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03 juin 2008

Quatre bibliothèques de la Ville de Paris ont dû débrancher leurs bornes Wi-Fi face aux inquiétudes du personnel. Dernière en date : la bibliothèque interuniversitaire Sainte-Geneviève, dans le 5e arrondissement. La direction a pris cette décision après qu'un employé eut décidé d'exercer son droit de retrait, en vertu d'un moratoire sur le Wi-Fi, adopté en octobre 2007 par le comité d'hygiène et de sécurité.

Magasinier depuis quatre ans dans cet établissement, Gabriel Fondet témoigne : "Les douleurs se sont installées progressivement. Entre les téléphones portables activés, les ordinateurs portables connectés au Wi-Fi, les lampes à fort rayonnement, les antennes-relais de téléphonie à proximité, nous sommes exposés en permanence." D'autres témoignages lui ont permis de déterminer l'origine de ses troubles. Néanmoins, il reste prudent : "Les autres sources de pollution électromagnétiques sont à prendre aussi en compte. Le Wi-Fi seul n'est peut-être pas responsable de tous les maux", admet M. Fondet.

Le syndicat Supap-FSU et les associations Priartem, Agir pour l'environnement et Robin des toits soutiennent les employés. "Certains avancent que les douleurs seraient psychosomatiques. C'est un argument sans preuve ! Nous n'avons aucune prénotion sur le niveau d'exposition à partir duquel les gens souffrent", explique Stéphane Kerckhove, délégué général d'Agir pour l'environnement.

Janine Le Calvez, présidente de Priartem, fait le même constat : "Le Wi-Fi a été développé sans aucune étude d'impact sanitaire. Nous sommes passés du déni des effets à l'incertitude."

Les responsables de l'Association française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) ne partagent pas cet avis. "Nous ne pouvons pas nous permettre d'éliminer d'autres causes, comme le stress, lié à la présence d'antenne de rayonnement. Scientifiquement, on ne peut accorder foi à la thèse des malaises dus au Wi-Fi. Il n'y a aucun trouble connu à court terme", estime Olivier Merckel, chef de l'unité agent physique.

Face à ces interrogations, la connexion filaire traditionnelle fait son retour comme à la Bibliothèque nationale de France et dans les écoles de Courbevoie (Hauts-de-Seine).

Lucile Ageron


Encore une fois, l'inversion de la charge de la preuve est présentée sous couvert du principe de précaution. Les bibliothèques souhaitant installer un système Wifi ne pouvant pas procéder à des études cliniques, l'interdiction est gagnée d'avance. Reste à faire croire aux employés des bibliothèques qu'on a installé un système Wifi et à les écouter se plaindre des maux de tête que ce système inexistant provoque chez eux. Un test en simple aveugle qui révèlerait les simulateurs psychosomatiques.

25 septembre 2007

Study: Acupuncture Eases Low Back Pain

Patients Report More Pain Relief From Acupuncture Than Conventional Treatment
By Salynn Boyles
WebMD Medical News
Reviewed by Louise Chang, MD

Sept. 24, 2007 -- Acupuncture proved to be more effective than conventional lower back pain treatments in a new study, but it was no more effective than a sham needle procedure.

The German study compared outcomes among 1,162 patients with chronic low back pain treated with traditional Chinese acupuncture; sham acupuncture; or a conventional approach to treating back pain using drugs, physical therapy, and exercise.

The study is the largest investigation of acupuncture vs. conventional nonsurgical treatment for lower back pain ever reported, researchers say.

"Acupuncture represents a highly promising and effective treatment option for chronic back pain," researcher Heinz Endres, MD, tells WebMD. "Patients experienced not only reduced pain intensity, but also reported improvements in the disability that often results from back pain -- and therefore in their quality of life."
Acupuncture for Back Pain

Endres says up to 85% of people will suffer from low back pain at some point in their lives. The pain may last for a few days or continue as chronic low back pain for months and years.

While a recent review of research showed acupuncture to be useful for the treatment of low back pain when given in addition to other therapies, the latest study was designed to determine if acupuncture is an effective treatment on its own.

Acupuncture was delivered in 10, 30-minute sessions conducted over six weeks. Patients who received conventional treatments had a similar number of total treatments, which included exercise, pain medication, and nonsteroidal anti-inflammatory drugs (NSAIDs).

