30 mai 2005

Deux parents et trois médecins jugés pour la mort d'un enfant malnutri

QUIMPER (AFP) - Le procès de deux parents adeptes de la kinésiologie accusés d'être responsables du décès de leur dernier enfant par malnutrition, ainsi que de trois médecins poursuivis pour non assistance à personne en danger s'est ouvert lundi devant la cour d'assises du Finistère.
Ronan Boucher, 45 ans, et son épouse Pascale Durand, 46 ans, qui contestent leur responsabilité et comparaissent libres, encourent une peine maximale de trente ans de réclusion pour "privation de soins ou d'aliments suivie de mort d'un mineur de 15 ans par ascendant". De leur côté, les médecins sont passibles d'une peine de 5 ans de prison.
Le 12 novembre 2000, Kerywan, 16 mois et demi, mourait au domicile familial de Moëlan-sur-Mer (Finistère), avec un poids de six kilos, soit celui d'un enfant de quatre mois. Les experts devaient déceler une carence nutritionnelle "importante et chronique" imputable selon eux à un régime alimentaire sans protéine animale ni supplément vitaminique. L'enfant était depuis sa naissance allaité par sa mère adepte d'un régime végétalien.
La justice reproche au couple, déjà parent de trois filles, d'avoir privé de soins son dernier enfant non pas par négligence ou imprudence mais au nom de "conceptions idéologiques" inhérentes à la pratique de la kinésiologie, technique psycho-corporelle développée dans les années 60 aux Etats-Unis.
Présentés comme "enseignants indépendants", les deux époux, de formation scientifique supérieure, avaient créé une "école d'enseignement complémentaire à la kinésiologie" à Moëlan-sur-Mer. Ils sont l'auteur de plusieurs brochures, dont une notamment sur la nutrition.
Niant tout lien de causalité entre leur comportement et le décès de l'enfant, ils ont réclamé en vain un non-lieu devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes.
L'enquête menée par les experts a par ailleurs révélé que l'enfant aurait pu être sauvé "jusqu'au dernier moment", ne serait-ce que par une hospitalisation d'urgence, d'où une mise en cause de trois médecins qui n'ont pas alerté les autorités sur l'état de santé de plus en plus critique du petit garçon.
En mai 2000, sept mois avant sa mort, Kerywan avait été traité par un de ces médecins pour des vomissements. Trois mois plus tard, un autre médecin associé au premier renouvelait le traitement: à l'issue de la consultation, il inscrivait dans le dossier de l'enfant la mention "privation de soins et inconscience des parents, enfant en danger", mais n'alertait pas les autorités.
Une même inertie est reprochée au médecin traitant de la famille, qui aurait reçu sans réagir un fax de la famille contenant des informations "précises, importantes et alarmantes" à propos de l'état de santé de l'enfant. Les débats doivent durer cinq jours.
L'Union nationale des associations pour la défense des familles et de l'individu (UNADFI) spécialisée dans la lutte contre les phénomènes sectaires s'est portée partie civile dans cette affaire, ainsi que La Voix de l'enfant, fédération d'associations pour la protection des enfants en France et dans le monde.


Les parents sont ici au premier rang des victimes de leur aveuglement. Ce n'est pas toujours le cas, comme nous l'avons vu pour l'affaire du vaccin contre la polio.

25 mai 2005

L'AFSSaPS s'oppose aux échographies "artistiques"

La Food and Drug Administration aux Etats-Unis, l'Académie nationale de Médecine et maintenant l'AFSSaPS en France... L'Agence française de Sécurité sanitaire des Produits de Santé déconseille le recours aux échographies dans un but non médical.
Après avis de la Commission nationale de Matériovigilance, l'Agence "recommande aux femmes enceintes de respecter les prescriptions de suivi de leur grossesse par l'échographie médicale mais leur déconseille la pratique des échographies dans un but non médical, afin de ne pas exposer inutilement le foetus aux ultrasons".
Comme nous l'écrivions il y a quelques semaines, les rayonnements émis par les appareils cristallisent l'essentiel des craintes des spécialistes. Si dans le cadre d'un examen médical, l'exposition aux ultrasons de chaque zone du foetus est extrêmement brève, ce n'est pas le cas lorsqu'il s'agit d'une échographie "artistique". Bien au contraire. "Car pour produire un document agréable à regarder pour les parents il est nécessaire d'exposer en continu aux ultrasons des parties localisées du foetus".
"En conséquence" conclut l'AFSSaPS, "le risque est majoré sans qu'il y ait de bénéfice pour la santé". Pour en savoir davantage sur ce sujet, l'Agence publie également un "questions/réponses" que vous pouvez consulter à l'adresse :
http://afssaps.sante.fr/htm/10/echo/echoqest.htm.


Il n'existe virtuellement aucune preuve de la nocivité des ultrasons pour le foetus. Il s'agit probablement d'une application du fameux 'principe de précaution'. Appeler "rayonnement" des émissions d'ultrasons, en faisant ainsi un lien sémantique avec la radiographie et ses radiations nocives, est un artifice peu glorieux.

23 mai 2005

Méditez, vous vivrez plus longtemps !

La méditation au secours de la médecine moderne ? Ce n'est pas si absurde qu'on pourrait le croire. Selon un travail américain, la méditation transcendantale augmenterait l'espérance de vie. Alors méditons quelques secondes sur cette étude prometteuse.
Le Dr Robert Schneider, directeur du Centre de médecines naturelles dans l'Ohio, a suivi 202 personnes qui toutes, présentaient une hypertension artérielle depuis plus de 18 ans. Et toutes s'adonnaient aussi à la méditation transcendantale.
Or selon l'auteur, ces adeptes de "la réflexion profonde" ont montré des taux de mortalité inférieurs de 23% à la population générale ! La méditation protégerait ainsi notre coeur, puisqu'elle permettrait de diminuer la mortalité cardiovasculaire de 30%. Quant aux cancers, ils ne semblent pas mieux résister à la méthode inventée dans les années 60 par l'Indien Maharishi Malesh Yogi. Elle diminuerait en effet la mortalité par cancers de... 49% ! Pourquoi n'y avons nous pas pensé plus tôt ?
Robert Schneider a bien entendu une explication rationnelle ! "La méditation transcendantale diminue la tension artérielle, repousse certains comportements à risque comme le tabagisme et permet une moindre production d'hormones du stress". Pourquoi pas ! De toute façon, cela ne peut pas faire pas de mal !
Sources: The American Journal of Cardiology, 2 mai 2005


Le ton ironique de l'article efface-t-il le fait qu'une revue scientifique ait accepté de publier cette étude, dans lequel le conflit d'intérêt est à peine voilé ? Les sites web de la MT ne tarissent pas d'éloges sur le Dr Robert Schneider, on s’en doute.

20 mai 2005

"Ne vendez pas les cuisses indonésiennes": des musulmans contre Miss Univers

JAKARTA (AFP) - Des musulmans radicaux ont manifesté vendredi à Jakarta offusqués par les photos dans la presse de Miss Indonésie 2005 en maillot de bain, alors que la prétendante au titre de Miss Univers se trouve en Thaïlande.
"Ne vendez pas les cuisses indonésiennes" ont demandé sur des banderoles environ 70 militants du Front des défenseurs de l'islam (FPI), qui fait de temps à autre des raids contre des bars de Jakarta jugés licencieux.
Des femmes d'une fondation islamique, voilées de blanc, ont également dénoncé le "scandale".
Plusieurs journaux indonésiens publient vendredi en une la photo de Artika Sari Devi, en maillot de bain une pièce alors qu'elle se trouvait jeudi avec les autres "Miss" dans une piscine de la station touristique thaïlandaise de Phuket.
Les militants du FPI ont assimilé la jeune fille à une "prostituée" en affirmant que la participation de l'Indonésie au concours de Miss Univers, qui sera décerné à Bangkok à la fin du mois, déclenchera "la colère divine et provoquera de nouvelles catastrophes en Indonésie". L'archipel a été frappé ces derniers mois par un tsunami et plusieurs séismes meurtriers.
C'est la première fois qu'une Indonésienne fait partie des prétendantes au titre de Miss Univers.
Le gouvernement de l'autoritaire président Suharto, qui avait dû quitter le pouvoir en 1998 après 32 ans à la tête de l'Indonésie, avait interdit aux Indonésiennes d'y participer, jugeant qu'une telle compétition était contraire aux valeurs nationales.
Près de 90% des 220 millions d'Indonésiens sont musulmans. La grande majorité pratique un islam tolérant.


Après les demandes de sacrifices de 1000 moutons (voir Sens Commun d’avril 2005) pour éviter un deuxième tsunami, voici venir les demandes de moralité. Encore une fois, le malheur des victimes est exploité pour étayer des croyances superstitieuses ou morales.

18 mai 2005

Pour gagner, mieux vaut mettre du rouge

PARIS (AFP) - Les sportifs dont la tenue est rouge ont un avantage par rapport à leurs adversaires, rapporte une étude publiée dans la revue britannique Nature à paraître jeudi. Les résultats de quatre disciplines inscrites aux Jeux Olympiques de 2004, comportant deux adversaires et dont la couleur de la tenue est attribuée au hasard - boxe, tae kwon do, lutte gréco-romaine et lutte libre - ont été examinés par les auteurs de l'article.
A niveau équivalent, ont conclu Russell Hill et Robert Barton, de l'université de Durham (Royaume-Uni), "porter du rouge est régulièrement lié à une plus haute probabilité de vaincre" face à un adversaire en bleu.
Ainsi, dans les disciplines étudiées, 16 des 21 manches ou rounds ont été gagnés par l'adversaire en rouge, et 4 par les "bleus". Les auteurs insistent sur le fait que le rouge ne fait la différence que lorsque dans tous les autres domaines les sportifs sont équivalents.
Les résultats préliminaires d'une étude sur le football semblent donner les mêmes résultats : pendant l'Euro 2004, où les joueurs portaient différentes couleurs de maillot selon les matches, les cinq équipes étudiées ont plus marqué lorsqu'elles étaient en rouge.
Les chercheurs rappellent que chez les animaux la coloration rouge est liée à un taux important de testostérone, l'hormone mâle, à une bonne santé et à l'agressivité. Il est possible, suggèrent-ils, que cette couleur agisse sur le subconscient des êtres humains et place psychologiquement l'adversaire en état d'infériorité.
Chez l'homme, notent-ils par exemple, un homme devient "rouge de colère" alors que celui qui a peur est pâle : inconsciemment, "avoir plus de rouge dans un échange agressif peut donc refléter une relative domination".
"L'implication (de cette étude) dans les règlements concernant les tenues sportives peut être importante", concluent Russell Hill et Robert Barton.


Passer en dernier dans un concours, s'habiller en rouge pour un combat, on finirait par croire qu'il ne sert à rien de s'entraîner.

