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23 décembre 2008

Rien ne peut prévenir la gueule de bois, concluent des chercheurs

Christine Courcol, Agence France-Presse, Paris

Rien, ni l'artichaut, ni les bananes ou la figue de barbarie, ni même le Vegemite ou l'acide tolfenamique ne permet d'échapper à la gueule de bois après une soirée de fête arrosée, selon une enquête menée par des chercheurs américains.

Bouche sèche, marteau piqueur dans la tête, estomac barbouillé, muscles douloureux, vertiges, déshydratation : la gueule de bois, selon une étude datant de 1998, n'intervient pas en pleine beuverie mais commence quand le taux d'alcool dans le sang entame sa descente. Elle est à son maximum quand le taux est redescendu à zéro.

Rachel Vreeman et Aaron Carroll, de l'École de médecine de l'Université de l'Indiana (États-Unis), ont épluché la littérature médicale pour passer au crible les médecines traditionnelles et les mélanges savants d'herbes diverses, qui seraient supposés traiter ou prévenir cette veisalgie, comme on dit en termes médicaux, à laquelle les femmes sont plus sensibles que les hommes.

Selon leurs résultats, que vient de publier le British Medical Journal, «aucune preuve scientifique n'appuie quelque traitement que ce soit ou n'établit l'efficacité d'une prévention».

Ils précisent que le propranolol, un béta-bloquant, le tropisetron, un anti-nausée, l'acide tolfenamique, un analgésique, le fructose ou le glucose n'ont pas plus d'effet que les compléments alimentaires à base de bourrache, d'artichaut ou de figue de barbarie, non plus que le Vegemite, une pâte à tartiner salée d'Australie qui ressemble au Marmite britannique.

En fouillant sur l'internet, on pourrait ajouter à la longue liste des pseudo-remèdes le jus de cuisson des endives ou le verre de lait, les gouttes de citron dans du café, ou, en prévention, la cuillerée d'huile d'olive pour tapisser l'estomac ou l'argile délayé dans de l'eau... Sans compter la cinquantaine de produits manufacturés relevés par un site spécialisé.

Mais sauf à imaginer un phénomène d'auto-persuasion, rien ne marche.

Déjà une étude de 2005, menée par des chercheurs néerlandais et britanniques sur quatre compléments alimentaires à base notamment de bourrache, d'artichaut et de figue de barbarie et quatre agents médicinaux conventionnels ne faisait apparaître «aucune preuve convaincante» d'un effet remarquable de quelque produit que ce soit.

«Une gueule de bois, c'est un de ces problèmes ou la prévention est plus importante que le traitement», note à ce propos Edzard Ernst, directeur de la recherche de 2005.

Il remarquait aussi le problème éthique posé par ces recherches, dans la mesure où trouver un traitement contre les mauvais effets de l'alcool risquait d'encourager la consommation.

À ce jour, les pseudo-traitements ne sont pas sans risques. Une étude publiée en 2007 souligne ainsi les effets de la racine de Kudzu, ou pueraria locabata, que l'on retrouve dans nombre de produits censés combattre les effets de l'abus d'alcool mais qui, associée à de l'alcool, augmenterait le risque de tumeur.

La seule prévention efficace, notent les chercheurs américains, c'est de consommer de l'alcool avec modération... voire pas du tout.

Pour les buveurs impénitents, les spécialistes notent que les alcools sombres tels que le vin rouge, la tequila ou le whisky, riches en toxines appelées «congénaires», ont plus de chance de provoquer des veisalgies que des alcools clairs comme la vodka, le rhum blanc, le vin blanc ou le gin.


Ces chercheurs sont sûrement des ignares: tout bon homéopathe vous dira que Nux Vomica, au nom si évocateur, est le remède privilégié contre la "gueule de bois". Attention: à la dilution de 3CH, il peut encore subsister une molécule du produit d'origine dans les pilules sucrées du "confiseur de Lyon". Un effet principal, voire secondaire, n'est donc pas totalement à exclure.

25 juillet 2008

La «mémoire de l’eau» a 20 ans

Canoë

L’été 2008 marque l’anniversaire d’une des recherches scientifiques les plus controversées des dernières décennies. Il y a 20 ans, au cours de l'été 1988, la revue Nature publiait un article dans lequel l’équipe de scientifiques français que dirigeait Jacques Benveniste affirmait que l’eau peut mémoriser des événements longtemps après que toute trace de ceux-ci soit évanouie.

