pratique est efficace?

Les autorités médicales (Conseil national de l'ordre des médecins, Académie de médecine, Haute autorité de la santé) ne reconnaissent pas l'hirudothérapie, alors même qu'elle est utilisée en hôpital.

Une pratique confidentielle

Nous ne sommes pas seuls en quête: nombre d'internautes demandent sur les forums médicaux où trouver un praticien spécialisé. Et ne trouvent aucune réponse.

Une solution? Contacter la société Ricarimpex, spécialisée, la seule en France, dans l'élevage des sangsues. On nous y dirige vers un praticien d'Aix-en-Provence, qui, lui, pratique à plaque découverte.

C'est avec une pointe d'ironie que le docteur Gillard évoque une "chasse aux sorcières". "Les médecins qui pratiquent l'hirudothérapie ne sont pas bien vus par leurs confrères. Je ne parle à personne de ce que je fais", explique-t-il.

Les mauvaises expériences, il n'en veut plus. Des clients, qui n'avaient pas réalisé ce que représente ce type de traitement, ont porté plainte devant l'ordre des médecins. Depuis, il est impossible de venir à son cabinet sans recommandation d'un autre patient: "C'est grâce au bouche à oreille que ma clientèle s'est constituée. Pour les sangsues, je ne prends pas n'importe qui, seulement les gens vraiment motivés".

Les hirudothérapeutes parisiens ne parlant pas aux journalistes, nous décidons de nous faire passer pour des patients. Et là, tout devient plus simple. Ricarimpex nous communique, sans même vérifier notre identité, les coordonnées d'un docteur en pharmacie.

Nous appelons le cabinet. Le médecin est en vacances, mais son assistante détaille sans rechigner le protocole. Après le premier rendez-vous, d'une durée de deux heures, pour établir un "bilan général", le patient doit suivre un traitement homéopathique d'une quinzaine de jours. Dans le même temps, il doit changer de régime alimentaire. L'application des sangsues, "remarquables pour combattre l'arthrose", commence à l'issue de cette période de préparation. Au programme, une séance de deux heures par mois pendant six mois.

A la question du prix, nous sommes estomaqués: la première consultation est à 100 euros. Le bilan général oblige... Puis, 50 euros pour les séances qui suivent. Sans compter le prix des sangsues!

Le point de vue des autorités médicales

L'hirudothérapie est-elle reconnue? Est-elle l'objet d'une interdiction? Le Conseil national de l'ordre des médecins estime que l'efficacité de l'hirudothérapie n'est pas scientifiquement prouvée.

Evelyne Acchiardi, attachée de presse du Conseil, affirme même ne jamais avoir entendu parler de recherches sur ce thème au sein de l'institution.

L'Académie Nationale de médecine est beaucoup moins clémente. Sans langue de bois, le professeur Jacques-Louis Binet considère qu'il s'agit de "charlatanisme". "C'est le retour à l'époque d'Hippocrate! On ne sait même pas d'où elles sortent, ces sangsues. C'est de la sorcellerie et, si les médecins se cachent, c'est bien que ce n'est pas une pratique anodine", s'emporte-t-il. Pourtant, certains hôpitaux les utilisent, comme au CHU de Nancy, en chirurgie plastique et réparatrice.

"Les sangsues servent en cas de problèmes de retour veineux, explique le Professeur Etienne Simon. Nous utilisons cette méthode très rarement, une à deux fois par an maximum. Mais la sangsue draine le sang. Elle est reconnue pour ses vertus anticoagulantes".

Aucun médecin que nous avons contacté n'a confirmé que les sangsues soulageaient l'arthrose, les varices ou les acouphènes.

27 juillet 2008

A bad week for alternative medicine


On Monday, Radovan Karadzic was revealed to be working as a healer. On Tuesday, we learned that a woman suffered brain damage after a detox. Rose Shapiro explains how to spot a quack.

Could this be the moment when alternative medicine finally gets the reputation it deserves and is seen for what it is - a massive social and intellectual fraud? Everything that is wrong with complementary and alternative medicine is contained in the two stories that have dominated the news this week - the discovery that Radovan Karadzic had reinvented himself as a white-haired guru offering homeopathy, energy medicine and acupuncture, and the story of Dawn Page, a woman who is now brain-damaged after she went on a "detox diet". For alternative medicine is not only founded on lies and falsehoods, but it can be very bad indeed for your health.

This largely unregulated and unaccountable industry is worth an estimated pounds 4.5bn in the UK. It is used by one in three of us. There are more alternative practitioners than there are GPs in this country, reiki "healers" are employed by the NHS and every chemist has shelves stacked high with alternative remedies. Alternative medicine users - who are mostly middle-aged, middle-class women - are apparently prepared to suspend all normal critical faculties when they encounter an alternative practitioner, even one like Karadzic, who claimed to be able channel energy into his own head via his repulsive topknot.

You don't need to be able to speak Serbian to recognise Karadzic's website as a classic of the altmed internet genre. As well as listing the usual contradictory ragbag of therapies familiar from the windows of the high-street altmed clinic - homeopathy, acupuncture, aromatherapy, Ayurvedic medicine and the like - it is peppered with the universal language of what Americans call "Woo": wellbeing, harmony, bioenergy and, most revealingly, "quantum". There's the long list of ailments he claimed to be able to treat, everything from diabetes to sports injuries and asthma. There are the pendants that supposedly protect the wearer from negative energies and, disturbingly, phallic objects apparently employed to both diagnose and cure.

Under the name of Dragan David Dabic he gave lectures on meditation and yoga and was keen to promote himself in alternative health magazines and at conferences. As an alternative practitioner, he fitted right in.

There's no indication of his credentials, but then credentials in alternative medicine are pretty much worthless. Barbara Nash, the alternative practitioner who developed the "Amazing Hydration Diet" that allegedly ruined the life of Dawn Page, has a diploma from the College of Natural Nutrition, based in Tiverton, Devon. This college sees "human beings as part of nature's system within the enormity of the world and the universe" and its unaccredited correspondence courses cost more than pounds 1,000 a year.

But it's worthless because it is not necessary to stump up the fees, since in this country anyone can set themselves up as a "nutritional therapist" without any qualifications. If you want reliable dietary advice it is dietitians, not nutritional therapists, who are properly trained to provide it.

Page wanted to lose weight and claims that she was advised by Nash to drink four pints of water a day and to cut out salt from her diet. Nash denies any fault, and although she paid Page a settlement of pounds 810,000 last week, she did so without admission of liability. But whatever Nash did or did not advise, nowadays such advice to drink large amounts of water is found in every woman's magazine - and yet it has no scientific basis and is known to be dangerous, even fatal, if done to excess. Page began to feel ill and vomit soon after starting the regime, but claims that she was reassured by Nash that this was a good sign and showed that the diet was working. She now suffers from epilepsy and has severe speech, memory and concentration problems.

Many "nutritional therapists" offer so-called detox diets, despite the fact that they never seem to identify the so-called toxins they claim to be banishing from the body, or any proof that these substances have actually gone. They often use the detox as a marketing opportunity for additional treatments and dietary supplements and if any user complains of feeling unwell, they say that this is a "healing crisis" that shows the detox is effective. They often claim, with no supporting evidence, that their regimens "boost the immune system" or "rebalance energies".

So if these cases are not unusual, how can you protect yourself from dangerous quackery? Even a cursory exploration of the world of alternative medicine reveals that many quacks back up their ludicrous claims with the same old ideas, however different their supposed treatments. These common identifiers will help you spot a quack.

For a start, quacks often use language that is abstract and subjective but is ultimately meaningless. Words such as "quantum" sound impressive to those of us with only a weak grasp of theoretical physics, but are in fact nothing but pseudo-scientific window dressing designed to lure a gullible public.
Their therapies are frequently based on "ancient wisdom" and their methods never change, regardless of any new evidence about their efficacy (or the lack of it). Sometimes this is not even true, as in traditional Chinese medicine, which claims to have been transposed intact over several millennia but in reality was fashioned from a ragbag of disparate therapies in post-revolutionary China because Mao could not afford to provide scientific medicine for the Chinese people. Similarly, the foot massage therapy called reflexology was invented in the US in the 1930s, and ear acupuncture by a French doctor in the 1950s.

Quacks will often tell you that feeling worse is a sign of getting better. Most detox regimes describe symptoms such as spots, bad breath, headaches and nausea as proof that the detox is working. Such a notion is central in homeopathy, which enables practitioners to rationalise away the worsening of their patients' symptoms.

Quacks often claim a success rate of around 80%, a figure not too high to be totally unbelievable but that is irresistible to prospective customers. In the name of "treating the whole person" they tend to diagnose the same disorder in every patient. One popular US therapist, Hulda Clark, in her books The Cure for All Diseases and The Cure for All Cancers, says that all illness is caused by either pollutants or parasites. Or you could put it another way: the orthodox doctor treats what you have, and the alternative practitioner says you have what she treats.

Quacks often say a powerful establishment is trying to suppress the discovery that they have made. They'll claim that doctors and pharmaceutical companies don't want you to know about natural cures because it would do them out of a job. At worst they accuse the medical profession of actively trying to make you ill and even of trying to suppress a cure for cancer. They like to say that drug companies aren't interested in remedies found in nature because these substances can't be patented, even though as much as a third of all modern medicines are derived from plants and many of the pharma ceutical multinationals are working closely with Chinese herbal medicine manufacturers, such as the company Chi-Med, to create new medicines for a world market.

Crucially, the evidence for quacks' claims is anecdotal and supported only by testimonials. Best of all is the practitioner who claims to have cured himself, who is often to be found in the area of problematic conditions such as chronic fatigue syndrome, for which orthodox medicine offers relatively little and in which desperate sufferers are easily encouraged to spend thousands of pounds on a myriad of useless alternative treatments, everything from vitamin injections to colour therapy.

Quacks are flattering and will appeal to your vanity. They tell you that you are unique and extraordinary and not like other people. On the rare occasions that they find nothing wrong they say you need maintenance treatment "in order to keep your energies in balance". One chiropractic guru, when asked what to say to the patient who asks how long they should have treatment, said the pat answer should be "only as long as you want to stay healthy".