The acupuncture groups were allowed to use medication for acute episodes of back pain only. This consisted of NSAID use no more than two days a week during the treatment period.

Traditional acupuncture involved inserting needles at fixed points and depths on the body and manipulating the needles in accordance with ancient Chinese practice.

With the sham treatment, needles were inserted in the lower back at shallower depths at non-acupuncture points and the needles were not manipulated.

Patients who got the traditional and sham acupuncture treatments were almost twice as likely to report treatment-related responses six months later as patients who did not have acupuncture.

Responses were defined as a 33% improvement in pain or a 12% improvement in functional ability.

"Because acupuncture has a low risk of side effects and few contraindications, it should be added to the catalogue of treatments recommended for acute and chronic back pain, even though -- just as for any other form of treatment -- there will always be some patients who do not respond," Endres says.
Sham Acupuncture Works

Several earlier studies involving patients with chronic pain have shown similar benefits for traditional and sham acupuncture.

A 2005 analysis of 33 back pain studies did show a treatment advantage for traditional acupuncture, but a researcher involved in the analysis says more recent studies challenge this finding.

"The evidence as a whole suggests that the benefits of true acupuncture over sham acupuncture are almost clinically irrelevant," Eric Manheimer, MS, of the University of Maryland Center for Integrative Medicine tells WebMD. "The reasons for this are not really clear. It may be that putting the needles anywhere stimulates some sort of analgesic effect."

Acupuncture is still considered an alternative treatment for low back pain in the U.S., but this is no longer the case in Germany. Based on findings from the newly reported study, it is now covered by state health insurance.

Endres says acupuncture is a clearly useful treatment for low back pain, even if we don't understand why.

"Just because we cannot explain exactly the mechanism by which a treatment works, doesn't mean that it doesn't work," he says.


La conclusion de l'article est contredite par son contenu. En effet, le fait que le placebo soit aussi efficace que l'acupuncture montre clairement qu'elle n'a aucun intérêt particulier. Ce qu'on peut se demander à la rigueur, c'est pourquoi le placebo de cette étude est meilleur que celui des autres études. Mais l'utilisation d'un placebo correct est rare parmi les études d'acupuncture, ce qui rend leur comparaison délicate. On remarque aussi l'absence implicite de double-aveugle dans cette étude (les soignants devant connaître les membres du groupe placebo pour leur appliquer le 'faux' traitement).

05 février 2007

Camembert : 45 % de matière grasse ou 1% de matière grise ?

Par Destination Santé

Fromage le plus consommé de France, le camembert fleure les pieds du Bon Dieu… et n'élèverait pas le taux de cholestérol. Tels sont les résultats d'une étude commanditée par un célèbre fromager. Pas de quoi pourtant, en faire tout un fromage…

Fleuron de notre patrimoine gastronomique, le camembert est souvent le supplément d'un bon repas. C'est aussi un fromage riche en calcium (environ 200 mg la portion de 30 g), un atout malheureusement compensé par une importante quantité de lipides, en particulier des acides gras saturés reconnus pour leur effet néfaste sur le taux de cholestérol.

Pour étudier l'impact d'un tel fromage sur le bilan lipidique, un fromager de Normandie a engagé 65 volontaires de 20 à 50 ans. Les uns étaient en bonne santé, les autres présentaient un taux de cholestérol modérément élevé. Pendant 4 semaines, ils ont dû ingérer quotidiennement deux pots de yaourt. Durant 4 autres semaines, l'expérience a comporté la consommation journalière d'un quart de camembert (60g). Verdict selon les auteurs : pas de variation du cholestérol total avec les deux laitages, et une baisse significative du mauvais cholestérol avec le camembert.

Cette étude pourtant, pose question. Elle comporte en effet de nombreux biais méthodologiques et notamment, l'absence d'un véritable groupe contrôle. C'est d'autant plus dommage que la consommation régulière de laitages, en particulier de laitages fermentés, semble associée à une protection du coeur et des vaisseaux. Mais de nombreuses incertitudes demeurent et des données conflictuelles existent toujours sur l'effet hypocholestérolémiant du fromage, au contraire de certains laitages dits « probiotiques ». Bref, plutôt que d'avancer trop hâtivement les vertus d'un fromage en particulier il conviendrait plutôt, en l'état actuel des connaissances, de plaider pour une consommation variée de laitages. Et à ne pas se montrer trop coulant avec le fromage, d'autant plus s'il est gras...

