25 septembre 2005

Darwin contre la création : nouveau procès aux Etats-Unis

NOUVELOBS.COM

Un procès dont l’issue pourrait avoir d’importantes répercussions aux Etats-Unis s’ouvre aujourd’hui en Pennsylvanie. Les plaignants sont des parents d’élèves qui s’opposent à l’enseignement au lycée du ‘’dessein intelligent’’ (intelligent design), une théorie présentée comme une alternative à l’évolution mais que les scientifiques dénoncent comme étant le dernier avatar du créationnisme. Dans le district de Dover l’administration scolaire est favorable à son enseignement. Le président George Bush lui-même a déclaré cet été que les deux «écoles de pensée» devaient être expliquées aux enfants.Une déclaration qui a fait bondir ceux qui luttent depuis des décennies contre le créationnisme aux Etats-Unis. En 1987 la Cour Suprême a considéré que cette vision biblique ne pouvait pas être enseignée puisque c’était une religion. L’intelligent design (ID) se garde bien de reprendre texto les récits de la Genèse mais avance l’idée que l’évolution a été guidée par un être supérieur. L’Association américaine des sciences (AAAS) a clairement dénoncé cette vision comme étant religieuse et non scientifique.

Les parents d’élèves de Dover invoquent d’ailleurs le premier amendement qui stipule qu’aucune loi ne peut établir une religion. ID est le nouveau visage du créationnisme qui a dû changer de nom pour des raisons légales, expliquent ses détracteursLa décision de justice du tribunal de Pennsylvanie ne devrait être connue qu’en décembre. Sachant que les partisans du ID tentent d’investir l’enseignement dans de nombreux autres Etats américains, le jugement est très attendu.
Cécile Dumas


Un n-ième essai des Créationnistes pour reprendre le haut du pavé de l'école. Le Scopes Trial de 1925, les décisions de la Cour Suprême et les avis de l'AAAS seront, on l'espère, décisifs.

24 septembre 2005

Magnetic insoles do not provide pain relief

ROCHESTER, Minn. -- Magnetic shoe insoles did not effectively relieve foot pain among patients in a study, researchers report in the current issue of Mayo Clinic Proceedings. And the results indicate that patients who strongly believed in magnets had pain relief even if they were given false magnets to wear.
"This study provides convincing evidence that use of these static magnets was not effective in relieving symptoms of nonspecific foot pain in the workplace," says Mark Winemiller, M.D., the lead author of the study and a Mayo Clinic physician.

Dr. Winemiller said adults with foot pain are likely to initiate self-treatment with magnets based on personal recommendations or belief systems, often without a specific diagnosis or prescription. That population was targeted in this study, he said, with the goal of determining whether magnetic insoles work in the way they are typically used. He said the randomized, double-blind nature of this study was chosen to minimize bias and maximize the validity of results, and he is confident that this was accomplished.

An interesting result in the study relates to "the placebo effect." Patients in studies who are given the placebo or false treatment often report improvement in their conditions when they believe they are receiving a treatment designed to provide relief. "A moderate placebo effect was noted in participants who believed the strongest in the potential of magnets to help their pain," says Dr. Winemiller.

Otherwise, the fact that magnetic and nonmagnetic insoles provided nearly identical pain relief suggests that it may have been simply the cushioning that was effective -- and not the magnets.

In the past decade, the use of magnets for pain relief has increased substantially. Despite little scientific evidence (and lack of Food and Drug Administration approval for pain relief), many people have used magnets to relieve their pain, spending approximately $5 billion worldwide -- an estimated $500 million in the United States annually -- on magnetic pain-relieving devices.

Magnetic devices use either static or pulsed magnets. Clinically, pulsed magnets have been shown effective for treating delayed fracture healing, for reducing pain in various musculoskeletal conditions, and for decreasing edema associated with acute trauma, although other studies have shown no benefit in these situations. Externally applied static magnets generally are considered safe and have few adverse effects, but little is known about their mechanism of action. Most basic scientific research has focused on movement of tiny electrical voltages that may lead to decreased pain.

The insoles studied were the Active Comfort magnetic insole (Spenco Medical Corp.), which has a magnetic foil pad located under the arch of the foot. These insoles were chosen because they are comfortably cushioned but do not have rigid arch support or acupressure features, which potentially could confound results if such features provided an independent effect. The special set of false magnetic insoles also were produced by the manufacturer, using a nonmagnetized metal foil embedded identically in the foam insole material.

Along with Dr. Winemiller, Edward Laskowski, M.D., and W. Scott Harmsen of Mayo Clinic, collaborated on this study, as did Robert Billow, D.O., who is now with Northwest Orthopaedic Surgeons, Mount Vernon, Wash.

This project was funded by an unrestricted educational grant from the Spenco Medical Corp, Waco, Texas. Spenco was not involved in any way in the study design, data collection, data analyses, or data interpretation or in manuscript preparation, review or approval. Both the active and false magnetic insoles were provided at no charge directly from the manufacturer. None of the authors have any affiliations or financial involvement with any organization or entity with a financial interest in the subject matter discussed in this article.

In an editorial in the same issue, Roger Fillingim, Ph.D., and Donald Price, Ph.D., of the University of Florida College of Dentistry in Gainesville noted how the placebo controls of the study was important.

"Placebo controls are extremely valuable for determining the efficacy of pain interventions," the authors write.


Les petits aimants de la magnétothérapie toujours aussi inefficaces, mais pas pour les finances des vendeurs. Etude confirmant que l'effet placebo est d'autant plus puissant que la croyance dans l'efficacité d'une pseudo-médecine est importante, en plus de donner un exemple de raisonnement post hoc.

21 septembre 2005

Les "jardins du diable" d'Amazonie cultivés par une fourmi

PARIS (AFP) - Les "jardins du diable" de la forêt amazonienne, des zones où ne pousse qu'une seule espèce d'arbres, sont en fait créés et entretenus par une fourmi, la Myrmelachista schumanni, qui produit un herbicide pour éliminer les autres plantes, selon des chercheurs américains.Les habitants de la forêt amazonienne ont toujours été frappés par la présence en certains endroits d'une seule espèce d'arbre, le Duroia hirsuta. Ils expliquaient cette curiosité par l'action d'un esprit malin.
En fait, rapporte dans la revue britannique Nature à paraître jeudi Megan Frederickson, de l'université Stanford en Californie, la fourmi M. schumanni, qui installe son nid dans les tiges de D. hirsuta, tue toutes les autres espèces de plantes qui voudraient essaimer dans ces zones. Elle utilise son acide formique comme herbicide, ce qui n'a jamais été observé chez d'autres fourmis.
Les chercheurs, pour faire leur démonstration, ont planté de jeunes pousses du cèdre Cedrela odorata à l'intérieur d'un "jardin du diable", en en protégeant certaines des fourmis. Il s'agissait de déterminer si le D. hirsuta n'empêchait pas toute autre espèce d'arbre de pousser dans son entourage, par allélopathie.
En fait, les C. odorata protégés des fourmis se sont très bien développés, tandis que les autres ont été attaqués par les ouvrières M. schumanni qui les ont empoisonnés en injectant leur acide formique dans leurs feuilles. La plupart de celles-ci, nécrosées, sont tombées dans les cinq jours.
L'origine d'un "jardin du diable", en ont conclu les chercheurs, commence avec l'installation d'une reine M. schumanni dans un D. hirsuta. Peu après, les arbres de cette espèce se développent dans la zone - d'autant plus facilement qu'ils sont seuls - et les fourmis les colonisent les uns après les autres. Une tactique qui semble leur réussir puisque l'origine du plus ancien "jardin" daterait de 807 ans.


Evidemment, rien n'empêche de croire que ces fourmis soient diaboliques. C'est ainsi que 'raisonneront' les religieux dont la science conteste les interprétations dogmatiques, en la mettant hors de portée de l'explication scientifique présente. Par exemple, les créationnistes qui croyaient à la création de la Terre en six jours il y a quelques milliers d'années, vont conserver la création divine comme dogme mais vont reculer devant les preuves fossiles démontrant l'évolution sur des millions d'années.

20 septembre 2005

Un natif du bélier qui s'estimait diffamé par son horoscope est débouté

MONTBÉLIARD (AFP) - Un habitant de Montbéliard qui poursuivait en justice le journal L'Est-Républicain pour avoir publié un horoscope jugé diffamatoire à son égard a été débouté.

Le tribunal d'instance qui avait mis son jugement en délibéré, a jugé mardi sa demande irrecevable, estimant que le plaignant était "dépourvu d'interêt à agir".

Le plaignant qui estimait que cette interprétation du langage des astres pouvait lui nuire au niveau personnel et professionnel a par contre été condamné à verser 350 euros pour couvrir les frais d'avocat du quotidien.

Il n'a pas de possibilité de faire appel du jugement et ne pourrait que se pourvoir en cassation.

Le lecteur, natif du bélier, n'avait pas apprécié que ce signe soit, dans les pages du journal régional, associé à la prédiction suivante : "certains retrouveront les émois de l'adolescence, surtout dans le domaine sentimental où l'envie de s'amuser prend le pas sur le besoin de construire du solide".

Devant le tribunal d'instance de Montbéliard, il s'était présenté à l'audience du 28 juin comme "un père de famille sérieux" et avait estimé "qu'en tant que bélier" il pouvait être considéré par un employeur, au regard de cette prévision, comme "un coureur de filles", peu fiable professionnellement.

Le Montbéliardais -au chômage depuis deux ans- réclamait 51 euros d'indemnités au journal qui a diffusé l'horoscope et un avertissement contre l'astrologue à laquelle il recommandait "d'aller voir un médecin".


La judiciarisation à outrance, dérive à l'américaine, n'est pas une façon efficace de lutter contre la pseudoscience. Il faut réserver les procès à ceux qui escroquent leurs victimes, proposent des remèdes et des formations charlatanesques causant de véritables drames.

