27 juin 2005

Le débat sur les vaccins et l'autisme relancé aux Etats-Unis

RICHMOND -- Le mercure contenu dans les vaccins peut-il jouer un rôle dans la survenue d'un autisme? Le débat rebondit aux Etats-Unis avec la publication cet été d'un nouveau livre, mais il reste difficile de donner une réponse définitive.
En cause, un conservateur à base de mercure que des mères d'enfants autistes auraient reçu à l'occasion d'une injection de vaccin pendant leur grossesse ou que l'enfant a reçu par ailleurs pendant son enfance. Ainsi le petit Wesley Sykes, un enfant autiste de neuf ans, dont la mère, une femme pasteur, ne décolère pas.
Pourtant, la plupart des scientifiques réfutent l'hypothèse d'une quelconque responsabilité du mercure dans la survenue d'un autisme.
Une position qui ne semble pas satisfaire tout le monde. Sept ans après son éclosion, le débat rebondit, attisé par la sortie du livre "Evidence of Harm" ("Preuve du danger").
Son auteur, David Kirby, pose deux questions fondamentales: les anciens vaccins présentaient-ils plus de risques que les nouveaux? Existe-t-il encore des risques aujourd'hui, quand on sait que le vaccin contre la grippe pour la femme enceinte et l'enfant est utilisé à plusieurs reprises sans précautions particulières vis-à-vis du mercure?
"Je pense que cette hypothèse a tenu, en dépit de l'absence d'arguments scientifiques, parce que les parents d'enfants autistes n'ont pas trouvé de réponses à leurs questions", déclare le Dr Sharon Humiston, pédiatre de l'Université de Rochester.
A l'origine, les adversaires du vaccin accusaient le vaccin contre la rougeole, qui n'a pourtant jamais contenu ce conservateur, d'être à l'origine de l'autisme. De son côté, le gouvernement accusait le vaccin contre la coqueluche, avant de renoncer.
Toutes les histoires se ressemblent: un enfant parfaitement normal reçoit une injection et, quelques semaines, voire quelques mois plus tard, se replie sur luimême, arrête de parler, se montre indifférent aux stimulations et au bruit comme la sonnette, et adopte des comportements compulsifs, comme un hochement de tête.
Les parents accusent le vaccin, "mais ce n'est pas une preuve, quelle que soit la force de leur conviction", souligne le Dr Steve Goodman, bio-statisticien de l'Université Johns Hopkins.
Des convictions, Lisa Sykes en a. Pendant sa grossesse, cette femme pasteur a reçu une injection pour prévenir les problèmes d'incompatibilité sanguine entre elle et son bébé. Elle a appris depuis que cette injection contenait le fameux conservateur mercuriel.
En novembre 1997, le Congrès a été saisi de cette question et a fait obligation à la FDA, l'agence gouvernementale du médicament, de retirer le mercure des préparations vaccinales, des médicaments et de la nourriture.
Le gouvernement et un groupe de médecins ont déclaré qu'il n'y avait aucune preuve de cette responsabilité, mais que les fabricants devaient néanmoins retirer le mercure. Il faudra attendre 1999 pour que cette mesure soit appliquée. Depuis, les parents d'enfants autistes se sont regroupés.
En juin 2000, les pouvoirs publics, des scientifiques et des fabricants de vaccins se sont réunis pour revoir des résultats d'essais détenus par les centres de contrôle et de prévention des maladies d'Atlanta (CDC). Le Dr Tom Verstraeten des CDC (réseau national des Centres de contrôle et de prévention des maladies) a présenté des résultats selon lesquels le mercure pourrait bien être en relation avec un retard dans l'apprentissage du langage.
De son côté, en 2001, l'Institut américain de médecine a jugé la théorie du vaccin "biologiquement plausible" mais a ajouté que la preuve était insuffisante pour en tirer des conclusions. Impliquées dans ce combat, les Eglises se mobilisent tour à tour. Il y a deux semaines, Lisa Sykes a réussi à convaincre les églises méthodistes de Virginie et du Kansas d'exiger le retrait du mercure des préparations vaccinales et des médicaments.
Sa lutte continue.


Les effets du sophisme post hoc ont encore frappé. Hélas, rien ne pourra jamais convaincre des personnes crédules que leurs hypothèses sont infondées, même les études scientifiques les mieux faites.

Polls finds many Americans believe cancer myths

Contact: David Greenberg
dgreenbe@wiley.com
201-748-6484
John Wiley & Sons, Inc.

An American Cancer Society survey finds up to half of Americans mistakenly believe surgery can spread cancer, and more than one in four thinks a cure for cancer already exists but is being held back by a profit-driven industry. Results of the survey are published in the August 1, 2005 issue of CANCER (http://www.interscience.wiley.com/cancer-newsroom), a peer-reviewed journal of the American Cancer Society. The authors say it shows the American public is significantly illinformed about cancer, and that most overestimate how much they know.
The medical management of cancer and cancer-related complications, such as pain, has significantly improved over the last three decades, as have survival rates for leading cancers. Still, studies indicate that a patient's own cultural beliefs and understanding of cancer may influence health behavior, such as whether patients get regular screenings and undergo treatment.
Led by Ted Gansler, M.D., M.B.A of the American Cancer Society, researchers conducted a national telephone survey of 957 adults with no history of cancer to assess Americans' understanding of the disease and its management, and identify any demographic characteristics associated with misconceptions. Participants were asked if five misconceptions were true or false.
The authors found only one in four (25 percent) of participants correctly identified all five misconceptions as false. Four in ten (41 percent) of the respondents believed that surgical treatment actually spread cancer in the body and 13 percent said they were unsure whether this was true. Twenty-seven percent believed that there is a cure for cancer available being withheld by the healthcare industry and an additional 14 percent were uncertain. Nineteen percent believed that pain medications were ineffective in treating cancer pain with another 13 percent saying they did not know. Nine in ten (89 percent) correctly disagreed with the statement that "all you need to beat cancer is a positive attitude," but more than one in ten (11 percent) either thought is was true or did not know. A similar percentage (87 percent) correctly disagreed that "cancer is something that cannot be effectively treated," but again, about one in eight (13 percent) either agreed or did not know.
People who were over 65 years, of non-White race, residents of the South, or selfidentified as without much or any understanding of cancer were likely to hold more misconceptions. The survey found little relation between people's self-assessment of cancer knowledge and the accuracy of their answers. For four of the five questions, there was no significant difference in prevalence of endorsement of the inaccuracies between the groups who called themselves "very informed," "somewhat informed," or "not very informed." However, those who called themselves "not at all informed" were generally quite accurate when rating their own health literacy.
"These results indicate that public and patient education interventions are most urgently needed in cancer centers, medical practices, and other community organizations that serve large numbers of patients with these 'at risk' demographic characteristics," conclude the authors.
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Article: "Sociodemographic Determinants of Cancer Treatment Health Literacy," Ted Gansler, S. Jane Henley, Kevin Stein, Eric J. Nehl, Carol Smigal, Edwin Slaughter, CANCER; Published Online: June 27, 2005 (DOI: 10.1002/cncr.21194); Print Issue Date: August 1, 2005. Article is available via Wiley InterScience at http://www.interscience.wiley.com/cancer-newsroom.

23 juin 2005

Un sujet du bac hérisse les anti-avortement

20 minutes

Sujet sensible. Une épreuve d’« enseignement scientifique » proposée cette année à des candidats du bac L (littéraire) fait polémique. Au point qu’hier, le ministre de l’Education nationale, Gilles de Robien, admettait avoir été « étonné » lorsqu’il a pris connaissance de cet énoncé.
Le sujet controversé présentait aux élèves un article de quotidien rédigé à l’occasion des trente ans de la loi Veil. Ce texte affirme notamment que « la contraception, et en cas d’échec le recours à l’IVG, ont permis le passage d’un modèle de maternité sous contrainte à celui de maternité choisie ». Les candidats, qui avaient le choix avec un autre sujet, devaient sur cette base « dégager des arguments en faveur de l’autorisation légale de l’IVG en France ».
Plusieurs associations anti-avortement ont rapidement émis de vives protestations. Puis, avant-hier, la direction diocésaine de l’enseignement catholique s’est emparée du sujet, exprimant sa « désapprobation ». Selon ce service de l’archevêché de Paris chargé des établissements privés catholiques du diocèse (75 000 élèves, soit 25 % des enfants scolarisés dans la capitale), « ce sujet n’aurait pas dû être posé » car « il ne respecte ni les candidats ni les exigences d’une formation intellectuelle authentique ». Au premier abord surpris par le sujet, Gilles de Robien a
néanmoins précisé, hier sur LCI, qu’il n’était pas sur la même ligne que les autorités catholiques,
insistant sur le caractère scientifique de l’épreuve. « Si ça avait été un sujet philosophique, j’aurais réagi autrement. »
La FSU, principal syndicat enseignant, s’étonne que l’affaire fasse si grand bruit. « Il s’agissait non pas de développer un argumentaire, mais de le restituer. C’est une épreuve scientifique et l’IVG est au programme. » Pour le syndicat, l’émoi catholique est révélateur d’un problème plus vaste. « Nous observons une montée de la contestation religieuse de la part des élèves dans les cours de sciences et vie de la terre, justement quand l’IVG, par exemple, est abordée. Cette contestation vient plus souvent de certains élèves musulmans, mais elle est aussi le fait de jeunes catholiques. »
Stéphane Colineau

22 juin 2005

Un vrai faux Saint suaire de Turin : science contre crédulité

PARIS (AFP) - La science a marqué une nouvelle victoire contre les partisans de l'authenticité du Saint suaire de Turin, une pièce de lin sur lequel se serait imprimé le corps supplicié du Christ, avec la production d'un faux possédant les mêmes qualités que l'original.
Un vrai faux Saint suaire a été réalisé à la demande du magazine Science et Vie, qui consacre un nouveau dossier à l'affaire dans son numéro à paraître vendredi pour rassembler les éléments scientifiques prouvant que ce linceul n'a jamais accueilli la dépouille du Christ.
Le Dr Jacques di Constanzo, du centre hospitalier universitaire de Marseille, a réussi à fabriquer un suaire en appliquant sur un bas-relief un tissu, puis en le coloriant à l'aide de techniques utilisées au Moyen-Age.
"Il s'agit d'une expérience visuelle qui montre qu'on peut le faire chez soi", a déclaré à l'AFP l'historien Paul-Eric Blanrue, qui devait rééditer l'expérience mardi soir devant la presse.
Le Saint suaire de Turin, un tissu de 4,36 m sur 1,10 m découvert au milieu du XIVe siècle dans la collégiale Notre-Dame à Lirey, près de Troyes, est depuis toujours l'objet d'une bataille entre ceux qui croient à son authenticité, les "sindonologues", et ceux qui en doutent.
En 1988, trois laboratoires (suisse, anglais et américain) avaient conclu après datation au carbone 14 que le tissu remontait au Moyen-Age, entre 1260 et 1390. "Les résultats au carbone 14 sont incontestables", a affirmé à l'AFP Jacques Evin, ingénieur en radiodatation qui avait participé à cette opération.
Malgré d'autres preuves scientifiques, dont le fait que la technique de tissage du suaire date seulement du XIIIe siècle et qu'aucune trace de sang n'a jamais été identifiée, les partisans de l'authenticité, dont des scientifiques fondamentalistes, n'ont pas désarmé.
Science et Vie a voulu apporter un nouvel élément en demandant à Jacques di Constanzo de réaliser un "Saint suaire" en utilisant les techniques des faussaires du Moyen-Age.
Pour ce faire, il a appliqué "un drap de lin mouillé" sur un bas-relief représentant le visage d'un homme barbu aux longs cheveux pour qu'il en "épouse les formes". Après séchage, raconte le mensuel, le tissu "est tamponné avec la solution colorée", de l'oxyde ferrique. "Des empreintes superficielles en +négatif+ du visage sont ainsi obtenues et leur cliché en +positif+ fournit des images très proches de celles du suaire", précise-t-il.
Autre fait important, souligne la revue, "l'empreinte s'est irréversiblement fixée aux fibres" : "le tissu a résisté au lavage, au chauffage à 250°". Il a été également trempé dans des acides, et "l'image n'a pas été altérée".
Selon le scientifique, ce résultat a été obtenu grâce au "liant" employé pour fixer les couleurs sur le tissu, de la gélatine riche en collagène, produit régulièrement utilisé au Moyen-Age.
Le Dr di Constanzo a tenté une autre expérience : réaliser un suaire imprimé par "vaporographie, simulant des réactions chimiques s'opérant sur le corps d'un supplicié". Or, "aucune impression n'a été obtenue", ce qui prouverait que le Saint suaire de Turin n'a pas pu être impressionné par le corps du Christ.
D'ailleurs, rappelle Paul-Eric Blanrue, dès le XIVe, le pape Clément VII avait précisé dans trois bulles que le Saint suaire n'était qu'une image et non pas un original datant du temps de la Passion. Et il ne pouvait être exposé qu'à la condition que ceci soit précisé, sous peine d'excommunication.
Tout plaide donc pour un suaire qui n'a rien de sacré. Mais, relève l'historien, "on ne peut pas convaincre tout le monde".