16 mai 2005

Polio : le Nigeria a encore frappé

Après le Yémen, l'Indonésie. Quatre cas de poliomyélite ont été confirmés dans ce pays épargné depuis des années. Le succès de la campagne d'éradication lancée par l'OMS il y a 17 ans est-il remis en cause ? Non. Mais l'indiscipline de certains Etats, oui.
Plus de 1 267 victimes en 2004, soixante-trois au Yémen depuis le début de l'année, quatre nouveaux cas en Indonésie... Décidément l'éradication de la polio à la fin de cette année - objectif affiché par l'OMS - semble chaque jour un peu plus compromise. " Pas si sûr " répond Oliver Rosenbauer, responsable du Programme Polio de l'OMS.
"Les flambées de poliomyélite que connaissent aujourd'hui plusieurs pays ne représentent pas une menace sérieuse pour notre programme d'éradication. Nous disposons d'une arme efficace pour circonscrire ces épidémies." Son nom ? mOPV1. Un nouveau vaccin très puissant spécialement conçu pour contrer le poliovirus de type 1, la souche prédominante à l'origine des récentes épidémies.
Le programme d'éradication est-il en cause ? Non."Le véritable danger vient des quelques pays où la polio est endémique". Six exactement : l'Afghanistan, le Pakistan, l'Inde, l'Egypte, le Niger et le Nigeria. Le Nigeria qui justement est à l'origine de la réinfection de la quasi-totalité des pays actuellement touchés, même l'Indonésie. Les malades revenaient en effet d'un pèlerinage à La Mecque. Ils y avaient contracté un virus... dont le génome est le même que celui du virus qui a essaimé après que les autorités du nord Nigeria à Kano, aient décidé l'an passé de surseoir aux vaccinations.
Sources: BMJ 2005 ; 330 : 1106, OMS


Le plus ironique de l’histoire est que l’origine de la suspension des vaccinations au Nigeria était prétextée par un complot américain contre les musulmans (à l’origine une rumeur antisémite, parce que l’un des inventeurs du vaccin est Juif, corne D’Auroch !). Dans ce cas, ce n’était pas le vaccin qui était le plus anti-musulman, mais la rumeur propagée par les autorités musulmanes du Nigeria.

15 mai 2005

Quand Daniel Cohn-Bendit prédit le résultat de la présidentielle de 2007

PARIS (AP) - Le député européen Vert Daniel Cohn-Bendit a prédit dimanche que Nicolas Sarkozy serait élu président de la République en 2007, battant les anciens Premiers ministres socialistes Laurent Fabius et Lionel Jospin.
Se présentant au cours du "Grand Jury" RTL-LCI-"Le Monde" comme un "historien de 2030", le député Vert a affirmé que "M. Sarkozy" avait remporté la présidentielle de 2007.
"Il y avait au premier tour M. Fabius en candidat indépendant et M. Jospin représentant le Parti socialiste", a-t-il même ajouté.


Bonne chance à notre nouveau Nostradamus, même s'il n'a pas encore percé le secret de la popularité des devins de tout poil: le flou dans les prédictions, qui leur permet de prétendre avoir prédit tout et le contraire de tout.

13 mai 2005

Procès contre les charlatans du SIDA

Libération.fr

Des militants sud-Africains pour l'accès gratuit aux antirétroviraux pour les malades du sida manifestent leur colère devant le palais de justice du Cap, vendredi. La Treatment Action Campaign (TAC), une coalition d'ONG, poursuit en justice la fondation de l'Allemand Matthias Rath, un farouche opposant des traitements à base d'antirétroviraux. A leur place, Rath, qui a ouvert des boutiques dans plusieurs townships du Cap, préconise un régime nutritionnel à base de vitamines, d'acides aminés et de minéraux.
Si elle a affirmé ne jamais avoir approuvé la thérapie préconisée par Matthias Rath, la ministre sud-africaine de la Santé dénonce elle aussi «les effets collatéraux» des antirétroviraux et a répété à plusieurs reprises qu'un régime nutritionnel à base d'ail, d'huile d'olive et de peaux de citron ne devait pas être négligé. TAC réclame que 200.000 personnes soient traitées aux antirétroviraux d'ici à 2006 en Afrique du Sud où, selon l'ONU, le VIH touche plus d'un adulte sur cinq, soit environ 5,3 millions de personnes sur une population de 44,8 millions.


Malheureusement, avec des politiciens de ce genre, le virus du SIDA a de beaux jours devant lui

11 mai 2005

110 personnes piochent le bon biscuit et tirent le gros lot

NEW YORK, May (Reuters) - Dix-neuf millions de dollars. C'est la somme que se sont partagées 110 personnes qui avaient joué à la loterie les nombres conseillés sur le petit billet d'un biscuit chinois, a-t-on appris mercredi auprès de Charles Strutt, directeur de la loterie inter-Etats Powerball.
Les statistiques voudraient qu'il n'y ait que quatre ou cinq gagnants sur 10,4 millions de grilles jouées dans 27 Etats, le district de Columbia et les Iles vierges qui proposent cette tombola, mais, lors du tirage du 30 mars dernier, les gagnants ont été 20 fois plus nombreux. Leurs gains individuels s'échelonnent de 100.000 dollars à un demi-million.
"Il y avait quelque chose qui n'allait pas; c'était contraire à toutes les éventualités", a déclaré le directeur.
"Donc nous avons suspecté une erreur du système ou une fraude. Dans le milieu de la loterie, vous vous devez d'être naturellement suspicieux: chaque fois que nous sommes face à une aberration statistique nous vérifions."
Il était également possible que ce soit lié à des nombres porte-bonheur parus dans les médias. Les employés de la Multi-State Lottery Association, qui gère Powerball pour la société Uniondale, ont donc passé le jour qui a suivi à éplucher la presse. Ils ont même re-regardé un programme de la chaîne ABC, "Lost", et un épisode d'un feuilleton "soap" qui parlaient de Powerball. Rien ne concordait.
Le personnel a donc reçu pour instruction de questionner les gagnants qui venaient chercher leur pactole, le 1er avril, a précisé Strutt.
Le premier indice est venu du Tennessee, lorsque trois gagnants ont fait allusion à des biscuits chinois. Le schéma s'est répété un peu partout à travers le pays.
Des responsables de Powerball du Tennessee et de l'Idaho ont rendu visite à des dizaines de restaurants chinois et sont remontés jusqu'à un distributeur de New York, Wonton Food.
Les biscuits donnaient six nombres dont les cinq premiers suffisaient à gagner une somme à six chiffres. Le sixième nombre inscrit dans les biscuits était le nombre 40 alors c'est le 42, attaché à un jackpot de 25,5 millions de dollars, qui est sorti au tirage ce jour-là.
Un habitant du Tennessee, qui n'a pas voulu faire confiance à son biscuit a modifié un chiffre et remporté le plus gros lot, a ajouté Strutt.
Wonton Food - dont aucun des 110 employés, dans le Queens, n'a joué ces chiffres - fabrique 4 millions de biscuits par jour et près de 97% de ceux-ci proposent une série de six nombres. Il existe 10.000 combinaisons de nombres, tous tirés au sort par des ouvriers parmi 40 bouts de papiers.
"Dorénavant nous utiliserons un ordinateur (pour choisir les nombres) parce que c'est plus efficace", a déclaré Derrick Wong, gérant de Wonton Food. "Le recours à un ordinateur réduit les chances de répéter une combinaison et nous ne voulons pas que ça arrive."
Un autre cadre de l'usine, Richard Leung a estimé que plusieurs centaines de milliers de biscuits contenaient la bonne suite de nombres.
Charles Strutt a indiqué que certains gagnants avaient croqué leur biscuit quelques jours auparavant mais que l'un d'entre eux avait conservé son petit bout de papier pendant trois ans avant d'en jouer la combinaison.


Voilà ce qui peut arriver lorsqu'un biais affecte un processus qui devrait être 'totalement' aléatoire. Ici, un simple « fortune cookie » chinois a réussi à faire survenir un événement qui aurait été parfaitement improbable autrement. Il est utile de se rappeler que certaines expériences 'paranormales' reposent sur la présomption qu'un processus est bien aléatoire et que l'ensemble des événements possibles est équiprobable, c'est-à-dire qu'aucun des événements de l'ensemble n'a plus de chances qu'un autre de se produire.

10 mai 2005

Il y a des chiffres qui tuent

Avec 2% du parc des quatre roues et plus, les poids lourds ont effectué 6% des kilomètres parcourus en France en 2003. Ils ont été impliqués dans 3,1% des accidents corporels et... 8,5% des accidents mortels !
Selon l'Observatoire national interministériel de sécurité routière, "les poids lourds représentent un enjeu important pour la sécurité routière". Car en 2003, les accidents dans lesquels ils ont été impliqués ont coûté la vie à 720 personnes. Soit 12,5% de l'ensemble des tués sur la route ce qui, comparé aux 8,5% d'accidents dans lesquels ils sont impliqués, traduit un indice de gravité très important.
Les accidents de poids lourds se produisent le plus souvent en rase campagne, sur des routes départementales ou nationales. Et dans près d'un cas sur deux, les routiers sont confrontés à une automobile particulière. $Mais dans un accident sur cinq ils sont seuls en cause ! Enfin l'analyse de leur taux d'alcoolémie après l'accident montre qu'ils sont moins alcoolisés que les conducteurs de véhicules légers.


Il est étonnant qu'on s'étonne du fait que les accidents impliquant les poids lourds soient plus graves que ceux qui impliquent uniquement des voitures individuelles. Une simple considération de l'énergie cinétique éclaircit le 'mystère'.

