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22 mai 2008

Attention aux huiles essentielles, dit l'Agence de sécurité sanitaire

PARIS (AFP) - L'agence de sécurité sanitaire des médicaments a invité à la prudence dans l'utilisation des huiles essentielles qui ne sont "pas dénuées de risque", tout en insistant auprès des professionnels sur la nécessité du respect des critères de qualité des matières premières, du mode d'obtention de l'huile et de sa conservation.
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Dans l'attente d'une réglementation européenne, et en l'absence de réglementation française concernant leur emploi dans les produits cosmétiques, l'Afssaps (Agence de sécurité sanitaire des produits de santé) a affirmé que les huiles essentielles devaient être utilisées "avec prudence" car elles peuvent "être toxiques et provoquer des effets indésirables du fait de leur passage à travers la peau et de leur impact sur l'organisme".

Les huiles essentielles "ne doivent pas être considérées comme des ingrédients courants mais comme des substances particulières non dénuées d'effets secondaires", a noté mercredi l'Agence.

Dans une recommandation à l'adresse des industriels producteurs d'huiles essentielles et fabricants de produits cosmétiques, l'Afssaps a souligné que le respect des critères de qualité spécifiques à chaque huile "a un retentissement sur la qualité du produit, en particulier sur son innocuité".

L'Agence a insisté en particulier sur les "critères qualité des matières premières végétales d'où sont issues les huiles essentielles (dénomination botanique, conditions de production de la plante, partie de plante utilisée, famille chimique et méthodes d'identification de la partie de plante destinée à la production de l'huile essentielle)".

Elle a aussi mis l'accent sur la nécessité de vigilance pour le mode d'obtention de l'huile, les méthodes d'analyse et les conditions de conservation et de stockage de ces produits.


Encore une occasion de rappeler que "naturel" ne veut pas dire "sans risque pour la santé", la plupart des poisons étant parfaitement "naturels". Rappelons aussi que les comportements que les tenants des médecines parallèles dénoncent chez les industriels de la pharmacie se retrouvent aussi bien chez les producteurs de poudres de perlimpipmpin et autres produits miracles: recherche du gain maximum, négligences sur la qualité des produits et les effets secondaires. Sans compter qu'il n'y a souvent aucune preuve d'un effet primaire bénéfique !

15 février 2007

Petit homme, prends garde aux huiles essentielles

L'histoire est racontée dans le New England Journal of Medicine. Aux Etats-Unis, trois jeunes garçons se sont soudainement vus pousser des seins avant même leur puberté. L'enquête a conduit les auteurs à mettre en causes des… huiles essentielles ! Explications.

Les spécialistes appellent cela une gynécomastie prépubertaire. Comme le souligne le Dr Derek Henley des National Institutes of Health (NIH), « la plupart des cas sont habituellement classés comme idiopathiques ». C'est-à-dire sans cause connue.

Les trois garçons étaient âgés de respectivement 4, 7 et 10 ans lorsqu'ils ont présenté un développement anormal de la glande mammaire. Les auteurs ont rapidement écarté l'hypothèse d'une puberté précoce, dans la mesure où « ils présentaient des taux d'hormones circulantes normaux et qu'ils étaient par ailleurs en bonne santé ».

En revanche, il s'est avéré que les trois enfants avaient tous été exposés de façon prolongée à l'application par leurs mères de produits – baumes corporels, shampooings et autres lotions – contenant des huiles essentielles. Et plus spécifiquement des huiles de lavande et de théier, du nom de cet arbuste originaire d'Asie qui donne le thé. Dans les trois cas, les effets ont disparu dans les mois qui ont suivi l'arrêt des applications.

Des études in vitro ont montré que les essences en question inter-agissaient avec les hormones masculines. A partir de quelles doses ? Des études complémentaires seront nécessaires pour répondre à cette question. En attendant, les auteurs mettent en garde contre « l'exposition répétée à ces produits ».