Les nouveaux traitements de la schizophrénie ne sont pas plus efficaces

Agence France-Presse, Washington
Les nouveaux médicaments pour traiter la schizophrénie ne sont pas plus efficaces que les anciens traitements nettement moins onéreux, selon une vaste étude du gouvernement américain publiée dans le dernier numéro du New England Journal of Medecine.
Cette étude, qui confirme ce que de nombreux psychiatres soupçonnaient depuis longtemps, a comparé la nouvelle génération de quatre médicaments dits antipsychotiques atypiques comme le Zyprexa produit par Eli Lilly au perphenazine, un traitement beaucoup plus ancien. Ces chercheurs ont conclu que les cinq médicaments neutralisaient les symptômes de la schizophrénie, une maladie mentale grave dont souffrent quelque trois millions d'Américains. Ils ont aussi découvert qu'à des doses plus faibles la perphenazine était tout aussi efficace que les nouveaux médicaments et présentait aussi moins de risques de provoquer des désordres neurologiques.
Près des trois quarts des 1493 malades ayant participé à cette étude ont cessé de prendre l'un ou l'autre des traitements prescrits après 18 mois en raison des effets secondaires ou de leur inefficacité, ont indiqué les auteurs de cette recherche. Les insomnies, le gain de poids et des symptôme neurologiques comme la raideur du corps sont les principaux effets secondaires liés à tous ces médicaments. Le Zyprexa, le dernier médicament sur le marché, a permis à davantage de schizophrènes de contrôler leurs symptômes beaucoup plus longtemps, ont toutefois relevé ces médecins. Mais ce traitement s'accompagne aussi de risques plus élevés de prise de poids et de diabète. Les coûts des médicaments utilisés dans cette recherche se sont élevés, à doses équivalentes, à 60 dollars par mois pour la perphenazine, 520 dollars pour le Zyprexa, 450 dollars pour le Seroquel, 250 dollars pour Risperdal et 290 dollars pour le Geodon. Les quatre nouveaux antipsychotiques objet de cette étude engendrent un montant de ventes de 10 milliards de dollars par an au total pour les laboratoires pharmaceutiques qui les fabriquent. Ils représentent 90 % de ce marché aux États-Unis.


On voit dans cette étude une nouvelle exigence. Non seulement un véritable médicament doit avoir un effet supérieur au placebo, mais il devrait aussi être plus efficace que les éventuels traitements précédents et moins onéreux. En ces périodes de déremboursement des médicaments à SMR faible, ce critère prend de l'importance.

L'Eglise mexicaine purifie les "narcopesos" qu'elle reçoit en aumône

AGUASCALIENTES (AFP) - L'évêque de la ville mexicaine d'Aguascalientes, Ramon Godinez Flores, a déclaré lundi que l'Eglise n'avait pas à enquêter sur l'origine des donations faites et que si des "narcopesos" étaient donnés en aumône, cet argent serait ainsi "purifié".Interrogé lors d'une conférence de presse pour savoir si l'Eglise devait accepter ou pas les dons des trafiquants de drogue, l'évêque a répondu : "Quelle que soit la personne qui donne aumône, je la reçois et je dis merci (...) Rien ne me dit que c'est de l'argent sale (...) L'argent peut être purifié si l'intention de la personne est bonne".
"Ce n'est pas parce que l'argent est sale qu'il faut le brûler, il vaut mieux le transformer, tout argent peut être transformé, comme une personne corrompue peut changer", affirme-t-il.
"Ce n'est pas à nous d'enquêter sur l'origine de l'argent, ajoute Mgr Godinez Flores. Nous suivons l'exemple du Seigneur. Quand cette femme (Marie Madeleine, ndlr) lui a lavé les pieds avec un parfum coûteux, Jesus ne lui a pas demandé: 'Où as-tu acheté ce parfum, d'où vient l'argent ?' Non, il a accepté simplement le don".
Les trafiquants de drogue mexicains sont réputés pour leur générosité envers l'Eglise, dont l'attitude vis-à-vis du trafic de drogue est parfois équivoque.


Il est intéressant de noter que le blanchiment d'argent de la drogue devient une bénédiction, pourvu qu'il soit donné à l'Eglise. L'Eglise deviendrait donc ainsi receleur des dealers de drogue, en toute moralite bien entendu.

19 septembre 2005

Le secret d’un "miracle" napolitain éventé le jour de sa répétition mardi 20 septembre 2005

(AFP) Une scientifique italienne a éventé lundi le secret d’un miracle napolitain, la liquéfaction du sang de Saint Janvier, le jour même où le phénomène se répétait comme tous les 19 septembre dans la cathédrale de la ville.Le "sang" de Saint Janvier, qui selon la tradition serait mort martyr il y a exactement 17 siècles, en 305, s’est liquéfié lundi comme tous les ans à la même époque lorsque l’archevêque de Naples, le cardinal Michele Giordano, a agité sous les yeux des fidèles les deux petites ampoules contenant le précieux liquide. L’événement avait fait se déplacer, outre une foule nombreuse, le président de la région, celui de la province, le maire de Naples et de nombreux notables.La liquéfaction du sang de Saint Janvier, censé être de bon augure pour Naples, se produit trois fois l’an : le 19 septembre, jour de la fête du saint, le premier samedi de mai et le 16 décembre, jour anniversaire de l’éruption du Vésuve en 1631, qui avait épargné Naples.Mais pour Margarita Hack, une célèbre astrophysicienne italienne, le phénomène a une explication qui ne relève en rien du miracle : "Il s’agit simplement d’une composition chimique à base de fer, datant du Moyen Age, à l’état solide si on n’y touche pas mais qui devient liquide quand on l’agite", a-t-elle expliqué dans le quotidien La Stampa.Le journal a publié sur ses indications la composition du cocktail miraculeux qui, a souligné la scientifique, peut être "facilement effectué en laboratoire" : chlorure de fer, carbonate de calcium et chlorure de sodium.Officiellement, la liquéfaction du sang de Saint Janvier n’est pas considéré par l’Eglise catholique comme un miracle, mais seulement comme un "événement prodigieux".


Un prodige de la chimie, surtout.

15 septembre 2005

Life's origins were easier than was thought

Research - Universitat Autònoma de Barcelona researchers have discovered that RNA early molecules were much more resistant than was thought until now. According to the conclusions of the study, they may have developed enough to contain around 100 genes, which is considered to be the minimum quantity required for the most basic forms of primitive life.
In the primordial soup that produced life on earth, there were organic molecules that combined to produce the first nucleic acid chains, which were the first elements able to self-replicate. According to one of the more accepted theories, these molecules were ribonucleic acid (RNA) chains, a molecule that is practically identical to DNA and that today has the secondary role in cells of copying information stored in DNA and translating it into proteins. These proteins have a direct active role in the chemical reactions of the cell. In the early stages of life, it seems that the first RNA chains would have had the dual role of self-replicating (as is today the case with DNA) and participating actively in the chemical reactions of the cell activity. Because of their dual role, these cells are called ribozymes (a contraction of the words ribosome and enzyme). But there is an important obstacle to the theory of ribozymes as the origin of life: they could not be very large in length as they would not be able to correct the replication errors (mutations). Therefore they were unable to contain enough genes even to develop the most simple organisms.
An investigation led by Mauro Santos, from the Department of Genetics and Microbiology at the Universitat Autònoma de Barcelona, alongside two Hungarian scientists, has shown that the error threshold, that is, the maximum number of errors that may occur during the replication process of ribozymes without this affecting its functioning, is higher than was previously calculated. In practice, this means that the first riboorganisms (protocells in which RNA is responsible for genetic information and metabolic reactions) could have a much bigger genome than was previously thought: they could contain more than 100 different genes, each measuring 70 bases in length (bases are the units that constitute the genes and codify the information), or more than 70 genes, each measuring 100 bases. It is worth remembering that tRNAs (essential molecules for the synthesis of proteins) are approximately 70 bases long.
The discovery, published in Nature Genetics, has greatly relaxed the conditions necessary for the first living organisms to develop. "This quantity of genes would be enough for a simple organism to have enough functional activity", according to the researchers. Recent analysis into the minimum number of DNA genes required to constitute bacteria, the most simple organism today, considers that around 200 genes is sufficient. But in riboorganisms there can be much fewer genes, since DNA genomes include a number of genes that have the role of making the RNA translation system (which enables proteins to be produced) work, which would not be required in RNA-based organism.


Une excellente nouvelle qui n'amusera pas les tenants de la "complexité irréductible" (les créationnistes et leurs affiliés du soi-disant Intelligent Design). Le passage direct vers des organismes à base d'ADN était un des problèmes de la théorie de l'Evolution. Voilà que l'hypothèse de l'étape intermédiaire des organismes à base d'ARN en sort renforcée.

Pétition pour les médecines douces

BERNE - L'initiative "oui aux médecines complémentaires" a été déposée à Berne avec 140 000 signatures. Le texte exige notamment que ces cinq thérapies soient remboursées par l'assurance maladie de base. Pascal Couchepin les en a exclus il y a deux mois.

Lancée le 23 septembre 2004, l'initiative populaire veut garantir la liberté d'exercer et de se former pour les thérapeutes non médecins et pérenniser le remboursement de soins alternatifs par la LAMal.Il s'agit de favoriser la collaboration entre ces méthodes thérapeutiques et la médecine. Les initiants avaient jusqu'en mars 2006 pour récolter les 100 000 signatures nécessaires à l'aboutissement de leur texte.

Le ministre de la santé Pascal Couchepin a provoqué un tollé en décidant que les caisses maladie ne seraient plus tenues dès la fin juin de rembourser l'homéopathie, la phytothérapie, la thérapie neurale, la médecine anthroposophique et la médecine traditionnelle chinoise. En 1999, ces cinq méthodes avaient été admises dans l'assurance maladie de base à titre provisoire jusqu'au 30 juin 2005.

Or, les experts mandatés pour les évaluer ont estimé qu'elles ne satisfont pas, au sens de la LAMal, aux critères d'efficacité et d'adéquation. Admise depuis plus longtemps, l'acupuncture n'est pas concernée par la décision du conseiller fédéral. Il en va de même pour certains médicaments phytothérapeutiques figurant sur la liste des spécialités remboursées


A défaut d'études prouvant leur efficacité, les médecines douces en sont toujours réduites à une action sociale, comme souvent, se substituant à la preuve scientifique que la médecine est en droit d'attendre, et pour pouvoir prétendre à une prise en charge sociale. Une expression, ici aussi, du phénomène de la légitimation sociale, n'ayant pas les moyens d'obtenir mieux...

13 septembre 2005

Le véritable effet placebo

(ASP) - L'effet placebo n'est pas purement psycho-somatique: il se passe bel et bien quelque chose dans le cerveau. Quelque chose de mesurable.

Et ce quelque chose, c'est une production accrue d'endorphines, un composé chimique qui, dans le cerveau, sert à atténuer la douleur. Davantage d'endorphines, moins de douleur, et le patient croit du coup que la pilule est efficace: du moins, c'est ce qui se passe chez certains des patients qui avalent un placebo, c'est-à-dire une pilule qu'ils croient efficace alors qu'elle ne contient rien.

L'effet placebo est bien connu des médecins depuis des décennies: en fait, il est une des bases de la recherche médicale. Nombre de pilules prometteuses testées sur des patients potentiels se sont retrouvées avec des taux d'efficacité à peine supérieurs aux placebos –et ainsi, n'ont jamais été commercialisées, au grand dam des compagnies pharmaceutiques.

Mais qu'est-ce exactement que l'effet placebo? Ne sachant trop comment le qualifier, on l'a catégorisé comme quelque chose de psychologique: le patient se sent mieux parce qu'il a eu confiance en l'efficacité de cette "pilule". L'explication est juste, mais un peu courte. Concrètement, physiologiquement, pourquoi se sent-il mieux?

