16 février 2007

Vers une recrudescence de l’hépatite B?

Jérôme Lemarié
L'Express

La couverture vaccinale des petits Français pour l’hépatite B est très insuffisante et fait de la France la plus mauvaise élève d’Europe: c’est ce que révèlent les enquêtes menées par l’Institut de veille sanitaire (InVS) en milieu scolaire entre 2001 et 2004. Faut-il craindre une recrudescence de la maladie?

L’Institut de veille sanitaire a conduit trois enquêtes entre 2001 et 2004 en maternelle (2002-2003), CM2 (2001-2002) et 3e (2003-2004) afin d’évaluer la couverture vaccinale de plus de 17 000 enfants et adolescents. Dans l’ensemble, la couverture est plutôt satisfaisante: 80 à 96% pour le DTPolio, entre 87 et 92 % pour la coqueluche, 95 % pour le RRO (rougeole-rubéole-oreillons) et 99 % pour le BCG. Carton rouge, en revanche, pour la vaccination contre l’hépatite B (HB).

Depuis la première enquête conduite en 2000-2001 en classe de 3e chez des enfants qui avaient bénéficié des campagnes de vaccination en 6e, la couverture est passée de 62,4 % à 42,4 % en 2003-2004. La couverture des élèves de CM2, qui était de 33,1% en 2001-2002 n’a pas été améliorée en 2003-2004. La France est la lanterne rouge de l’Europe. Comment expliquer ces mauvais résultats? Les Français ont-ils toujours en mémoire la polémique sur le vaccin HB accusé (à tort) de déclencher ou aggraver la sclérose en plaques? Retour sur une controverse qui a débuté à la fin des années 90.

Flou artistique

Les premières vaccinations HB sont mises sur le marché français en 1981; jusqu’en 1993, elles étaient destinées principalement aux groupes à risque. Conformément aux recommandations de l’OMS, la vaccination HB est étendue, dès avril 1994, aux préadolescents en classe de 6e. La couverture vaccinale chez les enfants passe de moins de 10% à plus de 80% : la France se hisse alors à la première place mondiale.

Mais, en mai 1994, les premiers cas de personnes vaccinées contre l’hépatite B qui ont développé une sclérose en plaque (SEP) sont signalés. La presse s’empare du sujet: les premiers soupçons pèsent sur le vaccin, accusé de provoquer le déclenchement de la sclérose en plaques ou de l’aggraver chez les personnes déjà atteintes. Une enquête nationale de pharmacovigilance est aussitôt lancée par l’Agence du médicament. Elle montre "qu’aucune relation de cause à effet entre le vaccin et les poussées de SEP n’est démontrée" sans toutefois exclure la possibilité d’un lien. L’Agence décide alors d’ajouter à la notice de tous les vaccins une précaution d’emploi à l’intention des malades atteints de SEP.

En novembre 1995, la vaccination est étendue aux adolescents, aux préadolescents, à leurs parents et aux parents d’enfants en bas âge. Le succès de la promotion conduit à la vaccination de plus de 20 millions de Français sur deux ans, non seulement les enfants et les préadolescents mais aussi les adolescents, les adultes et même les personnes âgées.

Toutefois, les incertitudes scientifiques sur l’éventuel lien de causalité entre le vaccin et la SEP conduisent Bernard Kouchner, alors secrétaire d’Etat à la Santé, à suspendre provisoirement la vaccination en milieu scolaire en octobre 1998. Elle reste toutefois recommandée chez les sujets à risque, les nourrissons, les adolescents et reste obligatoire pour les personnels de santé.

Les soupçons sont levés mais le mal est fait

En 1999, une étude épidémiologique initiée par le ministère de la Santé, qui met en avant les bénéfices de la vaccination, supérieurs aux risques (le lien de causalité n’est pas montré mais n’est pas non plus exclu), conduit Bernard Kouchner à réaffirmer son attachement à la vaccination. Mais le doute persiste, renforcé en 2000 par l’ouverture de droits à l’indemnisation de huit personnes, dont trois atteintes de sclérose en plaques, en raison du lien supposé avec le vaccin.

Il faut attendre 2001 et la publication de deux études scientifiques pour disculper le vaccin de toute implication dans l’apparition ou l’aggravation d’une sclérose en plaques. Mais, la polémique est relancée en 2002. Un rapport sur la campagne de vaccination de 1994 réalisée par un expert judiciaire spécialiste du médicament accuse les autorités françaises de ne pas avoir pris en compte les effets secondaires de ce vaccin.

L’organisation d’une audition publique en 2004 en France, réunissant les principaux experts dans le domaine, met un terme à la polémique en concluant à l’absence de données permettant de montrer un lien de causalité entre le vaccin HB et la sclérose en plaques et souligne les bénéfices supérieurs aux risques de la vaccination. Dans son rapport, le groupe d’experts formule un certain nombre de recommandations, notamment la vaccination universelle de tous les nourrissons et une campagne de rattrapage de la vaccination chez les enfants et les adolescents, ainsi que chez les adultes à risque (lire l' encadré).

Mais l’ambiguïté demeure, renforcée par la succession de mesures contradictoires et l’indemnisation de cas de sclérose en plaques en justice. Les parents restent aujourd’hui encore réticents à la vaccination HB (lire l’entretien avec Denise Antona, InVS).

La deuxième cause de décès par cancer après le tabac

Le vaccin reste pourtant la meilleure arme contre un virus très contagieux qui se transmet principalement par voie sexuelle ou sanguine. Il offre une protection durable et efficace à 90%. Si près de 90% des personnes atteintes par le virus guérissent spontanément, chez 10% des sujets, l’hépatite B s’installe et devient chronique et, dans un cas sur deux, évolue en cirrhose voire en cancer du foie.

Le virus de l’hépatite B est présent dans le monde entier. Il est la deuxième cause identifiée de décès par cancer après le tabac. En France, près de 3,1 millions de personnes ont été en contact avec le virus. Parmi elles, certaines n'ont pas été malades ou ont guéri spontanément, d'autres (près de 281 000) sont devenues porteuses chroniques de l'hépatite B et sont donc potentiellement contaminantes. La vaccination est donc un véritable enjeu de santé publique, face à une maladie que l’on peut soigner mais que l’on ne sait pas guérir.

Dieudonné s'est rendu coupable d'injure raciale

La Cour de cassation a considéré aujourd'hui que les propos de Dieudonné assimilant dans une interview donnée en 2003 les juifs à une «escroquerie» et à une «secte» constituait une injure raciale et a annulé un arrêt de la cour d'appel de Paris qui l'avait relaxé en février 2006.
L'affaire a été renvoyée devant la cour d'appel de Versailles, obligée de se conformer à la décision de la Cour de cassation, réunie en assemblée plénière, a-t-on indiqué de source judiciaire.

Dans un entretien accordé au mensuel Lyon Mag en novembre 2003, Dieudonné M'Bala M'Bala avait notamment déclaré: «les juifs, c'est une secte, une escroquerie. C'est une des plus graves parce que c'est la première».

En mars 2005, la chambre criminelle de la Cour de cassation avait annulé un arrêt de la cour d'appel de Paris ayant relaxé Dieudonné et renvoyé l'affaire devant la même cour mais dans une autre formation. Celle-ci avait jugé en février 2006 que les propos de Dieudonné ne visaient «pas la communauté juive en tant que telle» mais au contraire manifestaient une «hostilité au principe même du fait religieux». Et l'avait relaxé une nouvelle fois.

Saisie d'un pourvoi du Consistoire central (Union des communautés juives de France), la Cour de cassation, siégeant en assemblée plénière, a censuré ce second arrêt de la cour d'appel de Paris. Elle a considéré que ces affirmations ne relèvent pas «de la libre critique du fait religieux participant d'un débat d'intérêt général» mais constituent «une injure visant un groupe de personnes en raison de son origine».

Par ailleurs, au regard de la Convention européenne des droits de l'Homme, la Cour de cassation a jugé que la condamnation de tels propos constituait «une restriction nécessaire à la liberté d'expression dans une société démocratique».

«Je suis extrêmement satisfait que la Cour de cassation ait rappelé que l'on ne peut impunément qualifier la communauté juive de France d'escroquerie en invoquant son ignorance des questions religieuses», s'est félicité Me Stéphane Lilti, avocat du Consistoire central.


Dieudonné a attaqué un groupe de personnes ("les juifs") en raison de leur origine, et non une religion ("judaïsme"). Cette seule réflexion aurait épargné bien des atermoiements aux différentes cours, même s'il n'y avait pas le contexte des autres provocations de Dieudonné pour éclairer cette attaque. Comparer des gens à une "escroquerie" est une simple injure, sémantiquement parlant, le simple fait de se reconnaître une appartenance à un groupe social ne pouvant être considéré comme une escroquerie. Dieudonné enfonce encore un peu plus le couteau dans la plaie en parlant de la "première" escroquerie. S'il faisait référence à la religion, se peut-il qu'il ignore qu'il y avait eu des religions avant ? Et des escrocs aussi, sans aucun doute.

15 février 2007

Petit homme, prends garde aux huiles essentielles

L'histoire est racontée dans le New England Journal of Medicine. Aux Etats-Unis, trois jeunes garçons se sont soudainement vus pousser des seins avant même leur puberté. L'enquête a conduit les auteurs à mettre en causes des… huiles essentielles ! Explications.

Les spécialistes appellent cela une gynécomastie prépubertaire. Comme le souligne le Dr Derek Henley des National Institutes of Health (NIH), « la plupart des cas sont habituellement classés comme idiopathiques ». C'est-à-dire sans cause connue.

Les trois garçons étaient âgés de respectivement 4, 7 et 10 ans lorsqu'ils ont présenté un développement anormal de la glande mammaire. Les auteurs ont rapidement écarté l'hypothèse d'une puberté précoce, dans la mesure où « ils présentaient des taux d'hormones circulantes normaux et qu'ils étaient par ailleurs en bonne santé ».

En revanche, il s'est avéré que les trois enfants avaient tous été exposés de façon prolongée à l'application par leurs mères de produits – baumes corporels, shampooings et autres lotions – contenant des huiles essentielles. Et plus spécifiquement des huiles de lavande et de théier, du nom de cet arbuste originaire d'Asie qui donne le thé. Dans les trois cas, les effets ont disparu dans les mois qui ont suivi l'arrêt des applications.