Jennifer Aniston strikes a nerve

Roxanne Khamsi
Nature

Single brain cells show selective response to specific celebrity photos.
Is a single cell in your brain devoted to Jennifer Aniston or Bill Clinton? Maybe so, according to new research.

A recent experiment showed that single neurons in people's brains react to the faces of specific people. Researchers see the findings as evidence that our brains use fewer cells to decode a given image than previously thought.
The subject of visual processing has sparked much scientific speculation in the past. Exactly how our brains extract meaning from an image remains unclear.
At one end of the spectrum of possibilities, a network of cells would process various bits of information in a scene and piece it all together to form an understandable picture.
At the other extreme, the brain would contain a separate neuron to recognize each and every object in the world. Neurobiologist Jerome Lettvin coined the term 'grandmother cell' to parody this view, as it would mean that the brain contains a specific cell to recognize one's own grandmother.
Very few experts believe that grandmother cells exist. But that did not dissuade Rodrigo Quian Quiroga of the California Institute of Technology in Pasadena and his colleagues from investigating single neurons in the brain, to find out how devoted they might be to single people or objects.

Fired up
The study involved eight patients suffering from epilepsy, all of whom had been temporarily implanted with devices to monitor brain-cell activity as part of their treatment. Quian Quiroga and colleagues took advantage of this opportunity to monitor the firing behaviour of their neurons.
Using a laptop, they presented the subjects with a series of one-second snapshots of celebrities, animals, objects and landmark buildings. Each person was shown a total of almost 2,000 pictures; in each sitting they saw about 90 pictures showing roughly a dozen distinct items. The recordings taken as they viewed the photographs revealed just how selective cells within the medial temporal lobe - located deep inside the brain- can be. For example, a neuron of one patient responded almost solely to different pictures of Bill Clinton.
The researchers say that these types of cell are involved in sophisticated aspects of visual processing to identify a person, for example, rather than just a simple shape.
Acting on cue
Various pictures of Jennifer Aniston elicited a response in a single neuron inside the medial temporal lobe of another patient. Interestingly, images of her with her former husband Brad Pitt did not sway this cell, the authors of the paper report. Their findings appear this week in the journal Nature1.
Quian Quiroga also found that a lone neuron in one subject responded selectively to various pictures of the actress Halle Berry - as well as drawings of her and her name written down. Other cells were found to respond to images of characters in The Simpsons or members of The Beatles.
The team thinks that these brain cells probably respond to a range of different items, but that this limited study didn't include all the various pictures that might make a particular cell. In this case it almost seems to be a cell that responds the concept of Halle Berry as it were. But nobody's saying that it's a grandmother cell.
Despite appearing to find a 'Halle Berry cell', notes Martin Tovee, a neuroscientist at the University of Newcastle upon Tyne, UK, who has conducted similar research in monkeys, "nobody's saying that it's a grandmother cell".
Nevertheless, the researchers say the results hint that we might use fewer brain cells to recognize familiar objects than previously thought.

References
1. Quian Quiroga R., et al. Nature, 435. 1102 - 1107 (2005).

20 juin 2005

Maquiller ses données

(Agence Science-Presse) - Amis chercheurs, vous arrive-t-il d'adopter des comportements à l'encontre de l'éthique? Cette question, posée par des chercheurs à des chercheurs, révèle un tiers de "oui".
Les accrocs à l'éthique couvrent, il est vrai, un large spectre de comportements, certains bénins: avoir publié ses résultats dans plus d'une revue par exemple (4,7%) ou avoir mal rapporté les noms des auteurs d'une étude (10%). D'autres plus graves, comme le plagiat (2%). Mais ce qui surprend, c'est surtout le fait d'avoir occulté ou relégué à l'arrière-plan des données: 15% des 3247 chercheurs qui ont renvoyé le questionnaire ont reconnu l'avoir fait.
L'équipe américaine dirigée par Brian Martinson, qui publie ses résultats dans la revue britannique Nature, en conclut que les scientifiques devraient procéder à une remise à jour de leurs débats sur les comportements éthiques. L'évolution des deux dernières décennies, caractérisée notamment par une présence de plus en plus grande de l'entreprise privée dans le financement de la recherche, et par le déferlement d'Internet, dont l'influence sur les jeunes chercheurs est encore mal connue, a inévitablement conduit à une évolution des comportements des scientifiques. Et par conséquent, à l'évolution des accrocs à l'éthique. Il est temps d'en prendre acte.


Encore une raison de plus de douter des études scientifiques bâclées. Et la nécessité d'insister sur la reproductiobilité des résultats.

18 juin 2005

"Il fallait chasser le démon du corps de Maricica"

LE MONDE
BUCAREST de notre correspondant

Orphelinat, monastère, crucifixion, le parcours de Maricica Cornici, 23 ans, n'aura pas été long. Le 15 juin, la jeune femme meurt au monastère orthodoxe de la Sainte-Trinité de Tanacu, un village au nord-est de la Roumanie, à la suite d'une séance d'exorcisme qui rappelle le Moyen Age.
Maricica Cornici avait la réputation d'être trop violente avec la dizaine de nones qui vivaient avec elle. Le jeune pope Petru Corogeanu, 29 ans, responsable depuis trois mois de la vie spirituelle de ce lieu de culte traditionnel et pressé de faire ses preuves, est donc passé à l'action. "Elle était possédée par le démon et il fallait chasser ce démon de son corps" , a-t-il déclaré à la police. Le 10 juin, avec l'aide de quatre nones, le pope attache les mains et les pieds de la jeune récalcitrante et l'enferme dans une cellule sombre et humide du monastère. Ce traitement ne donne aucun résultat.
Le 13 juin, avec l'aide des mêmes soeurs, il attache avec des chaînes la femme démonisée sur une croix et lui enfonce un chiffon dans la bouche pour interdire au démon de s'exprimer. Elle n'a droit qu'à quelques gouttes d'eau bénite aspergée régulièrement sur son corps, frappé à intervalles réguliers. Cependant, le démon résiste et ne se décide à s'enfuir que trois jours plus tard, dans la matinée du 15 juin, mais en prenant au passage l'âme de Maricica, trouvée morte sur la croix. "Le décès de la victime est dû à une violence corporelle très grave" , a précisé Mihaela Straub, porte-parole de la police locale.
Elevée dans un orphelinat de Deva, petite ville située à l'ouest de la Roumanie, Maricica Cornici était entrée au monastère faute de travail et avec l'espoir de trouver une vie plus décente dans le monde fermé de l'orthodoxie. Le 10 avril, elle s'était fait examiner à l'hospice de Vaslui, ville
voisine de son village. "Le diagnostic était correct, reconnaît le médecin Lelia Croitoru. Cette femme était schizophrène." Opinion partagée par le pope exorciste. "Oui, elle était malade, mais c'était une possédée, explique-t-il. Du point de vue religieux, ce que nous avons fait est absolument correct. Nous avons célébré des messes trois jours de suite pour la désenvoûter. Je ne lui ai pas cassé la tête, je ne lui ai rien cassé, sauf les mains et les pieds."
L'Eglise a qualifié ce drame d'"abominable" , mais la none Marta, comme ses autres consoeurs, a un avis tranché : "Si elle est morte, c'est parce que Dieu l'a voulu !" Le prêtre et les policiers envoyés sur place pour enquêter et arrêter l'exorciste se sont fait tabasser par les nones en colère. Seule l'intervention en force de la gendarmerie a permis l'accès au monastère, que l'Eglise orthodoxe a décidé de fermer prochainement.

Mirel Bran
Article paru dans l'édition du 19.06.05

17 juin 2005

La justice saisie d'un horoscope jugé diffamatoire par un lecteur doubiste

MONTBÉLIARD (AFP) - Un habitant de Montbéliard qui jugeait insultantes à son égard les prévisions d'un horoscope paru fin mai dans un hebdomadaire vendu en Franche-Comté a saisi le tribunal d'instance pour réclamer des indemnités.
Le lecteur, natif du bélier, n'a pas apprécié que ce signe soit, dans les pages du journal, associé à la prédiction suivante : "Certains retrouveront les émois de l'adolescence, surtout dans le domaine sentimental où l'envie de s'amuser prend le pas sur le besoin de construire du solide".
Dans sa déclaration transmise au tribunal de Montbéliard, le plaignant se présente comme "un père de famille sérieux et ordonné" et estime diffamant qu'on lui attribue des émois adolescents qu'il est loin de ressentir et qu'on mette en question son "besoin de construire du solide".
Il réclame 51 euros d'indemnités et un avertissement contre l'astrologue à laquelle il recommande "d'aller voir un médecin".
Une citation à comparaître le 28 juin prochain devant le juge du tribunal d'instance de Montbéliard a été reçue cette semaine par la rédaction du journal concerné qui n'a pas souhaité être cité.
La juridiction civile est tenue d'enregistrer ce type de requête portant sur de petites créances et qui ne nécessite pas d'assignation, a précisé le tribunal d'instance, qui précise être confronté depuis six mois à de nombreuses saisines émanant de ce Montbéliardais qui s'est "emparé du droit à la consommation" au point d'en faire un usage "pathologique".


Encore une dérive judiciaire à l'américaine. Ce genre de demande n'a aucune chance d'aboutir, tant il est difficile de justifier qu'on prenne ce genre d'horoscopes au sérieux.

Loto: deux fois le gros lot en 8 jours dans la même commune de Moselle

METZ (AFP) - La commune mosellane de Stiring-Wendel (12.000 habitants) a vu deux joueurs du loto gagner le gros lot à une semaine d'intervalle et empocher ainsi près de 900.000 euros pour l'un et 200.000 pour l'autre, a rapporté vendredi le Républicain Lorrain.
"C'est un hasard extraordinaire. Deux fois les six bons numéros dans un même patelin à deux tirages successifs", s'est étonné le propriétaire du tabac-loto, cité par le journal, où un "fidèle client" a remporté le pactole de 888.936 euros lors du tirage du 15 juin.
Huit jours plus tôt, c'est un autre Stiringeois qui s'adjugeait la somme de 199.506 euros grâce à une grille validée chez un second buraliste de la ville.
"Depuis le 8 juin, nous avons remarqué de nouvelles têtes (...). Les gens posent plein de questions sur le gagnant, ils veulent savoir comment gagner" a confié l'épouse de ce dernier au quotidien régional.
"Jamais deux sans trois", a assuré son confrère qui invite ses clients à venir jouer dans son échoppe, garantissant que "la chance est là".


