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06 avril 2007

Les scientifiques prônent une nouvelle politique énergétique

CAROLINE DE MALET.

Le Haut Conseil de la science et de la technologie rend ses deux premiers avis.

CRÉÉ par Jacques Chirac, le Haut Conseil de la science et de la technologie (HCST) tenait à lui rendre ses premiers travaux avant que ce dernier ne tire sa révérence. C'est désormais chose faite. Il vient de lui remettre deux avis, l'un consacré à la politique énergétique et l'autre à la crise des vocations scientifiques. Deux thèmes de travail confiés par le chef de l'État à cette instance lors de sa mise en place le 25 septembre dernier.

Dans son avis sur « L'effort scientifique et technologique de la France en matière énergétique », le Haut Conseil fustige la politique énergétique actuelle, peu adaptée aux enjeux. L'objectif, qui figure désormais dans la loi, de réduire la consommation d'énergie du pays de 2 % par an, est irréalisable si rien ne change, a souligné le président du HCST Serge Feneuille.

Le chauffage de l'habitat (qui représente 46 % de la consommation d'énergie) et les transports (25 %) sont deux formidables gisements d'économies, insuffisamment exploités. « Il faut que la France ait une politique claire en matière de réduction des gaz à effet de serre dans l'automobile et l'habitat », a lancé son président. Si le HCST « conseille de maintenir les technologies nucléaires au meilleur niveau », il « souligne le déficit d'arbitrage entre les technologies alternatives ». Par exemple, le photovoltaïque, à ses yeux, fait l'objet d'efforts de recherche insuffisants, comparé à d'autres sources d'énergies renouvelables et compte tenu de son potentiel.

À l'inverse, il estime que « l'utilisation de l'hydrogène et des piles à combustibles pour l'automobile ne sont pas les meilleures filières pour atteindre les objectifs visés », a rapporté son président. L'organisation de ce secteur dans notre pays est éclatée entre « trop d'acteurs » et d'organismes aux « missions peu claires », ce qui « enlève de la visibilité à la question », regrette le Haut Conseil. Aussi ce dernier préconise-t-il « que l'énergie soit promue au rang de grand projet national » et suggère de créer « un grand partenariat de transition ».

Crise de la vocation

Sorte de partenariat public-privé regroupant des ministères, des organismes de recherche et des organisations non gouvernementales, cette initiative pourrait prendre pour modèle le Gavi (Alliance mondiale sur la vaccination et l'immunisation), lancée à l'initiative de la Fondation Gates et regroupant l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la Banque mondiale, des gouvernements, organismes de recherche et des industriels. L'idée étant « de définir une stratégie nationale cohérente en mettant tous les acteurs autour d'une table et mettre en place une organisation nouvelle qui pousse l'État à se réformer », explique Philippe Kourilsky, ancien directeur de l'Institut Pasteur, membre du HCST et l'un des rapporteurs de cet avis.

L'autre avis du Haut Conseil, sur la crise des vocations scientifiques, met l'accent sur la nécessité d'accroître l'attractivité de la science pour les jeunes. Les facultés scientifiques ont perdu 10 % de leurs effectifs en dix ans. Partant du constat que « deux tiers des enfants ne sont exposés à aucune leçon scientifique dans le primaire », il prône une réforme de la formation des maîtres, notamment dans les IUFM.

Regrettant que la science soit vue au lycée davantage comme un sujet de sélection que de formation des élèves, il préconise une revalorisation des conditions des doctorants. Surtout, le Haut Conseil demande « la constitution d'une mission interministérielle chargée de définir une stratégie d'immigration scientifique et technique » comme cela se pratique déjà dans certains pays étrangers.

Les vingt experts, qui se réunissent en séance plénière tous les mois pour faire le point sur l'avancement de leurs travaux, ont auditionné une trentaine d'acteurs pour préparer chacun de ces avis. Il leur reste encore à plancher sur le troisième thème que leur avait soumis le chef de l'État, les grandes infrastructures scientifiques.

Créé par la loi d'orientation sur la recherche de 2006, ce comité d'experts a vocation à répondre aux demandes du président de la République ou du gouvernement, mais est également habilité à s'autosaisir de questions qu'il juge importantes. Il compte des personnalités scientifiques de renom telles que le professeur Alain Carpentier, l'anthropologue Yves Coppens, le Prix Nobel de chimie Jean-Marie Lehn, le mathématicien Pierre-Louis Lions ou le climatologue Jean Jouzel, personnalités toutes nommées par le chef de l'État.