La réponse commence à se dessiner depuis quelques années. Une équipe de l'Université du Michigan à Ann Arbor vient de confirmer l'hypothèse la plus solide, celle de la production d'endorphines. Quatorze hommes dans la vingtaine ont testé ce qu'ils croyaient être un médicament anti-douleur pendant que, à leur insu, une infusion qu'ils croyaient faire partie du traitement était ajustée pour maintenir leur douleur à un niveau constant. Une tomographie des cerveaux a révélé la production accrue d'endorphines chez ceux qui avaient reçu le placebo et qui affirmaient que la douleur était atténuée.

Une enquête menée à la baguette... de radiesthésiste

GUERET (AFP) - Les gendarmes de la Vienne et de la Creuse ont profité de la collaboration de radiesthésistes pour retrouver à La Souterraine (Creuse) une caravane volée à la fin du mois d'août à Montmorillon (Vienne), selon le parquet de Guéret.De retour de vacances, un couple de retraités avait remisé sa caravane dans le jardin de son pavillon de Montmorillon. L'engin avait été dérobé quelques jours plus tard.
Les gendarmes de la brigade locale ont perdu la trace de la caravane. Dépités, ses propriétaires ont fait appel à des radiesthésistes du cru, qui la "localisent" d'abord dans l'Indre, puis dans la Creuse, près de la Souterraine.
D'un saut de voiture, les retraités s'en vont vérifier et s'arrêtent, médusés, à Azérables, tout près de La Souterraine, devant un camp de gens du voyage sédentarisés au milieu duquel ils identifient leur bien, repeint et affublé d'une fausse plaque minéralogique.
Prudents, les propriétaires font appel aux forces de l'ordre qui s'assurent qu'il s'agit bien de la caravane volée. Avant sa découverte, elle avait bien transité par l'Indre, ce qui excuse les hésitations des radiesthésistes...
L'auteur principal du vol a été laissé en liberté et sera prochainement convoqué par la justice.


Espérons qu'on aura pas besoin d'avoir recours aux radiesthésistes pour retrouver le voleur le jour de son procès.

Références:
Dossier "radiesthésie".

07 septembre 2005

Katrina, un châtiment de Dieu, selon un rabbin

JERUSALEM (AP) - Le rabbin Ovadia Yossef, chef spirituel du Shass, parti religieux ultra-orthodoxe israélien, estime que l'ouragan Katrina, dont le passage dans le Sud des Etats-Unis a été dévastateur, est un châtiment de Dieu consécutif à l'appui du président George W. Bush au démantèlement des colonies juives de la Bande de Gaza.
"C'était un châtiment de Dieu", a lancé le rabbin au sujet de la catastrophe naturelle, mardi, lors de son sermon hebdomadaire.
Ses commentaires étaient rapportés mercredi sur le site web d'information israélien Y-net. Un responsable du Shass, Tzvika Yaacobson, n'a pas démenti que le chef spirituel de sa formation ait tenu de tels propos mais a affirmé qu'ils avaient été sortis de leur contexte.
Selon le site Y-net, le rabbin a également déclaré que les récentes catastrophes naturelles étaient le fruit d'un manque d'étude de la Torah et que les victimes de l'ouragan Katrina soufraient "parce qu'elles n'avaient pas de Dieu".
C'est le châtiment du président Bush "pour ce qu'il a fait à Gouch Katif" (le plus important bloc de colonies juives dans la Bande de Gaza), a déclaré le rabbin, cité par Y-net.
Des propos qui n'ont pas manqué de susciter de vives critiques au sein du forum des lecteurs du site. C'est l'une des déclarations "les plus idiotes" que j'ai entendues au sujet de l'ouragan, écrit un lecteur se présentant sous le prénom d'Howard et comparant ces commentaires au "genre d'idioties" des "extrémistes islamiques".
Une autre lectrice, Jennifer, a qualifié le rabbin de "petit homme stupide" et "ignorant": "Comment peut on imputer cette catastrophe à la politique?".
Tzvika Yaacobson, qui dirige le groupe parlementaire du Shass, a estimé que les propos du rabbin étaient mal interprétés. "Il use d'un style particulier quand il parle aux gens", a-t-il argué. "Il dit des plaisanteries que vous pouvez aimer ou pas".


Après la punition "cancer", voici venir la punition ouragan. Remarquons que Bush ne paye pas cher du tout la colère divine. Seuls payent les pauvres déshérités de la Nouvelle Orléans, qui n'ont pas voté pour Bush de toute façon. Dieu ne fait pas dans le détail ! Quand Il veut punir un président, Il punit tout le peuple. L'extrémisme reste l'extrémisme, qu'il soit musulman, juif ou chrétien.

06 septembre 2005

Rapport Tchernobyl: une honteuse opération d'étouffement, selon Greenpeace

AMSTERDAM (AFP) - L'organisation écologiste Greenpeace International a dénoncé mardi comme une honteuse opération d'étouffement le rapport des Nations unies présenté lundi, selon lequel le bilan final de l'accident nucléaire de Tchernobyl devrait être de quelque 4.000 morts, nettement moins que redouté par les experts."C'est une honte que l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique, ndlr) étouffe l'impact de l'accident industriel le plus grave de l'histoire de l'humanité", a déclaré le responsable du nucléaire pour Greenpeace International, Jan Van de Putte, dans un communiqué diffusé depuis le siège de l'organisation à Amsterdam.
"Nier les conséquences réelles n'est pas seulement insultant pour les milliers de victimes -à qui l'on assure qu'elles sont malades de stress ou de peur irrationnelle- mais cela conduit aussi à des recommandations dangereuses, à reloger des gens dans des zones contaminées", poursuit-il.
"Ce qui est remarquable, c'est que les conclusions ne sont pas soutenues par ces rapports", explique Greenpeace dans son communiqué.
"Souvent, des recherches ont été omises, et lorsqu'il y a incertitude scientifique, la conclusion est que l'impact est nul", dénonce l'organisation.
Selon Greenpeace, une lecture plus attentives des 600 pages du rapport est nettement moins réjouissante.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) fait ainsi référence à une étude sur 72.000 travailleurs russes chargés des travaux après l'explosion, et a établi que 212 étaient morts des suites de radiation, alors que quelque 600.000 personnes ont été employées sur le site après la catastrophe, selon Greenpeace.
Greenpeace critique également, entre autre, le fait que les études aient ignoré l'impact de l'explosion sur l'ensemble de l'Europe.
Ce rapport sera discuté ce mardi et mercredi lors d'une conférence au siège de l'AIEA à Vienne par des experts du nucléaire, de la santé et du développement de huit agences spécialisées onusiennes, dont l'AIEA, l'OMS et le PNUD.
L'accident avait répandu un nuage radioactif sur une grande partie de l'Europe.
Le rapport, intitulé, "Le legs de Tchernobyl: conséquences sur la santé, l'environnement et socio-économiques", souligne "l'impact sur la santé psychique des personnes affectées". Selon ce rapport, les désordres psychologiques s'expriment sous forme de "manque de confiance dans son propre état de santé, de craintes exagérées pour l'espérance-vie", de manque d'initiative et de dépendance de l'assistance de l'Etat.
Pour ce qui est de l'environnement, "le rapport est rassurant", car "l'évaluation scientifique démontre que les niveaux de radiation sont retombés à des niveaux normaux, exception faite de la zone interdite, toujours hautement contaminée de 30 km autour du réacteur, et plusieurs lacs et forêts à l'accès restreint".
Le rapport redoute en revanche la dégradation du sarcophage en ciment construit autour du réacteur endommagé et qui risque de s'écrouler, en libérant des poussières radioactives. Il s'inquiète aussi du stockage des déchets radioactifs.
Des travaux vont commencer prochainement pour construire un sarcophage en acier qui devrait être terminé en 2008 ou 2009.


Il est intéressant de voir que Greenpeace ignore que l'accident industriel le plus grave de l'histoire de l'humanité est probablement celui de Bhopal, en Inde, qui a tué plus de 7.000 personnes et contaminé de 150.000 à 600.000 autres. Mais le nucléaire fait plus peur que le chimique. Le coût humain de l'exploitation des mines de charbon en Chine dépasse celui de Tchernobyl, tous les ans (7.000 morts au moins en 2004), sans que cela soit compté comme un accident industriel majeur.

B vitamins do not protect hearts

BBC News
Taking B vitamins to ward off heart attacks and stroke does no good and may even be harmful, say experts.
Scientists had thought that these drugs might be useful by lowering levels of a blood substance called homocysteine which has been linked heart risk.
However, a large study looking at this has found no benefit even though homocysteine went down with these supplement pills.
The work was revealed in Stockholm at a European Society of Cardiology meeting.
Professor Peter Weissberg, medical director of the British Heart Foundation
The Norwegian Vitamin Trial (NORVIT) researchers from the University of Tromsø looked at 4,749 heart attack survivors who had been divided into four groups.
In addition to their standard heart medicines, the groups received either daily folic acid (itself a B vitamin), daily vitamin B6, both folic acid and vitamin B6 or a dummy drug for three years.
After three and a half years, those who had been taking either folic acid or vitamin B6 alone had only a small increase in the risk of cardiovascular disease (heart attack or stroke), compared with those who had received the placebo.
However, those who had taken both folic acid and vitamin B6 each day had a 20% increased risk of heart attack and stroke, despite their homocysteine levels going down by up to 30%.
No protection
The results also showed there was a 40% increase in the risk of new cancers in the group taking folic acid, which the researchers said warranted further investigation.
Author Professor Kaare Harald Bønaa said: "The results of the NORVIT trial are important because they tell doctors that prescribing high doses of B vitamins will not prevent heart disease or stroke.
"B vitamins should be prescribed only to patients who have B vitamin deficiency."
Professor Peter Weissberg, medical director of the British Heart Foundation, said: "People should not be taking folic acid and vitamin B6 to stop them having a heart attack because it won't.
"The study shows a significant increase in heart attacks and strokes."
However, he said there was no reason for pregnant women and those hoping to conceive to stop taking folic acid by itself. Folic acid is recommended for such women to reduce the risk of birth defects.


Après les illusions sur la vitamine C, voici celles sur les vitamines du groupe B qui tombent. Apparemment, seuls les suppléments en vitamines A et D risquent de survivre à cette hécatombe, à cause de la mode des produits à faible teneur en lipides et qui ont donc perdu une grande partie de ces vitamines.