Des études in vitro ont montré que les essences en question inter-agissaient avec les hormones masculines. A partir de quelles doses ? Des études complémentaires seront nécessaires pour répondre à cette question. En attendant, les auteurs mettent en garde contre « l'exposition répétée à ces produits ».

Source : New England Journal of Medicine, Vol.356, n°5

(Destination Santé)


Un exemple de plus de la confusion, entretenue par les vendeurs de potions, entre "naturel" et "sans danger". Comme pour tous les produits actifs, naturels ou pas, les risques d'effets secondaires non négligeables existent. Habituellement, ils sont soumis au contrôle des autorités de santé et à la prescription médicale. Mais ce contrôle coûte cher aux vendeurs de potions-miracle qui essayent de s'en défaire sous prétexte de 'naturel'.

Creationists defeated in Kansas school vote on science teaching

· Guidelines challenging Darwinism banned
· Decision is latest blow to intelligent design activists

Suzanne Goldenberg in Washington
The Guardian

School authorities in the American heartland state of Kansas have delivered a rebuff to subscribers to the notion of intelligent design by voting to banish language challenging evolution from new science guidelines.

In a 6-4 vote on Tuesday night, the Kansas state board of education deleted language from teaching guidelines that challenged the validity of evolutionary theory, and approved new phrasing in line with mainstream science.

It was seen as a victory for a coalition of moderate Republicans and Democrats, science educators and parents who had fought for two years to overturn the earlier guidelines.

The decision is the latest in a string of defeats for proponents of creationism, and its modern variant, intelligent design. It reverses the decision taken by the same authorities two years ago to include language undermining Darwinism - on the insistence of conservative parents and activists in the intelligent design movement.

In redrafting guidelines for science teaching, the board removed language suggesting that key concepts such as a common origin for all life on Earth and for species change were seen as controversial by the scientific community.

The board also rewrote the definition of science, limiting it to the search for rational explanations of what occurs in the universe. The move, though limited in its scope, was seen as significant because it rejected a key argument of subscribers to intelligent design: that providing children with arguments for and against evolution merely amounts to fair play.

But Kansas remains a conservative state and many people harbour misgivings about teaching evolution to school children. The school board received a petition with nearly 4,000 signatures opposing Tuesday's decisions.

Overcoming such misgivings will be difficult, said Jack Krebs, a former maths teacher who is president of Kansas Citizens for Science.

"The bigger issue is the cultural divide. The intelligent design people and the anti-evolution people truly believe that science as it is practised is atheistic, and excludes God, and this is really the heart of the cultural battle," Mr Krebs said.

Despite this latest setback proponents of intelligent design remain active across the US. In the last five years, anti-evolution legislation has been introduced in 24 state legislatures and similar policies were under consideration in at least 20 states, according to the National Centre for Science Education in California.

Given the deep passions surrounding the teaching of evolution in Kansas, it is widely expected that proponents of intelligent design will not let up in their campaign over science teaching.

"They have really been on a rollercoaster for the last 10 years in Kansas," said Glenn Branch, deputy director of the National Centre for Science Education. "This isn't really good for the state of science education in Kansas for the treatment of evolution to be in such flux. It probably does have the effect of encouraging creationism in the local classroom."

Backstory

Teaching creationism in American public schools has been outlawed since 1987 when the supreme court ruled that the inclusion of religious material in science classes was unconstitutional. In recent years, however, opponents of the theory of evolution - first developed by Charles Darwin, above - have regrouped, challenging science education with the doctrine of "intelligent design", which has been carefully stripped of all references to God and religion. Unlike traditional creationism, which claims that God created the earth in six days, proponents of intelligent design say the workings of this planet are too complex to be ascribed to evolution. There must have been a designer working to a plan - that is, a creator.


Encore une escarmouche qui se traduit par une victoire des laïcs. Le dessein intelligent n'a pas réussi à faire illusion scientifique.

13 février 2007

Les petits Français toujours menacés par l'hépatite B

Par Destination Santé

Le BEH publie aujourd'hui trois enquêtes menées en milieu scolaire entre 2001 et 2004. Si la couverture vaccinale y apparaît globalement satisfaisante, celle contre l'hépatite B demeure très basse : entre 33% et 42%.

De la maternelle à la classe de 3ème, plus de 17 000 enfants et adolescents ont participé aux enquêtes menées pour le Bulletin épidémiologique hebdomadaire. DTPolio, coqueluche, hépatite B, BCG, ROR... les principaux vaccins sont passés en revue.

Il en ressort que nos enfants jouissent d'une couverture vaccinale assez satisfaisante. Entre 80% et 96% pour le DTPolio ; entre 87% et 92% pour la coqueluche et 95% pour le ROR. Quant au BCG, la couverture vaccinale est excellente avec un taux de 99%. Un bon résultat qui risque toutefois de se tasser, de l'aveu même des auteurs. « Si la couverture vaccinale par le BCG était très bonne, elle reposait essentiellement sur la vaccination par multipuncture (la fameuse bague n.d.l.r) qui n'est plus disponible depuis début 2006 ». Et l'injection intra-dermique qui l'a remplacée n'est pas encore parfaitement maîtrisée par les professionnels de santé.

Autre inquiétude et de taille, celle qui est liée à la faible couverture vaccinale contre l'hépatite B. Celle-ci ne dépasse pas 42%, de sorte que les petits Français sont très loin d'être immunisés en nombres suffisants. Et pour cause, puisque la France est le seul pays développé à avoir freiné pendant des années la vaccination contre cette maladie, en contradiction avec les recommandations de l'OMS. Une rumeur démentie par maintes études mais persistante, liant cette vaccination à des cas de sclérose en plaques, provoque la réticence de bien des parents à vacciner leurs enfants. Or pour les auteurs du BEH c'est évident, « les efforts doivent en priorité porter sur l'amélioration de la vaccination contre l'hépatite B ».

Source : Bulletin épidémiologique hebdomadaire, n°6/13 février 2007

(Destination Santé)


Comment ne pas voir dans cette baisse de la couverture vaccinale la mauvaise gestion de la rumeur propagée par les adeptes de l'anti-vaccination ? Le gouvernement, en faisant mine de céder même temporairement aux demandes de ces malfaisants, a compromis durablement les chances d'éradication rapide de la maladie. Aujourd'hui, aucune confirmation scientifique quelconque n'est venue confirmer les prétentions des anti-vaccinations. Ils hurlent toujours.

12 février 2007

ESP lab sees doors close

Ian Sample, science correspondent
The Guardian

A laboratory dedicated to extra-sensory perception and telekinesis at the prestigious Princeton University in New Jersey is to close after nearly 30 years of research.

The Princeton Engineering Anomalies Research laboratory was set up in 1979 by Richard Jahn, the university's former dean of applied science and engineering, to investigate whether human consciousness could interfere with sensitive computers and machinery, a possibility described as "functionally devastating" for people in aeroplane cockpits, operating theatres and intercontinental ballistic missile silos.

The lab, which raised eyebrows among university staff and drew ridicule from Nobel prizewinners, attracted an estimated $10m (£5m) from philanthropists and is set to transfer to a nearby non-profit organisation called the International Consciousness Research Laboratories. The announcement was posted on the lab's website, for those who had failed to sense that the closure was imminent.

The handful of scientists working there conducted tests with thousands of volunteers to assess whether people could control, even slightly, computers and other devices placed in front of them. Some tests required participants to try to influence numbers being churned out by a computer at random. Researchers claim their studies revealed a small but statistically significant effect in experiments.

Richard Wiseman, a former magician and professor of psychology at the University of Hertfordshire said the lab's work was interesting but ultimately difficult to make practical use of.


Encore un établissement 'prestigieux' de la parapsychologie qui disparaît. Vu le manque total de résultats, personne n'aura beaucoup de regrets sauf peut-être les généreux mais crédules donateurs. Ce 'laboratoire' était issu d'une résurgence des recherches de parapsychologie de la guerre froide, recherches qui avaient été réduites à néant notamment grâce au projet Alpha de l'illusionniste James Randi.

11 février 2007

Imagining Better Health Can Make it So

You gotta move it to lose it, but how much depends on the sedentary activity of thinking as well as the actual calories burned, a new study finds.

It's how much you think you worked out, not just the vigor of you workouts, that is key, according to the research published in the February issue of the journal Psychological Science.

Placebos, or “sugar pills,” are often used in clinical drug trials to see if the effect of a remedy is due to the actual drug or the individual’s mindset. Researchers at Harvard University wanted to see if a person’s attitude could enhance or inhibit the benefits of exercise independent of an actual workout itself.

Reaching out to 84 female hotel housekeepers, researchers asked them how much they were working out. The housekeepers reported that they were not getting any exercise despite their strenuous jobs.

The U.S. Surgeon General recommends 30 minutes of daily exercise to maintain a healthy lifestyle.

“This is a group of people who by far surpassed the Surgeon General’s recommendation for the amount of exercise one should get," said psychologist and lead study author Ellen Langer. “Yet our initial belief, and then confirmed by data, was that they were—rather than healthy as one might expect from all this exercise—less healthy than they should be. If they’re getting the exercise why aren’t they healthier?”

Langer and her colleagues wondered if a change in mindset could translate into a change in the health of the housekeepers.

The researchers informed 44 of the subjects that the daily work they do is enough exercise to satisfy the Surgeon General’s recommendation for sustaining a healthy routine.

“They were taught that their work was exercise and were given specifics,” Langer told LiveScience. “For example, changing linens for 15 minutes burns 40 calories, vacuuming for 15 minutes burns 50 calories, cleaning bathrooms for 15 minutes burns 60 calories and so on.”

The other 40 housekeepers were not told the health benefits of their daily tasks.

After four weeks, the informed group had lost an average of two pounds, lowered their blood pressure by almost 10 percent, and reduced their body fat percentage. These changes were higher than the uninformed group.

But for those hoping to maintain a couch potato’s lifestyle and imagine their way to weight loss and healthville, the prognosis is negative.

“Our mindsets are hard to change,” Langer said. “So if you’re just sitting on the couch and just telling yourself that you’re exercising, you’re not going to believe yourself and so they’ll be no change.”

09 février 2007

DÉSINFORMATION - OGM en stock

Canal + aurait bloqué la diffusion d'un reportage sur les OGM. Sur le net c'est la ruée pour visionner (enfin) le documentaire interdit d'antenne...

Initialement prévu dans le cadre de l'émission 90 minutes proposée par Paul Moreira, un documentaire dénonce les OGM... Jusque là, personne n'a pu le voir, mais heureusement Internet veille au grain et c'est ainsi qu'il se retrouve en diffusion sur google video.