Still, many aficionados, when they've finished saying "It works for me" like to move on to assert "What's the harm?" and suggest that even if the benefits of alternative medicine can't be proved, it is always wholly benign. The improvements may be due to the placebo effect, they say, but so what? It's true that many of these therapies won't do you any damage, particularly homeopathy, which usually consists to all intents and purposes of sugar pills or water with its active ingredients only in the name. Popular remedies such as "Coldenza," (sugar pills) or "Rescue Remedy" (small bottles of watered-down brandy sold at the equivalent of pounds 399 per litre) may be harmless, but problems arise with remedies such as "Malaria Officianalis" that has been sold as a protection against malaria to people travelling to at-risk countries. It may be harmless in itself, but encourages people not to take proven prophylactics. And many people are encouraged by alternative practitioners to defer or even avoid having orthodox treatment when they are ill, even those with conditions as serious as multiple sclerosis or cancer.

An estimated 25% of Chinese and Indian herbal medicines are adulterated with either heavy metals or by the deliberate addition of pharmaceuticals such as steroids, Viagra and banned amphetamines. Consumers have little or no protection in the UK from the worst kind of practitioners, with the Medicines and Healthcare Regulatory Authority helpfully advising us that it is not currently possible to distinguish between poisonous and adulterated herbal products and those made to acceptable quality and standards.

The ingestion of poisons and dangerous drugs may be one of the greatest risks of alternative medicine, but is not the only danger. People have suffered strokes and even died after having chiropractic neck manipulation, a risk downplayed by the General Chiropractic Council which is confident that the incidence of this kind of stroke "is no more than would occur naturally within the general population". Some risks may be negligible, but are still not worth taking when there is no apparent benefit, such as chiropractic x-rays.

"Chelation therapies" employed to detoxify the body of supposed mercury poisoning have caused serious illness and death. Spurious cancer cures have caused terrible suffering and a cruel dashing of false hope in those at the end of their lives. A BBC TV documentary told the story of a woman with cancer who was instructed by an alternative practitioner to have all her teeth removed by a "holistic dentist" as part of a "toxin/pathogen removal process" at a cost of pounds 2,500. She died five weeks later.

Now websites such as whatstheharm.net and skepdic.com/refuge/harmarchive have begun to catalogue cases of injury at the hands of alternative practitioners, including that of Rosemary Jacobs, whose skin was allegedly turned permanantly grey by the daily drinking of a silver supplement and of those whose ear drums were severely burned by hot wax dripping from an ear candle. Frances Denoon, who claims that she suffered a severe stroke and nearly died after a chiropractic neck manipulation, is campagning in the UK to publicise this risk.

Just because Karadic was a war criminal, it doesn't follow that all alternative practitioners are genocidal maniacs, and indeed many practitioners sincerely believe in what they are doing and want to help their clients. But there have surely been enough cases now of blatant recklessness if not outright deceit to confirm that practising alternative medicine is very often the last refuge of the scoundrel.



25 juillet 2008

La «mémoire de l’eau» a 20 ans

Canoë

L’été 2008 marque l’anniversaire d’une des recherches scientifiques les plus controversées des dernières décennies. Il y a 20 ans, au cours de l'été 1988, la revue Nature publiait un article dans lequel l’équipe de scientifiques français que dirigeait Jacques Benveniste affirmait que l’eau peut mémoriser des événements longtemps après que toute trace de ceux-ci soit évanouie.

La controverse fut si grande qu’elle est à l’origine de ce qui, quelques années plus tard, valut au célèbre médecin et immunologiste français son éviction de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM)

Controverse

La fameuse «mémoire de l’eau», fut baptisée ainsi par les médias qui firent écho aux recherches que Benveniste entreprit à partir de 1984 alors qu’il travaillait pour les laboratoires Boiron.

En juin 1988, lorsque John Maddox, rédacteur en chef de Nature, décida de publier l’article de Benveniste, il a vite compris que cette recherche allait provoquer l’ire du milieu scientifique. Pour protéger sa crédibilité éditoriale de l’agitation médiatique qu’il pressentait, Maddox ajouta à l’article du chercheur français, une mention de non-responsabilité semblable à celle qui accompagne l’article sur les pouvoirs surnaturels de Uri Geller que fit paraître également le magazine scientifique.

Malheureusement pour Benveniste, les chercheurs qui ont tenté par la suite d’établir la preuve que les molécules d’eau conserveraient le souvenir des éléments chimiques avec lesquels elles ont été en contact en sont venus à la conclusion que les résultats qu’avait obtenus en laboratoire le scientifique français n'étaient pas fiables.

Parce qu’il considérait l’eau comme un liquide intelligent, Benveniste s’est mérité en 1991, le premier Prix Ig Nobel décerné chaque année par l'université Harvard et la revue humoristique en science Annals of Improbable Research.

De la mémoire de l’eau à la biologie digitale

Bien qu’exclu de l’INSERM en 1995, Benveniste continua ses recherches et créa, à la fin des années 1990, le laboratoire DigiBio (fermé depuis 2001). Il affirma alors que non seulement l’eau avait une mémoire, mais que cette mémoire pouvait être numérisée, transmise par téléphone et Internet et réintroduite ensuite dans un nouvel échantillon d'eau. Cette autre théorie lui a valu en 1998 un deuxième Prix Ig Nobel.

Intéressée par les assertions de Benveniste, la US Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) a vérifié en laboratoire les expériences effectuées pas DigiBio. L’agence est parvenue à la conclusion suivante: «Notre équipe n'a trouvé aucun effet reproductible de signaux numériques dans l’eau.»

Si de nombreux points d'interrogation demeurent à propos des théories de Benveniste, il ne fait pas de doute qu’elles fascinent toujours 20 ans plus tard.


Le seul véritable point d'interrogation qui subsiste sur le sujet est de savoir pourquoi un scientifique du niveau de Benveniste s'est enfermé dans cette voie sans issue et s'est obstiné en dépit de toutes les preuves à charge.
On peut néanmoins prédire à la "mémoire de l'eau" une longue vie artificielle: l'astrologie, pseudo-science morte il y a des siècles, continue de fasciner les plus crédules d'entre nous.

22 juillet 2008

Karadzic lived as New Age doctor

By Ivana Sekularac Reuters

BELGRADE (Reuters) - Radovan Karadzic, one of the world's most wanted men, lived for years in a Belgrade suburb posing as a doctor of alternative medicine, hiding his famous face behind long hair, a bushy beard and thick glasses.

Pictures given to Reuters by people who knew him as his alter ego show his face, ruddy in his heyday as the leader of Bosnian Serb forces, now sunken and shallow. His eyes are dull behind old-fashioned, tinted frames.

The slightly curved nose is the only obvious similarity.

The trademark salt-and-pepper mane, perfectly coiffed throughout the 1992-95 war, had turned from sleek to frizzy. He wore it in a plaited top-knot, pure white mixed with flashes of black.

In another picture released by Serbian authorities, he looks tired and bespectacled, not the robust politician charged with orchestrating the murder of 8,000 people in Srebrenica and being responsible for the death of 11,000 in the 43-month siege of Sarajevo.

Karadzic lived quietly in New Belgrade, a sprawling suburb of massive, anonymous tower blocks that can house dozens of flats. Officials say he used the name Dr. Dragan David Dabic, and made a living as a practitioner of alternative medicine.

Last October he showed up at a wellness convention organised by 'Healthy Life' magazine, and introduced himself to the editor as a neuro-psychiatrist who wanted to contribute articles.

That part of his new identity was closest to his old self: Karadzic had studied in Sarajevo and qualified as a psychiatrist specialising in neurosis and depression.

POEMS

He liked to write, sometimes morbid and surreal poetry, sometimes children's poems.

"He was a kind man, with good manners, quiet and witty," Goran Kojic," the magazine's editor told Reuters.

"He said he was a psychiatrist who does energy therapies. I told him we were not able to pay him and could only give him an issue of the magazine for free.

"He was not physically fit, but I would say he was mentally fit."

Kojic said Karadzic did not have a Bosnian accent.

"I asked where he was from and he said he was from the Krajina region. I think he told me he had children. I doubted he had a degree because he didn't specify where he was working. He never showed me his diploma, he said his wife left it in the United States."

As the soft-spoken Dr Dabic, Karadzic held lectures and wrote articles comparing popular meditation techniques with 'Orthodox Meditation' a silent technique practiced by monks in Orthodox monasteries.

He was also interested in healing through the optimal use of 'vital energy', a quasi-mystical, non-physical dimension of the body, similar to the Chinese notion of 'Qi' and the Indian concept of the 'chakra' centres of energy in the body.

"He was very religious," said a woman who works at the magazine and knew him. "He had his hair in a plait in order to be able to receive different energies. He was a very nice man."

Karadzic appears to have lived comfortably within his new identity and to have moved freely. He liked being with people and getting attention.

An anti-cancer society in the northern town of Sombor still has on its website the announcement of an April lecture of Dr. Dragan Dabic on "similarities between meditation and orthodox meditation".

In another lecture programme, he described himself as a "researcher in the fields of psychology and bio-energy".

"I cannot believe it was him," Kojic said. "He was walking freely in the centre of the town. We talked a lot about family life. I am very sorry to find out that the man I knew is Radovan Karadzic, and that he was arrested. I feel miserable."

(Additional reporting by Ljilja Cvekic; Writing by Ellie Tzortzi; Editing by Janet Lawrence; ellie.tzortzi@thompsonreuters.com; Belgrade Newsroom))


Comme souvent, charlatanisme et idéologies extrêmes (de 'droite' ou de 'gauche') font bon ménage.

19 juillet 2008

Electromagnetic Hypersensitivity: A Systematic Review of Provocation Studies

Psychosomatic Medicine 67:224-232 (2005)

Objectives: The objectives of this study were to assess whether people who report hypersensitivity to weak electromagnetic fields (EMFs) are better at detecting EMF under blind or double-blind conditions than nonhypersensitive individuals, and to test whether they respond to the presence of EMF with increased symptom reporting.

Methods: An extensive systematic search was used to identify relevant blind or double-blind provocation studies. This involved searching numerous literature databases and conference proceedings, and examining the citations of reviews and included studies. The results of relevant studies were tabulated and metaanalyses were used to compare the proportions of "hypersensitive" and control participants able to discriminate active from sham EMF exposures.

Results: Thirty-one experiments testing 725 "electromagnetically hypersensitive" participants were identified. Twenty-four of these found no evidence to support the existence of a biophysical hypersensitivity, whereas 7 reported some supporting evidence. For 2 of these 7, the same research groups subsequently tried and failed to replicate their findings. In 3 more, the positive results appear to be statistical artefacts. The final 2 studies gave mutually incompatible results. Our metaanalyses found no evidence of an improved ability to detect EMF in "hypersensitive" participants.