Un nouveau rapport minimise le coût humain de l'accident de Tchernobyl

VIENNA, Austria (AP) - Seulement 56 décès ont pu être directement attribués aux radiations causées par l'accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl (Ukraine), ont annoncé lundi des chercheurs travaillant pour le Forum Tchernobyl, et le bilan humain total, évalué à 4.000 victimes, pourrait être inférieur de plusieurs milliers aux prévisions initiales.
L'anxiété liée à la peur de la mort et les maladies causées par les radiations provoquent de sérieux problèmes mentaux au sein de la population touchée et de telles inquiétudes "ne montrent aucun signe de recul et pourraient même s'étendre", selon un nouveau rapport rédigé par 100 chercheurs travaillant pour 8 agences des Nations unies.
L'Ukraine a déjà annoncé avoir enregistré 4.400 décès liés à la catastrophe nucléaire et les premières évaluations prévoyaient des dizaines de milliers de victimes liées aux radiations.
Le président du Forum Tchernobyl, le docteur Burton Bennett, a déclaré que les bilans précédents avaient été exagérés, peut-être "pour attirer l'attention sur l'accident, pour accroître l'empathie."
Le rapport et une conférence scientifique de deux jours qui lui est consacrée à partir de mardi doivent permettre "d'atteindre un consensus sur les différentes questions pour qu'on puisse avancer de manière plus positive", a expliqué Bennett lors d'une conférence de presse.
Les habitants de la région de Tchernobyl n'ont reçu aucune information compréhensible sur les effets de la catastrophe nucléaire, a estimé Kalman Mizsei, du programme de développement des Nations unies, ajoutant que "les gens ne savent toujours quels sont les effets".
Selon le rapport, les problèmes psychiatriques sont "le plus grave problème de santé publique causé par l'accident".
Kalman Mizsei a suggéré que les programmes d'aide aux victimes de Tchernobyl se consacrent aux personnes touchées par les plus hauts niveaux de radiation. Jusqu'à présent, entre 5 et 7 millions de personnes auraient reçu de la documentation, alors que seulement 200.000 personnes ont été exposées aux radiations les plus fortes.
En 1991, le Belarus consacrait 22% de son budget national à des dépenses liées à Tchernobyl, ce chiffre étant de 6% actuellement, selon les statistiques des Nations unies.
Le taux de survie pour les 4.000 cas de cancer de la thyroïde liés à l'accident est d'environ 99%, selon les scientifiques. Parmi les 56 décès recensés, figurent seulement 9 enfants victimes d'un cancer de la thyroïde.
Le cancer du poumon provoqué par le tabagisme devrait provoquer trois fois plus de décès que les cancers liés à Tchernobyl, a ajouté le docteur Burton Bennett.

05 septembre 2005

Poliomyélite : 1 million d'Indonésiens vaccinés à l'heure !

L'Indonésie vient en 24 heures, de vacciner 24 millions d'enfants contre la polio. La plus vaste campagne jamais lancée dans le pays répondait à une urgence majeure. La flambée de polio, venue d'Afrique, menaçait en effet les pays voisins.
Depuis mars 2005, deux cent vingt-cinq petits Indonésiens avaient été paralysés par le poliovirus importé du Nigeria, via le Soudan. Et l'épidémie, initialement limitée à deux provinces de l'île de Java, s'étend dangereusement à tout l'archipel. La capitale Jakarta est aujourd'hui touchée.
"Non seulement cette flambée (de poliomyélite) a paralysé des enfants un peu partout (en Indonésie), mais elle risque de s'étendre aux pays voisins" affirme le Dr David L. Heymann, représentant du Directeur général de l'OMS chargé de l'éradication de la poliomyélite.
D'où l'urgence de cette campagne de masse. Plus de 750 000 soignants et volontaires ont parcouru le pays pour atteindre le maximum d'enfants. Un véritable défi puisque l'Indonésie est constituée de 6 000 îles... Les autorités locales sont appuyées -techniquement et financièrement- par l'OMS, Rotary International, les Centers for Disease Control and Prevention et l'UNICEF. La campagne du 30 août sera suivie par deux nouvelles tournées de vaccination : le 27 septembre et au début du mois de novembre.
Sources: Organisation mondiale de la Santé, 29 août 2005


On n'insistera jamais assez sur les graves conséquences des théories des militants de l'anti-vaccination. Rappelons que les autorités musulmanes du nord Nigéria avaient ajouté foi aux rumeurs de complot américain pour stériliser les femmes musulmanes en utilisant le vaccin contre la polio. Ces rumeurs, d'origine néo-nazie, sont souvent reprises en coeur par les medias des pays musulmans extrémistes.

02 septembre 2005

La médecine à l'abri de la justice ?

Certaines idées reçues ont décidément la vie dure... On entend parler ici et là de "judiciarisation" de la médecine en France. Une mode qui nous serait venue comme souvent des Etats-Unis. Or à y regarder de plus près, tout cela est... totalement surfait.
Jugez plutôt ! Outre-Atlantique entre 2000 et 2004, le nombre de jugements rendus contre des médecins -toutes causes confondues- a chuté de 32% ! Ainsi en 2004, à peine 500 condamnations ont-elles été prononcées. C'est peu à l'échelle considérée... Quant au nombre de jugements pour mauvaises pratiques médicales, il a connu une baisse légèrement supérieure, puisqu'elle atteint 34,6% depuis 2000.
Et en France qu'en est-il ? Parmi les 116 000 adhérents du Sou médical, seuls 6 ont été condamnés pénalement en 2003 sur un total de... 170 affaires. Les professionnels de santé les plus touchés par des plaintes sont les obstétriciens, les chirurgiens, les anesthésistes et les pédiatres.
Pour autant, ces chiffres prouvent bien que ce prétendu phénomène de judiciarisation a été remarquablement médiatisé et orchestré. Car dans les faits et tant aux Etats-Unis qu'en France, la justice paraît peu s'intéresser à la médecine. Ce n'est guère surprenant, puisqu'en France les pratiques des médecins sont expertisées ou jugées par des... médecins !
Sources: Public Citizen, 28 juillet 2005, Le Quotidien du médecin 27 juillet 2005


Encore heureux ! Mis à part sur des cas extrêmement simples qui n'adviennent pratiquement jamais, il faut une personne compétente pour juger le travail d'un collègue. Le seul risque est un corporatisme rigide, à comparer avec le risque de la judiciarisation à la mode américaine et des procès sans fin qui s'ensuivent. Comme le précise l'article, cette approche est en perte de vitesse aux USA.

01 septembre 2005

L' « effet Mozart » : une légende urbaine traquée par deux chercheurs

(Université de Neuchâtel) Non, la musique classique ne stimule pas le développement de l'enfant ! Quelle est l'origine de ce mythe appelé l'«effet Mozart» ? Comment naissent les légendes pseudo-scientifiques, dites aussi «urbaines» ? C'est ce que le professeur de l'Institut de psychologie du travail et des organisations de l'Université de Neuchâtel, Adrian Bangerter, et son collègue de Stanford, Chip Heath, ont cherché à comprendre et à analyser.

Sans vouloir passer pour des briseurs de mythes, il faut l'affirmer d'emblée : l'écoute de la musique classique ne rend pas les enfants plus intelligents ! Pourtant, en 12 ans, l' «effet Mozart», comme l'ont appelé les scientifiques, a fait de nombreux adeptes... Se basant sur l'effet Mozart deux chercheurs, dont le Neuchâtelois Adrian Bangerter, se sont penchés sur la construction et la diffusion de croyances populaires dans le cadre d'un article publié récemment dans une revue spécialisée, le British Journal of Social Psychology.

Jugez-en plutôt : en 1993, un article paru dans le magazine Nature soutient que les étudiants écoutant une sonate de Mozart pendant 10 minutes réalisent de meilleures performances à un test d'intelligence spatial ; en 1994 et 1997, on prouve que des enfants d'âge préscolaire ayant reçu un enseignement de solfège obtiennent de meilleurs résultats à des tests similaires... Il n'en faut pas davantage pour que le phénomène appelé «effet Mozart» prenne son envol.

En recourant à des banques de données, Adrian Bangerter et son collègue Chip Heath constatent en effet que des centaines d'articles de presse font référence à cet effet Mozart. En 1998, la Géorgie est le premier Etat américain (bientôt suivi par d'autres) à distribuer des CD de musique classique aux jeunes mamans, la Floride exige que dans les jardins d'enfants subventionnés par l'Etat, de la musique classique soit diffusée quotidiennement. La propagation de l'information est internationale puisque plus de 30 pays en font mention. Des jouets pédagogiques, des collections de CD, des livres populaires exploitant l'argument marketing des vertus de la musique classique fleurissent dans les rayons des magasins.

Jouer sur la corde sensible

Pourquoi un tel succès pour cet effet Mozart ? Aux Etats-Unis, on a clairement touché à une corde sensible liée à l'éducation des enfants. Le duo de scientifiques americano-suisse découvre que plus l'éducation primaire est mauvaise, plus on y développe l'effet Mozart comme une échappatoire pour gérer l'anxiété culturelle des parents de vouloir offrir une meilleure éducation à leurs enfants. Pour cette affirmation, Chip Heath et son collègue suisse se sont appuyés sur les indicateurs que sont le salaire moyen des enseignants, les performances scolaires des enfants et le part du budget d'Etat octroyé par élève.

Transformation du message d'origine
On le constate, la déformation de l'information de base est importante : les nouveau-nés n'ont jamais fait l'objet d'une étude scientifique quant à leur réaction à la musique classique ; dès 1997 cependant, ils sont davantage mentionnés dans les articles de presse que la population d'origine (des étudiants universitaires). Aux Etats-Unis, médias et milieux politiques se sont saisis de l'information quant aux vertus de la musique classique et l'ont adaptée à leurs propres besoins (préoccupation culturelle quant à l'éducation primaire) par un phénomène d'imitation. En 1999, une étude globale (appelée aussi méta-analyse) menée par un psychologue du développement a montré que l'effet général de l'écoute de la musique classique était négligeable : depuis lors, l'intérêt des médias pour l'effet Mozart est allé décroissant...

Le paradoxe français :
plus de rouge, moins de maladies cardiaques Imitation n'est pas raison. Les phénomènes d'imitation constituent pourtant un phénomène récurrent en psychologie sociale, à l'image d'une autre croyance populaire qu'est le «paradoxe français» : en effet selon des études scientifiques, les Français mangent en général plus gras, mais souffrent de moins de maladies cardiaques que les Américains. Pourquoi une telle disparité? La raison réside semble-t-il dans la consommation importante de vin rouge de nos voisins de l'Hexagone. Suite à cette étude, médias et industrie viticole américains se sont emparés de cette « souche fertile » pour augmenter les ventes de vin aux Etats-Unis en usant d'arguments liés... à la santé !