La controverse fut si grande qu’elle est à l’origine de ce qui, quelques années plus tard, valut au célèbre médecin et immunologiste français son éviction de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM)

Controverse

La fameuse «mémoire de l’eau», fut baptisée ainsi par les médias qui firent écho aux recherches que Benveniste entreprit à partir de 1984 alors qu’il travaillait pour les laboratoires Boiron.

En juin 1988, lorsque John Maddox, rédacteur en chef de Nature, décida de publier l’article de Benveniste, il a vite compris que cette recherche allait provoquer l’ire du milieu scientifique. Pour protéger sa crédibilité éditoriale de l’agitation médiatique qu’il pressentait, Maddox ajouta à l’article du chercheur français, une mention de non-responsabilité semblable à celle qui accompagne l’article sur les pouvoirs surnaturels de Uri Geller que fit paraître également le magazine scientifique.

Malheureusement pour Benveniste, les chercheurs qui ont tenté par la suite d’établir la preuve que les molécules d’eau conserveraient le souvenir des éléments chimiques avec lesquels elles ont été en contact en sont venus à la conclusion que les résultats qu’avait obtenus en laboratoire le scientifique français n'étaient pas fiables.

Parce qu’il considérait l’eau comme un liquide intelligent, Benveniste s’est mérité en 1991, le premier Prix Ig Nobel décerné chaque année par l'université Harvard et la revue humoristique en science Annals of Improbable Research.

De la mémoire de l’eau à la biologie digitale

Bien qu’exclu de l’INSERM en 1995, Benveniste continua ses recherches et créa, à la fin des années 1990, le laboratoire DigiBio (fermé depuis 2001). Il affirma alors que non seulement l’eau avait une mémoire, mais que cette mémoire pouvait être numérisée, transmise par téléphone et Internet et réintroduite ensuite dans un nouvel échantillon d'eau. Cette autre théorie lui a valu en 1998 un deuxième Prix Ig Nobel.

Intéressée par les assertions de Benveniste, la US Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) a vérifié en laboratoire les expériences effectuées pas DigiBio. L’agence est parvenue à la conclusion suivante: «Notre équipe n'a trouvé aucun effet reproductible de signaux numériques dans l’eau.»

Si de nombreux points d'interrogation demeurent à propos des théories de Benveniste, il ne fait pas de doute qu’elles fascinent toujours 20 ans plus tard.


Le seul véritable point d'interrogation qui subsiste sur le sujet est de savoir pourquoi un scientifique du niveau de Benveniste s'est enfermé dans cette voie sans issue et s'est obstiné en dépit de toutes les preuves à charge.
On peut néanmoins prédire à la "mémoire de l'eau" une longue vie artificielle: l'astrologie, pseudo-science morte il y a des siècles, continue de fasciner les plus crédules d'entre nous.

12 février 2008

Boiron attaque le magazine anglais The Lancet

Le laboratoire homéopathique lyonnais a adressé une lettre à la prestigieuse revue scientifique anglaise “The Lancet”. Le magazine avait publié plusieurs articles en 2007 et en 2005 dans lesquels il remettait en cause l’efficacité de l’homéopathie. Un coup dur pour Boiron car “The Lancet” est très réputée et très lue dans le monde scientifique.

Dans cette lettre, le directeur général Thierry Boiron, accuse le magazine d’avoir publié “des thèses douteuses”, présentées “avec la plus parfaite mauvaise foi ou la formidable incompétence”. En effet, selon Thierry Boiron, le journaliste auteur de l’article, Paul Goldacre, aurait présenté des analyses comme totalement négatives pour l’homéopathie alors qu’elles prouveraient en réalité l’efficacité de cette médecine. D’ailleurs, Thierry Boiron n’hésite pas à qualifier ces propos de “mensonges” qui témoigneraient “d’un parti pris de la rédaction du Lancet”.

De son côté, la rédaction du Lancet a indiqué qu’elle n’avait pas encore reçu la lettre de Boiron...


La technique habituelle des tenants des pseudo-médecines: incapables de gagner devant la paillasse et les tubes-à-essais, ils essayent de gagner dans les prétoires et surtout par des déclarations fracassantes dans la presse.

22 novembre 2007

La revue médicale «The Lancet» dénonce l’utilisation de traitements homéopathiques pour des maladies graves.