Source : groupe Lactalis – Dr Yves Donazzolo, Centre de Recherche clinique à Gières


Ne parlons pas du double-aveugle, du conflit d'intérêt, etc. Disons-le carrément, nous avons là le top-niveau de la mauvaise science.

30 janvier 2007

Le temps des charlatans

Le dossier spécial sur les médecines ‘alternatives’ du magazine de vulgarisation scientifique « Science & Avenir », de février 2007, a de quoi faire peur. La rédactrice du dossier, Sylvie Riou-Milliot, apparemment très complaisante, nous informe qu’une vingtaine d’établissements hospitaliers offrent des consultations de médecine ‘alternative’. La liste est en fait très courte : seules l’acupuncture et l’homéopathie ont droit de cité à Paris. La liste s’allonge quelque peu en région parisienne : ostéopathie et auriculothérapie dans un établissement chacun. Sophrologie, toucher-massage, hypnose n’apparaissent qu’en province.

La rédactrice du dossier, a choisi de ne présenter que des médecins pratiquant une de ces pseudo-médecines, qui tous ­­— on s’en doute — sont convaincus de l’efficacité de leur technique. L’un d’entre eux, le Dr David Alimi, neurophysiologiste responsable de la consultation d’auriculothérapie à l’IGR de Villejuif, affirme même tout de go : « Pour asseoir une discipline, rien ne vaut la validation et l’évaluation scientifique. »
Certes, mais alors pourquoi aucune liste d’études cliniques (randomisées, en double-aveugle et contre placebo) n’est simplement mentionnée dans ce dossier ? Peut-être parce que l’on serait bien en peine de produire la moindre étude de qualité dans le domaine de l’auriculothérapie. Voir en particulier l'analyse par l'AFIS d'une des études du Dr Alimi qui montre que le double-aveugle n'est pas de mise dans son étude, et une discussion plus générale de l'auriculothérapie).

On serait bien en peine de trouver de telles études de qualité dans le domaine des pseudo-médecines mentionnées dans ce dossier. Il faut savoir que les études cliniques de qualité sont très rares (cela coute très cher et cela prouve souvent qu'on se trompe) même dans le domaine de la médecine scientifique. Alors pour la médecine de Molière, ça devient inabordable vu que les résultats ne sont jamais au rendez-vous. Alors, on fait de mauvaises études et on brandit triomphalement des résultats biaisés. La triste histoire de Benvéniste vient à notre mémoire (celle de l’eau, bien sûr). Le double-aveugle imposé par le protocole défini avec l’illusionniste James Randi a montré que les résultats de Benvéniste étaient dus à un biais. L’expérience a été renouvelée avec le programme scientifique Horizon de la BBC quelques années plus tard, mettant un point (final ?) à ces prétentions.

Dans un encart, la rédactrice nous prévient qu’il faut « se méfier du jargon pseudo-médical, de concepts fumeux et de mécanismes complexes ». Dont acte !
Parlons donc du principe de similitude de l’homéopathie (ne pas confondre avec les principes de la vaccination), du principe des hautes dilutions dépassant le point où plus la moindre molécule de produit ne peut subsister (moins il y en a, plus ça fait d’effet), de la « mémoire de l’eau » (l’eau gardant miraculeusement les propriétés des molécules qui y seraient passées), de la transmission électronique des propriétés médicamenteuses par Internet (dernière lubie de Benvéniste) et autres inepties.
Parlons de l’acupuncture et son jargon de « méridiens » (jamais observés physiquement), d’énergie du « chi », de « point zhi yin ». Sans doute ces concepts paraissent-ils très clairs à la rédactrice, qui ne semble pas franchement tentée de les expliquer. Et pourtant, il y aurait de quoi dire !