Comme quoi, même des évnements a priori extrêmement improbables se produisent. Dans un cas précédent, un fortune cookie avait permis à une centaine de personnes de toucher une forte somme au Powerball américain. Ici, ce n'est pas le même genre d'événement puisqu'il s'agit de deux tirages indépendants.

14 juin 2005

Portables: pas d'effet avéré sur la santé, mais des études complémentaires recommandées

PARIS (AP) - En l'état actuel des connaissances, l'utilisation des téléphones portables et les stations relais ne constituent pas un risque avéré pour la santé, selon un rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire environnementale (AFSSE) publié mardi, qui plaide pour des études complémentaires.
Dans ce document de 130 pages, le groupe d'experts "estime qu'il ne peut pas, à ce jour, conclure définitivement sur l'existence d'effets sanitaires causés par les champs électromagnétiques des téléphones mobiles" et les stations relais. "Dans l'état actuel des connaissances scientifiques, de tels effets ne sont pas avérés", explique-t-il.
Le rapport préconise cependant de "conserver une attitude de vigilance scientifique", plaidant pour des recherches sur des populations "potentiellement plus sensibles", comme les enfants, et pour la poursuite d'études sur les "effets sanitaires éventuels des nouveaux signaux".
Le groupe d'experts recommande le recours au "principe de précaution" et des "mesures de bon sens": "limiter les temps de communication, privilégier les zones de bonne réception, éloigner le terminal mobile de la tête" par une généralisation des kits mains libres.
Concernant les relais de téléphonie, "malgré l'absence d'effets avérés sur la santé (...), il faut mettre en oeuvre le principe d'attention préconisé par l'AFSSE en restant attentifs aux plaintes qui peuvent servir d'événements sentinelles", précise le rapport, qui recommande également une évaluation des niveaux d'exposition des riverains.
Dans un communiqué, les associations Agir pour l'environnement et Priartém ont accusé le comité scientifique de l'AFSSE de "chercher une nouvelle fois à valider certaines hypothèses erronées qu'elle a elle-même produites à plusieurs reprises".
Rejetant les conclusions du rapport, elles dénoncent la composition "monolithique et partiale" du groupe d'experts et demandent au nouveau ministre de la Santé Xavier Bertrand "de revoir intégralement l'architecture de l'Agence française de sécurité sanitaire environnementale".

10 juin 2005

Benoît XVI prône l'abstinence pour lutter contre le sida

CITE DU VATICAN (Reuters) - Benoît XVI s'est exprimé pour la première fois sur l'épidémie de sida, condamnant l'usage du préservatif et estimant que l'Eglise se battait "en première ligne" contre la maladie en enseignant la chasteté et la fidélité.
"L'enseignement traditionnel de l'Eglise s'est avéré être le seul moyen infaillible de prévenir l'épidémie du virus HIV", a-t-il déclaré devant les évêques du continent africain ravagé par l'épidémie.
"Il est très inquiétant que la structure de la vie africaine, sa source fondamentale d'espoir et de stabilité, soit menacée par le divorce, l'avortement, la prostitution, le trafic d'êtres humains et une mentalité ouverte à la contraception, autant de facteurs qui contribuent à la dégradation de la moralité sexuelle".
"L'Eglise catholique a toujours été en première ligne à la fois dans la prévention et dans le traitement de la maladie", a poursuivi le souverain pontife.
Son prédécesseur Jean Paul II avait suscité les critiques des associations engagées dans la lutte contre la maladie, et même d'une part importante des fidèles, en refusant avec constance de faire de l'usage du préservatif une méthode admissible de prévention.
Benoît XVI, autrefois préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a confirmé depuis son élection le 19 avil qu'il maintiendrait une ligne conservatrice sur les questions de moeurs.
Il est clair que l'Eglise catholique ne peut que maintenir cette position d'arrière-garde mortelle dans les conditions africaines actuelles. Combinées aux idées fausses sur la nutrition et son effet sur le virus du SIDA, les chances de l'Afrique de se sortir de la pandémie sont pratiquement nulles.

07 juin 2005

Spolié de son arme virtuelle, il tue avec un vrai couteau

PEKIN, 7 juin 2005 (AFP) - - Un chômeur de Shanghai a été condamné à mort mardi avec un sursis à exécution de deux ans pour avoir tué un internaute qui avait revendu sans son autorisation une "arme suprême" gagnée dans un jeu électronique en ligne, a rapporté l'agence Xinhua (Chine nouvelle).
Après avoir réussi à terrasser un monstre cybernétique, Qiu Chengwei, ainsi qu'un autre internaute surnommé Li, étaient devenus début 2004 détenteurs du "sabre pourfendeur de dragon", arme suprême dans le jeu Chuanqi.
Ils avaient prêté cette arme virtuelle à un certain Zhu, qui l'a revendue pour 7.000 yuans sonnants et trébuchants (environ 700 euros) puis a refusé de leur donner cette somme.
Pour réclamer son dû, Qiu s'est rendu au domicile de Zhu où il l'a poignardé au coeur avant de se rendre à la police et de tout avouer.
La Cour intermédiaire populaire numéro deux de Shanghai a déclaré Qiu coupable d'homicide volontaire, mais a reconnu que Zhu avait aussi sa part de responsabilité dans l'affaire.
Comme de plus Qiu s'était lui-même rendu à la police, le tribunal a fait preuve de clémence dans son verdict, a précisé l'agence officielle chinoise.
Les peines de mort assorties d'un sursis à exécution de deux ans sont dans la plupart des cas commuées en prison à vie.


Encore un meurtre pour des affaires virtuelles. Un précédent du 30/3/2005 avait également fait une victime.

02 juin 2005

Une molécule qui inspire confiance

Selon une étude, l'ocytocine, pulvérisée dans les narines, rendrait crédule.
Par Corinne BENSIMON
Liberation

De l'ocytocine en spray. Voilà ce qui manquait à Chirac, Hollande et tous les leaders du oui. Trois pschitts dans chaque narine du citoyen, et la méfiance était laminée, la Constitution votée, la France rassemblée. Car l'ocytocine, proprement nébulisée dans les voies nasales, suscite chez l'humain la confiance en son prochain. C'est là le résultat d'une expérience publiée aujourd'hui dans la revue scientifique Nature. Conduite à l'université de Zurich, en Suisse, fruit d'une collaboration entre neurobiologistes et économistes, elle met en lumière une base biologique du lien de confiance. Ce faisant, elle instruit le débat (émergent) sur les utilisations futures de la connaissance du cerveau humain. «Cette découverte pourrait être détournée afin d'induire des comportements de confiance que des sujets pourraient exploiter à des fins égoïstes», avertissent les auteurs. «L'alarme citoyenne face à de tels mésusages aurait dû être donnée bien avant que ne débute cette étude, commente le neurobiologiste américain Antonio Damasio. On ne peut reprocher aux auteurs de la sonner.»
Jeu de rôles. C'est donc avec une grande confiance dans les vertus du débat éthique que l'équipe suisse a scruté la physiologie de la confiance, comportement «indispensable à l'amitié, l'amour et l'organisation sociale». L'évolution aurait-elle sélectionné un stimulus biologique simple l'augmentation de la sécrétion d'une molécule, par exemple pour contrôler une attitude si vitale ? L'ocytocine (ou oxytocine), parient d'emblée les chercheurs, est la meilleure candidate. Sécrétée par l'hypothalamus, cette petite molécule dont la synthèse a valu un Nobel, il y a cinquante ans, est connue pour favoriser les contractions lors de l'accouchement et l'excrétion du lait maternel. Plus récemment, on a découvert qu'elle suscite, chez l'animal, l'attachement social entre la mère et son petit, et entre la femelle et le mâle. L'ocytocine serait-elle impliquée chez l'homme dans un semblable «lien de confiance», interindividuel ?
Oui, répondent les chercheurs après avoir proposé à des étudiants un singulier jeu de rôles.
Un jeu d'argent. D'un côté, le sujet de l'expérience : l'«investisseur», qui peut placer plus ou moins d'argent, de zéro à douze unités. De l'autre, un «banquier» qui reçoit cette somme, dont la valeur triple, et qui rend à l'investisseur ce qui lui chante. Les deux ne se voient pas. Le jeu ne se joue qu'une fois. Vingt-neuf investisseurs reçoivent avant la partie trois pulvérisations d'ocytocine dans chaque narine (dosages normaux d'une préparation de Novartis destinée aux maternités). Vingt-neuf autres reçoivent un placebo. Plusieurs groupes ont défilé. Résultat : 45 % des «investisseurs» sous ocytocine ont choisi de faire une mise maximale, contre 21 % dans les groupes placebo.
«Remarquable». «Une administration intranasale d'ocytocine provoque une augmentation substantielle du comportement de confiance», concluent Ernst Fehr et son équipe, après avoir éliminé une série d'hypothèses susceptibles de biaiser leur observation.
«Une découverte remarquable», estime Antonio Damasio avec un enthousiasme que tempère le neurobiologiste de la toxicomanie, Pier-Vicenzo Piazza (Inserm, Bordeaux) : «La question est de savoir si cette expérience permet de cerner ce que l'on appelle la "confiance". Il faudrait tester d'autres situations.»
En attendant de savoir si un déficit français en ocytocine est un des ressorts du non référendaire, un groupement d'instituts de recherche européens s'apprête à poser aux citoyens de l'UE la question de confiance sur les neurosciences (1) : «L'utilisation de substances chimiques pourrait conduire à améliorer, altérer, voire contrôler les facultés mentales. Quel usage doit-on faire des nouvelles connaissances sur le cerveau ?» A débattre sous ocytocine.

(1) Projet «Meeting of minds», soutenu par la Cité des sciences et de l'industrie.


Molécule très utile à vaporiser à hautes doses pour tous les négociateurs de paix !