Que peut-on attendre de l’homéopathie ? Le débat n’est toujours pas clos, entre ceux qui souscrivent à son efficacité et ceux qui pensent que tout cela n’est que sornettes d’un autre siècle. Les interrogations sur l’intérêt de l’homéopathie viennent d’être relancées par des médecins britanniques, qui s’insurgent dans The Lancet du 17 novembre contre la promotion des pilules homéopathiques dans la prise en charge des malades du sida. À l’occasion de la Journée mondiale sur cette maladie, le 1er décembre prochain, l’organisation d’une réunion à Londres sur le thème «homéopathie et symptômes du sida» a jeté le feu aux poudres et provoqué l’ire des médecins allopathiques.

Déjà récemment, les services de santé britanniques ont décidé de ne plus financer un centre de soins spécialisé en homéopathie, et d’autres hôpitaux subissent aussi des réductions de financement. En France, les mêmes questions sont posées à intervalles réguliers. Ainsi en 2003, le gouvernement a décidé de réduire le taux de remboursement de l’homéopathie de 65 à 35 %, tandis qu’en 2004 l’Académie de médecine lançait une offensive pour un déremboursement total. Devant le tollé, notamment des firmes pharmaceutiques concernées, suscité par cette proposition, le statu quo a été de mise. «On n’ose plus en France réaborder le sujet compte tenu de la réaction des firmes», soutient François Chast, professeur de pharmacologie et de toxicologie à l’Hôtel-Dieu, à Paris.

Les médicaments homéopathiques sont produits à partir de dilutions tellement importantes de molécules actives, que celles-ci sont quasi inexistantes dans le produit final. Cinq méta analyses (analyses de tous les essais cliniques réalisés dans le monde) portant sur les effets de l’homéopathie ont été effectuées. Après prise en compte des biais, il apparaît que ces médicaments ne sont pas plus efficaces qu’un placebo, c’est-à-dire une substance dénuée d’activité pharmacologique. Pourtant, comme le raconte The Lancet, ils peuvent dans certains cas avoir des effets bénéfiques : au XIXe siècle, lors de la grande épidémie de choléra à Londres, le taux de décès des malades hospitalisés à l’hôpital homéopathique était trois fois inférieur à celui des patients de l’hôpital du Middlesex. En l’absence de traitement efficace du choléra à l’époque, l’homéopathie ne faisait pas de dégât, contrairement aux saignées réalisées par défaut.


Pas d’effets secondaires

L’homéopathie n’a pas d’effets secondaires. En cas d’affection bénigne, de courte durée, capable de guérir seule, l’homéopathie est un moindre mal par rapport à un médicament présentant des complications potentielles. Le danger souligné par les opposants, qu’ils soient Britanniques ou Français, c’est la perte de chance pour des patients atteints d’affections graves qui ne recevraient que de l’homéopathie, alors que des traitements efficaces auraient pu offrir des chances de guérison. Ainsi, selon The Lancet, certains sites Internet proposeraient des produits homéopathiques contre le paludisme ou d’autres fièvres tropicales, alors que des molécules actives existent. «Une publication du service du professeur Dellamonica au centre hospitalier universitaire de Nice faisait état il y a quelques temps du décès d’une patiente qui avait pris des granules homéopathiques pour se protéger du paludisme et avait présenté un accès palustre pernicieux, raconte le professeur François Chast. L’homéopathie ne fait pas de mal quand elle est destinée aux troubles bénins, mais peut être à l’origine d’un retard de traitement actif.»

L’an dernier, le Conseil supérieur d’hygiène publique de France avait mis en garde contre l’utilisation de pseudo-vaccins homéopathiques contre la grippe, inefficaces, mais pouvant inciter à se détourner de la vaccination classique.

Le succès des médecins homéopathes qui ne se dément pas en France, malgré les polémiques, tient aussi au fait que ces praticiens ont un abord de la médecine bien plus tournée vers le patient. Enfin, les granules homéopathiques ont un coût bien inférieur aux autres médicaments.


Le sucre coute aussi moins cher que les autres médicaments. En effet, ce n'en est pas un et il n'a pas à supporter les couts de mise en production, les tests d'innocuité et les tests d'efficacité pour obtenir l'autorisation de mise sur le marché d'un véritable médicament. Il en va de même pour les préparations homéopathiques qu'il devrait être donc interdit d'appeler "médicament".
Le débat n'est pas clos entre les adeptes de l'homéopathie et les scientifiques ? Dans ce cas, on peut aussi dire que le débat sur l'éther n'est pas clos. Il y a une différence cependant: l'éther était une théorie du 19ème siècle. L'homéopathie date, elle, du 18ème.