Alors, si la théorie est invraisemblable, les résultats, eux, peuvent néanmoins être valides (on peut avoir tort dans le principe mais tomber juste par hasard, ce n’est pas parce que le raisonnement est faux que le résultat l’est, etc.). Dans ce cas, les études cliniques devraient montrer des résultats clairs. Les tenants des pseudo-médecines, faute de pouvoir justifier leurs théories, se tournent vers les succès supposés de leurs pratiques (le « ça marche », voir aussi http://charlatans.free.fr/camarche.shtml). Les défauts méthodologiques des études cliniques sont constatables même par des néophytes. Ce qui explique pourquoi les études se succèdent et se contredisent. Les réalités sont tristes : plus les études sont faites correctement, scientifiquement, plus les résultats des pseudo-médecines se rapprochent de l’effet placebo, parfois même par le bas et avec des effets secondaires non négligeables. Ces constatations ont été faites à plusieurs reprises par des journaux scientifiques prestigieux qui ont passé en revue de nombreuses études cliniques (voir la réaction des laboratoires Boiron).
Les théories à la base des pseudo-médecines sont parfaitement ineptes et nul ne peut expliquer les effets ‘observés’, lorsqu’ils ne sont pas tout simplement imaginés, autrement que par un effet placebo dont la réalité a été constatée empiriquement par l’imagerie cérébrale (voir aussi une étude sur la variabilité de l'effet placebo).

Le dossier de Sciences & Avenir se conclut par une déclaration enthousiaste du Pr Boustie, de la fac de pharmacie de Rennes, sur les bienfaits du millepertuis pour lutter contre la dépression. Las ! Sens Commun a déjà publié une nouvelle du British Medical Journal en 2005 sur les bienfaits du millepertuis.

Le dossier est suivi d’une interview du psychothérapeute Thierry Janssen, qui répète les affirmations contestables et contestées de la rédactrice du dossier, notamment sur la supériorité alléguée des pseudo-médecines par rapport au placebo. Thierry Janssen n’oublie pas de critiquer le « réductionnisme scientifique », et cite Linus Pauling qui s’exprime sur ce qu’est la vie. On se demande encore ce que Pauling, un physicien et chimiste vient faire dans cette galère. Il s’était singularisé il y a quelques années en soutenant que l’absorption de doses massives de vitamine C aurait des effets très bénéfiques sur les défenses immunitaires. On lira à ce sujet une nouvelle de Nature.
Quand Thierry Janssen parle « d’enrichir » la médecine scientifique avec « des concepts plus larges », on se retient de rire. Décidément, Molière et son Médecin malgré lui est plus actuel que jamais. Avec Sciences et Avenir, ce serait plutôt Le Tartuffe. A quand la « kinésiologie appliquée » dans les hôpitaux ?

Liens recommandés :
- Acupuncture
http://pseudo-medecines.org/articles.php?lng=fr&pg=13 http://charlatans.free.fr/acupuncture.shtml http://sens-commun.blogspot.com/search/label/acupuncture
- Placebo
http://sens-commun.blogspot.com/search/label/placebo
http://charlatans.free.fr/placebo.shtml http://pseudo-medecines.org/articles.php?lng=fr&pg=29
- Homéopathie
http://sens-commun.blogspot.com/search/label/homeopathie
http://charlatans.free.fr/homeopathie.shtml http://pseudo-medecines.org/articles.php?lng=fr&pg=9
- Ostéopathie
http://sens-commun.blogspot.com/search/label/osteopathie
http://charlatans.free.fr/osteocranien.shtml http://pseudo-medecines.org/articles.php?lng=fr&pg=20
- Phytothérapie
http://sens-commun.blogspot.com/search/label/phytotherapie
http://pseudo-medecines.org/articles.php?lng=fr&pg=125
- Iridologie
http://charlatans.free.fr/irido.shtml
- Discussions générales
http://pseudo-medecines.org
http://charlatans.free.fr/medecines_paralleles.shtml
http://charlatans.free.fr/questionnaire.shtml

Bibliographie :
Le sommeil de la raison, Norbert Bensaïd
Les charlatans de la santé, Jean-Marie ABGRALL
Idées folles, idées fausses en médecine, Skrabanek, Mc Cormick
Les pseudo-médecines, Jean Brissonnet
Les médecines douces, Jean-Jacques AULAS
Médecines parallèles et cancers, Dr. Olivier Jallut
La magie et la raison, Simon Schraub
Histoires parallèles de la médecine. Des Fleurs de Bach à l'ostéopathie, Thomas Sandoz

22 décembre 2006

Homéo et animaux : pas de placebo !

