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13 avril 2007

Vraiment fumeuse cette « journée nationale »…

Par Destination Santé

Attention, piège ! Vous avez entendu parler d'une « grande journée nationale d'action contre les abus de la psychiatrie », ce 14 avril ? Sachez qu'elle est organisée par l'obscure Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme. En fait, un appendice de l'Eglise de Scientologie !

Elle n'a donc strictement rien à voir avec la très officielle Ligue française pour la défense des Droits de l'Homme et du Citoyen (LDH). Ses représentants d'ailleurs, sont furieux. « Nous leur avons fait des tas de procès mais ils ne s'arrêtent jamais » nous explique un brin dépité, Jean-Pierre Dubois le Président de la LDH.

La Ligue met régulièrement en garde le public face aux actions de cette « commission ». La première fois, c'était dans un communiqué de juillet 1999. « Il est plus que jamais d'actualité », nous confirme Jean-Pierre Dubois.

A cette époque, la LDH soulignait que « par sa dénomination et son sigle, cette commission entretient une confusion intolérable avec la LDH. (…) Cet organisme n'a qu'une seule vocation : défendre les intérêts de l'Eglise de Scientologie et la vision que celle-ci a des droits de l'Homme. A ce titre, elle prend systématiquement à partie le corps médical, particulièrement les psychiatres auxquels elle reproche de dénoncer ses méthodes (…) ». En tout cas et même si cela doit vous faire tirer un trait sur cette « journée nationale », n'oubliez pas que l'Eglise de Scientologie a été classée « mouvement sectaire » par un Rapport enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 22 décembre 1995….

Source : Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme, Ligue française pour la défense des Droits de l'Homme et du Citoyen, avril 2007

24 janvier 2007

Du risque sectaire dans la formation professionnelle

C'est l'un des éléments que met en exergue le rapport annuel de la Miviludes, la Mission de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires • Ou comment le marché de la formation professionnelle peut s'avérer périlleux •

Par Julie LASTERADE
LIBERATION.FR

Ils veulent s'initier au management et se retrouvent nus avec leurs collègues dans une piscine. Ils aimeraient se sentir plus sûrs d'eux et s'inscrivent pour un stage de «guérison du passé». Ils veulent se réorienter professionnellement pour faire du bien aux autres et choisissent une formation de «guérisseur à mains nues». Ils risquent de se retrouver entre les mains de mouvements «à caractères sectaires»....

Dans son quatrième rapport annuel rendu public mercredi, la Miviludes (Mission de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) met l'accent sur «la formation professionnelle et le risque sectaire». Ou comment le marché de la formation professionnelle serait devenu un champ miné.

«Augmentation croissante de prestations visant au développement de la personne, de ses capacités comportementales», «prestations qui investissent de plus en plus l'intimité des personnes», «nouveaux labels, nouveaux métiers», la Miviludes s'inquiète. «Le détournement des objectifs de la formation professionnelle peut conduire notamment, par des procédés de séduction, à des actes ou des pratiques illicites», craint-elle.

La Miviludes refuse de lister les organismes et les formations «à risque». Mais elle cite tout de même la formation de «doula, une nouvelle profession [qui se] développe généralement dans les milieux hostiles à la médicalisation de la maternité» et qui «pose un certain nombre de questions» et «peut concerner des publics vulnérables».

Elle pointe également l'EMF balancing technique dont elle n'hésite pas à dénoncer «la dangerosité dans la mesure où ses applications peuvent se substituer à des traitements médicaux classique». Pas de liste, donc, «le paysage est trop mouvant», explique Françoise Chalmeau, de la Miviludes, mais des mots clefs comme «analyse transactionnelle», «rebirth», «kinésiologie» qui la font tiquer.

«Ce ne sont pas les méthodes qui sont en cause, précise Henri-Pierre Debord, mais les interprétations qui en sont faites». D'apres lui, lorsque des prestataires de services appartiennent à des mouvements caractérisés comme sectaires, c'est la «sécurité» de certaines entreprises qui serait en danger. «Des vols d'ordinateurs par exemple, avance-t-il, des risques d'ordre financier, des risques de déstabilisation des salariés, de modification de comportements ou des risques d'infiltration, comme des détournements de données et d'informations stratégiques».