10 octobre 2007

Homéopathie : Douste-Blazy contre le déremboursement

David STRAUS

Pour Philippe Douste-Blazy, l'homéopathie doit rester remboursée par la Sécurité sociale. Quoiqu'en disent les sages de l'Académie de médecine, le ministre de la Santé y voit trois bonnes raisons comme il l'indiquait jeudi soir sur TF1. Primo, le ministre a rappelé que "dix millions de Français consomment" des médicaments homéopathiques et "30 000 médecins leur en donnent".

Ensuite, a expliqué Philippe Douste-Blazy, la part du budget de l'assurance maladie consacrée aux médicaments homéopathiques "ne représente pas une importante somme". "En tout cas si vous les enlevez, alors les patients prendront autre chose et ce seront des médicaments qui seront peut-être eux remboursés à 100%, avec des interactions médicamenteuses possibles", a-t-il abondé-il vendredi matin sur RTL.

"Sociétés savantes"

Enfin, a-t-il fait remarquer sur TF1, "la moitié des médicaments homéopathiques dans le monde sont fabriqués en France". Selon les laboratoires Boiron, l'homéopathie représente 2% du très juteux du marché du médicament français. Ainsi, pour l'instant, Philippe Douste-Blazy demande que soient faites "des études pour savoir si l'homéopathie est efficace ou pas". "Après on pourra décider", tranche le ministre pour qui cette décision ne relève "ni des sociétés savantes ni des médecins ni des hommes politiques ou des ministres, ni des sociétés industrielles" mais du Haut comité de santé publique créé en juillet dernier.

Mardi, l'Académie nationale de médecine avait réclamé le déremboursement total des produits homéopathiques ou, du moins, que l'on exige "la démonstration d'activité de ces produits comme le font tous les laboratoires diffusant des médicaments en France". L'homéopathie ne bénéficie d'aucune prise en charge par l'assurance maladie ou les mutuelles dans la plupart des pays européens. En France, le taux de remboursement de ces produits avait déjà été abaissé de 65% à 35% en décembre 2003.


Douste nous avait habitué, lorsqu'il était ministre, à son mépris politicien de l'avis de l'Académie de médecine. Il répète sans fin les arguments du lobby des Laboratoires Boiron: le coût soit-disant faible des potions homéopathiques (négligeant le coût du délai de mise en oeuvre des soins réels), l'argument d'appel à l'autorité du nombre ("50 millions de français ne peuvent se tromper") et celui d'absence d'effet secondaire (avant de savoir s'il y a seulement un effet primaire).
La requête de l'Académie de Médecine n'a pourtant rien de bien étonnant, réclamant pour les potions homéopathiques le même traitement que pour les médicaments.

14 août 2007

Mémoire de l'eau: les homéopathes la cherchent encore

(Agence Science-Presse) - La mémoire de l’eau, cette charpente sur laquelle s’appuie l’homéopathie, est un mirage. Et cette conclusion provient de la revue... Homeopathy.
Dans son dernier numéro, celle-ci publie une douzaine d’articles spécialement consacrés à la mémoire de l’eau : rappelons que la mémoire de l’eau est ce concept, hautement contesté, en vertu duquel les molécules d’eau conserveraient le « souvenir » des éléments chimiques avec lesquels elles ont été en contact.

C’est ce concept qui constitue la base même de l’homéopathie, parce que les produits homéopathiques sont si dilués que tout le monde s’entend, y compris les homéopathes, pour dire qu’après une demi-douzaine de dilutions, il ne subsiste plus la moindre trace, pas le moindre petit atome, du produit original. Par conséquent, pour justifier la vente de produits homéopathiques, il ne reste plus aux homéopathes qu’une explication, la mémoire de l’eau.

Or, dans ce numéro spécial, la douzaine d’articles n’arrivent nulle part à démontrer l’existence de la mémoire de l’eau. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé.

La magie du 10

Le dogme homéopathique dicte que la dilution doit toujours être d’une portion dans 10 ou 100 portions. Vous prenez une goutte du produit original, vous le diluez dans 100 gouttes d’eau: c’est la première dilution. Vous prenez une goutte du mélange ainsi obtenu, et vous le diluez dans 100 gouttes d’eau, c’est la deuxième dilution. Et ainsi de suite jusqu’à la sixième dilution, ou 11e, ou 30e.