Depuis que l'information circule via les messageries électroniques, c'est la folie. Tout le monde veut voir le fameux reportage sur les OGM censuré tantôt par la chaîne cryptée, tantôt par l'état (en fonction des versions et des affinités de chacun). En effet, grâce à internet, c'est le double effet kiss kool :

- on peut voir un documentaire interdit (nous en sommes tous friands, il recèle forcément des vérités qu'on nous cache)
- on peut constater que les médias sont effectivement à la botte des marchands de maïs transgénique et des gouvernements (genre, "Et voilà ! Même Canal est bien dressée")

Internautes de tous pays, unissez-vous contre la censure... Oui, seulement voilà, après investigations, il s'avère que le reportage en question n'a pas du tout été censuré, ni interdit. Laure Noualhat, journaliste à Libération, est d'ailleurs la première à nous confirmer par e-mail que "le film a bien été diffusé le 15 novembre". Chacun pourra le constater en consultant le programme de l'émission "90 minutes", ou en vérifiant les archives du Monde.
Paul Moreira, ancien rédacteur en chef de l'émission et actuel directeur de la campagne "liberté d'informer", qu'on peut difficilement soupçonner d'être aux ordres (viré par canal), est le premier a reconnaître que le reportage en question n'a jamais fait l'objet d'une quelconque censure.

Méga intox donc, qui profite finalement au reportage, puisque depuis la mise sur le marché de ce hoax télévisuel, il aura été regardé par deux fois plus de monde que lors de ses différentes diffusions sur Canal +.

Que l'auteur du hoax se rassure, en publiant cet article, nous allons forcément contribuer à ce qu'il soit encore plus vu. Mais au moins, ce sera en toute connaissance de cause et non pour une raison qui n'en est définitivement pas une.

Article par Guillaume - HoaxBuster.com


Et voila comment les conspirationnistes arrivent à piéger les médias 'indépendants' (comprenez "qui n'ont pas les moyens de vérifier les (dés-)informations"), avec un reportage 'censuré' qui avait été en fait diffusé deux mois plus tôt. Mais, comme il est tentant de croire que nos dirigeants censurent les informations qui confirment nos croyances.

The Reality of Recent UFO Sightings

By Benjamin Radford
Special to LiveScience

America has seen a spate of alleged UFO sightings in recent weeks and months. Eyewitnesses in Arizona, Illinois, Arkansas, North Carolina, and other states have reported seeing mysterious lights and objects in the sky.

Among the sightings:

  • In November 2006, United Airlines employees reported seeing a large, dark, “saucer-shaped” craft over a terminal at Chicago’s O’Hare airport. It hovered for a while, then suddenly rose and shot up into the sky.
  • In January 2007, multiple eyewitnesses reported seeing a formation of mysterious bright lights in the sky over western Arkansas, moving too slowly to be aircraft.

Could such sightings be alien spacecraft? Of course it’s possible; many things are possible. The question is not what is possible but what is probable—what evidence and logic suggest. Before jumping to conclusions about ETs in spacecraft, we must look at the most likely explanations.

What's more likely?

Without some independent confirmation or other evidence, it’s hard to know what the United Airlines employees might have seen. But is it more likely that they saw an optical illusion, or that a large, unknown object hovered over one of the country’s busiest airports without being seen by anyone else or appearing on radar?

The lights over Arkansas and Arizona had something in common: they were both seen near military bases, at a time when Air Force pilots were dropping very bright flares from parachutes during training. The flares, producing in some cases nearly 2 million candlepower, would be visible for miles.

So is it more likely that the mysterious lights were actually alien spacecraft, or that people simply saw the aerial magnesium flares released at the same time and place? (It would in fact be much more mysterious if no one had reported seeing lights in the sky at that time!)

Any object seen in the sky, especially at night, can be very difficult to identify because of the limitations of human perception. Knowing how far away something is helps us determine its size and speed; that’s why we know that moving cars seen at a distance aren’t really smaller, nor are they moving slowly; it’s simply an optical illusion. If the eyewitness doesn’t know the distance, then he or she cannot determine the size. Is that thing in the sky twenty feet long and 200 yards away, or is it 200 feet long and a mile away? It’s impossible to know, and this makes estimates of size, distance and speed very unreliable.

Recipe for a UFO

There is a more fundamental problem with such sightings, and it is revealed in the acronym UFO: unidentified flying object.

All that is needed to create a UFO sighting is one person who may not recognize a light or object in the sky. But just because one person—or even several people—can’t immediately identify or explain something they see doesn’t mean that someone else with more training or experience (or even the same person seeing the same object from a different angle) may not instantly recognize it.

Astronomers, who spend the most time looking at the sky, rarely report UFOs. This is because they often recognize aerial phenomena (odd clouds, comets, etc.) that the average person would consider strange or unexplainable.

Benjamin Radford is an investigator with the Committee for Skeptical Inquiry, and author of three books and hundreds of articles on UFOs, Bigfoot, psychics, and other mysterious phenomena.

Voyance. Lecture d'aura ou cymbales du Tibet... : c'est le vingt et unième salon Parapsy.

Par Emmanuèle PEYRET
LIBERATION.FR
Salon Parapsy, Espace Champerret (Paris XVIIe), jusqu'à dimanche (www.salonparapsy.com)

Ça sent l'arnaque dès la cafet : 2,90 euros une petite bouteille d'eau ? Ensuite, il n'y a qu'à se balader entre les stands du village du destin installés au 21e salon Parapsy, au milieu des tarots, boules de cristal, taches d'encre, lecture d'aura (oui, lecture d'aura) pour piocher dans le n'importe quoi. Lecture du subconscient avec les cloches tibétaines, clairaudience vibratoire avec les coquillages des Philippines, voyance par les bols chantants du Népal ou par les cymbales du Tibet, sans parler des confs' sur les anges gardiens et les contacts avec les ovnis, et allez donc. Au moins c'est drôle, pas comme cette étrange tribune où se succèdent divers «voyants» ou parapsys, donc, pratiquant ce qui semble une vision flash et gratuite dans une bougie, des fleurs en plastique ou dans le vague.
Bateleur. En direct sur la tribune, le ou la voyante fait la démonstration de ses talents de lecture du futur, présenté par une sorte de bateleur qui recommande vivement, une fois faite la preuve des talents de l'artiste, d'aller sur son stand raquer la consultation. De la pub, quoi. Celle-ci, qui se dit «astrologue pluridisciplinaire», est assez revêche, demande à la dame de tirer une carte sur la table posée sur le podium, ricane, «oui, vous êtes très petite mais vous allez y arriver», et lui intime de poser sa question : «Vais-je trouver du travail dans la bijouterie ?» Réponse : «Oui.» Rachid : «Est-ce que j'aurai le concours que je passe ?» Réponse : «Oui.» Jean-Marie : «Vais-je retrouver du travail ?» Réponse : «Oui.» La dame n'est pas contrariante mais n'aime pas être contrariée : «J'ai dit une question, c'est une seule question», rétorque-t-elle au consultant qui lui demande «quand ?».
Un peu plus loin, au village du destin, une géomancienne (on renonce vite à comprendre l'abscons salmigondis que servit la dame pour expliquer son art divinatoire) parle chiffres. «Nous, au village du destin, la consultation est fixée par les organisateurs à 50 euros, nous touchons dessus 15,24 euros mais ne payons rien pour l'emplacement. De l'autre côté du salon, vous avez tous ceux qui ont payé environ 3 000 euros pour un box et dix jours de salon», explique obligeamment la jeune femme. «Et il leur faut bien cinq jours de consultation à 70 euros pour rentabiliser.» On comprend pourquoi l'ensemble de la profession, «ici environ 130 voyants», poursuit la géomancienne, racole avec tact dans les ruelles du salon, chacun devant son stand, «Je vous offre un stylo ?», «Un petit renseignement ?», «Je vous donne ma carte ?».
Podium. Tiens, une nouvelle artiste sur le podium qui lit l'avenir à très grande vitesse dans une bougie où elle passe une allumette. On choisit les gens pour les questions, curieusement ce sont les mêmes que tout à l'heure mais avec d'autres interrogations. Ce coup-ci, Rachid veut savoir s'il va trouver l'amour, Martine, qui tout à l'heure demandait si ça allait coller avec Roland, cherche du boulot dans le commerce... Des figurants ? Assise devant son box, une dame d'un certain âge au regard fixe confie avoir hérité son don de son arrière grand-mère bretonne qui guérissait les brûlures par imposition des mains. Alléchée, on s'assit près d'elle, pour entendre une fascinante complainte contre l'euro et la vie qui se déglingue, qu'en général elle prend 70 euros par consultant, «sauf à ceux qui ont vraiment du mal, quelque part je suis humaine», et sur cette activité qu'elle ne pratique pas à plein temps : «pas envie de payer plein de charges». Manifestement tout à fait extralucide, elle conclut l'entretien par un «vous y croyez pas, vous, hein, à la voyance». Bien vu.

08 février 2007

Olivier Costa de Beauregard, physicien français

LE MONDE

Le physicien français Olivier Costa de Beauregard, directeur de recherche émérite au CNRS, est mort le 5 février, à l'âge de 95 ans.

Né le 6 novembre 1911, M. Costa de Beauregard a d'abord été ingénieur de recherche à la Société nationale de constructions aéronautiques du Sud-Est (SNCASE). A sa démobilisation, en 1940, il entre au CNRS, dans la section de physique théorique. Sa thèse de doctorat, soutenue en 1943, porte sur la théorie de l'électron de Dirac

Il fait partie de l'équipe de Louis de Broglie et consacre ses recherches à différents aspects des théories de la relativité et des quanta. Ses travaux le conduisent à s'intéresser aux relations entre l'esprit et la matière.

Ces interrogations culmineront lors du colloque de Cordoue, en 1979, intitulé "science et conscience", qui suscita de vives polémiques au sein de la communauté scientifique. Partant du paradoxe "Einstein Podolsky-Rosen" énoncé en 1935, qui interroge le fait qu'une information semble circuler plus vite que la lumière, il postule une symétrie entre passé et futur, propre à justifier la précognition, la télépathie et la psychokinèse.

Cette approche sera vivement combattue par ses collègues, notamment Jean-Claude Pecker et Jean-Pierre Vigier. Cette orientation vers la parapsychologie était assumée par Olivier Costa de Beauregard, qui, interpellé sur cette irruption de la métaphysique, citait Einstein : "La religion sans la science est boiteuse, mais la science sans la religion est borgne."