Conclusions: The symptoms described by "electromagnetic hypersensitivity" sufferers can be severe and are sometimes disabling. However, it has proved difficult to show under blind conditions that exposure to EMF can trigger these symptoms. This suggests that "electromagnetic hypersensitivity" is unrelated to the presence of EMF, although more research into this phenomenon is required.

09 juillet 2008

Crânes de cristal: ceux des musées de Washington et Londres sont également faux

PARIS (AFP) - Les crânes de cristal de roche dits aztèques ou mayas du British Museum à Londres et de la Smithsonian Institution à Washington sont des faux, comme celui du musée du Quai Branly à Paris, selon une étude publiée mercredi dans la revue Journal of Archaeological Science.

"Les crânes (de Londres et Washington) ne sont pas pré-colombiens. Ils doivent être considérés comme étant de manufacture relativement moderne", selon les auteurs de l'article qui estiment qu'ils ont "probablement été réalisés moins d'une décennie avant leur première mise en vente" au XIXe siècle.

Les scientifiques qui ont analysé les crânes ont conclu qu'ils avaient été taillés et polis par des outils datant de l'ère industrielle.

Il existe dans le monde 12 "crânes de cristal" répertoriés, dits aztèques ou mayas, apparus sur le marché des antiquités à la fin du XIXe siècle. Neuf d'entre eux appartiennent à des personnes privées.

Celui du Quai Branly, qui présente "des traces d'abrasion et de polissage effectuées avec des outils modernes", date "du XIXe siècle, et vraisemblablement de sa seconde moitié", avaient conclu il y a trois mois les les scientifiques qui l'avaient examiné.

Le crâne de Londres, de 15 cm de haut, acheté par le British Museum en 1897, a été travaillé avec des tours pour lui donner son aspect, et avec une foreuse pour les orbites et les narines. Du diamant et du corindon ont par ailleurs été appliqués avec des outils en fer et en acier pour lisser sa surface, a révélé son examen avec un microscope électronique.

La Smithonian Institution a acquis son crâne de cristal, haut de 25,5 cm, en 1992. Des "légères traces" d'outils, comme des meules - des outils qui n'existaient pas en Amérique Latine avant l'arrivée des Européens -, ont été notées à sa surface. Par ailleurs, du carbure de silicone - un composé trouvé uniquement dans des météorites et utilisé dans les abrasifs modernes - a été décelé dans une petite cavité.

Enfin, des petites irrégularités dans le quartz montrent que celui du crâne de Londres provenait des Alpes, du Brésil ou de Madagascar, et celui de Washington peut avoir "de nombreuses sources potentielles", dont le Mexique et les Etats-Unis.

Le crâne du British Museum était passé au XIXe siècle, comme celui du Quai Branly, entre les mains d'un marchand très controversé, Eugène Boban, soupçonné de supercherie.

Le premier achat connu pour celui de la Smithonian Institution remonte à Mexico en 1960, et les scientifiques pensent qu'il avait "probablement été usiné peu de temps avant son acquisition".

Les 12 crânes de cristal ont toujours été entourés de mystère. Ils auraient été apportés sur terre par un peuple venu de la mythique Atlantide, pour faire don de leurs connaissances aux hommes, puis gardés dans une grande pyramide par les Olmèques, les Mayas, puis les Aztèques qui les auraient dispersés.

Les crânes pouvaient manger ou parler et bénéficiaient de multiples pouvoirs une fois réunis. Et si on les aligne le dernier jour du calendrier maya - le 21 décembre 2012 - la Terre ne pourra pas basculer, raconte encore la légende.

06 juillet 2008

Quand la publicité avance masquée sur internet


Quelques grains de maïs qui se transforment en pop corn sous l'effet des ondes de téléphones portables : cette vidéo truquée de quelques secondes, déjà visionnée par 15 millions d'internautes, est le dernier exemple marquant d'une publicité déguisée.

Les ingrédients du succès sont simples : au moment où les effets supposés nocifs des mobiles inquiètent les consommateurs, cette vidéo «pop corn» a intrigué, alarmé ou amusé les internautes qui l'ont donc diffusée à leur entourage et ont ainsi contribué au succès de la publicité d'une société fabriquant des oreillettes.Cette technique publicitaire, appelée marketing viral, s'appuie sur un principe: de cible, l'internaute devient relais gratuit du message publicitaire et les annonceurs comptent sur l'effet démultiplicateur d'internet.

«Pour nous, c'est un succès incroyable. Nous ne pensions pas réussir un tel buzz», a avoué Frédéric Chast, concepteur de cette campagne virale. «Et pour notre client Cardo, c'est également une réussite intégrale : pour pas très cher (environ 90.000 euros, ndrl), la vidéo a touché énormément de monde».

L'an passé, pour le lancement de la nouvelle formule de l'hebdomadaire Choc, l'agence Buzzman avait elle réalisé une fausse vidéo du dérapage de Jean-Luc Delarue dans un avion. En moins de 24 heures, cette vidéo est devenue culte et par la suite l'audience du site du magazine a bondi de 250% par jour.

«Avec l'internet à haut débit, l'explosion du web 2.0 et la multiplication des sites participatifs (YouTube, Dailymotion, Facebook...), le marketing viral prend une place de plus en plus importante et permet un retour sur investissement plus intéressant pour les marques», explique Nicolas Tracz, consultant en stratégie marketing.

Internet est ainsi un amplificateur très puissant qui peut permettre à une marque d'émerger, d'autant plus que les internautes sont moins méfiants quand les vidéos sont recommandées par des amis.

Mais avant d'atteindre le grand public, les agences marketing effectuent un véritable travail de ciblage. «A la différence des campagnes dans les médias traditionnels, c'est une fois la campagne lancée que le plus dur reste à faire», indique Emmanuel Vivier de Culturebuzz, spécialisée dans le marketing viral.

En fonction de la campagne, il est pour les agences primordial de bien choisir leurs premiers relais. Les webmasters, les présidents d'associations étudiantes, les blogueurs influents sont des cibles de choix pour être le premier maillon de la chaîne.

«Le plus difficile est de convaincre les blogueurs qui sont les plus méfiants. Mais, si eux marchent, alors, derrière le grand public s'engouffre et la propagation prend un tour exponentiel», détaille M. Chast.

Ensuite, les agences qui suivent quasiment heure par heure la diffusion de la vidéo, peuvent relancer les envois par mails et poster eux même des commentaires sur les sites pour «faire du bruit» autour de la vidéo.

Autre point intéressant de cette technique virale pour les annonceurs : la durée de vie de ces publicités par rapport aux campagnes classiques. Une vidéo peut ainsi être vue des mois après son lancement et l'on peut sur internet connaître, dans le détail, le nombre de personnes que la publicité a touchées.

Toutefois, les annonceurs se font parfois prendre à leur propre «jeu» : l'internaute participatif se rebelle parfois et certaines marques ont du mal à contrer l'effet dévastateur des parodies qui circulent aussi sur la toile.



En attendant, ce sont plusieurs milliers de personnes qui ont réellement cru à cette vidéo et au pouvoir de nuisance du portable.

20 juin 2008

Plagiat, falsification de données: les scientifiques trichent souvent

Agence France-Presse, Paris

Les scientifiques trichent beaucoup plus souvent que l'on ne pensait jusqu'à présent, révèle un sondage réalisé aux États-Unis auprès de plus de 2000 d'entre eux, à paraître jeudi dans la revue britannique Nature.

Selon cette étude, près de 9% des 2212 scientifiques interrogés, appartenant à 605 institutions américaines dépendant des Instituts nationaux de la Santé (NIH), ont eu vent d'une tricherie dans les trois ans précédant l'enquête, soit un total de 201 cas. Ou 3 incidents pour 100 chercheurs chaque année.

Les auteurs de l'article, travaillant au Bureau de recherche sur l'intégrité (Ori), soulignent que si l'on extrapole ces résultats à toute la communauté de chercheurs soutenus par le département de la Santé (DHHS), quelque 2325 actes de mauvaise conduite sont commis chaque année aux États-Unis par des scientifiques liés aux NIH, dont 1000 ne seraient pas détectés.

Ces malversations concernent des plagiats (36%), ou encore des données, rapports, publications ou demandes de bourses fabriqués de toute pièce ou falsifiés (60%).

Le nombre de cas de mauvaise conduite rapportés à l'Ori est très bas, avec à peine 24 enquêtes lancées chaque année pour des affaires ayant un lien avec un financement des NIH, soulignent les auteurs, Sandra Titus, James Wells et Lawrence Rhoades.

Selon eux, plusieurs actions devraient être engagées pour limiter la tricherie, dont une culture de tolérance zéro, une protection des délateurs ou une action auprès des tuteurs pour qu'ils forment leurs collaborateurs au respect de l'honnêteté.

18 juin 2008

Elizabeth Teissier avait prédit la victoire de l'équipe de France à l'Euro

AFP - Mercredi 18 juin, 19h16

GENÈVE (AFP) - L'astrologue Elizabeth Teissier avait prédit la victoire... de l'équipe de France à l'Euro-2008 et "un moment unique dans la vie" du sélectionneur Raymond Domenech, dans une chronique parue mercredi dans le magazine suisse l'Illustré.
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"Le ciel de Raymond Domenech, comparé à celui de la finale de l'Euro, m'a éblouie", écrit Elizabeth Teissier.

"Ce verseau ascendant vierge vit un moment unique dans sa vie, à l'instar d'Alain Prost en 1985, lorsque je lui ai annoncé qu'il serait champion du monde", poursuit-elle.

"De là à conclure que la France va gagner l'Euro, il n'y a qu'un pas, que je franchis allégrement!", prédit l'astrologue dans sa chronique, parue au lendemain de l'élimination de l'équipe de France de l'Euro.


Si Elizabeth Teissier est aussi fiable pour ses prévisions professionnelles que sentimentales, le sélectionneur de l'équipe de France peut trembler en attendant la réponse de sa dulcinée. Heureusement pour lui, il arrive qu'Elizabeth Teissier tombe juste... Par le simple hasard, comme tout le monde.