Or, pourquoi 1 dans 10 ou dans 100? Pourquoi pas dans 7, ou 8 ou 3,1416? Les homéopathes croient-ils que l’eau, en plus d’avoir de la mémoire, utilise le système décimal? Louis Rey, un chercheur suisse à son compte, a comparé les « signaux thermoluminescents » émis par des solutions de sel dans différentes dilutions homéopathiques, gelées puis réchauffées. Bohumil Vybiral et Pavel Voracek, de l’Université de Hradec Kralové, en république tchèque, ont testé des changements dans la visquosité de l’eau. Yolène Thomas, ancienne collaboratrice du Français Jacques Benveniste —l’auteur de la théorie de la mémoire de l’eau— a analysé la radiofréquence de l’eau lorsque mise en contact avec différents « comportements biomoléculaires », comme « l’inhibition de coagulation de protéines, et la dilatation des vaisseaux sanguins d’un coeur de cochon d’inde.

Tous ces chercheurs, parce qu’ils prenaient pour acquis qu’ils allaient trouver quelque chose « d’étrange », signalent inévitablement, de-ci de là, des anomalies statistiques. Mais aucune qui ne résiste à une analyse plus poussée. Qui plus est, on a souvent du mal à voir en quoi telle et telle expérience est liée à l’homéopathie et à son rituel de brassage (qu’ils appellent dynamisation) et de « magie du 10 » (voir encadré).

Plus simplement: aucune de ces expériences, reproche le chroniqueur de la revue Nature, ne va droit à l’essentiel : c’est-à-dire essayer de prouver que l’agent homéopathique dilué est toujours là, quand bien même ce n’est qu’à titre de souvenir, et qu’il a toujours l’effet qu’on veut lui attribuer.

C’est comme si ce fait ne pouvait en aucun cas être remis en question, même dans un numéro spécial pour lequel tant d’heures de travail et tant d’efforts ont été consacrés. C’est bien là la raison pour laquelle l’homéopathie est une croyance, et non une science.

Pascal Lapointe


Telle une religion, l'homéopathie repose sur un rituel reposant sur un dogme n'ayant connu aucune révision sérieuse ni remise en cause scientifique.

23 mai 2007

Les médecins ne veulent pas que les pharmaciens consultent

MARIE VISOT
Le Figaro.fr

Le remboursement de « consultations officinales » pratiquées par des pharmaciens provoque l'indignation des médecins.

LES MÉDECINS prennent très mal l'offre de deux mutuelles de rembourser des bilans effectués par des pharmaciens. « Pour consulter, il faut avoir fait des études de médecine ! », s'est indigné hier Michel Chassang, président de la CSMF, le premier syndicat de médecins libéraux. Motif de ce coup de colère : un accord signé il y a un mois par les syndicats de pharmaciens avec la Mutuelle des transports de la région lyonnaise (MTRL) et les Assurances du Crédit mutuel, prévoyant notamment le remboursement d'un bilan de prévention réalisé par le pharmacien. Ce bilan, baptisé maladroitement « consultation officinale », est rémunéré 21 euros. Les médecins s'indignent d'autant plus que la prévention devait être l'intérêt majeur de l'instauration du médecin traitant.

« Personne ne nous a demandé notre avis sur ce dispositif », poursuit Michel Chassang. « Le rôle du pharmacien est de délivrer des conseils qui ne peuvent en aucun cas se substituer ou être assimilés au diagnostic médical et à la définition des orientations thérapeutiques. » Cerise sur le gâteau : faire rémunérer cette « consultation » au même tarif que celle du généraliste.

Un «package»

Pour Gilles Bonnefont, du syndicat de pharmaciens (Uspo), il ne s'agit en aucun cas de marcher sur les plates-bandes des médecins, mais au contraire d'être « complémentaire ». En fait, cette consultation est présentée par le syndicat de pharmaciens comme « une étape d'un parcours cohérent : c'est un moment pendant lequel on prend le temps de parler, de vérifier la mise à jour des vaccins, de conseiller sur l'armoire à pharmacie, de donner des conseils en homéopathie... », résume Gilles Bonnafont. Ce que certains considèrent comme le travail « normal » d'un pharmacien, qui n'a pas à être rémunéré spécifiquement.

