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22 mars 2007

Charlie Hebdo relaxé dans l'affaire des caricatures de Mahomet

PARIS (Reuters) - Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé le directeur de Charlie Hebdo, Philippe Val, qui était poursuivi pour "injures raciales" après la publication en 2006 de trois caricatures du prophète Mahomet.

Les juges ont suivi le parquet qui avait requis cette relaxe lors de l'audience, en février. Charlie Hebdo avait alors reçu le soutien de nombreuses personnalités, dont François Bayrou, François Hollande et Nicolas Sarkozy.

L'Union des organisations islamiques de France (Uoif), un des trois plaignants, a annoncé son intention de faire appel. L'affaire sera donc rejugée dans un délai d'environ un an.

La Grande mosquée de Paris a en revanche dit qu'elle ne ferait pas appel. La Ligue islamique mondiale, troisième plaignant, ne s'est pas prononcée.

"Je suis content, pas uniquement pour Charlie, mais pour nous tous. C'est une bonne nouvelle pour ceux qui croient à la liberté d'expression et pour les musulmans laïcs et républicains", a dit Philippe Val.

Sur les trois dessins en question, deux ne visent pas l'ensemble des musulmans mais les intégristes et ils sont donc totalement légaux, sans ambiguïté, a dit le tribunal.

MAHOMET ET UNE BOMBE

Le premier, initialement publié au Danemark en 2005 par le journal Jyllands-Posten, montrait Mahomet accueillant des kamikazes au paradis et déclarant : "Stop, on est à court de vierges".

Le deuxième, oeuvre du dessinateur Cabu et publié en couverture de Charlie Hebdo, montrait, avec un titre "Mahomet débordé par les intégristes", le prophète qui se voile les yeux et dit : "C'est dur d'être aimé par des cons".

En revanche, le troisième dessin visé, également repris de Jyllands-Posten et qui montre Mahomet portant une bombe dans son turban, est "en soi et pris isolément, de nature à outrager l'ensemble des adeptes de la foi musulmane", ajoutent les juges.

Selon eux, se publication doit cependant être replacée dans le contexte général de l'édition de Charlie Hebdo, qui traitait de l'intégrisme et des problèmes de la liberté d'expression posés par les violences ayant agité l'ensemble du monde musulman après la publication des caricatures au Danemark.

"(Le dessin) ne peut qu'être regardé comme participant à la réflexion dans le cadre d'un débat d'idées sur les dérives de certains tenants d'un islam intégriste ayant donné lieu à des débats violents", écrit le tribunal.

"Les limites admissibles de la liberté d'expression n'ont pas été dépassées, les dessins litigieux participant au débat public d'intérêt général", conclut-il.

Me Francis Szpiner et Christophe Bigot, avocats de la Grande mosquée de Paris, se sont dit satisfaits de la partie du jugement concernant ce troisième dessin. "Le tribunal partage une partie de notre analyse", a dit Me Szpiner. "Ce jugement pose des jalons pour l'avenir", a ajouté Me Bigot.

Ce procès est parmi les premiers en Europe à traiter directement de la question soulevée par des dessins du quotidien Jyllands-Posten.

Ils avaient provoqué une vague de violences dans le monde musulman et un boycottage des produits danois par de nombreux pays. La justice danoise a déjà décidé de ne pas engager de poursuites pénales sur des plaintes similaires.

Les plaignants français demandaient des dommages et intérêts et la publication d'un jugement reconnaissant l'existence du délit d'"injures publiques envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion", en théorie passible de six mois de prison et de 22.500 euros d'amende.


Le bon sens et la raison ont prévalu. Ce n'est pas toujours le cas, alors réjouissons-nous de ce verdict.

07 février 2007

Caricatures: le CFCM dénonce le soutien de Sarkozy à "Charlie Hebdo"

PARIS (AP) - Abdallah Zekri, chargé de mission auprès du président du Conseil français du culte musulman (CFCM), a jugé "inadmissible" mercredi le soutien apporté par Nicolas Sarkozy à "Charlie Hebdo", poursuivi pour avoir publié des caricatures jugées injurieuses envers Mahomet par plusieurs composantes du CFCM. Il a qualifié ce soutien de "dérapage".

"Il n'est pas question d'accepter que le ministre des Cultes prenne une telle position! Il n'y a plus de neutralité", a dénoncé M. Zekri. Ce dernier entend demander une "démission" du CFCM ou que ses activités soient gelées jusqu'à l'élection du nouveau président de la République.