Où la naissance d'une légende urbaine prend la forme d'une pseudo-science

One side can be wrong

Accepting 'intelligent design' in science classrooms would have disastrous consequences, warn Richard Dawkins and Jerry Coyne
It sounds so reasonable, doesn't it? Such a modest proposal. Why not teach "both sides" and let the children decide for themselves? As President Bush said, "You're asking me whether or not people ought to be exposed to different ideas, the answer is yes." At first hearing, everything about the phrase "both sides" warms the hearts of educators like ourselves.
One of us spent years as an Oxford tutor and it was his habit to choose controversial topics for the students' weekly essays. They were required to go to the library, read about both sides of an argument, give a fair account of both, and then come to a balanced judgment in their essay. The call for balance, by the way, was always tempered by the maxim, "When two opposite points of view are expressed with equal intensity, the truth does not necessarily lie exactly half way between. It is possible for one side simply to be wrong."
As teachers, both of us have found that asking our students to analyse controversies is of enormous value to their education. What is wrong, then, with teaching both sides of the alleged controversy between evolution and creationism or "intelligent design" (ID)? And, by the way, don't be fooled by the disingenuous euphemism. There is nothing new about ID. It is simply creationism camouflaged with a new name to slip (with some success, thanks to loads of tax-free money and slick public-relations professionals) under the radar of the US Constitution's mandate for separation between church and state.
Why, then, would two lifelong educators and passionate advocates of the "both sides" style of teaching join with essentially all biologists in making an exception of the alleged controversy between creation and evolution? What is wrong with the apparently sweet reasonableness of "it is only fair to teach both sides"? The answer is simple. This is not a scientific controversy at all. And it is a time-wasting distraction because evolutionary science, perhaps more than any other major science, is bountifully endowed with genuine controversy.
Among the controversies that students of evolution commonly face, these are genuinely challenging and of great educational value: neutralism versus selectionism in molecular evolution; adaptationism; group selection; punctuated equilibrium; cladism; "evo-devo"; the "Cambrian Explosion"; mass extinctions; interspecies competition; sympatric speciation; sexual selection; the evolution of sex itself; evolutionary psychology; Darwinian medicine and so on. The point is that all these controversies, and many more, provide fodder for fascinating and lively argument, not just in essays but for student discussions late at night.
Intelligent design is not an argument of the same character as these controversies. It is not a scientific argument at all, but a religious one. It might be worth discussing in a class on the history of ideas, in a philosophy class on popular logical fallacies, or in a comparative religion class on origin myths from around the world. But it no more belongs in a biology class than alchemy belongs in a chemistry class, phlogiston in a physics class or the stork theory in a sex education class. In those cases, the demand for equal time for "both theories" would be ludicrous. Similarly, in a class on 20th-century European history, who would demand equal time for the theory that the Holocaust never happened?
So, why are we so sure that intelligent design is not a real scientific theory, worthy of "both sides" treatment? Isn't that just our personal opinion? It is an opinion shared by the vast majority of professional biologists, but of course science does not proceed by majority vote among scientists. Why isn't creationism (or its incarnation as intelligent design) just another scientific controversy, as worthy of scientific debate as the dozen essay topics we listed above? Here's why.
If ID really were a scientific theory, positive evidence for it, gathered through research, would fill peer-reviewed scientific journals. This doesn't happen. It isn't that editors refuse to publish ID research. There simply isn't any ID research to publish. Its advocates bypass normal scientific due process by appealing directly to the non-scientific public and - with great shrewdness - to the government officials they elect.
The argument the ID advocates put, such as it is, is always of the same character. Never do they offer positive evidence in favour of intelligent design. All we ever get is a list of alleged deficiencies in evolution. We are told of "gaps" in the fossil record. Or organs are stated, by fiat and without supporting evidence, to be "irreducibly complex": too complex to have evolved by natural selection.
In all cases there is a hidden (actually they scarcely even bother to hide it) "default" assumption that if Theory A has some difficulty in explaining Phenomenon X, we must automatically prefer Theory B without even asking whether Theory B (creationism in this case) is any better at explaining it. Note how unbalanced this is, and how it gives the lie to the apparent reasonableness of "let's teach both sides". One side is required to produce evidence, every step of the way. The other side is never required to produce one iota of evidence, but is deemed to have won automatically, the moment the first side encounters a difficulty - the sort of difficulty that all sciences encounter every day, and go to work to solve, with relish.
What, after all, is a gap in the fossil record? It is simply the absence of a fossil which would otherwise have documented a particular evolutionary transition. The gap means that we lack a complete cinematic record of every step in the evolutionary process. But how incredibly presumptuous to demand a complete record, given that only a minuscule proportion of deaths result in a fossil anyway.
The equivalent evidential demand of creationism would be a complete cinematic record of God's behaviour on the day that he went to work on, say, the mammalian ear bones or the bacterial flagellum - the small, hair-like organ that propels mobile bacteria. Not even the most ardent advocate of intelligent design claims that any such divine videotape will ever become available.
Biologists, on the other hand, can confidently claim the equivalent "cinematic" sequence of fossils for a very large number of evolutionary transitions. Not all, but very many, including our own descent from the bipedal ape Australopithecus. And - far more telling - not a single authentic fossil has ever been found in the "wrong" place in the evolutionary sequence. Such an anachronistic fossil, if one were ever unearthed, would blow evolution out of the water.
As the great biologist J B S Haldane growled, when asked what might disprove evolution: "Fossil rabbits in the pre-Cambrian." Evolution, like all good theories, makes itself vulnerable to disproof. Needless to say, it has always come through with flying colours.
Similarly, the claim that something - say the bacterial flagellum - is too complex to have evolved by natural selection is alleged, by a lamentably common but false syllogism, to support the "rival" intelligent design theory by default. This kind of default reasoning leaves completely open the possibility that, if the bacterial flagellum is too complex to have evolved, it might also be too complex to have been created. And indeed, a moment's thought shows that any God capable of creating a bacterial flagellum (to say nothing of a universe) would have to be a far more complex, and therefore statistically improbable, entity than the bacterial flagellum (or universe) itself - even more in need of an explanation than the object he is alleged to have created.
If complex organisms demand an explanation, so does a complex designer. And it's no solution to raise the theologian's plea that God (or the Intelligent Designer) is simply immune to the normal demands of scientific explanation. To do so would be to shoot yourself in the foot. You cannot have it both ways. Either ID belongs in the science classroom, in which case it must submit to the discipline required of a scientific hypothesis. Or it does not, in which case get it out of the science classroom and send it back into the church, where it belongs.
In fact, the bacterial flagellum is certainly not too complex to have evolved, nor is any other living structure that has ever been carefully studied. Biologists have located plausible series of intermediates, using ingredients to be found elsewhere in living systems. But even if some particular case were found for which biologists could offer no ready explanation, the important point is that the "default" logic of the creationists remains thoroughly rotten.
There is no evidence in favour of intelligent design: only alleged gaps in the completeness of the evolutionary account, coupled with the "default" fallacy we have identified. And, while it is inevitably true that there are incompletenesses in evolutionary science, the positive evidence for the fact of evolution is truly massive, made up of hundreds of thousands of mutually corroborating observations. These come from areas such as geology, paleontology, comparative anatomy, physiology, biochemistry, ethology, biogeography, embryology and - increasingly nowadays - molecular genetics.
The weight of the evidence has become so heavy that opposition to the fact of evolution is laughable to all who are acquainted with even a fraction of the published data. Evolution is a fact: as much a fact as plate tectonics or the heliocentric solar system.
Why, finally, does it matter whether these issues are discussed in science classes? There is a case for saying that it doesn't - that biologists shouldn't get so hot under the collar. Perhaps we should just accept the popular demand that we teach ID as well as evolution in science classes. It would, after all, take only about 10 minutes to exhaust the case for ID, then we could get back to teaching real science and genuine controversy.
Tempting as this is, a serious worry remains. The seductive "let's teach the controversy" language still conveys the false, and highly pernicious, idea that there really are two sides. This would distract students from the genuinely important and interesting controversies that enliven evolutionary discourse. Worse, it would hand creationism the only victory it realistically aspires to. Without needing to make a single good point in any argument, it would have won the right for a form of supernaturalism to be recognised as an authentic part of science. And that would be the end of science education in America.
Arguments worth having ...
The "Cambrian Explosion"
Although the fossil record shows that the first multicellular animals lived about 640m years ago, the diversity of species was low until about 530m years ago. At that time there was a sudden explosion of many diverse marine species, including the first appearance of molluscs, arthropods, echinoderms and vertebrates. "Sudden" here is used in the geological sense; the "explosion" occurred over a period of 10m to 30m years, which is, after all, comparable to the time taken to evolve most of the great radiations of mammals. This rapid diversification raises fascinating questions; explanations include the evolution of organisms with hard parts (which aid fossilisation), the evolutionary "discovery" of eyes, and the development of new genes that allowed parts of organisms to evolve independently.
The evolutionary basis of human behaviour
The field of evolutionary psychology (once called "sociobiology") maintains that many universal traits of human behaviour (especially sexual behaviour), as well as differences between individuals and between ethnic groups, have a genetic basis. These traits and differences are said to have evolved in our ancestors via natural selection. There is much controversy about these claims, largely because it is hard to reconstruct the evolutionary forces that acted on our ancestors, and it is unethical to do genetic experiments on modern humans.
Sexual versus natural selection
Although evolutionists agree that adaptations invariably result from natural selection, there are many traits, such as the elaborate plumage of male birds and size differences between the sexes in many species, that are better explained by "sexual selection": selection based on members of one sex (usually females) preferring to mate with members of the other sex that show certain desirable traits. Evolutionists debate how many features of animals have resulted from sexual as opposed to natural selection; some, like Darwin himself, feel that many physical features differentiating human "races" resulted from sexual selection.
The target of natural selection
Evolutionists agree that natural selection usually acts on genes in organisms - individuals carrying genes that give them a reproductive or survival advantage over others will leave more descendants, gradually changing the genetic composition of a species. This is called "individual selection". But some evolutionists have proposed that selection can act at higher levels as well: on populations (group selection), or even on species themselves (species selection). The relative importance of individual versus these higher order forms of selection is a topic of lively debate.
Natural selection versus genetic drift
Natural selection is a process that leads to the replacement of one gene by another in a predictable way. But there is also a "random" evolutionary process called genetic drift, which is the genetic equivalent of coin-tossing. Genetic drift leads to unpredictable changes in the frequencies of genes that don't make much difference to the adaptation of their carriers, and can cause evolution by changing the genetic composition of populations. Many features of DNA are said to have evolved by genetic drift. Evolutionary geneticists disagree about the importance of selection versus drift in explaining features of organisms and their DNA. All evolutionists agree that genetic drift can't explain adaptive evolution. But not all evolution is adaptive.
Further reading
www.talkorigins.org/faqs/comdescWebsite explaining evolution in user-friendly fashion
Climbing Mount ImprobableRichard Dawkin (illustrations by Lalla Ward), Penguin 1997
Evolution versus Creationism Eugenie C Scott, Greenwood Press, 2004
· Richard Dawkins is Charles Simonyi professor of the public understanding of science at Oxford University, and Jerry Coyne is a professor in the department of ecology and evolution at the University of Chicago
Richard Dawkins book 'The Ancestor's Tale: A Pilgrimage to the Dawn of Life' is published by Phoenix in paperback today priced £9.99.

