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03 juillet 2009

Trois académies défendent la qualité de l'eau du robinet

Maxisciences

France - Après la mise en garde du Dr David Servan-Schreiber quant aux risques que présenterait l'eau potable pour les personnes atteintes d'un cancer, l'Académie nationale de médecine, l'Académie nationale de pharmacie et l'Académie de l'eau s'élèvent contre ce qu'elles estiment être "un déni de la science".

Les recommandations de David Servan-Schreiber sont "un déni de la science, un mépris de la médecine et une atteinte au respect des patients" ont déclaré dans un communiqué les trois académies.
Le Dr David Servan-Schreiber avait publié mardi un texte signé par le WWF, plusieurs oncologues et des épidémiologistes, conseillant aux personnes fragilisées par un cancer de préférer l'eau minérale en bouteille à l'eau du robinet afin d'éviter une trop grande exposition à un taux de nitrate élevé.

Selon les trois académies concernées par la question de la qualité de l'eau et de la santé, "les risques potentiels de l'eau potable dans la survenue éventuelle de cancers et l'aggravation de l'état des personnes atteintes de cancer ne reposent que sur des hypothèses". Et d'ajouter que l'eau est "un des composants les plus surveillés, les plus sains et les plus sûrs de notre alimentation". Affirmer que l'eau du robinet présente un risque pour la santé "relève de l'imposture" estiment les signataires du communiqué.

La Direction générale de la santé a elle aussi réagi au texte publié à l'initiative de David Servan-Schreiber affirmant que l'eau du robinet pouvait être consommée sans inquiétude.


Par contre, on peut consommer les affirmations de David Servan-Schreiber avec beaucoup de modération.

13 février 2008

Vaccin contre l'hépatite B et sclérose en plaques : les inquiétudes de l'Académie de médecine

Par Destination Santé - « Les craintes à l'égard de la vaccination (contre l'hépatite B) sont injustifiées » réaffirme l'Académie nationale de Médecine, alors qu'une « campagne médiatique sur les effets adverses de la vaccination contre l'hépatite B se développe à nouveau en France ». L'Académie insiste encore sur « l'absence d'imputabilité (à la vaccination) dans la sclérose en plaques (SEP) chez les enfants et adolescents ». Données à l'appui.

Au cours des six dernières années, un total de « huit études nationales et internationales ont démontré l'absence de relation statistiquement significative entre la SEP et la vaccination contre l'hépatite B », rappellent les Académiciens.

« En 2002 déjà, l'évaluation du rapport bénéfices/risques du vaccin faite par l'Institut de Veille sanitaire (InVS), dans une cohorte d'adolescents et d'adultes à risque montrait que le nombre de porteurs chroniques du virus, de cirrhoses et de cancers du foie évité par la vaccination était très supérieur à celui des éventuels effets secondaires (qui lui sont) imputés ».

L'académie craint que cette « campagne médiatique » ne réveille « l'inquiétude des médecins vaccinateurs et des personnes à vacciner ». Et surtout elle redoute des conséquences dramatiques en termes de santé publique.

Elle rappelle en effet que la couverture vaccinale du nourrisson et de l'enfant demeure très faible en France (25%) contrairement aux autres pays européens et du continent nord-américain. « En 2003-2004, on observait 600 nouveaux cas d'hépatites B annuels, dont la moitié auraient pu être évitée si les recommandations de vaccination avaient été suivies », souligne-t-elle.

« Les craintes à l'égard de la vaccination vont encore aggraver cette situation ». D'autant, comme il convient de le rappeler, que l'hépatite B est à l'origine de près de 10% des transplantations hépatiques en France, que dans 20% des cas, elle évolue vers une cirrhose. Sans oublier enfin que d'après les chiffres de l'OMS, cette maladie est à l'origine de 60% à 80% des cancers primitifs du foie.

Source : Académie nationale de Médecine, 12 février 2008, Institut de Veille sanitaire (InVS), OMS


Les aberrations dues au terrorisme médiatique des adeptes de l'anti-vaccination continuera à faire des victimes innocentes. On se prendrait à souhaiter que la sélection naturelle soit plus rapide.

11 juin 2007

Testostérone : une hormone qui fourre son nez dans notre espérance de vie !

Par Destination Santé

« Chez les hommes de plus de 50 ans, une baisse anormale du taux de testostérone est susceptible d'augmenter le risque de mortalité ». En revanche, une supplémentation en testostérone n'a pas permis de diminuer ce risque.

C'est la conclusion d'un travail américain qui a englobé près de 800 patients. Le Pr Gail Laughlin et son équipe (University of California, Sans Diego) ont analysé les dossiers de 795 patients de sexe masculin qui tous, avaient participé dans les années 1970 à une vaste étude épidémiologique. L'objectif était de déterminer si une baisse particulièrement importante de leur taux de testostérone -l'hormone sexuelle masculine- avait pu influer sur leur espérance de vie.

Résultat « sur 18 ans, les hommes présentant les baisses de taux les plus prononcées ont eu un risque de mortalité plus élevé que la moyenne », précise Gail Laughlin. Un sur-risque qui peut monter jusqu'à… 33% dans certains cas. En revanche et c'est peut-être là le plus intéressant, la supplémentation hormonale en testostérone n'a entraîné « aucune » diminution de ce sur-risque. D'autres travaux seront donc nécessaires pour lever le voile sur l'influence exacte de la testostérone sur l'espérance de vie des plus de 50 ans.