Par Destination Santé

Depuis la fin du XVIIIème siècle, l'homéopathie est utilisée chez l'animal, comme chez l'homme. Or malgré des résultats apparemment bien visibles, les détracteurs de cette thérapeutique parlent encore d'effet placebo. Ont-ils tort ou raison ?

Pour Marie-Noëlle Issautier, vétérinaire chargée de cours à l'Ecole Nationale vétérinaire de Lyon et auteur de nombreux ouvrages, le doute n'est pas envisageable. Même chez nos amis les bêtes. « Le simple test du sucre chez un chien ayant le mal des transports est révélateur. S'il reçoit un médicament homéopathique, l'animal est paisible durant le trajet. Si on lui donne un sucre seul, il sera malade à coup sûr ! »

L'homéopathie n'est pas seulement réservée aux animaux de compagnie. Elle est également utilisée dans l'élevage intensif. Et là, il paraît difficile de parler d'effet psychologique ! Car ces traitements sont donnés aux animaux via leur alimentation et leur eau de boisson.

Nous l'ignorons souvent, mais les animaux d'élevage industriel souffrent de diverses pathologies, généralement liées au stress, que l'homéopathie permet de traiter efficacement. Les animaux, stressés, peuvent être atteints de diarrhées, de mammites chez les bovins, d'une baisse des défenses immunitaires, ou du syndrome de picage chez les volailles. » Le syndrome de picage ? C'est une mutilation. Les animaux se piquent les uns les autres. Ces troubles nuisent à la qualité de la viande.

Or en améliorant le soin des animaux, l'homéopathie concourt également à une meilleure qualité de la production, tout en évitant de charger les bêtes en antibiotiques. Ainsi donc l'homéopathie chez l'animal, ça marche ! Et c'est même, pour de nombreux éleveurs, une solution d'avenir, économiquement intéressante.

Source : interview de Marie-Noëlle Issautier, Docteur vétérinaire attachée de cours à l'Ecole nationale vétérinaire de Lyon


Un exemple typique du témoignage de foi, et du conflit d'intérêt. L'affirmation de la supériorité de l'homéopathie par rapport au placebo n'est étayée par aucune référence scientifique sérieuse, pas plus pour les animaux que pour les bébés. L'homéopathie est par contre régulièrement comparée au placebo pour les adultes, et défavorablement par rapport aux médicaments dans de nombreuses études scientifiques.

Référence; Canis Homeopaticus.

01 avril 2005

Etudes cliniques : les critères de jugement

Ces dernières années, nous avons pu observer une recrudescence des attaques contre les vaccinations (ROR, Hépatite B, etc.). Certaines de ces attaques utilisent des études cliniques alarmistes publiées dans des journaux scientifiques. Une étude clinique permet de tester un produit, un médicament, un aliment, un facteur environnemental etc., sur une population donnée, généralement pour en mesurer l’influence sur une pathologie.
Il est bon de rappeler quelques ‘évidences’ :
a) les scientifiques peuvent se tromper. Il n’est pas rare qu’une publication soit suivie d’une rétractation des auteurs.
b) certains journaux scientifiques sont moins cotés que d’autres : les meilleurs possèdent un comité de lecture constitué de scientifiques compétents qui relisent les articles et émettent leur avis avant toute publication (on parle de peer-reviewed journal). D’autres ne possèdent aucun comité de lecture.
c) certaines études cliniques présentent des défauts de conception scientifique. Ces failles sont assez facilement repérables, même par des non-initiés car les informations nécessaires figurent obligatoirement dans le résumé de l’étude qui est généralement publié en tête d’article. Nous allons détailler quelques-unes de ces failles dans la suite de cet article.
d) Enfin, certaines études cliniques sont financées par des groupes ayant un intérêt, généralement financier (groupe industriel) ou idéologique (groupe politique, sectaire). C’est parfois plus difficile à savoir, car certains auteurs restent discrets sur leurs sources de financement. Ce conflit d’intérêt (entre l’intégrité scientifique sur le résultat et la partialité du financeur) peut conduire un auteur à favoriser, même inconsciemment, un résultat plutôt qu’un autre. Généralement, cela suffit pour qu’un journal scientifique sérieux refuse la publication, s’il est averti de ce conflit d’intérêt.
Il suffit qu’une étude clinique présente un des problèmes mentionnés ci-dessus pour qu’elle soit mise en doute par la communauté scientifique, comme une preuve douteuse doit être rejetée par un jury.