17 juin 2008

Hépatite B : la France toujours à la traîne

Par Destination Santé

Plus de 10 ans après « l'affaire » du vaccin anti-hépatite B et de son rôle supposé dans l'apparition de cas de sclérose en plaques (SEP), la France nage toujours dans ses contradictions. Onze études ont déjà écarté toute relation entre la SEP et ce vaccin… Et pourtant rien n'y fait : les Français et une partie des professionnels de santé le boudent toujours. Petit retour sur une épine dans le pied, dont un récent rapport de l'OMS ravive le piquant…
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« Dix ans après, la France a encore du mal à augmenter sa couverture vaccinale contre l'hépatite B » nous explique sur un ton très diplomatique (devoir de réserve oblige !) Eric Laurent. Au bureau régional de l'OMS pour l'Europe, il est « Conseiller adjoint en charge du programme des vaccinations ». Un conseiller donc, qui rappelle à l'envi que « le rôle de l'OMS n'est certainement pas de critiquer ses Etats-Membres ».

Critiquer, peut-être pas… Mais l'Organisation sait trouver son franc-parler quand il s'agit de mettre en garde contre les risques sanitaires liés à des choix politiques hasardeux ! En 1998, elle ne s'était pas privée de dire son désaccord avec la décision – prise par Bernard Kouchner – de suspendre la vaccination systématique des adolescents contre l'hépatite B. « Vous savez, nous sommes en contact régulier avec les autorités sanitaires françaises. Mais la situation est délicate, la vaccination contre l'hépatite B est un dossier sensible en France ». Sensible et surtout explosif : avec une couverture vaccinale qui oscille entre 33% et 42%, notre pays prend le risque sérieux de laisser « filer » les cirrhoses et les cancers primitifs du foie…

Pourquoi sommes-nous les seuls en Europe à nous défier de ce vaccin, le seul encore très récemment, à protéger d'un cancer ? Pour Eric Laurent, l'affaire est entendue : c'est la campagne de vaccination de masse lancée contre l'hépatite B en 1997 qui serait en cause. « C'est connu, les populations établissent très facilement un lien de cause à effet entre un vaccin et un effet secondaire. En revanche, défaire ce lien est une entreprise beaucoup plus longue et difficile. Il y a un grand travail d'information à fournir de la part des autorités ».

Aussi bien en direction du public, que des professionnels de santé ? « Oui, tout à fait, il est impératif d'avoir une position claire sur le sujet. La France devrait peut-être lancer une vaste campagne médiatique afin de rassurer une fois pour toute ses citoyens quant à l'innocuité du vaccin. A l'instar de celle qui a été menée en Grande-Bretagne il y a 4 ans. Elle avait alors permis de réconcilier les Anglais avec le vaccin ROR ».

Source : Bulletin de l'OMS, 6 juin 2008 ; interview d'Eric Laurent, Conseiller adjoint en charge du programme des vaccinations, OMS/Europe, 13 juin 2008


"Contre la stupidité, les dieux eux-mêmes luttent en vain" écrivait Schiller. La pseudo-affaire du vaccin de l'hépatite B range la France dans la queue de peloton des nations occidentales. Nous remercierons les crieurs "au feu" dans quelques années, en leur mettant le nez dans l'augmentation des cirrhose et cancers du foie. Gageons qu'ils n'auront pas l'intelligence de reconnaître leurs erreurs.

ACADEMIE DE MEDECINE: Les risques du téléphone portable, Mise au point

COMMUNIQUE DE L'ACADEMIE NATIONALE DE MEDECINE, le 17 juin 2008

Les risques potentiels des téléphones portables ont fait l’objet de très nombreuses études, justifiées par le développement massif de la téléphonie mobile depuis 1993. Ces études relèvent soit d’une approche expérimentale (sur l’animal, sur des cultures cellulaires, voire sur des végétaux) soit d’une approche épidémiologique fondée sur des études cas-témoins.

L’étude internationale Interphone a été lancée car la plupart des études épidémiologiques antérieures apportent en réalité peu d’informations en raison d’une faible puissance statistique (peu de cas de la pathologie suspectée), d’un faible recul dans le temps (la plupart des cancérogènes connus ont des délais d’action d’environ 10 à 15 ans) et surtout, du fait de la difficulté principale des études cas-témoins, d’incertitudes importantes sur les expositions.
Ces incertitudes sont liées, en effet, au fait que l’estimation de l’exposition repose le plus souvent sur l’interrogatoire des cas et des témoins. On se heurte alors à la difficulté objective de se rappeler quel usage on faisait de son portable 5 ou 10 ans avant (ce type d’incertitude pourrait être pris en compte par des techniques statistiques adéquates, mais ce n’est presque jamais fait) et surtout à d’éventuels « biais d’anamnèse », les cas ayant tendance à mieux se rappeler leurs expositions que les témoins. Ce biais ne peut être corrigé de manière fiable sans mesure objective de l’exposition.
L’étude Interphone, conduite dans 13 pays, aura une puissance statistique importante puisqu’elle repose sur 6.600 cas de tumeurs (2.700 gliomes, 2.400 méningiomes, 1.100 neurinomes de l’acoustique et 400 tumeurs de la parotide). La publication de ses résultats globaux a été plusieurs fois annoncée et ajournée mais certains résultats partiels ont été publiés concernant le Danemark, la Suède, la Norvège, le Japon, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France.
Les résultats de ces études partielles sont pour le moment rassurants :
- les six études qui examinent les cas de neurinomes de l’acoustique ne montrent pas d’augmentation du risque, avec une incertitude à lever pour les utilisateurs depuis plus de dix ans ;
- les cinq études sur les méningiomes ne montrent pas d’augmentation du risque ;
- aucune des six études concernant les gliomes ne montre de risque significatif d’utilisation du portable mais le regroupement des études anglaises et nordiques montre un risque relatif de 1,39, à peine significatif (intervalle de confiance à 95% : 1,01 – 1,92) pour une utilisation du portable supérieure à 10 ans et du même côté que la tumeur.

L’étude Interphone France n’a pas montré d’excès de risque statistiquement significatif et ses auteurs ne font que suggérer la possibilité d’un risque pour des utilisations de 10 ans ou plus.
Ces résultats doivent être consolidés par le regroupement de toutes les études partielles, mais Interphone n’échappe pas à de sérieuses réserves méthodologiques : les expositions des cas et des témoins ont été estimées à partir d’interrogatoires sources d’incertitudes (non prises en compte dans les analyses statistiques) et de biais possibles d’anamnèse (pratiquement impossibles à corriger) ; les multiples tests statistiques devraient se fonder sur des techniques statistiques adéquates (pour ne pas augmenter le risque de résultat positif par simple hasard), ce qui n’est pas le cas.

Il sera donc important que la communauté scientifique dispose des données de base de cette étude pour pouvoir en vérifier la validité méthodologique.
L’Académie de médecine rappelle :
- que la médecine n’est ni de la publicité ni du marketing, et qu’il ne peut y avoir de médecine moderne que fondée sur les faits. Inquiéter l’opinion dans un tel contexte relève de la démagogie mais en aucun cas d’une démarche scientifique. On ne peut pas raisonnablement affirmer qu’ « un risque existe qu'il favorise l'apparition de cancers en cas d'exposition à long terme » et, en même temps, qu’ « il n'y a pas de preuve formelle de la nocivité du portable » ;
- que le principe de précaution ne saurait se transformer en machine alarmiste, surtout quand plusieurs milliards de portables sont utilisés dans le monde sans conséquences sanitaires apparentes depuis 15 ans.

L’Académie de médecine recommande :
- d'évaluer sérieusement les risques régulièrement évoqués, en privilégiant dans chaque cas une grande étude inattaquable sur sa méthodologie (ce qui n'est le cas ni d'Interphone ni du grand nombre d'études sur le même sujet qui l'ont précédée), plutôt que de nombreuses études de moindre envergure dotées de moyens et d’une puissance statistique insuffisants ;
- de privilégier les études de cohorte qui permettent une estimation beaucoup plus fiable des expositions et évitent les biais d’anamnèse entre les cas et les témoins ;
- de mettre systématiquement à la disposition de la communauté scientifique les données de base des études épidémiologiques, après un délai raisonnable pour ne pas priver ses auteurs de la priorité de leurs publications, afin de pouvoir faire l’analyse pertinente de leur fiabilité.

Contact Presse / Nicole Priollaud
01 45 25 33 17 ou 06 09 48 50 38 nicole.priollaud@wana....fr

11 juin 2008

Bébé né handicapé: pas d'indemnité pour le père qui avait refusé l'intervention d'hommes

LYON (AFP) - Une famille, qui réclamait des indemnités à l'hôpital de Bourg-en-Bresse pour la naissance d'un enfant handicapé, a vu sa demande rejetée et devra payer 1.000 euros de frais de justice au centre hospitalier, parce que le père de famille, musulman, avait refusé la présence de médecins hommes lors de l'accouchement.
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Dans un arrêt rendu mardi, la cour administrative d'appel de Lyon estime que "l'état de l'enfant est totalement imputable à l'attitude de M. Radouane Ijjou" et que le couple ne peut "rechercher la responsabilité (...) du centre hospitalier de Bourg-en-Bresse".

"Je m'y attendais eu égard au témoignage du centre hospitalier disant que M. Ijjou a fait obstruction à l'intervention de tout personnel soignant masculin", a affirmé à l'AFP l'avocate de la famille, Me Isabelle Damiano.

"La décision est très dure, on dit à l'enfant qu'il n'a qu'à s'en prendre à ses parents", a-t-elle ajouté.

Né le 8 novembre 1998, le petit Mohammed est handicapé à 100% à la suite de complications neurologiques lors de sa naissance.

Selon la cour administrative d'appel, l'opposition du père de famille à toute présence masculine a causé le handicap de l'enfant, en empêchant de faire les examens qui "auraient permis de prévenir les graves complications neurologiques dont a été victime le jeune Mohammed".

"Dès 9H40, la sage-femme a appelé l'interne de garde et invoquant ses convictions religieuses, M. Ijjou s'est, jusqu'à 10H10, physiquement opposé à toute présence masculine dans la salle d'accouchement", indique l'arrêt.

"Lorsque vers 10H10, après négociation, M. Ijjou ne s'est plus opposé à l'intervention des médecins masculins, il était trop tard pour commencer une césarienne et l'extraction de l'enfant a dû être effectuée par application de forceps", souligne la cour.

