18 juin 2008

Elizabeth Teissier avait prédit la victoire de l'équipe de France à l'Euro

AFP - Mercredi 18 juin, 19h16

GENÈVE (AFP) - L'astrologue Elizabeth Teissier avait prédit la victoire... de l'équipe de France à l'Euro-2008 et "un moment unique dans la vie" du sélectionneur Raymond Domenech, dans une chronique parue mercredi dans le magazine suisse l'Illustré.
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"Le ciel de Raymond Domenech, comparé à celui de la finale de l'Euro, m'a éblouie", écrit Elizabeth Teissier.

"Ce verseau ascendant vierge vit un moment unique dans sa vie, à l'instar d'Alain Prost en 1985, lorsque je lui ai annoncé qu'il serait champion du monde", poursuit-elle.

"De là à conclure que la France va gagner l'Euro, il n'y a qu'un pas, que je franchis allégrement!", prédit l'astrologue dans sa chronique, parue au lendemain de l'élimination de l'équipe de France de l'Euro.


Si Elizabeth Teissier est aussi fiable pour ses prévisions professionnelles que sentimentales, le sélectionneur de l'équipe de France peut trembler en attendant la réponse de sa dulcinée. Heureusement pour lui, il arrive qu'Elizabeth Teissier tombe juste... Par le simple hasard, comme tout le monde.

17 juin 2008

Hépatite B : la France toujours à la traîne

Par Destination Santé

Plus de 10 ans après « l'affaire » du vaccin anti-hépatite B et de son rôle supposé dans l'apparition de cas de sclérose en plaques (SEP), la France nage toujours dans ses contradictions. Onze études ont déjà écarté toute relation entre la SEP et ce vaccin… Et pourtant rien n'y fait : les Français et une partie des professionnels de santé le boudent toujours. Petit retour sur une épine dans le pied, dont un récent rapport de l'OMS ravive le piquant…
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« Dix ans après, la France a encore du mal à augmenter sa couverture vaccinale contre l'hépatite B » nous explique sur un ton très diplomatique (devoir de réserve oblige !) Eric Laurent. Au bureau régional de l'OMS pour l'Europe, il est « Conseiller adjoint en charge du programme des vaccinations ». Un conseiller donc, qui rappelle à l'envi que « le rôle de l'OMS n'est certainement pas de critiquer ses Etats-Membres ».

Critiquer, peut-être pas… Mais l'Organisation sait trouver son franc-parler quand il s'agit de mettre en garde contre les risques sanitaires liés à des choix politiques hasardeux ! En 1998, elle ne s'était pas privée de dire son désaccord avec la décision – prise par Bernard Kouchner – de suspendre la vaccination systématique des adolescents contre l'hépatite B. « Vous savez, nous sommes en contact régulier avec les autorités sanitaires françaises. Mais la situation est délicate, la vaccination contre l'hépatite B est un dossier sensible en France ». Sensible et surtout explosif : avec une couverture vaccinale qui oscille entre 33% et 42%, notre pays prend le risque sérieux de laisser « filer » les cirrhoses et les cancers primitifs du foie…

Pourquoi sommes-nous les seuls en Europe à nous défier de ce vaccin, le seul encore très récemment, à protéger d'un cancer ? Pour Eric Laurent, l'affaire est entendue : c'est la campagne de vaccination de masse lancée contre l'hépatite B en 1997 qui serait en cause. « C'est connu, les populations établissent très facilement un lien de cause à effet entre un vaccin et un effet secondaire. En revanche, défaire ce lien est une entreprise beaucoup plus longue et difficile. Il y a un grand travail d'information à fournir de la part des autorités ».

Aussi bien en direction du public, que des professionnels de santé ? « Oui, tout à fait, il est impératif d'avoir une position claire sur le sujet. La France devrait peut-être lancer une vaste campagne médiatique afin de rassurer une fois pour toute ses citoyens quant à l'innocuité du vaccin. A l'instar de celle qui a été menée en Grande-Bretagne il y a 4 ans. Elle avait alors permis de réconcilier les Anglais avec le vaccin ROR ».

Source : Bulletin de l'OMS, 6 juin 2008 ; interview d'Eric Laurent, Conseiller adjoint en charge du programme des vaccinations, OMS/Europe, 13 juin 2008


"Contre la stupidité, les dieux eux-mêmes luttent en vain" écrivait Schiller. La pseudo-affaire du vaccin de l'hépatite B range la France dans la queue de peloton des nations occidentales. Nous remercierons les crieurs "au feu" dans quelques années, en leur mettant le nez dans l'augmentation des cirrhose et cancers du foie. Gageons qu'ils n'auront pas l'intelligence de reconnaître leurs erreurs.

ACADEMIE DE MEDECINE: Les risques du téléphone portable, Mise au point

COMMUNIQUE DE L'ACADEMIE NATIONALE DE MEDECINE, le 17 juin 2008

Les risques potentiels des téléphones portables ont fait l’objet de très nombreuses études, justifiées par le développement massif de la téléphonie mobile depuis 1993. Ces études relèvent soit d’une approche expérimentale (sur l’animal, sur des cultures cellulaires, voire sur des végétaux) soit d’une approche épidémiologique fondée sur des études cas-témoins.

L’étude internationale Interphone a été lancée car la plupart des études épidémiologiques antérieures apportent en réalité peu d’informations en raison d’une faible puissance statistique (peu de cas de la pathologie suspectée), d’un faible recul dans le temps (la plupart des cancérogènes connus ont des délais d’action d’environ 10 à 15 ans) et surtout, du fait de la difficulté principale des études cas-témoins, d’incertitudes importantes sur les expositions.
Ces incertitudes sont liées, en effet, au fait que l’estimation de l’exposition repose le plus souvent sur l’interrogatoire des cas et des témoins. On se heurte alors à la difficulté objective de se rappeler quel usage on faisait de son portable 5 ou 10 ans avant (ce type d’incertitude pourrait être pris en compte par des techniques statistiques adéquates, mais ce n’est presque jamais fait) et surtout à d’éventuels « biais d’anamnèse », les cas ayant tendance à mieux se rappeler leurs expositions que les témoins. Ce biais ne peut être corrigé de manière fiable sans mesure objective de l’exposition.
L’étude Interphone, conduite dans 13 pays, aura une puissance statistique importante puisqu’elle repose sur 6.600 cas de tumeurs (2.700 gliomes, 2.400 méningiomes, 1.100 neurinomes de l’acoustique et 400 tumeurs de la parotide). La publication de ses résultats globaux a été plusieurs fois annoncée et ajournée mais certains résultats partiels ont été publiés concernant le Danemark, la Suède, la Norvège, le Japon, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France.
Les résultats de ces études partielles sont pour le moment rassurants :
- les six études qui examinent les cas de neurinomes de l’acoustique ne montrent pas d’augmentation du risque, avec une incertitude à lever pour les utilisateurs depuis plus de dix ans ;
- les cinq études sur les méningiomes ne montrent pas d’augmentation du risque ;
- aucune des six études concernant les gliomes ne montre de risque significatif d’utilisation du portable mais le regroupement des études anglaises et nordiques montre un risque relatif de 1,39, à peine significatif (intervalle de confiance à 95% : 1,01 – 1,92) pour une utilisation du portable supérieure à 10 ans et du même côté que la tumeur.

L’étude Interphone France n’a pas montré d’excès de risque statistiquement significatif et ses auteurs ne font que suggérer la possibilité d’un risque pour des utilisations de 10 ans ou plus.
Ces résultats doivent être consolidés par le regroupement de toutes les études partielles, mais Interphone n’échappe pas à de sérieuses réserves méthodologiques : les expositions des cas et des témoins ont été estimées à partir d’interrogatoires sources d’incertitudes (non prises en compte dans les analyses statistiques) et de biais possibles d’anamnèse (pratiquement impossibles à corriger) ; les multiples tests statistiques devraient se fonder sur des techniques statistiques adéquates (pour ne pas augmenter le risque de résultat positif par simple hasard), ce qui n’est pas le cas.

Il sera donc important que la communauté scientifique dispose des données de base de cette étude pour pouvoir en vérifier la validité méthodologique.
L’Académie de médecine rappelle :
- que la médecine n’est ni de la publicité ni du marketing, et qu’il ne peut y avoir de médecine moderne que fondée sur les faits. Inquiéter l’opinion dans un tel contexte relève de la démagogie mais en aucun cas d’une démarche scientifique. On ne peut pas raisonnablement affirmer qu’ « un risque existe qu'il favorise l'apparition de cancers en cas d'exposition à long terme » et, en même temps, qu’ « il n'y a pas de preuve formelle de la nocivité du portable » ;
- que le principe de précaution ne saurait se transformer en machine alarmiste, surtout quand plusieurs milliards de portables sont utilisés dans le monde sans conséquences sanitaires apparentes depuis 15 ans.

L’Académie de médecine recommande :
- d'évaluer sérieusement les risques régulièrement évoqués, en privilégiant dans chaque cas une grande étude inattaquable sur sa méthodologie (ce qui n'est le cas ni d'Interphone ni du grand nombre d'études sur le même sujet qui l'ont précédée), plutôt que de nombreuses études de moindre envergure dotées de moyens et d’une puissance statistique insuffisants ;
- de privilégier les études de cohorte qui permettent une estimation beaucoup plus fiable des expositions et évitent les biais d’anamnèse entre les cas et les témoins ;
- de mettre systématiquement à la disposition de la communauté scientifique les données de base des études épidémiologiques, après un délai raisonnable pour ne pas priver ses auteurs de la priorité de leurs publications, afin de pouvoir faire l’analyse pertinente de leur fiabilité.

Contact Presse / Nicole Priollaud
01 45 25 33 17 ou 06 09 48 50 38 nicole.priollaud@wana....fr

11 juin 2008

Bébé né handicapé: pas d'indemnité pour le père qui avait refusé l'intervention d'hommes

LYON (AFP) - Une famille, qui réclamait des indemnités à l'hôpital de Bourg-en-Bresse pour la naissance d'un enfant handicapé, a vu sa demande rejetée et devra payer 1.000 euros de frais de justice au centre hospitalier, parce que le père de famille, musulman, avait refusé la présence de médecins hommes lors de l'accouchement.
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Dans un arrêt rendu mardi, la cour administrative d'appel de Lyon estime que "l'état de l'enfant est totalement imputable à l'attitude de M. Radouane Ijjou" et que le couple ne peut "rechercher la responsabilité (...) du centre hospitalier de Bourg-en-Bresse".

"Je m'y attendais eu égard au témoignage du centre hospitalier disant que M. Ijjou a fait obstruction à l'intervention de tout personnel soignant masculin", a affirmé à l'AFP l'avocate de la famille, Me Isabelle Damiano.

"La décision est très dure, on dit à l'enfant qu'il n'a qu'à s'en prendre à ses parents", a-t-elle ajouté.

Né le 8 novembre 1998, le petit Mohammed est handicapé à 100% à la suite de complications neurologiques lors de sa naissance.

Selon la cour administrative d'appel, l'opposition du père de famille à toute présence masculine a causé le handicap de l'enfant, en empêchant de faire les examens qui "auraient permis de prévenir les graves complications neurologiques dont a été victime le jeune Mohammed".

"Dès 9H40, la sage-femme a appelé l'interne de garde et invoquant ses convictions religieuses, M. Ijjou s'est, jusqu'à 10H10, physiquement opposé à toute présence masculine dans la salle d'accouchement", indique l'arrêt.