Costa de Beauregard n'est pas le premier scientifique à s'être égaré dans la pseudo-science. Benveniste, Brian Josephson et Linus Pauling l'ont précédé ou accompagné.

L'Indonésie dit non au timbre cochon

JAKARTA (AFP) - L'Indonésie lancera la semaine prochaine des timbres célébrant le passage à l'année chinoise du cochon, mais sans faire figurer cet animal considéré comme impur dans la religion musulmane.
La série de timbres représentera les autres animaux du zodiaque chinois, le cochon étant remplacé par un temple chinois, a expliqué à l'agence de presse Antara le directeur de la poste indonésienne, Hana Suryana.

Le nouvel an chinois est férié depuis 2003 en Indonésie où vivent environ six millions de personnes d'origine chinoise. Relégués à un statut de citoyens de seconde classe sous le régime autoritaire de Suharto, ils ont été les cibles d'une vague de violence en 1998, l'année de la chute du dictateur.

L'Indonésie est le plus grand pays musulman du monde, avec environ 90% de ses 220 millions d'habitants qui se réclament de l'islam et le pratiquent de façon tolérante dans leur immense majorité.


Le rejet de certaines nourritures est déjà curieux pour notre époque, mais là, on revient carrément dans la 'pensée magique' ou l'image d'un cochon est censée avoir une portion des propriétés de l'animal, ce qui la rendrait 'impure'... On comprend mieux l'effet des caricatures, sur des personnes dont certains pans de la pensée sont restés au niveau du Moyen Age.

07 février 2007

Caricatures: le CFCM dénonce le soutien de Sarkozy à "Charlie Hebdo"

PARIS (AP) - Abdallah Zekri, chargé de mission auprès du président du Conseil français du culte musulman (CFCM), a jugé "inadmissible" mercredi le soutien apporté par Nicolas Sarkozy à "Charlie Hebdo", poursuivi pour avoir publié des caricatures jugées injurieuses envers Mahomet par plusieurs composantes du CFCM. Il a qualifié ce soutien de "dérapage".

"Il n'est pas question d'accepter que le ministre des Cultes prenne une telle position! Il n'y a plus de neutralité", a dénoncé M. Zekri. Ce dernier entend demander une "démission" du CFCM ou que ses activités soient gelées jusqu'à l'élection du nouveau président de la République.

Le CFCM, instance représentatrice des musulmans de France, a vu le jour fin 2002 sous la houlette du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, au terme de plusieurs années de tractations avec ses prédécesseurs socialistes, Jean-Pierre Chevènement et Daniel Vaillant. Présidé par Dalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée de Paris, le CFCM tente de rassembler les différentes composantes de l'Islam en France.

Dans une lettre lue mercredi matin à l'audience par Me Georges Kiejman, l'un des avocats de "Charlie Hebdo", le ministre-candidat a apporté "clairement" son soutien au directeur de publication dont le journal représente "une vieille tradition française: celle de la satire, de la dérision et de l'insubordination".

Si M. Sarkozy dit comprendre que "certains dessins incriminés aient pu heurter les convictions religieuses de certains de nos concitoyens musulmans", il explique préférer "l'excès de caricatures à l'absence de caricatures".

"La force d'une société démocratique, comme d'ailleurs la force d'une religion aussi brillante que la religion musulmane, se juge à leur capacité à accepter la critique et l'impertinence, fussent-elles excessives", écrit-il à Philippe Val.


Le titre de Nicolas Sarkozy n'est pas que "ministre des Cultes", mais surtout "ministre de l'Intérieur". M. Zekri montre que l'intolérance est structurelle chez le croyant, 'modéré' ou extrémiste. Simplement, le premier fait des procès pour intimider et l'autre tue (ce qui est très intimidant).

06 février 2007

Une école musulmane ouvertement raciste

20Minutes.fr

Les chrétiens sont des «porcs» et les juifs des «singes»: c’est ce qui est écrit dans les manuels scolaires utilisés dans une école du cœur de Londres, détenue, fondée et gérée par le gouvernement saoudien. C’est ce que révèle le «Times» de mardi, en publiant le témoignage d’un ancien professeur d’anglais de l’établissement. Une information qu’il n’a cependant révélé qu’après son licenciement de l’école en décembre dernier.

Selon Colin Cook, un musulman britannique, qui a enseigné l'anglais à la King Fahad Academy pendant 18 ans, les manuels scolaires qu'il a présentés à la justice montrent que cet établissement est «institutionnellement raciste».
Cook attaque l'école pour licenciement abusif et pour discrimination pour ne pas être Saoudien. Il demande 100.000 livres (152.000 euros).

L’enseignant raconte que, quand il s’est plaint du contenu des manuels, le directeur lui aurait répondu «ici, ce n’est pas l’Angleterre, mais l’Arabie saoudite». Et aussi que la politique de l’établissement vis-à-vis des élèves non Saoudiens était «discriminatoire»: ainsi, selon lui, seuls les «Saoudiens» avaient étaient emmenés en Allemagne voir des matchs de la Coupe du monde de foot cet été.

Mais le Times oublie de préciser une seule chose : pourquoi l’enseignant a-t-il attendu d’être licencié pour faire connaître ces pratiques?

La King Fahad Academy, fondée en 1985 dans l'ouest de Londres, est surtout destinée aux enfants de diplomates saoudiens et musulmans vivant à Londres, précise le «Times». Contacté par le quotidien, la direction de l’établissement n’a pas réagi.

Clémence Lemaistre


Curieux, on n'a pas entendu les religieux 'modérés' protester, alors qu'ils l'ont fait contre les caricatures de Charlie Hebdo. Il s'agit pourtant d'un cas beaucoup plus grave, bien loin de la liberté d'expression. Deux poids et deux mesures ?

Fort recul des méningites à pneumocoques

Par Destination Santé

Bonne nouvelle du côté des infections invasives à pneumocoques. Leur incidence a en effet chuté de 31% entre 1998 et 2005. Selon le BEH, ce serait grâce à l'introduction du vaccin antipneumococcique dans le calendrier vaccinal en janvier 2003.

Ces infections rappelons-le, représentent en France la deuxième cause de méningites bactériennes chez l'enfant. Avant l'arrivée du vaccin, l'incidence moyenne de ces affections était de 41 cas pour 100 000 habitants. Pour l'année 2005 elle n'a été que de 28 cas pour 100 000 habitants.

« Nos résultats sont très en faveur de l'impact de la vaccination dans la diminution des infections invasives chez les enfants de moins de deux ans », soulignent les rédacteurs du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). D'où l'importance de la vaccination. « On estime que plus de 50% des enfants de moins de 1 an ont reçu une primo-vaccination complète en 2005 ». Un résultat encourageant, mais encore très perfectible…

Source : BEH, N°5, 6 février 2007


Reste à savoir comment les adeptes de l'anti-vaccination vont justifier cette amélioration de la situation entre 1998 et 2005... Meilleure alimentation ? Amélioration de la sanitation ? Nous retenons notre souffle dans l'attente de leur explication !

05 février 2007

Caricatures: "Charlie Hebdo" en correctionnelle mercredi

PARIS (AP) - Le tribunal correctionnel de Paris examinera mercredi et jeudi les poursuites engagées par la Grande mosquée de Paris et l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) contre "Charlie Hebdo" qui a publié en février 2006 des caricatures du prophète Mahomet, commandées initialement par le quotidien danois "Jyllands Posten".

L'hebdomadaire satirique sera jugé pour "injures publiques envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion", un délit passible de six mois d'emprisonnement et 22.000 euros d'amende. La Grande Mosquée de Paris réclame 30.000 euros de dommages et intérêts à "Charlie Hebdo".

Peut-on se moquer de Dieu? Le sacré, la liberté d'expression et la laïcité ne sont pas en cause dans ce procès, selon le recteur de la Grande mosquée, Dalil Boubakeur. "C'est une affaire de caricatures qui incitent au racisme", insiste-t-il, se défendant à l'avance de tout intégrisme, "adversaire de l'Islam". Une religion où l'interdit de la représentation de Dieu et son prophète reste fort.

Trois mois après la publication de ces caricatures par le journal danois, de violentes manifestations ont éclaté dans le monde musulman, des centres culturels ou ambassades du Danemark étant mis à sac. Jacques Chirac devait condamner "les provocations manifestes susceptibles d'attiser dangereusement les passions" et pouvant blesser "les convictions religieuses".

Trois dessins sont en cause. La couverture du numéro du 8 février, réalisée par Cabu pour "Charlie Hebdo", représentant, sous le titre "Mahomet débordé par les intégristes", un prophète soupirant: "C'est dur d'être aimé par des cons".

Le deuxième représente le prophète coiffé d'un turban d'où sort la mèche d'une bombe et le troisième, Mahomet sur un nuage accueillant des terroristes leur disant: "Arrêtez, arrêtez, nous n'avons plus de vierges". Deux dessins initialement parus dans le "Jyllands Posten".

Pour les avocats de la Grande mosquée, si la "une" est une injure à l'ensemble de la communauté musulmane en la présentant comme une "communauté de 'cons'", les deux autres caricatures ne sont qu'une "assimilation outrageante" entre musulmans et terrorisme.

"L'Islam de France ne réclame pas que le délit de blasphème soit rétabli", plaide Me Francis Szpiner, l'un des avocats de la Grande mosquée de Paris et proche du chef de l'Etat. "Ce qui est en cause, c'est le racisme. Et le racisme n'est pas une opinion mais un délit", tranche l'avocat qui voit dans cette action judiciaire une "démarche républicaine".

Paradoxalement, "France-Soir", qui avait également reproduit les caricatures publiées par le "Jyllands Posten", n'est pas poursuivi, Dalil Boubakeur estimant que le quotidien était dans une "mission d'information en publiant des caricatures qui ne l'avaient pas encore été en France".

Une affirmation qui fait sursauter l'un des avocats de "Charlie Hebdo", Me Richard Malka. "S'il y a un endroit où il est légitime de publier des caricatures, c'est bien dans un journal satirique" qui, pour sa défense, invoquera le droit à l'humour, au blasphème.