Quel poids dans le débat politique aura cette « très jeune instance », comme la présente Serge Feneuil ? Son président ne semble pas inquiet sur la pérennité de l'institution au-delà des échéances électorales. Certains candidats à l'élection présidentielle auraient même déjà pris contact avec lui. Ce HCST rappelle les comités des Sages de l'époque gaullienne, qui ont éclairé les choix de la Direction générale de la recherche scientifique et technique (DGRST), à l'origine de la puissance nucléaire et spatiale de notre pays. Reste à savoir si cette vision centralisatrice de la recherche est toujours adaptée à notre époque et aux enjeux actuels.

04 décembre 2006

Les vaches plus nocives pour l'environnement que l'automobile

Rome (AFP)- L'élevage des bovins produit davantage de gaz à effet de serre que le trafic routier, affirme l'Organisation mondiale pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) qui tire le signal d'alarme dans un rapport publié mercredi sur les dégâts provoqués par l'élevage dans le monde.

«Le secteur de l'élevage émet des gaz à effet de serre qui, mesurés en équivalent CO2, sont plus élevés que ceux produits par les transports», indique l'agence des Nations Unies.

L'élevage «représente 9 % du CO2 dérivant des activités humaines», mais il produit cependant «une bien plus grande part des gaz à effet de serre les plus nocifs».

Le secteur «est responsable de 65 % des émissions d'hémioxyde d'azote - imputables essentiellement au fumier - qui a un potentiel de réchauffement global (PRG) 296 fois plus élevé que le CO2», souligne-t-elle.

En outre, l'élevage représente 37 % de tout le méthane rejeté par les activités humaines (agissant sur le réchauffement 23 fois plus que le CO2) en grande partie produit par le système digestif des ruminants, et 64 % de l'ammoniac qui contribue sensiblement aux pluies acides.

Les terres et les eaux de la planète sont en outre détériorées à grande échelle par le surpâturage, note le rapport qui estime ainsi par exemple «que les animaux d'élevage sont devenus la principale source de contamination par le phosphore et l'azote de la mer de Chine du Sud contribuant à la perte de la biodiversité des écosystèmes marins».

D'après les estimations de la FAO , «la production mondiale de viande devrait plus que doubler, passant de 229 millions de tonnes en 1999/2001 à 465 millions de tonnes en 2050, tandis que celle de lait devrait grimper de 580 à 1 043 millions de tonnes».

Les animaux de boucherie et les animaux laitiers représentent désormais environ 20 pour cent de toute la biomasse animale terrestre, ajoute la FAO.

«Les coûts environnementaux par unité de production animale doivent être réduits de moitié, ne serait-ce que pour éviter d'aggraver le niveau des dégâts», avertit l'agence.

La FAO propose notamment d'améliorer l'alimentation des animaux pour réduire la fermentation dans leur système digestif et de mettre en place des usines de biogaz pour recycler le fumier.

30 janvier 2006

EFFET DE SERRE: La Maison-Blanche censure les scientifiques

Alexandre Sirois
La Presse
Washington
La Maison-Blanche vient à nouveau de prouver qu'elle est prête à tout pour étouffer la dissidence aux États-Unis dans le dossier du réchauffement de la planète. Sa nouvelle arme: la censure.Le scientifique principal en matière de questions climatiques à la NASA, James E. Hansen, l'a appris à ses dépens.L'administration de George W. Bush essaie de le museler depuis le début du mois dernier, a-t-on appris hier.