Romain Migliorini, président de la MTRL, qui a négocié « pendant plusieurs mois » cet accord avec les syndicats de pharmaciens, confirme que « nous avons besoin de bons pharmaciens-conseils ». Ce bilan remboursé est intégré à un « package » auquel les clients de la mutuelle peuvent adhérer et dans lequel on trouve aussi le remboursement de l'homéopathie à hauteur de 50 euros par an, la prise en charge de l'ostéopathie et de la diététique.


Curieusement, le questionnaire de bilan des pharmaciens comportent des questions concernant la connaissance que le patient aurait de l'homéopathie, de la naturopathie, etc. Ces deux pseudo-médecines à l'efficacité très controversée pour ne pas dire plus, seraient-elles favorisées par les pharmaciens et pour quel motif ? On remarque que la MTRL est une mutuelle lyonnaise. La proximité du poids lourd de l'homéopathie, les Laboratoires Boiron, aurait-elle quelque chose à voir avec ce traitement de faveur ? Mystère !

30 janvier 2007

Le temps des charlatans

Le dossier spécial sur les médecines ‘alternatives’ du magazine de vulgarisation scientifique « Science & Avenir », de février 2007, a de quoi faire peur. La rédactrice du dossier, Sylvie Riou-Milliot, apparemment très complaisante, nous informe qu’une vingtaine d’établissements hospitaliers offrent des consultations de médecine ‘alternative’. La liste est en fait très courte : seules l’acupuncture et l’homéopathie ont droit de cité à Paris. La liste s’allonge quelque peu en région parisienne : ostéopathie et auriculothérapie dans un établissement chacun. Sophrologie, toucher-massage, hypnose n’apparaissent qu’en province.

La rédactrice du dossier, a choisi de ne présenter que des médecins pratiquant une de ces pseudo-médecines, qui tous ­­— on s’en doute — sont convaincus de l’efficacité de leur technique. L’un d’entre eux, le Dr David Alimi, neurophysiologiste responsable de la consultation d’auriculothérapie à l’IGR de Villejuif, affirme même tout de go : « Pour asseoir une discipline, rien ne vaut la validation et l’évaluation scientifique. »
Certes, mais alors pourquoi aucune liste d’études cliniques (randomisées, en double-aveugle et contre placebo) n’est simplement mentionnée dans ce dossier ? Peut-être parce que l’on serait bien en peine de produire la moindre étude de qualité dans le domaine de l’auriculothérapie. Voir en particulier l'analyse par l'AFIS d'une des études du Dr Alimi qui montre que le double-aveugle n'est pas de mise dans son étude, et une discussion plus générale de l'auriculothérapie).

On serait bien en peine de trouver de telles études de qualité dans le domaine des pseudo-médecines mentionnées dans ce dossier. Il faut savoir que les études cliniques de qualité sont très rares (cela coute très cher et cela prouve souvent qu'on se trompe) même dans le domaine de la médecine scientifique. Alors pour la médecine de Molière, ça devient inabordable vu que les résultats ne sont jamais au rendez-vous. Alors, on fait de mauvaises études et on brandit triomphalement des résultats biaisés. La triste histoire de Benvéniste vient à notre mémoire (celle de l’eau, bien sûr). Le double-aveugle imposé par le protocole défini avec l’illusionniste James Randi a montré que les résultats de Benvéniste étaient dus à un biais. L’expérience a été renouvelée avec le programme scientifique Horizon de la BBC quelques années plus tard, mettant un point (final ?) à ces prétentions.

Dans un encart, la rédactrice nous prévient qu’il faut « se méfier du jargon pseudo-médical, de concepts fumeux et de mécanismes complexes ». Dont acte !
Parlons donc du principe de similitude de l’homéopathie (ne pas confondre avec les principes de la vaccination), du principe des hautes dilutions dépassant le point où plus la moindre molécule de produit ne peut subsister (moins il y en a, plus ça fait d’effet), de la « mémoire de l’eau » (l’eau gardant miraculeusement les propriétés des molécules qui y seraient passées), de la transmission électronique des propriétés médicamenteuses par Internet (dernière lubie de Benvéniste) et autres inepties.
Parlons de l’acupuncture et son jargon de « méridiens » (jamais observés physiquement), d’énergie du « chi », de « point zhi yin ». Sans doute ces concepts paraissent-ils très clairs à la rédactrice, qui ne semble pas franchement tentée de les expliquer. Et pourtant, il y aurait de quoi dire !