Le CFCM, instance représentatrice des musulmans de France, a vu le jour fin 2002 sous la houlette du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, au terme de plusieurs années de tractations avec ses prédécesseurs socialistes, Jean-Pierre Chevènement et Daniel Vaillant. Présidé par Dalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée de Paris, le CFCM tente de rassembler les différentes composantes de l'Islam en France.

Dans une lettre lue mercredi matin à l'audience par Me Georges Kiejman, l'un des avocats de "Charlie Hebdo", le ministre-candidat a apporté "clairement" son soutien au directeur de publication dont le journal représente "une vieille tradition française: celle de la satire, de la dérision et de l'insubordination".

Si M. Sarkozy dit comprendre que "certains dessins incriminés aient pu heurter les convictions religieuses de certains de nos concitoyens musulmans", il explique préférer "l'excès de caricatures à l'absence de caricatures".

"La force d'une société démocratique, comme d'ailleurs la force d'une religion aussi brillante que la religion musulmane, se juge à leur capacité à accepter la critique et l'impertinence, fussent-elles excessives", écrit-il à Philippe Val.


Le titre de Nicolas Sarkozy n'est pas que "ministre des Cultes", mais surtout "ministre de l'Intérieur". M. Zekri montre que l'intolérance est structurelle chez le croyant, 'modéré' ou extrémiste. Simplement, le premier fait des procès pour intimider et l'autre tue (ce qui est très intimidant).

06 février 2007

Une école musulmane ouvertement raciste

20Minutes.fr

Les chrétiens sont des «porcs» et les juifs des «singes»: c’est ce qui est écrit dans les manuels scolaires utilisés dans une école du cœur de Londres, détenue, fondée et gérée par le gouvernement saoudien. C’est ce que révèle le «Times» de mardi, en publiant le témoignage d’un ancien professeur d’anglais de l’établissement. Une information qu’il n’a cependant révélé qu’après son licenciement de l’école en décembre dernier.

Selon Colin Cook, un musulman britannique, qui a enseigné l'anglais à la King Fahad Academy pendant 18 ans, les manuels scolaires qu'il a présentés à la justice montrent que cet établissement est «institutionnellement raciste».
Cook attaque l'école pour licenciement abusif et pour discrimination pour ne pas être Saoudien. Il demande 100.000 livres (152.000 euros).

L’enseignant raconte que, quand il s’est plaint du contenu des manuels, le directeur lui aurait répondu «ici, ce n’est pas l’Angleterre, mais l’Arabie saoudite». Et aussi que la politique de l’établissement vis-à-vis des élèves non Saoudiens était «discriminatoire»: ainsi, selon lui, seuls les «Saoudiens» avaient étaient emmenés en Allemagne voir des matchs de la Coupe du monde de foot cet été.

Mais le Times oublie de préciser une seule chose : pourquoi l’enseignant a-t-il attendu d’être licencié pour faire connaître ces pratiques?

La King Fahad Academy, fondée en 1985 dans l'ouest de Londres, est surtout destinée aux enfants de diplomates saoudiens et musulmans vivant à Londres, précise le «Times». Contacté par le quotidien, la direction de l’établissement n’a pas réagi.

Clémence Lemaistre


Curieux, on n'a pas entendu les religieux 'modérés' protester, alors qu'ils l'ont fait contre les caricatures de Charlie Hebdo. Il s'agit pourtant d'un cas beaucoup plus grave, bien loin de la liberté d'expression. Deux poids et deux mesures ?

05 février 2007

Caricatures: "Charlie Hebdo" en correctionnelle mercredi

PARIS (AP) - Le tribunal correctionnel de Paris examinera mercredi et jeudi les poursuites engagées par la Grande mosquée de Paris et l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) contre "Charlie Hebdo" qui a publié en février 2006 des caricatures du prophète Mahomet, commandées initialement par le quotidien danois "Jyllands Posten".

L'hebdomadaire satirique sera jugé pour "injures publiques envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion", un délit passible de six mois d'emprisonnement et 22.000 euros d'amende. La Grande Mosquée de Paris réclame 30.000 euros de dommages et intérêts à "Charlie Hebdo".

Peut-on se moquer de Dieu? Le sacré, la liberté d'expression et la laïcité ne sont pas en cause dans ce procès, selon le recteur de la Grande mosquée, Dalil Boubakeur. "C'est une affaire de caricatures qui incitent au racisme", insiste-t-il, se défendant à l'avance de tout intégrisme, "adversaire de l'Islam". Une religion où l'interdit de la représentation de Dieu et son prophète reste fort.