01 mai 2005

Du canular au complot

Au début était la rumeur, limitée par le bouche-à-oreille, puis vinrent les mass media et dernièrement l’Internet. Un ordre de magnitude dans la rapidité de diffusion était franchi à chaque fois. Au début, c’étaient les limites de la transmission d’une personne à l’autre qui faisait que la rumeur s’éteignait progressivement. Avec les mass media, c’était l’éthique des professionnels qui servait de contre-feu, chacun étant à la fois pyromane et pompier. Avec la structure ‘anarchiste’ de l’Internet, il n’existe actuellement rien de tout cela. Il n’y existe aucun mécanisme de régulation, d’autocontrôle. La rumeur peut partir d’une seule personne et faire le tour de la Terre en quelques jours, influençant des millions de personnes. Ainsi, ce qui n’aurait été qu’une anecdote vite oubliée prend ainsi une ‘vie’ autonome, tel un virus Ebola, disparaissant et réapparaissant ailleurs. Là où les vers informatiques exploitent les failles de nos systèmes pour se propager impunément, les rumeurs se propagent en exploitant les failles personnelles de nos systèmes de croyance, notre crédulité.
Certaines des rumeurs sont drôles et exploitent notre tendance à rire et faire rire pour nous inciter à la retransmettre à nos correspondants. Ainsi, le message qui présentait la soi-disant ‘une’ du journal El Moudjahid, annonçant la mort du Pape et présentant ses condoléances à son épouse et ses enfants, est un bon exemple de ce genre de canular. Comme beaucoup d’histoires drôles, elle a un aspect plus sombre, jouant sur une tendance à croire que les journalistes Algériens sont ignorants des institutions catholiques. Ces histoires deviennent parfois des légendes urbaines, reprises régulièrement avec une aura de vérité qui augmente à mesure que le temps passe et qu’elle échappe au contrôle de son auteur.
D’autres rumeurs exploitent notre ignorance dans un domaine, se présentant comme émanant d’une autorité, tel le message nous demandant d’effacer le fichier jdbmgr.exe de notre système qui serait un virus dangereux, en fait un fichier parfaitement légitime et inoffensif. Le schéma est classique : un message arrive dans nos boîtes aux lettres électroniques, nous demandant d’effacer un fichier car celui-ci est une menace. Ce message se présente comme émanant d’une autorité (en fait inexistante) et nous est retransmis par une personne de notre entourage en qui nous avons confiance, bien qu’il ne soit pas un expert dans le domaine informatique. C’est l’argument d’appel à l’autorité qui joue ici à plein.
D’autres rumeurs exploitent la tendance à la suspicion envers la politique et les gouvernements et nous en arrivons aux théories du complot. Le monde à l’envers : utiliser la suspicion et le doute pour mieux susciter la crédulité. Notre volonté de croire au complot, et non notre doute légitime en face d’une information, nous fait tomber dans le panneau. Ce sont les plus dangereuses et les plus lâches des rumeurs, n’hésitant pas à calomnier anonymement.
Dans cette catégorie citons, parmi les plus récentes, la rumeur contre le vaccin de la polio qui a trouvé un écho favorable dans les régions musulmanes du Nigeria, avec les conséquences que l’on connaît. La rumeur a pris comme origine un incident sur un lot de vaccins contre la polio, repris par l’extrême droite américaine pour soutenir une rumeur antisémite, rumeur qui a trouvé un écho parmi les intégristes musulmans, pour finir par leur causer du tort : la plupart des victimes ont en effet été contaminées au nord Nigeria parmi les populations musulmanes, puis parmi ceux qui y ont voyagé et suite à un pèlerinage à La Mecque.
Citons également le complot du 11 septembre qui aurait été planifié par les Américains eux-mêmes pour monter leur opinion publique en vue d’une guerre contre les musulmans, la réélection de Bush Jr et le contrôle du pétrole pakistanais, irakien, etc. Cette rumeur a été reprise quelques mois plus tard par Thierry Meyssan, dans un livre qui a été un succès populaire en dépit des gigantesques failles d’une ‘enquête’ faite dans un fauteuil par un auteur inexpérimenté dans le domaine. Cette affaire aura eu le mérite de précipiter la déchéance du groupe de Thierry Meyssan, le Réseau Voltaire, après une courte période de popularité injustifiée.
Comment se défendre contre de telles rumeurs ? C’est plus simple qu’il n’y paraît. Internet ne possède aucun mécanisme de contrôle, mais on y trouve le meilleur comme le pire, et surtout le moyen de trouver l’un comme l’autre. Au lieu de subir passivement les rumeurs qui nous parviennent, nous pouvons mener une contre-enquête et vérifier que nos sources d’information sont fiables. Les moyens d’investigation sont fournis par les moteurs de recherche et par certains sites spécialisés, qui nous mâchent le travail, comme l’excellent Hoaxbuster (http://www.hoaxbuster.com/) . Ainsi, ce site nous explique qu’il n’y a aucune raison d’écraser un fichier de notre système parce qu’un inconnu nous le demande. Une simple recherche Internet sur les rumeurs contre le vaccin de la polio aurait montré aux autorités musulmanes du Nigeria que leurs sources n’étaient pas dignes de foi. De simples recherches auraient permis à tous de vérifier que les rumeurs reprises par Thierry Meyssan ne reposaient sur rien de sérieux, qu’elles avaient aussi pour origine les réseaux néo-Nazis américains, reprises une fois de plus en cœur par les milieux intégristes musulmans. De façon assez amusante, Thierry Meyssan a ensuite eu l’occasion de prêcher la bonne parole dans ces milieux intégristes, qui avaient sans doute oublié qu’ils avaient eux-mêmes contribué à répandre cette rumeur.

22 avril 2005

Des infections en crèche diminueraient le risque de leucémie infantile

PARIS (AFP) – Les enfants ayant fréquenté d'autres bambins dans des crèches ou haltes-garderies auraient moins de risque de souffrir de la forme de leucémie la plus courante chez l'enfant, la leucémie aiguë lymphoïde, que les enfants privés de tels contacts, selon une étude publiée vendredi.
"L'interprétation la plus plausible est que cette protection résulte d'une exposition aux infections courantes", que les enfants allant en crèche ont plus de risque de contracter, concluent les chercheurs dans un article publié en ligne par la revue médicale britannique British Medical Journal.
"Un certain niveau d'exposition précoce aux infections semble important pour la santé de l'enfant", ajoutent-ils, rappelant que d'autres études ont fait état d'associations similaires entre exposition aux infections et développement d'allergies ou apparition du diabète de type 1 chez l'enfant.
Plus de 6.300 enfants sains et 3.140 enfants souffrant d'un cancer, dont 1.286 d'une leucémie aiguë lymphoïde (LAL), ont participé à cette étude. Leur mère a été interrogée sur leur éventuelle fréquentation, régulière ou non, d'une crèche ou halte-garderie avant l'âge d'un an. Il a également été tenu compte de la présence d'aînés dans la fratrie.
Ces enfants sont inclus dans une vaste étude sur le cancer de l'enfant au Royaume Uni destinée notamment à vérifier si leucémies et lymphomes peuvent être causés par des réponses anormales aux agents infectieux courants.
Au final, les résultats confirment, selon les chercheurs, "l'hypothèse selon laquelle une exposition réduite aux infections dans les premiers mois de la vie augmente le risque d'avoir une leucémie aiguë lymphoïde".
L'hypothèse d'un retard dans l'exposition aux agents infectieux comme facteur de développement de la maladie avait été formulée dès 1988 par le Pr Greaves (Institute of Cancer Research, Londres), qui participait également à la nouvelle étude publiée dans BMJ.
Les résultats sont jugés "statistiquement significatifs" aussi bien dans la tranche d'âge globale (2 à 14 ans) que dans celle plus réduite des enfants chez lesquels la maladie avait été diagnostiquée entre 2 et 5 ans.


Encore une étude qui va dans le sens d’une immunisation suite à l’exposition à une infection (attention : corrélation). Cette hypothèse renforce, s’il en était encore besoin, la nécessité des vaccinations infantiles, qui constituent elles aussi des expositions précoces à des virus atténués, stimulant le système immunitaire des enfants. La protection des vaccins pourrait donc avoir des effets protecteurs contre d’autres maladies que celles pour lesquelles ils sont conçus au départ.

18 avril 2005

En Inde, les arbres s'épousent pour éloigner le mauvais oeil

lundi 18 avril 2005, 15h24
CALCUTTA, Inde (Reuters) - Les habitants d'un quartier de Calcutta ont célébré le mariage d'un banian et d'un arbre de Bô, une union destinée à éloigner le mauvais oeil.
Le mariage entre ces deux arbres sacrés dont les troncs étaient recouverts de tissus rouges et de guirlandes de fleurs a été suivi d'un banquet rassemblant plus de 1.000 personnes.
"Un mauvais sort pesait sur nous. Aussi avons-nous décidé d'avoir recours à la spiritualité pour l'éloigner", a déclaré lundi Gouri Shankar Sengupta, l'un des organisateurs de la cérémonie.
Cette partie de la ville a été le théâtre d'un meurtre, de deux suicides et de nombreux cambriolages, des exactions attribuées à un mauvais sort pour de nombreux habitants. Le mariage a été célébré samedi, mais les festivités ne s'achèveront que lundi.


Hélas, cette ‘magie’ est très peu souvent suivie d’effets. Mais comme elle est également très peu contrôlée sur ses résultats, les croyances peuvent continuer de circuler tranquilles.

15 avril 2005

Charabia scientifique généré par ordinateur plus vrai que nature

CAMBRIDGE, Massachusetts (Reuters) – Un charabia incohérent entièrement créé par un ordinateur et présenté comme un travail universitaire par trois étudiants du MIT (Institut de technologie du Massachusetts) a été accepté pour une présentation lors d'une conférence scientifique.
Jeremy Stribling a expliqué jeudi que lui et deux de ses camarades du MIT, guère convaincus par le niveau d'exigence de certaines conférences, avaient élaboré un programme informatique permettant de générer automatiquement des articles de recherche remplis de phrases, diagrammes et tableaux totalement ineptes.
Les trois étudiants ont fait parvenir deux articles créés aléatoirement par ce programme à la Conférence mondiale sur les systèmes, la cybernétique et l'informatique (WMSCI) qui doit se tenir du 10 au 13 juillet à Orlando, en Floride.
A leur grande surprise, ils ont été invités par les organisateurs de la conférence pour y présenter un de ces articles. On peut lire dans ce texte des phrases telles que : "Le modèle de notre heuristique se compose de quatre éléments indépendants: le trempage simulé, les réseaux actifs, les modalités flexibles et l'étude de l'apprentissage du renforcement."
Nagib Callaos, l'un des organisateurs de la conférence, a expliqué que l'article avait été accepté car les trois personnes chargées de le lire et de l'évaluer n'avaient pas renvoyé leurs commentaires avant la date limite fixée pour l'admission à la conférence.
"Nous avons pensé qu'il serait injuste de refuser un article qui n'a été refusé par aucun de ses trois critiques", a-t-il dit. Callaos a cependant précisé que les organisateurs avaient décidé de revoir leurs procédures de sélection à la lumière de ce canular.
Les trois étudiants ont de leur côté fait savoir que leur invitation à la conférence n'avait pas encore été officiellement annulée. Ils recherchent actuellement des fonds pour pouvoir faire le déplacement.

Référence :
Article du Guardian
http://www.pdos.lcs.mit.edu/scigen/ (le générateur de charabia)


Cet ‘exploit’ rappelle un peu celui d’Alan Sokal et souligne la nécessité des comités de lecture pour les revues scientifiques et les organisateurs de conférences. Comme pour les journaux scientifiques, il y a des conférences plus réputées que d’autres. Sur le web, il existe d’autres générateurs de charabia, spécialisés dans d’autres domaines, tous plus hilarant les uns que les autres :
Exemples : le
Blablator et le Postmodernism Generator.

12 avril 2005

Le téléphone mobile n'augmente pas les risques de cancer, selon une étude

COPENHAGUE (AFP) - Le téléphone mobile n'augmente pas les risques de tumeurs cancéreuses au cerveau selon une nouvelle enquête danoise réalisée par la Société danoise de lutte contre le cancer, Kraeftens Bekaempelse.
Les chercheurs de cette association ont interrogé 427 danois atteints d'une tumeur au cerveau et 822 autres, non atteints, sur leur usage du portable, et en se basant sur leur relevé des communications téléphoniques.
"Cette enquête montre très clairement que l'utilisation du portable n'accroît pas les risques de développer le cancer au cerveau. Et nos résultats sont en phase avec ce que d'autres grandes enquêtes ont révélé, dont une récente publiée en Suède", a déclaré lundi le professeur de médecine Christoffer Johansen, qui a dirigé l'étude danoise.
Une autre enquête nordique, à laquelle Kraeftens Bekaempelse a participé, a abouti aux mêmes conclusions, a-t-il rappelé.
"Il est trop tôt pour dire si, à long terme, les fréquences des téléphones mobiles, introduits au Danemark au début des années 80 (...) ont un effet négatif sur le cerveau", a estimé le Dr. Johansen.
"Mais comme nous n'avons pas vu depuis 20 ans la moindre tendance vers des risques accrus de tumeurs cérébrales, il est difficile d'imaginer que l'usage du portable constituerait un facteur essentiel de risques de cancer au cerveau", a-t-il souligné.
Kraeftens Bekaempelse continue cependant de recommander aux enfants, aux jeunes et aux adultes d'utiliser des oreillettes pour téléphoner avec leurs portables.


Un groupe de 427 malades, un groupe de contrôle de 822 personnes une étude rétrospective sur la base des communications effectuées, preuves en main, et vingt ans de recul. Encore une étude qui invalide les affirmations des croyants de la nocivité des ondes électromagnétiques (radio, TV, fours à micro-ondes, lignes haute tension). Cette étude n’infirme néanmoins pas l’existence d’autres effets biologiques de ces ondes.