Alors, si la théorie est invraisemblable, les résultats, eux, peuvent néanmoins être valides (on peut avoir tort dans le principe mais tomber juste par hasard, ce n’est pas parce que le raisonnement est faux que le résultat l’est, etc.). Dans ce cas, les études cliniques devraient montrer des résultats clairs. Les tenants des pseudo-médecines, faute de pouvoir justifier leurs théories, se tournent vers les succès supposés de leurs pratiques (le « ça marche », voir aussi http://charlatans.free.fr/camarche.shtml). Les défauts méthodologiques des études cliniques sont constatables même par des néophytes. Ce qui explique pourquoi les études se succèdent et se contredisent. Les réalités sont tristes : plus les études sont faites correctement, scientifiquement, plus les résultats des pseudo-médecines se rapprochent de l’effet placebo, parfois même par le bas et avec des effets secondaires non négligeables. Ces constatations ont été faites à plusieurs reprises par des journaux scientifiques prestigieux qui ont passé en revue de nombreuses études cliniques (voir la réaction des laboratoires Boiron).
Les théories à la base des pseudo-médecines sont parfaitement ineptes et nul ne peut expliquer les effets ‘observés’, lorsqu’ils ne sont pas tout simplement imaginés, autrement que par un effet placebo dont la réalité a été constatée empiriquement par l’imagerie cérébrale (voir aussi une étude sur la variabilité de l'effet placebo).

Le dossier de Sciences & Avenir se conclut par une déclaration enthousiaste du Pr Boustie, de la fac de pharmacie de Rennes, sur les bienfaits du millepertuis pour lutter contre la dépression. Las ! Sens Commun a déjà publié une nouvelle du British Medical Journal en 2005 sur les bienfaits du millepertuis.

Le dossier est suivi d’une interview du psychothérapeute Thierry Janssen, qui répète les affirmations contestables et contestées de la rédactrice du dossier, notamment sur la supériorité alléguée des pseudo-médecines par rapport au placebo. Thierry Janssen n’oublie pas de critiquer le « réductionnisme scientifique », et cite Linus Pauling qui s’exprime sur ce qu’est la vie. On se demande encore ce que Pauling, un physicien et chimiste vient faire dans cette galère. Il s’était singularisé il y a quelques années en soutenant que l’absorption de doses massives de vitamine C aurait des effets très bénéfiques sur les défenses immunitaires. On lira à ce sujet une nouvelle de Nature.
Quand Thierry Janssen parle « d’enrichir » la médecine scientifique avec « des concepts plus larges », on se retient de rire. Décidément, Molière et son Médecin malgré lui est plus actuel que jamais. Avec Sciences et Avenir, ce serait plutôt Le Tartuffe. A quand la « kinésiologie appliquée » dans les hôpitaux ?

Liens recommandés :
- Acupuncture
http://pseudo-medecines.org/articles.php?lng=fr&pg=13 http://charlatans.free.fr/acupuncture.shtml http://sens-commun.blogspot.com/search/label/acupuncture
- Placebo
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- Discussions générales
http://pseudo-medecines.org
http://charlatans.free.fr/medecines_paralleles.shtml
http://charlatans.free.fr/questionnaire.shtml

Bibliographie :
Le sommeil de la raison, Norbert Bensaïd
Les charlatans de la santé, Jean-Marie ABGRALL
Idées folles, idées fausses en médecine, Skrabanek, Mc Cormick
Les pseudo-médecines, Jean Brissonnet
Les médecines douces, Jean-Jacques AULAS
Médecines parallèles et cancers, Dr. Olivier Jallut
La magie et la raison, Simon Schraub
Histoires parallèles de la médecine. Des Fleurs de Bach à l'ostéopathie, Thomas Sandoz