Représentant d'un Islam modéré, la Grande mosquée de Paris explique avoir fait le choix de poursuites judiciaires pour éviter d'être débordée par plus radicale qu'elle. Ces poursuites sont destinées "à calmer et canaliser les mécontentements pour qu'il n'y ait pas de débordements", analyse Abdallak Zekri, président de la Fédération régionale du Sud-ouest de la Grande mosquée de Paris.

Si "Charlie Hebdo" était condamné, "ce serait la fin de toute possibilité de voir évoluer l'Islam vers un Islam de lumière", répond Me Malka.

L'hebdomadaire satirique entend faire citer 14 témoins, parmi lesquels François Hollande, secrétaire national du PS, ou encore François Bayrou, président de l'UDF et candidat à l'élection présidentielle. Leur venue, en pleine campagne électorale, est des plus hypothétiques.

L'écrivain bangladaise Taslima Nasreen, menacée de mort en 1994 par les islamistes radicaux à la suite de son premier roman, "La honte", devrait en revanche être présente.

La 17e chambre correctionnelle sera exceptionnellement présidée par Jean-Claude Magendie, président du tribunal de grande instance de Paris. Les débats débutent mercredi matin à 9h.

Poursuivis pour diffamation au Danemark, les caricaturistes ont été relaxés.


Espérons que cette farce se terminera bien pour Charlie Hebdo et la liberté de pensée. Sinon, le cas suivant sera le procès de ceux qui se moquent de l'homéopathie, une position qui choque les millions de croyants de cette ineptie pseudo-scientifique. A moins que ce ne soit celui de ceux qui dans leurs textes sacrés appellent au mépris et au massacre des 'mécréants' (les athées).

Camembert : 45 % de matière grasse ou 1% de matière grise ?

Par Destination Santé

Fromage le plus consommé de France, le camembert fleure les pieds du Bon Dieu… et n'élèverait pas le taux de cholestérol. Tels sont les résultats d'une étude commanditée par un célèbre fromager. Pas de quoi pourtant, en faire tout un fromage…

Fleuron de notre patrimoine gastronomique, le camembert est souvent le supplément d'un bon repas. C'est aussi un fromage riche en calcium (environ 200 mg la portion de 30 g), un atout malheureusement compensé par une importante quantité de lipides, en particulier des acides gras saturés reconnus pour leur effet néfaste sur le taux de cholestérol.

Pour étudier l'impact d'un tel fromage sur le bilan lipidique, un fromager de Normandie a engagé 65 volontaires de 20 à 50 ans. Les uns étaient en bonne santé, les autres présentaient un taux de cholestérol modérément élevé. Pendant 4 semaines, ils ont dû ingérer quotidiennement deux pots de yaourt. Durant 4 autres semaines, l'expérience a comporté la consommation journalière d'un quart de camembert (60g). Verdict selon les auteurs : pas de variation du cholestérol total avec les deux laitages, et une baisse significative du mauvais cholestérol avec le camembert.

Cette étude pourtant, pose question. Elle comporte en effet de nombreux biais méthodologiques et notamment, l'absence d'un véritable groupe contrôle. C'est d'autant plus dommage que la consommation régulière de laitages, en particulier de laitages fermentés, semble associée à une protection du coeur et des vaisseaux. Mais de nombreuses incertitudes demeurent et des données conflictuelles existent toujours sur l'effet hypocholestérolémiant du fromage, au contraire de certains laitages dits « probiotiques ». Bref, plutôt que d'avancer trop hâtivement les vertus d'un fromage en particulier il conviendrait plutôt, en l'état actuel des connaissances, de plaider pour une consommation variée de laitages. Et à ne pas se montrer trop coulant avec le fromage, d'autant plus s'il est gras...

Source : groupe Lactalis – Dr Yves Donazzolo, Centre de Recherche clinique à Gières


Ne parlons pas du double-aveugle, du conflit d'intérêt, etc. Disons-le carrément, nous avons là le top-niveau de la mauvaise science.

02 février 2007

Le jeu de masques du néocréationnisme français

Que cache l'Université interdisciplinaire de Paris (UIP) ? Simple association philosophant sur les relations entre science et théologie ou fer de lance de l'importation du néocréationnisme en France ? Le contexte international rend ces questions sensibles. Aux Etats-Unis, les avocats du "dessein intelligent" (intelligent design) contestent le monopole du darwinisme sur l'enseignement des origines de l'homme, et, sans référence explicite à un créateur, ils prônent l'existence d'une "cause première" ayant présidé à l'apparition de la vie sur Terre.

L'Angleterre est également touchée. Le créationniste australien John Mackay y donne des conférences dans les écoles publiques et les universités. La Royal Society tout comme l'archevêque de Canterbury ont pris position contre l'enseignement du néocréationnisme à l'école, et le syndicat national des enseignants réclame de nouvelles lois protectrices. Le 21 juin, les académies nationales des sciences de soixante-sept pays, dont la France, ont signé un appel pour alerter parents et enseignants. Les "preuves scientifiques, les données et les théories vérifiables sur les origines et l'évolution de la vie sur Terre" présentées dans les cours de sciences de certains établissements publics sont "masquées, niées ou confondues" avec des "théories non vérifiables par la science", indique cet appel de l'Interacademy Panel (IAP).

En France, l'UIP focalise tous les soupçons. Association loi 1901, cette université ne décerne aucun diplôme mais organise des conférences payantes dans une salle discrète d'un mouvement chrétien de la rue de Varenne, à Paris, ou dans l'amphithéâtre Guizot de la Sorbonne. Outre les cotisations des 1 250 adhérents revendiqués, son budget est alimenté à hauteur d'environ 1 million d'euros par an par la Fondation américaine John Templeton.

Cette dernière décerne chaque année un prix doté de 1,4 million de dollars (environ 1 million d'euros) à un scientifique distingué pour ses travaux sur les "réalités spirituelles". La fondation finance, dans le monde entier, des recherches "à la frontière de la théologie et de la science". C'est justement le domaine de prédilection de l'UIP, créée fin 1995 sur les cendres de l'Université européenne de Paris (UEP), fondée en 1989 pour succéder à l'Université populaire de Paris (UPP).

Jean Staune, fondateur, secrétaire général et véritable cheville ouvrière de l'UIP, s'ingénie à brouiller les pistes lorsqu'il s'agit de définir les objectifs de l'association. Une prudence de jésuite qui s'explique par la valse des sponsors de l'association. Soutenue à ses débuts par des entreprises prestigieuses (L'Oréal, Auchan, France Télécom, Air France, EDF...), elle a été progressivement abandonnée par ces soutiens en raison des soupçons de néocréationnisme qui pèsent sur elle. De peur de perdre les sponsors qui lui restent, le secrétaire général refuse désormais de citer ceux qui continuent de le parrainer.

Personnage protéiforme, Jean Staune se présente comme "maître de conférences à HEC, enseignant la philosophie des sciences en MBA". En réalité, il y est vacataire, chargé d'enseignement en formation continue de cadres et dirigeants dans un programme spécifique vendu aux entreprises et ne concernant pas les étudiants de l'école. Ses cours à HEC ne sont donc guère éloignés de l'activité de consultant en management du fondateur de la SARL Jean Staune International. La société "organise des séminaires en entreprise pour vulgariser auprès des dirigeants les nouveaux concepts scientifiques", explique-t-il.

Jean Staune bâtit ainsi de complexes et tortueuses analyses des avancées récentes de la science, et surtout de ses failles. Tout y passe, des découvertes de la mécanique quantique et des "incertitudes" qu'elles introduisent dans la physique, au théorème de Godel, qui démontre que même les systèmes formels les plus abstraits comme les mathématiques contiennent des propositions indécidables... Evitant soigneusement de prononcer le nom de Dieu, la dialectique parfaitement rodée sous-entend en permanence sa possibilité. Son objectif semble se limiter à tenter d'instiller le soupçon de son existence.

Les conférences de Jean Staune confinent au show de prédicateur d'un nouveau type, maniant les concepts scientifiques à la place des textes religieux. L'assistance, tendance troisième âge, semble fascinée par ses démonstrations. Le bombardement de références bibliographiques et la convocation de grands noms de la science, si possible Prix Nobel, semble faire son effet...

Parmi ces noms prestigieux, Charles Townes, Nobel de physique en 1964 et inventeur, en 1954, du maser, précurseur du laser, a rendu hommage à l'UIP lors de son 10e anniversaire, en 2005. La même année, pour ses 90 ans, Charles Townes répondait aux questions de l'université de Berkeley. Le physicien ne cache pas son soutien au "dessein intelligent", qu'il place au même niveau que l'évolution.

L'intelligent design, si on le considère d'un point de vue scientifique, semble être tout à fait réel", déclare-t-il en adhérant aux interprétations métaphysiques du principe cosmologique anthropique (un seul univers possible conçu dans le dessein de l'apparition des hommes). Jean Staune le rejoint. "Un créateur ne peut être exclu du champ de la science", déclare-t-il. Et de taxer ceux qui s'opposent à cette conception du principe anthropique d'"obscurantistes", et de les rendre responsables d'un potentiel et "vrai désamour" d'une science "en quête de sens".

Lors d'une de ses dernières conférences publiques, le 22 février, Jean Staune a ainsi brossé le tableau du "grand débat actuel sur la nature de l'évolution". Une vaste fresque épistémologique n'identifiant pas moins de neuf familles de pensée, des purs darwinistes comme les biologistes Daniel Bennett et Richard Dawkins et le sociobiologiste Edward Wilson aux avocats de l'intelligent design, tels le biochimiste Michael Behe, le biologiste moléculaire Doug Axe et le microbiologiste Scott Minnich, en passant par les défenseurs français de la "logique interne", la paléoanthropologue Anne Dambricourt-Malassé, le biologiste Jean Chaline et l'éthologiste Rémy Chauvin.La dernière catégorie, pour Jean Staune, rassemble les adeptes de l'"évolution quantique" qui, avec le biologiste Vasily Ogryzko, le biochimiste américain Lothar Schafer et le microbiologiste anglais John Joe Mc Fadden, estiment que les cellules vivantes sont issues de phénomènes quantiques à l'oeuvre dès la constitution de la Terre, et non de la chimie d'une soupe primordiale. Le panorama de Jean Staune a le mérite de décrire le vaste spectre des théories actuelles qui contestent le darwinisme, né en 1859. Il révèle sans doute aussi la confusion qui règne aujourd'hui dans les recherches en biologie et débride les imaginations.