Henri-Pierre Debord ajoute qu'il recoit entre 200 et 300 questions de salariés ou d'entreprises chaque années sur le risque de dérives sectaires de tel ou tel organisme. Mais rien de plus précis. Le rapport cite en exemple quelques cas d'associations ayant fait l'objet de controles ou d'enquetes. Mais les délits avérés semblent rarissimes. Néanmoins, Henri-Pierre Debord insiste, «nous sommes de plus en plus sollicités par des entreprises, des syndicats ou des salariés confrontés à des situations qu'ils ne comprennent pas». Ils lui demandent «tel organisme présente-t-il un risque sectaire ?», «Telle méthode peut-elle être en lien avec un mouvement sectaire ?», «le responsable de cette société de conseil est membre de ce mouvement, traiter avec lui représente-t-il un risque pour mon entreprise ou pour mes salariés?», rapporte-t-il.

Pour les éviter, c'est cette fois-ci la Miviludes qui se propose de jouer les prestataires de services dans les entreprises et de «sensibiliser au risque sectaire» les responsables administratifs et des ressources humaines. Il s'agit de leur apprendre à repérer «le vocabulaire obscur, le discours anti-social, explique Françoise Chalmeau. De définir un cahier des charges précis de ce que l'on attend de la prestation, de demander aux intervenant de fournir un diplome reconnus par l'éducation nationale. Méfiance aussi si les formations sont organisées le soir ou le week-end, si elles font sauter des repas et jouent sur l'épuisement physique». Et éventuellement, en cas de gros doute, de «suivre l'actualité juridique» de l'organisme de formation.

23 janvier 2007

Les séances de psychothérapie sont-elles utiles ?

Pascale Breton

La Presse

Comment soigner une personne cardiaque et dépressive ? Une chose est maintenant certaine: les séances de psychothérapie ne sont pas plus efficaces qu’une simple consultation médicale.

Chez les personnes qui souffrent d’une maladie cardiaque, le risque de dépression frappe près d’une personne sur cinq. Un taux de deux à trois fois plus élevé que dans la population en générale.

Un groupe de chercheurs canadiens a voulu savoir comment les traiter. Résultats étonnants, la prise d’un antidépresseur combiné à une visite médicale hebdomadaire d’une vingtaine de minutes est aussi efficace qu’un antidépresseur jumelé à une psychothérapie.

«Nous ne sommes pas surpris de l’effet de l’antidépresseur, mais nous sommes surpris de voir qu’une visite de seulement 20 minutes était à ce point utile par rapport au fait de passer plus de temps avec le patient», explique le Dr François Lespérance.

Professeur en psychiatrie à l’Université de Montréal et chef du département de psychiatrie du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), le Dr Lespérance a dirigé les travaux.

Au total, 284 patients ont été suivis dans une dizaine d’hôpitaux du Canada entre mai 2002 et mars 2006. C’est la première étude sur le sujet qui analyse à la fois l’application d’un traitement pharmacologique et un traitement non pharmacologique, précise le Dr Lespérance.

Les chercheurs notent un lien étroit entre la dépression et une maladie cardiaque. Chez certains patients, l’annonce d’une maladie physique entraîne un stress chronique qui mène à la dépression. D’autres auraient des facteurs de vulnérabilité génétique qui prédisposent aux deux problèmes.

Une dépression peut aussi prédisposer à développer plus tard un problème cardiaque, au même titre que le tabagisme ou le cholestérol.

Pour les fins de l’étude, une cohorte de patients a reçu un antidépresseur qui agit sur la sérotonine, une substance présente dans le cerveau qui sert de neurotransmetteur. L’autre groupe a reçu un placebo. «Avec la prise d’un antidépresseur, nous avons noté une amélioration de 15%», indique le Dr Lespérance.

En parallèle, le deuxième volet de l’étude portait sur le traitement non pharmacologique. Une cohorte se présentait pour une consultation médicale de 20 minutes auprès d’un professionnel. En plus de cette visite, les participants de l’autre cohorte avaient droit en plus à une psychothérapie individuelle.

Dans ce cas, les résultats ne sont pas concluants. La plupart des participants se sont pourtant montrés enthousiastes face à la psychothérapie. Ils se présentaient à toutes les séances. Les thérapeutes avaient été formés pour cette étude et le modèle semblait prometteur pour les chercheurs.