"Lorsque vers 10H10, après négociation, M. Ijjou ne s'est plus opposé à l'intervention des médecins masculins, il était trop tard pour commencer une césarienne et l'extraction de l'enfant a dû être effectuée par application de forceps", souligne la cour.

"M. Ijjou a toujours dit qu'il voulait que sa femme accouche dans des conditions normales. Au départ, il avait indiqué qu'il préférait que ce soit une femme, mais quand les choses se sont compliquées, peu lui importait", a indiqué Me Damiano.

"Il est musulman pratiquant, mais il se défend d'être intégriste", a souligné l'avocate en ajoutant: "Il a toujours refusé cette étiquette qu'on a voulu lui coller".

La demande de la famille Ijjou avait été rejetée en mai 2006 par le tribunal administratif de Lyon. Les époux avaient ensuite saisi la cour administrative d'appel en demandant que le centre hospitalier de Bourg-en-Bresse leur verse "une indemnité provisionnelle de 100.000 euros et, à titre personnel, une somme de 10.000 euros".


Les croyances des parents peuvent tuer les enfants, ou les rendre invalides à vie. On admirera le culot de ce 'père' qui a fait passer la vie de son enfant (et probablement de sa femme) après ses croyances, et qui réclame aux autres le prix de ses errements. Il refuse l'étiquette d'intégriste, s'installant ainsi dans la dénégation de l'évidence.

06 juin 2008

Laboratoire clandestin de médicaments: quatre personnes, dont deux pharmaciens, mis en examen

AP - Quatre personnes, dont deux pharmaciens, ont été mises en examen et laissées en liberté sous contrôle judiciaire dans le cadre de la découverte à Messimy (Rhône) d'un laboratoire clandestin de fabrication de médicaments alternatifs destinés à soigner des maladies lourdes, a annoncé vendredi le procureur de la République de Marseille Jacques Dallest.

Au terme de deux ans d'enquête, le parquet de Marseille, qui compte l'un des deux pôles français de santé publique avec Paris, a été désigné pour mener les investigations sur cette affaire. La juge d'instruction Véronique Imbert a procédé jeudi soir à la mise en examen des deux dirigeants d'une association baptisée "Choisis la vie", qui distribuait ces substances. "Vita", "Vitoral" et "Sovita", confectionnées sous forme de comprimés, crèmes, sirops ou suppositoires, étaient présentées comme permettant de soigner des maladies comme les cancers ou la sclérose en plaques.

Les qualifications retenues contre le couple de responsables associatifs sont celles d'"exercice illégal de la pharmacie" pour l'homme, d'"exercice illégal de la médecine" pour son épouse. Ils sont âgés de 70 et 67 ans. La juge a également retenu contre eux la "tromperie sur une marchandise entraînant un danger pour la santé de l'homme", les "blessures involontaires" et la "mise en danger d'autrui".

Une plaignante de Roanne (Loire) s'est plainte de l'aggravation de son état de santé, après avoir consommé les substances visées. L'enquête doit aussi déterminer les effets potentiels d'une substance baptisée "Uréthane", suspecte de nocivité.

L'association "Choisis la vie", qui a réalisé en 2007 et 2008 un chiffre d'affaires de plusieurs centaines de milliers d'euros, a fait l'objet d'une mise en examen pour "exercice illégal de la pharmacie par personne morale".

Deux pharmaciens de 51 et 55 ans, qui fabriquaient clandestinement les produits qui n'ont jamais obtenu d'autorisation de mise sur le marché (AMM), ont également été mis en examen jeudi soir pour "exercice illégal de la pharmacie, tromperie, mise en danger d'autrui et préparation de médicaments sans respect des bonnes pratiques".

Les deux responsables associatifs doivent verser chacun une caution de 35.000 euros, les pharmaciens chacun 50.000 euros.

Le procureur Dallest a dénoncé vendredi "une pratique illégale, discutable et parallèle" aux allures d'"entreprise humanitaro-commerciale".

Les mis en examen encourent quatre ans de prison et 75.000 euros d'amende.


Les affaires de ce genre se multiplient, les escrocs se masquant derrière des associations profitant de la naïveté des adeptes des pseudo-médecines. Ainsi, on a vu se multiplier les vendeurs de ces pseudo-medecines miracles, y compris en para-pharmacie. La plupart des vendeurs évitent soigneusement d'affirmer leurs effets miracles, comptant sur leurs adeptes pour répandre leur foi, principalement via Internet. Ils évitent ainsi les foudres de la justice tout en faisant une fortune facile.

04 juin 2008

Indiana Jones ne connaît pas sa géographie, reprochent les Péruviens

LIMA (AFP) - Indiana Jones, le célèbre archéologue du "Royaume du crâne de cristal" n'est certainement pas géographe, vitupèrent les péruviens, irrités en voyant leur pays andin confondu grossièrement avec le Mexique.
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Les spectateurs péruviens avaient pourtant été préparés par une campagne publicitaire ne laissant rien ignorer du fouet, des différents pistolets de l'aventurier allergique aux serpents, du saint graal ou des nazis avides de reliques aux pouvoirs magiques. Ils ont été décontenancés, déçus et enfin irrités en entendant le mexicain Pancho Villa parler en quechua, la langue des Incas et en constatant la confusion dans les décors et les lieux supposés.

"C'est un barbarisme", tonne Hugo Neyra, un historien, devenu directeur de la bibliothèque nationale de Lima.

A la sortie des salles, les spectateurs sont désorientés par les rancheras, ces chansons traditionnelles mexicaines qui accompagnent le héros dans l'Amazonie péruvienne. Ils sont aussi surpris par les féroces guerriers mayas qui parlent la langue des Andes où encore par la fameuse pyramide de Chichen Itza (au Mexique) déplacée... dans l'Amazonie péruvienne.

Pour l'historien Manuel Burga, ancien recteur de l'Université San Marcos, Steven Spielberg et George Lucas manquaient visiblement de conseillers historiques: "Il y a beaucoup de données fausses, même s'il s'agit d'une fiction cela va faire du tort, on montre un Pérou qui n'est pas vrai. Il n'est pas possible de confondre l'Amazonie avec la forêt du Yucatan au Mexique" proteste-t-il.

L'historien Teodoro Hampe n'est pas surpris en expliquant que pour l'américain moyen, tout ce qui existe au-delà de sa frontière sud, à partir du Mexique c'est du pareil au même: "Pour eux, c'est la même chose que ce soit le Mexique, le Guatemala, la Bolivie ou le Pérou".

Enfin les commentateurs regrettent que le message du film soit que les réussites des civilisations latino-américaines proviennent des extraterrestres et non de leurs habitants.


Dans la liste des bêtises, on peut ajouter les crânes de cristal eux-mêmes, dont il est maintenant prouvé que ce sont des faux. Evitons de croire qu'Indiana Jones est le titre d'une série d'émissions scientifiques, sans pour autant bouder notre plaisir.

03 juin 2008

Quatre bibliothèques de la Ville de Paris ont dû débrancher leurs bornes Wi-Fi face aux inquiétudes du personnel. Dernière en date : la bibliothèque interuniversitaire Sainte-Geneviève, dans le 5e arrondissement. La direction a pris cette décision après qu'un employé eut décidé d'exercer son droit de retrait, en vertu d'un moratoire sur le Wi-Fi, adopté en octobre 2007 par le comité d'hygiène et de sécurité.

Magasinier depuis quatre ans dans cet établissement, Gabriel Fondet témoigne : "Les douleurs se sont installées progressivement. Entre les téléphones portables activés, les ordinateurs portables connectés au Wi-Fi, les lampes à fort rayonnement, les antennes-relais de téléphonie à proximité, nous sommes exposés en permanence." D'autres témoignages lui ont permis de déterminer l'origine de ses troubles. Néanmoins, il reste prudent : "Les autres sources de pollution électromagnétiques sont à prendre aussi en compte. Le Wi-Fi seul n'est peut-être pas responsable de tous les maux", admet M. Fondet.

Le syndicat Supap-FSU et les associations Priartem, Agir pour l'environnement et Robin des toits soutiennent les employés. "Certains avancent que les douleurs seraient psychosomatiques. C'est un argument sans preuve ! Nous n'avons aucune prénotion sur le niveau d'exposition à partir duquel les gens souffrent", explique Stéphane Kerckhove, délégué général d'Agir pour l'environnement.

Janine Le Calvez, présidente de Priartem, fait le même constat : "Le Wi-Fi a été développé sans aucune étude d'impact sanitaire. Nous sommes passés du déni des effets à l'incertitude."

Les responsables de l'Association française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) ne partagent pas cet avis. "Nous ne pouvons pas nous permettre d'éliminer d'autres causes, comme le stress, lié à la présence d'antenne de rayonnement. Scientifiquement, on ne peut accorder foi à la thèse des malaises dus au Wi-Fi. Il n'y a aucun trouble connu à court terme", estime Olivier Merckel, chef de l'unité agent physique.

Face à ces interrogations, la connexion filaire traditionnelle fait son retour comme à la Bibliothèque nationale de France et dans les écoles de Courbevoie (Hauts-de-Seine).

Lucile Ageron


Encore une fois, l'inversion de la charge de la preuve est présentée sous couvert du principe de précaution. Les bibliothèques souhaitant installer un système Wifi ne pouvant pas procéder à des études cliniques, l'interdiction est gagnée d'avance. Reste à faire croire aux employés des bibliothèques qu'on a installé un système Wifi et à les écouter se plaindre des maux de tête que ce système inexistant provoque chez eux. Un test en simple aveugle qui révèlerait les simulateurs psychosomatiques.

Le président indonésien berné par un soi-disant carburant miracle

JAKARTA (AFP) - Le président indonésien a cru et soutenu le soi-disant inventeur d'un carburant miracle, présenté comme un dérivé de l'eau mais qui en fait n'était qu'un banal gasoil, a rapporté mardi la presse à Jakarta.
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Des scientifiques ont facilement démontré que le liquide baptisé "Energie bleue" n'était qu'un simple diesel produit par la société nationale d'hydrocarbures Pertamina.

"L'Energie bleue n'a rien d'extraordinaire, c'est juste une forme d'hydrocarbone ou de carburant fossile", a déclaré aux journalistes le ministre de la Recherche et de la Technologie Kusmayanto Kadiman.

La "découverte" de l'"Energie bleue" avait fait les gros titres en Indonésie, son concepteur, Joko Suprapto, étant parvenu à convaincre le président Susilo Bambang Yudhoyono qu'il avait réussi à séparer l'hydrogène de l'eau, pour produire du carburant.

Le procédé "révolutionnaire" avait été présenté solennellement au sommet de l'ONU sur les changements climatiques de décembre 2007 à Bali, avec l'appui du président Yudhoyono.

M. Suprapto avait disparu le mois dernier, ce qui avait poussé le chef de l'Etat indonésien à redouter qu'il ait été recruté ou enlevé par une multinationale pétrolière avide de bénéficier de son invention, a rapporté l'hebdomadaire Tempo.

M. Yudhoyono avait donc ordonné des recherches tous azimuts. L'"inventeur" a finalement été retrouvé dans un hôpital de Java, souffrant de problèmes cardiaques.

Selon le journal The Jakarta Post, le président indonésien s'est justifié mardi devant des experts de l'énergie en expliquant qu'il n'était pas lui-même un scientifique, mais qu'il était doué "du sens de la responsabilité et de curiosité".