30 août 2005

L'homéopathie voit rouge

Une méta-analyse publiée par le Lancet affirmant que l'homéopathie n'est pas plus efficace que le placebo jette à nouveau le doute sur cette pratique. Homéopathes et industriels rétorquent, soulignant le caractère "polémique" de ce travail.
Le Dr Aijing Shang, de l'Université de Berne en Suisse, a analysé avec son équipe toute une série d'essais cliniques évaluant la pratique homéopathique. Or affirme-t-il, "notre travail a clairement prouvé que l'efficacité de l'homéopathie n'était pas supérieure à celle du placebo". Dans un éditorial, le Lancet demande aux médecins "d'être honnêtes avec leurs patients et de les informer de l'inefficacité de l'homéopathie".
Cet éditorial a littéralement fait bondir les responsables du laboratoire Boiron, le premier producteur mondial de spécialités homéopathiques. Ces derniers dénoncent son caractère "agressif". Et tout naturellement, ils s'interrogent, "sur les motivations d'un tel acharnement à discréditer les médicaments homéopathiques prescrits par 150 000 médecins à 300 millions de patients à travers le monde".
Ils s'étonnent aussi de la concomitance des résultats de cette étude et d'un "rapport préliminaire de l'OMS sur l'homéopathie (qui) présente des conclusions favorables à l'homéopathie". Selon le Directeur général adjoint de Boiron Gilles Chauffrein, "le travail de l'OMS est beaucoup plus large. Les auteurs se sont intéressés à l'ensemble des essais réalisés sur l'homéopathie. Dans ses conclusions, l'Organisation souligne qu'il existe un capital scientifique grandissant qui suggère que l'homéopathie est utile". Ce rapport découle-t-il de la "stratégie mondiale d'évaluation de l'inocuité et de l'efficacité des médecines dites populaires et traditionnelles" lancée en 2002 par l'OMS ? Difficile à savoir. Le rapport en question n'a toujours pas été rendu public. Et l'OMS pour sa part, n'a pas répondu à nos questions.
Sources: The Lancet, 25 août 2005, interview Gilles Chauffrein


Il est évident que Boiron est totalement impartial dans cette affaire. Tout résultat contredisant l'efficacité de l'homéopathie ne peut être qu'agressif et le résultat d'un complot mondial impliquant les responsables du Lancet. On notera ici le lourd recours aux sophismes des responsables des laboratoires Boiron: attaque personnelle (l'étude est "agressive"), post hoc (concomitance du rapport préliminaire de l'OMS), théorie du complot (le Lancet veut discréditer l'homéopathie) et enfin le recours à la popularité (150000 médecins et 300 millions de patients). Un modèle d'argumentaire fallacieux !

Les hommes auraient un QI plus élevé que les femmes

(AFP Londres) Une étude britannique affirme que les hommes ont en moyenne un quotient intellectuel plus élevé que les femmes, selon les premiers chiffres révélés jeudi dans la presse.
Selon cette étude, conduite par les professeurs Paul Irving et Richard Lin du Centre de psychologie de l'Université de Manchester, après 14 ans, les hommes ont en moyenne un QI de cinq points supérieur à celui des femmes. Et cet écart grandirait dans les QI élevés. L'étude, dont les résultats complets seront publiés d'ici la fin 2005 dans la Revue britannique de psychologie, la différence de QI entre hommes et femmes est inexistante jusqu'à l'âge de 14 ans. Il y aurait par contre deux fois plus d'hommes que de femmes au niveau des QI de 125 points, alors qu'au niveau de 155 points, celui censé distinguer les génies, il n'y aurait qu'une seule femme pour 5,5 hommes. «Cela explique peut-être en partie le plus grand nombre d'hommes parmi les grands maîtres aux échecs, parmi les médaillés Field en mathématiques ou parmi les Prix Nobel», a déclaré Paul Irving jeudi. «Le petit avantage des hommes en terme de QI est en fait surtout susceptible d'être important pour certaines tâches d'une grande difficulté, comme résoudre des problèmes complexes en mathématiques, physique ou ingénierie», a poursuivi le professeur Irwing. Le professeur Irwing a cependant souligné que «certains éléments démontrent qu'à niveau de QI égal, les femmes sont plus efficaces que les hommes car elles sont plus consciencieuses et plus à même de supporter de longues périodes de travail». Les résultats de cette étude sont basés sur des tests de quotients intellectuels sur un premier échantillon de 80 000 personnes, puis sur un second échantillon de 20 000 personnes, seulement des étudiants cette fois.


On se demande ce que prouve cette étude sinon le peu de fiabilité que présente cette mesure de QI. La variabilité avec l'âge, à partir de 14 ans, pourrait facilement faire soupçonner des facteurs culturels aussi bien qu'hormonaux.

Most scientific papers are probably wrong

NewScientist.com news service
Kurt Kleiner
Most published scientific research papers are wrong, according to a new analysis. Assuming that the new paper is itself correct, problems with experimental and statistical methods mean that there is less than a 50% chance that the results of any randomly chosen scientific paper are true.
John Ioannidis, an epidemiologist at the University of Ioannina School of Medicine in Greece, says that small sample sizes, poor study design, researcher bias, and selective reporting and other problems combine to make most research findings false. But even large, well-designed studies are not always right, meaning that scientists and the public have to be wary of reported findings.
"We should accept that most research findings will be refuted. Some will be replicated and validated. The replication process is more important than the first discovery," Ioannidis says.
In the paper, Ioannidis does not show that any particular findings are false. Instead, he shows statistically how the many obstacles to getting research findings right combine to make most published research wrong.
Massaged conclusions
Traditionally a study is said to be "statistically significant" if the odds are only 1 in 20 that the result could be pure chance. But in a complicated field where there are many potential hypotheses to sift through - such as whether a particular gene influences a particular disease - it is easy to reach false conclusions using this standard. If you test 20 false hypotheses, one of them is likely to show up as true, on average.
Odds get even worse for studies that are too small, studies that find small effects (for example, a drug that works for only 10% of patients), or studies where the protocol and endpoints are poorly defined, allowing researchers to massage their conclusions after the fact.
Surprisingly, Ioannidis says another predictor of false findings is if a field is "hot", with many teams feeling pressure to beat the others to statistically significant findings.
But Solomon Snyder, senior editor at the Proceedings of the National Academy of Sciences, and a neuroscientist at Johns Hopkins Medical School in Baltimore, US, says most working scientists understand the limitations of published research.
"When I read the literature, I'm not reading it to find proof like a textbook. I'm reading to get ideas. So even if something is wrong with the paper, if they have the kernel of a novel idea, that's something to think about," he says.
Journal reference: Public Library of Science Medicine (DOI: 10.1371/journal.pmed.0020124)


S'il y a moins d'une chance sur deux pour que les conclusions d'une étude clinique soit correcte, on imagine ce que ça donne pour les études qui n'approchent même pas de près les critères scientifiques de base.

26 août 2005

L'homéopathie ne fait pas mieux que le placebo


Les médicaments homéopathiques ne sont pas plus efficaces que des placebos, c'est-à-dire des médicaments composés seulement d'eau distillée ou d'une autre substance neutre, affirme la revue médicale The Lancet dans sa livraison publiée aujourd'hui, 26 Aout 2005.

«Les effets cliniques de l'homéopathie sont des effets placebo», concluent crûment les auteurs, Aijing Shang, de l'Université de Berne, en Suisse, et ses collègues.

En gros, l'homéopathie consiste à combattre le mal par le mal. Selon les homéopathes, une maladie peut être traitée avec des substances capables de provoquer les symptômes de cette maladie chez une personne en santé, mais diluées à des doses infinitésimales.

La dilution est telle qu'il ne reste souvent plus aucune molécule de la substance active.

Mais, toujours selon les homéopathes, le pouvoir thérapeutique serait transféré aux molécules d'eau (ou d'alcool). La « mémoire de l'eau » n'a jamais été prouvée scientifiquement.

Pourtant, la théorie de l'homéopathie, publiée il y a deux siècles, devient de plus en plus populaire, souligne The Lancet. L'Organisation mondiale de la santé indique que l'homéopathie se trouve au deuxième rang des thérapies non traditionnelles les plus utilisées au monde.


Nième confirmation du pouvoir placebo de l'homéopathie. La seule légitimation qui lui reste encore, pour lui donner un semblant de crédibilité, étant une légitimation sociale par le nombre d'utilisateurs. Mais si cela suffisait, l'astrologie et la voyance auraient tout autant droit de cité.

Les cancers n'auraient rien à voir avec la dépression et la fatigue

Non, dépression et fatigue n'augmentent pas les risques de cancer. Une équipe danoise met ainsi les points sur les "i", tordant le cou à des idées reçues qui ont la vie dure. Et pour cela, les auteurs ont employé les grands moyens.

Le Dr Corinna Bergelt et ses collègues de la Danish Cancer Society à Copenhague, ont interrogé par questionnaire plus de 8 500 personnes âgées de 21 à... 94 ans ! Un "échantillon" considérable si on le rapporte aux 5,4 millions de Danois. Or leur travail n'a pas permis de mettre en lumière de nouveaux facteurs de risque de cancers.

"Les résultats de cette vaste étude prospective ne permettent pas d'accréditer l'hypothèse selon laquelle la dépression et la fatigue augmenteraient le risque de développer un cancer. Il n'existe donc aucun lien entre ces facteurs" a déclaré Corinna Bergelt dans la revue Cancer.

Sources: Cancer, 8 août 2005

25 août 2005

Foetus insensibles à la douleur? Des dizaines de messages de protestation

CHICAGO (AP) - La directrice d'une revue médicale américaine qui vient de publier un article estimant probable que les foetus ne ressentaient pas la douleur pendant la majeure partie de la gestation affirme avoir reçu des dizaines de messages de protestation de la part d'opposants à l'avortement.

Le Dr Catherine DeAngelis, qui dirige le "Journal of the American Medical Association" (JAMA), explique avoir reçu une cinquantaine de courriers électroniques "horribles et vindicatifs".

Les auteurs de l'article en question affirment après s'être penchés sur de nombreuses études et rapports médicaux que le foetus ne peut ressentir de douleur jusqu'aux alentours de sept mois de gestation. Bien que les structures cérébrales impliquées dans les circuits de la douleur se forment bien avant, ces chercheurs soulignent qu'ils ne sont fonctionnels qu'en fin de grossesse.

Mme DeAngelis, qui a été choquée par cet afflux de courriels haineux, explique être une catholique pratiquante opposée à l'avortement mais estime que c'est aux femmes de choisir.


Il n'y a qu'à décréter que le foetus ressent la douleur dès la conception. Et la primauté des croyances religieuses sur les faits scientifiques.

24 août 2005

Les foetus seraient insensibles à la douleur

CHICAGO -- Les foetus sont insensibles à la douleur jusqu'à un stade avancé de la grossesse, selon une étude américaine. Si cela est confirmé, c'est un argument des opposants à l'avortement qui tombe. Le débat fait rage aux Etas-Unis et divise la communauté scientifique.