"M. Ijjou a toujours dit qu'il voulait que sa femme accouche dans des conditions normales. Au départ, il avait indiqué qu'il préférait que ce soit une femme, mais quand les choses se sont compliquées, peu lui importait", a indiqué Me Damiano.

"Il est musulman pratiquant, mais il se défend d'être intégriste", a souligné l'avocate en ajoutant: "Il a toujours refusé cette étiquette qu'on a voulu lui coller".

La demande de la famille Ijjou avait été rejetée en mai 2006 par le tribunal administratif de Lyon. Les époux avaient ensuite saisi la cour administrative d'appel en demandant que le centre hospitalier de Bourg-en-Bresse leur verse "une indemnité provisionnelle de 100.000 euros et, à titre personnel, une somme de 10.000 euros".


Les croyances des parents peuvent tuer les enfants, ou les rendre invalides à vie. On admirera le culot de ce 'père' qui a fait passer la vie de son enfant (et probablement de sa femme) après ses croyances, et qui réclame aux autres le prix de ses errements. Il refuse l'étiquette d'intégriste, s'installant ainsi dans la dénégation de l'évidence.

06 juin 2008

Laboratoire clandestin de médicaments: quatre personnes, dont deux pharmaciens, mis en examen

AP - Quatre personnes, dont deux pharmaciens, ont été mises en examen et laissées en liberté sous contrôle judiciaire dans le cadre de la découverte à Messimy (Rhône) d'un laboratoire clandestin de fabrication de médicaments alternatifs destinés à soigner des maladies lourdes, a annoncé vendredi le procureur de la République de Marseille Jacques Dallest.

Au terme de deux ans d'enquête, le parquet de Marseille, qui compte l'un des deux pôles français de santé publique avec Paris, a été désigné pour mener les investigations sur cette affaire. La juge d'instruction Véronique Imbert a procédé jeudi soir à la mise en examen des deux dirigeants d'une association baptisée "Choisis la vie", qui distribuait ces substances. "Vita", "Vitoral" et "Sovita", confectionnées sous forme de comprimés, crèmes, sirops ou suppositoires, étaient présentées comme permettant de soigner des maladies comme les cancers ou la sclérose en plaques.

Les qualifications retenues contre le couple de responsables associatifs sont celles d'"exercice illégal de la pharmacie" pour l'homme, d'"exercice illégal de la médecine" pour son épouse. Ils sont âgés de 70 et 67 ans. La juge a également retenu contre eux la "tromperie sur une marchandise entraînant un danger pour la santé de l'homme", les "blessures involontaires" et la "mise en danger d'autrui".

Une plaignante de Roanne (Loire) s'est plainte de l'aggravation de son état de santé, après avoir consommé les substances visées. L'enquête doit aussi déterminer les effets potentiels d'une substance baptisée "Uréthane", suspecte de nocivité.

L'association "Choisis la vie", qui a réalisé en 2007 et 2008 un chiffre d'affaires de plusieurs centaines de milliers d'euros, a fait l'objet d'une mise en examen pour "exercice illégal de la pharmacie par personne morale".

Deux pharmaciens de 51 et 55 ans, qui fabriquaient clandestinement les produits qui n'ont jamais obtenu d'autorisation de mise sur le marché (AMM), ont également été mis en examen jeudi soir pour "exercice illégal de la pharmacie, tromperie, mise en danger d'autrui et préparation de médicaments sans respect des bonnes pratiques".

Les deux responsables associatifs doivent verser chacun une caution de 35.000 euros, les pharmaciens chacun 50.000 euros.

Le procureur Dallest a dénoncé vendredi "une pratique illégale, discutable et parallèle" aux allures d'"entreprise humanitaro-commerciale".

Les mis en examen encourent quatre ans de prison et 75.000 euros d'amende.


Les affaires de ce genre se multiplient, les escrocs se masquant derrière des associations profitant de la naïveté des adeptes des pseudo-médecines. Ainsi, on a vu se multiplier les vendeurs de ces pseudo-medecines miracles, y compris en para-pharmacie. La plupart des vendeurs évitent soigneusement d'affirmer leurs effets miracles, comptant sur leurs adeptes pour répandre leur foi, principalement via Internet. Ils évitent ainsi les foudres de la justice tout en faisant une fortune facile.

04 juin 2008

Indiana Jones ne connaît pas sa géographie, reprochent les Péruviens

LIMA (AFP) - Indiana Jones, le célèbre archéologue du "Royaume du crâne de cristal" n'est certainement pas géographe, vitupèrent les péruviens, irrités en voyant leur pays andin confondu grossièrement avec le Mexique.
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Les spectateurs péruviens avaient pourtant été préparés par une campagne publicitaire ne laissant rien ignorer du fouet, des différents pistolets de l'aventurier allergique aux serpents, du saint graal ou des nazis avides de reliques aux pouvoirs magiques. Ils ont été décontenancés, déçus et enfin irrités en entendant le mexicain Pancho Villa parler en quechua, la langue des Incas et en constatant la confusion dans les décors et les lieux supposés.

"C'est un barbarisme", tonne Hugo Neyra, un historien, devenu directeur de la bibliothèque nationale de Lima.

A la sortie des salles, les spectateurs sont désorientés par les rancheras, ces chansons traditionnelles mexicaines qui accompagnent le héros dans l'Amazonie péruvienne. Ils sont aussi surpris par les féroces guerriers mayas qui parlent la langue des Andes où encore par la fameuse pyramide de Chichen Itza (au Mexique) déplacée... dans l'Amazonie péruvienne.

Pour l'historien Manuel Burga, ancien recteur de l'Université San Marcos, Steven Spielberg et George Lucas manquaient visiblement de conseillers historiques: "Il y a beaucoup de données fausses, même s'il s'agit d'une fiction cela va faire du tort, on montre un Pérou qui n'est pas vrai. Il n'est pas possible de confondre l'Amazonie avec la forêt du Yucatan au Mexique" proteste-t-il.

L'historien Teodoro Hampe n'est pas surpris en expliquant que pour l'américain moyen, tout ce qui existe au-delà de sa frontière sud, à partir du Mexique c'est du pareil au même: "Pour eux, c'est la même chose que ce soit le Mexique, le Guatemala, la Bolivie ou le Pérou".

Enfin les commentateurs regrettent que le message du film soit que les réussites des civilisations latino-américaines proviennent des extraterrestres et non de leurs habitants.


Dans la liste des bêtises, on peut ajouter les crânes de cristal eux-mêmes, dont il est maintenant prouvé que ce sont des faux. Evitons de croire qu'Indiana Jones est le titre d'une série d'émissions scientifiques, sans pour autant bouder notre plaisir.

03 juin 2008

Quatre bibliothèques de la Ville de Paris ont dû débrancher leurs bornes Wi-Fi face aux inquiétudes du personnel. Dernière en date : la bibliothèque interuniversitaire Sainte-Geneviève, dans le 5e arrondissement. La direction a pris cette décision après qu'un employé eut décidé d'exercer son droit de retrait, en vertu d'un moratoire sur le Wi-Fi, adopté en octobre 2007 par le comité d'hygiène et de sécurité.

Magasinier depuis quatre ans dans cet établissement, Gabriel Fondet témoigne : "Les douleurs se sont installées progressivement. Entre les téléphones portables activés, les ordinateurs portables connectés au Wi-Fi, les lampes à fort rayonnement, les antennes-relais de téléphonie à proximité, nous sommes exposés en permanence." D'autres témoignages lui ont permis de déterminer l'origine de ses troubles. Néanmoins, il reste prudent : "Les autres sources de pollution électromagnétiques sont à prendre aussi en compte. Le Wi-Fi seul n'est peut-être pas responsable de tous les maux", admet M. Fondet.

Le syndicat Supap-FSU et les associations Priartem, Agir pour l'environnement et Robin des toits soutiennent les employés. "Certains avancent que les douleurs seraient psychosomatiques. C'est un argument sans preuve ! Nous n'avons aucune prénotion sur le niveau d'exposition à partir duquel les gens souffrent", explique Stéphane Kerckhove, délégué général d'Agir pour l'environnement.

Janine Le Calvez, présidente de Priartem, fait le même constat : "Le Wi-Fi a été développé sans aucune étude d'impact sanitaire. Nous sommes passés du déni des effets à l'incertitude."

Les responsables de l'Association française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) ne partagent pas cet avis. "Nous ne pouvons pas nous permettre d'éliminer d'autres causes, comme le stress, lié à la présence d'antenne de rayonnement. Scientifiquement, on ne peut accorder foi à la thèse des malaises dus au Wi-Fi. Il n'y a aucun trouble connu à court terme", estime Olivier Merckel, chef de l'unité agent physique.

Face à ces interrogations, la connexion filaire traditionnelle fait son retour comme à la Bibliothèque nationale de France et dans les écoles de Courbevoie (Hauts-de-Seine).

Lucile Ageron


Encore une fois, l'inversion de la charge de la preuve est présentée sous couvert du principe de précaution. Les bibliothèques souhaitant installer un système Wifi ne pouvant pas procéder à des études cliniques, l'interdiction est gagnée d'avance. Reste à faire croire aux employés des bibliothèques qu'on a installé un système Wifi et à les écouter se plaindre des maux de tête que ce système inexistant provoque chez eux. Un test en simple aveugle qui révèlerait les simulateurs psychosomatiques.

Le président indonésien berné par un soi-disant carburant miracle

JAKARTA (AFP) - Le président indonésien a cru et soutenu le soi-disant inventeur d'un carburant miracle, présenté comme un dérivé de l'eau mais qui en fait n'était qu'un banal gasoil, a rapporté mardi la presse à Jakarta.
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Des scientifiques ont facilement démontré que le liquide baptisé "Energie bleue" n'était qu'un simple diesel produit par la société nationale d'hydrocarbures Pertamina.

"L'Energie bleue n'a rien d'extraordinaire, c'est juste une forme d'hydrocarbone ou de carburant fossile", a déclaré aux journalistes le ministre de la Recherche et de la Technologie Kusmayanto Kadiman.

La "découverte" de l'"Energie bleue" avait fait les gros titres en Indonésie, son concepteur, Joko Suprapto, étant parvenu à convaincre le président Susilo Bambang Yudhoyono qu'il avait réussi à séparer l'hydrogène de l'eau, pour produire du carburant.