27 mai 2008

Une étude falsifiée sur la nocivité des téléphones portables

Courrier International

En 2005 et 2008, des chercheurs de l'université de Vienne avaient fait sensation en révélant que les champs électromagnétiques générés par les antennes de téléphones portables pouvaient causer des ruptures dans les brins d'ADN des cellules. Conséquence possible : le cancer. Les pourfendeurs des antennes relais de téléphones portables s'étaient empressés d'exploiter ces études.

Seul problème : les résultats utilisés par les chercheurs étaient faux. Une technicienne de laboratoire les avait falsifiés, rapporte le magazine allemand Der Spiegel.

Le coup est dur pour Franz Adlkofer, l'un des superviseurs des recherches. Régulièrement cité par les médias, ce professeur munichois coordonnait également l'étude européenne REFLEX, qui avait également conclu, en 2003, à la nocivité des téléphones portables. Selon un autre spécialiste cité par Der Spiegel, il n'a pas pu ne pas s'apercevoir que les données étaient truquées.


Une preuve de plus que les valeureux défenseurs auto-proclamés de notre santé peuvent faire aussi 'bien' que ceux qu'ils dénoncent, pour essayer de prouver leurs théories, au mépris de l'éthique scientifique la plus élémentaire.

25 mai 2008

L’acide folique et les vitamines B sans effet contre les maladies cardiovasculaires

Une supplémentation en acide folique, vitamines B6 ou B12, seuls ou en combinaison, réduisent les concentrations d’homocystéine.

A partir de ces données, un certain nombre d’études randomisées ont cherché à savoir si cette supplémentation prévenait aussi les événements cardiovasculaires.

Des travaux ont été menés dans les populations générales mais on dispose de peu d’études chez les patients ayant déjà une maladie cardiovasculaire. C’est le sujet du travail publié dans le JAMA.

5 442 femmes, professionnelles de santé américaines, âgées de 42 ans ou plus, et qui avaient soit des antécédents d’accident vasculaire cérébral ou plus de 3 facteurs de risque coronarien ont été enrôlées dans une étude randomisée en double insu versus placebo.

Elles ont reçu un comprimé contenant une combinaison de 2, 5mg d’acide folique, 5mg de vitamine B6 et 1 mg de vitamine B12 ou un placebo. Elles ont été traitées pendant plus de 7 années entre avril 1998 et juillet 2005.

796 femmes ont présenté un événement cardiovasculaire (406 dans le groupe du traitement actif et 390 dans le groupe placebo) au cours du suivi.

Les patientes qui recevaient le traitement actif avaient un risque identique de survenue d’un événement cardiovasculaire (évalué par un critère composite d’infarctus du myocarde ou d’AVC ou de procédure de revascularisation coronarienne ou de mortalité d’origine coronarienne).

Pourtant, les concentrations d’homocystéine plasmatique étaient diminuées de 18.5 % dans le groupe actif en comparaison du groupe placebo.

Les auteurs concluent donc, comme pour les autres études déjà réalisées sur ce sujet, qu’après 7 années de traitement et de suivi, un comprimé comprenant à la fois de l’acide folique, de la vitamine B6, de la vitamine B12 ne réduit pas les événements cardiovasculaires chez les femmes à haut risque et cela malgré un abaissement significatif des concentrations d’homocystéine

D'après Albert CM et al. Effect of folic acid and B vitamins on risk of cardiovascular events and total mortality among women at high risk for cardiovascular disease. JAMA 2008 ; 299 : 2027-2036.

22 mai 2008

Attention aux huiles essentielles, dit l'Agence de sécurité sanitaire

PARIS (AFP) - L'agence de sécurité sanitaire des médicaments a invité à la prudence dans l'utilisation des huiles essentielles qui ne sont "pas dénuées de risque", tout en insistant auprès des professionnels sur la nécessité du respect des critères de qualité des matières premières, du mode d'obtention de l'huile et de sa conservation.
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Dans l'attente d'une réglementation européenne, et en l'absence de réglementation française concernant leur emploi dans les produits cosmétiques, l'Afssaps (Agence de sécurité sanitaire des produits de santé) a affirmé que les huiles essentielles devaient être utilisées "avec prudence" car elles peuvent "être toxiques et provoquer des effets indésirables du fait de leur passage à travers la peau et de leur impact sur l'organisme".

Les huiles essentielles "ne doivent pas être considérées comme des ingrédients courants mais comme des substances particulières non dénuées d'effets secondaires", a noté mercredi l'Agence.

Dans une recommandation à l'adresse des industriels producteurs d'huiles essentielles et fabricants de produits cosmétiques, l'Afssaps a souligné que le respect des critères de qualité spécifiques à chaque huile "a un retentissement sur la qualité du produit, en particulier sur son innocuité".

L'Agence a insisté en particulier sur les "critères qualité des matières premières végétales d'où sont issues les huiles essentielles (dénomination botanique, conditions de production de la plante, partie de plante utilisée, famille chimique et méthodes d'identification de la partie de plante destinée à la production de l'huile essentielle)".

Elle a aussi mis l'accent sur la nécessité de vigilance pour le mode d'obtention de l'huile, les méthodes d'analyse et les conditions de conservation et de stockage de ces produits.


Encore une occasion de rappeler que "naturel" ne veut pas dire "sans risque pour la santé", la plupart des poisons étant parfaitement "naturels". Rappelons aussi que les comportements que les tenants des médecines parallèles dénoncent chez les industriels de la pharmacie se retrouvent aussi bien chez les producteurs de poudres de perlimpipmpin et autres produits miracles: recherche du gain maximum, négligences sur la qualité des produits et les effets secondaires. Sans compter qu'il n'y a souvent aucune preuve d'un effet primaire bénéfique !

08 mai 2008

Quand la prière tue


(A S P) – Des parents du Wisconsin ont laissé leur fille de 11 ans mourir dans un coma diabétique parce qu’ils croyaient que la prière suffirait à l’aider.

Cela ne se passe pas dans un lointain pays où la culture scientifique serait une vue de l’esprit, mais dans le pays le plus riche du monde, qui présente les plus gros investissements en recherche et qui a produit le plus grand nombre de Prix Nobel.

À quel moment de ce récit, s’il s’était agi de votre fille, vous seriez-vous rué à l’hôpital?

Vendredi 21 mars: selon le journal local, Dale Neumann, le père, remarque que sa fille « était un peu plus fatiguée, mais souligne qu’elle avait avalé un hamburger McDonald sans problèmes ». Le lendemain, veille de Pâques, il note que sa fille « semblait se comporter comme si elle avait la fièvre, tandis que sa respiration semblait un peu laborieuse ».

Sa femme a déclaré à la police que ce samedi-là, « Kara était étendue sur le divan. Ses jambes avaient l’air décharnées et bleu... Nous l’avons mise dans mon lit où je l’ai réchauffée. Je pensais que c’était une attaque spirituelle. Nous sommes restés à ses côtés et nous avons prié. »

Plus tard dans la journée, Kara est allée à la salle de bains et est tombée des toilettes. Le lendemain, dimanche, son père a tenté de la soulever dans son lit mais elle était incapable de rester assise. Elle ne parlait pas et était incapable de boire de l’eau.

Un ami, Randall Wormgoor, a encouragé Dale Naumann à appeler un médecin, mais celui-ci « s’est dit confiant que la prière la guérirait ». C’est quand il s’est d’urgence livré à des manoeuvres de réanimation que cet ami a appelé le 911.

Les Neumann ont été accusés, le 27 avril, de meurtre au second degré, « pour avoir traité leur fille par la prière plutôt que la médecine » —une accusation inédite au Wisconsin, et qui ne semble pas gagnée d’avance selon les observateurs.

Interrogé par les enquêteurs, Dale Neumann a dit que « dans les mêmes circonstances, il n’abandonnerait pas sa foi dans le pouvoir guérisseur de la prière ». Les Neumann ont trois autres enfants. Leur avocat veut invoquer la liberté de religion. Et ils ont déjà récolté des appuis.

07 mai 2008

Cosmetic chain told to withdraw homeopathic malaria remedy

James Meikle, The Guardian

The cosmetic chain Neal's Yard Remedies has been ordered to withdraw a homeopathic remedy for malaria after medicines watchdogs decided its sale was potentially dangerous and misleading.

The product, which was "clearly intended to be viewed as a treatment or preventative" for a serious disease, had not been approved as required by law, the government's Medicines and Healthcare products Regulatory Agency (MHRA) said yesterday.

It clamped down on the remedy, Malaria Officinalis 30c, after being alerted by the BBC and a member of the public last month. Neal's Yard has already withdrawn the product, which had been available for more than 20 years.

Homeopathic remedies are classed as medicines and require MHRA authorisation before going on the market, the watchdog said. It could find no record of such approval. David Carter, head of the team investigating such products, said: "We regard the promotion of an unauthorised, self-medicating product for such a serious condition to be potentially harmful to public health and misleading. We are pleased that Neal's Yard Remedies have complied with our request and removed this product from the market."

Susan Curtis, the company's medicines director, denied it had advertised or sold the remedy as a prevention for malaria. "It has been supplied on request by practitioners working in Neal's Yard Remedies stores and in fact practitioners have been trained to always explain that the remedy should not be considered as a guarantee of prevention of malaria.

"The name of the remedy is based on its Latin name and not on its claim to cure or prevent an ailment. However, as this was obviously a contentious issue which could cause our customers' concern, and at the request of the MHRA, Neal's Yard Remedies took the decision to withdraw the product from sale with immediate effect, from April 17 2008." The company added that it was not aware of any other remedies being under question.

The warning follows the airing of the BBC's Inside Out programme, Homeopathy and Malaria, last month. Its presenter Janine Jansen was sold homeopathic remedies at Neal's Yard's store in Exeter and was advised she could use them to help deal with malaria, according to the programme.

After the programme was aired, a statement on Neal's Yard website said that Curtis had been interviewed for the programme and "unfortunately a lot of what she was trying to say was not shown".

The website statement added: "We know there have been no clinical trials for the use of homeopathy in the prevention of malaria but homeopathy does have a good track record in preventing and treating other endemic diseases."


Autant certaines croyances peuvent prêter à rire, autant dans un cas comme celui-ci, on aurait tendance à demander des peines très sévères pour mise en danger de la vie d'autrui, exercice illégal de la médecine ou de la pharmacie. Le paludisme est une maladie très sérieuse et rien ne justifie son traitement avec de la poudre de perlimpimpin en espérant que le mal passera tout seul en quelques jours.

02 mai 2008

De nouvelles preuves de la sélection naturelle

D'où viennent les variations génétiques entre les populations humaines ? Une équipe de chercheurs parisiens répond aujourd'hui: de la sélection naturelle.

Chère à Darwin, la sélection naturelle est un lent processus qui distingue, au fil des générations, les individus les mieux adaptés à leur environnement. Mais si elle est souvent citée pour expliquer les caractéristiques d'animaux ou de plantes, son rôle est-il confirmé dans l'espèce humaine ? Oui, assure aujourd'hui une équipe de l'unité "Génétique évolutive humaine" de l'Institut Pasteur, à Paris (1). La sélection naturelle a bel et bien modelé notre patrimoine génétique.

Pour la première fois, les chercheurs apportent la preuve, à l'échelle du génome entier, qu'elle est responsable des différences qui existent entre les populations. "Avant toute chose, il faut rappeler que génétiquement le concept de races humaines – c'est-à-dire le fait de vouloir subdiviser l'espèce humaine d'après des caractères physiques héréditaires – n'a aucun sens, signale Lluis Quintana-Murci, directeur de l'unité. L'espèce humaine est jeune, et la diversité génétique s'avère finalement très faible. Sans compter que le génome d'un Lillois, par exemple, peut présenter plus de différences avec celui d'un Montpelliérain qu'avec celui d'un Dakarois."