Le président indonésien prié d'abattre 1.000 moutons pour prévenir un séisme

JAKARTA (AFP) - Le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono a annoncé avoir été prié de sacrifier 1.000 moutons pour prévenir de nouveaux séismes en Indonésie, mais qu'il avait refusé cette demande fondée sur une superstition.
"J'ai reçu de nombreux SMS indiquant: S'il vous plaît Monsieur le président abattez 1.000 moutons", a déclaré le chef de l'Etat cité mardi par l'agence officielle Antara.
De nombreux séismes ont frappé ces dernières semaines l'Indonésie, en particulier l'île de Sumatra. La secousse terrible du 26 décembre, de magnitude 9,3 sur l'échelle de Richter, a selon des scientifiques déséquilibré la région et ouvert la voie à des "séismes en cascade".
M. Yudhoyono a refusé d'accéder à cette demande, en expliquant que les tremblements de terre étaient des phénomènes naturels, explicables sur le plan scientifique.
Les croyances aux phénomènes paranormaux et aux esprits sont courantes en Indonésie, immense archipel à majorité musulmane et à minorités chrétienne, hindoue ou animiste.
Les Indonésiens sont friands de SMS, alors que moins de 4% de la population a accès à une ligne fixe.


A quand les demandes de sacrifices humains ?

Men guessed right on women's intuition

Tim Radford, science editor
The Guardian
Women are not more intuitive than men: they just think they are. A national internet experiment involving more than 15,000 people has confirmed that women are no better than men at spotting which smile is a fake, which sincere.
Richard Wiseman, a psychologist at the University of Hertfordshire, challenged Britons to log on to a website, (www.sciencefestival.co.uk), study a series of partly masked photographs, and decide which smiles were from the heart, which ones calculated. Asked before the challenge, 77% of women classified themselves as "highly intuitive". Only 58% of men made the same claim. But performance did not match self-perception.
Men spotted 72% of the genuine smiles, women 71%. Feminine intuition failed even more signally when it came to reading men's faces. Men, it turned out, could correctly detect 76% of the fake female smiles. Women spotted only 67% of the dissembled smirks by the opposite sex.
"These findings question the notion that women really are more intuitive than men. Some previous research has found evidence for female intuition, but perhaps over time men have become more in touch with their intuitive side," Prof Wiseman said.
The participants found it hardest to unmask fake smiles when the mouth was covered.


Encore un préjugé qui s’effondre. Certains accros de l’étrange considèrent l’intuition comme un don paranormal. Dans le cas présent, difficile de voir du paranormal dans le fait de détecter correctement si un sourire est authentique ou simulé.

11 avril 2005

Le successeur de Jean Paul II, pape "de la gloire de l'olivier"?

ROME (Reuters) – Nul ne sait s'il s'agit d'un indice sur la couleur de sa peau ou sur son lieu de naissance, mais le successeur de Jean Paul II sur le trône de saint Pierre sera le pape "de la gloire de l'olivier", affirme la prophétie de Saint-Malachie.
Souvent citées et contestées, les prédictions de l'évêque d'Armagh, en Irlande, qui remontent au XIIe siècle, portent sur les 112 souverains pontifes appelés à succéder à Célestin II jusqu'au Jugement dernier. Comme toute prophétie digne de ce nom, la référence à "la gloire de l'olivier" concernant le prochain pape, 111e et avant dernier sur cette fameuse liste, a donné lieu à toutes sortes d'interprétations. Pour certains, elle aurait trait à la couleur de sa peau, due à son origine africaine, latino-américaine ou méditerranéenne.
"Il pourrait également s'agir d'un pape d'origine juive, dans la mesure où le rameau d'olivier est un symbole biblique du peuple d'Israël", avance le quotidien italien La Stampa.
Certains spécialistes de la prophétie de Saint-Malachie évoquent par ailleurs de longue date l'hypothèse d'une référence à l'ordre des Bénédictins, auquel appartiennent les Olivétains. Reste que l'unique représentant de cet ordre parmi les cardinaux, âgé de 93 ans, a dépassé la limite d'éligibilité fixée à 80 ans.
Assurant qu'il s'agit d'un faux datant du XVIe siècle, beaucoup ont vu dans ces prédictions une simple manipulation destinée à orienter la décision des cardinaux. D'autres soulignent l'exactitude des prophéties.
La 110e "devise" de Malachie, qui correspond à Jean Paul II, le décrit comme le pape "du travail du soleil" (de labore solis). Or Karol Wojtyla est né le 18 mai 1920, jour d'une éclipse de soleil, et a été inhumé le 8 avril, date d'une autre éclipse, partielle celle-ci, visible en Amérique du Sud.
La précédente parle de "lune médiane" (de meditate lunae), or Jean Paul Ier, prédécesseur de Jean Paul II, fut élu et mourut lors d'une demi-lune.
Plus inquiétantes sont les prédictions au sujet du 112e et dernier successeur présumé de Célestin II. "Dans la dernière persécution de la Sainte Eglise romaine, le siège sera occupé par un Romain nommé Pierre, qui fera paître les ouailles au milieu de grandes tribulations; après quoi, la ville des sept collines (Rome) sera détruite et un juge terrible jugera son peuple", peut-on y lire.


On remarque que quel que soit le candidat finalement élu (Africain, Juif, Latino-américain, Bénédictin, etc.), la prophétie de Saint-Malachie pourra être interprétée comme étant avérée, ce qui lui enlève toute valeur prédictive. Le choix du nom « Benoît XVI » par Ratzinger (ni Africain, ni Juif, ni Latino-américain, au fait) a quand même fait jaser les amateurs de surnaturel (« Benoît », donc « Bénédictin », bien sûr !). Quant à l’affirmation que Jean-Paul Ier ait été élu et soit mort lors d’une demi-lune, elle paraît douteuse, vu que son mandat a duré 33 jours et non 28 (un mois lunaire). Alors à moins d’une tolérance de 3 jours en plus et en moins, sur la date de la demi-lune, difficile de donner crédit à cette affirmation.

04 avril 2005

Hépatite B: la plainte contre trois ministres de la Santé est classée

PARIS (AFP) – La Cour de Justice de la République (CJR) a classé, le 24 mars, une plainte contre trois ministres ou ex-ministres de la Santé, déposée par des familles s'estimant victimes des effets secondaires du vaccin contre l'hépatite B, a-t-on appris lundi de source judiciaire.
La commission des requêtes de la CJR -seule juridiction habilitée à juger les crimes et délits commis par les membres du gouvernement "dans l'exercice de leurs fonctions" - avait été saisie d'une plainte en septembre 2004 et visant Jean-François Mattei, Bernard Kouchner, Philippe Douste-Blazy.
Cette plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui", "publicité tronquée en matière de santé publique" et "non-assistance à personne en péril", avait été déposée par Me Gisèle Mor au nom de cinq familles, dont celles de deux enfants aujourd'hui décédés.
La plainte ne fera donc pas l'objet d'une instruction devant la commission d'instruction de la CJR, composée de trois magistrats de la Cour de cassation.
En 1994, le gouvernement, dans lequel M. Douste-Blazy était ministre de la Santé, a organisé une campagne pour vacciner plus de 20 millions de Français contre l'hépatite B. Des effets indésirables, dont des scléroses en plaques, se sont manifestés sur certains patients, qui se sont estimés victimes du vaccin.
Plusieurs plaintes ont ensuite été déposées au pénal, instruites aujourd'hui par la juge du pôle santé publique du tribunal de grande instance de Paris Marie-Odile Bertella-Geffroy.
Toute personne qui pense être victime d'un acte commis par un membre du gouvernement dans l'exercice de ses fonctions peut saisir la commission des requêtes de la CJR, formée de sept hauts magistrats de la Cour de cassation, du Conseil d'Etat et de la Cour des comptes.
Le classement d'une plainte décidé par cette commission ne peut faire l'objet d'aucun recours.


Voilà qui devrait calmer les ardeurs des fanatiques de la dérive juridique à l’américaine.

01 avril 2005

Etudes cliniques : les critères de jugement

Ces dernières années, nous avons pu observer une recrudescence des attaques contre les vaccinations (ROR, Hépatite B, etc.). Certaines de ces attaques utilisent des études cliniques alarmistes publiées dans des journaux scientifiques. Une étude clinique permet de tester un produit, un médicament, un aliment, un facteur environnemental etc., sur une population donnée, généralement pour en mesurer l’influence sur une pathologie.
Il est bon de rappeler quelques ‘évidences’ :
a) les scientifiques peuvent se tromper. Il n’est pas rare qu’une publication soit suivie d’une rétractation des auteurs.
b) certains journaux scientifiques sont moins cotés que d’autres : les meilleurs possèdent un comité de lecture constitué de scientifiques compétents qui relisent les articles et émettent leur avis avant toute publication (on parle de peer-reviewed journal). D’autres ne possèdent aucun comité de lecture.
c) certaines études cliniques présentent des défauts de conception scientifique. Ces failles sont assez facilement repérables, même par des non-initiés car les informations nécessaires figurent obligatoirement dans le résumé de l’étude qui est généralement publié en tête d’article. Nous allons détailler quelques-unes de ces failles dans la suite de cet article.
d) Enfin, certaines études cliniques sont financées par des groupes ayant un intérêt, généralement financier (groupe industriel) ou idéologique (groupe politique, sectaire). C’est parfois plus difficile à savoir, car certains auteurs restent discrets sur leurs sources de financement. Ce conflit d’intérêt (entre l’intégrité scientifique sur le résultat et la partialité du financeur) peut conduire un auteur à favoriser, même inconsciemment, un résultat plutôt qu’un autre. Généralement, cela suffit pour qu’un journal scientifique sérieux refuse la publication, s’il est averti de ce conflit d’intérêt.
Il suffit qu’une étude clinique présente un des problèmes mentionnés ci-dessus pour qu’elle soit mise en doute par la communauté scientifique, comme une preuve douteuse doit être rejetée par un jury.