14 octobre 2005

Le syndrôme de Galilée

Parmi les 'génies' méconnus, qui croient à des théories sans fondement scientifique, et leurs supporters inconditionnels, la croyance d'être persécutés par la"science officielle" ou un lobby industriel quelconque n'est pas rare. C'est une sorte d'épouvantail des temps modernes, flou, tentaculaire et multiforme, qui constitue un bouc émissaire d'autant plus simple à frapper qu'il ne risque pas de se défendre.
Ainsi, on retrouvera, chez les supporters des charlatans des médecines douces, des théoriciens du complot des méchants lobbies pharmaceutiques. Avec les contradictions habituelles, par exemple lorsqu'ils recommandent la vitamine C (des laboratoires Roche) ou les produits homéopathiques (des laboratoires Boiron). Chez le Dr Rath, businessman des produits vitaminiques et charlatan du SIDA, cela prend même la forme d'accusations de génocides de type Nazi contre les laboratoires pharmaceutiques.
Chez ceux qui se réclament de la science plutôt que de la médecine, le grand Satan est la communauté scientifique, ou plutôt un mystérieux groupe censé la contrôler, qui naturellement s'oppose aux génies créateurs tels qu'eux-mêmes, et s'allie aux industriels frileux et cupides pour reléguer leurs inventions révolutionnaires aux oubliettes.
Ce portrait est à peine exagéré et montre le besoin forcené de reconnaissance de ces génies méconnus.
Il n'était que naturel que ces personnages se trouvent un saint patron pour les représenter. Galilée, harcelé par l'Inquisition, était le mieux placé pour ce rôle et convient encore mieux à leurs rêves de reconnaissance, fût-elle posthume.
Pour rétablir un peu la réalité historique, rappelons que Galilée était un scientifique, fondateur de la physique moderne, et qu'il n'a jamais été mis au ban de la communauté scentifique, qui a rapidement reconnu l'intérêt de ses recherches, en dépit des persécutions religieuses. C'est d'ailleurs un cas général : même les théories 'choquantes' d'Einstein se sont imposées en moins de dix ans à l'ensemble de la physique moderne. La science n'a pas fait de 'martyr'.
Evidemment, se présenter en martyr est flatteur : c'est une caractéristique de tous les religieux et autres terroristes fanatisés. Se comparer avec un géant intellectuel comme Galilée est encore plus flatteur et confine à la fatuité. Alors, restons modestes et parions que ces 'génies' méconnus le seront encore bien après leur disparition de cette vallée de larmes.

30 août 2005

L'homéopathie voit rouge

Une méta-analyse publiée par le Lancet affirmant que l'homéopathie n'est pas plus efficace que le placebo jette à nouveau le doute sur cette pratique. Homéopathes et industriels rétorquent, soulignant le caractère "polémique" de ce travail.
Le Dr Aijing Shang, de l'Université de Berne en Suisse, a analysé avec son équipe toute une série d'essais cliniques évaluant la pratique homéopathique. Or affirme-t-il, "notre travail a clairement prouvé que l'efficacité de l'homéopathie n'était pas supérieure à celle du placebo". Dans un éditorial, le Lancet demande aux médecins "d'être honnêtes avec leurs patients et de les informer de l'inefficacité de l'homéopathie".
Cet éditorial a littéralement fait bondir les responsables du laboratoire Boiron, le premier producteur mondial de spécialités homéopathiques. Ces derniers dénoncent son caractère "agressif". Et tout naturellement, ils s'interrogent, "sur les motivations d'un tel acharnement à discréditer les médicaments homéopathiques prescrits par 150 000 médecins à 300 millions de patients à travers le monde".
Ils s'étonnent aussi de la concomitance des résultats de cette étude et d'un "rapport préliminaire de l'OMS sur l'homéopathie (qui) présente des conclusions favorables à l'homéopathie". Selon le Directeur général adjoint de Boiron Gilles Chauffrein, "le travail de l'OMS est beaucoup plus large. Les auteurs se sont intéressés à l'ensemble des essais réalisés sur l'homéopathie. Dans ses conclusions, l'Organisation souligne qu'il existe un capital scientifique grandissant qui suggère que l'homéopathie est utile". Ce rapport découle-t-il de la "stratégie mondiale d'évaluation de l'inocuité et de l'efficacité des médecines dites populaires et traditionnelles" lancée en 2002 par l'OMS ? Difficile à savoir. Le rapport en question n'a toujours pas été rendu public. Et l'OMS pour sa part, n'a pas répondu à nos questions.
Sources: The Lancet, 25 août 2005, interview Gilles Chauffrein


Il est évident que Boiron est totalement impartial dans cette affaire. Tout résultat contredisant l'efficacité de l'homéopathie ne peut être qu'agressif et le résultat d'un complot mondial impliquant les responsables du Lancet. On notera ici le lourd recours aux sophismes des responsables des laboratoires Boiron: attaque personnelle (l'étude est "agressive"), post hoc (concomitance du rapport préliminaire de l'OMS), théorie du complot (le Lancet veut discréditer l'homéopathie) et enfin le recours à la popularité (150000 médecins et 300 millions de patients). Un modèle d'argumentaire fallacieux !