Source : New England Journal of Medicine, Vol.356, n°5

(Destination Santé)


Un exemple de plus de la confusion, entretenue par les vendeurs de potions, entre "naturel" et "sans danger". Comme pour tous les produits actifs, naturels ou pas, les risques d'effets secondaires non négligeables existent. Habituellement, ils sont soumis au contrôle des autorités de santé et à la prescription médicale. Mais ce contrôle coûte cher aux vendeurs de potions-miracle qui essayent de s'en défaire sous prétexte de 'naturel'.

09 juillet 2006

Sophisme "affirmer la conséquence"

Nous avons déjà vu dans ce blog quelques-uns des sophismes utilisés, à dessein ou par simple ignorance, par les tenants de croyances irrationnelles (voir les références en fin d'article).
Un autre sophisme, assez fréquent et dénotant une méconnaissance des mathématiques, consiste à affirmer la conséquence. De quoi s'agit-il ? D'un argument de la forme:
1. Si affirmation1 alors affirmation2
2. Or
affirmation2; donc affirmation1
Par exemple:
1. Si je suis un fervent catholique, alors je fréquente assidûment l'église
2. Or je fréquente assidûment l'église; donc je suis un fervent catholique
On constate qu'il s'agit d'un sophisme, car il ne fonctionne pas correctement. En effet, si je fréquente l'église, cela peut être pour des tas de raisons autres que celles d'être un fervent catholique: je peux être un spécialiste d'art médiéval, un conservateur du patrimoine, le curé peut être un ami, etc.

En mathématiques, cette erreur se résume à confondre une implication (A => B) avec une équivalence (A <=> B).

Pourtant, il est possible de déduire correctement quelque chose d'une simple implication en utilisant la négation mathématique: la négation de (A => B) est (non-B => non-A) et pas (non-A => non-B), qui correspondrait à un sophisme "négation de l'antécédent". Dans le cas de notre exemple:
1. Si je suis un fervent catholique, alors je fréquente assidûment l'église
2. Or je ne fréquente pas assidûment l'église, donc je ne suis pas un catholique fervent
On constate maintenant que la conclusion est correcte.

Dans bien des cas d'utilisation de ce sophisme, la conclusion n'est que sous-entendue afin de laisser celle-ci à la responsabilité du lecteur ou de l'auditeur. Ainsi, le Dr Jean-Pierre Willem, grand croyant en l'effet des huilles essentielles et autres fariboles, nous propose, au sujet des téléphones portables et du cancer du cerveau:
S’il y a un lien entre portable et cancer, il doit se retrouver dans les statistiques. C’est le cas. En France, le nombre de décès par tumeur maligne du cerveau, pour les deux sexes, a augmenté de 31 % en dix ans. Aux Etats-Unis, on dénombre une vingtaine d’études épidémiologiques qui ont prouvé la multiplication des tumeurs. Il devient donc de plus en plus difficile de balayer d’un revers de la main les preuves qui s’accumulent.
On voit bien la structure:
1. Si il y a un lien positif entre portable et cancer, alors le taux de cancer augmente.
2. Or, le taux de cancer augmente, donc...
Même si la conclusion n'est pas affirmée explicitement, on comprend fort bien de quel côté conclut l'auteur.

Or le taux de cancer du cerveau peut augmenter pour un tas d'autres raisons (pollution atmosphérique urbaine, exposition professionnelle à certains polluants, dopage, etc.). Impossible donc d'obtenir une conclusion logique correcte avec un sophisme pareil.

Ce qui ne permet pas non plus d'invalider l'existence d'un lien entre téléphone portable et cancer du cerveau. Mais ce n'est pas à coup de raisonnements boîteux qu'on arrivera à prouver quoi que ce soit, ce que savent parfaitement les véritables scientifiques.

Articles précédents de ce blog sur les sophismes:
Le biais d'alternance et les confusions entre corrélation et causalité.