30 mai 2005

Deux parents et trois médecins jugés pour la mort d'un enfant malnutri

QUIMPER (AFP) - Le procès de deux parents adeptes de la kinésiologie accusés d'être responsables du décès de leur dernier enfant par malnutrition, ainsi que de trois médecins poursuivis pour non assistance à personne en danger s'est ouvert lundi devant la cour d'assises du Finistère.
Ronan Boucher, 45 ans, et son épouse Pascale Durand, 46 ans, qui contestent leur responsabilité et comparaissent libres, encourent une peine maximale de trente ans de réclusion pour "privation de soins ou d'aliments suivie de mort d'un mineur de 15 ans par ascendant". De leur côté, les médecins sont passibles d'une peine de 5 ans de prison.
Le 12 novembre 2000, Kerywan, 16 mois et demi, mourait au domicile familial de Moëlan-sur-Mer (Finistère), avec un poids de six kilos, soit celui d'un enfant de quatre mois. Les experts devaient déceler une carence nutritionnelle "importante et chronique" imputable selon eux à un régime alimentaire sans protéine animale ni supplément vitaminique. L'enfant était depuis sa naissance allaité par sa mère adepte d'un régime végétalien.
La justice reproche au couple, déjà parent de trois filles, d'avoir privé de soins son dernier enfant non pas par négligence ou imprudence mais au nom de "conceptions idéologiques" inhérentes à la pratique de la kinésiologie, technique psycho-corporelle développée dans les années 60 aux Etats-Unis.
Présentés comme "enseignants indépendants", les deux époux, de formation scientifique supérieure, avaient créé une "école d'enseignement complémentaire à la kinésiologie" à Moëlan-sur-Mer. Ils sont l'auteur de plusieurs brochures, dont une notamment sur la nutrition.
Niant tout lien de causalité entre leur comportement et le décès de l'enfant, ils ont réclamé en vain un non-lieu devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes.
L'enquête menée par les experts a par ailleurs révélé que l'enfant aurait pu être sauvé "jusqu'au dernier moment", ne serait-ce que par une hospitalisation d'urgence, d'où une mise en cause de trois médecins qui n'ont pas alerté les autorités sur l'état de santé de plus en plus critique du petit garçon.
En mai 2000, sept mois avant sa mort, Kerywan avait été traité par un de ces médecins pour des vomissements. Trois mois plus tard, un autre médecin associé au premier renouvelait le traitement: à l'issue de la consultation, il inscrivait dans le dossier de l'enfant la mention "privation de soins et inconscience des parents, enfant en danger", mais n'alertait pas les autorités.
Une même inertie est reprochée au médecin traitant de la famille, qui aurait reçu sans réagir un fax de la famille contenant des informations "précises, importantes et alarmantes" à propos de l'état de santé de l'enfant. Les débats doivent durer cinq jours.
L'Union nationale des associations pour la défense des familles et de l'individu (UNADFI) spécialisée dans la lutte contre les phénomènes sectaires s'est portée partie civile dans cette affaire, ainsi que La Voix de l'enfant, fédération d'associations pour la protection des enfants en France et dans le monde.


Les parents sont ici au premier rang des victimes de leur aveuglement. Ce n'est pas toujours le cas, comme nous l'avons vu pour l'affaire du vaccin contre la polio.

25 mai 2005

L'AFSSaPS s'oppose aux échographies "artistiques"

La Food and Drug Administration aux Etats-Unis, l'Académie nationale de Médecine et maintenant l'AFSSaPS en France... L'Agence française de Sécurité sanitaire des Produits de Santé déconseille le recours aux échographies dans un but non médical.
Après avis de la Commission nationale de Matériovigilance, l'Agence "recommande aux femmes enceintes de respecter les prescriptions de suivi de leur grossesse par l'échographie médicale mais leur déconseille la pratique des échographies dans un but non médical, afin de ne pas exposer inutilement le foetus aux ultrasons".
Comme nous l'écrivions il y a quelques semaines, les rayonnements émis par les appareils cristallisent l'essentiel des craintes des spécialistes. Si dans le cadre d'un examen médical, l'exposition aux ultrasons de chaque zone du foetus est extrêmement brève, ce n'est pas le cas lorsqu'il s'agit d'une échographie "artistique". Bien au contraire. "Car pour produire un document agréable à regarder pour les parents il est nécessaire d'exposer en continu aux ultrasons des parties localisées du foetus".
"En conséquence" conclut l'AFSSaPS, "le risque est majoré sans qu'il y ait de bénéfice pour la santé". Pour en savoir davantage sur ce sujet, l'Agence publie également un "questions/réponses" que vous pouvez consulter à l'adresse :
http://afssaps.sante.fr/htm/10/echo/echoqest.htm.


Il n'existe virtuellement aucune preuve de la nocivité des ultrasons pour le foetus. Il s'agit probablement d'une application du fameux 'principe de précaution'. Appeler "rayonnement" des émissions d'ultrasons, en faisant ainsi un lien sémantique avec la radiographie et ses radiations nocives, est un artifice peu glorieux.

23 mai 2005

Méditez, vous vivrez plus longtemps !

La méditation au secours de la médecine moderne ? Ce n'est pas si absurde qu'on pourrait le croire. Selon un travail américain, la méditation transcendantale augmenterait l'espérance de vie. Alors méditons quelques secondes sur cette étude prometteuse.
Le Dr Robert Schneider, directeur du Centre de médecines naturelles dans l'Ohio, a suivi 202 personnes qui toutes, présentaient une hypertension artérielle depuis plus de 18 ans. Et toutes s'adonnaient aussi à la méditation transcendantale.
Or selon l'auteur, ces adeptes de "la réflexion profonde" ont montré des taux de mortalité inférieurs de 23% à la population générale ! La méditation protégerait ainsi notre coeur, puisqu'elle permettrait de diminuer la mortalité cardiovasculaire de 30%. Quant aux cancers, ils ne semblent pas mieux résister à la méthode inventée dans les années 60 par l'Indien Maharishi Malesh Yogi. Elle diminuerait en effet la mortalité par cancers de... 49% ! Pourquoi n'y avons nous pas pensé plus tôt ?
Robert Schneider a bien entendu une explication rationnelle ! "La méditation transcendantale diminue la tension artérielle, repousse certains comportements à risque comme le tabagisme et permet une moindre production d'hormones du stress". Pourquoi pas ! De toute façon, cela ne peut pas faire pas de mal !
Sources: The American Journal of Cardiology, 2 mai 2005


Le ton ironique de l'article efface-t-il le fait qu'une revue scientifique ait accepté de publier cette étude, dans lequel le conflit d'intérêt est à peine voilé ? Les sites web de la MT ne tarissent pas d'éloges sur le Dr Robert Schneider, on s’en doute.

20 mai 2005

"Ne vendez pas les cuisses indonésiennes": des musulmans contre Miss Univers

JAKARTA (AFP) - Des musulmans radicaux ont manifesté vendredi à Jakarta offusqués par les photos dans la presse de Miss Indonésie 2005 en maillot de bain, alors que la prétendante au titre de Miss Univers se trouve en Thaïlande.
"Ne vendez pas les cuisses indonésiennes" ont demandé sur des banderoles environ 70 militants du Front des défenseurs de l'islam (FPI), qui fait de temps à autre des raids contre des bars de Jakarta jugés licencieux.
Des femmes d'une fondation islamique, voilées de blanc, ont également dénoncé le "scandale".
Plusieurs journaux indonésiens publient vendredi en une la photo de Artika Sari Devi, en maillot de bain une pièce alors qu'elle se trouvait jeudi avec les autres "Miss" dans une piscine de la station touristique thaïlandaise de Phuket.
Les militants du FPI ont assimilé la jeune fille à une "prostituée" en affirmant que la participation de l'Indonésie au concours de Miss Univers, qui sera décerné à Bangkok à la fin du mois, déclenchera "la colère divine et provoquera de nouvelles catastrophes en Indonésie". L'archipel a été frappé ces derniers mois par un tsunami et plusieurs séismes meurtriers.
C'est la première fois qu'une Indonésienne fait partie des prétendantes au titre de Miss Univers.
Le gouvernement de l'autoritaire président Suharto, qui avait dû quitter le pouvoir en 1998 après 32 ans à la tête de l'Indonésie, avait interdit aux Indonésiennes d'y participer, jugeant qu'une telle compétition était contraire aux valeurs nationales.
Près de 90% des 220 millions d'Indonésiens sont musulmans. La grande majorité pratique un islam tolérant.


Après les demandes de sacrifices de 1000 moutons (voir Sens Commun d’avril 2005) pour éviter un deuxième tsunami, voici venir les demandes de moralité. Encore une fois, le malheur des victimes est exploité pour étayer des croyances superstitieuses ou morales.

18 mai 2005

Pour gagner, mieux vaut mettre du rouge

PARIS (AFP) - Les sportifs dont la tenue est rouge ont un avantage par rapport à leurs adversaires, rapporte une étude publiée dans la revue britannique Nature à paraître jeudi. Les résultats de quatre disciplines inscrites aux Jeux Olympiques de 2004, comportant deux adversaires et dont la couleur de la tenue est attribuée au hasard - boxe, tae kwon do, lutte gréco-romaine et lutte libre - ont été examinés par les auteurs de l'article.
A niveau équivalent, ont conclu Russell Hill et Robert Barton, de l'université de Durham (Royaume-Uni), "porter du rouge est régulièrement lié à une plus haute probabilité de vaincre" face à un adversaire en bleu.
Ainsi, dans les disciplines étudiées, 16 des 21 manches ou rounds ont été gagnés par l'adversaire en rouge, et 4 par les "bleus". Les auteurs insistent sur le fait que le rouge ne fait la différence que lorsque dans tous les autres domaines les sportifs sont équivalents.
Les résultats préliminaires d'une étude sur le football semblent donner les mêmes résultats : pendant l'Euro 2004, où les joueurs portaient différentes couleurs de maillot selon les matches, les cinq équipes étudiées ont plus marqué lorsqu'elles étaient en rouge.
Les chercheurs rappellent que chez les animaux la coloration rouge est liée à un taux important de testostérone, l'hormone mâle, à une bonne santé et à l'agressivité. Il est possible, suggèrent-ils, que cette couleur agisse sur le subconscient des êtres humains et place psychologiquement l'adversaire en état d'infériorité.
Chez l'homme, notent-ils par exemple, un homme devient "rouge de colère" alors que celui qui a peur est pâle : inconsciemment, "avoir plus de rouge dans un échange agressif peut donc refléter une relative domination".
"L'implication (de cette étude) dans les règlements concernant les tenues sportives peut être importante", concluent Russell Hill et Robert Barton.


Passer en dernier dans un concours, s'habiller en rouge pour un combat, on finirait par croire qu'il ne sert à rien de s'entraîner.

16 mai 2005

Polio : le Nigeria a encore frappé

Après le Yémen, l'Indonésie. Quatre cas de poliomyélite ont été confirmés dans ce pays épargné depuis des années. Le succès de la campagne d'éradication lancée par l'OMS il y a 17 ans est-il remis en cause ? Non. Mais l'indiscipline de certains Etats, oui.
Plus de 1 267 victimes en 2004, soixante-trois au Yémen depuis le début de l'année, quatre nouveaux cas en Indonésie... Décidément l'éradication de la polio à la fin de cette année - objectif affiché par l'OMS - semble chaque jour un peu plus compromise. " Pas si sûr " répond Oliver Rosenbauer, responsable du Programme Polio de l'OMS.
"Les flambées de poliomyélite que connaissent aujourd'hui plusieurs pays ne représentent pas une menace sérieuse pour notre programme d'éradication. Nous disposons d'une arme efficace pour circonscrire ces épidémies." Son nom ? mOPV1. Un nouveau vaccin très puissant spécialement conçu pour contrer le poliovirus de type 1, la souche prédominante à l'origine des récentes épidémies.
Le programme d'éradication est-il en cause ? Non."Le véritable danger vient des quelques pays où la polio est endémique". Six exactement : l'Afghanistan, le Pakistan, l'Inde, l'Egypte, le Niger et le Nigeria. Le Nigeria qui justement est à l'origine de la réinfection de la quasi-totalité des pays actuellement touchés, même l'Indonésie. Les malades revenaient en effet d'un pèlerinage à La Mecque. Ils y avaient contracté un virus... dont le génome est le même que celui du virus qui a essaimé après que les autorités du nord Nigeria à Kano, aient décidé l'an passé de surseoir aux vaccinations.
Sources: BMJ 2005 ; 330 : 1106, OMS


Le plus ironique de l’histoire est que l’origine de la suspension des vaccinations au Nigeria était prétextée par un complot américain contre les musulmans (à l’origine une rumeur antisémite, parce que l’un des inventeurs du vaccin est Juif, corne D’Auroch !). Dans ce cas, ce n’était pas le vaccin qui était le plus anti-musulman, mais la rumeur propagée par les autorités musulmanes du Nigeria.