Le procédé "révolutionnaire" avait été présenté solennellement au sommet de l'ONU sur les changements climatiques de décembre 2007 à Bali, avec l'appui du président Yudhoyono.

M. Suprapto avait disparu le mois dernier, ce qui avait poussé le chef de l'Etat indonésien à redouter qu'il ait été recruté ou enlevé par une multinationale pétrolière avide de bénéficier de son invention, a rapporté l'hebdomadaire Tempo.

M. Yudhoyono avait donc ordonné des recherches tous azimuts. L'"inventeur" a finalement été retrouvé dans un hôpital de Java, souffrant de problèmes cardiaques.

Selon le journal The Jakarta Post, le président indonésien s'est justifié mardi devant des experts de l'énergie en expliquant qu'il n'était pas lui-même un scientifique, mais qu'il était doué "du sens de la responsabilité et de curiosité".

27 mai 2008

Une étude falsifiée sur la nocivité des téléphones portables

Courrier International

En 2005 et 2008, des chercheurs de l'université de Vienne avaient fait sensation en révélant que les champs électromagnétiques générés par les antennes de téléphones portables pouvaient causer des ruptures dans les brins d'ADN des cellules. Conséquence possible : le cancer. Les pourfendeurs des antennes relais de téléphones portables s'étaient empressés d'exploiter ces études.

Seul problème : les résultats utilisés par les chercheurs étaient faux. Une technicienne de laboratoire les avait falsifiés, rapporte le magazine allemand Der Spiegel.

Le coup est dur pour Franz Adlkofer, l'un des superviseurs des recherches. Régulièrement cité par les médias, ce professeur munichois coordonnait également l'étude européenne REFLEX, qui avait également conclu, en 2003, à la nocivité des téléphones portables. Selon un autre spécialiste cité par Der Spiegel, il n'a pas pu ne pas s'apercevoir que les données étaient truquées.


Une preuve de plus que les valeureux défenseurs auto-proclamés de notre santé peuvent faire aussi 'bien' que ceux qu'ils dénoncent, pour essayer de prouver leurs théories, au mépris de l'éthique scientifique la plus élémentaire.

25 mai 2008

L’acide folique et les vitamines B sans effet contre les maladies cardiovasculaires

Une supplémentation en acide folique, vitamines B6 ou B12, seuls ou en combinaison, réduisent les concentrations d’homocystéine.

A partir de ces données, un certain nombre d’études randomisées ont cherché à savoir si cette supplémentation prévenait aussi les événements cardiovasculaires.

Des travaux ont été menés dans les populations générales mais on dispose de peu d’études chez les patients ayant déjà une maladie cardiovasculaire. C’est le sujet du travail publié dans le JAMA.

5 442 femmes, professionnelles de santé américaines, âgées de 42 ans ou plus, et qui avaient soit des antécédents d’accident vasculaire cérébral ou plus de 3 facteurs de risque coronarien ont été enrôlées dans une étude randomisée en double insu versus placebo.

Elles ont reçu un comprimé contenant une combinaison de 2, 5mg d’acide folique, 5mg de vitamine B6 et 1 mg de vitamine B12 ou un placebo. Elles ont été traitées pendant plus de 7 années entre avril 1998 et juillet 2005.

796 femmes ont présenté un événement cardiovasculaire (406 dans le groupe du traitement actif et 390 dans le groupe placebo) au cours du suivi.

Les patientes qui recevaient le traitement actif avaient un risque identique de survenue d’un événement cardiovasculaire (évalué par un critère composite d’infarctus du myocarde ou d’AVC ou de procédure de revascularisation coronarienne ou de mortalité d’origine coronarienne).

Pourtant, les concentrations d’homocystéine plasmatique étaient diminuées de 18.5 % dans le groupe actif en comparaison du groupe placebo.

Les auteurs concluent donc, comme pour les autres études déjà réalisées sur ce sujet, qu’après 7 années de traitement et de suivi, un comprimé comprenant à la fois de l’acide folique, de la vitamine B6, de la vitamine B12 ne réduit pas les événements cardiovasculaires chez les femmes à haut risque et cela malgré un abaissement significatif des concentrations d’homocystéine

D'après Albert CM et al. Effect of folic acid and B vitamins on risk of cardiovascular events and total mortality among women at high risk for cardiovascular disease. JAMA 2008 ; 299 : 2027-2036.

22 mai 2008

Attention aux huiles essentielles, dit l'Agence de sécurité sanitaire

PARIS (AFP) - L'agence de sécurité sanitaire des médicaments a invité à la prudence dans l'utilisation des huiles essentielles qui ne sont "pas dénuées de risque", tout en insistant auprès des professionnels sur la nécessité du respect des critères de qualité des matières premières, du mode d'obtention de l'huile et de sa conservation.
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Dans l'attente d'une réglementation européenne, et en l'absence de réglementation française concernant leur emploi dans les produits cosmétiques, l'Afssaps (Agence de sécurité sanitaire des produits de santé) a affirmé que les huiles essentielles devaient être utilisées "avec prudence" car elles peuvent "être toxiques et provoquer des effets indésirables du fait de leur passage à travers la peau et de leur impact sur l'organisme".

Les huiles essentielles "ne doivent pas être considérées comme des ingrédients courants mais comme des substances particulières non dénuées d'effets secondaires", a noté mercredi l'Agence.

Dans une recommandation à l'adresse des industriels producteurs d'huiles essentielles et fabricants de produits cosmétiques, l'Afssaps a souligné que le respect des critères de qualité spécifiques à chaque huile "a un retentissement sur la qualité du produit, en particulier sur son innocuité".

L'Agence a insisté en particulier sur les "critères qualité des matières premières végétales d'où sont issues les huiles essentielles (dénomination botanique, conditions de production de la plante, partie de plante utilisée, famille chimique et méthodes d'identification de la partie de plante destinée à la production de l'huile essentielle)".

Elle a aussi mis l'accent sur la nécessité de vigilance pour le mode d'obtention de l'huile, les méthodes d'analyse et les conditions de conservation et de stockage de ces produits.


Encore une occasion de rappeler que "naturel" ne veut pas dire "sans risque pour la santé", la plupart des poisons étant parfaitement "naturels". Rappelons aussi que les comportements que les tenants des médecines parallèles dénoncent chez les industriels de la pharmacie se retrouvent aussi bien chez les producteurs de poudres de perlimpipmpin et autres produits miracles: recherche du gain maximum, négligences sur la qualité des produits et les effets secondaires. Sans compter qu'il n'y a souvent aucune preuve d'un effet primaire bénéfique !

08 mai 2008

Quand la prière tue


(A S P) – Des parents du Wisconsin ont laissé leur fille de 11 ans mourir dans un coma diabétique parce qu’ils croyaient que la prière suffirait à l’aider.

Cela ne se passe pas dans un lointain pays où la culture scientifique serait une vue de l’esprit, mais dans le pays le plus riche du monde, qui présente les plus gros investissements en recherche et qui a produit le plus grand nombre de Prix Nobel.

À quel moment de ce récit, s’il s’était agi de votre fille, vous seriez-vous rué à l’hôpital?

Vendredi 21 mars: selon le journal local, Dale Neumann, le père, remarque que sa fille « était un peu plus fatiguée, mais souligne qu’elle avait avalé un hamburger McDonald sans problèmes ». Le lendemain, veille de Pâques, il note que sa fille « semblait se comporter comme si elle avait la fièvre, tandis que sa respiration semblait un peu laborieuse ».

Sa femme a déclaré à la police que ce samedi-là, « Kara était étendue sur le divan. Ses jambes avaient l’air décharnées et bleu... Nous l’avons mise dans mon lit où je l’ai réchauffée. Je pensais que c’était une attaque spirituelle. Nous sommes restés à ses côtés et nous avons prié. »

Plus tard dans la journée, Kara est allée à la salle de bains et est tombée des toilettes. Le lendemain, dimanche, son père a tenté de la soulever dans son lit mais elle était incapable de rester assise. Elle ne parlait pas et était incapable de boire de l’eau.

Un ami, Randall Wormgoor, a encouragé Dale Naumann à appeler un médecin, mais celui-ci « s’est dit confiant que la prière la guérirait ». C’est quand il s’est d’urgence livré à des manoeuvres de réanimation que cet ami a appelé le 911.

Les Neumann ont été accusés, le 27 avril, de meurtre au second degré, « pour avoir traité leur fille par la prière plutôt que la médecine » —une accusation inédite au Wisconsin, et qui ne semble pas gagnée d’avance selon les observateurs.

Interrogé par les enquêteurs, Dale Neumann a dit que « dans les mêmes circonstances, il n’abandonnerait pas sa foi dans le pouvoir guérisseur de la prière ». Les Neumann ont trois autres enfants. Leur avocat veut invoquer la liberté de religion. Et ils ont déjà récolté des appuis.

07 mai 2008

Cosmetic chain told to withdraw homeopathic malaria remedy

James Meikle, The Guardian

The cosmetic chain Neal's Yard Remedies has been ordered to withdraw a homeopathic remedy for malaria after medicines watchdogs decided its sale was potentially dangerous and misleading.

The product, which was "clearly intended to be viewed as a treatment or preventative" for a serious disease, had not been approved as required by law, the government's Medicines and Healthcare products Regulatory Agency (MHRA) said yesterday.

It clamped down on the remedy, Malaria Officinalis 30c, after being alerted by the BBC and a member of the public last month. Neal's Yard has already withdrawn the product, which had been available for more than 20 years.

Homeopathic remedies are classed as medicines and require MHRA authorisation before going on the market, the watchdog said. It could find no record of such approval. David Carter, head of the team investigating such products, said: "We regard the promotion of an unauthorised, self-medicating product for such a serious condition to be potentially harmful to public health and misleading. We are pleased that Neal's Yard Remedies have complied with our request and removed this product from the market."

Susan Curtis, the company's medicines director, denied it had advertised or sold the remedy as a prevention for malaria. "It has been supplied on request by practitioners working in Neal's Yard Remedies stores and in fact practitioners have been trained to always explain that the remedy should not be considered as a guarantee of prevention of malaria.

"The name of the remedy is based on its Latin name and not on its claim to cure or prevent an ailment. However, as this was obviously a contentious issue which could cause our customers' concern, and at the request of the MHRA, Neal's Yard Remedies took the decision to withdraw the product from sale with immediate effect, from April 17 2008." The company added that it was not aware of any other remedies being under question.