"Ce travail met littéralement le feu aux poudres", a déclaré le Dr Kanwaljeet Anand, spécialiste de la douleur foetale à l'Université de sciences médicales de l'Arkansas. Pour ce médecin qui pense que des foetus ressentent la douleur dès 20 mois, l'enquête "risque d'irriter bon nombre de scientifiques très concernés par ce sujet et beaucoup plus savants dans ce domaine que ne semblent l'être les auteurs de cette étude. Le débat est loin d'être clos".

L'étude menée par des chercheurs de l'Université californienne de San Francisco est publiée au moment où un groupe de pression invoquant la douleur foetale milite pour l'adoption de lois destinées à diminuer la pratique de l'avortement.

Cette législation obligerait les médecins à fournir plus d'informations sur la douleur foetale aux femmes désireuses d'avorter à 20 semaines de grossesse au moins. Les médecins devraient aussi proposer aux femmes une anesthésie foetale à ce stade de la grossesse. Quelques Etats ont déjà adopté ces mesures.

Mais la nouvelle étude publiée mercredi dans le journal de l'Association médicale américaine souligne qu'une anesthésie foetale dans les cinq ou six premiers mois de la grossesse est malavisée et peut entraîner un danger inacceptable pour la mère.

De son côté, le Dr Nancy Chescheir, qui dirige le service de gynécologie-obstétrique de l'Université Vanderbilt et le conseil d'administration de la société de médecine materno-foetale, a déclaré que l'article "devrait aider à la mise en place d'un consensus" sur la date d'apparition de la douleur foetale". "Jusque-là, il n'y en a jamais eu."

Les chercheurs se sont penchés sur des dizaines d'études et de rapports médicaux. D'après eux, les résultats attestaient de l'incapacité pour les foetus de ressentir la moindre douleur jusqu'aux alentours de sept mois de grossesse pour la mère, les foetus étant alors âgés de 28 semaines.

Bien que les structures cérébrales impliquées dans les circuits de la douleur se forment bien avant, les chercheurs soulignent qu'ils ne sont fonctionnels qu'en fin de grossesse, a indiqué Marc Rosen, premier auteur de ce travail.

De plus, selon lui, l'administration d'anesthésiques ou d'antalgiques au foetus ne serait pas sans danger pour la mère. Quand les médecins opèrent des foetus pour corriger des anomalies avant la naissance, la mère est placée sous anesthésie générale, dans le but premier d'immobiliser le foetus et de détendre l'utérus, a-t-il ajouté. Or une anesthésie générale pour de la chirurgie foetale favorise chez la mère des problèmes respiratoires et hémorragiques. Des risques médicalement acceptables, estime-t-il, uniquement quand il faut sauver un bébé.

Anesthésier directement le foetus est pratiqué dans certains cas, quand il s'agit de réduire l'effet dangereux des hormones. Quelques recherches sont réalisées dans ce domaine.

=> L'article du JAMA


Inutile aussi de passer ses nuits à lui parler, il n'entend pratiquement rien !

23 août 2005

Placebos trigger an opioid hit in the brain

NewScientist.com news service
Alison Motluk
It seems that placebos have a real physical, not imagined, effect – activating the production of chemicals in the brain that relieve pain, a new study suggests.
Placebos are treatments that use substances which have no active ingredient. But if people are told that what they are being given contains an active painkiller, for example, they often feel less pain – an effect that has normally been considered psychological.
Recent studies, though, suggest otherwise. For example, when a placebo was secretly mixed with a drug that blocks endorphins – the body’s natural painkillers – there was no placebo effect, showing that endorphins are involved in the placebo painkiller process (New Scientist print edition, 26 May 2001, p 34).
Now Jon-Kar Zubieta’s team at the University of Michigan at Ann Arbor, US, has confirmed that placebos relieve pain by boosting the release of endorphins.
Pain maintainer
Fourteen healthy males in their twenties volunteered to try what they were told was “a medication that may or may not relieve pain”. To induce pain, the researchers gave the young men infusions into the jaw that made them ache.
During the experiment, the volunteers had to rate the intensity of pain every 15 seconds on a scale of 1 to 100; most judged it to be about 30. Unbeknown to them, the measure was used to keep pain constant by increasing or decreasing the infusion of the pain-inducer.
This pain management was necessary because the body’s own opioids – the endorphins – tend to alleviate pain slightly over time, and the researchers wanted to separate this effect from that caused by the placebo.
PET detective
All the volunteers, who were given a placebo of salt solution, reported feeling less pain. But the researchers did not simply take their word for it: instead, they scanned the volunteers’ brains using positron emission tomography (PET). They had injected the volunteers with a radioactive tracer that binds to the same mu-opioid receptors as endorphins do, which allowed them to figure out the level of endorphins produced in each volunteer’s brain.
The young men, who acted as their own controls, were scanned three times: before the experiment began, when they were in pain but had not yet been given the placebo, and after they had been given the placebo. Half the volunteers experienced the pain-only condition first, while the other half got the benefit of the placebo first.
The scans revealed that after the volunteers took the placebo, their brains released more pain-relieving endorphins than normal. Zubieta thinks the placebo effect is piggybacking on the body’s innate painkilling system. “[The system] is there to ensure the survival of the organism,” he says. “The placebo effect is acting through these mechanisms.” But exactly how it does this remains a mystery.
Journal reference: The Journal of Neuroscience (vol 25, p 7754)


Il est étonnant de constater que l'on traite parfois ce qui est "psychologique" comme quelque chose totalement déconnecté de la matière cérébrale. Pourtant la psychologie doit bien correspondre à des phénomènes physiques à l'intérieur de notre cerveau, ou alors elle aurait autant de réalité que "l'âme" des croyants. Il faudrait éviter de tendre aux croyants des bâtons pour se faire battre.

21 août 2005

Mars n'est pas en opposition à la Terre

Presse Canadienne
Les astronomes amateurs qui se préparent à observer la planète Mars parce qu'elle sera à son point le plus près de la Terre en 5000 ans lors du week-end du 27 août risquent d'être déçus.
L'information, qui circule depuis un certain temps sur internet, est un canular. Il s'agit, en fait, d'une remise en circulation d'un événement survenu en août 2003. La prochaine opposition de Mars, soit le moment où la planète rouge est la plus près de notre planète aura lieu à la fin d'octobre 2005. Ce phénomène se reproduit à tous les deux ans et deux mois. Mais c'est en août 2003 qu'elle était venue le plus près de la Terre en cinq millénaires et, en octobre prochain, elle ne sera pas aussi près que la dernière fois. Ce canular démontre une nouvelle fois que l'on ne peut se fier sans réserves à l'information sur Internet car celle-ci n'est pas toujours fiable ou même crédible.


Conseil judicieux: les canulars sont un sport favori sur Internet et des vérifications simples permettent d'en avoir rapidement le coeur net sans beaucoup se fatiguer. A faire avant de retransmettre une information à de nombreux destinataires, surtout lorsque l'on est en dehors de son domaine de compétences.

18 août 2005

Technologie radiesthésique

Une baguette de radiesthésie dernier cri vient de voir le jour, il s'agit de la Sniffex, brevet déposé par une société coté à la bourse de New-York, et qui permet notamment de "contrer les attaques terroristes" en "détectant les explosifs et autres armes ou munitions cachés, même derrière un mur ou dans une voiture, à une distance comprise entre 3 et 90 mètres".

Mieux que celle des sourciers et plus efficace qu'un chien !

Celle-ci "détecterait les ions d'oxyde de nitro", en captant la fréquence d'objets à base de nitro. La baguette se dirigerait alors en direction de l'explosif pour le designer. Il paraîtrait que la baquette Sniffex aurait été testée avec succès au New Mexico Institute of Mining and Technology (où d'ailleurs personne ne se souvient avoir testé l'objet, pourtant révolutionnaire).

C'est James Randi, le célèbre magicien chasseur de charlatans, qui en fait état sur son site. Il en a profité pour envoyer un courrier, tout ce qu'il y a de sérieux et d'officiel, au PDG de l'entreprise afin de tester le plus simplement du monde son appareil dans le cadre de son challenge à 1 million de dollars :

"I propose a test – for the JREF prize – from just half a meter away, the explosive contained in a simple paper bag. That should be very interesting to Paul Johnson, but I guarantee that it won’t; it would show that the Sniffex is a fake, a fraud, a scam."

Courrier resté sans réponse à ce jour, pourtant, des milliers de vies à sauver, ça devrait en motiver plus d'un...

16 août 2005

L’obscurantisme anti-vaccination

Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen


Article 4 - La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi.

Article 5 - La loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Tout ce qui n'est pas défendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas.
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Déclaration Universelle de Droits de l'Homme de 1948

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Article 29
1. L'individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seul le libre et plein développement de sa personnalité est possible.

2. Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
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Code de déontologe médicale

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Article 28 (article R.4127-28 du code de la santé publique)
La délivrance d'un rapport tendancieux ou d'un certificat de complaisance est interdite.
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Les militants de l’anti-vaccination présentent comme une « liberté » le fait pour les parents de pouvoir choisir de vacciner ou non leurs enfants. Pourtant, il existe bien des lois indiquant l’obligation de vacciner les enfants (articles L3111-1 et suivants du Code de la Santé Publique), sauf contre-indication médicale réelle (et non de complaisance). Ces lois seraient elles inconstitutionnelles, car interdisant une action qui n’est pas nuisible à la société ? Le Conseil Constitutionnel n’a pourtant pas cru bon de remettre ces lois en cause.
Nous tomberons facilement d’accord sur le fait que fumer est nocif pour la santé. La loi a donc toute latitude pour réglementer la possibilité de fumer dans la mesure où cela nuit à autrui : dans les lieux publics, au travail, etc., il est donc possible d’interdire de fumer. Un fumeur ne pourra pas se prévaloir d’une quelconque «liberté» pour imposer sa fumée à un non-fumeur. En vertu de l’article 4 ci-dessus, on ne devrait pas pouvoir obliger un non-fumeur à respirer la fumée du tabac.
De même, pour la protection contre les épidémies, une couverture vaccinale suffisante (généralement de l’ordre de 90%) est nécessaire. Si celle-ci est insuffisante, en effet, des épidémies de maladies graves peuvent se déclencher et mettre la santé voire la vie des membres de la société en danger. Un individu ne peut donc prétendre à une quelconque «liberté vaccinale» que dans la mesure où cela ne compromet pas cette couverture vaccinale qui protège la société ou s’il peut prouver que la vaccination est contre-indiquée médicalement. C’est la société dans son ensemble qui détermine la liberté des individus qui ont décidé d’y vivre. Personne ne peut se prévaloir d’une quelconque «liberté» pour imposer une couverture vaccinale insuffisante à notre société et les autorités médicales et légales ont toute latitude pour éviter ce funeste état de choses.
L’histoire du refus de la vaccination anti-polio par les autorités musulmanes du Nigeria, et la recrudescence des cas de polio qui a suivi, est révélatrice des risques associés aux théories des militants de l’anti-vaccination. Après plusieurs mois de suspension de la vaccination anti-polio au nord Nigeria, les pays limitrophes où la polio avait disparu depuis quelques années ont constaté une réapparition de cette maladie grave. Puis le virus s’est propagé, via les pèlerinages à La Mecque, à d’autres pays musulmans.
On peut en tirer deux réflexions : les gens payent pour leur propre stupidité et celle de leurs autorités politiques ou religieuses, d’une part, et d’autre part, des innocents (enfants, voisins, concitoyens, etc.) subissent involontairement les conséquences de cette stupidité. Si l’on peut, à l’extrême rigueur, être indifférent aux victimes premières, il est difficile de rester insensible aux secondes.
Les études scientifiques sont quasiment unanimes sur l’innocuité très satisfaisante des vaccins et de leur excellent rapport bénéfice/risque. Si aucun acte thérapeutique n’est exempt de risque (mais traverser la rue n’est pas moins exempt de risque), les vaccinations font partie des actes thérapeutiques les plus sûrs et leurs bénéfices sont constatés par l’éradication mondiale de la variole, la disparition quasi-totale de certaines maladies des pays industrialisés et la suppression de la mortalité liée à certaines autres maladies, autrefois potentiellement fatales.
Le combat obscurantiste d’arrière-garde des militants de l’anti-vaccination est évidemment perdu d’avance, mais beaucoup souffriront entre temps, comme au Nigeria et ailleurs, de leurs théories irresponsables et non-scientifiques.