15 mai 2005

Quand Daniel Cohn-Bendit prédit le résultat de la présidentielle de 2007

PARIS (AP) - Le député européen Vert Daniel Cohn-Bendit a prédit dimanche que Nicolas Sarkozy serait élu président de la République en 2007, battant les anciens Premiers ministres socialistes Laurent Fabius et Lionel Jospin.
Se présentant au cours du "Grand Jury" RTL-LCI-"Le Monde" comme un "historien de 2030", le député Vert a affirmé que "M. Sarkozy" avait remporté la présidentielle de 2007.
"Il y avait au premier tour M. Fabius en candidat indépendant et M. Jospin représentant le Parti socialiste", a-t-il même ajouté.


Bonne chance à notre nouveau Nostradamus, même s'il n'a pas encore percé le secret de la popularité des devins de tout poil: le flou dans les prédictions, qui leur permet de prétendre avoir prédit tout et le contraire de tout.

13 mai 2005

Procès contre les charlatans du SIDA

Libération.fr

Des militants sud-Africains pour l'accès gratuit aux antirétroviraux pour les malades du sida manifestent leur colère devant le palais de justice du Cap, vendredi. La Treatment Action Campaign (TAC), une coalition d'ONG, poursuit en justice la fondation de l'Allemand Matthias Rath, un farouche opposant des traitements à base d'antirétroviraux. A leur place, Rath, qui a ouvert des boutiques dans plusieurs townships du Cap, préconise un régime nutritionnel à base de vitamines, d'acides aminés et de minéraux.
Si elle a affirmé ne jamais avoir approuvé la thérapie préconisée par Matthias Rath, la ministre sud-africaine de la Santé dénonce elle aussi «les effets collatéraux» des antirétroviraux et a répété à plusieurs reprises qu'un régime nutritionnel à base d'ail, d'huile d'olive et de peaux de citron ne devait pas être négligé. TAC réclame que 200.000 personnes soient traitées aux antirétroviraux d'ici à 2006 en Afrique du Sud où, selon l'ONU, le VIH touche plus d'un adulte sur cinq, soit environ 5,3 millions de personnes sur une population de 44,8 millions.


Malheureusement, avec des politiciens de ce genre, le virus du SIDA a de beaux jours devant lui

11 mai 2005

110 personnes piochent le bon biscuit et tirent le gros lot

NEW YORK, May (Reuters) - Dix-neuf millions de dollars. C'est la somme que se sont partagées 110 personnes qui avaient joué à la loterie les nombres conseillés sur le petit billet d'un biscuit chinois, a-t-on appris mercredi auprès de Charles Strutt, directeur de la loterie inter-Etats Powerball.
Les statistiques voudraient qu'il n'y ait que quatre ou cinq gagnants sur 10,4 millions de grilles jouées dans 27 Etats, le district de Columbia et les Iles vierges qui proposent cette tombola, mais, lors du tirage du 30 mars dernier, les gagnants ont été 20 fois plus nombreux. Leurs gains individuels s'échelonnent de 100.000 dollars à un demi-million.
"Il y avait quelque chose qui n'allait pas; c'était contraire à toutes les éventualités", a déclaré le directeur.
"Donc nous avons suspecté une erreur du système ou une fraude. Dans le milieu de la loterie, vous vous devez d'être naturellement suspicieux: chaque fois que nous sommes face à une aberration statistique nous vérifions."
Il était également possible que ce soit lié à des nombres porte-bonheur parus dans les médias. Les employés de la Multi-State Lottery Association, qui gère Powerball pour la société Uniondale, ont donc passé le jour qui a suivi à éplucher la presse. Ils ont même re-regardé un programme de la chaîne ABC, "Lost", et un épisode d'un feuilleton "soap" qui parlaient de Powerball. Rien ne concordait.
Le personnel a donc reçu pour instruction de questionner les gagnants qui venaient chercher leur pactole, le 1er avril, a précisé Strutt.
Le premier indice est venu du Tennessee, lorsque trois gagnants ont fait allusion à des biscuits chinois. Le schéma s'est répété un peu partout à travers le pays.
Des responsables de Powerball du Tennessee et de l'Idaho ont rendu visite à des dizaines de restaurants chinois et sont remontés jusqu'à un distributeur de New York, Wonton Food.
Les biscuits donnaient six nombres dont les cinq premiers suffisaient à gagner une somme à six chiffres. Le sixième nombre inscrit dans les biscuits était le nombre 40 alors c'est le 42, attaché à un jackpot de 25,5 millions de dollars, qui est sorti au tirage ce jour-là.
Un habitant du Tennessee, qui n'a pas voulu faire confiance à son biscuit a modifié un chiffre et remporté le plus gros lot, a ajouté Strutt.
Wonton Food - dont aucun des 110 employés, dans le Queens, n'a joué ces chiffres - fabrique 4 millions de biscuits par jour et près de 97% de ceux-ci proposent une série de six nombres. Il existe 10.000 combinaisons de nombres, tous tirés au sort par des ouvriers parmi 40 bouts de papiers.
"Dorénavant nous utiliserons un ordinateur (pour choisir les nombres) parce que c'est plus efficace", a déclaré Derrick Wong, gérant de Wonton Food. "Le recours à un ordinateur réduit les chances de répéter une combinaison et nous ne voulons pas que ça arrive."
Un autre cadre de l'usine, Richard Leung a estimé que plusieurs centaines de milliers de biscuits contenaient la bonne suite de nombres.
Charles Strutt a indiqué que certains gagnants avaient croqué leur biscuit quelques jours auparavant mais que l'un d'entre eux avait conservé son petit bout de papier pendant trois ans avant d'en jouer la combinaison.


Voilà ce qui peut arriver lorsqu'un biais affecte un processus qui devrait être 'totalement' aléatoire. Ici, un simple « fortune cookie » chinois a réussi à faire survenir un événement qui aurait été parfaitement improbable autrement. Il est utile de se rappeler que certaines expériences 'paranormales' reposent sur la présomption qu'un processus est bien aléatoire et que l'ensemble des événements possibles est équiprobable, c'est-à-dire qu'aucun des événements de l'ensemble n'a plus de chances qu'un autre de se produire.

10 mai 2005

Il y a des chiffres qui tuent

Avec 2% du parc des quatre roues et plus, les poids lourds ont effectué 6% des kilomètres parcourus en France en 2003. Ils ont été impliqués dans 3,1% des accidents corporels et... 8,5% des accidents mortels !
Selon l'Observatoire national interministériel de sécurité routière, "les poids lourds représentent un enjeu important pour la sécurité routière". Car en 2003, les accidents dans lesquels ils ont été impliqués ont coûté la vie à 720 personnes. Soit 12,5% de l'ensemble des tués sur la route ce qui, comparé aux 8,5% d'accidents dans lesquels ils sont impliqués, traduit un indice de gravité très important.
Les accidents de poids lourds se produisent le plus souvent en rase campagne, sur des routes départementales ou nationales. Et dans près d'un cas sur deux, les routiers sont confrontés à une automobile particulière. $Mais dans un accident sur cinq ils sont seuls en cause ! Enfin l'analyse de leur taux d'alcoolémie après l'accident montre qu'ils sont moins alcoolisés que les conducteurs de véhicules légers.


Il est étonnant qu'on s'étonne du fait que les accidents impliquant les poids lourds soient plus graves que ceux qui impliquent uniquement des voitures individuelles. Une simple considération de l'énergie cinétique éclaircit le 'mystère'.

01 mai 2005

Du canular au complot

Au début était la rumeur, limitée par le bouche-à-oreille, puis vinrent les mass media et dernièrement l’Internet. Un ordre de magnitude dans la rapidité de diffusion était franchi à chaque fois. Au début, c’étaient les limites de la transmission d’une personne à l’autre qui faisait que la rumeur s’éteignait progressivement. Avec les mass media, c’était l’éthique des professionnels qui servait de contre-feu, chacun étant à la fois pyromane et pompier. Avec la structure ‘anarchiste’ de l’Internet, il n’existe actuellement rien de tout cela. Il n’y existe aucun mécanisme de régulation, d’autocontrôle. La rumeur peut partir d’une seule personne et faire le tour de la Terre en quelques jours, influençant des millions de personnes. Ainsi, ce qui n’aurait été qu’une anecdote vite oubliée prend ainsi une ‘vie’ autonome, tel un virus Ebola, disparaissant et réapparaissant ailleurs. Là où les vers informatiques exploitent les failles de nos systèmes pour se propager impunément, les rumeurs se propagent en exploitant les failles personnelles de nos systèmes de croyance, notre crédulité.
Certaines des rumeurs sont drôles et exploitent notre tendance à rire et faire rire pour nous inciter à la retransmettre à nos correspondants. Ainsi, le message qui présentait la soi-disant ‘une’ du journal El Moudjahid, annonçant la mort du Pape et présentant ses condoléances à son épouse et ses enfants, est un bon exemple de ce genre de canular. Comme beaucoup d’histoires drôles, elle a un aspect plus sombre, jouant sur une tendance à croire que les journalistes Algériens sont ignorants des institutions catholiques. Ces histoires deviennent parfois des légendes urbaines, reprises régulièrement avec une aura de vérité qui augmente à mesure que le temps passe et qu’elle échappe au contrôle de son auteur.
D’autres rumeurs exploitent notre ignorance dans un domaine, se présentant comme émanant d’une autorité, tel le message nous demandant d’effacer le fichier jdbmgr.exe de notre système qui serait un virus dangereux, en fait un fichier parfaitement légitime et inoffensif. Le schéma est classique : un message arrive dans nos boîtes aux lettres électroniques, nous demandant d’effacer un fichier car celui-ci est une menace. Ce message se présente comme émanant d’une autorité (en fait inexistante) et nous est retransmis par une personne de notre entourage en qui nous avons confiance, bien qu’il ne soit pas un expert dans le domaine informatique. C’est l’argument d’appel à l’autorité qui joue ici à plein.
D’autres rumeurs exploitent la tendance à la suspicion envers la politique et les gouvernements et nous en arrivons aux théories du complot. Le monde à l’envers : utiliser la suspicion et le doute pour mieux susciter la crédulité. Notre volonté de croire au complot, et non notre doute légitime en face d’une information, nous fait tomber dans le panneau. Ce sont les plus dangereuses et les plus lâches des rumeurs, n’hésitant pas à calomnier anonymement.
Dans cette catégorie citons, parmi les plus récentes, la rumeur contre le vaccin de la polio qui a trouvé un écho favorable dans les régions musulmanes du Nigeria, avec les conséquences que l’on connaît. La rumeur a pris comme origine un incident sur un lot de vaccins contre la polio, repris par l’extrême droite américaine pour soutenir une rumeur antisémite, rumeur qui a trouvé un écho parmi les intégristes musulmans, pour finir par leur causer du tort : la plupart des victimes ont en effet été contaminées au nord Nigeria parmi les populations musulmanes, puis parmi ceux qui y ont voyagé et suite à un pèlerinage à La Mecque.
Citons également le complot du 11 septembre qui aurait été planifié par les Américains eux-mêmes pour monter leur opinion publique en vue d’une guerre contre les musulmans, la réélection de Bush Jr et le contrôle du pétrole pakistanais, irakien, etc. Cette rumeur a été reprise quelques mois plus tard par Thierry Meyssan, dans un livre qui a été un succès populaire en dépit des gigantesques failles d’une ‘enquête’ faite dans un fauteuil par un auteur inexpérimenté dans le domaine. Cette affaire aura eu le mérite de précipiter la déchéance du groupe de Thierry Meyssan, le Réseau Voltaire, après une courte période de popularité injustifiée.
Comment se défendre contre de telles rumeurs ? C’est plus simple qu’il n’y paraît. Internet ne possède aucun mécanisme de contrôle, mais on y trouve le meilleur comme le pire, et surtout le moyen de trouver l’un comme l’autre. Au lieu de subir passivement les rumeurs qui nous parviennent, nous pouvons mener une contre-enquête et vérifier que nos sources d’information sont fiables. Les moyens d’investigation sont fournis par les moteurs de recherche et par certains sites spécialisés, qui nous mâchent le travail, comme l’excellent Hoaxbuster (http://www.hoaxbuster.com/) . Ainsi, ce site nous explique qu’il n’y a aucune raison d’écraser un fichier de notre système parce qu’un inconnu nous le demande. Une simple recherche Internet sur les rumeurs contre le vaccin de la polio aurait montré aux autorités musulmanes du Nigeria que leurs sources n’étaient pas dignes de foi. De simples recherches auraient permis à tous de vérifier que les rumeurs reprises par Thierry Meyssan ne reposaient sur rien de sérieux, qu’elles avaient aussi pour origine les réseaux néo-Nazis américains, reprises une fois de plus en cœur par les milieux intégristes musulmans. De façon assez amusante, Thierry Meyssan a ensuite eu l’occasion de prêcher la bonne parole dans ces milieux intégristes, qui avaient sans doute oublié qu’ils avaient eux-mêmes contribué à répandre cette rumeur.