Source : The Endocrine Society' ENDO 07 Research Summaries Book, 5 juin 2007


Voici un exemple de 'surprise' que peut provoquer la confusion entre corrélation et causalité. La baisse anormale de la testostérone est corrélée à un risque de surmortalité. Si la baisse de l'hormone était liée causalement à cette surmortalité, la supplémentation de testostérone résoudrait le problème. Or, ce n'est pas le cas. Il y a donc un ou plusieurs facteurs inconnus, qui provoquent cette baisse de la testostérone et qui eux sont liés causalement à la surmortalité observée. Mais ce n'est pas une supplémentation de testostérone qui règlera le problème réel.

21 mars 2007

Une infirmière, tombée malade après un vaccin, gagne en justice au Conseil d'Etat

PARIS (AFP) - Le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative, a donné raison dans un arrêt rendu public mardi à une infirmière de l'hôpital de Sarreguemines (Moselle) voulant faire admettre en accident du travail une sclérose en plaques (SEP) survenue après une vaccination obligatoire contre l'hépatite B.
Le Conseil d'Etat contraint donc son employeur, le directeur du centre hospitalier général de Sarreguemines, à réexaminer la demande de l'infirmière, Mme Nadine Schwartz, dans un délai de trois mois.

"Cette histoire n'est pas encore terminée. On va d'abord attendre les trois mois, que le directeur se positionne. Je ne veux pas partir gagnante. Mais je me bats depuis tellement d'années... j'irai jusqu'au bout", a déclaré Nadine Schwartz, une mère de deux enfants.

Plus "fatiguée", ressentant des "faiblesses" au niveau des bras ou des jambes, "surtout quand (elle fait) un peu de marche", Nadine Schwartz, qui continue à travailler, a bénéficié d'un aménagement de son poste à l'hôpital "sans quoi je n'aurais jamais pu continuer", a-t-elle indiqué.

"Si je m'écoutais, j'arrêterais. Ce n'est pas tous les jours évident, surtout depuis quelques jours, car la douleur est plus forte. Mais j'essaie quand même de faire aller", a confié Mme Schwartz.

Me Gisèle Mor, une avocate qui défend "250 dossiers de victimes" dans des affaires de vaccin anti-hépatite B, s'est pour sa part félicitée que cette décision soit "susceptible de faire jurisprudence".

"Nous allons nous en servir devant les juridictions civiles pour les personnes dont la vaccination n'était pas obligatoire, comme c'est le cas pour les soignants. Et si celles-ci ne suivent pas, nous irons devant la Cour européenne des droits de l'homme", a-t-elle déclaré à l'AFP.

"L'association des victimes REVAHB (Le Perreux sur Marne) a collecté 2.700 témoignages de gens se disant victimes du vaccin", indique Armelle Jeanpert, sa présidente. "Plus de 500 procédures sont en cours et plus de 150 personnes sont indemnisées par l'Etat (vaccin obligatoire)", précise-t-elle.

Dans ces affaires, "il y a deux poids deux mesures, selon les juridictions, administratives ou civiles, et selon que le vaccin est obligatoire ou pas", selon Mme Jeanpert.

Me Mor a indiqué vouloir porter plainte devant la Cour européenne notamment pour le cas d'une petite fille de 11 ans qui a eu une sclérose en plaques après la vaccination et dont le préjudice n'est pas reconnu, alors qu'il l'a été pour sa soeur vaccinée à l'école d'infirmière à l'âge de 20 ans qui développe la même maladie neurologique.

"C'est un problème d'égalité des citoyens", a-t-elle dit.

Face au refus de son employeur de reconnaître sa maladie professionnelle, l'infirmière de Sarreguemines, Mme Schwartz, s'était tournée vers le tribunal administratif de Strasbourg qui l'avait déboutée en 2004.

Vu l'obligation faite aux soignants de se faire vacciner contre l'hépatite B et le "bref délai" entre les symptômes et les injections, le Conseil d'Etat a retenu dans son arrêt la notion d'"imputabilité au service" et considéré que "c'est à tort que le directeur du centre hospitalier a rejeté la demande de l'intéressée."


Un mot manque à l'appel dans l'histoire: "causalité". Si c'etait le cas, la France serait le seul pays du monde où une telle causalité aurait été 'observée'. Un précédent dangereux.

06 février 2007

Fort recul des méningites à pneumocoques

Par Destination Santé

Bonne nouvelle du côté des infections invasives à pneumocoques. Leur incidence a en effet chuté de 31% entre 1998 et 2005. Selon le BEH, ce serait grâce à l'introduction du vaccin antipneumococcique dans le calendrier vaccinal en janvier 2003.

Ces infections rappelons-le, représentent en France la deuxième cause de méningites bactériennes chez l'enfant. Avant l'arrivée du vaccin, l'incidence moyenne de ces affections était de 41 cas pour 100 000 habitants. Pour l'année 2005 elle n'a été que de 28 cas pour 100 000 habitants.

« Nos résultats sont très en faveur de l'impact de la vaccination dans la diminution des infections invasives chez les enfants de moins de deux ans », soulignent les rédacteurs du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). D'où l'importance de la vaccination. « On estime que plus de 50% des enfants de moins de 1 an ont reçu une primo-vaccination complète en 2005 ». Un résultat encourageant, mais encore très perfectible…

Source : BEH, N°5, 6 février 2007


Reste à savoir comment les adeptes de l'anti-vaccination vont justifier cette amélioration de la situation entre 1998 et 2005... Meilleure alimentation ? Amélioration de la sanitation ? Nous retenons notre souffle dans l'attente de leur explication !