Une situation trouble qui se prête aux dérives. La dernière en date a placé, fin 2005, l'UIP sur le devant de la scène. La diffusion sur Arte du film de Thomas Johnson Homo sapiens, une nouvelle histoire de l'homme a en effet braqué les projecteurs sur les travaux d'Anne Dambricourt-Malassé. Chargée de recherche au CNRS et rattachée au Muséum d'histoire naturelle, elle présente dans ce documentaire sa théorie d'une logique interne à l'oeuvre, selon elle, dans les mécanismes de l'évolution du singe vers l'homme et fondée sur les modifications de la forme d'un os du crâne, le sphénoïde.

Offensive du créationnisme islamique en France

MARC MENNESSIER

« L'Atlas de la Création » a été envoyé dans la plupart des établissements scolaires et universitaires. Le ministère de l'Éducation a demandé qu'il ne soit pas diffusé aux élèves et étudiants.

DEPUIS une semaine, la plupart des universités, lycées et collèges de France ont reçu un livre luxueux, intitulé L'Atlas de la Création, qui réfute sur 770 pages très richement illustrées le darwinisme et la théorie de l'évolution. Écrit par un certain Harun Yahya (de son vrai nom Adnan Oktar), de nationalité turque, l'ouvrage, directement expédié à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires depuis la Turquie et l'Allemagne, entend dénoncer « l'imposture des évolutionnistes, leurs affirmations trompeuses » et surtout « les liens occultes existant entre le darwinisme et les sanglantes idéologies telles que le fascisme et le communisme ».
Selon l'auteur, les théories de Charles Darwin (1809-1882) seraient même « la réelle source du terrorisme ». On peut lire par exemple, sous une photo représentant les attentats du 11 Septembre, cette légende stupéfiante : « Ceux qui perpétuent la terreur dans le monde sont en réalité des darwinistes. Le darwinisme est la seule philosophie qui valorise et donc encourage le conflit. »
« Bien plus insidieux »
Très vite alerté, le cabinet du ministre de l'Éducation nationale, Gilles de Robien, a discrètement demandé aux recteurs d'académie de veiller à ce que ce livre, « qui ne correspond pas au contenu des programmes établis par le ministre, ne figure pas dans les centres de documentation et d'information des établissements scolaires ».
« Il s'agit d'une nouvelle forme de créationnisme, bien plus insidieuse que celle, d'inspiration chrétienne, qui sévit en Amérique du Nord » explique au Figaro le biologiste Hervé Le Guyader, de la faculté de Jussieu à Paris, qui vient de procéder à la demande de l'Inspection générale de l'Éducation nationale à une analyse détaillée de L'Atlas de la Création.
Harun Yahya ne prétend pas, en effet, que le monde et ce qui l'habite a été créé il y a six mille ans et en sept jours, comme le dit la Genèse. L'auteur, de confession musulmane, admet au contraire que la Terre a bel et bien 4,6 milliards d'années, son âge réel. Il s'appuie d'ailleurs sur les très nombreux fossiles retrouvés depuis deux siècles dans le monde entier pour asséner que « les espèces n'ont jamais changé ».
Une série de sept ouvrages
L'auteur présente ainsi, dans le désordre le plus complet, de magnifiques photos de spécimens de poissons, de hyènes, de fourmis, d'étoiles de mer ou encore de feuilles d'arbres, vieux de plusieurs dizaines de millions d'années, qu'il compare à une photo de leur descendant actuel pour bien montrer qu'ils se ressemblent. Et que, donc, « les êtres vivants n'ont pas subi d'évolution, mais furent bien créés »...
« La méthode peut s'avérer redoutablement efficace sur un public non averti, s'inquiète Hervé Le Guyader. Car ces espèces a priori semblables sont en fait très différentes les unes des autres tant sur le plan anatomique que génomique. La plupart seraient incapables de se reproduire entre elles ! »
L'auteur, qui cite abondamment le Coran, conclut que « la création est un fait », prouve « l'existence de l'âme » et prophétise « la fin du matérialisme ». Reste à savoir qui se cache derrière Harun Yahya et surtout qui a financé l'édition et la distribution massive - et gratuite - de ce livre hors de prix ? D'autant qu'il s'agit du premier volume d'une série de sept ouvrages. Autre mystère : comment la maison d'édition s'est-elle procuré les noms des destinataires de l'ouvrage, mentionnés en toutes lettres sur les colis ?


Harun Yahya est un auteur particulièrement prolifique. Ses thèses fascisantes et antisémites sont dans la veine des fameux Protocoles des Sages de Sion, le faux tsariste.

01 février 2007

Arménie : loi contre génocide, par Bernard-Henri Lévy

Le Monde

On dit : "Ce n'est pas à la loi d'écrire l'Histoire"... Absurde. Car l'Histoire est déjà écrite. Que les Arméniens aient été victimes, au sens précis du terme, d'une tentative de génocide, c'est-à-dire d'une entreprise planifiée d'annihilation, Churchill l'a dit. Jaurès l'a crié. Péguy, au moment même où il s'engage pour Dreyfus, parle de ce commencement de génocide comme du "plus grand massacre du siècle". Les Turcs eux-mêmes l'admettent. Oui, c'est une chose que l'on ne sait pas assez : dès 1918, Mustapha Kemal reconnaît les tueries perpétrées par le gouvernement jeune-turc ; des cours martiales sont instituées ; elles prononcent des centaines de sentences de mort. Et je ne parle pas des historiens ni des théoriciens du génocide, je ne parle pas des chercheurs de Yad Vachem, ni de Yehuda Bauer, ni de Raoul Hilberg, je ne parle pas de tous ces savants pour qui, à l'exception de Bernard Lewis, la question de savoir s'il y a eu, ou non, génocide ne s'est jamais posée et ne se pose pas.

Il ne s'agit pas de "dire l'Histoire", donc. L'Histoire a été dite. Elle a été redite et archi-dite. Ce dont il est question, c'est d'empêcher sa négation. Ce dont le Sénat va discuter, c'est de compliquer, un peu, la vie aux insulteurs. Il y a des lois, en France, contre l'insulte et la diffamation. N'est-ce pas la moindre des choses d'avoir une loi qui pénalise cette insulte absolue, cet outrage qui passe tous les outrages et qui consiste à outrager la mémoire des morts ?

On dit : "Oui, d'accord ; mais la loi n'a pas à se mêler, si peu que ce soit, de l'établissement de la vérité car elle empêche, lorsqu'elle le fait, les historiens de travailler." Faux. C'est le contraire. Ce sont les négationnistes qui empêchent les historiens de travailler. Ce sont les négationnistes qui, avec leurs truquages, brouillent les pistes. Prenez la loi Gayssot. Citez-moi un cas d'historien, un seul, que la loi Gayssot, sanctionnant la négation de la destruction des juifs, ait empêché de travailler.

C'est une loi qui empêche Le Pen ou Gollnisch de trop déraper. C'est une loi qui met des limites à l'expression d'un Faurisson. C'est une loi qui gêne les incendiaires des âmes type Dieudonné. C'est une loi qui, par parenthèse, nous évite des mascarades du type de ce procès du super-négationniste David Irving qui eut lieu à Londres il y a sept ans et où, précisément faute de loi, l'on vit juges, procureurs, avocats, journalistes à scandale, affairés à se substituer aux historiens et à semer, pour de bon, le trouble dans les esprits. Mais c'est une loi qui ne s'est jamais mise en travers de la route d'un seul historien digne de ce nom. C'est une loi qui, contrairement à ce que nous disent, je n'arrive pas à comprendre pourquoi, les "historiens pétitionnaires", les protège, oui, les protège de la pollution négationniste. Et il en ira de même avec l'extension de cette loi Gayssot à la négation du génocide arménien.

On dit : "Où s'arrêtera-t-on ? Pourquoi pas, tant qu'on y est, des lois sur le colonialisme, la Vendée, les caricatures de Mahomet ? Est-ce qu'on ne s'oriente pas vers des dizaines de lois mémorielles dont le seul résultat sera d'interdire l'expression des opinions non conformes ?" Autre erreur. Autre piège. D'abord, il n'est pas question de "lois mémorielles", mais de génocide ; il n'est pas question de légiférer sur tout et n'importe quoi, mais sur les génocides et les génocides seulement ; et des génocides, il n'y en a pas cent, ni dix - il y en a quatre, peut-être cinq, avec le Rwanda, le Cambodge et le Darfour, et c'est une escroquerie intellectuelle de brandir l'épouvantail de cette multiplication de nouvelles lois attentatoires à la liberté de pensée.

Et puis, ensuite, soyons sérieux : il n'est pas question, dans cette affaire, d'opinions non conformes, incorrectes, etc. ; il est question de négationnisme, seulement de négationnisme, c'est-à-dire de ce tour d'esprit très particulier qui consiste non pas à avoir une certaine opinion quant aux raisons de la victoire d'Hitler ou des Jeunes-Turcs, mais qui consiste à dire que le réel n'a pas eu lieu. Pas de chantage, donc, à la tyrannie de la pénitence ! Arrêtons avec le faux argument de la boîte de Pandore ouvrant la voie à une inquisition généralisée ! Le fait que l'on punisse le négationnisme antiarménien n'impliquera en aucune façon cette fameuse prolifération, en métastases, de lois politiquement correctes.

On dit encore : "Attention à ne pas tout mélanger ; il ne faut pas prendre le risque de banaliser la Shoah." Ma réponse, là-dessus, est très claire. Il est vrai que ce n'est pas pareil. Il est vrai que, et le nombre de ses morts, et le degré d'irrationalité atteint par les assassins, et le type très particulier de rapport à la technique qu'implique l'invention de la chambre à gaz, il est vrai, oui, que tout cela confère à la Shoah une irréductible singularité. Mais, à cette évidence, j'ajoute deux remarques.

Primo, ce n'est peut-être pas "pareil", mais le moins que l'on puisse dire est que cela se ressemble. Et le premier à le savoir, le premier à en prendre acte, fut un certain Adolf Hitler, dont on ne dira jamais assez combien le génocide antiarménien l'a frappé, fait réfléchir et, si j'ose dire, inspiré. Ce génocide arménien, ce premier génocide, le fut - "premier" - à tous les sens du terme : un génocide exemplaire et presque séminal ; un génocide banc d'essai ; un laboratoire du génocide considéré comme tel par les nazis.