Voici quelques-unes des failles les plus courantes du type mentionné au paragraphe c ci-dessus :
1) une étude statistique doit porter sur un nombre suffisant de cas. Il est difficile d’être plus précis sans savoir le phénomène sur lequel porte l’étude, mais typiquement cela se compte en centaines de personnes plutôt qu’en dizaines, pour pouvoir obtenir une significativité du résultat. Plus l’effet à démontrer est faible ou proche de l’effet placebo, plus il faudra augmenter le nombre de personnes participant à l’étude. La taille du groupe est généralement indiquée dans le résumé. Pour s’affranchir de ce problème on peut regrouper plusieurs études similaires en une seule méta-analyse, dont les résultats seront plus fiables. Néanmoins, une méta-analyse n’est pas une panacée pour faire du bon avec du mauvais (une méta-analyse fondée sur de mauvaises études ne fournira pas un bon résultat pour autant).
2) une étude doit comporter un groupe de contrôle (controlled study) qui indiquera quelles sont les valeurs ‘normales’ pour une population considérée. Ce groupe ne subit pas de traitement particulier et ses résultats sont comparés avec ceux du groupe traité. Chaque groupe doit avoir une taille suffisante pour valider un résultat statistique crédible.
3) une étude doit être conduite en double aveugle, dans la mesure du possible. Dans une étude en double aveugle (double-blind study), les intervenants ignorent les informations qui pourraient influencer les sujets et les sujets ignorent s’ils font partie du groupe de contrôle ou du groupe étudié. Par exemple, les médecins ignoreront quels patients ont reçu un médicament et quels autres ont reçu la pilule sucrée.
4) La répartition dans les différents groupes doit être effectuée de façon aléatoire (randomized test), sans connaissance des intervenants. Seul le statisticien de l’étude pourra reconstituer le puzzle en fin d’étude, sachant qui appartenait à quel groupe, ce qui assure l’objectivité de chacun.
5) les patients étant influençables par suggestion, on obtient parfois un effet placebo en donnant un faux médicament (généralement une pilule sucrée) en lieu et place d’un médicament faisant partie de l’étude. On peut alors mesurer l’effet placebo sur le groupe qui a reçu la pilule sucrée par rapport à celui qui n’a rien reçu. On parle d’étude « contre placebo ». Un médicament efficace doit obtenir un score significativement meilleur que le placebo, sans quoi il n’a aucune valeur thérapeutique. Remarque : l’effet placebo varie en fonction de plusieurs facteurs, dont le type de pathologie, l’environnement médical, le pouvoir de conviction des intervenants, etc. Il faut donc refaire l’étalonnage du placebo pour chaque nouvelle étude car il est très difficile de chiffrer l’effet placebo de façon universelle. Il faut également s’assurer que le traitement placebo ne peut pas être distingué du traitement réel par les patients ou les intervenants, sous peine d’invalider le double-aveugle.
6) Une étude statistique ne peut seule mesurer une causalité, sauf dans des cas très simplistes, qui n’existent virtuellement pas en médecine. Elles ne peuvent mesurer qu’une corrélation (voir l’éditorial du numéro de mars 2005 de Sens Commun).

En résumé, une bonne étude clinique portera sur un groupe de quelques centaines de personnes (selon les besoins statistiques), aura un groupe de contrôle (controlled study), sera conduite en double-aveugle (double-blind), ‘randomisée’ (randomized) et comparée à un placebo.
Résumé de l’étude Wakefield :

Summary

Background We investigated a consecutive series of children with chronic enterocolitis and regressive developmental disorder.

Methods 12 children (mean age 6 years [range 3-10], 11 boys) were referred to a paediatric gastroenterology unit with a history of normal development followed by loss of acquired skills, including language, together with diarrhoea and abdominal pain. Children underwent gastroenterological, neurological, and developmental assessment and review of developmental records.
Ileocolonoscopy and biopsy sampling, magnetic-resonance imaging (MRI), electroencephalography (EEG), and lumbar puncture were done under sedation.
Barium follow-through radiography was done where possible. Biochemical, haematological, and immunological profiles were examined.

Findings
Onset of behavioural symptoms was associated, by the parents, with measles, mumps, and rubella vaccination in eight of the 12 children, with measles infection in one child, and otitis media in another. All 12 children had intestinal abnormalities, ranging from lymphoid nodular hyperplasia to aphthoid ulceration. Histology showed patchy chronic inflammation in the colon in 11 children and reactive ileal lymphoid hyperplasia in seven, but no granulomas.
Behavioural disorders included autism (nine), disintegrative psychosis (one), and possible postviral or vaccinal encephalitis (two). There were no focal neurological abnormalities and MRI and EEG tests were normal. Abnormal laboratory results were significantly raised urinary methylmalonic acid compared with age-matched controls (p=0·003), low haemoglobin in four children, and a low serum IgA in four children.

Interpretation We identified associated gastrointestinal disease and developmental regression in a group of previously normal children, which was generally associated in time with possible environmental triggers.

Lancet 1998; 351: 637-41*


On constate l’absence de groupe de contrôle, l’absence de double-aveugle, le faible nombre de cas étudiés (12) et une association faite a priori avec la vaccination par les parents, donc par un raisonnement erroné de type « sophisme post hoc » (« c’est arrivé après, donc ça a été causé par… »).
Le Lancet est néanmoins un journal médical très réputé. Suite aux études qui ont invalidé les affirmations de l’étude Wakefield et la révélation d’un conflit d’intérêt (Wakefield était payé par des parents d’enfants autistes, pour une deuxième étude qui incluait des patients de la première, en vue d’une action en justice), le Lancet a présenté ses excuses. Les co-auteurs de l’étude se sont rétractés en exprimant leurs regrets pour les effets négatifs de la panique injustifiée soulevée au nom de leur étude, qui a provoqué une baisse spectaculaire de la couverture vaccinale, avec pour conséquence une épidémie de rougeole au Royaume Uni, de rubéole aux Pays-Bas.

Résumé de l’étude danoise ayant contredit les affirmations de l’étude Wakefield :
Reference
KM Madsen et al. A population-based study of measles, mumps and rubella vaccination and autism. New England Journal of Medicine 2002 347: 1477-1482.

Study
This was a retrospective study of all children born in Denmark between January 1991 to December 1998. In Denmark, a system of unique personal identification numbers, linked to vaccination registers and linked information about the diagnosis of autism makes almost complete follow up possible. A record review of 40 children with autism by a consultant in child psychiatry confirmed that 92% of children met operational criteria for autism.
The national Danish vaccination program recommends first vaccination a 15 months and again at 12 years.

Results
There were 440,655 children vaccinated, and 96,648 children who were unvaccinated. The mean age of vaccination was 17 months, and 99% of children vaccinated had their first vaccination before they were three years of age. The proportion of vaccinated boys and girls was the same, at 82%.
Table 1 shows the number and percent of children who developed autism or autistic spectrum disorders.

Table 1: Autism and MMR vaccination in Denmark

VaccinatedUnvaccinated
Total440,65596,648
Number with autism26353
Percent with autism0.0600.055
Number with autistic spectrum disorder34577
Percent with autistic spectrum disorder0.0780.080

Using person-years of exposure, there was no statistically significant difference between vaccinated and unvaccinated children for autism (relative risk 0.9, 95% confidence interval 0.7 to 1.2) or autistic spectrum disorders (relative risk 0.8, 0.7 to 1.1). There was no association between development of autism and age at vaccination (95% before two years of age) or the interval between vaccination and development of autism with no clustering at any particular time.


Groupe de 440665 enfants vaccinés, groupe de contrôle de 94648 enfants non vaccinés, pas de sélection des enfants inclus dans l’étude (tous les enfants nés de 1991 à 1998). Comme il s’agit d’une étude rétrospective, le double-aveugle n’a pas de sens (impossible de remonter dans le temps pour influencer les patients). Le New England Journal of Medicine est également un journal très coté. Son impact factor, une mesure de son influence dans les milieux scientifiques, est de 29,065 contre 13,251 pour le Lancet, en 2001.
Le résultat de l’étude montre l’absence totale de différence statistiquement significative entre les deux groupes, donc l’absence d’influence du MMR sur l’autisme.

30 mars 2005

Un meurtre bien réel pour un sabre virtuel

PEKIN (Reuters) - Un joueur en ligne de Shanghai a tué à coups de poignard un concurrent qui avait vendu son sabre virtuel utilisé dans un jeu auquel ils participaient, un cas de figure inédit en Chine où aucune loi ne reconnaît la possession d'armes virtuelles, rapporte le China Daily.
Qiu Chengwei, 41 ans, a frappé à plusieurs reprises à la poitrine Zhu Caoyuan après la vente par ce dernier de son "sabre dragon" utilisé dans le populaire jeu en ligne "Legend of Mir 3", selon des sources judiciaires citées par le quotidien chinois.
"Legend of Mir 3" met en scène des héros et des méchants, des sorciers et des guerriers, qui brandissent souvent d'énormes épées.
Qiu et un ami ont gagné ensemble leur épée en février dernier et l'ont prêtée à Zhu qui l'a ensuite vendue 7.200 yuans (670 euros), selon le China Daily. Qiu a alors signalé ce vol à la police, qui lui a répondu que l'épée n'était pas un bien réel protégé par la loi.
De plus en plus de joueurs en ligne vont en justice pour des vols d'armes ou de crédits virtuels, précise le quotidien.
"Les armures et les épées des jeux en ligne devraient être considérées comme propriété privée car les joueurs y consacrent du temps et de l'argent", estime Wang Zongyu, professeur de droit à la Renmin University of China, cité par le quotidien.
Mais d'autres experts appellent à la prudence. "Les 'actifs' d'un joueur peuvent ne rien valoir pour d'autres car ils ne sont par nature que des données créées par des fournisseurs de jeux", argumente un avocat d'une société internet de Shanghai, cité par le China Daily.


A quand le sabre laser d’Obi Wan Kenobi côté à Wall Street ? Cette histoire montre un cas extrême de l’importance démesurée accordée aux mondes oniriques par des gens qui finissent par ne plus les distinguer de la réalité.

23 mars 2005

Un éléphant qui vrombit comme un camion

PARIS (AFP) – Les éléphants d'Afrique sont capables d'apprendre et d'imiter des sons comme... le vrombissement d'un camion ou les cris de leurs cousins d'Asie, révèlent Peter Tyack, de l'université de Vienne, et ses collègues, dans la revue Nature de jeudi.
Dans le cadre de l'étude dirigée par le zoologiste autrichien, les scientifiques ont analysé des exemples d'imitation vocale chez deux éléphants de savane d'Afrique vivant dans des milieux complètement différents.
Le premier, Mlaika, est une femelle adolescente de dix ans qui fait partie d'un groupe d'éléphants orphelins gardés en semi-captivité dans le Parc national de Tsavo, au Kenya. Elle passe la nuit dans un enclos situé à trois kilomètres de la route Nairobi-Mombassa.
Les sons qu'elle émet sont "sensiblement différents" des cris habituels de l'espèce et ressemblent au vrombissement de camions, assurent les chercheurs, qui ont comparé aussi bien les enregistrements des deux bruits que leurs spectrogrammes.
Le deuxième éléphant, Calimero, est, lui, un mâle de 23 ans qui a partagé 18 années de sa vie avec deux éléphants d'Asie femelles au zoo de Bâle, en Suisse.
A la différence des éléphants d'Afrique connus pour leur barrissement, ceux d'Asie communiquent surtout par une sorte de "gazouillement". Or, indique Peter Tyack et ses collègues, Calimero a adopté la "langue étrangère" de ses voisines au point d'exclure presque totalement tout autre son.
Selon les scientifiques, il s'agirait du premier cas connu de ce genre d'imitation vocale chez un mammifère terrestre autre qu'un primate. Outre les singes, cette capacité est propre aux oiseaux et aux mammifères marins, auxquels elle permettrait de renforcer et de maintenir des liens individuels au sein de groupes sociaux complexes.
De toute manière, les vocalisations des éléphants sont plus variées que l'on ne pensait il y a encore quelques années et vont de cris aigus à des grondements profonds, dont deux tiers sont émis à une fréquence trop basse pour être audibles par l'homme.
Les pachydermes communiquent aussi en martelant le sol avec les pieds, provoquant des vibrations perceptibles à plus de 30 kilomètres de distance pour avertir apparemment leurs congénères d'un danger éloigné.


Le dernier paragraphe permet d’expliquer comment les éléphants ont pu échapper aussi facilement au tsunami de décembre : les piétinements affolés de leurs congénères les ont prévenus à plus de 30 kilomètres à la ronde, en quelques minutes.