12 janvier 2007

Le bilinguisme permet de retarder la sénilité selon une étude canadienne

MONTREAL (AFP) - La pratique du bilinguisme permet de retarder la sénilité, selon une étude d'un institut canadien de recherche dont les résultats ont été dévoilés jeudi.
"Nous avons constaté que le fait de parler deux langues plutôt qu'une semble être associé à un retard dans le développement de la sénilité", a déclaré dans un communiqué Ellen Bialystok, professeur à l'Université York.

Les chercheurs ont découvert que, dans le groupe de 184 personnes étudiées qui étaient venues consulter pour des troubles cognitifs, des symptômes de sénilité faisaient en moyenne leur apparition à 71,4 ans chez les personnes unilingues, contre 75,5 chez celles qui sont bilingues.

Cette différence demeure même lorsque l'on tient compte du niveau d'éducation, du sexe et du milieu social ou du pays d'origine des 184 personnes étudiées.

Aucun traitement pharmacologique n'a un effet aussi spectaculaire que la pratique de deux langues, selon les chercheurs canadiens qui soulignent que ces résultats sont préliminaires.

Ceux-ci seront publiés en février dans la revue Neuropsychologia.

L'étude a été conduite par le Rotman Research Institute, un organisme de recherche associé à l'université de Toronto.


Encore un exemple de corrélation et pas nécessairement de causalité. L'étude portant principalement sur des bilingues immigrants au Canada, ils présentent une variété génétique plus grande qui les favorise peut-être vis-à-vis de certains effets de l'âge. Les auteurs de l'étude envisagent plutôt une conséquence de la "réserve cognitive", théorisée par certains neuropsychologues.

02 janvier 2007

Nutrition: les revues spécialisées, une étape vers l'anorexie?

CHICAGO (AP) - Plus les adolescentes se plongent dans des articles de journaux traitant de nutrition et de poids, plus elles risquent, à terme, de souffrir de troubles du comportement alimentaire, selon une nouvelle étude américaine publiée dans l'édition de janvier de la revue "Pediatrics".

Au bout de cinq ans environ, précise l'étude, ces jeunes filles soucieuses de leur ligne suivent des régimes draconiens, allant jusqu'à se faire vomir, un comportement absent chez les adolescentes peu friandes de ce genre de publications.

Le poids de ces adolescentes, quand elles se mettent à lire, ne semble pas avoir d'incidence, pas plus que l'importance qu'elles accordent alors à leur kilos. La prise en compte de ces deux critères n'empêche pas les chercheurs d'aboutir au même résultat: la lecture de ces articles est un bon facteur de prédiction de la survenue de troubles ultérieurs du comportement alimentaire.

Les filles qui en lisent dès le collège ont, cinq ans plus tard, deux fois plus de risque d'avoir recours, pour maigrir, au jeûne ou à la consommation de cigarettes, comparé à celles qui n'en ont jamais lu. Elles ont par ailleurs trois fois plus de risque de se faire vomir ou de prendre des laxatifs.

"Ces articles peuvent donner des conseils comme celui de supprimer les acides gras trans de l'alimentation comme les sodas, de bonnes idées pour tout le monde", relève Alison Field de l'école de médecine de Harvard, qui a réalisé des études similaires mais qui est extérieure à ce travail. "Mais le message sous-jacent de ces articles est: 'vous devriez vous intéresser à votre poids et faire quelque chose'."

Ces résultats sont le fruit d'études portant sur la mesure du poids et de la taille de 2.516 collégiens effectués en 1999 et en 2004. Environ 45% d'entre eux étaient des garçons. Seuls 14% des garçons lisaient ce genre d'articles, contre 44% des filles. Mais, au contraire de ce qui a été observé chez ces dernières, ce comportement n'avait chez les garçons aucune conséquence à terme. Il est toutefois difficile de faire la part entre le régime lui-même et les photos des mannequins pour expliquer cette différence.

Interrogés sur ces résultats, certains médecins ont estimé que les mères devraient éviter d'acquérir ce genre de publications, tout comme les médecins ne devraient pas, selon eux, les laisser dans leurs salles d'attente.

L'univers de la mode et du mannequinat est depuis longtemps la cible de critiques émanant de professionnels de la santé, pour qui la profession encourage les femmes et les filles à ressembler aux top-models poids plume des magazines et des défilés.

Le décès récent d'une jeune Brésilienne, mannequin de 21 ans, a permis de sensibiliser davantage le public à ce problème. La jeune femme d'1,72m pesait 40 kilos au moment où elle est décédée.

Sur le Net:

Académie américaine de pédiatrie: http://www.aap.org/


Encore un exemple de corrélation, à ne pas confondre avec une causalité. Difficile de dire d'après cet article si l'anorexie est causée par les lectures anxiogènes ou si une anxiété existante cause à la fois l'anorexie et la lecture d'articles en rapport avec le poids.

03 octobre 2006

L'allaitement ne contribue pas a augmenter le QI d'un enfant

LONDRES (AFP) - Nourrir son enfant au sein n'a pas d'incidence sur son intelligence, selon une étude scientifique publiée mardi, et qui souligne en revanche l'influence de la famille et du milieu social.
"L'allaitement a très peu, voire aucun effet sur l'intelligence", concluent des chercheurs dans le British Medical Journal, une revue britannique.

L'idée selon laquelle l'allaitement augmentait le QI d'un enfant est apparue dès 1929 dans les revues scientifiques.

La dernière étude montrerait que l'éventuel écart de QI n'est pas dû à l'allaitement, mais au profil sociologique des mères qui allaitent et à l'environnement familial.

Les chercheurs se sont rendus compte que les mères qui allaitent appartiennent à des milieux plus aisés et plus éduqués, au sein desquels l'intelligence de l'enfant est plus stimulée.