Et puis j'ajoute, secundo, cette autre observation. Lorsque je me suis plongé dans la littérature négationniste touchant les Arméniens, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que c'est la même littérature, littéralement la même, que celle que je connaissais et qui vise la destruction des juifs. Même rhétorique. Mêmes arguments. Même façon, tantôt de minimiser (des morts, d'accord, mais pas tant qu'on nous le dit), tantôt de rationaliser (des massacres qui s'inscrivent dans une logique de guerre), tantôt de renverser les rôles (de même que Céline faisait des juifs les vrais responsables de la guerre, de même les négationnistes turcs expliquent que ce sont les Arméniens qui, par leur double jeu, leur alliance avec les Russes, ont fait leur propre martyre), tantôt, enfin, de relativiser (quelle différence entre Auschwitz et Dresde ? quelle différence entre les génocidés et les victimes turques des "bandes armées" arméniennes ?)

Bref. A ceux qui seraient tentés de jouer au jeu de la guerre des mémoires, je veux répondre en plaidant pour la fraternité des génocidés. C'est la position de Jan Patocka, le philosophe de la "solidarité des ébranlés". C'était la position des pionniers d'Israël, qui, tous, se sentaient un destin commun avec les Arméniens naufragés. La lutte contre le négationnisme ne se divise pas. Laisser une chance à l'un équivaudrait à ouvrir une brèche à l'autre...

On dit enfin - et cela se veut l'argument définitif : "Pourquoi ne pas laisser la vérité se défendre seule ? N'est-elle pas assez forte pour s'imposer et faire mentir les négationnistes ?" Eh bien non, justement ! Parce que ce négationnisme anti-arménien a une particularité que l'on ne trouve pas, pour le coup, dans le négationnisme judéocide : c'est un négationnisme d'Etat ; c'est un négationnisme qui s'appuie sur les ressources, la diplomatie, la capacité de chantage, d'un grand Etat.

Imaginez un instant ce qu'eût été la situation des survivants de la Shoah si l'Etat allemand avait été, après la guerre, un Etat négationniste ! Imaginez leur surcroît de détresse s'ils avaient eu, face à eux, une Allemagne non repentante menaçant ses partenaires de rétorsions s'ils qualifiaient de génocide la tragédie des hommes, femmes et enfants triés sur la rampe d'Auschwitz ! C'est votre situation, amis arméniens ; et il y a là une adversité qui n'a, cette fois, pas d'équivalent et à laquelle je ne suis pas sûr que la vérité, dans sa belle nudité, ait assez de force pour s'opposer.

Un tout dernier mot. Vous vous souvenez d'Himmler créant, en juin 1942, un commando spécial, le commando 1005, chargé de déterrer les corps et de les brûler. Vous connaissez les euphémismes utilisés pour ne pas avoir à dire "meurtre de masse" et pour effacer donc, jusque dans le discours, la marque de ce qui était en train de s'opérer.

Eh bien, cette loi qui est celle de la Shoah, ce théorème que j'appelle le théorème de Claude Lanzmann et qui veut que le crime parfait soit un crime sans trace et que l'effacement de la trace soit partie intégrante du crime lui-même, cette évidence d'un négationnisme qui n'est pas la suite mais un moment du génocide et qui lui est consubstantiel, tout cela vaut pour tous les génocides et donc aussi, naturellement, pour le génocide du peuple arménien. On croit que ces gens expriment une opinion : ils perpétuent le crime. Ils se veulent libres-penseurs, apôtres du doute et du soupçon : ils parachèvent l'oeuvre de mort.

Il faut une loi contre le négationnisme parce que le négationnisme est, au sens strict, le stade suprême du génocide.

Bernard-Henri Lévy est écrivain.

30 janvier 2007

Le temps des charlatans

Le dossier spécial sur les médecines ‘alternatives’ du magazine de vulgarisation scientifique « Science & Avenir », de février 2007, a de quoi faire peur. La rédactrice du dossier, Sylvie Riou-Milliot, apparemment très complaisante, nous informe qu’une vingtaine d’établissements hospitaliers offrent des consultations de médecine ‘alternative’. La liste est en fait très courte : seules l’acupuncture et l’homéopathie ont droit de cité à Paris. La liste s’allonge quelque peu en région parisienne : ostéopathie et auriculothérapie dans un établissement chacun. Sophrologie, toucher-massage, hypnose n’apparaissent qu’en province.

La rédactrice du dossier, a choisi de ne présenter que des médecins pratiquant une de ces pseudo-médecines, qui tous ­­— on s’en doute — sont convaincus de l’efficacité de leur technique. L’un d’entre eux, le Dr David Alimi, neurophysiologiste responsable de la consultation d’auriculothérapie à l’IGR de Villejuif, affirme même tout de go : « Pour asseoir une discipline, rien ne vaut la validation et l’évaluation scientifique. »
Certes, mais alors pourquoi aucune liste d’études cliniques (randomisées, en double-aveugle et contre placebo) n’est simplement mentionnée dans ce dossier ? Peut-être parce que l’on serait bien en peine de produire la moindre étude de qualité dans le domaine de l’auriculothérapie. Voir en particulier l'analyse par l'AFIS d'une des études du Dr Alimi qui montre que le double-aveugle n'est pas de mise dans son étude, et une discussion plus générale de l'auriculothérapie).

On serait bien en peine de trouver de telles études de qualité dans le domaine des pseudo-médecines mentionnées dans ce dossier. Il faut savoir que les études cliniques de qualité sont très rares (cela coute très cher et cela prouve souvent qu'on se trompe) même dans le domaine de la médecine scientifique. Alors pour la médecine de Molière, ça devient inabordable vu que les résultats ne sont jamais au rendez-vous. Alors, on fait de mauvaises études et on brandit triomphalement des résultats biaisés. La triste histoire de Benvéniste vient à notre mémoire (celle de l’eau, bien sûr). Le double-aveugle imposé par le protocole défini avec l’illusionniste James Randi a montré que les résultats de Benvéniste étaient dus à un biais. L’expérience a été renouvelée avec le programme scientifique Horizon de la BBC quelques années plus tard, mettant un point (final ?) à ces prétentions.

Dans un encart, la rédactrice nous prévient qu’il faut « se méfier du jargon pseudo-médical, de concepts fumeux et de mécanismes complexes ». Dont acte !
Parlons donc du principe de similitude de l’homéopathie (ne pas confondre avec les principes de la vaccination), du principe des hautes dilutions dépassant le point où plus la moindre molécule de produit ne peut subsister (moins il y en a, plus ça fait d’effet), de la « mémoire de l’eau » (l’eau gardant miraculeusement les propriétés des molécules qui y seraient passées), de la transmission électronique des propriétés médicamenteuses par Internet (dernière lubie de Benvéniste) et autres inepties.
Parlons de l’acupuncture et son jargon de « méridiens » (jamais observés physiquement), d’énergie du « chi », de « point zhi yin ». Sans doute ces concepts paraissent-ils très clairs à la rédactrice, qui ne semble pas franchement tentée de les expliquer. Et pourtant, il y aurait de quoi dire !

Alors, si la théorie est invraisemblable, les résultats, eux, peuvent néanmoins être valides (on peut avoir tort dans le principe mais tomber juste par hasard, ce n’est pas parce que le raisonnement est faux que le résultat l’est, etc.). Dans ce cas, les études cliniques devraient montrer des résultats clairs. Les tenants des pseudo-médecines, faute de pouvoir justifier leurs théories, se tournent vers les succès supposés de leurs pratiques (le « ça marche », voir aussi http://charlatans.free.fr/camarche.shtml). Les défauts méthodologiques des études cliniques sont constatables même par des néophytes. Ce qui explique pourquoi les études se succèdent et se contredisent. Les réalités sont tristes : plus les études sont faites correctement, scientifiquement, plus les résultats des pseudo-médecines se rapprochent de l’effet placebo, parfois même par le bas et avec des effets secondaires non négligeables. Ces constatations ont été faites à plusieurs reprises par des journaux scientifiques prestigieux qui ont passé en revue de nombreuses études cliniques (voir la réaction des laboratoires Boiron).
Les théories à la base des pseudo-médecines sont parfaitement ineptes et nul ne peut expliquer les effets ‘observés’, lorsqu’ils ne sont pas tout simplement imaginés, autrement que par un effet placebo dont la réalité a été constatée empiriquement par l’imagerie cérébrale (voir aussi une étude sur la variabilité de l'effet placebo).

Le dossier de Sciences & Avenir se conclut par une déclaration enthousiaste du Pr Boustie, de la fac de pharmacie de Rennes, sur les bienfaits du millepertuis pour lutter contre la dépression. Las ! Sens Commun a déjà publié une nouvelle du British Medical Journal en 2005 sur les bienfaits du millepertuis.

Le dossier est suivi d’une interview du psychothérapeute Thierry Janssen, qui répète les affirmations contestables et contestées de la rédactrice du dossier, notamment sur la supériorité alléguée des pseudo-médecines par rapport au placebo. Thierry Janssen n’oublie pas de critiquer le « réductionnisme scientifique », et cite Linus Pauling qui s’exprime sur ce qu’est la vie. On se demande encore ce que Pauling, un physicien et chimiste vient faire dans cette galère. Il s’était singularisé il y a quelques années en soutenant que l’absorption de doses massives de vitamine C aurait des effets très bénéfiques sur les défenses immunitaires. On lira à ce sujet une nouvelle de Nature.
Quand Thierry Janssen parle « d’enrichir » la médecine scientifique avec « des concepts plus larges », on se retient de rire. Décidément, Molière et son Médecin malgré lui est plus actuel que jamais. Avec Sciences et Avenir, ce serait plutôt Le Tartuffe. A quand la « kinésiologie appliquée » dans les hôpitaux ?