«L’une des hypothèses dont nous avons discuté est que lorsqu’on traite une dépression majeure avec une condition physique associée comme une maladie cardiaque, les gens peuvent trouver difficile de s’adapter à la maladie et de discuter des enjeux de la dépression», souligne le Dr Lespérance.

Si la psychothérapie s’est avérée peu utile dans le cas des malades cardiaques, elle n’est toutefois pas remise en question pour le traitement de la dépression en général.


Comme quoi une simple visite médicale peut faire autant d'effet placebo qu'une inutile psychothérapie.

02 mars 2005

Psychothérapies: polémiques chez les psys français autour d'un rapport contesté

mercredi 2 mars 2005, 12h54
Psychothérapies: polémiques chez les psys français autour d'un rapport contesté
PARIS (AFP) – Entamé voici un an, un affrontement entre partisans des différentes méthodes de psychothérapies à propos d'un rapport de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), vient de connaître de nouveaux rebondissements.
Le Forum des psys, qui regroupe des psychanalystes et des psychothérapeutes opposés au rapport, a décidé mardi de publier sur son site internet la "synthèse complète" du texte contesté, après s'être félicité, voici un mois, de son retrait du site du ministère de la Santé.
Satisfaits de voir retirée ce qu'ils considéraient comme une "caution" ministérielle, les opposants ne souhaitent pas pour autant que "ce travail soit caché", a expliqué à l'AFP le psychanalyste Gérard Miller, professeur à l'université de Paris VIII. Le rapport évaluant l'efficacité de différentes psychothérapies avait reçu, dès sa publication en février 2004, le soutien des partisans des thérapies comportementales et suscité les critiques des défenseurs de la psychanalyse et des psychothérapies d'inspiration analytique nées des travaux de Sigmund Freud.
Ces derniers lui reprochent notamment de faire une part trop belle aux thérapies comportementales et cognitives (TCC) visant notamment à résoudre des problèmes concrets (phobie des araignées, de la foule...) en réapprenant comment les affronter.
Le 5 février, le ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy avait annoncé lors du Forum des psys à Paris, le retrait du site internet du ministère du rapport qui avait pourtant été accueilli positivement par plusieurs associations de malades.
En marquant ses distances, M. Douste-Blazy a donné "satisfaction à l'immense majorité des psychanalystes et des psychothérapeutes", selon le Forum des psys, animé par Jacques-Alain Miller, chef de file de l’Ecole de la cause freudienne, d'orientation lacanienne.
La publication d'une synthèse du rapport sur le site du Forum des psys (www.forumpsy.org) vise, selon un communiqué de ce mouvement, à "permettre à ceux qui le souhaiteraient d'en découvrir les présupposés sectaires", voire "les conclusions fantaisistes".
L'Association française de thérapie comportementale et cognitive (AFTCC), qui déclare regrouper un millier de professionnels, a pour sa part manifesté son "étonnement", sa "protestation" et son "inquiétude" dans une lettre ouverte adressée le 10 février à Philippe Douste-Blazy.
"Il ne faudrait pas que votre position doctrinaire conduise à des pertes de chances pour les malades", écrivait la présidente de l'AFTCC Annick Craignou. Le Syndicat national des chercheurs scientifiques (SNCS) a également critiqué dans un communiqué "l'affront fait à l'Inserm", qui "s'apparente à un pur acte de censure dans une optique parfaitement clientéliste", qualifiant de "scandale" la décision de retrait du rapport du site du ministère.
Ce rapport reste toujours accessible sur le site de l'Inserm.
Jeanne Etiemble, qui a dirigé l'expertise collective de l'Inserm, réalisée à la demande de la Direction générale de la santé et de deux associations de patients, souligne avoir utilisé la "démarche classique" en s'appuyant sur la littérature scientifique internationale pour évaluer les différents types de psychothérapies à partir de plusieurs centaines d'études.
La "mission a été remplie", a-t-elle déclaré à l'AFP, en reconnaissant que seulement une quinzaine d'études portant sur l'efficacité des techniques psychanalytiques avaient pu être retenues, car il en existe moins pour ces techniques que pour les TCC.


Il est attristant de voir que la volonté de voir la médecine justifier de son efficacité soit mise en échec par des décisions politiciennes. Reste un rapport qui souligne le peu d’efficacité des techniques freudiennes. Le peu d’études retenues souligne l’incapacité générale de la profession de proposer des protocoles permettant une reproductibilité méritant le qualificatif de « scientifique ».