Leur méthode s'appuie sur des études comparatives menées sur deux enfants d'une même famille, l'un nourri au sein et l'autre pas: "C'est la meilleure façon d'obtenir des résultats qui ne soient pas affectés par la variable familiale, on voit alors que l'enfant nourrit au sein n'est pas plus intelligent", selon Goeff Der, un staticticien qui a dirigé l'enquête.

La recherche menée par des chercheurs du Medical Research Council et de l'Université d'Edimbourg exploite des données collectées aux Etats-Unis, qui concernent 5.475 enfants nés entre 1979 et 1994 et 3.161 mères.


Exemple typique du risque qu'il y a à confondre corrélation et causalité. Il y a bien corrélation ici -- les enfants nourris au sein ont bien un QI plus élevé -- mais l'allaitement n'en est pas la cause. La variable cachée est le fait que les mères allaitantes ont statistiquement un meilleur profil sociologique que les non-allaitantes.

14 septembre 2006

Entretiens de bichat. Santé. Deux chercheuses font le point sur les édulcorants, riches en idées reçues.

Souvent accusé, le faux sucre est blanchi
Par Emmanuelle PEYRET, Libération

Thema d'importance mardi matin aux entretiens de Bichat à Paris, après des mois d'été arrosés aux sodas light et autres barres glacées sucrées aux édulcorants. Ceux-ci, diversement accusés de tous les maux, entre autres de flanquer le cancer ou de faire grossir, furent disséqués par France Bellisle, chercheuse à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) et Dominique Parent-Massin, professeure de toxicologie alimentaire à l'université de Brest. Le point sur quelques idées reçues.

Ça désorganise l'organisme
Quand on ingère du sucre, le pancréas, bon gars, sécrète illico de l'insuline. Du coup, depuis des années, circule la rumeur, abondamment relayée par les diététiciens, les magazines féminins et ta meilleure copine, qu'en absorbant un truc sucré à l'édulcorant, on va leurrer le corps qui va prendre le produit sans calorie pour du sucre, donc sécréter de l'insuline comme avec tout produit sucré, et du coup le corps réclamerait du sucre. Donc l'édulcorant appellerait le sucré et, partant, ferait prendre du poids. Pas du tout, rétorque la chercheuse à l'Inra, «le pancréas ne se trompe pas avec un Coca light et le cerveau non plus». La preuve par l'imagerie cérébrale, «qui n'était pas au point avant l'an dernier», poursuit France Bellisle. En 2005, «on a proposé quatre stimuli au cerveau : eau pure, glucides au goût non sucré, qu'on appelle des maltodextrines, eau avec de l'édulcorant, eau sucrée. L'hypothalamus n'a réagi qu'à cette dernière». Non, les édulcorants n'appellent pas le sucré, conclut la chercheure à l'Inra.

Ça fait maigrir
Il n'y a pas de magie, explique France Bellisle, l'édulcorant en soi ne fait maigrir personne. En revanche, dans le cadre d'un régime, si l'édulcorant signifie réduction de sucre (en clair, si tu ne compenses pas la sucrette dans le café par une religieuse) alors oui, on perd du poids. Question de bon sens. Une quinzaine d'études ont été menées sur le rapport entre édulcorant et perte de poids. Quand il y a réduction d'environ 10 % des apports énergétiques quotidiens en recourant aux édulcorants, ça représente, chez quelqu'un qui ingère en moyenne 2 200 calories par jour, une économie de 220 calories. Soit environ 200 g par semaine. Cela dit, pas besoin d'édulcorants : il suffit de supprimer le sucre.

C'est cancérigène
Cette rumeur, que l'on entend depuis des années, a été relancée l'an dernier par une étude italienne effectuée par une fondation privée, mais contredite par les conclusions de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). En mai, rappelle la toxicologue Dominique Parent-Massin, l'Efsa, a conclu que cette étude ne comportait pas de données significatives et qu'elle n'était pas recevable. L'Efsa a confirmé la dose journalière acceptable, calculée selon «des protocoles établis rigoureusement, soit la dose sans effet chez l'animal le plus sensible divisée par cent» : soit 40 mg par jour et par kilo. Ce qui représente 30 canettes de soda light, ou une centaine de sucrettes par jour. Un bémol cependant à ce chant d'amour pour l'édulcorant : les études ne sont menées que sur les animaux.


Qu'on se rassure, ça n'empêchera pas les enragés du tout 'naturel' de prétendre que tous leurs maux ont été provoqués par ce diabolique ingrédient. Lorsque toute maladie est vécue comme une injustice et non une fatalité, il faut bien lui trouver une 'cause' pour donner du sens à ce qui nous arrive. Quitte à l'inventer.

05 septembre 2006

Une exposition élevée aux champs magnétiques semble accroître le risque d'Alzheimer

Presse Canadienne - Une exposition à une charge électromagnétique élevée peut à long terme augmenter le risque de contracter la maladie d'Alzheimer. C'est ce qui ressort d'une étude de l'Université de Berne sur la mortalité des employés des chemins de fer suisses, a annoncé lundi l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Afin de déterminer si les champs électromagnétiques basse fréquence représentaient un risque pour la santé, les chercheurs de l'Université de Berne ont analysé les causes de 5.413 décès parmi les 20.000 employés des Chemins de fer fédéraux suisses (CFF) entre 1972 et 2002, en tenant compte du degré d'exposition aux charges magnétiques dans le cadre de leur métier.

Il en ressort que le risque de contracter la maladie d'Alzheimer est plus élevé chez les conducteurs de locomotive, le groupe le plus exposé aux champs magnétiques. Sur 1.644 décès analysés depuis 1995, 14 cas d'Alzheimer ont été diagnostiqués dans ce groupe.