Il n'empêche, il existe une réelle variabilité à l'échelle des populations, qui se traduit par des traits physiques et physiologiques distincts. Par exemple, les Asiatiques ne digèrent pas le lactose du lait, contrairement aux Européens du Nord et à certaines populations africaines. Et les Européens du Nord, eux, résistent bien moins au paludisme que les Africains. L'enjeu est donc de savoir si ces grandes tendances prennent leur source dans la dérive génétique, c'est-à-dire dans le simple hasard des brassages démographiques, ou dans la fameuse sélection naturelle. Dans ce cas, une mutation génétique qui confère un avantage dans un environnement donné se répand plus rapidement au sein de la population.

Pour résoudre ce dilemme, les chercheurs se sont intéressés aux mutations de simples bases dans le génome humain. Quèsaco ? Notre patrimoine génétique est écrit avec un alphabet qui ne contient que quatre lettres, ou bases – A, T, C, G –, dont l'ordre d'assemblage définit toutes les substances constituant notre organisme. Or il arrive que dans une séquence donnée, une base soit malencontreusement remplacée par une autre. Lluis Quintana-Murci et ses collègues ont comparé près de 3 millions de ces mutations uniques chez plus de deux cents Nigérians, Chinois, Japonais et Européens du Nord, répertoriées dans le cadre du projet international Hapmap (2). L'idée était alors de calculer le degré de variabilité entre les populations pour chaque mutation. En clair, il s'agit d'une mesure statistique qui établit la présence ou non d'une mutation donnée dans une population. Un cas extrême serait par exemple que tous les Européens possèdent, à un endroit précis de leur génome, une base A alors que le reste du monde possède une base G. Le degré de variabilité pour cette mutation serait alors maximal, puisque tous les membres d'une unique population la porteraient.

Les chercheurs ont calculé le degré de variabilité pour chaque classe de mutations: selon qu'elles affectent un gène avec ou sans conséquences sur la protéine correspondante, qu'elles touchent une région du génome qui régule l'expression d'un gène ou n'a aucune fonction particulière...

"Si les fréquences des mutations étaient gouvernées par la simple dérive génétique, celles-ci toucheraient le génome dans son ensemble et aucune classe de mutations ne serait avantagée par rapport à une autre, explique Lluis Quintana-Murci. En revanche, si leurs fréquences ont été influencées par la sélection naturelle locale, et donc impliquées dans l'adaptation à l'environnement de chaque population, il est évident que les régions du génome les plus importantes pour la bonne marche de l'organisme montreront le degré de variabilité le plus élevé." Et c'est bien ce que les chercheurs ont découvert. Les mutations qui affectent directement les gènes et leurs protéines, et les régions régulatrices des gènes montrent une plus grande variabilité entre populations que les autres. En fait, 582 gènes exactement sont impliqués. Il s'agit évidemment de ceux contrôlant les traits morphologiques, comme la couleur de peau ou le type de cheveux, mais aussi de ceux qui régulent le métabolisme ou la réponse immunitaire aux pathogènes. C'est ainsi qu'une mutation du gène CR1, impliqué dans la résistance aux attaques de paludisme, se retrouve chez 85 % des Africains mais est absente chez les Européens et les Asiatiques.

L'équipe de Lluis Quintana-Murci ne va pas s'arrêter en si bon chemin. Elle souhaite maintenant mieux connaître le rôle de la sélection naturelle dans les interactions de l'homme avec les pathogènes et savoir dans quelle mesure celles-ci sont affectées par le mode de vie des populations humaines.

Notes:
(1) Unité CNRS "Hôtes, vecteurs et agents infectieux: biologie et dynamique".
(2) Financé par le Japon, la Chine, le Royaume-Uni, le Canada, le Nigéria et les États-Unis, le projet Hapmap vise à cataloguer les similitudes et les différences génétiques entre les humains, notamment pour l'identification de gènes associés à des maladies et à la réponse aux traitements.

26 avril 2008

Mars attaque : et si c'était vrai ?

LaDépêche.fr
Auteur : J.-M.D.

Dans une lettre ouverte adressée à l'Etat, des personnalités exigent le lancement d'une étude. Ovnis.

Imaginez la surprise du chef de l'État quand il a lu cette lettre ouverte prônant le lancement officiel d'une étude sur les Ovnis ! Un courrier d'autant plus étonnant qu'il est signé de responsables professionnels dont il est difficile de nier le sérieux et l'objectivité. Les signataires, le contre-amiral Gilles Pinon en tête, sont docteur en médecine, chirurgien, ingénieur du CNRS ou directeur de recherche de l'Inserm. Réunis au sein du Groupe des Sciences Ouvertes (GSO), ils estiment que le phénomène Ovni constitue «un sujet suffisamment grave pour que l'État s'y implique enfin de manière très sérieuse».

Renvoyant dos à dos les ufologues et leurs détracteurs, ces sommités reconnues pensent que «si l'interprétation extraterrestre du phénomène ovnien n'est pas prouvée scientifiquement, il existe en sa faveur de fortes présomptions…» Autrement dit, si ces apparitions d'Ovnis relèvent le plus souvent de méprises, de fantasmes ou d'hallucinations, «une part significative témoigne de lois physiques inconnues et participe d'un principe intelligent…» En somme, Gilles Pinon s'appuie sur ce doute très cartésien pour exiger de l'État qu'il applique tout simplement le principe de précaution. Le phénomène ovnien serait donc une affaire trop grave pour être abandonnée aux seuls ufologues et à la rumeur publique, «quand bien même elle ne montrerait aucune intention hostile, une intrusion extraterrestre présenterait un danger de chaos pouvant conduire à un ethnocide… Imaginez le choc pour les populations si ce phénomène Ovni apparaissait demain au grand jour…», affirment les auteurs du courrier.

Cette lettre ouverte a une résonance particulière à Toulouse, d'autant qu'elle est le fruit d'une réflexion inspirée par un ouvrage d'Yves Sillard consacré aux Ovnis. L'ancien «X» qui fut directeur général du Centre d'études spatiales, est considéré comme le père du lanceur Ariane. Mais Yves Sillard est surtout le président du Groupe d'études et d'information des phénomènes aérospatiaux non identifiés (Geipan), créé au sein du Cnes de Toulouse. C'est lui qui recueille, analyse et archive les témoignages sur les phénomènes inexpliqués.

Décidément, les Ovnis n'ont jamais autant occupé et préoccupé nos esprits.

Le Pentagone depuis longtemps attentif
C'est clair, il y a aujourd'hui une réflexion générale autour de la présence ou pas d'Ovnis. D'après les rapports de gendarmerie qui constituent les archives du Geipan basé au Cnes de Toulouse, environ 28 % des phénomènes demeurent totalement inexpliqués. De là à leur attribuer une origine extraterrestre… Reste que l'interrogation demeure et ne laisse personne insensible.

Aux États-Unis, depuis la célèbre affaire Roswell, les Ovni ont fait l'objet d'une attention toute particulière de la part des pouvoirs publics. Plusieurs commissions d'études ont vu le jour et, malgré des conclusions officielles qui refusaient la réalité du phénomène, le Pentagone n'a cessé de poursuivre ses enquêtes. C'est ce que prouvent tous les documents de la CIA, du FBI, de l'US Air Force et des autres corps d'armée qui ont fini par tomber dans le domaine public, après que l'affaire du Watergate eut permis un développement de la liberté de l'information. Mais ces documents lus et relus, coupés et censurés, n'offrent pas un grand intérêt. Tout juste témoignent-ils de l'intérêt permanent du Pentagone pour les ovnis. Pour mémoire, en 1977, Jimmy Carter affirmait dans sa course à la présidence : «Si je suis élu Président, je ferai en sorte que toutes les informations détenues sur les observations d'ovni soient disponibles pour le public.»

Aux USA comme ailleurs, la découverte ces dernières années de très nombreuses exoplanètes autorise à penser que nous ne sommes pas seuls dans l'univers. En France, en juillet 1999, l'association Cometa, composée d'officiers supérieurs, d'ingénieurs, de scientifiques, concluait à «la réalité physique quasi certaine d'objets volants totalement inconnus.»



Contrairement à ce qu'affirme l'auteur, cette lettre ne renvoie aucunement les ufologues et les 'détracteurs' (comprendre "les sceptiques") dos-à-dos. Il s'agit d'ufologues connus et même payés pour ça, pour certains. On remarque également cette application partisane et non-scientifique du principe de précaution. Rien n'indiquant la moindre présence ou origine extra-terrestre des OVNIs (au sens propre "non-identifiés"), on ne comprend pas pourquoi un quelconque principe de précaution devrait s'appliquer. Sinon, pourquoi ne pas soupçonner une origine divine et mettre le Vatican sur le coup aussi, à titre de précaution ? Rappelons également que les rumeurs complotistes de Roswell se dont révélées une vaste fumisterie et que la mise en ligne des 30 ans d'archives du GEIPAN en 2007 a terminé en non-événement, vite oublié par les ufologues eux-mêmes. 30 ans de recherches, enquêtes de gendarmerie, totalement en vain. Combien de temps faudra-t-il avant que tous ces braves gens reviennent à la réalité ?

01 avril 2008

De la télékinésie au gène gai: les recherches les plus hasardeuses

Odile Clerc et Pascal Lapointe
Agence Science-Presse

Selon la sagesse populaire, quand on cherche, on trouve! En science, cela n'est pas toujours vrai: on peut chercher et ne rien trouver, on peut trouver sans avoir cherché... Petit tour d'horizon de pistes hasardeuses célèbres.

La télékinésie est-elle possible? Le désir d'agir sur la matière est si fort qu'il est tentant d'y croire!

De nombreux scientifiques ont cru en la possibilité de faire bouger des objets par la seule force de notre pensée. Le magicien israélien Uri Geller, qui prétendait tordre des cuillères rien qu'en y pensant, a par exemple attiré l'attention de chercheurs. Mais les pouvoirs paranormaux ont la désagréable habitude de diminuer à mesure qu'on les étudie.

Ainsi, au XIXe siècle, les «spirites» prétendaient déplacer des tables ou des chaises; après qu'on les eut pris en flagrant délit de triche, ils se contentent de tasses ou d'assiettes.

Dans les années 40, un médium soviétique prétend pouvoir séparer le blanc d'oeuf du jaune. Au même moment, le scientifique américain Joseph B. Rhine soutient que les plus doués de ses sujets peuvent influencer un dé pour qu'il tombe plus souvent sur le six. Depuis les années 80, ses successeurs prétendent que certains peuvent influencer la position d'un électron.

En un siècle et demi, on est donc passé d'objets de quelques dizaines de kilos à moins d'un milliardième de milliardième de milligramme... et on n'a toujours rien prouvé!

La fièvre de la fusion froide

La fusion froide - une réaction nucléaire du type de celle qui fait briller notre Soleil, mais déclenchée à la température de la pièce - a fait rêver à la découverte d'une source inépuisable d'énergie.