Directeur du Goddard Institute for Space Studies, Hansen a fait savoir que les responsables de la NASA tentent par tous les moyens de contrôler ses déclarations publiques. On veut le réduire au silence depuis qu'il fait campagne de façon vigoureuse pour une réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre.Hansen se dit victime de censure depuis qu'il a prononcé un discours à San Francisco en décembre. Son crime: il a affirmé que sans le leadership des États-Unis, la Terre deviendra " une planète différente " en raison des changements climatiques.Du même souffle, il a souligné que les émissions pourraient être réduites de façon significative avec les technologies existantes. Particulièrement dans le cas des véhicules à moteur.Une dizaine de jours après son discours controversé, Hansen a publié des données scientifiques selon lesquelles 2005 a probablement été l'année la plus chaude depuis au moins un siècle. Cela a aussi été retenu contre lui.
Critique sévère
Après avoir entendu parler de ces données au réseau ABC, les responsables des affaires publiques de la NASA ont sévèrement critiqué Hansen. Ils auraient fait cette montée de lait à la demande de leurs supérieurs, au siège social de l'agence spatiale." Ils étaient extrêmement insatisfaits et ils nous ont prévenu que si de telles choses se reproduisaient à l'avenir, il y aurait des conséquences terribles ", a-t-il raconté au New York Times. C'est ce quotidien qui a rapporté, à la une hier, les malheurs de ce scientifique renommé." En quelque 30 ans d'expérience au sein du gouvernement, je n'ai jamais vu un degré de contrôle tel que celui qui existe actuellement. Et je pense que cela nuit vraiment à la façon dont notre démocratie fonctionne ", a déclaré Hansen.Dorénavant, les responsables des affaires publiques de la NASA examinent ses conférences, ses articles, ses textes publiés sur Internet et les demandes des reporters qui souhaitent l'interviewer. Ils auraient dit non à au moins une requête, celle d'une journaliste du réseau NPR, le pendant américain de la radio de Radio-Canada." Ils estiment que leur travail est de censurer l'information qui est transmise au public ", a dénoncé Hansen, qui a promis de faire fi des nouvelles mesures prises à son égard.Les responsables des affaires publiques de la NASA ont répliqué en affirmant que tout leur personnel est soumis à des mesures similaires. Un porte-parole, Dean Acosta, a affirmé qu'on permet aux scientifiques de discuter de leurs recherches, mais pas de faire des déclarations quant aux politiques gouvernementales.Il faut préciser que le scientifique n'est plus dans les bonnes grâces de l'administration Bush depuis qu'il a annoncé, avant l'élection présidentielle de 2004, qu'il voterait pour le démocrate John Kerry.Hansen avait affiché ses couleurs publiquement lors d'un discours à l'Université d'Iowa. Il avait déjà, à l'époque, allégué que les scientifiques à l'emploi du gouvernement étaient muselés avec Bush à la Maison-Blanche.
Des précédents
Car ce n'est pas la première fois que l'administration Bush est accusée de vouloir contrôler ce qui sort de la bouche des scientifiques à l'emploi du gouvernement fédéral.On lui a aussi reproché de passer sous silence les conclusions des chercheurs qui ne vont pas dans le même sens que ses politiques.En 2003, par exemple, la secrétaire du département de l'Intérieur, Dale Norton, avait été critiquée dans le dossier du forage possible dans la réserve faunique de l'Arctique.On a soutenu qu'elle avait mis de côté des données fournies par ses propres biologistes sur l'impact potentiel du forage sur les caribous qui se reproduisent dans cet espace protégé.Est-il besoin de rappeler que les États-Unis n'ont pas ratifié le protocole de Kyoto sur les gaz à effet de serre. Et qu'en novembre dernier, à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Montréal, les représentants de l'Oncle Sam ont uniquement accepté de discuter de la lutte contre le réchauffement de la planète.Hansen est toutefois loin d'être le seul Américain de renom à ne pas être sur la même longueur d'onde que Bush dans ce dossier. L'ancien candidat démocrate à la présidence, Al Gore, demeure en croisade contre la position de la Maison-Blanche.Il a justement défrayé la manchette cette semaine alors qu'un documentaire sur ses efforts pour convaincre les Américains de réduire les émissions de gaz à effet de serre était présenté au festival de cinéma Sundance. Et il publiera, en avril, un livre sur le même sujet. Le titre de ces deux oeuvres sera le même: Une vérité qui dérange.
© 2006 La Presse. Tous droits réservés.