Trois mois après la publication de ces caricatures par le journal danois, de violentes manifestations ont éclaté dans le monde musulman, des centres culturels ou ambassades du Danemark étant mis à sac. Jacques Chirac devait condamner "les provocations manifestes susceptibles d'attiser dangereusement les passions" et pouvant blesser "les convictions religieuses".

Trois dessins sont en cause. La couverture du numéro du 8 février, réalisée par Cabu pour "Charlie Hebdo", représentant, sous le titre "Mahomet débordé par les intégristes", un prophète soupirant: "C'est dur d'être aimé par des cons".

Le deuxième représente le prophète coiffé d'un turban d'où sort la mèche d'une bombe et le troisième, Mahomet sur un nuage accueillant des terroristes leur disant: "Arrêtez, arrêtez, nous n'avons plus de vierges". Deux dessins initialement parus dans le "Jyllands Posten".

Pour les avocats de la Grande mosquée, si la "une" est une injure à l'ensemble de la communauté musulmane en la présentant comme une "communauté de 'cons'", les deux autres caricatures ne sont qu'une "assimilation outrageante" entre musulmans et terrorisme.

"L'Islam de France ne réclame pas que le délit de blasphème soit rétabli", plaide Me Francis Szpiner, l'un des avocats de la Grande mosquée de Paris et proche du chef de l'Etat. "Ce qui est en cause, c'est le racisme. Et le racisme n'est pas une opinion mais un délit", tranche l'avocat qui voit dans cette action judiciaire une "démarche républicaine".

Paradoxalement, "France-Soir", qui avait également reproduit les caricatures publiées par le "Jyllands Posten", n'est pas poursuivi, Dalil Boubakeur estimant que le quotidien était dans une "mission d'information en publiant des caricatures qui ne l'avaient pas encore été en France".

Une affirmation qui fait sursauter l'un des avocats de "Charlie Hebdo", Me Richard Malka. "S'il y a un endroit où il est légitime de publier des caricatures, c'est bien dans un journal satirique" qui, pour sa défense, invoquera le droit à l'humour, au blasphème.

Représentant d'un Islam modéré, la Grande mosquée de Paris explique avoir fait le choix de poursuites judiciaires pour éviter d'être débordée par plus radicale qu'elle. Ces poursuites sont destinées "à calmer et canaliser les mécontentements pour qu'il n'y ait pas de débordements", analyse Abdallak Zekri, président de la Fédération régionale du Sud-ouest de la Grande mosquée de Paris.

Si "Charlie Hebdo" était condamné, "ce serait la fin de toute possibilité de voir évoluer l'Islam vers un Islam de lumière", répond Me Malka.

L'hebdomadaire satirique entend faire citer 14 témoins, parmi lesquels François Hollande, secrétaire national du PS, ou encore François Bayrou, président de l'UDF et candidat à l'élection présidentielle. Leur venue, en pleine campagne électorale, est des plus hypothétiques.

L'écrivain bangladaise Taslima Nasreen, menacée de mort en 1994 par les islamistes radicaux à la suite de son premier roman, "La honte", devrait en revanche être présente.

La 17e chambre correctionnelle sera exceptionnellement présidée par Jean-Claude Magendie, président du tribunal de grande instance de Paris. Les débats débutent mercredi matin à 9h.

Poursuivis pour diffamation au Danemark, les caricaturistes ont été relaxés.


Espérons que cette farce se terminera bien pour Charlie Hebdo et la liberté de pensée. Sinon, le cas suivant sera le procès de ceux qui se moquent de l'homéopathie, une position qui choque les millions de croyants de cette ineptie pseudo-scientifique. A moins que ce ne soit celui de ceux qui dans leurs textes sacrés appellent au mépris et au massacre des 'mécréants' (les athées).

21 juillet 2006

Caricatures de Mahomet: citation directe visant Charlie Hebdo

PARIS (AFP) - La Grande Mosquée de Paris (GMP) a déposé lundi une citation directe visant l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo pour la publication en février de caricatures représentant le prophète Mahomet, a-t-on appris vendredi de source proche du dossier.
La citation pour "injure publique à l'égard d'un groupe de personnes à raison de la religion" fera l'objet d'une première audience de fixation le 22 septembre.

La GMP demande la publication d'un communiqué judiciaire en une de Charlie Hebdo et la somme de 30.000 euros de dommages et intérêts.