22 avril 2005

Des infections en crèche diminueraient le risque de leucémie infantile

PARIS (AFP) – Les enfants ayant fréquenté d'autres bambins dans des crèches ou haltes-garderies auraient moins de risque de souffrir de la forme de leucémie la plus courante chez l'enfant, la leucémie aiguë lymphoïde, que les enfants privés de tels contacts, selon une étude publiée vendredi.
"L'interprétation la plus plausible est que cette protection résulte d'une exposition aux infections courantes", que les enfants allant en crèche ont plus de risque de contracter, concluent les chercheurs dans un article publié en ligne par la revue médicale britannique British Medical Journal.
"Un certain niveau d'exposition précoce aux infections semble important pour la santé de l'enfant", ajoutent-ils, rappelant que d'autres études ont fait état d'associations similaires entre exposition aux infections et développement d'allergies ou apparition du diabète de type 1 chez l'enfant.
Plus de 6.300 enfants sains et 3.140 enfants souffrant d'un cancer, dont 1.286 d'une leucémie aiguë lymphoïde (LAL), ont participé à cette étude. Leur mère a été interrogée sur leur éventuelle fréquentation, régulière ou non, d'une crèche ou halte-garderie avant l'âge d'un an. Il a également été tenu compte de la présence d'aînés dans la fratrie.
Ces enfants sont inclus dans une vaste étude sur le cancer de l'enfant au Royaume Uni destinée notamment à vérifier si leucémies et lymphomes peuvent être causés par des réponses anormales aux agents infectieux courants.
Au final, les résultats confirment, selon les chercheurs, "l'hypothèse selon laquelle une exposition réduite aux infections dans les premiers mois de la vie augmente le risque d'avoir une leucémie aiguë lymphoïde".
L'hypothèse d'un retard dans l'exposition aux agents infectieux comme facteur de développement de la maladie avait été formulée dès 1988 par le Pr Greaves (Institute of Cancer Research, Londres), qui participait également à la nouvelle étude publiée dans BMJ.
Les résultats sont jugés "statistiquement significatifs" aussi bien dans la tranche d'âge globale (2 à 14 ans) que dans celle plus réduite des enfants chez lesquels la maladie avait été diagnostiquée entre 2 et 5 ans.


Encore une étude qui va dans le sens d’une immunisation suite à l’exposition à une infection (attention : corrélation). Cette hypothèse renforce, s’il en était encore besoin, la nécessité des vaccinations infantiles, qui constituent elles aussi des expositions précoces à des virus atténués, stimulant le système immunitaire des enfants. La protection des vaccins pourrait donc avoir des effets protecteurs contre d’autres maladies que celles pour lesquelles ils sont conçus au départ.

18 avril 2005

En Inde, les arbres s'épousent pour éloigner le mauvais oeil

lundi 18 avril 2005, 15h24
CALCUTTA, Inde (Reuters) - Les habitants d'un quartier de Calcutta ont célébré le mariage d'un banian et d'un arbre de Bô, une union destinée à éloigner le mauvais oeil.
Le mariage entre ces deux arbres sacrés dont les troncs étaient recouverts de tissus rouges et de guirlandes de fleurs a été suivi d'un banquet rassemblant plus de 1.000 personnes.
"Un mauvais sort pesait sur nous. Aussi avons-nous décidé d'avoir recours à la spiritualité pour l'éloigner", a déclaré lundi Gouri Shankar Sengupta, l'un des organisateurs de la cérémonie.
Cette partie de la ville a été le théâtre d'un meurtre, de deux suicides et de nombreux cambriolages, des exactions attribuées à un mauvais sort pour de nombreux habitants. Le mariage a été célébré samedi, mais les festivités ne s'achèveront que lundi.


Hélas, cette ‘magie’ est très peu souvent suivie d’effets. Mais comme elle est également très peu contrôlée sur ses résultats, les croyances peuvent continuer de circuler tranquilles.

15 avril 2005

Charabia scientifique généré par ordinateur plus vrai que nature

CAMBRIDGE, Massachusetts (Reuters) – Un charabia incohérent entièrement créé par un ordinateur et présenté comme un travail universitaire par trois étudiants du MIT (Institut de technologie du Massachusetts) a été accepté pour une présentation lors d'une conférence scientifique.
Jeremy Stribling a expliqué jeudi que lui et deux de ses camarades du MIT, guère convaincus par le niveau d'exigence de certaines conférences, avaient élaboré un programme informatique permettant de générer automatiquement des articles de recherche remplis de phrases, diagrammes et tableaux totalement ineptes.
Les trois étudiants ont fait parvenir deux articles créés aléatoirement par ce programme à la Conférence mondiale sur les systèmes, la cybernétique et l'informatique (WMSCI) qui doit se tenir du 10 au 13 juillet à Orlando, en Floride.
A leur grande surprise, ils ont été invités par les organisateurs de la conférence pour y présenter un de ces articles. On peut lire dans ce texte des phrases telles que : "Le modèle de notre heuristique se compose de quatre éléments indépendants: le trempage simulé, les réseaux actifs, les modalités flexibles et l'étude de l'apprentissage du renforcement."
Nagib Callaos, l'un des organisateurs de la conférence, a expliqué que l'article avait été accepté car les trois personnes chargées de le lire et de l'évaluer n'avaient pas renvoyé leurs commentaires avant la date limite fixée pour l'admission à la conférence.
"Nous avons pensé qu'il serait injuste de refuser un article qui n'a été refusé par aucun de ses trois critiques", a-t-il dit. Callaos a cependant précisé que les organisateurs avaient décidé de revoir leurs procédures de sélection à la lumière de ce canular.
Les trois étudiants ont de leur côté fait savoir que leur invitation à la conférence n'avait pas encore été officiellement annulée. Ils recherchent actuellement des fonds pour pouvoir faire le déplacement.

Référence :
Article du Guardian
http://www.pdos.lcs.mit.edu/scigen/ (le générateur de charabia)


Cet ‘exploit’ rappelle un peu celui d’Alan Sokal et souligne la nécessité des comités de lecture pour les revues scientifiques et les organisateurs de conférences. Comme pour les journaux scientifiques, il y a des conférences plus réputées que d’autres. Sur le web, il existe d’autres générateurs de charabia, spécialisés dans d’autres domaines, tous plus hilarant les uns que les autres :
Exemples : le
Blablator et le Postmodernism Generator.

12 avril 2005

Le téléphone mobile n'augmente pas les risques de cancer, selon une étude

COPENHAGUE (AFP) - Le téléphone mobile n'augmente pas les risques de tumeurs cancéreuses au cerveau selon une nouvelle enquête danoise réalisée par la Société danoise de lutte contre le cancer, Kraeftens Bekaempelse.
Les chercheurs de cette association ont interrogé 427 danois atteints d'une tumeur au cerveau et 822 autres, non atteints, sur leur usage du portable, et en se basant sur leur relevé des communications téléphoniques.
"Cette enquête montre très clairement que l'utilisation du portable n'accroît pas les risques de développer le cancer au cerveau. Et nos résultats sont en phase avec ce que d'autres grandes enquêtes ont révélé, dont une récente publiée en Suède", a déclaré lundi le professeur de médecine Christoffer Johansen, qui a dirigé l'étude danoise.
Une autre enquête nordique, à laquelle Kraeftens Bekaempelse a participé, a abouti aux mêmes conclusions, a-t-il rappelé.
"Il est trop tôt pour dire si, à long terme, les fréquences des téléphones mobiles, introduits au Danemark au début des années 80 (...) ont un effet négatif sur le cerveau", a estimé le Dr. Johansen.
"Mais comme nous n'avons pas vu depuis 20 ans la moindre tendance vers des risques accrus de tumeurs cérébrales, il est difficile d'imaginer que l'usage du portable constituerait un facteur essentiel de risques de cancer au cerveau", a-t-il souligné.
Kraeftens Bekaempelse continue cependant de recommander aux enfants, aux jeunes et aux adultes d'utiliser des oreillettes pour téléphoner avec leurs portables.


Un groupe de 427 malades, un groupe de contrôle de 822 personnes une étude rétrospective sur la base des communications effectuées, preuves en main, et vingt ans de recul. Encore une étude qui invalide les affirmations des croyants de la nocivité des ondes électromagnétiques (radio, TV, fours à micro-ondes, lignes haute tension). Cette étude n’infirme néanmoins pas l’existence d’autres effets biologiques de ces ondes.

Le président indonésien prié d'abattre 1.000 moutons pour prévenir un séisme

JAKARTA (AFP) - Le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono a annoncé avoir été prié de sacrifier 1.000 moutons pour prévenir de nouveaux séismes en Indonésie, mais qu'il avait refusé cette demande fondée sur une superstition.
"J'ai reçu de nombreux SMS indiquant: S'il vous plaît Monsieur le président abattez 1.000 moutons", a déclaré le chef de l'Etat cité mardi par l'agence officielle Antara.
De nombreux séismes ont frappé ces dernières semaines l'Indonésie, en particulier l'île de Sumatra. La secousse terrible du 26 décembre, de magnitude 9,3 sur l'échelle de Richter, a selon des scientifiques déséquilibré la région et ouvert la voie à des "séismes en cascade".
M. Yudhoyono a refusé d'accéder à cette demande, en expliquant que les tremblements de terre étaient des phénomènes naturels, explicables sur le plan scientifique.
Les croyances aux phénomènes paranormaux et aux esprits sont courantes en Indonésie, immense archipel à majorité musulmane et à minorités chrétienne, hindoue ou animiste.
Les Indonésiens sont friands de SMS, alors que moins de 4% de la population a accès à une ligne fixe.


A quand les demandes de sacrifices humains ?