22 mars 2005

Climat: "pas de solution miracle" avec le nucléaire, selon Greenpeace

PARIS (AFP) - Le nucléaire "ne pourra jamais être la solution miracle à l'effet de serre", ne serait-ce que parce que cette énergie produit seulement de l'électricité et n'assure ainsi qu'une partie des besoins énergétiques, a estimé mardi Greenpeace international.
Lors d'une conférence de presse, en marge d'une conférence ministérielle sur l'énergie nucléaire organisée à Paris, l'organisation écologiste a souligné que les 440 réacteurs en fonctionnement dans le monde représentaient "17% de la production d'électricité mais seulement 2% de la consommation d'énergie finale".
Même si on considère que l'énergie nucléaire ne rejette aucun gaz à effet de serre, cette forme d'énergie "est loin de jouer un rôle majeur dans le bilan énergétique mondial et donc dans la lutte contre le changement climatique".
Compte-tenu de l'augmentation de la demande d'énergie et de l'arrivée en fin de vie des centrales existantes, maintenir le rôle actuel du nucléaire dans le monde exigerait la construction de 48 réacteurs de 1.000 mégawatts chacun d'ici à 2015 et de 172 réacteurs supplémentaires d'ici à 2025, a calculé l'organisation.
"On est très loin de ces chiffres avec les commandes actuelles ou prévisibles de réacteurs", a relevé Hélène Gassin de Greenpeace-France en se référant à la France, la Finlande et la Chine.
La France, où le nucléaire assure près de 80% de la production d'électricité, le plus fort pourcentage mondial, a malgré tout "bien du mal à stabiliser ses émissions de CO2", a observé Mme Gassin. "Le nucléaire ne résout pas les émissions des transports et du bâtiment qui sont en forte hausse", a-t-elle conclu.


Si le nucléaire n’est pas une solution miracle, que dire des autres énergies recommandées par l’organisation Greenpeace ? Concernant les émissions de CO2, la France est mieux placée que ses voisins fortement industrialisés, y compris ceux chez qui l’énergie nucléaire n’est pas en odeur de sainteté.

21 mars 2005

Japon: un rituel shintoïste à base de riz avait prédit le séisme du Kyushu

TOKYO (AFP) – Un rituel divinatoire shintoïste, à base de riz, célébré dans un sanctuaire ancien du sud du Japon, avait prédit cinq jours auparavant le violent tremblement de terre qui a secoué dimanche l'île du Kyushu, a affirmé lundi un dignitaire du sanctuaire.
Lors de la cérémonie de divination, fondée sur l'interprétation d'une bouillie de riz, un devin du sanctuaire de Chiriku Hachimangu, à Miyaki (Kyushu), avait mis en garde la semaine dernière contre un séisme alors que cette région est connue dans l'histoire pour être épargnée par les secousses.
Dimanche, un séisme de magnitude 7 sur l'échelle ouverte de Richter a secoué l'île de Kyushu, faisant un mort, des centaines de blessés, près de 3.000 sans-abri et détruisant plus de 600 maisons. Comme chaque année, un bol de bouillie de riz avait été mis à sécher sur l'autel du sanctuaire, vieux de 12 siècles, le 26 février et un devin l'avait examiné le 15 mars pour l'interpréter, conformément à la tradition.
"C'était une belle bouillie cette année, brillante en surface et sans trop de moisi. Mais j'ai vu une craquelure inhabituelle", a expliqué à l'AFP le grand prêtre du sanctuaire, Masahiro Higashi. Après avoir consulté le devin, le prêtre Higashi avait déclaré à la population locale -- un reportage TV en témoigne-- que l'année serait douce, avec des récoltes moyennes, mais qu'elle "devait être prudente et se préparer à des tremblements de terre".
"Je pense que les gens ont été surpris de voir la prédiction se réaliser et j'ai moi-même été surpris", a-t-il avoué. La secousse de dimanche est la plus forte à frapper l'île du Kyushu depuis mai 1997.


Il est encore plus surprenant que ce rituel n’ait pas réussi à permettre la prévision d’un tremblement de terre si puissant qu’il en a ébranlé l’axe de rotation de la Terre et fait plus de 300 000 victimes, ni de sa réplique trois mois plus tard. Le rituel ne semble ‘marcher’ que pour Kyushu, mais est-on bien sûr que les échecs soient signalés avec autant de diligence que les succès ?

16 mars 2005

Le général fugitif Gotovina est en Croatie ou pas loin, selon des "clairvoyants"

ZAGREB (AFP) – Cinq clairvoyants européens affirment que le général fugitif croate Ante Gotovina, dont le cas met à mal les ambitions européennes de Zagreb, se cacherait en Croatie ou dans un pays voisin, selon l'hebdomadaire Globus qui a demandé leur avis.
"Je pense que le général Gotovina se trouve en Europe centrale (...) et que de temps en temps il se cache avec succès en Croatie", affirme le parapsychologue célèbre mais controversé Uri Geller, qui vit en Grande-Bretagne. Son avis, coïncide avec l'hypothèse avancée par le TPI qui réclame le fugitif inculpé de crimes de guerre pour son rôle dans la guerre serbo-croate de 1991-1995.
Pour le clairvoyant ukrainien, Lav Gersman, les choses sont encore plus claires et, d'une manière surprenante, vont toujours dans le sens des accusations du procureur du TPI, Carla Del Ponte, qui accuse les autorités croates de soutenir le fugitif. "Gotovina est dans le centre de Zagreb. Dès qu'une action visant à son arrestation est mise en marche, quelqu'un l'informe et il change de résidence", dit M. Gersman. Cependant, Gersman voit des problèmes financiers qui empêcheraient Gotovina de s'enfuir dans un pays lointain.
Le clairvoyant bosniaque, Mevludin Duvancic, sent les mêmes choses et estime que "Gotovina se trouve souvent sur la côte de l'Adriatique mais aussi à Zagreb". L'idée est soutenue par la Bulgare Bojka Peneva.
Les révélations de la Polonaise Anna Doniec, semblent appuyer les autorités de Zagreb qui assurent qu'il n'est pas en Croatie. Elle a caressé la photo du fugitif avec une plume et a appris que Gotovina se trouve "près de son pays, mais certainement pas en Croatie.
Les ministres européens des Affaires étrangères sont tombés d'accord mercredi à Bruxelles pour reporter l'ouverture des négociations d'adhésion de la Croatie à l'UE. L'UE reproche à Zagreb de n'avoir pas remis au TPI le général Gotovina. Les autorités croates assurent ignorer où se trouve le militaire.

15 mars 2005

Rubéole aux Pays-Bas, l'Europe concernée !

De septembre 2004 à février dernier, les autorités sanitaires néerlandaises ont enregistré 128 cas de rubéole, tous chez des patients qui n'avaient pas été vaccinés pour motif religieux. Résultat, les Pays-Bas voient leur incidence de rubéole exploser.
En temps normal et en moyenne, 5 cas seulement sont répertoriés chaque année. Et en fait c'est aujourd'hui l'ensemble de l'Union européenne qui pourrait être menacée par la rubéole, tant cette maladie est contagieuse. Mais aussi porteuse de lourdes conséquences pour l'enfant à naître.
Contrairement aux oreillons et à la rougeole en effet, la rubéole n'est pas dangereuse par les complications qu'elle peut entraîner chez le patient lui-même. Sa gravité tient au risque de contamination du foetus au cours des trois premiers mois de grossesse. L'infection l'expose en effet à un risque élevé de malformations congénitales graves, qu'elles soient oculaires, cardiaques ou neurologiques.
Rappelons aussi qu'en France la vaccination ROR - pour Rougeole-Oreillons-Rubéole -, est encore trop peu appliquée. Huit enfants sur dix seulement sont vaccinés. Cela vous paraît peut-être beaucoup mais c'est très insuffisant. Car pour interrompre la transmission, un taux de couverture de 95% serait nécessaire.
Sources: Eurosurveillance, Vol.10, 3 mars


L’efficacité remarquable du vaccin est attestée par le fait qu’aucune personne vaccinée n’a déclaré la maladie. Hélas, les croyances, religieuses ou pas, de certains font courir des risques à l’ensemble de la communauté. Même en France, où les vaccinations obligatoires sont gratuites, la couverture vaccinale reste largement suffisante.

14 mars 2005

Le président du Malawi fuit son palais hanté

BLANTYRE (AFP) – Le président du Malawi, Bingu wa Mutharika, a renoncé à vivre dans le palais de 300 pièces construit par l'ex-dictateur Kamuzu Banda, près de la capitale administrative Lilongwe, parce qu'il est hanté par des fantômes, a annoncé l'un de ses conseillers.
"C'est vrai que le président n'y vit plus et nous avons demandé à des religieux de plusieurs églises, dont l'Eglise catholique, de prier afin d'exorciser les esprits malins", a déclaré Malani Mtonga, conseiller aux affaires religieuses.
Selon M. Mtonga, le président, qui est catholique, entendait "des bruits étranges qui le maintenaient éveillé" ou encore "sentait une présence rôder autour de lui" la nuit. Il avait pris la décision controversée d'occuper ce palais d'une valeur de 83 millions d'euros, en décembre dernier.
Le conseiller du chef de l'Etat a ajouté que M. Mutharika, qui s'est installé depuis dans un autre palais à Kasungu, à 100 km de la capitale administrative, ne vient plus au palais de Lilongwe que dans la journée.
Jusqu'à fin 2004, une partie de ce palace accueillait le Parlement. Mais M. Mutharika l'en a expulsé, estimant que le bâtiment devait "être rendu à son usage d'origine" de résidence présidentielle.
Le président est rentré samedi au Malawi de retour d'une "visite de travail" d'une semaine au siège de l'Union européenne (UE) à Bruxelles, en quête d'aide pour son pays, l'un des plus pauvres d'Afrique.
La construction de ce palais sur un terrain de 555 hectares, financée par des fonds publics et qui avait duré 20 ans, avait été ordonnée par Kamuzu Banda qui a régné d'une main de fer pendant 30 ans sur le Malawi. Il ne l'avait habité que 90 jours avant d'être contraint de quitter le pouvoir en 1994.
Son successeur, Bakili Muluzi, élu cette année là lors des premières élections démocratiques de l'histoire du Malawi, avait toujours refusé de s'y installer, le jugeant trop extravagant.


De Zagreb à Lilongwe, la crédulité se ressemble.

09 mars 2005

City Won't Destroy 'Cursing Stone'

LONDON (Reuters) - A 14-ton "cursed" artwork that some in a northern English city wanted destroyed because they said it had brought misery and misfortune has been saved.
The city council has rejected a motion tabled by one of its members, Councilor Jim Tootle, that the "cursing stone" should be destroyed, blaming it for Carlisle's recent bad luck.
Since the boulder, which is inscribed with a 1,069-word curse, was installed in one of the city's museums in 2001, Carlisle has been plagued by floods, foot-and-mouth disease, sporting humiliation and job losses.
Written by the Archbishop of Glasgow in the 16th century, the curse was directed at "reivers" who terrorized the area with blackmail, rape, pillage and robbery.
Debate about the stone has attracted worldwide interest in Carlisle's woes. Spoon-bending Israeli psychic Uri Geller even offered to "save" Carlisle by exorcising the curse of evil forces in his healing garden.
"The right decision was made because there was no logical reason why the stone could be blamed for events," city council leader Mike Mitchelson said.
"We live in a modern era. People in Carlisle are sound, rational people and don't continue to live in medieval times."
Many other areas of Britain suffered from both foot and mouth disease and flooding, he added.


Si Uri Geller s’en mêle; alors… Félicitons le président du conseil municipal pour avoir résisté à la tentation.