En 1989, les docteurs Stanley Pons et Martin Fleischmann, de l'Université de l'Utah, ont annoncé avoir obtenu une réaction de fusion nucléaire au cours d'une simple expérience d'électrolyse menée avec deux électrodes de palladium plongées dans un récipient d'eau additionnée de deutérium. Ils auraient observé une production anormale de chaleur et ont invoqué la fusion nucléaire comme seule explication plausible du phénomène. Là où le bât blesse, c'est que personne n'a réussi à reproduire l'expérience de façon probante depuis et que ceux qui ont prétendu l'avoir fait ont, tout comme Pons et Fleischmann, trop peu documenté leurs travaux.

L'ardeur déclenchée par cette importante «découverte» s'est donc gentiment tiédie...

La combustion spontanée

La combustion spontanée a intrigué nombre de médecins... jusqu'à ce qu'un cochon révèle les secrets du mystère!

Le 4 avril 1731, la comtesse Cornelia Bandi est découverte partiellement calcinée à son domicile de Vérone sans cause apparente d'incendie. En 1885, le corps d'un homme est retrouvé en cendres dans sa cuisine. Sa tête, ses mains et ses pieds sont par contre intacts et aucune trace de feu n'est visible autour de lui. En 1980, une jeune fille s'enflamme spontanément dans une discothèque en Angleterre.

Les cas de disparition mystérieuse par combustion dite «spontanée» existent bel et bien; depuis le XVIIe siècle, on en aurait recensé plusieurs centaines dans toutes les régions du monde.

Longtemps considérée comme une vengeance divine ou une attaque des feux diaboliques, la combustion spontanée a dévoilé ses secrets grâce à différentes expériences dont une menée dans les années 60 sur un gigot emballé dans un torchon! On sait dès lors que la combustion spontanée est un phénomène biophysique post-mortem qui combine deux conditions : l'inertie de la victime et la proximité d'une source de chaleur. À l'instar d'une bougie, le corps s'enflamme lentement, les vêtements jouant le rôle de mèche.

Le gène gai

En 1993, on annonçait en grande pompe la découverte du gène responsable de l'homosexualité. Quinze ans plus tard, la science court toujours.

Dans la revue Science, Dean Hamer, généticien à l'Institut national du cancer, à Bethesda, au Maryland, annonçait avoir identifié le gène Xq28 transmis par la mère, comme gène responsable de l'homosexualité. Ce mythe n'aura duré que six ans, le temps pour les neurologues George Rice et George Ebers, de l'Université Western Ontario, à London, de publier un nouvel article prouvant le contraire.

Depuis, on a beau essayer de cartographier les zones du cerveau impliquées dans l'excitation sexuelle, de quantifier la présence d'hormones mâles et femelles, de démontrer la relation entre la quantité de glutamate entourant les neurones et l'orientation sexuelle, les origines de l'homosexualité restent impénétrables!

Au-delà des recherches scientifiques en cours, la question de la légitimité de telles études se pose, car elles sous-entendent que l'homosexualité, bien qu'elle ne soit plus considérée comme une pathologie depuis plus de 30 ans, reste une affaire de déviance à décoder... Pas rancunier, Dean Hamer pourchasse maintenant la signature génétique de la spiritualité!

Des bactéries «extrêmes»

Alors qu'aucune trace de vie sur Mars n'a encore été détectée, les conditions de vie sur Terre se révèlent beaucoup plus complexes qu'on ne le pensait. «Extrêmophiles», c'est le nom que les chercheurs ont donné à ces organismes capables d'endurer des conditions de vie jugées impossibles il y a encore une quarantaine d'années.

En étudiant, entre autres, les fonds des océans, là où les volcans crachent leurs énormes volutes de roches en fusion, là où la température, la pression, l'acidité et la radioactivité atteignent des niveaux mortels pour tout organisme «normal», les chercheurs ont découvert des bactéries, organismes unicellulaires sans noyau, parfaitement adaptées au milieu.

Et, ce n'est pas tout. Les «extrêmophiles» ne se cantonnent pas au fond des océans, on en trouve aussi dans les glaces de l'Antarctique ou de l'Arctique, dans les eaux saturées en sel de la mer Morte, etc. Autre surprise, certaines bactéries ont un métabolisme capable de revenir à la vie après plusieurs dizaines de milliers d'années de congélation! Et si la planète Mars nous réservait, elle aussi, des surprises?

26 mars 2008

Loi OGM: Greenpeace envoie aux députés un documentaire sur Monsanto

PARIS (AFP) - L'association Greenpeace a annoncé mercredi avoir adressé des copies d'un documentaire sur la firme américaine Monsanto aux 577 députés français qui s'apprêtent à examiner le projet de loi sur les OGM.
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"Il nous semble essentiel qu'à la veille de se prononcer sur une loi qui engage l'avenir de l'agriculture et de l'environnement français, les élus français aient tous vu cette enquête passionnante et instructive sur les méthodes et l'histoire du leader des OGM".

"Le Monde selon Monsanto", une enquête de trois ans de Marie-Monique Robin récemment diffusée sur Arte, retrace l'histoire du plus gros semencier OGM de la planète, dont le soja, le maïs et le coton transgéniques gagnent rapidement du terrain.

Le projet de loi sera examiné du 1er au 3 avril par l'Assemblée nationale, après avoir été largement amendé par les sénateurs en février.


On se demande si c'est une bonne idée d'envoyer aux députés un document truffé d'erreurs scientifiques et partisan. Même sans avoir de complaisance envers une société commerciale, les députés pourraient ne pas apprécier le matraquage partisan de Greenpeace.

21 mars 2008

"Pollution" électromagnétique

Par Destination Santé

Oui, vivre à proximité de lignes électriques à haute tension peut avoir de sérieuses conséquences sur la santé. Une nouvelle étude menée par le Centre de Recherche et d'Information indépendantes sur les Rayonnements Electromagnétiques (CRIIREM) confirme en effet la dangerosité de la pollution électromagnétique.

De janvier à mars 2008, des chercheurs de la CRIIREM ont questionné 8 000 personnes à travers la France. La moitié habitait à proximité d'une ligne à haute tension, l'autre non. Les premières conclusions font apparaître un certain nombre de tendances inquiétantes, mais déjà en partie mises en avant dès 2001 par la Boston University School of Medicine et le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l'OMS, à Lyon. Et largement confirmées par le rapport du BioInitiative Working Group du 31 août 2007 dont Destination Santé s'était fait l'écho.

Ainsi la CRIIREM rapporte-t-elle chez les habitants exposés « des troubles du sommeil, de la mémoire, de l'audition, mais aussi des maux de tête, de l'irritabilité et des états dépressifs ». Plus alarmant encore même si cela avait déjà été observé, « des maladies graves ayant fait l'objet de traitements lourds – leucémie, cancers du sein, de la thyroïde…- sont détectés en plus grand nombre chez les riverains exposés ». Si cette nouvelle étude de la CRIIREM vient bousculer davantage encore la position rassurante de l'Organisation mondiale de la Santé sur le sujet, elle souffre d'un manque de données scientifiques. Aucun chiffre n'a en effet été avancé.

Source : CRIIREM, 21 mars 2008


Une étude scientifique faite en interrogeant des personnes sur des impressions, ça laisse quand même un peu dubitatif sur la qualité scientifique, surtout qu'aucun chiffre n'est avancé, comme le fait justement remarquer Destination Santé. Il faudra donc encore attendre avant de pouvoir affirmer quoi que ce soit dans ce domaine.

14 mars 2008

Le Collège de France affirme son opposition au créationnisme (Pr Brunet)

LE MONDE.FR

Le Collège de France a affirmé son opposition au créationnisme, une théorie qui nie l'évolution des espèces, en instituant une chaire de paléontologie humaine qui s'inscrit dans sa tradition naturaliste, a déclaré le titulaire de cette chaire, le professeur Michel Brunet.

"Le vote des professeurs du Collège de France entre à la fois dans la tradition naturaliste du Collège et est aussi un signe très fort à l'égard des courants de pensée qui reprennent des idées moyenâgeuses", a déclaré à l'AFP M. Brunet, qui doit donner le 27 mars sa leçon inaugurale.

"Il y a un courant créationniste très fort sur le continent nord-américain et il se révèle qu'il existe aussi chez nous", constate le paléoanthropologue, connu notamment pour ses travaux sur Toumaï, le plus vieil ancêtre à ce jour de l'homme moderne dont le crâne, vieux de quelque 7 millions d'années, a été découvert au Tchad en 2001.

"L'homme est mammifère parmi d'autres. Ce qui nous distingue, c'est le développement quantitatif, mais surtout qualificatif de notre cerveau", rappelle M. Brunet qui souligne que "l'évolution n'est pas une théorie, mais un fait qui a été démontré scientifiquement".

Face au créationnisme, dont "l'influence est dangereuse", "il faut mieux faire de la prophylaxie que du curatif", estime encore le chercheur, qui mentionne la sortie en France l'an dernier d'un "Atlas de la création" du Turc Harun Yahya pour réfuter les découvertes de Darwin.

Michel Brunet succède à Yves Coppens, qui a occupé de 1983 à 2005 la chaire de paléoanthropologie et préhistoire de la prestigieuse institution.

06 mars 2008

Vous souffrez ? Prenez donc un placebo... cher

LE MONDE

Prenez un médicament. Ou plutôt un placebo, sans aucun effet pharmacologique. Présentez-le à des prix différents. Surprise, il n'aura pas les mêmes incidences sur le mal. Et dans ce cas, le plus onéreux est aussi le plus efficace. Voici la conclusion déroutante à laquelle parvient une étude publiée dans le numéro daté du 5 mars du Journal of American Medical Association.


Point de départ de la procédure, menée par une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), le recrutement sur Internet de 82 volontaires pour tester un nouvel analgésique aux caractéristiques proches de la codéine. En réalité, un placebo. Les participants sont divisés en deux groupes : les plus chanceux se voient remettre une pilule à 2,50 dollars, les moins heureux le même cachet, présenté en réduction à 0,10 dollar. Tous ont en revanche la joie de subir des séries de décharges électriques pouvant aller jusqu'à 80 volts.

Les participants sont invités à quantifier leur peine. Résultat, 85 % des bénévoles du groupe ayant ingurgité la pilule à 2,50 dollars notent une réduction de la douleur, contre seulement 61 % pour ceux qui ont avalé le médicament en promotion. Le prix joue donc ici un rôle thérapeutique à part entière. Mais il n'est pas seul. "Le prix n'est qu'une des variables du marché, au même titre que l'emballage ou la marque, qui peuvent accentuer l'effet placebo", explique Dan Ariely, docteur en économie comportementale, qui a dirigé l'étude.


"DONNÉ AVEC CONVICTION"

La présentation de la pilule compte également parmi les facteurs. "Pour la pilule à 0,10 dollar, c'est davantage le fait qu'elle soit en promotion que son prix qui a influencé les participants", justifie M. Ariely. Un constat confirmé par Jean-François Bergmann, spécialiste de thérapeutique à l'hôpital Lariboisière, à Paris : "La façon dont un médicament est donné participe pleinement à l'effet pharmacologique. Il doit l'être avec conviction."

L'étude ouvre dans tous les cas de nombreuses perspectives. "Comment peut-on envoyer des médicaments bon marché à des populations dans le besoin sans qu'elles aient le sentiment qu'ils sont de mauvaise qualité ?", lance par exemple Dan Ariely.

Autre piste, les génériques, et la mauvaise perception dont ils souffrent. D'autres questions pourraient survenir. M. Ariely et son équipe préparent en effet une nouvelle expérience. Même schéma, mais cette fois, le placebo sera gratuit.