Men guessed right on women's intuition

Tim Radford, science editor
The Guardian
Women are not more intuitive than men: they just think they are. A national internet experiment involving more than 15,000 people has confirmed that women are no better than men at spotting which smile is a fake, which sincere.
Richard Wiseman, a psychologist at the University of Hertfordshire, challenged Britons to log on to a website, (www.sciencefestival.co.uk), study a series of partly masked photographs, and decide which smiles were from the heart, which ones calculated. Asked before the challenge, 77% of women classified themselves as "highly intuitive". Only 58% of men made the same claim. But performance did not match self-perception.
Men spotted 72% of the genuine smiles, women 71%. Feminine intuition failed even more signally when it came to reading men's faces. Men, it turned out, could correctly detect 76% of the fake female smiles. Women spotted only 67% of the dissembled smirks by the opposite sex.
"These findings question the notion that women really are more intuitive than men. Some previous research has found evidence for female intuition, but perhaps over time men have become more in touch with their intuitive side," Prof Wiseman said.
The participants found it hardest to unmask fake smiles when the mouth was covered.


Encore un préjugé qui s’effondre. Certains accros de l’étrange considèrent l’intuition comme un don paranormal. Dans le cas présent, difficile de voir du paranormal dans le fait de détecter correctement si un sourire est authentique ou simulé.

11 avril 2005

Le successeur de Jean Paul II, pape "de la gloire de l'olivier"?

ROME (Reuters) – Nul ne sait s'il s'agit d'un indice sur la couleur de sa peau ou sur son lieu de naissance, mais le successeur de Jean Paul II sur le trône de saint Pierre sera le pape "de la gloire de l'olivier", affirme la prophétie de Saint-Malachie.
Souvent citées et contestées, les prédictions de l'évêque d'Armagh, en Irlande, qui remontent au XIIe siècle, portent sur les 112 souverains pontifes appelés à succéder à Célestin II jusqu'au Jugement dernier. Comme toute prophétie digne de ce nom, la référence à "la gloire de l'olivier" concernant le prochain pape, 111e et avant dernier sur cette fameuse liste, a donné lieu à toutes sortes d'interprétations. Pour certains, elle aurait trait à la couleur de sa peau, due à son origine africaine, latino-américaine ou méditerranéenne.
"Il pourrait également s'agir d'un pape d'origine juive, dans la mesure où le rameau d'olivier est un symbole biblique du peuple d'Israël", avance le quotidien italien La Stampa.
Certains spécialistes de la prophétie de Saint-Malachie évoquent par ailleurs de longue date l'hypothèse d'une référence à l'ordre des Bénédictins, auquel appartiennent les Olivétains. Reste que l'unique représentant de cet ordre parmi les cardinaux, âgé de 93 ans, a dépassé la limite d'éligibilité fixée à 80 ans.
Assurant qu'il s'agit d'un faux datant du XVIe siècle, beaucoup ont vu dans ces prédictions une simple manipulation destinée à orienter la décision des cardinaux. D'autres soulignent l'exactitude des prophéties.
La 110e "devise" de Malachie, qui correspond à Jean Paul II, le décrit comme le pape "du travail du soleil" (de labore solis). Or Karol Wojtyla est né le 18 mai 1920, jour d'une éclipse de soleil, et a été inhumé le 8 avril, date d'une autre éclipse, partielle celle-ci, visible en Amérique du Sud.
La précédente parle de "lune médiane" (de meditate lunae), or Jean Paul Ier, prédécesseur de Jean Paul II, fut élu et mourut lors d'une demi-lune.
Plus inquiétantes sont les prédictions au sujet du 112e et dernier successeur présumé de Célestin II. "Dans la dernière persécution de la Sainte Eglise romaine, le siège sera occupé par un Romain nommé Pierre, qui fera paître les ouailles au milieu de grandes tribulations; après quoi, la ville des sept collines (Rome) sera détruite et un juge terrible jugera son peuple", peut-on y lire.


On remarque que quel que soit le candidat finalement élu (Africain, Juif, Latino-américain, Bénédictin, etc.), la prophétie de Saint-Malachie pourra être interprétée comme étant avérée, ce qui lui enlève toute valeur prédictive. Le choix du nom « Benoît XVI » par Ratzinger (ni Africain, ni Juif, ni Latino-américain, au fait) a quand même fait jaser les amateurs de surnaturel (« Benoît », donc « Bénédictin », bien sûr !). Quant à l’affirmation que Jean-Paul Ier ait été élu et soit mort lors d’une demi-lune, elle paraît douteuse, vu que son mandat a duré 33 jours et non 28 (un mois lunaire). Alors à moins d’une tolérance de 3 jours en plus et en moins, sur la date de la demi-lune, difficile de donner crédit à cette affirmation.

04 avril 2005

Hépatite B: la plainte contre trois ministres de la Santé est classée

PARIS (AFP) – La Cour de Justice de la République (CJR) a classé, le 24 mars, une plainte contre trois ministres ou ex-ministres de la Santé, déposée par des familles s'estimant victimes des effets secondaires du vaccin contre l'hépatite B, a-t-on appris lundi de source judiciaire.
La commission des requêtes de la CJR -seule juridiction habilitée à juger les crimes et délits commis par les membres du gouvernement "dans l'exercice de leurs fonctions" - avait été saisie d'une plainte en septembre 2004 et visant Jean-François Mattei, Bernard Kouchner, Philippe Douste-Blazy.
Cette plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui", "publicité tronquée en matière de santé publique" et "non-assistance à personne en péril", avait été déposée par Me Gisèle Mor au nom de cinq familles, dont celles de deux enfants aujourd'hui décédés.
La plainte ne fera donc pas l'objet d'une instruction devant la commission d'instruction de la CJR, composée de trois magistrats de la Cour de cassation.
En 1994, le gouvernement, dans lequel M. Douste-Blazy était ministre de la Santé, a organisé une campagne pour vacciner plus de 20 millions de Français contre l'hépatite B. Des effets indésirables, dont des scléroses en plaques, se sont manifestés sur certains patients, qui se sont estimés victimes du vaccin.
Plusieurs plaintes ont ensuite été déposées au pénal, instruites aujourd'hui par la juge du pôle santé publique du tribunal de grande instance de Paris Marie-Odile Bertella-Geffroy.
Toute personne qui pense être victime d'un acte commis par un membre du gouvernement dans l'exercice de ses fonctions peut saisir la commission des requêtes de la CJR, formée de sept hauts magistrats de la Cour de cassation, du Conseil d'Etat et de la Cour des comptes.
Le classement d'une plainte décidé par cette commission ne peut faire l'objet d'aucun recours.


Voilà qui devrait calmer les ardeurs des fanatiques de la dérive juridique à l’américaine.

01 avril 2005

Etudes cliniques : les critères de jugement

Ces dernières années, nous avons pu observer une recrudescence des attaques contre les vaccinations (ROR, Hépatite B, etc.). Certaines de ces attaques utilisent des études cliniques alarmistes publiées dans des journaux scientifiques. Une étude clinique permet de tester un produit, un médicament, un aliment, un facteur environnemental etc., sur une population donnée, généralement pour en mesurer l’influence sur une pathologie.
Il est bon de rappeler quelques ‘évidences’ :
a) les scientifiques peuvent se tromper. Il n’est pas rare qu’une publication soit suivie d’une rétractation des auteurs.
b) certains journaux scientifiques sont moins cotés que d’autres : les meilleurs possèdent un comité de lecture constitué de scientifiques compétents qui relisent les articles et émettent leur avis avant toute publication (on parle de peer-reviewed journal). D’autres ne possèdent aucun comité de lecture.
c) certaines études cliniques présentent des défauts de conception scientifique. Ces failles sont assez facilement repérables, même par des non-initiés car les informations nécessaires figurent obligatoirement dans le résumé de l’étude qui est généralement publié en tête d’article. Nous allons détailler quelques-unes de ces failles dans la suite de cet article.
d) Enfin, certaines études cliniques sont financées par des groupes ayant un intérêt, généralement financier (groupe industriel) ou idéologique (groupe politique, sectaire). C’est parfois plus difficile à savoir, car certains auteurs restent discrets sur leurs sources de financement. Ce conflit d’intérêt (entre l’intégrité scientifique sur le résultat et la partialité du financeur) peut conduire un auteur à favoriser, même inconsciemment, un résultat plutôt qu’un autre. Généralement, cela suffit pour qu’un journal scientifique sérieux refuse la publication, s’il est averti de ce conflit d’intérêt.
Il suffit qu’une étude clinique présente un des problèmes mentionnés ci-dessus pour qu’elle soit mise en doute par la communauté scientifique, comme une preuve douteuse doit être rejetée par un jury.

Voici quelques-unes des failles les plus courantes du type mentionné au paragraphe c ci-dessus :
1) une étude statistique doit porter sur un nombre suffisant de cas. Il est difficile d’être plus précis sans savoir le phénomène sur lequel porte l’étude, mais typiquement cela se compte en centaines de personnes plutôt qu’en dizaines, pour pouvoir obtenir une significativité du résultat. Plus l’effet à démontrer est faible ou proche de l’effet placebo, plus il faudra augmenter le nombre de personnes participant à l’étude. La taille du groupe est généralement indiquée dans le résumé. Pour s’affranchir de ce problème on peut regrouper plusieurs études similaires en une seule méta-analyse, dont les résultats seront plus fiables. Néanmoins, une méta-analyse n’est pas une panacée pour faire du bon avec du mauvais (une méta-analyse fondée sur de mauvaises études ne fournira pas un bon résultat pour autant).
2) une étude doit comporter un groupe de contrôle (controlled study) qui indiquera quelles sont les valeurs ‘normales’ pour une population considérée. Ce groupe ne subit pas de traitement particulier et ses résultats sont comparés avec ceux du groupe traité. Chaque groupe doit avoir une taille suffisante pour valider un résultat statistique crédible.
3) une étude doit être conduite en double aveugle, dans la mesure du possible. Dans une étude en double aveugle (double-blind study), les intervenants ignorent les informations qui pourraient influencer les sujets et les sujets ignorent s’ils font partie du groupe de contrôle ou du groupe étudié. Par exemple, les médecins ignoreront quels patients ont reçu un médicament et quels autres ont reçu la pilule sucrée.
4) La répartition dans les différents groupes doit être effectuée de façon aléatoire (randomized test), sans connaissance des intervenants. Seul le statisticien de l’étude pourra reconstituer le puzzle en fin d’étude, sachant qui appartenait à quel groupe, ce qui assure l’objectivité de chacun.
5) les patients étant influençables par suggestion, on obtient parfois un effet placebo en donnant un faux médicament (généralement une pilule sucrée) en lieu et place d’un médicament faisant partie de l’étude. On peut alors mesurer l’effet placebo sur le groupe qui a reçu la pilule sucrée par rapport à celui qui n’a rien reçu. On parle d’étude « contre placebo ». Un médicament efficace doit obtenir un score significativement meilleur que le placebo, sans quoi il n’a aucune valeur thérapeutique. Remarque : l’effet placebo varie en fonction de plusieurs facteurs, dont le type de pathologie, l’environnement médical, le pouvoir de conviction des intervenants, etc. Il faut donc refaire l’étalonnage du placebo pour chaque nouvelle étude car il est très difficile de chiffrer l’effet placebo de façon universelle. Il faut également s’assurer que le traitement placebo ne peut pas être distingué du traitement réel par les patients ou les intervenants, sous peine d’invalider le double-aveugle.
6) Une étude statistique ne peut seule mesurer une causalité, sauf dans des cas très simplistes, qui n’existent virtuellement pas en médecine. Elles ne peuvent mesurer qu’une corrélation (voir l’éditorial du numéro de mars 2005 de Sens Commun).