On ignore cependant la façon dont les champs magnétiques influent sur le risque de contracter la maladie d'Alzheimer et il n'est pas exclu que d'autres facteurs contribuent à augmenter ce risque, souligne l'OFSP. Le personnel d'accompagnement n'est pas concerné, ni, par conséquent, les passagers.

Aucun lien n'a en revanche été établi entre l'exposition aux champs magnétiques et les autres causes de décès étudiées, comme la démence, le cancer ou la maladie de Parkinson. Le risque élevé de leucémie constaté autrefois n'apparaît par ailleurs plus de manière significative.

Une étude menée dans les années 1990 par l'Université de Berne avait constaté qu'entre 1972 et 1993, le taux de mortalité par leucémie des employés CFF fortement exposés aux champs magnétiques était plus élevé que celui des groupes professionnels moins exposés. Sur mandat de l'OFSP et de l'Office fédéral des transports, l'étude a été élargie en se fondant sur une meilleure saisie des expositions et sur une période d'examen plus étendue.



Où une étude chasse les conclusions d'une autre, dès lors qu'est mieux maitrisée l'erreur souvent rencontrée entre corrélation et causalité.

05 juillet 2006

Measles Mumps Rubella and mercury-based immunizations cleared as causes of autism

Montreal 4 July 2006 -- Pervasive developmental disorders (PDD) like autism and Asperger Syndrome have been on the rise for years. Measles Mumps Rubella (MMR) vaccines and thimerosal–containing vaccines (which are approximately 50 percent ethylmercury) have been suggested as possible causes. A new MUHC study published in the scientific journal Pediatrics tomorrow, assesses the link between childhood immunizations and PDD in 28,000 Quebec children and finally clears MMR vaccines and thimerosal–containing immunizations as risk factors.

"There is no relationship between the level of exposure to MMR vaccines and thimerosal–containing vaccines and rates of autism," says Dr. Eric Fombonne, Director of Pediatric Psychiatry at The Montreal Children's Hospital of the MUHC and lead investigator of the new study. Thimerosal was used to prevent bacterial and fungal contamination in the manufacture of various vaccines until its elimination from vaccine formulas in 1996 in Quebec. "According to our data, the incidence of autism was higher in children who were vaccinated after thimerosal was eliminated from vaccines," says Dr. Fombonne.

"In the past, concern about a potential link between MMR vaccinations and autism led some parents to take the drastic step of refusing to inoculate their children against dangerous childhood diseases like measles," says Dr. Fombonne. "This action resulted in resurgence of the measles, which caused the deaths of several young children in Europe." Dr. Fombonne's study indicates that autism rates continued to increase even with reductions in the use of MMR vaccinations. "We hopes this study will finally put to rest the pervasive belief linking vaccines with developmental diseases like autism," says Dr. Fombonne.

Autism is a neuropsychiatry disorder that impairs a child's ability to communicate and interact with others. The prevalence is about 65 cases per 10,000 people (about 1 child in 155) making autism one of the most common childhood disorders. The Psychiatry Department at The Montreal Children's Hospital sees about 350 new cases of autism each year. However, Dr. Fombonne stresses that there is no demonstrated autism epidemic. He attributes the rise in autism rates to a broader definition of autism and greater awareness of the disorder.


Si on suivait le 'raisonnement' des adeptes de l'anti-vaccination, il faudrait remettre du thimerosal dans les vaccins pour faire diminuer les cas d'autismes (puisque l'enlever a 'provoqué' une augmentation des cas). On voit ici toute la vacuité intellectuelle des confusions entre corrélation et causalité, ainsi que l'importance de lutter contre ceux qui répandent des rumeurs faisant perdre du temps aux scientifiques et gaspillent l'argent de la Recherche.

19 janvier 2006

Wine drinkers have healthier diets than beer drinkers

Food buying habits of people who buy wine or beer: Cross sectional study BMJ online first.

People who buy wine also buy healthier food and therefore have healthier diets than people who buy beer, finds a study published online by the BMJ today.

Studies have shown that drinking wine is associated with lower mortality than drinking beer or spirits. Some studies have also suggested that wine drinkers have healthier diets than beer or spirits drinkers, and this may explain wine's beneficial effect on health.

To study this theory, researchers in Denmark investigated the link between the purchase of beer and wine and various food items from supermarkets.

They analysed 3.5 million transactions chosen at random from 98 outlets of two large Danish supermarket chains over a six month period (September 2002 to February 2003).

Customers were categorised as "wine only," "beer only," "mixed," or "non-alcohol" buyers. Details of items bought, the number and price of the items, and the total charge for each customer's transaction were recorded.

They found that wine buyers bought more olives, fruit and vegetables, poultry, cooking oil, and low fat cheese, milk, and meat than beer buyers. Beer buyers bought more ready cooked dishes, sugar, cold cuts, chips, pork, butter or margarine, sausages, lamb, and soft drinks than wine buyers.

These results indicate that people who buy (and presumably drink) wine purchase a greater number of healthy food items than those who buy beer, say the authors. They also support findings from the United States, Denmark, and France showing that wine drinkers tend to eat fruit, vegetables, and fish and use cooking oil more often and saturated fat less often than those who prefer other alcoholic drinks.

The health benefits of drinking wine may be due to specific substances in wine or to different characteristics of people who drink other types of alcohol, they add. Thus, it is crucial that studies on the relation between alcohol intake and mortality adjust for other lifestyle factors such as drinking patterns, smoking, physical activity, education, or income.