Alexandre Roos


Petite piqure de rappel pour les adeptes du "ça marche"... comme tout placebo.

04 mars 2008

Des suppléments alimentaires ? Pas pour remplacer l'hygiène de vie !

La supplémentation en vitamines ou en oligo-éléments ne remplacera jamais une bonne hygiène de vie. C'est la conclusion - honnêtement peu surprenante ! - d'une équipe américaine. Celle-ci a montré en effet, que la prise de vitamines C, E et B9 ne réduisait en rien le risque de cancer du poumon chez les fumeurs…

Le Pr Christopher Slatore de l'Université de l'Etat de Washington à Seattle, a suivi plus de 77 000 personnes des deux sexes, âgées de 50 à 76 ans. Toutes prenaient des suppléments vitaminiques. Or en 4 ans de suivi, 521 cancers du poumon ont été diagnostiqués.

Surprise, l'auteur a observé une très légère augmentation du niveau de risque parmi les adeptes de la vitamine E. Mais c'est bien chez les fumeurs qu'il est apparu le plus important. Du coup souligne-t-il, « l'idée qu'une supplémentation en vitamines serait sans risques et susceptible de mimer les effets bénéfiques des fruits et légumes est totalement fausse ». Les suppléments alimentaires ne sont pas là pour compenser une hygiène de vie défaillante. Tout au plus peuvent-ils corriger les carences liées au profil de chaque individu.

Source : American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine, 29 février 2008


Encore un clou dans le cercueil des adeptes des suppléments vitaminiques, dans une population ou les vitamines sont pléthoriques et où les seules personnes à risque sont les anorexiques.

Sectes - "La santé est l'un des domaines de prédilection des sectes"

L'élu UMP Jacques Myard demande l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire sur les sectes axée sur les domaines médical et paramédical.
Domaines dans lesquels le phénomène sectaire présente une"réalité grave", selon le député.


Alexandra GUILLET

LCI.fr : Pourquoi avez-vous demandé au président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, la création d'une nouvelle commission d'enquête sur les sectes ?
Jacques Myard, député-maire UMP de Maisons-Laffitte : A un moment où certains nient les dangers des dérives sectaires, il me paraît opportun de rappeler la réalité du phénomène. A travers les trois commissions d'enquête que l'Assemblée a déjà instituées, et auxquelles j'ai participées, nous avons pu constater une montée en puissance du phénomène sectaire. Loin de s'étioler, la réalité est prégnante et parfois très sordide. Notamment lors de la dernière commission d'enquête, qui portait sur la protection des mineurs, nous avons constaté qu'il y avait des cas totalement étonnants comme Tabitha's place, dans les Pyrénées-Atlantiques. Cette secte enferme les gosses dans une espèce de monde éducatif parallèle, coupé du monde, et où les corrections corporelles existent encore. De surcroît, nous avons effleuré, dans le cadre de cette commission, la question des charlatans en médecine. Je crois que là aussi il y a une situation qui doit interpeller les pouvoirs publics. Nous devons une nouvelle fois mettre en exergue des pratiques qui sont très préjudiciables à la vie des plus faibles.

LCI.fr : Sur quoi vous basez-vous pour dire cela ?
J.M. : Nous avons eu plusieurs cas de personnes qui ne se sont pas soignées et qui ont été emportées par des maladies terribles, parce qu'elles ont écouté des pseudo-thérapeutes ou des adeptes de médecines parallèles. La santé est l'un des domaines de prédilection des sectes. C'est cette piste-là qu'il faut désormais creuser. Que certains voient de l'espoir dans des thérapies innovantes, cela peut se comprendre sur le plan humain. Mais que d'autres vivent de cette crédulité et de la faiblesse de certains de nos concitoyens est proprement révoltant.

LCI.fr : Vous allez semer la zizanie chez les thérapeutes ?
J.M. : Mais j'y compte bien ! Et j'appuie notamment l'initiative de Bernard Accoyer qui a fait entrer dans le code de la Santé un texte qui dit que n'importe qui ne peut pas utiliser le titre de thérapeute, et notamment celui de psychothérapeute, réservés à des médecins. Malheureusement les décrets d'application mettent du temps à sortir car il y a des pressions en tout genre. J'ose espérer que cette commission d'enquête, notamment pour tous les centres paramédicaux, servira à faire avancer ce dossier qui est une réalité grave. J'ai déjà reçu l'appui de nombreux députés. J'ai bon espoir que ma requête aboutisse dès la reprise des débats au Parlement.

LCI.fr : Le rôle de la Miviludes - mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires - a été pas mal décrié ces dernières semaines. Qu'en pensez-vous ?
J.M. : La Miviludes est indispensable ! Evidemment, ce n'est pas elle qui va prendre des décisions coercitives à propos de dérives sectaires, mais elle remplit remarquablement son travail d'alerte et de publicité sur certains agissements. S'il y a un doux dingue qui veut fonder un nouveau mouvement religieux, libre à lui, nous sommes en démocratie. En revanche, si ce doux dingue prône que les enfants doivent être frappés, ou qu'ils ne doivent pas avoir de transfusion sanguine ou qu'ils ne doivent pas aller à l'école mais s'asseoir sur le grand chêne pour être inspirés naturellement par des ondes cosmiques, on est en droit de se poser des questions. Je me félicite aussi que la ministre de l'Intérieur vienne de rappeler aux préfets la réalité du phénomène et qu'elle ait demandé la mise en place de groupes spécialisés dans la surveillances des dérives sectaires.

LIC.fr : Que pensez-vous de cette nouvelle affaire de séquestration, en Sardaigne, d'une adepte de la scientologie, Martine Boublil ?
J.M. : Malheureusement, c'est récurrent avec la scientologie. Quand un des membres veut s'en aller, on le séquestre. Ça prouve bien la nature de cet organisme.

Un astrologue, botte secrète des Anglais contre Hitler

Par Loïc VENNIN

LONDRES (AFP) - Au plus fort de la Seconde Guerre mondiale, Londres avait cru avoir trouvé l'arme secrète pour battre Hitler: un astrologue aussi farfelu que mystérieux qui assurait détenir la clef du mode de pensée du Führer.

"Hitler croit en l'astrologie et si je fais les mêmes calculs que ses astrologues, je connaîtrais ce qu'on lui conseille... et cela pourrait profiter aux Britanniques": c'est armé de cet argument apparemment sans faille que Louis De Wohl devient capitaine et, jusqu'à la fin de la guerre, sera "le prophète" de Londres, comme l'appellera plus tard la presse.

L'histoire est connue depuis 1952, quand l'astrologue a publié une autobiographie très flatteuse intitulée "Le Nostradamus moderne".

Mais les Archives Nationales britanniques, qui lèvent mardi un demi-siècle de secret sur le dossier "Louis De Wohl" révèlent ce que l'on savait moins : le MI5 (services de renseignements intérieurs) avait prévenu de façon répétée que le supposé "brillant scientifique" était un imposteur.

Né à Berlin le 24 janvier 1903 de parents hongrois, Lajos Mucsinyi Wohl, de son vrai nom, vivote en écrivant des romans de gare avant de s'exiler en 1935 au Royaume-Uni où il se présente comme un astrologue émérite.

Il francise son prénom "Lajos" en "Louis" et s'ajoute une particule pour se faire appeler "De Wohl". Il assure dorénavant être le fils d'un noble hongrois.

Il prétendra aussi être descendant du poète allemand Heine, tout comme du baron Dreyfus, associé à la famille Rothschild.

A qui veut bien le croire, il vend des horoscopes personnalisés. Son entregent aidant, Louis De Wohl réussit à se faire des clients jusque dans les plus hautes sphères.

Il en profite à chaque fois pour placer son boniment: "J'ai trouvé que toutes les entreprises majeures de Hitler avaient été effectuées +sous de bons auspices+. Les +intuitions divines+ de Hitler ne sont en réalité qu'une simple connaissance des conjonctions planétaires", écrit-il dans une lettre.

Ainsi, et comme l'astrologie n'est selon lui qu'un "calcul mathématique", il suffit de reproduire les prédictions des astrologues de Hitler pour savoir ce qui lui est conseillé et posséder un avantage décisif sur l'ennemi.

A ceux qui auraient l'esprit trop cartésien, il ajoute: "La question n'est pas de savoir si nous accordons une valeur scientifique à l'astrologie. Ce qui compte, c'est que Hitler suit ses préceptes", affirme De Wohl.

Le laïus finit par convaincre: en 1938, De Wohl est employé comme "propagandiste" par le Special Operations Executive (SOE, responsable des opérations derrière les lignes ennemies).

On ira jusqu'à lui fournir un appartement de fonction à Grosvernor House, en plein coeur de Londres.

Pourtant De Wohl fait grincer quelques dents. "De Wohl est un pur charlatan au passé mystérieux si ce n'est louche": ce genre de note, écrite en février 1942, abonde dans le dossier du MI5.

"Aucune de ses prédictions ne s'est matérialisée si ce n'est celle de l'entrée en guerre de l'Italie, qu'il a faite à un moment où cela devenait évident", accuse un autre agent.

Mais le MI5 n'a aucun poids sur le SOE, dont le directeur, Charles Hambro, est persuadé que De Wohl est "quelqu'un de splendide et ne veut rien entendre contre lui", regrette une fiche du MI5.

Et le pire n'est même pas dans le dossier du MI5. Comme le rappelle Chris Andrew, historien des services secrets britanniques: "Louis de Wohl a persuadé Whitehall (le quartier du gouvernement britannique, ndlr) que Hitler était obsédé par l'astrologie... C'est complètement faux."

L'un des astrologues du dictateur, Karl Ernst Krafft, finira dans le camp de Buchenwald.


Si l'astrologie n'est "qu'un calcul mathématique", comment se fait-il que les prévisions astrologiques soient aussi contradictoires selon les astrologues ? Si le calcul de la position des planètes dans le ciel au moment de la naissance est bien un calcul astronomique (le "thème astral"), les prévisions en fonction de ce "thème astral" relèvent de la poésie, du flou et de l'imagination personnelle de l'astrologue. Il était donc évident que cette discipline ne permettait en aucun cas de prévoir les âneries que les astrologues d'Hitler auraient pu débiter, à supposer en premier lieu que celles-ci aient eu la moindre influence sur les décisions militaires d'Hitler.
Bien sûr, il n'y a aucune validation scientifique de l'astrologie, qui est depuis plus de trois mille ans une vaste fumisterie.

28 février 2008

Le calvaire d’Évelyne à la barre

Nord Eclair - 28/02/2008

Au deuxième jour du procès en appel du Dr Guéniot, son cancérologue et sa famille ont raconté comment cette jeune ingénieure a délaissé la médecine classique pour l’homéopathie. Et comment elle est morte dans d’atroces souffrances.