En résumé, une bonne étude clinique portera sur un groupe de quelques centaines de personnes (selon les besoins statistiques), aura un groupe de contrôle (controlled study), sera conduite en double-aveugle (double-blind), ‘randomisée’ (randomized) et comparée à un placebo.
Résumé de l’étude Wakefield :

Summary

Background We investigated a consecutive series of children with chronic enterocolitis and regressive developmental disorder.

Methods 12 children (mean age 6 years [range 3-10], 11 boys) were referred to a paediatric gastroenterology unit with a history of normal development followed by loss of acquired skills, including language, together with diarrhoea and abdominal pain. Children underwent gastroenterological, neurological, and developmental assessment and review of developmental records.
Ileocolonoscopy and biopsy sampling, magnetic-resonance imaging (MRI), electroencephalography (EEG), and lumbar puncture were done under sedation.
Barium follow-through radiography was done where possible. Biochemical, haematological, and immunological profiles were examined.

Findings
Onset of behavioural symptoms was associated, by the parents, with measles, mumps, and rubella vaccination in eight of the 12 children, with measles infection in one child, and otitis media in another. All 12 children had intestinal abnormalities, ranging from lymphoid nodular hyperplasia to aphthoid ulceration. Histology showed patchy chronic inflammation in the colon in 11 children and reactive ileal lymphoid hyperplasia in seven, but no granulomas.
Behavioural disorders included autism (nine), disintegrative psychosis (one), and possible postviral or vaccinal encephalitis (two). There were no focal neurological abnormalities and MRI and EEG tests were normal. Abnormal laboratory results were significantly raised urinary methylmalonic acid compared with age-matched controls (p=0·003), low haemoglobin in four children, and a low serum IgA in four children.

Interpretation We identified associated gastrointestinal disease and developmental regression in a group of previously normal children, which was generally associated in time with possible environmental triggers.

Lancet 1998; 351: 637-41*


On constate l’absence de groupe de contrôle, l’absence de double-aveugle, le faible nombre de cas étudiés (12) et une association faite a priori avec la vaccination par les parents, donc par un raisonnement erroné de type « sophisme post hoc » (« c’est arrivé après, donc ça a été causé par… »).
Le Lancet est néanmoins un journal médical très réputé. Suite aux études qui ont invalidé les affirmations de l’étude Wakefield et la révélation d’un conflit d’intérêt (Wakefield était payé par des parents d’enfants autistes, pour une deuxième étude qui incluait des patients de la première, en vue d’une action en justice), le Lancet a présenté ses excuses. Les co-auteurs de l’étude se sont rétractés en exprimant leurs regrets pour les effets négatifs de la panique injustifiée soulevée au nom de leur étude, qui a provoqué une baisse spectaculaire de la couverture vaccinale, avec pour conséquence une épidémie de rougeole au Royaume Uni, de rubéole aux Pays-Bas.

Résumé de l’étude danoise ayant contredit les affirmations de l’étude Wakefield :
Reference
KM Madsen et al. A population-based study of measles, mumps and rubella vaccination and autism. New England Journal of Medicine 2002 347: 1477-1482.

Study
This was a retrospective study of all children born in Denmark between January 1991 to December 1998. In Denmark, a system of unique personal identification numbers, linked to vaccination registers and linked information about the diagnosis of autism makes almost complete follow up possible. A record review of 40 children with autism by a consultant in child psychiatry confirmed that 92% of children met operational criteria for autism.
The national Danish vaccination program recommends first vaccination a 15 months and again at 12 years.

Results
There were 440,655 children vaccinated, and 96,648 children who were unvaccinated. The mean age of vaccination was 17 months, and 99% of children vaccinated had their first vaccination before they were three years of age. The proportion of vaccinated boys and girls was the same, at 82%.
Table 1 shows the number and percent of children who developed autism or autistic spectrum disorders.

Table 1: Autism and MMR vaccination in Denmark

VaccinatedUnvaccinated
Total440,65596,648
Number with autism26353
Percent with autism0.0600.055
Number with autistic spectrum disorder34577
Percent with autistic spectrum disorder0.0780.080

Using person-years of exposure, there was no statistically significant difference between vaccinated and unvaccinated children for autism (relative risk 0.9, 95% confidence interval 0.7 to 1.2) or autistic spectrum disorders (relative risk 0.8, 0.7 to 1.1). There was no association between development of autism and age at vaccination (95% before two years of age) or the interval between vaccination and development of autism with no clustering at any particular time.


Groupe de 440665 enfants vaccinés, groupe de contrôle de 94648 enfants non vaccinés, pas de sélection des enfants inclus dans l’étude (tous les enfants nés de 1991 à 1998). Comme il s’agit d’une étude rétrospective, le double-aveugle n’a pas de sens (impossible de remonter dans le temps pour influencer les patients). Le New England Journal of Medicine est également un journal très coté. Son impact factor, une mesure de son influence dans les milieux scientifiques, est de 29,065 contre 13,251 pour le Lancet, en 2001.
Le résultat de l’étude montre l’absence totale de différence statistiquement significative entre les deux groupes, donc l’absence d’influence du MMR sur l’autisme.

30 mars 2005

Un meurtre bien réel pour un sabre virtuel

PEKIN (Reuters) - Un joueur en ligne de Shanghai a tué à coups de poignard un concurrent qui avait vendu son sabre virtuel utilisé dans un jeu auquel ils participaient, un cas de figure inédit en Chine où aucune loi ne reconnaît la possession d'armes virtuelles, rapporte le China Daily.
Qiu Chengwei, 41 ans, a frappé à plusieurs reprises à la poitrine Zhu Caoyuan après la vente par ce dernier de son "sabre dragon" utilisé dans le populaire jeu en ligne "Legend of Mir 3", selon des sources judiciaires citées par le quotidien chinois.
"Legend of Mir 3" met en scène des héros et des méchants, des sorciers et des guerriers, qui brandissent souvent d'énormes épées.
Qiu et un ami ont gagné ensemble leur épée en février dernier et l'ont prêtée à Zhu qui l'a ensuite vendue 7.200 yuans (670 euros), selon le China Daily. Qiu a alors signalé ce vol à la police, qui lui a répondu que l'épée n'était pas un bien réel protégé par la loi.
De plus en plus de joueurs en ligne vont en justice pour des vols d'armes ou de crédits virtuels, précise le quotidien.
"Les armures et les épées des jeux en ligne devraient être considérées comme propriété privée car les joueurs y consacrent du temps et de l'argent", estime Wang Zongyu, professeur de droit à la Renmin University of China, cité par le quotidien.
Mais d'autres experts appellent à la prudence. "Les 'actifs' d'un joueur peuvent ne rien valoir pour d'autres car ils ne sont par nature que des données créées par des fournisseurs de jeux", argumente un avocat d'une société internet de Shanghai, cité par le China Daily.


A quand le sabre laser d’Obi Wan Kenobi côté à Wall Street ? Cette histoire montre un cas extrême de l’importance démesurée accordée aux mondes oniriques par des gens qui finissent par ne plus les distinguer de la réalité.

23 mars 2005

Un éléphant qui vrombit comme un camion

PARIS (AFP) – Les éléphants d'Afrique sont capables d'apprendre et d'imiter des sons comme... le vrombissement d'un camion ou les cris de leurs cousins d'Asie, révèlent Peter Tyack, de l'université de Vienne, et ses collègues, dans la revue Nature de jeudi.
Dans le cadre de l'étude dirigée par le zoologiste autrichien, les scientifiques ont analysé des exemples d'imitation vocale chez deux éléphants de savane d'Afrique vivant dans des milieux complètement différents.
Le premier, Mlaika, est une femelle adolescente de dix ans qui fait partie d'un groupe d'éléphants orphelins gardés en semi-captivité dans le Parc national de Tsavo, au Kenya. Elle passe la nuit dans un enclos situé à trois kilomètres de la route Nairobi-Mombassa.
Les sons qu'elle émet sont "sensiblement différents" des cris habituels de l'espèce et ressemblent au vrombissement de camions, assurent les chercheurs, qui ont comparé aussi bien les enregistrements des deux bruits que leurs spectrogrammes.
Le deuxième éléphant, Calimero, est, lui, un mâle de 23 ans qui a partagé 18 années de sa vie avec deux éléphants d'Asie femelles au zoo de Bâle, en Suisse.
A la différence des éléphants d'Afrique connus pour leur barrissement, ceux d'Asie communiquent surtout par une sorte de "gazouillement". Or, indique Peter Tyack et ses collègues, Calimero a adopté la "langue étrangère" de ses voisines au point d'exclure presque totalement tout autre son.
Selon les scientifiques, il s'agirait du premier cas connu de ce genre d'imitation vocale chez un mammifère terrestre autre qu'un primate. Outre les singes, cette capacité est propre aux oiseaux et aux mammifères marins, auxquels elle permettrait de renforcer et de maintenir des liens individuels au sein de groupes sociaux complexes.
De toute manière, les vocalisations des éléphants sont plus variées que l'on ne pensait il y a encore quelques années et vont de cris aigus à des grondements profonds, dont deux tiers sont émis à une fréquence trop basse pour être audibles par l'homme.
Les pachydermes communiquent aussi en martelant le sol avec les pieds, provoquant des vibrations perceptibles à plus de 30 kilomètres de distance pour avertir apparemment leurs congénères d'un danger éloigné.


Le dernier paragraphe permet d’expliquer comment les éléphants ont pu échapper aussi facilement au tsunami de décembre : les piétinements affolés de leurs congénères les ont prévenus à plus de 30 kilomètres à la ronde, en quelques minutes.

22 mars 2005

Climat: "pas de solution miracle" avec le nucléaire, selon Greenpeace

PARIS (AFP) - Le nucléaire "ne pourra jamais être la solution miracle à l'effet de serre", ne serait-ce que parce que cette énergie produit seulement de l'électricité et n'assure ainsi qu'une partie des besoins énergétiques, a estimé mardi Greenpeace international.
Lors d'une conférence de presse, en marge d'une conférence ministérielle sur l'énergie nucléaire organisée à Paris, l'organisation écologiste a souligné que les 440 réacteurs en fonctionnement dans le monde représentaient "17% de la production d'électricité mais seulement 2% de la consommation d'énergie finale".
Même si on considère que l'énergie nucléaire ne rejette aucun gaz à effet de serre, cette forme d'énergie "est loin de jouer un rôle majeur dans le bilan énergétique mondial et donc dans la lutte contre le changement climatique".
Compte-tenu de l'augmentation de la demande d'énergie et de l'arrivée en fin de vie des centrales existantes, maintenir le rôle actuel du nucléaire dans le monde exigerait la construction de 48 réacteurs de 1.000 mégawatts chacun d'ici à 2015 et de 172 réacteurs supplémentaires d'ici à 2025, a calculé l'organisation.
"On est très loin de ces chiffres avec les commandes actuelles ou prévisibles de réacteurs", a relevé Hélène Gassin de Greenpeace-France en se référant à la France, la Finlande et la Chine.
La France, où le nucléaire assure près de 80% de la production d'électricité, le plus fort pourcentage mondial, a malgré tout "bien du mal à stabiliser ses émissions de CO2", a observé Mme Gassin. "Le nucléaire ne résout pas les émissions des transports et du bâtiment qui sont en forte hausse", a-t-elle conclu.


Si le nucléaire n’est pas une solution miracle, que dire des autres énergies recommandées par l’organisation Greenpeace ? Concernant les émissions de CO2, la France est mieux placée que ses voisins fortement industrialisés, y compris ceux chez qui l’énergie nucléaire n’est pas en odeur de sainteté.