Comme quoi, il est toujours délicat et dangereux de tirer des conclusions, notamment causales, à partir d'une simple corrélation.

05 janvier 2006

Soda-Cancer Link Revealed as Myth

Despite what many may have heard, drinking soda does not increase the risk of developing esophageal cancer. In fact it might protect against it, a new study finds.
Cases of cancer affecting the esophagus, the muscular tube linking the mouth and stomach, in the United States have more than tripled since the 1970s. And in the past 50 years, Americans have increased their annual consumption of carbonated soft drinks nearly five-fold, from 10.8 gallons in 1946 to a whopping 42.2 gallons in 2000.
The two trends are strongly correlated and in 2004, Indian researchers suggested they might be linked. But as any scientist will tell you, apparent correlations do not necessarily mean connections.
The idea of a link between drinking too much soda and developing cancer is rooted on biological logic, however. Carbonated soft drinks are known to cause gastric distension that might affect the lower part of the esophagus. They have also been associated with nighttime heartburn, a known risk factor for a type of esophageal cancer known as esophageal carcinoma.
The new study is the first to actually test the hypothesis.
Susan Mayne, a cancer epidemiologist at the Yale University School of medicine, and colleagues studied 1,095 cancer patients and compared them to 687 healthy control subjects. They conducted full dietary interviews and compiled data on how much regular and diet soda each subject drank.
The researchers found that soda drinkers were actually less likely to develop esophageal carcinoma. Furthermore, when the researchers separated subjects who drank mostly regular soda versus diet soda, they found that the latter group had a 53 percent lower risk of developing the cancer.
The researchers warned against chugging diet soda as a ward against cancer, however, since it carries its own health risks, such as damaging tooth enamel.
The study was detailed in the Jan. 4 issue of the Journal of the National Cancer Institute.


Un grand classique de la confusion entre corrélation et causalité.

02 décembre 2005

Étude : Les micro-ondes affectent l’humeur

Un psychiatre australien met en garde les populations en soulevant le danger que présente le «smog» électromagnétique émanant des appareils cellulaires et des fours à micro-ondes car selon lui, ces ondes pourraient être responsables d’un effet dépressif sur l’humeur des gens en général.
Michael Berk, de l’Université de Melbourne, affirme avoir trouvé un lien entre le taux de suicide et l’augmentation de tempêtes géomagnétiques déclenchées par les éruptions solaires.
Il a remarqué qu’à chacune de ces tempêtes solaires, plus d’Australiens ont manifesté le désir de s’enlever la vie. Ce qui semble contradictoire, puisque les humains en général devraient en fait s’être acclimatés au Soleil.
Le professeur Berk, qui traite des patients souffrant d'un trouble bipolaire, a analysé les suicides en Australie de 1968 à 2000 et en a associé les données à celles des éruptions solaires.
Si les conclusions de ce chercheur s’avéraient fondées, les effets en seraient dévastateurs sur la perception que nous avons de notre technologie moderne en générale, lourdement dépendante de l’énergie électromagnétique. Se servir de son cellulaire pourrait être considéré déprimant et réchauffer sa pizza au four à micro-ondes, perçu comme un geste aux conséquences suicidaires.
Il s'agit cependant peut-être beaucoup plus que d'un phénomène de perception, alors que ce chercheur et d'autres avant lui ont conclu à l'effet nocif de l'exposition à des champs électromagnétiques.
Mis à part le ton facétieux adopté par le journaliste du Inquirer, le fait demeure que depuis des années, les études à ce sujet se succèdent avec des conclusions contradictoires, dépendant de qui les commandent et les commanditent. À suivre avec intérêt.


On comprend le scepticisme du journaliste lorsqu'on a compris la différence entre corrélation et causalité.

13 octobre 2005

Le cerveau réagit à la violence dans les jeux vidéo

Par Bruno Cormier
Selon des chercheurs de l'Université de l'Etat du Michigan, la violence que le cerveau perçoit dans les jeux vidéo fait réagir le joueur, même inconsciemment.
Les chercheurs ont mené l'étude sur 13 sujets masculins devant le jeu « Tactical Ops: Assault on Terror ». Un appareil à résonance magnétique (IRM) enregistrait les activités du cerveau tendis que le joueur jouait à la gueguerre virtuelle contre les terroristes.
11 des 13 cobayes ont été sujets à d'importants effets observés sur le cerveau. Le jeu stimulait le cerveau en le poussant à avoir une activité cérébrales typique des pensées aggressives. « Il y a un lien de cause à effet entre le fait de jouer à un jeu de tir à la première personne et les activités du cerveau, considérées comme typiques des pensées aggressives » explique Rene Weber, un des responsables de recherche. Il conclue ainsi : « Les jeu vidéo violents ont souvent été critiqués pour provoquer des réactions agressives et un comportement violent du joueur. D'un point de vue neurobiologique, nous avons montré que ce lien existe. »
Les 13 cobayes étaient tous allemands, de 18 à 26 ans, et jouent chacun 15 heures par semaine en moyenne. Les résultats de l'étude devraient apparaître en 2006 dans un rapport complet. Pour ce qui est de l'agressivité d'un joueur devant un jeu vidéo, c'est aux manettes qu'il faut demander de témoigner, et pas forcément besoin d'un FPS pour faire effet, un simple jeu de sport suffit... A quand une loi contre les jeux sportifs interdits aux moins de 18 ans ?


Cette étude paraît bien mal faite pour déduire quoi que ce soit. Les décharges d'adrénalines sont liées logiquement aux jeux qui demandent une rapidité de réaction, par exemple. De là à en déduire que ces jeux rendent violents, il y à de la marge. Dans ce cas, il n'y aurait pas que les jeux mais tout le sport pratiqué ou regardé à la télévision, sans compter les films d'horreur, etc.