The warning follows the airing of the BBC's Inside Out programme, Homeopathy and Malaria, last month. Its presenter Janine Jansen was sold homeopathic remedies at Neal's Yard's store in Exeter and was advised she could use them to help deal with malaria, according to the programme.

After the programme was aired, a statement on Neal's Yard website said that Curtis had been interviewed for the programme and "unfortunately a lot of what she was trying to say was not shown".

The website statement added: "We know there have been no clinical trials for the use of homeopathy in the prevention of malaria but homeopathy does have a good track record in preventing and treating other endemic diseases."


Autant certaines croyances peuvent prêter à rire, autant dans un cas comme celui-ci, on aurait tendance à demander des peines très sévères pour mise en danger de la vie d'autrui, exercice illégal de la médecine ou de la pharmacie. Le paludisme est une maladie très sérieuse et rien ne justifie son traitement avec de la poudre de perlimpimpin en espérant que le mal passera tout seul en quelques jours.

02 mai 2008

De nouvelles preuves de la sélection naturelle

D'où viennent les variations génétiques entre les populations humaines ? Une équipe de chercheurs parisiens répond aujourd'hui: de la sélection naturelle.

Chère à Darwin, la sélection naturelle est un lent processus qui distingue, au fil des générations, les individus les mieux adaptés à leur environnement. Mais si elle est souvent citée pour expliquer les caractéristiques d'animaux ou de plantes, son rôle est-il confirmé dans l'espèce humaine ? Oui, assure aujourd'hui une équipe de l'unité "Génétique évolutive humaine" de l'Institut Pasteur, à Paris (1). La sélection naturelle a bel et bien modelé notre patrimoine génétique.

Pour la première fois, les chercheurs apportent la preuve, à l'échelle du génome entier, qu'elle est responsable des différences qui existent entre les populations. "Avant toute chose, il faut rappeler que génétiquement le concept de races humaines – c'est-à-dire le fait de vouloir subdiviser l'espèce humaine d'après des caractères physiques héréditaires – n'a aucun sens, signale Lluis Quintana-Murci, directeur de l'unité. L'espèce humaine est jeune, et la diversité génétique s'avère finalement très faible. Sans compter que le génome d'un Lillois, par exemple, peut présenter plus de différences avec celui d'un Montpelliérain qu'avec celui d'un Dakarois."

Il n'empêche, il existe une réelle variabilité à l'échelle des populations, qui se traduit par des traits physiques et physiologiques distincts. Par exemple, les Asiatiques ne digèrent pas le lactose du lait, contrairement aux Européens du Nord et à certaines populations africaines. Et les Européens du Nord, eux, résistent bien moins au paludisme que les Africains. L'enjeu est donc de savoir si ces grandes tendances prennent leur source dans la dérive génétique, c'est-à-dire dans le simple hasard des brassages démographiques, ou dans la fameuse sélection naturelle. Dans ce cas, une mutation génétique qui confère un avantage dans un environnement donné se répand plus rapidement au sein de la population.

Pour résoudre ce dilemme, les chercheurs se sont intéressés aux mutations de simples bases dans le génome humain. Quèsaco ? Notre patrimoine génétique est écrit avec un alphabet qui ne contient que quatre lettres, ou bases – A, T, C, G –, dont l'ordre d'assemblage définit toutes les substances constituant notre organisme. Or il arrive que dans une séquence donnée, une base soit malencontreusement remplacée par une autre. Lluis Quintana-Murci et ses collègues ont comparé près de 3 millions de ces mutations uniques chez plus de deux cents Nigérians, Chinois, Japonais et Européens du Nord, répertoriées dans le cadre du projet international Hapmap (2). L'idée était alors de calculer le degré de variabilité entre les populations pour chaque mutation. En clair, il s'agit d'une mesure statistique qui établit la présence ou non d'une mutation donnée dans une population. Un cas extrême serait par exemple que tous les Européens possèdent, à un endroit précis de leur génome, une base A alors que le reste du monde possède une base G. Le degré de variabilité pour cette mutation serait alors maximal, puisque tous les membres d'une unique population la porteraient.

Les chercheurs ont calculé le degré de variabilité pour chaque classe de mutations: selon qu'elles affectent un gène avec ou sans conséquences sur la protéine correspondante, qu'elles touchent une région du génome qui régule l'expression d'un gène ou n'a aucune fonction particulière...

"Si les fréquences des mutations étaient gouvernées par la simple dérive génétique, celles-ci toucheraient le génome dans son ensemble et aucune classe de mutations ne serait avantagée par rapport à une autre, explique Lluis Quintana-Murci. En revanche, si leurs fréquences ont été influencées par la sélection naturelle locale, et donc impliquées dans l'adaptation à l'environnement de chaque population, il est évident que les régions du génome les plus importantes pour la bonne marche de l'organisme montreront le degré de variabilité le plus élevé." Et c'est bien ce que les chercheurs ont découvert. Les mutations qui affectent directement les gènes et leurs protéines, et les régions régulatrices des gènes montrent une plus grande variabilité entre populations que les autres. En fait, 582 gènes exactement sont impliqués. Il s'agit évidemment de ceux contrôlant les traits morphologiques, comme la couleur de peau ou le type de cheveux, mais aussi de ceux qui régulent le métabolisme ou la réponse immunitaire aux pathogènes. C'est ainsi qu'une mutation du gène CR1, impliqué dans la résistance aux attaques de paludisme, se retrouve chez 85 % des Africains mais est absente chez les Européens et les Asiatiques.

L'équipe de Lluis Quintana-Murci ne va pas s'arrêter en si bon chemin. Elle souhaite maintenant mieux connaître le rôle de la sélection naturelle dans les interactions de l'homme avec les pathogènes et savoir dans quelle mesure celles-ci sont affectées par le mode de vie des populations humaines.

Notes:
(1) Unité CNRS "Hôtes, vecteurs et agents infectieux: biologie et dynamique".
(2) Financé par le Japon, la Chine, le Royaume-Uni, le Canada, le Nigéria et les États-Unis, le projet Hapmap vise à cataloguer les similitudes et les différences génétiques entre les humains, notamment pour l'identification de gènes associés à des maladies et à la réponse aux traitements.

26 avril 2008

Mars attaque : et si c'était vrai ?

LaDépêche.fr
Auteur : J.-M.D.

Dans une lettre ouverte adressée à l'Etat, des personnalités exigent le lancement d'une étude. Ovnis.

Imaginez la surprise du chef de l'État quand il a lu cette lettre ouverte prônant le lancement officiel d'une étude sur les Ovnis ! Un courrier d'autant plus étonnant qu'il est signé de responsables professionnels dont il est difficile de nier le sérieux et l'objectivité. Les signataires, le contre-amiral Gilles Pinon en tête, sont docteur en médecine, chirurgien, ingénieur du CNRS ou directeur de recherche de l'Inserm. Réunis au sein du Groupe des Sciences Ouvertes (GSO), ils estiment que le phénomène Ovni constitue «un sujet suffisamment grave pour que l'État s'y implique enfin de manière très sérieuse».

Renvoyant dos à dos les ufologues et leurs détracteurs, ces sommités reconnues pensent que «si l'interprétation extraterrestre du phénomène ovnien n'est pas prouvée scientifiquement, il existe en sa faveur de fortes présomptions…» Autrement dit, si ces apparitions d'Ovnis relèvent le plus souvent de méprises, de fantasmes ou d'hallucinations, «une part significative témoigne de lois physiques inconnues et participe d'un principe intelligent…» En somme, Gilles Pinon s'appuie sur ce doute très cartésien pour exiger de l'État qu'il applique tout simplement le principe de précaution. Le phénomène ovnien serait donc une affaire trop grave pour être abandonnée aux seuls ufologues et à la rumeur publique, «quand bien même elle ne montrerait aucune intention hostile, une intrusion extraterrestre présenterait un danger de chaos pouvant conduire à un ethnocide… Imaginez le choc pour les populations si ce phénomène Ovni apparaissait demain au grand jour…», affirment les auteurs du courrier.

Cette lettre ouverte a une résonance particulière à Toulouse, d'autant qu'elle est le fruit d'une réflexion inspirée par un ouvrage d'Yves Sillard consacré aux Ovnis. L'ancien «X» qui fut directeur général du Centre d'études spatiales, est considéré comme le père du lanceur Ariane. Mais Yves Sillard est surtout le président du Groupe d'études et d'information des phénomènes aérospatiaux non identifiés (Geipan), créé au sein du Cnes de Toulouse. C'est lui qui recueille, analyse et archive les témoignages sur les phénomènes inexpliqués.

Décidément, les Ovnis n'ont jamais autant occupé et préoccupé nos esprits.

Le Pentagone depuis longtemps attentif
C'est clair, il y a aujourd'hui une réflexion générale autour de la présence ou pas d'Ovnis. D'après les rapports de gendarmerie qui constituent les archives du Geipan basé au Cnes de Toulouse, environ 28 % des phénomènes demeurent totalement inexpliqués. De là à leur attribuer une origine extraterrestre… Reste que l'interrogation demeure et ne laisse personne insensible.

Aux États-Unis, depuis la célèbre affaire Roswell, les Ovni ont fait l'objet d'une attention toute particulière de la part des pouvoirs publics. Plusieurs commissions d'études ont vu le jour et, malgré des conclusions officielles qui refusaient la réalité du phénomène, le Pentagone n'a cessé de poursuivre ses enquêtes. C'est ce que prouvent tous les documents de la CIA, du FBI, de l'US Air Force et des autres corps d'armée qui ont fini par tomber dans le domaine public, après que l'affaire du Watergate eut permis un développement de la liberté de l'information. Mais ces documents lus et relus, coupés et censurés, n'offrent pas un grand intérêt. Tout juste témoignent-ils de l'intérêt permanent du Pentagone pour les ovnis. Pour mémoire, en 1977, Jimmy Carter affirmait dans sa course à la présidence : «Si je suis élu Président, je ferai en sorte que toutes les informations détenues sur les observations d'ovni soient disponibles pour le public.»

Aux USA comme ailleurs, la découverte ces dernières années de très nombreuses exoplanètes autorise à penser que nous ne sommes pas seuls dans l'univers. En France, en juillet 1999, l'association Cometa, composée d'officiers supérieurs, d'ingénieurs, de scientifiques, concluait à «la réalité physique quasi certaine d'objets volants totalement inconnus.»