03 mars 2005

Lingering fears of MMR-autism link dispelled

Ian Sample, science correspondent
The Guardian
Any remaining concern over a link between autism and MMR has been dispelled by a new study that found withdrawing the vaccine did nothing to slow the rise in children diagnosed with the condition.
Fears that the triple vaccine for measles, mumps and rubella could cause autism were first raised in 1998 by a gastroenterologist, Andrew Wakefield, but his research has been largely discredited.
Parental concern over the vaccine did cause a slump in its uptake, which has fallen to 60% in some parts of Britain, prompting health officials to draw up contingency plans to combat a possible measles epidemic.
Scientists have examined rates of autism among children in Japan, where the MMR vaccine was withdrawn in 1993. They found that the number of children with autism continued to rise after the MMR vaccine was replaced with single-shot vaccines.
During the study, the medical records of 31,426 children in the city of Yokohama were checked. Before the vaccine was withdrawn, between 48 and 86 children per 10,000 were diagnosed as autistic. After the vaccine was withdrawn, 97 to 161 children per 10,000 were diagnosed with the condition.
The vaccine "cannot have caused autism in the many children with autism spectrum disorders in Japan who were born and grew up in the era when MMR was not available", the study's lead scientist, Dr Hideo Honda of the Yokohama rehabilitation centre concludes in the Journal of Child Psychology and Psychiatry. The study, which is reported in today's New Scientist, was carried out with a team at the Institute of Psychiatry in London.
Despite the controversy that surrounded MMR after the publication of Dr Wakefield's research in the Lancet medical journal, no epidemiological study has found a link between MMR and autism. Japan withdrew its version of the vaccine after reports that the mumps component was causing meningitis. A new version is to be introduced shortly.
Scientists and health officials welcomed the new study yesterday, saying it added to a large body of evidence that showed there was no link between autism and MMR.
"Parents should take this as further reassurance that this is an effective vaccine that does not cause autism," said Dr David Baxter of the Greater Manchester Health Protection Unit. "Reading about MMR, it's easy for parents to think that the community was even-divided over this issue, but you could count on the fingers of one hand the number of people who suspected a link between MMR and autism."
Computer models used by the Health Protection Agency have suggested that the poor uptake of MMR could make an outbreak of measles in London imminent, followed by countrywide incidence. The agency estimates that about 300,000 children of primary school age and below in London are now susceptible.
Professor Patrick Bolton, an autism expert at the Institute of Psychiatry who was not involved in the research, said: "This is the only study where it has been possible to look at what the impact of withdrawing the vaccine is on the prevalence of autism.
"All the previous studies have been making the case that with the introduction of the vaccine, there's been an increase in autism, but if the vaccine is really the cause, you'd expect that on its withdrawal the rates should reduce. The fact that they've continued to rise is really further evidence that MMR isn't causing it."
Scientists are still trying to work out what factors are behind the rising cases of autism.
"We know some of it is genetic, but so far a particular environmental factor that is responsible for autism has not been identified," Prof Bolton said.


Clouons donc définitivement le cercueil de cette croyance sans fondement. Il n’y a pas de relation causale entre la vaccination ROR et l’augmentation des cas d’autisme. Les cas d’autisme ont continué d’augmenter malgré le retrait du vaccin au Japon en 1993. Il est intéressant de constater que le consensus scientifique n’a pas varié, seule une poignée ayant suspecté le vaccin ROR. Pourtant la presse s’est fait largement l’écho des théories de cette poignée d’individus, donnant l’impression d’une communauté scientifique divisée.

02 mars 2005

Psychothérapies: polémiques chez les psys français autour d'un rapport contesté

mercredi 2 mars 2005, 12h54
Psychothérapies: polémiques chez les psys français autour d'un rapport contesté
PARIS (AFP) – Entamé voici un an, un affrontement entre partisans des différentes méthodes de psychothérapies à propos d'un rapport de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), vient de connaître de nouveaux rebondissements.
Le Forum des psys, qui regroupe des psychanalystes et des psychothérapeutes opposés au rapport, a décidé mardi de publier sur son site internet la "synthèse complète" du texte contesté, après s'être félicité, voici un mois, de son retrait du site du ministère de la Santé.
Satisfaits de voir retirée ce qu'ils considéraient comme une "caution" ministérielle, les opposants ne souhaitent pas pour autant que "ce travail soit caché", a expliqué à l'AFP le psychanalyste Gérard Miller, professeur à l'université de Paris VIII. Le rapport évaluant l'efficacité de différentes psychothérapies avait reçu, dès sa publication en février 2004, le soutien des partisans des thérapies comportementales et suscité les critiques des défenseurs de la psychanalyse et des psychothérapies d'inspiration analytique nées des travaux de Sigmund Freud.
Ces derniers lui reprochent notamment de faire une part trop belle aux thérapies comportementales et cognitives (TCC) visant notamment à résoudre des problèmes concrets (phobie des araignées, de la foule...) en réapprenant comment les affronter.
Le 5 février, le ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy avait annoncé lors du Forum des psys à Paris, le retrait du site internet du ministère du rapport qui avait pourtant été accueilli positivement par plusieurs associations de malades.
En marquant ses distances, M. Douste-Blazy a donné "satisfaction à l'immense majorité des psychanalystes et des psychothérapeutes", selon le Forum des psys, animé par Jacques-Alain Miller, chef de file de l’Ecole de la cause freudienne, d'orientation lacanienne.
La publication d'une synthèse du rapport sur le site du Forum des psys (www.forumpsy.org) vise, selon un communiqué de ce mouvement, à "permettre à ceux qui le souhaiteraient d'en découvrir les présupposés sectaires", voire "les conclusions fantaisistes".
L'Association française de thérapie comportementale et cognitive (AFTCC), qui déclare regrouper un millier de professionnels, a pour sa part manifesté son "étonnement", sa "protestation" et son "inquiétude" dans une lettre ouverte adressée le 10 février à Philippe Douste-Blazy.
"Il ne faudrait pas que votre position doctrinaire conduise à des pertes de chances pour les malades", écrivait la présidente de l'AFTCC Annick Craignou. Le Syndicat national des chercheurs scientifiques (SNCS) a également critiqué dans un communiqué "l'affront fait à l'Inserm", qui "s'apparente à un pur acte de censure dans une optique parfaitement clientéliste", qualifiant de "scandale" la décision de retrait du rapport du site du ministère.
Ce rapport reste toujours accessible sur le site de l'Inserm.
Jeanne Etiemble, qui a dirigé l'expertise collective de l'Inserm, réalisée à la demande de la Direction générale de la santé et de deux associations de patients, souligne avoir utilisé la "démarche classique" en s'appuyant sur la littérature scientifique internationale pour évaluer les différents types de psychothérapies à partir de plusieurs centaines d'études.
La "mission a été remplie", a-t-elle déclaré à l'AFP, en reconnaissant que seulement une quinzaine d'études portant sur l'efficacité des techniques psychanalytiques avaient pu être retenues, car il en existe moins pour ces techniques que pour les TCC.


Il est attristant de voir que la volonté de voir la médecine justifier de son efficacité soit mise en échec par des décisions politiciennes. Reste un rapport qui souligne le peu d’efficacité des techniques freudiennes. Le peu d’études retenues souligne l’incapacité générale de la profession de proposer des protocoles permettant une reproductibilité méritant le qualificatif de « scientifique ».

01 mars 2005

Le principe de précaution

Souvent invoqué —à contresens, comme nous le verrons— par les anti-vaccinations et autres croyants des pseudosciences, le principe de précaution fait maintenant partie de la Constitution (http://www.conseil-constitutionnel.fr/cahiers/ccc15/env4.htm). Ce principe a été mis en lumière par plusieurs affaires qui ont fait les gros titres des médias : maladie de la « vache folle », contaminations par des OGM, explosion de la centrale de Tchernobyl, marées noires, caulerpa taxifolia, effets secondaires de médicaments, évoquent encore de mauvais souvenirs pour beaucoup d’entre nous. Il est tentant pour certains de conclure de ces malheureux événements que la ‘science officielle’ [sic] joue les apprentis sorciers. Et qu’il aurait fallu appliquer le fameux principe de précaution avant d’en arriver là.
Le principe en lui-même est difficilement critiquable : prendre des précautions avant d’effectuer des opérations dangereuses paraît parfaitement raisonnable. Encore faut-il savoir a priori que les opérations en question sont dangereuses. Or cette connaissance ne peut bien souvent être apportée que par les experts scientifiques du domaine considéré. En l’absence de cette connaissance scientifique du risque, l’application d’un quelconque principe de précaution est impraticable, aucun progrès n’étant totalement exempt de tout risque. C’est ce qu’a compris la Conseil de L’Europe lorsqu’il écrit (http://europa.eu.int/scadplus/leg/fr/lvb/l32042.htm):
« En l'absence d'une définition du principe de précaution dans le traité ou dans d'autres textes communautaires, le Conseil, par sa résolution du 13 avril 1999, a demandé à la Commission d'élaborer des lignes directrices claires et efficaces en vue de l'application du principe. ...
« Selon la Commission, le principe de précaution peut être invoqué lorsque les effets potentiellement dangereux d'un phénomène, d'un produit ou d'un procédé ont été identifiés par le biais d'une évaluation scientifique et objective, mais cette évaluation ne permet pas de déterminer le risque avec suffisamment de certitude. …
« La Commission souligne que le principe de «précaution ne peut être invoqué que dans l'hypothèse d'un risque potentiel, et qu'il ne peut en aucun cas justifier une prise de décision arbitraire.»
Pas question ici d’agir sans avoir une étude « scientifique et objective » d’un danger potentiel.
Hélas, l’application sans fondement de ce principe de précaution a déjà conduit, en France, à un moratoire de six mois sur les vaccinations contre l’hépatite B au nom de risques potentiels de sclérose en plaques, au refus de parents, inquiets des risques d’autisme, de vacciner leurs enfants,, etc. Ces risques potentiels se sont révélés infondés, les éventuelles études ‘scientifiques’ ont été largement discréditées.
Malheureusement, il est plus facile de compter les victimes d’un accident que de compter celles causées par l’application imbécile d’un principe de précaution. Car le refus du vaccin ROR ne peut manquer d’avoir causé (et de causer encore) des maladies graves et même des décès, lorsque la couverture vaccinale est devenue insuffisante à protéger la population des épidémies, comme c’est maintenant le cas au Royaume Uni. L’arrêt de la vaccination contre l’hépatite B a été et sera la cause directe, en France, d’hépatites chroniques et de cancers du foie. Ces victimes sont et seront encore beaucoup plus nombreuses que celles que les ‘précautions’ étaient censées épargner.
Mais elles crient moins fort, sans doute.

28 février 2005

L'intelligence n'a rien à voir avec la taille !