26 août 2005

Les cancers n'auraient rien à voir avec la dépression et la fatigue

Non, dépression et fatigue n'augmentent pas les risques de cancer. Une équipe danoise met ainsi les points sur les "i", tordant le cou à des idées reçues qui ont la vie dure. Et pour cela, les auteurs ont employé les grands moyens.

Le Dr Corinna Bergelt et ses collègues de la Danish Cancer Society à Copenhague, ont interrogé par questionnaire plus de 8 500 personnes âgées de 21 à... 94 ans ! Un "échantillon" considérable si on le rapporte aux 5,4 millions de Danois. Or leur travail n'a pas permis de mettre en lumière de nouveaux facteurs de risque de cancers.

"Les résultats de cette vaste étude prospective ne permettent pas d'accréditer l'hypothèse selon laquelle la dépression et la fatigue augmenteraient le risque de développer un cancer. Il n'existe donc aucun lien entre ces facteurs" a déclaré Corinna Bergelt dans la revue Cancer.

Sources: Cancer, 8 août 2005

11 août 2005

Cancers et leucémies infantiles: la pollution automobile accusée

PARIS (AFP) - Les cancers de l'enfant sont fortement liés à la pollution de l'air par les gaz d'échappement des moteurs d'autos, camions et autres véhicules auxquels femmes enceintes ou bébés ont pu être exposés, selon une étude britannique publiée jeudi, qui épingle surtout les moteurs diesel.Le monoxyde de carbone et le butadiène-1,3, issus des gaz d'échappement, en particulier des moteurs diesel, figurent parmi les principaux coupables, selon l'étude qui paraît dans la revue médicale britannique Journal of Epidemiology and Community Health.
"Le résultat le plus frappant est la concentration extraordinaire de cancers dans une zone située à 300 mètres de gares routières ou d'autobus", souligne l'équipe du Pr George Knox (Université de Birmingham).
Etre exposé à ces gaz ou au monoxyde de carbone et vivre à moins de 500 mètres d'une gare routière multiplie par 12 le risque pour un enfant de décéder d'un cancer, précise le Pr Knox, relevant que le monoxyde de carbone n'est généralement pas considéré comme cancérogène, contrairement au butadiène-1,3, encore appelé vinyléthylène.
Ce professeur émérite de l'université de Birmingham, qui avait déjà réalisé plusieurs études sur quelque 22.500 enfants décédés de leucémie ou de cancer entre 1953 et 1980 en Grande-Bretagne, a pu retrouver les anciennes adresses de plus de 12.000 d'entre eux, nés après 1954, sur lesquels portent les travaux publiés jeudi.
En comparant leurs lieux de résidence avec des cartes indiquant les niveaux de pollution atmosphérique, les chercheurs ont constaté que les enfants vivant à moins d'un kilomètre d'une source importante de pollution (gares routières et autres centres importants de transports, hôpitaux, installations de stockage de produits pétroliers ...) avaient un risque accru de mourir d'un cancer.
Ce risque augmente également pour les enfants vivant ou dont les mères ont vécu pendant la grossesse à environ 300 mètres d'un point local d'émissions de polluants (monoxyde de carbone, particules, oxydes d'azote, butadiène-1,3, benzène, dioxines, benzopyrène, composés organiques volatiles).
Les auteurs invitent à mieux contrôler les effluents produits par les moteurs à combustion interne, "en particulier les moteurs diesel des autobus, camions et locomotives". Ils recommandent aussi une surveillance "plus fine et fréquente du butadiène-1,3 en particulier", en veillant à fixer des doses limites, y compris sur les lieux de travail, permettant de protéger les enfants à naître.
Une étude réalisée dans quatre villes françaises (Nancy, Lille, Lyon et Paris) et portant sur 280 cas de leucémie aiguë d'enfants, avait suggéré, l'an dernier, que vivre près d'un garage ou une station-service pourrait quadrupler le risque de leucémie infantile.
Le risque semblait augmenter avec la durée d'exposition, selon les chercheurs de l'Inserm (recherche médicale) dont les travaux avaient été publiés en septembre 2004 dans la revue Occupational and Environmental Medicine.


On peut difficilement douter des effets négatifs de la pollution industrelle et citadine. Il est par contre difficile d'incriminer tel ou tel facteur, la proximité de centres de transports favorisant d'autres pollutions. Il s'agit encore ici de corrélations et non de causalités. Une seule chose est sûre: réduire la pollution ne fera pas beaucoup de mal.

18 mai 2005

Pour gagner, mieux vaut mettre du rouge

PARIS (AFP) - Les sportifs dont la tenue est rouge ont un avantage par rapport à leurs adversaires, rapporte une étude publiée dans la revue britannique Nature à paraître jeudi. Les résultats de quatre disciplines inscrites aux Jeux Olympiques de 2004, comportant deux adversaires et dont la couleur de la tenue est attribuée au hasard - boxe, tae kwon do, lutte gréco-romaine et lutte libre - ont été examinés par les auteurs de l'article.
A niveau équivalent, ont conclu Russell Hill et Robert Barton, de l'université de Durham (Royaume-Uni), "porter du rouge est régulièrement lié à une plus haute probabilité de vaincre" face à un adversaire en bleu.
Ainsi, dans les disciplines étudiées, 16 des 21 manches ou rounds ont été gagnés par l'adversaire en rouge, et 4 par les "bleus". Les auteurs insistent sur le fait que le rouge ne fait la différence que lorsque dans tous les autres domaines les sportifs sont équivalents.
Les résultats préliminaires d'une étude sur le football semblent donner les mêmes résultats : pendant l'Euro 2004, où les joueurs portaient différentes couleurs de maillot selon les matches, les cinq équipes étudiées ont plus marqué lorsqu'elles étaient en rouge.
Les chercheurs rappellent que chez les animaux la coloration rouge est liée à un taux important de testostérone, l'hormone mâle, à une bonne santé et à l'agressivité. Il est possible, suggèrent-ils, que cette couleur agisse sur le subconscient des êtres humains et place psychologiquement l'adversaire en état d'infériorité.
Chez l'homme, notent-ils par exemple, un homme devient "rouge de colère" alors que celui qui a peur est pâle : inconsciemment, "avoir plus de rouge dans un échange agressif peut donc refléter une relative domination".
"L'implication (de cette étude) dans les règlements concernant les tenues sportives peut être importante", concluent Russell Hill et Robert Barton.