Références:
Code de la Santé Publique
Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789
Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948
Code de déontologie médicale

Un faux monstre du Loch Ness sur la télévision britannique

LONDRES (AFP) - "Nessie", le fameux monstre du Loch Ness, a troublé les eaux du mythique lac écossais pendant deux semaines en septembre 2004, à l'initiative d'une chaîne de télévision britannique, qui présentera fin août un documentaire consacré aux réactions de touristes crédules ou ironiques.Près de 600 touristes ont ainsi vu surgir le monstre des eaux noires du Loch Ness, au centre de l'Ecosse, et beaucoup d'entre eux, filmés par la Five pour un documentaire qu'elle diffusera le 28 août, sont visiblement repartis persuadés de l'existence du fameux animal.
"Nessie" n'était pourtant qu'une machine en fibres de carbone et polyuréthane née dans les studios de Crawley Creatures, une petite société installée dans le Buckinghamshire, à l'ouest de Londres. Jez Harris, le patron de cette entreprise spécialisée dans les effets spéciaux, avait notamment travaillé avec Hollywood pour donner vie au personnage de Jabba le Hutt dans la série "La guerre des étoiles".
"Cette expérience montre en fait que les gens veulent croire aux mythes", a expliqué un porte-parole de la Five.
"Beaucoup de touristes américains ont été très impressionnés et certains y ont cru, d'autres ont pensé qu'il s'agissait d'une attraction prévue pour la promenade", a raconté de son côté Ronald Mckenzie, le patron des Royal Scot Boat Cruise, une compagnie qui organise des promenades en bateau sur le lac, à la recherche du monstre.

12 août 2005

Malaisie, des prières contre les feux

En Malaisie, la pollution atmosphérique perturbe la vie des habitants de la péninsule. L’air est saturé de fumée provenant de feux allumés en Indonésie pour défricher, feux devenus incontrôlables. Les responsables religieux ont demandé aux Malaisiens de prier pour que la pluie tombe et rabatte les fumées.

Des prières ont été dites vendredi dans les mosquées de Malaisie pour que la pluie tombe et dissipe les fumées. Elles proviennent de feux de forêts allumés en Indonésie pour défricher, feux devenus incontrôlables. Le Premier ministre Abdullah Ahmed Badawi avait demandé aux musulmans, mais aussi aux chrétiens, aux bouddhistes, et aux hindous de son pays de prier leurs dieux pour faire tomber la pluie.

Depuis une semaine, un nuage de fumée recouvre une grande partie de la péninsule malaisienne. Vendredi, la situation s’est améliorée sur la côte mais le trafic dans le détroit de Malacca a été perturbé par le manque de visibilité. Des liaisons aériennes ont été suspendues. Vendredi, l’indice de pollution est retombé à 314 points après avoir franchi la barre des 500. La cote 300 est considérée comme le seuil dangereux. A 500 points, l’état d’urgence est automatiquement instauré.


Si cet épisode peut prêter à sourire, on peut se poser la question de savoir ce qui différencie un tel acte de foi de celui d'un chrétien, juif ou musulman vivant en Occident et priant dans son église, temple, synagogue ou mosquée afin d'intercéder auprès de son dieu. Qu'il s'agisse de prier pour voir tomber la pluie, avoir la santé, voir un de ses proches guérir ou réussir un examen, etc... l'acte même de demander une faveur à un être surnaturel, "très puissant", immortel et invisible est identique dans son irrationalité.

L'Occident aura donc beau jeu de se gausser de ces "sauvages" s'adonnant à une forme édulcorée de la "danse de la pluie", mais rien ne les distinguent, dans le fond, aux croyants occidentaux agenouillés et parlant à voix basse à un être imaginaire pour lui quémander quelque service, si ce n'est l'objet de leur requête.

La seule nuance notable pourrait, à la limite, venir de ce que le prieur occidental a quelque peu repoussé le caractère irrationnel de son acte au-delà des nuages. Et ceci, il le doit surtout à la "science des phénomènes atmosphériques et des variations du temps", la météorologie. Il tient désormais pour acquis que les causes de la pluie et de l'orage sont moins étranges qu'elles pourraient paraître. Un simple déplacement des compétences divines en somme, mais qui redeviennent bien vite terre-à-terre dès lors que les causes, les événements et leurs probabilités lui échappent de nouveau.

Psychic's crystal ball burns down his flat in unforeseen blaze

By Alan Hamilton

IF HERVE VANDROT, a French amateur psychic, took out a warranty on his crystal ball, he may soon be claiming on it. Instead of predicting that his flat would catch fire, the fortune-telling device was the cause of the blaze.
M Vandrot, 24, who is studying botanics at Edinburgh University, left the ball on his windowsill while he visited the city’s Royal Botanic Garden. By the time he returned, the ball had destroyed his own and two other flats, and had left several others uninhabitable.
The student, who uses the ball for psychic purposes, suffered blistering to his hand when he burst into his burning top-floor flat in the city’s Marchmont area in an effort to rescue his university course work. He was removed from the building by some of the 35 firefighters who had arrived to tackle the unforeseen inferno.
Marchmont’s streets of elegant Victorian tenements are popular with students. M Vandrot had moved in only two weeks ago.
M Vandrot, released from hospital after a night having his hand treated, denied that his crystal ball had been the cause of the blaze. “I don’t think it is capable of doing that. I think it was an electrical fault; the plug of my computer was melted.”
Edinburgh’s firefighters disagreed, and roundly blamed the ball. “Strong sunlight through glass, particularly if the glass is filled with liquid like a goldfish bowl, concentrates the sun’s rays and acts like a magnifying glass,” a spokesman said. The fire had been started by the ball concentrating a ray of sunshine on a pile of washing, he said.
One of M Vandrot’s friends, who was helping him to sift through the debris yesterday, said: “I don’t think it was the crystal ball. I have had crystal balls on my windowsills for years and nothing happened.”
One neighbour said: “I think he and his friends are all into fortune-telling and crystal-healing stuff. But I didn’t realise the crystals could have that effect. It was a terrible night for us.”


Un voyant qui ne voit pas l'incendie de son propre appartement dans sa boule de cristal, et dont l'outil de travail est lui-même dangereux, ne préfigure rien de bon !

11 août 2005

Cancers et leucémies infantiles: la pollution automobile accusée

PARIS (AFP) - Les cancers de l'enfant sont fortement liés à la pollution de l'air par les gaz d'échappement des moteurs d'autos, camions et autres véhicules auxquels femmes enceintes ou bébés ont pu être exposés, selon une étude britannique publiée jeudi, qui épingle surtout les moteurs diesel.Le monoxyde de carbone et le butadiène-1,3, issus des gaz d'échappement, en particulier des moteurs diesel, figurent parmi les principaux coupables, selon l'étude qui paraît dans la revue médicale britannique Journal of Epidemiology and Community Health.
"Le résultat le plus frappant est la concentration extraordinaire de cancers dans une zone située à 300 mètres de gares routières ou d'autobus", souligne l'équipe du Pr George Knox (Université de Birmingham).
Etre exposé à ces gaz ou au monoxyde de carbone et vivre à moins de 500 mètres d'une gare routière multiplie par 12 le risque pour un enfant de décéder d'un cancer, précise le Pr Knox, relevant que le monoxyde de carbone n'est généralement pas considéré comme cancérogène, contrairement au butadiène-1,3, encore appelé vinyléthylène.
Ce professeur émérite de l'université de Birmingham, qui avait déjà réalisé plusieurs études sur quelque 22.500 enfants décédés de leucémie ou de cancer entre 1953 et 1980 en Grande-Bretagne, a pu retrouver les anciennes adresses de plus de 12.000 d'entre eux, nés après 1954, sur lesquels portent les travaux publiés jeudi.
En comparant leurs lieux de résidence avec des cartes indiquant les niveaux de pollution atmosphérique, les chercheurs ont constaté que les enfants vivant à moins d'un kilomètre d'une source importante de pollution (gares routières et autres centres importants de transports, hôpitaux, installations de stockage de produits pétroliers ...) avaient un risque accru de mourir d'un cancer.
Ce risque augmente également pour les enfants vivant ou dont les mères ont vécu pendant la grossesse à environ 300 mètres d'un point local d'émissions de polluants (monoxyde de carbone, particules, oxydes d'azote, butadiène-1,3, benzène, dioxines, benzopyrène, composés organiques volatiles).
Les auteurs invitent à mieux contrôler les effluents produits par les moteurs à combustion interne, "en particulier les moteurs diesel des autobus, camions et locomotives". Ils recommandent aussi une surveillance "plus fine et fréquente du butadiène-1,3 en particulier", en veillant à fixer des doses limites, y compris sur les lieux de travail, permettant de protéger les enfants à naître.
Une étude réalisée dans quatre villes françaises (Nancy, Lille, Lyon et Paris) et portant sur 280 cas de leucémie aiguë d'enfants, avait suggéré, l'an dernier, que vivre près d'un garage ou une station-service pourrait quadrupler le risque de leucémie infantile.
Le risque semblait augmenter avec la durée d'exposition, selon les chercheurs de l'Inserm (recherche médicale) dont les travaux avaient été publiés en septembre 2004 dans la revue Occupational and Environmental Medicine.


On peut difficilement douter des effets négatifs de la pollution industrelle et citadine. Il est par contre difficile d'incriminer tel ou tel facteur, la proximité de centres de transports favorisant d'autres pollutions. Il s'agit encore ici de corrélations et non de causalités. Une seule chose est sûre: réduire la pollution ne fera pas beaucoup de mal.