Comme l'habit ne fait pas le moine, la taille du cerveau ne serait pas liée à l'intelligence.
Cette conclusion émane de neurobiologistes américains, qui ont étudié les relations entre la dimension de notre cerveau et notre niveau d'intelligence... en vain.
"Les grands cerveaux ne sont généralement pas des cerveaux particulièrement intelligents" selon le Pr William H. Calvin.
Avec son équipe de l'Université de l'Etat de Washington, à Seattle, il a parcouru l'Histoire à la recherche de liens entre morphologie du cerveau et intelligence. Résultat, "alors que le cerveau de nos ancêtres croissait –en centimètres n.d.l.r.-, leurs techniques d'outillage le faisaient à un rythme différent, plus lent." En clair, l'homo sapiens a vu sa tête prendre du poids... sans en profiter immédiatement.
Mais à long terme, l'intelligence était bien au rendez-vous. Selon les auteurs, ce serait moins la taille du cerveau qui serait fondamentale que la grande épopée humaine. C'est une succession de "petites avancées intellectuelles" qui a permis à l'être humain de développer son intelligence. Avec pour conséquence... un cerveau de plus en plus grand. Et non pas le contraire.
Pas franchement révolutionnaire, la "conclusion Calvin" a néanmoins le mérite de clarifier la situation. Oui nous sommes plus intelligents -notre cerveau est 3 fois plus volumineux- que les premiers hommes sur Terre. Mais entre hommes de même époque, la taille de la tête ne permet pas de mesurer l'intelligence.
Sources: American Association for the Advancement of Science, Washington, 18 février 2005


Encore un exemple de la différence entre corrélation et causalité. La variable explicative est l’évolution temporelle, qui a eu pour conséquence le développement de l’intelligence et l’augmentation de la taille moyenne de la population humaine.

25 février 2005

Exorcisme "scientifique" en direct sur le petit écran britannique

LONDRES (AFP) - La télévision britannique a offert jeudi le spectacle d'un homme subissant un exorcisme tandis que l'activité de son cerveau était placée sous surveillance médicale, dans le cadre d'une émission étudiant les relations entre la science et la religion.
Le révérend Trevor Newport, un religieux pentecôtiste, a pratiqué un exorcisme sur un homme âgé d'une quarantaine d'années, présenté sous le nom de Colin et qui apparaissait avec des fils électriques fixés sur sa tête dans une émission diffusée par la télévision Channel 4.
Le révérend Newport, qui a une expérience de plusieurs années en la matière, a récité des prières afin que l'homme soit libéré de ses démons.
"Colin était très agité auparavant et maintenant il est complètement détendu", a déclaré le ministre pentecôtiste qui a été ordonné dans cette foi il y a 25 ans. Après l'exorcisme, Colin a déclaré: "Je sens que j'avais des démons dans ma vie et qu'ils ont été libérés. Je crois qu'il existe un Dieu miséricordieux et que ce pays a besoin de savoir que Jésus chasse les mauvais esprits et qu'il le fait toujours".
Des prêtres de l'Eglise d'Angleterre, des psychologues, des religieux musulmans, des neurologistes et des psychiatres ont observé cette expérience.
"Pendant la procédure, nous avons vu une très petite activité dans la région pariétale du cerveau", a déclaré le docteur Jonathan Bird, neuropsychiatre à l'hôpital Frenchay de Bristol, qui assistait à l'expérience.
Colin était relié à un électroencéphalographe, un appareil qui mesure l'activité électrique du cerveau.
"Nous avons aussi constaté une certaine asymétrie dans le lobe temporal. Savoir si c'est dû à une activité du cerveau ou à une activité spirituelle, je laisse la réponse aux experts", a dit le médecin.
Certains observateurs ont estimé que le soulagement du patient était dû à un phénomène spirituel tandis que d'autres ont comparé l'exorcisme à une forme d'hypnotisme. Des évêques anglicans ont exprimé leur inquiétude à propos de cette émission, déclarant que ceux qui recherchaient un traitement de cette sorte étaient plus probablement des malades mentaux que possédés par des démons.
Mais un porte-parole de Channel 4 a souligné que Colin avait subi des tests pour s'assurer qu'il n'avait pas de maladie mentale qu'on puisse diagnostiquer et qu'il était capable de participer à l'émission.
"Nous ne somme pas en train de promouvoir l'exorcisme, mais de le placer sous un microscope scientifique", a-t-il ajouté. "Nous parlerons du rituel religieux avec respect, mais nous espérons aussi que la science montrera la vérité ou un autre aspect de ce qui se passe", a dit le porte-parole.


Les responsables de Channel 4 sont-ils moins atteints que le sujet de ce test « scientifique » ? Ne parlons pas des scientifiques qui se compromettent avec des expériences effectuées dans des conditions qui ne permettent aucune conclusion scientifique.

15 février 2005

Du millepertuis contre la dépression ? A voir !

Selon un laboratoire pharmaceutique allemand, il semblerait que des extraits de millepertuis soient plus efficaces qu'un antidépresseur conventionnel -la paroxetine- dans le traitement de la dépression. Efficaces et paraît-il beaucoup mieux tolérés.
Une information qu'il convient cependant de prendre avec recul. Car la littérature scientifique regorge d'articles peu flatteurs pour le millepertuis. En 2002, une étude publiée par le Lancet concluait à l'inefficacité de cette plante contre les symptômes dépressifs. Par ailleurs des extraits de cette plante, associés à d'autres traitements comme les antirétroviraux, les anti-vitamine K et la ciclosporine, auraient entraîné des accidents graves.
Néanmoins à en croire le travail du groupe pharmaceutique Schwabe le millepertuis, également connu sous le nom d'herbe de Saint-Jean, réduirait les symptômes liés à la dépression. D'un essai comparatif mené chez 300 patients, il ressortirait ainsi que la moitié des malades traités par le millepertuis auraient vu leurs symptômes diminuer. Contre seulement un tiers dans le groupe sous paroxetine, où par ailleurs 269 effets secondaires auraient été rapportés. Soit pratiquement 100 de plus que pour le millepertuis.
Il n'en reste pas moins que la littérature scientifique abonde en exemples des dangers de cette plante. Dans l'attente d'études indépendantes, il convient donc sans doute de rester extrêmement prudent...
Sources: British Medical Journal, Vol. 330 - N°7487

14 février 2005

Quand Maman n'est pas là, j'apprends moins vite !

Le fait que leur mère travaille la nuit, tard le soir ou en rotations de façon permanente affecterait le développement intellectuel des tout petits. Pour une mère seule, ces horaires inhabituels l'empêchent de prendre le temps de s'occuper de ses enfants.
Le professeur Wen-Jui Han de la Columbia University aux Etats-Unis, s'est intéressé aux trois premières années de vie de 900 enfants. La moitié ne pouvait pas vraiment profiter de la présence de leur mère, puisqu'elle devait travailler à des horaires inhabituels. L'auteur a d'ailleurs remarqué que les femmes seules prenaient, plus que les autres, des petits boulots extrêmement contraignants en termes d'emploi du temps.
Han a réalisé des tests cognitifs auprès de ces enfants. Et il a comparé leurs résultats à ceux de petits dont la mère avait un métier qui n'imposait pas des horaires pénibles. Mémoire, apprentissage, reconnaissance des couleurs, des nombres et des formes... Autant de paramètres du développement intellectuel qui se sont avéré altérés parmi ceux qui n'avaient pas la chance d'avoir régulièrement leur mère à la maison.
Selon l'auteur, ces femmes seraient moins enclines à mettre leurs enfants dans des crèches ou des centres d'accueil. Tout simplement parce qu'elles n'ont ni la disponibilité, ni l'argent nécessaires...
Sources: Source : Child Development, 10 février 2005

11 février 2005

Compete last, finish first

Nature, published online: 11 February 2005
Emma Marris
From song contests to figure-skating, the order of contestants biases decisions.
If you're thinking of going speeddating this Valentine's Day, take note. In certain contests, candidates who take their turn at the end of a sequence are consistently ranked higher than those at the beginning.
So says a researcher who has evaluated the judging of music competitions and figure-skating contests. The bias is evident regardless of whether the judges score each contestant immediately, or rank them all at the end.
Wändi Bruine de Bruin, of Carnegie Mellon University in Pittsburgh, Pennsylvania, noticed that most experiments in decision science (a relatively new, interdisciplinary field that probes the mysteries of how humans make choices) present all of the options to their subjects simultaneously. But in the real world, when choosing an apartment or meeting a stream of suitors, for example, one often sees the alternatives in sequence.
"Just from my own experience of looking for apartments or jobs, I know you don't get all the information at the same time," Bruine de Bruin says. She studied the judging of World and European Figure Skating Championships which are scored step-by-step, with judges awarding points to each skater directly after their routine.
She also looked at the Eurovision Song Contest, an annual jamboree in which European countries pit their finest pop songs against one another. Before 1975, judges handed out all the scores together at the end of the competition, but the event's organizers have since switched to the more televisually dramatic step-by-step method.
Late comers
Bruine de Bruin found that scores climbed as the competitions went on, with late-appearing singers and skaters getting higher marks on average. Even those early Eurovision judges who gave out marks to everyone at the end preferred later acts. Score decisions nominally made at the end of the night may actually have been made step-by-step in each judge's head, Bruine de Bruin concludes. Her results are presented in the journal Acta Psychologica1.
The reasons for this trend are still unclear. Bruine de Bruin suggests that it may be due to 'direction of comparison effects', which arise as judges focus heavily on the differences between performers2. If contestants are all of a high standard, as in the figure-skating championships, any unique features will probably be considered positive, and the contestant will seem better than previous ones. "You ask yourself, did the last one have this neat new thing?" Bruine de Bruin explains.
Negative points
Of course, one might question whether the Eurovision Song Contest is an event in which all the contestants are of an impeccable standard. And Dan Ariely, a decision scientist at the Massachusetts Institute of Technology in Cambridge, Massachusetts, warns that although the positive unique features in each performance may push scores up in skilled competitions, other situations are rife with negative features, and so scores may well slide downhill over the sequence. "It is a complex picture. I expect that her results would not hold in more general circumstances where negative things are more salient," he argues.
Nevertheless, it will be food for thought for those aiming to make rational decisions or arrange fair contests. Scientists routinely present the options in their experiments in various orders to factor out the effects of position, but speed-dating is enough of a logistical effort without attempting to have everyone meet each other again in a different order.
From wine-tastings to the dating game, the standard procedure is to assign positions in the sequence randomly. But this doesn't eliminate bias, it merely applies the bias randomly. Bruine de Bruin doesn't see a way out. "The sad thing is that I don't know if these order effects can be prevented," she says.

References
1. Bruine de Bruin W. Acta Psychologica 118, 245 – 260 (2005).
2. Bruine de Bruin W. & Keren G. Organizational Behavior and Human Decision Processes 92, 91 – 101 (2003).

07 février 2005

Se brosser les dents aiderait à rester mince

TOKYO (Reuters) - Se brosser les dents plus souvent aiderait à rester mince, affirme une étude japonaise.
L'étude, qui s'est intéressée aux habitudes quotidiennes de quelque 14.000 quadragénaires, montre que ceux qui se lavent les dents après chaque repas parviennent à garder la ligne, affirme le Dr Takashi Wada de l'université de Jikei, à Tokyo.
Les hommes en surpoids s'en dispensent parfois pendant plus d'un jour, précise l'étude publiée dans le Journal de la société japonaise pour l'étude de l'obésité. Wada et son équipe ont comparé les styles de vie de personnes affichant un indice de masse corporelle supérieur à 25 - niveau au-delà duquel les médecins parlent de surpoids - avec ceux des gens plus sveltes. Habitudes alimentaires, sommeil, travail, exercice physique ont été passés en revue.
Ces conclusions ne signifient pas que le brossage en lui-même permet de brûler les graisses, précisent néanmoins les docteurs. "Nous pensons qu'encourager activement le brossage de dents aide à se maintenir en bonne santé et à prévenir l'obésité".


Encore un exemple de confusion possible entre corrélation et causalité. Même la conclusion des docteurs est douteuse.