Contrairement à ce qu'affirme l'auteur, cette lettre ne renvoie aucunement les ufologues et les 'détracteurs' (comprendre "les sceptiques") dos-à-dos. Il s'agit d'ufologues connus et même payés pour ça, pour certains. On remarque également cette application partisane et non-scientifique du principe de précaution. Rien n'indiquant la moindre présence ou origine extra-terrestre des OVNIs (au sens propre "non-identifiés"), on ne comprend pas pourquoi un quelconque principe de précaution devrait s'appliquer. Sinon, pourquoi ne pas soupçonner une origine divine et mettre le Vatican sur le coup aussi, à titre de précaution ? Rappelons également que les rumeurs complotistes de Roswell se dont révélées une vaste fumisterie et que la mise en ligne des 30 ans d'archives du GEIPAN en 2007 a terminé en non-événement, vite oublié par les ufologues eux-mêmes. 30 ans de recherches, enquêtes de gendarmerie, totalement en vain. Combien de temps faudra-t-il avant que tous ces braves gens reviennent à la réalité ?

01 avril 2008

De la télékinésie au gène gai: les recherches les plus hasardeuses

Odile Clerc et Pascal Lapointe
Agence Science-Presse

Selon la sagesse populaire, quand on cherche, on trouve! En science, cela n'est pas toujours vrai: on peut chercher et ne rien trouver, on peut trouver sans avoir cherché... Petit tour d'horizon de pistes hasardeuses célèbres.

La télékinésie est-elle possible? Le désir d'agir sur la matière est si fort qu'il est tentant d'y croire!

De nombreux scientifiques ont cru en la possibilité de faire bouger des objets par la seule force de notre pensée. Le magicien israélien Uri Geller, qui prétendait tordre des cuillères rien qu'en y pensant, a par exemple attiré l'attention de chercheurs. Mais les pouvoirs paranormaux ont la désagréable habitude de diminuer à mesure qu'on les étudie.

Ainsi, au XIXe siècle, les «spirites» prétendaient déplacer des tables ou des chaises; après qu'on les eut pris en flagrant délit de triche, ils se contentent de tasses ou d'assiettes.

Dans les années 40, un médium soviétique prétend pouvoir séparer le blanc d'oeuf du jaune. Au même moment, le scientifique américain Joseph B. Rhine soutient que les plus doués de ses sujets peuvent influencer un dé pour qu'il tombe plus souvent sur le six. Depuis les années 80, ses successeurs prétendent que certains peuvent influencer la position d'un électron.

En un siècle et demi, on est donc passé d'objets de quelques dizaines de kilos à moins d'un milliardième de milliardième de milligramme... et on n'a toujours rien prouvé!

La fièvre de la fusion froide

La fusion froide - une réaction nucléaire du type de celle qui fait briller notre Soleil, mais déclenchée à la température de la pièce - a fait rêver à la découverte d'une source inépuisable d'énergie.

En 1989, les docteurs Stanley Pons et Martin Fleischmann, de l'Université de l'Utah, ont annoncé avoir obtenu une réaction de fusion nucléaire au cours d'une simple expérience d'électrolyse menée avec deux électrodes de palladium plongées dans un récipient d'eau additionnée de deutérium. Ils auraient observé une production anormale de chaleur et ont invoqué la fusion nucléaire comme seule explication plausible du phénomène. Là où le bât blesse, c'est que personne n'a réussi à reproduire l'expérience de façon probante depuis et que ceux qui ont prétendu l'avoir fait ont, tout comme Pons et Fleischmann, trop peu documenté leurs travaux.

L'ardeur déclenchée par cette importante «découverte» s'est donc gentiment tiédie...

La combustion spontanée

La combustion spontanée a intrigué nombre de médecins... jusqu'à ce qu'un cochon révèle les secrets du mystère!

Le 4 avril 1731, la comtesse Cornelia Bandi est découverte partiellement calcinée à son domicile de Vérone sans cause apparente d'incendie. En 1885, le corps d'un homme est retrouvé en cendres dans sa cuisine. Sa tête, ses mains et ses pieds sont par contre intacts et aucune trace de feu n'est visible autour de lui. En 1980, une jeune fille s'enflamme spontanément dans une discothèque en Angleterre.

Les cas de disparition mystérieuse par combustion dite «spontanée» existent bel et bien; depuis le XVIIe siècle, on en aurait recensé plusieurs centaines dans toutes les régions du monde.

Longtemps considérée comme une vengeance divine ou une attaque des feux diaboliques, la combustion spontanée a dévoilé ses secrets grâce à différentes expériences dont une menée dans les années 60 sur un gigot emballé dans un torchon! On sait dès lors que la combustion spontanée est un phénomène biophysique post-mortem qui combine deux conditions : l'inertie de la victime et la proximité d'une source de chaleur. À l'instar d'une bougie, le corps s'enflamme lentement, les vêtements jouant le rôle de mèche.

Le gène gai

En 1993, on annonçait en grande pompe la découverte du gène responsable de l'homosexualité. Quinze ans plus tard, la science court toujours.

Dans la revue Science, Dean Hamer, généticien à l'Institut national du cancer, à Bethesda, au Maryland, annonçait avoir identifié le gène Xq28 transmis par la mère, comme gène responsable de l'homosexualité. Ce mythe n'aura duré que six ans, le temps pour les neurologues George Rice et George Ebers, de l'Université Western Ontario, à London, de publier un nouvel article prouvant le contraire.

Depuis, on a beau essayer de cartographier les zones du cerveau impliquées dans l'excitation sexuelle, de quantifier la présence d'hormones mâles et femelles, de démontrer la relation entre la quantité de glutamate entourant les neurones et l'orientation sexuelle, les origines de l'homosexualité restent impénétrables!

Au-delà des recherches scientifiques en cours, la question de la légitimité de telles études se pose, car elles sous-entendent que l'homosexualité, bien qu'elle ne soit plus considérée comme une pathologie depuis plus de 30 ans, reste une affaire de déviance à décoder... Pas rancunier, Dean Hamer pourchasse maintenant la signature génétique de la spiritualité!

Des bactéries «extrêmes»

Alors qu'aucune trace de vie sur Mars n'a encore été détectée, les conditions de vie sur Terre se révèlent beaucoup plus complexes qu'on ne le pensait. «Extrêmophiles», c'est le nom que les chercheurs ont donné à ces organismes capables d'endurer des conditions de vie jugées impossibles il y a encore une quarantaine d'années.

En étudiant, entre autres, les fonds des océans, là où les volcans crachent leurs énormes volutes de roches en fusion, là où la température, la pression, l'acidité et la radioactivité atteignent des niveaux mortels pour tout organisme «normal», les chercheurs ont découvert des bactéries, organismes unicellulaires sans noyau, parfaitement adaptées au milieu.

Et, ce n'est pas tout. Les «extrêmophiles» ne se cantonnent pas au fond des océans, on en trouve aussi dans les glaces de l'Antarctique ou de l'Arctique, dans les eaux saturées en sel de la mer Morte, etc. Autre surprise, certaines bactéries ont un métabolisme capable de revenir à la vie après plusieurs dizaines de milliers d'années de congélation! Et si la planète Mars nous réservait, elle aussi, des surprises?

26 mars 2008

Loi OGM: Greenpeace envoie aux députés un documentaire sur Monsanto

PARIS (AFP) - L'association Greenpeace a annoncé mercredi avoir adressé des copies d'un documentaire sur la firme américaine Monsanto aux 577 députés français qui s'apprêtent à examiner le projet de loi sur les OGM.
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"Il nous semble essentiel qu'à la veille de se prononcer sur une loi qui engage l'avenir de l'agriculture et de l'environnement français, les élus français aient tous vu cette enquête passionnante et instructive sur les méthodes et l'histoire du leader des OGM".

"Le Monde selon Monsanto", une enquête de trois ans de Marie-Monique Robin récemment diffusée sur Arte, retrace l'histoire du plus gros semencier OGM de la planète, dont le soja, le maïs et le coton transgéniques gagnent rapidement du terrain.

Le projet de loi sera examiné du 1er au 3 avril par l'Assemblée nationale, après avoir été largement amendé par les sénateurs en février.


On se demande si c'est une bonne idée d'envoyer aux députés un document truffé d'erreurs scientifiques et partisan. Même sans avoir de complaisance envers une société commerciale, les députés pourraient ne pas apprécier le matraquage partisan de Greenpeace.

21 mars 2008

"Pollution" électromagnétique

Par Destination Santé

Oui, vivre à proximité de lignes électriques à haute tension peut avoir de sérieuses conséquences sur la santé. Une nouvelle étude menée par le Centre de Recherche et d'Information indépendantes sur les Rayonnements Electromagnétiques (CRIIREM) confirme en effet la dangerosité de la pollution électromagnétique.

De janvier à mars 2008, des chercheurs de la CRIIREM ont questionné 8 000 personnes à travers la France. La moitié habitait à proximité d'une ligne à haute tension, l'autre non. Les premières conclusions font apparaître un certain nombre de tendances inquiétantes, mais déjà en partie mises en avant dès 2001 par la Boston University School of Medicine et le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l'OMS, à Lyon. Et largement confirmées par le rapport du BioInitiative Working Group du 31 août 2007 dont Destination Santé s'était fait l'écho.

Ainsi la CRIIREM rapporte-t-elle chez les habitants exposés « des troubles du sommeil, de la mémoire, de l'audition, mais aussi des maux de tête, de l'irritabilité et des états dépressifs ». Plus alarmant encore même si cela avait déjà été observé, « des maladies graves ayant fait l'objet de traitements lourds – leucémie, cancers du sein, de la thyroïde…- sont détectés en plus grand nombre chez les riverains exposés ». Si cette nouvelle étude de la CRIIREM vient bousculer davantage encore la position rassurante de l'Organisation mondiale de la Santé sur le sujet, elle souffre d'un manque de données scientifiques. Aucun chiffre n'a en effet été avancé.

Source : CRIIREM, 21 mars 2008


Une étude scientifique faite en interrogeant des personnes sur des impressions, ça laisse quand même un peu dubitatif sur la qualité scientifique, surtout qu'aucun chiffre n'est avancé, comme le fait justement remarquer Destination Santé. Il faudra donc encore attendre avant de pouvoir affirmer quoi que ce soit dans ce domaine.