Voici quelques-unes des failles les plus courantes du type mentionné au paragraphe c ci-dessus :
1) une étude statistique doit porter sur un nombre suffisant de cas. Il est difficile d’être plus précis sans savoir le phénomène sur lequel porte l’étude, mais typiquement cela se compte en centaines de personnes plutôt qu’en dizaines, pour pouvoir obtenir une significativité du résultat. Plus l’effet à démontrer est faible ou proche de l’effet placebo, plus il faudra augmenter le nombre de personnes participant à l’étude. La taille du groupe est généralement indiquée dans le résumé. Pour s’affranchir de ce problème on peut regrouper plusieurs études similaires en une seule méta-analyse, dont les résultats seront plus fiables. Néanmoins, une méta-analyse n’est pas une panacée pour faire du bon avec du mauvais (une méta-analyse fondée sur de mauvaises études ne fournira pas un bon résultat pour autant).
2) une étude doit comporter un groupe de contrôle (controlled study) qui indiquera quelles sont les valeurs ‘normales’ pour une population considérée. Ce groupe ne subit pas de traitement particulier et ses résultats sont comparés avec ceux du groupe traité. Chaque groupe doit avoir une taille suffisante pour valider un résultat statistique crédible.
3) une étude doit être conduite en double aveugle, dans la mesure du possible. Dans une étude en double aveugle (double-blind study), les intervenants ignorent les informations qui pourraient influencer les sujets et les sujets ignorent s’ils font partie du groupe de contrôle ou du groupe étudié. Par exemple, les médecins ignoreront quels patients ont reçu un médicament et quels autres ont reçu la pilule sucrée.
4) La répartition dans les différents groupes doit être effectuée de façon aléatoire (randomized test), sans connaissance des intervenants. Seul le statisticien de l’étude pourra reconstituer le puzzle en fin d’étude, sachant qui appartenait à quel groupe, ce qui assure l’objectivité de chacun.
5) les patients étant influençables par suggestion, on obtient parfois un effet placebo en donnant un faux médicament (généralement une pilule sucrée) en lieu et place d’un médicament faisant partie de l’étude. On peut alors mesurer l’effet placebo sur le groupe qui a reçu la pilule sucrée par rapport à celui qui n’a rien reçu. On parle d’étude « contre placebo ». Un médicament efficace doit obtenir un score significativement meilleur que le placebo, sans quoi il n’a aucune valeur thérapeutique. Remarque : l’effet placebo varie en fonction de plusieurs facteurs, dont le type de pathologie, l’environnement médical, le pouvoir de conviction des intervenants, etc. Il faut donc refaire l’étalonnage du placebo pour chaque nouvelle étude car il est très difficile de chiffrer l’effet placebo de façon universelle. Il faut également s’assurer que le traitement placebo ne peut pas être distingué du traitement réel par les patients ou les intervenants, sous peine d’invalider le double-aveugle.
6) Une étude statistique ne peut seule mesurer une causalité, sauf dans des cas très simplistes, qui n’existent virtuellement pas en médecine. Elles ne peuvent mesurer qu’une corrélation (voir l’éditorial du numéro de mars 2005 de Sens Commun).

En résumé, une bonne étude clinique portera sur un groupe de quelques centaines de personnes (selon les besoins statistiques), aura un groupe de contrôle (controlled study), sera conduite en double-aveugle (double-blind), ‘randomisée’ (randomized) et comparée à un placebo.
Résumé de l’étude Wakefield :

Summary

Background We investigated a consecutive series of children with chronic enterocolitis and regressive developmental disorder.

Methods 12 children (mean age 6 years [range 3-10], 11 boys) were referred to a paediatric gastroenterology unit with a history of normal development followed by loss of acquired skills, including language, together with diarrhoea and abdominal pain. Children underwent gastroenterological, neurological, and developmental assessment and review of developmental records.
Ileocolonoscopy and biopsy sampling, magnetic-resonance imaging (MRI), electroencephalography (EEG), and lumbar puncture were done under sedation.
Barium follow-through radiography was done where possible. Biochemical, haematological, and immunological profiles were examined.