Liens recommandés :
- Acupuncture
http://pseudo-medecines.org/articles.php?lng=fr&pg=13 http://charlatans.free.fr/acupuncture.shtml http://sens-commun.blogspot.com/search/label/acupuncture
- Placebo
http://sens-commun.blogspot.com/search/label/placebo
http://charlatans.free.fr/placebo.shtml http://pseudo-medecines.org/articles.php?lng=fr&pg=29
- Homéopathie
http://sens-commun.blogspot.com/search/label/homeopathie
http://charlatans.free.fr/homeopathie.shtml http://pseudo-medecines.org/articles.php?lng=fr&pg=9
- Ostéopathie
http://sens-commun.blogspot.com/search/label/osteopathie
http://charlatans.free.fr/osteocranien.shtml http://pseudo-medecines.org/articles.php?lng=fr&pg=20
- Phytothérapie
http://sens-commun.blogspot.com/search/label/phytotherapie
http://pseudo-medecines.org/articles.php?lng=fr&pg=125
- Iridologie
http://charlatans.free.fr/irido.shtml
- Discussions générales
http://pseudo-medecines.org
http://charlatans.free.fr/medecines_paralleles.shtml
http://charlatans.free.fr/questionnaire.shtml

Bibliographie :
Le sommeil de la raison, Norbert Bensaïd
Les charlatans de la santé, Jean-Marie ABGRALL
Idées folles, idées fausses en médecine, Skrabanek, Mc Cormick
Les pseudo-médecines, Jean Brissonnet
Les médecines douces, Jean-Jacques AULAS
Médecines parallèles et cancers, Dr. Olivier Jallut
La magie et la raison, Simon Schraub
Histoires parallèles de la médecine. Des Fleurs de Bach à l'ostéopathie, Thomas Sandoz

29 janvier 2007

Piquer sans trembler

Par Destination Santé

L'acupuncture efficace pour calmer les symptômes de la maladie de Parkinson ? C'est vrai… chez la souris ! Cette technique ancestrale venue de Chine ne cesse pas de nous réserver des surprises, la dernière en date venant d'une équipe coréenne…

La maladie de Parkinson est une affection progressive et dégénérative provoquée par la mort des cellules nerveuses chargées du contrôle et de la coordination des mouvements. Ces cellules produisent la dopamine, un neurotransmetteur très présent dans la matière grise cérébrale.

Or selon le travail du Pr Sabian Lim de l'Université de Séoul, la pose d'aiguilles sur des souris souffrant de Parkinson, a permis de maintenir leur niveau de dopamine. Lequel a diminué dans un groupe témoin non traité.

Lim et son équipe ont voulu en savoir davantage. Ils ont donc mené un essai sur des volontaires, mais en nombre malheureusement insuffisant. L'auteur appelle donc ses confrères occidentaux à chercher dans la même direction. Et si l'acupuncture, associée à des traitements conventionnels, permettait de soulager les parkinsoniens ? Ce serait une sacrée nouvelle…

Source : Nature, 22 janvier 2007


Encore une étude dont la positivité est très faible et donc les qualités scientifiques (Double-aveugle ? Groupe placebo ? Nature du placebo ?) sont douteuses. Peut-être que le simple fait de piquer (sans même utiliser les notions d'acupuncture) permet de provoquer ce fameux effet placebo dont on rappelle la réalité physiologique (production d'endorphines)

L’efficacité reste à prouver

Yves Therrien, Le Soleil - Efficaces, les produits de santé naturels ? Oui, si l’on se fie à l’employé du magasin. Moins, si l’on écoute les spécialistes de la santé. Chose certaine, il y a des études documentés sur les oméga 3, la glucosamine et quelques autres produits, mais aucune étude ou rapport d’essais cliniques sur des humains ne viennent appuyer les dires de certains fabricants pour une majorité de produits.

Le Soleil a visité quelques centres de produits de santé naturels. Le cas soumis concerne un problème de cholestérol élévé. Dans trois cas de produits proposés, la facture variait de 35 $ pour un seul produit jusqu’à 125 $ pour une série de médications sans pourvoir obtenir de preuves des effets bénéfiques.

Si le problème est traité à l’aide d’un médicament à base de statine, la formule générique coûte dans les 70 $ par mois. Le médicament vendu sous ordonnance est remboursé en grande partie par les assurances privées ou le régime public. Des études prouvent l’efficacité du médicament et ont établi les effets secondaires. Dans le cas des produits naturels, le consommateur doit tout payer.

Dans un commerce de produits naturels d’un centre commercial de Québec, l’employée de la boutique a été la seule à suggérer une modification des habitudes alimentaires en même temps que la prise du produit suggéré. Dans un autre commerce du même genre et dans une pharmacie d’une grande chaîne, les commis se sont limités à suggérer des produits en limitant leurs commentaires à ce qui était écrit sur les emballages.

Les trois personnes ont omis de demander si le client prenait d’autres médicaments. Deux commis sur trois n’ont jamais parlé d’interaction entre les médicaments sauf si le client le demandait.

La docteure Sylvie Dodin, professeure au département d’obstétrique et gynécologie de l’Université Laval et titulaire de la chaire de recherche Lucie et André Chagnon pour l’avancement de l’approche intégrale en santé, note que les employés des magasins de produits de santé naturels ne sont peu ou pas formés pour répondre adéquatement au clients.

Elle cite une enquête réalisée dans 34 magasins de produits naturels d’une grande ville canadienne pour savoir ce que recommandait les employés à une patiente ayant un cancer du sein. Des 33 produits recommandés, aucun n’était supporté par des données probantes (études scientiques). Le coût mensuel moyen était de 58 $, mais selon les commerces, la facture variait de 5 $ à 600 $. Dans 68 % des cas, les employés ne posaient aucune question sur la prise d’autres médicaments. Dans 23 % des cas, ils discutaient des risques potentiels d’interaction, et seulement 11 % d’entre eux recommandaient un changement des habitudes de vie.

28 janvier 2007

Pensée magique et superstition, nuisibles chez l'adulte?

La pensée magique, et la superstition, consistent à interpréter un événement comme étant la cause d'un autre sans qu'il n'y ait de mécanisme plausible qui puisse expliquer le lien de cause à effet.

Interpréter un signe n'ayant aucun rapport avec une situation comme étant de bon augure et penser que la force de la pensée seule peut influencer le cours des choses (par exemples, peut provoquer le gain à un jeu de hasard, peut jeter un mauvais sort à quelqu'un ou encore penser que l'anxiété en elle-même prévient le danger) sont des exemples de pensée magique.

La pensée magique se retrouve chez chacun à différents niveaux. Pour la plupart, elle est le plus souvent sans conséquences négatives (ou presque) car elle ne constitue pas un mode de fonctionnement dominant et n'empêche pas (ou peu) les modes de pensée plus efficaces pour la compréhension et l'adaptation.

Cependant, pour une partie de la population, un manque de conscience par rapport à la pensée magique peut rendre vulnérable vis-à-vis certains systèmes organisés de croyances magiques et rendre susceptible de se retrouver victime de charlatanisme et/ou de sectes.

Développée à l'extrême, la pensée magique peut aussi représenter un problème de santé mentale. Par exemple dans le trouble obsessionnel compulsif les rituels superstitieux (ex. se laver plusieurs fois les mains pour éviter la contamination, exécuter des rituels mentaux afin d'éloigner un danger) prennent une place qui nuisent considérablement à l'adaptation.

Dans un article du New York Times, Benedict Carey présente la perspective de quelques spécialistes sur la pensée magique.

L'attrait pour les croyances magiques reposerait, selon Pascal Boyer, psychologue et anthropologue à l'Université de Wahington à St-Louis, sur la circuiterie du cerveau. Croire que ses propres pensées ou un rituel ont un pouvoir, ou encore qu'un signe fortuit est de bon augure, auraient pour fonction de rassurer, de réduire les craintes du quotidien et d'éviter ainsi une certaine détresse. En excès, précise-t-il, la pensée magique peut conduire à la compulsion ou au délire. Selon Boyer, un système du cerveau serait spécialisé pour réagir à certaines circonstances en produisant une explication magique.

Pour Jacqueline Woolley psychologue à l'Université du Texas, la pensée magique est soutenue culturellement. Vers l'âge de 3 ans, les enfants sauraient la différence entre fantaisie et réalité, bien que croyant encore, avec l'encouragement des adultes que le père Noël et à la fée des dents [la petite souris] peuvent réaliser des voeux. Vers l'âge de 7 ou 8 ans, au plus tard, ils ont mis de côté ces croyances et la ligne entre réalité et magie est à peu près aussi claire pour eux que pour les adultes. Cette culture de la pensée magique pourrait rendre particulièrement apte à adopter des systèmes de croyances magiques sectaires ou ésotériques.

Emily Pronin, professeur de psychologie à Princeton, a réalisé une recherche qui montrait que plusieurs fans du Super Bowl se sentaient responsables, par leur ferveur, de la victoire ou de la défaite. Pourquoi les gens ont-ils l'illusion d'un pouvoir? "Je crois, dit Pronin, que c'est en partie parce que nous sommes constamment exposés à nos pensées. Ces dernières nous sont tellement apparentes que nous sous-estimons leur connection avec les événements extérieurs."

Daniel M. Wegner, professeur de psychologie à Harvard, et des collègues ont réalisé une recherche qui montrait que des jeunes adultes étaient prêts à croire au mauvais sort jeté par les poupées vaudou. "Pour les gens qui sont généralement incertains de leur propres habiletés, ou lents à agir parce qu'ils se sentent inadéquats, croit-il, ce type de pensée peut être un antidote".

La pensée magique serait plus présente précisément quand les gens se sentent le plus impuissants et en détresse. Giora Keinan, une professeure à l'Université de Tel Aviv, a envoyé des questionnaires à 174 Israéliens après les attaques de missiles iraquiens durant la guerre du Golfe de 1991. Ceux qui rapportaient les niveaux les plus élevés de stress étaient les plus susceptibles d'endosser des croyances magiques (ex. entrer dans un abri du pied droit protège mieux, la présence dans l'abri de personnes dont les maisons ont été détruites porte malchance).

Les études suggéreraient que la pensée magique n'amènerait la détresse mentale qu'en cas d'utilisation extrême. Les gens souffrant de trouble obsessionnel-compulsif, par exemple, sont souvent presque paralysés par la croyance qu'ils doivent réaliser des rituels élaborés comme se laver les mains ou dire des prières spéciales pour éviter la contamination ou un désastre.

Ceux pour qui les pensées magiques peuvent se développer en véritable délire ou psychose semblent faire partie d'un groupe fondamentalement différent, selon Mark Lenzenweger, professeur de psychologie cognitive et de neuroscience de l'Université d'état de New York. "Il s'agit de gens pour qui la pensée magique est une partie centrale de leur vision monde. Tandis que la plupart des gens, si vous les confrontez sur leurs croyances magiques, vont reconnaître que leur croyance n'a pas de sens", dit-il.

Source: Benedict Carey, Do You Believe in Magic? New York Times, 23 janvier 2007


Une fois de plus, la maladie peut avoir des formes plus ou moins graves, mais il s'agit de la même maladie. Lorsque l'on croit à l'astrologie, cela peut rendre vulnérable à d'autres charlataneries, encore plus graves pour le portefeuille.