La procédure vise trois caricatures du prophète: un dessin de Cabu publié en une avec la légende "c'est dur d'être aimé par des cons" et deux dessins déjà publiés dans le journal danois Jyllands-Posten en septembre 2005 représentant pour l'un Mahomet portant un turban contenant une bombe et pour l'autre le prophète accueillant des kamikazes au paradis avec la légende "arrêtez, arrêtez, nous n'avons plus de vierges".

Pour la GMP, la publication des caricatures est un "acte délibéré d'agression visant à heurter les personnes de religion musulmane dans leur attachement communautaire à leur foi".

La citation est délivrée à l'encontre des éditions Rotative et de Philippe Val, directeur de la publication de l'hebdomadaire.

En février, au moment de la parution des caricatures dans la presse française, le CFCM avait intenté en vain une action en référé. Il avait alors annoncé son intention de saisir la justice par le biais de ses fédérations.

La Fédération de la Grande Mosquée de Paris avait annoncé en mai vouloir agir en justice.

Par ailleurs, Me Ouassini Mebarek, avocat de l'Union des organisations islamistes de France (UOIF), a fait part de l'intention de cet organisme de se joindre à cette procédure.


La preuve de l'intolérance à l'humour, même impertinent, des religieux même ceux dits 'modérés', est faite. Espérons que les juges de la République Française auront à coeur de leur rappeler que les croyances ne sont pas le monopole de ceux qui y croient. Sans parler du simple droit à la liberté d'expression.

07 février 2006

Appel Allah tolérance

La polémique au sujet des caricatures de Mahomet parues dans un journal danois n'est pas qu'un nouvel avatar de l'extrémisme religieux. Bien sûr, ce sont les extrémistes des pays musulmans qui ont attaqué physiquement les personnes et les lieux associés aux européens. Mais les protestations et les appels au boycottage des produits sont le fait de musulmans dits 'modérés' voire de 'laïcs' de ces pays et même des autorités religieuses (pas seulement musulmanes d'ailleurs) de pays européens.
Le pire est que ces protestations se font au nom de la tolérance et du respect, alors qu'elles ne sont qu'une expression de l'intolérance religieuse des manifestants, de leur incapacité à tolérer les critiques de leur religion et de leurs représentants historiques. Qu'ils ne soient pas d'accord avec ces critiques est bien compréhensible, qu'elles génèrent un tel émoi et de telles violences est une preuve de l'incompatibilité de ces religions avec les libertés républicaines fondamentales, en l'occurrence la liberté de la presse et la liberté d'expression qui implique que l'on puisse critiquer ces religions sans pouvoir être inquiété pour cela.
En montrant ainsi leur intolérance face aux opinions d'un caricaturiste et en réagissant par un châtiment collectif de la nation danoise et d'autres pays européens totalement innocents dans l'histoire, les manifestants prouvent au monde qui les regarde que la caricature n'était pas si exagérée et que l'amalgame dénoncé par les religieux 'modérés' de notre pays n'en était pas un.

L'islam est-il une 'religion de paix' comme l'affirment ces derniers ? L'Histoire prouve que non. Mais il faut reconnaître que toutes les religions monothéistes sont au même niveau, de ce point de vue. On se rappellera les sanglantes croisades lancées les unes contre les autres, les "guerres saintes" et autres "djihads" au nom de Dieu et de ses prophètes, leurs soi-disant martyrs et leurs cortèges de véritables morts innocentes et de misères. Les textes sacrés de toutes ces religions sont édifiants et seule la lecture édulcorée qui en est faite aujourd'hui permet de parler de religion 'modérée'.
Mais quand on contemple le pitoyable spectacle de la fureur populaire, il devient clair qu'on est "religieux modéré" au même titre qu'on souffre d'une légère grippe, c'est-à-dire qu'on est atteint d'une forme plus légère de la même maladie grave. Entre deux maux, il faut choisir le moindre mais, si le choix existe vraiment, nous pouvons préférer ne pas être malade du tout.
Malheureusement, cette intolérance face à la critique n'est pas l'apanage des religions traditionnelles. La religion du "politiquement correct" interdit aujourd'hui de dénoncer les croyances farfelues (astrologie, homéopathie, etc.), sous prétexte que les critiquer revient à insulter les personnes qui y croient. Cette maladie d'identification des personnes avec leurs croyances est une des graves maladies de la société, contre laquelle il convient de se faire vacciner par des injections répétées de liberté d'expression.

Références :
Dessin du journal danois
Dessin de France Soir