12 janvier 2006

La végétation émet de grandes quantités de méthane, puissant gaz à effet de serre

LE MONDE

La revue Nature publie, le 12 janvier, une étude qui pourrait conduire à réviser quelques fondamentaux des sciences du climat. Franck Keppler (Institut Max-Planck d'Heidelberg) et ses collègues y révèlent que les plantes émettent de grandes quantités de méthane (CH4), un puissant gaz à effet de serre, ce qui avait jusqu'alors échappé à tous. "Cela chamboule un dogme qui voulait que le méthane d'origine naturelle soit produit essentiellement dans les zones inondées, mais aussi lors de la combustion incomplète de la biomasse, par les éructation des ruminants et les flatulences des termites", résume Jérôme Chapellaz, du laboratoire de glaciologie et de géophysique de l'environnement de Grenoble. Le méthane, croyait-on, était en majeure partie issu de l'activité microbienne en absence d'oxygène.
L'équipe de Franck Keppler a mesuré en laboratoire les émissions de CH4 de toute une série de végétaux, en s'assurant que le gaz n'était pas le produit d'activités bactériennes. Le mécanisme biologique qui est à leur origine reste à élucider, mais les chercheurs proposent déjà une estimation de leur volume : elles représenteraient 10 à 30 % des sources annuelles de méthane ! Cette découverte éclaire des observations inexpliquées, comme la mesure par le satellite Envisat de niveaux élevés de méthane au-dessus des forêts tropicales en 2003. En outre, la subite baisse globale du taux de méthane atmosphérique observée ces dernières années perd de son mystère si l'on prend en compte la déforestation, qui a vu la surface des forêts tropicales diminuer de 12,3 % entre 1990 et 2000.
L'INTÉRÊT DE LA REFORESTATION
Le pouvoir de réchauffement du méthane est vingt fois plus fort que celui du principal gaz à effet de serre, le dioxyde de carbone (CO2), dont le niveau de concentration dans l'atmosphère est toutefois 300 fois plus élevé. Cela remet-il en question l'intérêt des projets de reforestation, ces "puits de carbone" destinés à piéger le CO2, qu'on pourrait comptabiliser dans des politiques "post-Kyoto" de réduction des gaz à effet de serre ?
Avant toute chose, il conviendra de confirmer les estimations de l'équipe de Keppler, prévient Bernard Saugier, professeur d'écologie à l'université Paris-Sud. "Intéressé" par les mesures en laboratoire, il se dit "agacé par leur extrapolation très sommaire à la biosphère tout entière", un calcul préliminaire montrant qu'une estimation plus basse des flux de méthane est tout aussi plausible. "Ces résultats incitent à mieux cerner toutes les composantes des gaz à effet de serre et pas seulement le carbone", commente Jean-François Soussana (INRA, Clermont-Ferrand). "Il va falloir travailler à une partition différente des sources de méthane", appuient Philippe Ciais et Philippe Bousquet, du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement.


Des résultats étonnants et qui soulignent la difficulté de trouver des solutions à des problèmes complexes sans des recherches poussées. Amateurs de solutions simplistes s'abstenir.

29 septembre 2005

La vache, un désastre pour l'atmosphère

(AFP Paris) Les bovins sont un désastre pour l'atmosphère, rejetant à eux seuls en France presque trois fois plus de gaz à effet de serre que les 14 raffineries de pétrole du pays.
Le calcul émane d'une étude intitulée Agriculture et réduction des émissions de gaz à effet de serre que vient de publier la Caisse des dépôts, un organisme financier public. Dotés de quatre estomacs, les bovins sont responsables de 6,5 % des émissions françaises de gaz réchauffant la planète, selon Benoît Leguet, l'auteur de l'étude. Contrairement aux idées reçues, leurs flatulences ne jouent qu'un rôle marginal. Ce sont leurs rots et leurs déjections qui provoquent le phénomène. Leurs rots (la «fermentation entérique») envoient chaque année 26 millions de tonnes de gaz à effet de serre dans l'atmosphère française et le stockage de leurs déjections, avant épandage dans les champs, 12 millions de tonnes. À comparer avec les 13 millions de tonnes des raffineries. Les substances rejetées sont du méthane (CH4) et du protoxyde d'azote (N20), les deux plus importants gaz à l'origine du changement climatique avec le CO2 (dioxyde d'azote ou gaz carbonique). Les 20 millions de bovins français comptent pour 80 % des rejets de l'élevage. Les autres ruminants (moutons et chèvres), tout comme les 10 millions de porcs et les 285 millions de volailles, contribuent beaucoup moins au réchauffement planétaire. Une fois épandues, les déjections bovines sont transformées en engrais organiques. Elles polluent alors l'eau (nitrates) et l'air (protoxyde d'azote). Dans son étude, M. Leguet suggère de modifier l'alimentation des bovins et autres ruminants, en remplaçant par exemple une partie du fourrage par des aliments à plus haute valeur nutritive (granulés) ou plus digestes comme le soja et la luzerne.