C’est un cancérologue qui parle. Le Dr Coscas le reconnaît, avec Évelyne il a échoué. Quand la jeune femme, suivie pour un cancer du sein par le Dr Saint-Omer, homéopathe installé à Tourcoing, arrive chez lui, elle ne veut pas entendre parler de chimiothérapie. Nous sommes en juin 1995. Si elle est venue, c’est parce que le Dr Saint-Omer a insisté et si le Dr Saint-Omer l’a fait, c’est parce que sa mère, Dolorès, avait menacé le médecin qui, jusque-là, disait soigner Évelyne pour son cancer avec de simples traitements homéopathiques. Le Dr Coscas n’en revient toujours pas. « De toute ma carrière, je n’ai jamais vécu une situation comme celle là ». Finalement, Évelyne accepte la chimio. Avec réticence car, tant le Dr Saint-Omer que le Dr Guéniot lui ont dit que ces traitements classiques étaient mauvais.
Elle craint d’être empoisonnée et, même quand la chimio aura des effets spectaculaires, elle restera persuadée que c’est uniquement grâce aux seules petites pilules homéopathiques.
Ce n’est qu’en février 1996 que le cancérologue la reverra. « Elle m’a laissé un message déchirant sur mon répondeur. Cette femme souffrait le martyre ». Le Dr Coscas la reçoit le lendemain. « Son sein n’était plus un sein », raconte-t-il, encore atterré. Il a déjà compris qu’il est trop tard, que les soins qu’il pourra prodiguer à Évelyne ne seront plus qu’un accompagnement vers une fin annoncée.

Une « manipulation »
À la barre, hier soir, la maman d’Évelyne et son mari ont raconté comment cette jeune ingénieure a délaissé la médecine classique pour les traitements des D r Saint-Omer et Guéniot, tous deux membres du mouvement du Graal, classé comme sectaire. Comment elle a fini par opter pour un jeûne qu’elle suivra dans l’arrière boutique de vendeurs de produits naturels à Tourcoing. Et comment enfin, apprenant par un article de presse que le Graal est classé comme secte, Évelyne « comprendra qu’elle a été abusée ». Avant de mourir, elle écrira au procureur de la République pour dénoncer ce qu’elle qualifiera de « manipulation ». Hier, ce sont ses proches qui ont parlé pour elle, qui ont raconté. Ce matin, le Dr Guéniot, le seul à avoir fait appel de sa condamnation à deux ans de prison avec sursis et interdiction d’exercer la médecine, donnera sa version. •

FLORENCE TRAULLÉ

26 février 2008

L'apparition de la vie serait-elle purement chimique ?

L'apparition de la vie serait-elle purement chimique ?

Des chercheurs de l'Université de Bochum ont mis en évidence un processus qui pourrait être à l'origine de la vie sur Terre. A l'aide de simulations sur supercalculateur au Centre de recherche de Jülich (FZJ), les scientifiques ont montré que, dans les conditions originelles, de simples acides aminés peuvent former de longues chaînes peptidiques en dehors des cellules et par suite les premiers éléments constitutifs de la vie, sans avoir recours à un moyen biologique.

Au sein d'un "laboratoire virtuel" incarné par le supercalculateur JUBL de Jülich, les chercheurs ont imposé les conditions de température et de pression adéquates. Celles-ci étant très difficilement contrôlables dans un véritable laboratoire, le recours au supercalculateur s'est trouvé être la meilleure solution.

Après 4 mois de calculs, l'étude a révélé que des biomolécules complexes pouvaient se former sans avoir recours aux outils biologiques habituels tels que les ribosomes. En paramétrant les conditions voulues et en introduisant la présence de surfaces de sulfure de fer, les simulations ont révélé que la formation des peptides était accélérée, rendant le milieu propice à la formation de séquences peptidiques.


Voila qui va contrarier les tenants du "créationnisme en tenue de soirée", le Dessein Intelligent.

24 février 2008

Pas de protocoles occidentaux pour la médecine traditionnelle

JOHANNESBURG (AFP) - La pharmacopée traditionnelle employée par les guérisseurs africains ne doit pas être soumise aux essais cliniques à l'occidentale, qui ne feraient qu'"embourber" son développement, a estimé samedi la ministre sud-africaine de la Santé, Manto Tshabalala-Msimang.

"Nous ne pouvons pas suivre les protocoles occidentaux pour la recherche et le développement", a déclaré la ministre au groupe de travail sur la médecine traditionnelle africaine mis en place par la présidence pour réglementer la profession.

"Nous devons prendre garde à ne pas nous embourber dans des essais cliniques", a-t-elle ajouté, selon l'agence sud-africaine de presse Sapa, présente à la réunion du groupe de travail à Pietermaritzburg (est).

La ministre a expliqué ne pas être opposée par principe aux essais cliniques mais souhaiter des "protocoles adaptés" à une pharmacopée "utilisée par les guérisseurs traditionnels parfois depuis des milliers d'années."

Tshabalala-Msimang a toutefois mis en garde contre "les charlatans qui nuisent à l'image" de la médecine traditionnelle, "qui font toutes sortes de promesses irréalisables à des gens désespérés."

Par ailleurs, "l'absence de documentation (sur les plantes et autres ingrédients utilisés par les guérisseurs) pose parfois des problèmes légaux sérieux", a-t-elle reconnu.

Le groupe de travail doit rendre ses conclusions au gouvernement en mars. Un autre des aspects abordés est celui des droits intellectuels sur les substances actives recensées.

La ministre de la Santé, une fidèle du président Thabo Mbeki très critiquée pour sa réticence aux médicaments anti-rétroviraux utilisés pour soigner les malades du sida, prône une reconnaissance de la médecine traditionnelle.

Une majorité des Sud-Africains, notamment ceux qui vivent à la campagne, ont recours aux guérisseurs. Mais, en l'absence d'une éducation suffisante pour identifier les cas d'urgence, les malades d'une des maladies favorisées par l'effondrement du système immunitaire qu'entraîne le virus du sida, notamment la tuberculose, arrivent souvent trop tard dans les services hospitaliers.


Il est inquiétant de constater tous les dégâts que peuvent causer des politiciens crédophiles, lorsqu'ils se mêlent de sujets scientifiques. Comme si l'Afrique du Sud avait besoin de ça.

13 février 2008

Vaccin contre l'hépatite B et sclérose en plaques : les inquiétudes de l'Académie de médecine

Par Destination Santé - « Les craintes à l'égard de la vaccination (contre l'hépatite B) sont injustifiées » réaffirme l'Académie nationale de Médecine, alors qu'une « campagne médiatique sur les effets adverses de la vaccination contre l'hépatite B se développe à nouveau en France ». L'Académie insiste encore sur « l'absence d'imputabilité (à la vaccination) dans la sclérose en plaques (SEP) chez les enfants et adolescents ». Données à l'appui.

Au cours des six dernières années, un total de « huit études nationales et internationales ont démontré l'absence de relation statistiquement significative entre la SEP et la vaccination contre l'hépatite B », rappellent les Académiciens.

« En 2002 déjà, l'évaluation du rapport bénéfices/risques du vaccin faite par l'Institut de Veille sanitaire (InVS), dans une cohorte d'adolescents et d'adultes à risque montrait que le nombre de porteurs chroniques du virus, de cirrhoses et de cancers du foie évité par la vaccination était très supérieur à celui des éventuels effets secondaires (qui lui sont) imputés ».

L'académie craint que cette « campagne médiatique » ne réveille « l'inquiétude des médecins vaccinateurs et des personnes à vacciner ». Et surtout elle redoute des conséquences dramatiques en termes de santé publique.

Elle rappelle en effet que la couverture vaccinale du nourrisson et de l'enfant demeure très faible en France (25%) contrairement aux autres pays européens et du continent nord-américain. « En 2003-2004, on observait 600 nouveaux cas d'hépatites B annuels, dont la moitié auraient pu être évitée si les recommandations de vaccination avaient été suivies », souligne-t-elle.

« Les craintes à l'égard de la vaccination vont encore aggraver cette situation ». D'autant, comme il convient de le rappeler, que l'hépatite B est à l'origine de près de 10% des transplantations hépatiques en France, que dans 20% des cas, elle évolue vers une cirrhose. Sans oublier enfin que d'après les chiffres de l'OMS, cette maladie est à l'origine de 60% à 80% des cancers primitifs du foie.

Source : Académie nationale de Médecine, 12 février 2008, Institut de Veille sanitaire (InVS), OMS


Les aberrations dues au terrorisme médiatique des adeptes de l'anti-vaccination continuera à faire des victimes innocentes. On se prendrait à souhaiter que la sélection naturelle soit plus rapide.

12 février 2008

Boiron attaque le magazine anglais The Lancet

Le laboratoire homéopathique lyonnais a adressé une lettre à la prestigieuse revue scientifique anglaise “The Lancet”. Le magazine avait publié plusieurs articles en 2007 et en 2005 dans lesquels il remettait en cause l’efficacité de l’homéopathie. Un coup dur pour Boiron car “The Lancet” est très réputée et très lue dans le monde scientifique.

Dans cette lettre, le directeur général Thierry Boiron, accuse le magazine d’avoir publié “des thèses douteuses”, présentées “avec la plus parfaite mauvaise foi ou la formidable incompétence”. En effet, selon Thierry Boiron, le journaliste auteur de l’article, Paul Goldacre, aurait présenté des analyses comme totalement négatives pour l’homéopathie alors qu’elles prouveraient en réalité l’efficacité de cette médecine. D’ailleurs, Thierry Boiron n’hésite pas à qualifier ces propos de “mensonges” qui témoigneraient “d’un parti pris de la rédaction du Lancet”.

De son côté, la rédaction du Lancet a indiqué qu’elle n’avait pas encore reçu la lettre de Boiron...


La technique habituelle des tenants des pseudo-médecines: incapables de gagner devant la paillasse et les tubes-à-essais, ils essayent de gagner dans les prétoires et surtout par des déclarations fracassantes dans la presse.

03 février 2008

Le naturopathe jouait les médecins depuis 40 ans

Une pharmacie de la rue de Rome à Marseille également sur la sellette

Naturopathe, mais pas médecin. Depuis une quarantaine d'années, un homme aujourd'hui âgé de 70 ans est soupçonné d'avoir livré des diagnostics et signé des prescriptions à des centaines de patients, à la manière d'un professionnel de la médecine, sans le moindre diplôme lui permettant de le faire.

Son savoir, fondé sur la naturopathie, une méthode thérapeutique reposant sur l'idée que la plupart des maladies peuvent être traitées ou évitées grâce à la diététique, ne l'empêchait pas de prescrire à ses malades des médicaments, dont certains permettaient de soigner des allergies.

100 € la consultation

C'est lors d'une enquête parallèle de la Brigade de sûreté urbaine (BSU) Centre dans une pharmacie de la rue de Rome (1er ) que les faits ont été mis au jour. Les fonctionnaires ont d'abord mis en évidence la présence d'un préparateur agissant lui aussi depuis de longues années sans diplôme . Ils ont aussi découvert les prescriptions du suspect dans l'officine, où les patients venaient se fournir.

Les différentes perquisitions menées dans le cabinet ou plutôt "l'institut" du mis en cause, en fin de semaine, ont permis d'établir qu'il recevait de très nombreux patients, qui venaient de toute la région. Chaque consultation étant facturée 100 € . Les fonctionnaires ont aussi établi que certaines des fausses prescriptions servaient à expédier des médicaments jusqu'en Italie. Non répertorié sur les listes de l'ordre et ne bénéficiant d'aucun agrément, le suspect a été mis en examen pour "exercice illégal de la médecine" et placé sous contrôle judiciaire.

Par Romain Luongo


La croyance comme quoi les médecines 'naturelles' seraient moins chères que la médécine scientifique est largement battue en brèche par ce naturopathe. On remarque qu'à ce prix, le charlatan avait quand même un bon nombre de clients.

01 février 2008

Vaccin contre l'hépatite B et sclérose en plaques : rebondissement… à la Française ?