Passer en dernier dans un concours, s'habiller en rouge pour un combat, on finirait par croire qu'il ne sert à rien de s'entraîner.

22 avril 2005

Des infections en crèche diminueraient le risque de leucémie infantile

PARIS (AFP) – Les enfants ayant fréquenté d'autres bambins dans des crèches ou haltes-garderies auraient moins de risque de souffrir de la forme de leucémie la plus courante chez l'enfant, la leucémie aiguë lymphoïde, que les enfants privés de tels contacts, selon une étude publiée vendredi.
"L'interprétation la plus plausible est que cette protection résulte d'une exposition aux infections courantes", que les enfants allant en crèche ont plus de risque de contracter, concluent les chercheurs dans un article publié en ligne par la revue médicale britannique British Medical Journal.
"Un certain niveau d'exposition précoce aux infections semble important pour la santé de l'enfant", ajoutent-ils, rappelant que d'autres études ont fait état d'associations similaires entre exposition aux infections et développement d'allergies ou apparition du diabète de type 1 chez l'enfant.
Plus de 6.300 enfants sains et 3.140 enfants souffrant d'un cancer, dont 1.286 d'une leucémie aiguë lymphoïde (LAL), ont participé à cette étude. Leur mère a été interrogée sur leur éventuelle fréquentation, régulière ou non, d'une crèche ou halte-garderie avant l'âge d'un an. Il a également été tenu compte de la présence d'aînés dans la fratrie.
Ces enfants sont inclus dans une vaste étude sur le cancer de l'enfant au Royaume Uni destinée notamment à vérifier si leucémies et lymphomes peuvent être causés par des réponses anormales aux agents infectieux courants.
Au final, les résultats confirment, selon les chercheurs, "l'hypothèse selon laquelle une exposition réduite aux infections dans les premiers mois de la vie augmente le risque d'avoir une leucémie aiguë lymphoïde".
L'hypothèse d'un retard dans l'exposition aux agents infectieux comme facteur de développement de la maladie avait été formulée dès 1988 par le Pr Greaves (Institute of Cancer Research, Londres), qui participait également à la nouvelle étude publiée dans BMJ.
Les résultats sont jugés "statistiquement significatifs" aussi bien dans la tranche d'âge globale (2 à 14 ans) que dans celle plus réduite des enfants chez lesquels la maladie avait été diagnostiquée entre 2 et 5 ans.


Encore une étude qui va dans le sens d’une immunisation suite à l’exposition à une infection (attention : corrélation). Cette hypothèse renforce, s’il en était encore besoin, la nécessité des vaccinations infantiles, qui constituent elles aussi des expositions précoces à des virus atténués, stimulant le système immunitaire des enfants. La protection des vaccins pourrait donc avoir des effets protecteurs contre d’autres maladies que celles pour lesquelles ils sont conçus au départ.

28 février 2005

L'intelligence n'a rien à voir avec la taille !

Comme l'habit ne fait pas le moine, la taille du cerveau ne serait pas liée à l'intelligence.
Cette conclusion émane de neurobiologistes américains, qui ont étudié les relations entre la dimension de notre cerveau et notre niveau d'intelligence... en vain.
"Les grands cerveaux ne sont généralement pas des cerveaux particulièrement intelligents" selon le Pr William H. Calvin.
Avec son équipe de l'Université de l'Etat de Washington, à Seattle, il a parcouru l'Histoire à la recherche de liens entre morphologie du cerveau et intelligence. Résultat, "alors que le cerveau de nos ancêtres croissait –en centimètres n.d.l.r.-, leurs techniques d'outillage le faisaient à un rythme différent, plus lent." En clair, l'homo sapiens a vu sa tête prendre du poids... sans en profiter immédiatement.
Mais à long terme, l'intelligence était bien au rendez-vous. Selon les auteurs, ce serait moins la taille du cerveau qui serait fondamentale que la grande épopée humaine. C'est une succession de "petites avancées intellectuelles" qui a permis à l'être humain de développer son intelligence. Avec pour conséquence... un cerveau de plus en plus grand. Et non pas le contraire.
Pas franchement révolutionnaire, la "conclusion Calvin" a néanmoins le mérite de clarifier la situation. Oui nous sommes plus intelligents -notre cerveau est 3 fois plus volumineux- que les premiers hommes sur Terre. Mais entre hommes de même époque, la taille de la tête ne permet pas de mesurer l'intelligence.
Sources: American Association for the Advancement of Science, Washington, 18 février 2005


Encore un exemple de la différence entre corrélation et causalité. La variable explicative est l’évolution temporelle, qui a eu pour conséquence le développement de l’intelligence et l’augmentation de la taille moyenne de la population humaine.