Findings
Onset of behavioural symptoms was associated, by the parents, with measles, mumps, and rubella vaccination in eight of the 12 children, with measles infection in one child, and otitis media in another. All 12 children had intestinal abnormalities, ranging from lymphoid nodular hyperplasia to aphthoid ulceration. Histology showed patchy chronic inflammation in the colon in 11 children and reactive ileal lymphoid hyperplasia in seven, but no granulomas.
Behavioural disorders included autism (nine), disintegrative psychosis (one), and possible postviral or vaccinal encephalitis (two). There were no focal neurological abnormalities and MRI and EEG tests were normal. Abnormal laboratory results were significantly raised urinary methylmalonic acid compared with age-matched controls (p=0·003), low haemoglobin in four children, and a low serum IgA in four children.

Interpretation We identified associated gastrointestinal disease and developmental regression in a group of previously normal children, which was generally associated in time with possible environmental triggers.

Lancet 1998; 351: 637-41*


On constate l’absence de groupe de contrôle, l’absence de double-aveugle, le faible nombre de cas étudiés (12) et une association faite a priori avec la vaccination par les parents, donc par un raisonnement erroné de type « sophisme post hoc » (« c’est arrivé après, donc ça a été causé par… »).
Le Lancet est néanmoins un journal médical très réputé. Suite aux études qui ont invalidé les affirmations de l’étude Wakefield et la révélation d’un conflit d’intérêt (Wakefield était payé par des parents d’enfants autistes, pour une deuxième étude qui incluait des patients de la première, en vue d’une action en justice), le Lancet a présenté ses excuses. Les co-auteurs de l’étude se sont rétractés en exprimant leurs regrets pour les effets négatifs de la panique injustifiée soulevée au nom de leur étude, qui a provoqué une baisse spectaculaire de la couverture vaccinale, avec pour conséquence une épidémie de rougeole au Royaume Uni, de rubéole aux Pays-Bas.

Résumé de l’étude danoise ayant contredit les affirmations de l’étude Wakefield :
Reference
KM Madsen et al. A population-based study of measles, mumps and rubella vaccination and autism. New England Journal of Medicine 2002 347: 1477-1482.

Study
This was a retrospective study of all children born in Denmark between January 1991 to December 1998. In Denmark, a system of unique personal identification numbers, linked to vaccination registers and linked information about the diagnosis of autism makes almost complete follow up possible. A record review of 40 children with autism by a consultant in child psychiatry confirmed that 92% of children met operational criteria for autism.
The national Danish vaccination program recommends first vaccination a 15 months and again at 12 years.

Results
There were 440,655 children vaccinated, and 96,648 children who were unvaccinated. The mean age of vaccination was 17 months, and 99% of children vaccinated had their first vaccination before they were three years of age. The proportion of vaccinated boys and girls was the same, at 82%.
Table 1 shows the number and percent of children who developed autism or autistic spectrum disorders.

Table 1: Autism and MMR vaccination in Denmark

VaccinatedUnvaccinated
Total440,65596,648
Number with autism26353
Percent with autism0.0600.055
Number with autistic spectrum disorder34577
Percent with autistic spectrum disorder0.0780.080

Using person-years of exposure, there was no statistically significant difference between vaccinated and unvaccinated children for autism (relative risk 0.9, 95% confidence interval 0.7 to 1.2) or autistic spectrum disorders (relative risk 0.8, 0.7 to 1.1). There was no association between development of autism and age at vaccination (95% before two years of age) or the interval between vaccination and development of autism with no clustering at any particular time.


Groupe de 440665 enfants vaccinés, groupe de contrôle de 94648 enfants non vaccinés, pas de sélection des enfants inclus dans l’étude (tous les enfants nés de 1991 à 1998). Comme il s’agit d’une étude rétrospective, le double-aveugle n’a pas de sens (impossible de remonter dans le temps pour influencer les patients). Le New England Journal of Medicine est également un journal très coté. Son impact factor, une mesure de son influence dans les milieux scientifiques, est de 29,065 contre 13,251 pour le Lancet, en 2001.
Le résultat de l’étude montre l’absence totale de différence statistiquement significative entre les deux groupes, donc l’absence d’influence du MMR sur l’autisme.