Par Destination Santé Destination Sante - Vendredi 1 février, 02h03

Les mis en examen sont accusés de « tromperie sur les contrôles, les risques et les qualités substantielles d'un produit ayant eu pour conséquence de le rendre dangereux pour la santé de l'homme, ». Sanofi Pasteur MSD pour sa part, est également mis en examen pour « homicide involontaire » après le décès d'une jeune femme de 28 ans, en 1998.

Les intéressés – ou plutôt leurs employeurs – ont fait valoir leur strict respect des règles en vigueur au moment des faits. Pour important qu'il soit, cet argument risque évidemment de ne convaincre ni les plaideurs… ni les juges. Rappelons en effet qu'en France, une expertise judiciaire avait conclu en 2002, à la mise en cause des pouvoirs publics. En 2005 la Cour de Justice de la République classait sans suite une plainte déposée notamment contre Philippe Douste-Blazy et Bernard Kouchner, impliqués à des degrés divers dans les campagnes vaccinales menées de 1994 à 1998.

En septembre 2003 un arrêt de la Cour de Cassation ne reconnaissait aucun lien certain entre la vaccination et l'apparition éventuelle d'une sclérose en plaques… pour être démenti ensuite par une étude publiée par l'Académie américaine de Neurologie. Démenti ? Voire. Le travail en question soulignait les « limites méthodologiques substantielles » des études concluant à une éventuelle relation de cause à effet.

Alors qui croire ? Pour l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) la cause est entendue… de longue date. L'Organisation a toujours plaidé pour la vaccination systématique contre l'hépatite B, « l'une des principales maladies humaines (qui) pose un sérieux problème de santé publique à l'échelle mondiale. » Elle affirme également que « le vaccin est extrêmement sûr et efficace » et elle a beau jeu de souligner que la France est le seul pays où de tels effets secondaires aient été déclarés en masse. Au mois de décembre dernier, Destination Santé relevait le travail publié par une équipe du CHU Kremlin-Bicêtre près de Paris, dans les « Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine ». Il concluait que « la vaccination contre l'hépatite B ne paraît pas augmenter le risque d'une attaque inaugurale de SEP dans l'enfance."

Autant dire que les dernières mises en examen prononcées à Paris ne constituent qu'un rebondissement supplémentaire dans une affaire qui n'en a pas manqué. En plus de 10 ans maintenant, elle n'est pas encore parvenue à détourner les Français de la vaccination en tant que telle, mais elle a gravement fait régresser le statut vaccinal de notre pays contre l'hépatite B… qui est aussi la principale cause de cancer primitif du foie.

Rappelons aussi que le « scandale » franco-français du vaccin contre l'hépatite B a eu son pendant outre-Manche. L'accusé dans ce cas était le vaccin ROR (rougeole, oreillons, rubéole), supposé provoquer la survenue d'autisme et de rectocolite hémorragique chez ses « victimes ». « L'affaire » a depuis connu un piteux épilogue. Il ne s'agissait en réalité que d'une manipulation savamment orchestrée avec avocats marrons et chercheurs corrompus, pour faire aboutir une class action…

Source : Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine, 2007 ; 161(12) :1176-1182 ; OMS, Factsheet Hépatite B, accédée le 1er février 2008


On aimerait voir la France se singulariser dans une affaire plus intelligente. Le fiasco des lobbies anti-vaccinations en Angleterre fera école, mais que d'argent, de temps et de vies perdues par bêtise humaine. Rappelons que cette polémique sur la SEP et la vaccination contre l'hépatite B n'existe qu'en France. Aucun autre pays n'a retrouvé la moindre augmentation des crises chez les personnes déjà malades, après vaccination.

17 janvier 2008

Sarkozy attendu sur la laïcité lors de ses voeux aux représentants des religions

Par Philippe ALFROY(AFP) - Nicolas Sarkozy devrait revenir jeudi, lors de ses voeux aux corps religieux, sur la place de choix qu'il réserve à la religion dans la société et sur sa conception de la laïcité, dans la foulée de deux discours très polémiques prononcés à Rome puis Ryad.

Après avoir vanté le mois dernier devant des dignitaires de l'Eglise catholique les "racines chrétiennes de la France", le président français a une nouvelle fois exalté lundi l'héritage "civilisateur" des religions, cette fois en Arabie saoudite devant des dignitaires du très rigoriste régime saoudien, à chaque fois dans des termes inédits pour le chef d'un Etat laïque.

Les convictions du nouveau locataire de l'Elysée sur l'importance de la religion ne constituent pas une surprise. Dès 2004, celui qui était alors le ministre de l'Intérieur, et des cultes, les avaient "rodées" dans un livre d'entretiens (La république, les religions, l'espérance) avec le père dominicain Philippe Verdin et le philosophe Thibaud Collin.

En recevant le 20 décembre le titre de chanoine honoraire de l'église romaine de Saint-Jean de Latran, Nicolas Sarkozy a donc pris ses distances avec la conception de la "laïcité à la française", incarnée par la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat.

Insistant sur les "racines chrétiennes de la France", le président lui a clairement préféré une laïcité dite "positive", c'est-à-dire "qui, tout en veillant à la liberté de penser, à celle de croire et de ne pas croire, ne considère pas les religions comme un danger, mais un atout". Sans craindre de choquer, il a critiqué une laïcité "épuisée" et menacée par "le fanatisme", allant jusqu'à juger de l'intérêt de la République d'avoir "beaucoup d'hommes et de femmes" qui "croient" et qui "espèrent".

Même si Nicolas Sarkozy a pris soin de préciser qu'il n'était pas dans ses intentions de "modifier les grands équilibres" de la loi de 1905, ses propos ont, sans surprise, suscité des réactions courroucées.

Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a vu dans la "laïcité positive" du chef de l'Etat "une vieille rengaine de la droite la plus cléricale", et le numéro un du MoDem François Bayrou, qui ne cache pas sa foi catholique, un retour à une religion "opium du peuple".

Les cendres de la controverse à peine refroidies, Nicolas Sarkozy a récidivé lundi à la faveur de son séjour en Arabie saoudite, devant les 150 membres du Conseil consultatif (Majlis ach-Choura) du royaume. A côté de propos convenus dénonçant l'intégrisme, "négation de l'Islam" et réaffirmant sa volonté d'éviter "le choc des civilisations", le président a une nouvelle fois franchi les limites observées par ses prédécesseurs sur le sujet en rappelant les "racines religieuses" du monde.

"Dans le fond de chaque civilisation, il y a quelque chose de religieux", a-t-il assuré, estimant que "c'est peut-être dans le religieux que ce qu'il y a d'universel dans les civilisations est le plus fort".

Le discours du chef de l'Etat a même pris des accents de sermon lorsqu'il a évoqué "Dieu qui n'asservit pas l'homme mais qui le libère", "Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le coeur de chaque homme" ou encore "Dieu qui est le rempart contre l'orgueil démesuré et la folie des hommes", pour regretter que son message ait "souvent été dénaturé".

A un député de gauche qui s'inquiétait de ces propos, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a rappelé mardi qu'il n'était pour l'heure pas question de "réformer" la sacro-sainte loi de 1905.


Spectaculaire renversement sémantique: les religions, connues jusqu'à présent pour leur intolérance, leurs croisades, leurs Inquisitions et leurs justifications de tous les crimes commis par les états au cours des siècles (dont l'esclavage et les crimes colonialistes) sont maintenant présentées comme "civilisatrices".
En ne critiquant que les excès des religions, on oublie que le germe de l'intolérance est présent même chez les "porteurs sains", comme en témoigne le tollé religieux contre la publication des caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo.

"Laïcité positive"

On peut légitimement s'étonner des dernières déclarations du président de la république sur la "laïcité positive".

En effet, a-t-on jamais vu un athée ou un agnostique appeler à la croisade contre les religieux ? Appeler au conflit des civilisations ? Demander l'interdiction des pratiques religieuses ? Proclamer le jihad contre l'Église Catholique ? Tuer un docteur refusant de pratiquer des avortements ? Demander que l'athéisme soit nommé religion d'Etat ? Exiger l'inscription de la religion pratiquée sur la carte d'identité ? Demander l'enseignement de l'athéisme en cours de sciences ? Imposer une tenue vestimentaire spécifique à ses enfants ?

Pourquoi s'en prendre ainsi à des gens dont la tolérance est déjà largement supérieure à la moyenne, plutôt qu'à ceux qui propagent la haine religieuse au nom de leur propre religion et qui menacent directement les valeurs de notre république, dont le président est censé être le protecteur ? Ou se trouve l'ennemi de la démocratie, de la pluralité des opinions et de la liberté (privée) des pratiques religieuses ? Faudrait-il revenir trois siècles en arrière et instaurer une monarchie de droit divin pour rassurer les religieux, inquiets sans doute des appels au meurtre d'athées assoiffés de sang ?

Que notre président se prête aux simagrées consistant à lui conférer le titre "d'unique chanoine honoraire" de Saint Jean de Latran, conformément à une tradition de quatre siècles, passe encore. Souligner les racines chrétiennes de la France et rappeler l'expression "fille aînée de l'Église" à la rescousse, au mépris des avancées de la civilisation que l'on doit aux athées ou à des individus pratiquant une autre religion, voilà qui devient fâcheux. Mais quel besoin pour autant de stigmatiser soudain la partie de la population la plus respectueuse et représentative des valeurs de la république ?

Rappelons-donc à notre président que, en tant que divorcé, il est excommunié de l'Église Catholique. Rappelons que son remariage n'est pas non plus reconnu par l'Église Catholique, pour qui il vit donc "dans le péché", chanoine ou pas chanoine. En le recevant, sans doute le Pape faisait-il preuve, à son sens, d'une grande tolérance à son égard, de celles qu'aucun athée n'a jamais nié à personne.

Faudrait-il s'en émerveiller ?

15 janvier 2008

Plus un vin est cher, plus on prend du plaisir

Par Clare Baldwin

STANFORD, Californie (Reuters) - Plus un vin est cher, plus il est apprécié, sans égard pour son goût, selon les conclusions d'une étude de chercheurs américains.

Des chercheurs de la Graduate School of Business de Stanford et de l'Institut californien de technologie ont constaté que plus un vin est cher plus on s'attend à ce qu'il soit de bonne qualité et qu'on s'autopersuade qu'un vin cher procure plus de plaisir qu'une bouteille bon marché.

Leur étude, publiée lundi dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, affirme que les attentes qualitatives déclenchent une activité dans le cortex orbito-frontal médial, la partie du cerveau qui exprime le plaisir. Cette réaction se produit même si la partie du cerveau qui interprète le goût n'est pas sollicitée.

Alors que beaucoup d'études se sont jusque-là concentrées sur les effets du marketing sur le comportement, celle-ci est la première qui montre que le marketing a un effet direct sur le cerveau.

Selon les chercheurs, quand vingt adultes testent des échantillons de vin de prix différents, ils disent que plus le vin était cher, plus l'expérience a été agréable. Au même moment, la partie du cerveau qui contrôle leur plaisir montrait une activité significative.

"Nous savons depuis longtemps que la perception est affectée par le marketing, mais maintenant nous savons que le cerveau lui même s'adapte au prix", a déclaré l'une des auteurs de l'étude, Baba Shiv, professeur associée à la Stanford Graduate School of Business.

"Les commerçants vont maintenant y réfléchir à deux fois avant de baisser leur prix", a-t-elle ajouté.

Selon l'étude, si une expérience est agréable, le cerveau va l'utiliser pour guider ses futurs choix. Une conclusion qui a des implications substantielles pour le marketing, dont le but est d'influencer la perception de la qualité.

Version française Mathilde Gardin